Macron manœuvre, la droite panique #cdanslair 04.05.2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:44OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui explique le climat tendu au siège des Républicains ?
- 2:57RelanceRéponse directe
Pourquoi cette embrouille locale entre barons locaux impacte-t-elle l'élection présidentielle ?
- 8:04RelanceRéponse directe
Pourquoi est-ce grave pour la droite ?
- 10:11OuverteRéponse directe
Votre avis sur le psychodrame des Républicains ?
- 12:38RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qui fait que cette fois-ci on pourrait aller vers l'achèvement de cette clarification ?
- 23:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on pense à nous les électeurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14PrésentateurFait
« C'est un accord local et une pagaille nationale. »
- 0:17PrésentateurFait
« En annonçant dimanche un accord entre la République en marche et les Républicains en PACA au régional, le Premier ministre a jeté une nouvelle fois le trouble à droite. »
- 0:41PrésentateurFait
« La droite est réduite à la portion congrue et se cherche toujours un champion pour la présidentielle. »
- 3:07Vanessa SchneiderFait
« François Baroin à l'adresse de Renaud Muselier : « Tu es mon ami, mais tu ne peux pas être celui qui met une balle dans la tête de la droite ». »
- 3:27Vanessa SchneiderFait
« Renaud Muselier, ce n'est pas une personnalité de droite. »
- 5:34Vanessa SchneiderFait
« PACA, c'est une région qui est prise d'assaut régulièrement par le Rassemblement National. »
- 6:43InvitéFait
« La réalité électorale, c'est le poids du Rassemblement National, du Front National en 2015, dans cette région. »
- 8:33InvitéChiffre
« Sur 100 sympathisants qui se disaient sympathisants LR en 2015, vous en avez 27% qui aujourd'hui ne se disent plus LR, qui se disent sympathisants La République en marche. »
- 11:57Dominique RégnierChiffre
« En 2015, au premier tour, Marion Maréchal-Le Pen fait quasiment 45%, presque 20 points de plus que Christian Estrosi. »
- 15:20InvitéFait
« Tu es mon ami, mais tu ne peux pas être celui qui met une balle dans la tête de la droite. »
- 18:21InvitéFait
« Les derniers sondages réalisés en PACA placent Thierry Mariani en tête du premier tour des élections régionales le 20 juin. »
- 21:43InvitéChiffre
« Vous avez en gros 40% des électeurs LR qui sont satisfaits de l'action conduite par Emmanuel Macron. »
- 34:10InvitéFait
« Quand on dit la survie de la droite est en jeu, ce n'est pas simplement du parti ou des partis de droite, c'est le clivage gauche-droite. »
- 37:19InvitéFait
« Je vote RN. »
- 37:48InvitéFait
« La région, c'est un État dans l'État. »
- 40:54PrésentateurFait
« On est sur un gouvernement qui dit qu'il faut réformer, il faut travailler plus longtemps. »
- 41:07PrésentateurFait
« On ne taxe pas trop les riches, pas de hausse d'impôts. »
- 41:24PrésentateurFait
« Un discours qui s'est musclé sur la sécurité. »
- 43:24InvitéFait
« Vous avez des enjeux sur l'autorité, sur l'immigration, sur les frontières qui sont beaucoup plus marquées chez les LR que chez La République en marche. »
- 43:35InvitéFait
« Vous avez dans La République en marche un regard sur l'Europe qui n'est pas le même que celui des LR aujourd'hui. »
- 45:09InvitéFait
« Marine Le Pen disait des choses sur l'euro que ne disaient absolument pas les LR. »
- 50:46InvitéChiffre
« 28 000 militaires, dont 50 généraux, ont signé la tribune. »
Temps de parole
- Présentateur49 %
- Invité21 %
- Invité 219 %
- Invité 34 %
- Invité 43 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. C'est un accord local et une pagaille nationale. En annonçant dimanche un accord entre la République en marche et les Républicains en PACA au régional, le Premier ministre a jeté une nouvelle fois le trouble à droite. Les barons historiques du parti enchaînent les réunions de crise et les menaces de sanctions succèdent aux promesses de clarification. Une nouvelle fois, la droite tombe dans le piège tendu par Emmanuel Macron, pris en tonaille entre le parti de Marine Le Pen et la République en marche.
La droite est réduite à la portion congrue et se cherche toujours un champion pour la présidentielle. Le président, lui, avance ses pions à un an de l'élection. Il endosse déjà les habits du candidat et poursuit méthodiquement son entreprise de déstabilisation de la droite. Alors est-ce la survie du parti Les Républicains qui se joue en ce moment ? Quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron ? Est-ce que Marine Le Pen peut en profiter ? Macron manœuvre, la droite panique, c'est le titre de cette éviction. Avec nous pour en parler ce soir, Dominique Régnier, vous êtes politologue, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique.
Vanessa Schneider, vous êtes grand reporter pour le journal Le Monde. Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de Sondage Ipsos. Votre institut a publié une grande enquête récemment dans Le Monde avec le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès présidentielle 2022, le duel Macron-Le Pen éclipse les opposants. Nous y reviendrons naturellement ce soir. Enfin, Nathalie Moret, vous êtes journaliste politique pour le groupe de presse régionale EBRAS. On peut retrouver votre article à droite, impasse et paire sur le site du groupe EBRAS. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je vais commencer avec vous Nathalie Moret.
Ça faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu un climat aussi tendu devant le siège du parti LR. Et si j'osais, je vous dirais même que ça nous manquait quelque part à nous, journalistes. Parce que, en fait, ce qui est terrible pour ce parti, si vous voulez, c'est que depuis la défaite de François Fillon en 2017, rien n'a bougé. On est exactement sur les mêmes choses. Le parti et les Républicains, même si ça ne se voit pas, travaillent. Il fait régulièrement des conventions sur des thèmes. Il y a des idées qui s'échangent. Les quadras de ce parti ont beaucoup d'ambition et ils se réunissent souvent. Bref, il y a du travail. Il se passe des choses.
C'est un parti où il y a du travail, vraiment. Mais paradoxalement, c'est un parti qui est complètement siphonné par, d'un côté, la République en marche et de l'autre, le Rassemblement national. Et alors que la prochaine présidentielle va se jouer à droite, on voit bien tous les thèmes qui émergent sont des thèmes de droite. Le principal parti traditionnel de droite, le parti des Républicains, est dans une impasse totale. Et ça, ça va être l'objet de notre discussion ce soir. À la fois, quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron et comment est-ce que la droite peut essayer de tirer son épingle du jeu ? Mais je vous parlais du climat, Vanessa Schneider. Le climat, il était extrêmement tendu.
Il y a quelques petites phrases qui ont fuité dans la presse. François Baroin à l'adresse de Renaud Muselier. « Tu es mon ami, mais tu ne peux pas être celui qui met une balle dans la tête de la droite. Christian Jacob, tu as des amis malfaisants. Qu'est-ce qui est en train de se passer ? » Si on devait résumer ce psychodrame local, Vanessa Schneider ? On ne peut rien comprendre si on ne fait pas un éclairage sur la personnalité de celui qui est à l'origine de cet accord à droite, Renaud Muselier. Renaud Muselier, ce n'est pas une personnalité de droite. Il a sa place, c'est un historique.
C'est un chiracien gaulliste qui représente toute une tradition du, ce qu'on appelait à l'époque le RPR, puis à l'UMP, qui a toujours été considéré comme un fidèle de parmi les fidèles, pas du tout comme quelqu'un susceptible de s'allier avec la gauche, et qui représentait vraiment cet ADN en fait commun qu'avait cette famille de la droite. Donc que lui passe un accord avant même le premier tour, parce que c'est ça qui est intéressant. On a eu des fois des problématiques de front républicain, mais là il ne s'agit pas du tout de ça. Là il s'agit, avant même que l'élection se passe, de fusionner avec un autre parti, le fait que ce soit Renaud Muselier qui le fasse, ça sème le trouble.
Pourquoi ? Ça sème le trouble parce que tous ceux qui sont sur la même ligne que lui, c'est-à-dire en effet vous les avez cités, les autres chiraciens historiques, les François Baroin, les Christian Jacob, qui ont tous des postes extrêmement importants, et qui étaient sur la ligne qu'il peut exister un parti de droite en dehors de La République En Marche et en dehors du Front National. D'autres estiment qu'il n'y a plus de place pour un parti de droite et qu'une partie peut aller se fondre dans le Rassemblement National et que l'autre partie, ce qui est déjà fait pour partie depuis l'élection d'Emmanuel Macron, peut aller vers Emmanuel Macron. Eux, ils y croient encore ?
Il y a encore tout un groupe, mais qui est suivi aussi par des militants, par des élus locaux, qui pensent qu'il y a encore une place pour incarner une droite, à la fois libérale sur le plan économique, centrale, qui refuse certains excès. Et Renaud Muselier faisait partie de cette famille. C'était le dernier rempart ? Oui, alors il y a aussi une explication évidemment géographique. Renaud Muselier n'est pas dans n'importe quelle région. PACA, c'est une région qui est prise d'assaut régulièrement par le Rassemblement National. Ça a été une des premières régions où le Fonds National faisait des très hauts scores.
Donc il y a des enjeux, une poussée extrêmement forte du Rassemblement National sur cette région. Et après, Renaud Muselier, pourquoi il fait cet accord ? Là, il y a encore une autre explication plus personnelle. C'est quelqu'un à qui Jean-Claude Godin à Marseille avait promis pendant près de 20 ans qu'il lui succéderait à la mairie de Marseille. Renaud Muselier a espéré pendant très longtemps être le successeur de Jean-Claude Godin, qu'il a un peu roulé dans la farine. Et il se dit, moi je ne vais pas, il me reste la région, je ne vais pas perdre ma région et surtout pas face au Rassemblement National. Donc il fait une stratégie personnelle qui désarçonne même ses amis.
Donc stratégie personnelle, stratégie géographique liée à une configuration électorale, Brice Seinturier. En gros, il s'est dit, Renaud Muselier, je ne peux pas gagner sans la République en marche face au Rassemblement National. Est-ce que c'est un bon calcul ? Alors il dit en même temps, ça n'est pas un accord d'appareil, c'est un accord qui sera régional, ce seront des personnalités qui seront étudiées au cas par cas. Mais est-ce qu'il y a une réalité électorale qui peut justifier cette alliance ?
La réalité électorale, c'est le poids du Rassemblement National, du Front National en 2015, dans cette région. Et a fortiori avec maintenant une tête de liste, Mariani, qui vient des rangs de la droite. Donc face à ce danger, on voit bien que Renaud Muselier, qui n'est pas candidat à l'élection présidentielle, c'est important, contrairement à Valérie Pécresse potentiellement ou Xavier Bertrand, donc qui n'a pas de problème à faire une alliance avec la Reine, puisque demain il ne se présentera pas contre Emmanuel Macron.
Et bien localement, Renaud Muselier peut se dire, il faut que je me renforce dès le premier tour, d'autant plus que vous avez un axe entre Renaud Muselier, Christian Estrosi, Hubert Falco…
C'est les barons locaux, les barons du Sud.
Voilà, la République en marche. Maintenant, c'est un pari très risqué de la part de Renaud Muselier, parce que non seulement il apparaît comme celui qui peut poignarder sa famille politique dès avant le premier tour, c'est le reproche que lui font les historiques, les Christian Estrosi, les Christian Jacob, etc. Mais il n'est pas certain non plus, pas du tout, que l'ensemble de ces électeurs potentiels, et que les électeurs d'ailleurs de la liste LAREM, aillent tous sur une liste conduite par Renaud Muselier. Et puis il peut avoir aussi des effets de fuite, une partie de ces électeurs qui ne sont pas solubles dans le macronisme et qui peuvent aller à ce moment-là vers Mariani.
Brice Tinturier, pardonnez-moi, je vous coupe. Il y a des gens qui vous regardent ce soir, qui nous regardent ce soir, et qui se disent peut-être, d'un coup, pourquoi est-ce que cette embouille locale entre des barons locaux vient impacter l'élection présidentielle ? Je vous pose la question autrement, pourquoi c'est grave pour la droite ?
C'est grave parce que c'est l'existence de la droite face au macronisme et face au Rassemblement national qui se joue potentiellement à travers ce type d'alliance. Et vous avez deux raisonnements possibles. Il faut bien avoir à l'esprit d'abord que sur 100 sympathisants qui se disaient sympathisants LR en 2015, vous en avez 27% qui aujourd'hui ne se disent plus LR, qui se disent sympathisants La République en marche, et 6% qui se disent sympathisants du Rassemblement national. Donc la planète LR, elle a quand même explosé depuis 2017. Vous n'avez plus que 44% de sympathisants LR de 2015 qui se considèrent comme toujours LR. Ça, c'est la force d'attraction du macronisme.
Et puis d'un autre côté, vous avez une force d'attraction aussi du côté du Rassemblement national. Partant de là, vous pouvez faire deux raisonnements. Soit effectivement, il n'y a plus d'espace possible pour une droite distincte de La République en marche, alors qu'en réalité, il y a des points communs entre ces deux familles, mais il y a aussi des différences en termes de valeurs, en termes de préoccupations.
Soit vous considérez que s'il y a quand même une existence propre, distincte du Rassemblement national, mais à ce moment-là, toute la difficulté, ça va être d'élargir face à la poutre, pour reprendre l'expression d'Edouard Philippe, la poutre qu'utilise La République en marche pour justement démanteler la droite, et puis également face à la stratégie de Marine Le Pen qui cherche à capter les électeurs de droite. Donc c'est ça qui se joue. Ce n'est pas anecdotique, parce qu'il y a des enjeux strictement régionaux, encore une fois, mais il y a deux lectures de l'avenir de la droite. Il y a ceux qui disent que d'ici la présidentielle, elle peut exister et qu'elle doit exister.
Il y a ceux qui considèrent que non, c'est terminé. En tous les cas, qu'il faudra peut-être jouer plus tard l'après-macronisme, et donc en 2027, mais que là, il est plutôt temps de se rallier à La République en marche.
Alors, on reviendra sur les prochaines échéances et la place qui peut rester à la droite. Mais Dominique Régnier, votre avis sur ce qui ressemble à un nouveau psychodrame qu'est en train de vivre le parti Les Républicains qui essaye, tant bien que mal, depuis l'élection d'Emmanuel Macron, de retrouver un discours, de retrouver un espace ?
Le grand paradoxe, et je repars de votre titre, la droite réduite à la portion congrue, c'est que c'est l'inverse.
Oui, dans le pays.
Dans le pays, la droite, les droites triomphent. On a même vu ça au sein du macronisme. À Matignon, c'est la droite. À Bercy, c'est la droite. Au ministère de l'Intérieur, c'est la droite. Donc, on a un spectacle tout à fait étonnant d'une droite qui, au contraire, a empli tout le champ politique, enfin, très largement dominant le champ politique. Et la question est de savoir quelle est la formation qui va tirer bénéfice de cette droitisation de la société française.
Et c'est vrai, ça a été dit, c'est vrai que la droite partisane type LR ne parvient pas, malgré le travail qui est fait, ça aussi, ça a été dit tout à l'heure, malgré le travail qui a été fait, alors sans doute à l'ordre dispersé, de façon assez chaotique, et puis sans trop savoir si vraiment il voulait aller dans ce sens ou dans celui-là, parce qu'on a entendu vraiment tout et son contraire depuis dix ans maintenant. Depuis dix ans, la défaite de 2012, presque dix ans, donc deux quinquennats, sans pouvoir bâtir un projet ni choisir un champion. Et donc là, il y a une espèce de...
En réalité, c'est que, paradoxalement, dans une France très à droite, comme je pense jamais depuis longtemps, la droite LR n'a pas réussi à capter le moment. Et elle a donc laissé la place être occupée, d'une part par Emmanuel Macron, à sa manière, d'autre part par Marine Le Pen, évidemment, même si en PACA, puisque c'est quand même le point de départ de votre émission, mais en PACA, il faut rappeler qu'en 2015, au premier tour, Marion Maréchal-Le Pen fait quasiment 45%, presque 20 points de plus que Christian Estrosi. Et au second tour, elle perd, mais de rien du tout. Elle perd de 8 000 voix sur 8 ou 900 000 inscrits.
Enfin, j'ai exprimé, je ne sais plus exactement le chiffre, mais enfin, elle ne perd de rien du tout. Et donc, c'est une région qui, de toute façon, pour le Front National et le Rassemblement National, est devenue la région à prendre. Là, j'ai un peu le sentiment que Christian Estrosi joue son va-tout. Et ce qui serait étonnant, c'est que... C'est un peu ce que donnent à penser les derniers déroulements de la journée d'hier et d'aujourd'hui. Ce qui serait étonnant, c'est qu'il ait initié un mouvement qui n'est pas la force d'accomplir. C'est-à-dire ?
C'est-à-dire qu'au fond, il est lancé l'idée d'une opération assez logique aussi, qu'une partie de la droite se rallie à La République En Marche. C'est assez logique. On pourra y revenir, j'imagine. Mais si vous faites ça, il faut aller jusqu'au bout. Si vous vous arrêtez au milieu du guet pour dire « je ne sais pas si je le fais, je ne sais pas si je vais oser, et puis je le fais sans le faire, ou je le dis sans le faire, ou je le fais sans le dire », là, ça devient catastrophique.
Vous avez raison, il faut être référence à la déclaration de Renaud Muselier, qu'on va entendre dans un instant, qui dit « il n'y aura pas d'accord avec En Marche ». Alors on avait cru comprendre qu'il y en avait un, et qu'il avait même été annoncé, c'est peut-être intéressant, Vanessa Schneider, très rapidement, de dire que ce qui a beaucoup joué dans ce qu'on est en train de commenter ce soir, c'est le fait que ce soit le Premier ministre, lui-même, qui annonce dans le journal du dimanche, cet accord, donnant le sentiment qu'on est en train d'assister à une nouvelle recomposition du paysage politique.
Et puis donnant le sentiment, surtout, que La République En Marche fait une OPA sur la droite. Le Premier ministre annonce comme s'il annexait désormais les Républicains, et c'est pour ça que les réactions ont été aussi vives, et la déclaration de Renaud Muselier à laquelle vous faites allusion est plutôt un moyen de minimiser son propre accord, qu'il essaie de ne pas mettre trop d'huile sur le feu. On va y revenir dans le détail. Et en tout cas, ça faisait bien longtemps que le siège des Républicains n'avait pas suscité autant d'attention. Le souffle déclenché par l'annonce par le Premier ministre d'un accord entre LR et La République En Marche au Régional en PACA n'est pas retombé.
Loin de là, ce matin, lors d'une réunion de l'État-major, l'attention était palpable sur le banc des accusés. Renaud Muselier, président sortant de la région PACA, sous pression, sommé de s'expliquer. Romain Besnenou, Christophe Roquet.
Cela faisait bien longtemps qu'au siège des Républicains, on n'avait pas vu une telle agitation.
Vous avez l'impression d'avoir été piégé par M. Castel ?
Je ne suis piégé par personne. Vous savez, un grand garçon, je ne suis pas tout jeune non plus. Au centre de l'attention, Renaud Muselier, président de la région PACA, qui vient d'opérer un rapprochement avec LREM pour les régionales. C'est moi qui décide. Vous devez appeler M. Estrosi avant de valider la décision ? Non, je veux bien montrer que je suis libre, indépendant. Ce n'est pas le Premier ministre qui décide pour moi, ce n'est pas le président de la République qui décide pour moi, ce n'est pas ma formation politique qui décide pour moi, je suis un homme libre.
Et je le fais avec mes amis, dans le cadre de mon travail, que j'ai toujours fait, au sein de ma famille, que tout le monde reconnaît. Moi, je n'ai jamais trahi, monsieur. Chez les LR, l'onde de choc est dévastatrice. L'ambiance électrique. Pour preuve, les échanges tenus ce matin autour de Renaud Muselier lors d'une réunion de crise est rapporté par le Figaro. C'est soit nous, soit LREM. Macron t'utilise. François Baroin, lui, n'a pas mâché ses mots. Tu es mon ami, mais tu ne peux pas être celui qui met une balle dans la tête de la droite. A la sortie, les ténors républicains font grise mine. Seul le président du parti accepte de s'exprimer. Pour Christian Jacob, aucun problème chez les LR.
Circuler, il n'y a rien à voir. Est-ce que Renaud Muselier peut encore être exclu du parti ? Non, mais on n'est pas du tout dans un sujet d'exclusion. Non, non, non, il n'y a aucune division. Il n'y a aucune division. Non, aucune. Je pense qu'il y a une position qui est à 99%. Le monde est sur la même ligne. Pourtant, depuis dimanche, les républicains sont quasiment au bord de l'implosion. En cause, une petite bombe lâchée au JDD par le Premier ministre Jean Castex, ancien membre des LR, et qui donne à l'affaire une tournure nationale. Pour les élections régionales, LREM soutiendra Renaud Muselier et retire sa liste. Cette union va bien au-delà des accords d'appareil.
C'est un exemple de la recomposition politique. À droite, c'est le cauchemar. Comment éviter le piège de la majorité présidentielle qui fait tout pour fracturer les républicains ? Si certains, comme Christian Estrosi, poussent en faveur d'un rapprochement, d'autres rejettent toute alliance. On voit bien le jeu d'Emmanuel Macron. Et aujourd'hui, ceux qui participent à ce jeu sont totalement dans sa main. Il nous amènera cet accord au déshonneur et à la défaite. Et comme le disait quelqu'un d'illustre, il est toujours temps de ne pas se ruer dans la servitude. Acculé par son camp, courtisé par la majorité, Renaud Muselier est contraint de s'expliquer.
En déplacement hier, il assure que la secrétaire d'Etat et candidate LREM, Sophie Cluzel, n'intégrera pas sa liste au régional. Je donnerai la priorité aux candidats qui s'engagent à se consacrer de toutes leurs forces à des enjeux locaux et non nationaux. Ce qui exclut les détenteurs de mandats nationaux, que ce soit les ministres, les députés, les sénateurs et les députés européens. Après trois jours de polémique, Renaud Muselier sauve sa peau au sein de son parti, qui doit trancher ce soir sur la présentation ou non d'une liste concurrente. En tout cas, avec cette affaire, il y en a qui se frottent les mains.
La différence, c'est que LRE a effectivement la capacité de gouverner avec Macron. Nous, non. Le Rassemblement national, qui profite de la crise pour animer l'argument LREM égale LREM. On voit surtout une droite qui est achetée petit à petit à la découpe, comme le faisait le banquier Macron, puisque c'était sa spécialité, les fusions-acquisitions. Alors un jour, c'est M. le maire, un jour, c'est M. Darmanin. Aujourd'hui, prendre une carte aux Républicains, c'est un peu la loterie. Vous ne savez pas si vous allez tomber du côté de Macron ou du côté de l'opposition. Les derniers sondages réalisés en PACA placent Thierry Mariani en tête du premier tour des élections régionales le 20 juin.
Mais cette crise rebat les cartes et fait de ce scrutin local un enjeu national.
Dominique Régnier, on entendait Thierry Mariani qui déroulait tranquillement sa campagne. C'est un cadeau qui est fait au Rassemblement national. Parce qu'après, on peut se dire aussi que la politique, c'est aussi des additions. Donc si on additionne la République en marche et les Républicains, on peut se dire qu'ils ont plus de chances de l'emporter face au Rassemblement national. Ce n'est pas si simple.
Oui, Renaud Muselier, que tout à l'heure j'ai appelé Christian Estrosi par erreur, Renaud Muselier peut jouer une carte, et c'est intelligent, avec la République en marche, face à Thierry Mariani en PACA. Mais ça suppose de la jouer clairement, jusqu'au bout, fortement, avec l'idée qu'il y a effectivement des recompositions nécessaires au niveau régional. Ce qu'il a dit d'ailleurs après coup. Mais là, il ne faut pas que ça prenne la tournure d'une négociation qui a lieu à Paris, ou qui se fait au téléphone avec des barons locaux, en considérant que les électeurs, de toute façon, vont suivre docilement, fidèlement, et de manière disciplinée, et voteront comme on va le leur dire.
Ça, ça n'existe plus depuis longtemps. Et c'est même de nature à exaspérer beaucoup d'électeurs, de droite en particulier, qui ne sont pas spontanément prêts à faire des élections régionales, une élection d'opposition, mais là, ils commencent à avoir quand même des éléments en ce sens. Et ça pourrait fournir à Thierry Mariani les munitions qui lui manquent pour aller jusqu'à la victoire en PACA. Aujourd'hui, il est quand même très bien placé.
Bristin Thurier, il est très bien placé, dit à l'instant Dominique Régnier. Il y a un enjeu national désormais sur ces régionales. On pensait qu'on allait les enjamber sur fond de crise sanitaire. En réalité, cet accord-là remet un peu de tension sur ce scrutin.
Oui, parce que ce n'est pas un accord où il est question d'accord de parti. C'est bien la question de la recomposition politique qui se joue. Donc Renaud Muselier a beau dire qu'il ne prendra pas de ministre ou de député, etc. La vraie question, c'est celle de la recomposition. Est-ce qu'on va vers une étape supplémentaire de la recomposition politique qui, en gros, suffit de la droite LR actuelle ou pas ?
Et de ce point de vue, ces élections régionales dont on se disait elles vont surtout montrer peut-être une prime au sortant, peut-être une petite dynamique dans le camp d'une gauche très minoritaire en faveur des écologistes, eh bien là, elles deviennent en réalité quelque chose qui est le prélude à une étape supplémentaire de la recomposition politique ou pas et qui va donc peser sur la présidentielle.
Et entre la droite pro-europérenne, pro-business, attentive aux enjeux de compétitivité, et la droite LR, qui est beaucoup plus sensible aux enjeux régaliens d'immigration, de terrorisme, etc., eh bien cette droite est divisée entre ces deux tentations et c'est cette recomposition qui, de plus en plus, est en train de l'écraser.
Pourquoi vous dites « ou pas » Brice Tinturier ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, on a l'impression qu'on parle de l'explosion de la droite depuis les deux dernières présidentielles, qu'est-ce qui fait que cette fois-ci, on pourrait aller vers l'achèvement de cette clarification ?
Ce qui pourrait jouer, c'est si effectivement Emmanuel Macron va de plus en plus sur des propositions qui séduisent les électeurs LR actuels. Je dis bien les électeurs LR actuels. Encore une fois, il y en a qui sont déjà passés du côté de la République en marche, mais vous avez en gros 40% des électeurs LR qui sont satisfaits de l'action conduite par Emmanuel Macron. Donc imaginez qu'il y ait un chemin supplémentaire de la République en marche dans leur direction, qui pourrait se faire au détriment du flanc gauche de la Reine, mais c'est un autre sujet. Vous pouvez encore détacher une partie des électeurs LR.
Et imaginez maintenant, et c'est la stratégie de Marine Le Pen, que celle-ci cherche justement à capter, et elle y parvient aussi, elle grignote une partie des électeurs LR, cherche donc à capter cet autre segment de la droite qui est beaucoup plus sensible à l'idée que la France est en déclin, que les frontières sont trop ouvertes, que l'immigration est un danger, etc. Et bien vous n'avez plus d'espace à ce moment-là pour la droite.
Ce n'est pas déjà le cas, Brice Tinturier ?
C'est déjà le cas, mais cette décomposition-recomposition n'est pas achevée. Vous avez encore une famille politique qui pèse dans les 15%, on le voit bien à travers les intentions de vote présidentiel, on l'a vu aussi dans les scrutins précédents, qui justement se considère comme distingue du macronisme, elle a des points de différenciation qui sont importants avec le macronisme, et qui n'est pas pour autant prête à aller rejoindre Marine Le Pen. Donc il y a encore un espace.
Mais il est de plus en plus difficile à tenir, et on a une espèce de rouleau compresseur, et du coup ces élections régionales sont un détonateur pour cela, qui vise à la décomposer ou à la faire exploser encore plus qu'elle ne l'a été depuis 2017.
Cette question que j'allais oublier, derrière ces manœuvres politiques, qu'est-ce qu'on pense à nous les électeurs ? En fait les électeurs font ce qu'ils veulent à la fin. Les électeurs font ce qu'ils veulent à la fin, et en effet le pari de Renaud Muselier à cet égard, il est très très très risqué. D'abord il est dans une position, s'il a été amené à faire cet accord, c'est parce qu'il était dans une position délicate, avec une poussée du Rassemblement National qui ne date pas d'aujourd'hui, qui a été progressive, mais qui est de plus en plus forte.
Donc il s'agit d'essayer de sauver une région dont on a à plusieurs reprises dit qu'elle pouvait être la première à basculer dans le giron du Rassemblement National, mais à l'inverse, les lecteurs, c'est pour ça que moi le terme de recomposition, je pense qu'il est beaucoup trop prématuré quand on regarde la situation, parce que les situations sont très différentes, et s'il y a un accord dans les Hauts-de-France, il ne ressemblera pas à celui de PACA, qui ne ressemblera pas à d'autres dans d'autres régions, on n'est pas sur une recomposition nationale, mais ce qui se passe dans cette région, avec des électeurs de droite qui incarnent une droite plutôt dure, ce ne sont pas les mêmes électeurs de droite que dans d'autres régions de France, ce sont des électeurs de droite qui sont en opposition à Emmanuel Macron, donc quand ils votent Renaud Muselier, ils sont tout à fait à l'aise, parce que Renaud Muselier, comme on l'a rappelé tout à l'heure, c'est une figure historique du parti qui a toujours été étiquetée à droite, mais là, voter pour un candidat qui a fait alliance avec Emmanuel Macron, pour eux, ça va être d'autant plus compliqué, et là, le passage peut se faire, c'est-à-dire les derniers résistants de ce parti de la droite peuvent se dire, finalement, Thierry Mariani, qui est un ancien du parti, qui est aussi une figure connue, moins connue que Renaud Muselier, mais qui est une figure connue qui vient du parti également, se dire entre deux personnes qui sont de chez nous, je me mets à la passe de l'électeur de droite, entre deux personnes qui sont de chez nous, il y en a un qui est en opposition à Macron, l'autre qui ne l'est pas, et finalement, quand on regarde dans le détail, ce qui distingue les campagnes des deux candidats, c'est un accent supplémentaire de la part du Rassemblement national, mis sur les thèmes de l'immigration et de la sécurité, mais c'est un accent qui plaît localement, beaucoup, et auquel l'électorat de droite est très très sensible.
Donc quand on voit M. Mariani se réjouir et Mme Le Pen se réjouir, je pense qu'ils ne se réjouissent pas pour rien, je pense que c'est une bonne nouvelle pour eux d'assister à cet accord. Dans cette région, ça peut attirer à eux des électeurs de droite qui veulent être représentés sur les idées qui leur semblent importantes. Nathalie Moret, ce serait une déflagration, une région qui bascule, comme on dit, au Rassemblement national ? Oui, ce serait une déflagration, un événement important majeur pour le Front national et quelque part, ça légitimerait la candidature de Marine Le Pen.
Ça légitimerait Marine Le Pen puisqu'on ne cesse de lui faire le procès que finalement, ce n'est qu'un parti d'opposition. Si elle arrivait à la tête d'une région comme Provençal-Côte d'Azur, ce serait forcément mis à son crédit. Ensuite, je ne suis pas persuadée que c'est quelque chose que n'aimerait pas forcément Emmanuel Macron. Emmanuel Macron a presque tout intérêt à ce que Marine Le Pen soit mise à un niveau plus haut dans sa capacité à gouverner qu'aujourd'hui. La seule chance, pas la seule chance, mais en tous les cas, il table sur le fait qu'il sera au second tour face à Marine Le Pen.
Face à Marine Le Pen, aujourd'hui, c'est quasiment acquis qu'il aura des difficultés à perdre devant cette candidate. En revanche, si jamais Marine Le Pen n'est pas au second tour, ce sera pour lui très très difficile de gagner contre qui que ce soit, que ce soit un candidat de droite ou un candidat de gauche, parce qu'Emmanuel Macron a certes un taux, j'allais dire, de popularité, de satisfaction dans la société française qui est relativement haut, en tous les cas, beaucoup plus haut que ne l'était celui de François Hollande à la même époque. Mais en même temps, il suscite un rejet très très fort. Il a choisi son adversaire, c'est ce qu'on dit depuis le début.
Et est-ce qu'il est à la manœuvre sur cette opération-là, Nathalie Moret, ou est-ce que ça se fait sans lui ? Non, non, ça se fait avec lui, ça se fait en très petit comité. Tout ce qui se passe en PACA a été dealé entre deux ou trois personnes, voire quatre. En clair, il y a Christophe Castaner, Christophe Castaner, qui est donc le patron de la République en Marché, qui était le candidat PS il y a cinq ans en Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui avait été obligé de se désister, souvenez-vous. Et puis il y a Thierry Solaire, Thierry Solaire, qui est le conseiller aujourd'hui politique du président de la République.
Et ces trois personnes-là, donc Emmanuel Macron, Thierry Solaire, Christophe Castaner, Renaud Muselier et Christian Estrosi, ce petit carteron, j'allais dire, a effectivement manœuvre ensemble depuis très longtemps pour arriver à cet accord. Il y a aussi Hubert Falco, qui est le maire de Toulon et qui a été reçu à l'Élysée. Donc tout ça est... Oui. Tout ça a été léguidé de l'Élysée, c'est ce que vous nous expliquez. Est-ce qu'il y a une prise de risque, Dominique Régnier, pour le président de la République, encore une fois, dans ce qui est en train de se jouer en région PACA ?
Est-ce qu'on l'a bien compris, peut avoir des incidences, à la fois sur le scrutin des régionales et puis pour la suite ?
Moi, je trouve. Et je fais une remarque et puis je m'inscris dans ce qu'a dit Brice Tinturier tout à l'heure et aussi à sa manière Nathalie Moret à l'instant. Mais la remarque, c'est que si PACA devient RN, il faut rappeler que c'était une grande région de la gauche. Le niveau du RN est très, très fort dans les Hauts-de-France, où la situation est incertaine. C'était aussi une grande région de la gauche.
Le président de Xavier Bertrand.
Absolument. C'était une grande région de la gauche. Et aujourd'hui, selon les enquêtes d'opinion, on verra dans les urnes, mais la gauche rassemblée, toute la gauche fait 20% si on inclut l'extrême gauche. Donc c'est un effondrement de la gauche dans ces deux régions. Ça veut dire que le risque que prend le président Macron, c'est une bascule à droite qu'il entraînerait beaucoup plus loin qu'il ne peut aller aujourd'hui. Dans ce que disait tout à l'heure Brice Tinturier...
Pardon, je n'ai pas compris. Qu'est-ce que ça veut dire ? Une bascule à droite qu'il entraînerait plus loin qu'il ne peut aller aujourd'hui.
C'est-à-dire que tout à l'heure Brice Tinturier disait, et j'étais d'accord avec lui, il y a au fond chez les LR une sensibilité qui peut aller vers Macron, l'Europe, le business, etc. Et puis une sensibilité plus immigration, frontière, délinquance qui peut aller vers RN. Mais la sensibilité, comme le sait très bien d'ailleurs Brice Tinturier, la sensibilité, délinquance, frontière, immigration, elle représente les deux tiers du pays aujourd'hui, y compris à gauche, où elle est très forte.
C'est-à-dire que vous avez là une clé pour le Rassemblement national d'embarquer des électeurs de gauche qui sont chassés de partout où autrefois ils régnaient en quelque sorte, et qui sont orphelins d'une candidature et qui peuvent se retrouver parce que la protection sociale, ça va compter pour eux, parce que la protection des frontières, ça va compter pour eux, la régulation de l'immigration, la lutte contre la délinquance, qui ne sont pas des thèmes populaires uniquement à droite. Ils le sont bien sûr énormément à droite, mais ils le sont aussi beaucoup à gauche.
C'est-à-dire qu'au fond, ça peut amener l'espace politique français vers une droite beaucoup plus forte, beaucoup plus marquée.
Dans laquelle Emmanuel Macron ne se retrouve pas.
Il ne se retrouverait pas parce qu'il ne veut pas avoir le temps d'ici 2022 de droitiser beaucoup sa politique. Il l'a fait. Il l'a fait, mais je ne sais pas s'il peut aller beaucoup plus loin dans le temps qui demeure.
Vanessa Schneider ? Oui, moi je comprends l'analyse, mais en même temps, Emmanuel Macron est dans une logique depuis 2017. Il y a eu l'espace de campagne où on avait pu penser qu'il voulait recomposer des deux côtés. La situation est quand même très claire depuis un bon bout de temps et par le choix des personnes dont il s'est entouré, à des postes clés comme vous l'avez rappelé, et par le choix des thèmes, des réformes faites. Donc sur tout un tas de questions, la question des réformes, des retraites, il satisfait, et des mesures économiques, il satisfait une partie de l'électorat de droite totalement. Donc moi, je pense qu'Emmanuel Macron ne prend pas grand risque.
Alors je pense, moi je n'ai pas les mêmes informations qu'il a piloté la manœuvre. Je pense qu'il a regardé ça de très près et qu'il a donné, évidemment, il a adoubé cette manœuvre. Mais ce n'est pas lui qui a mené les tractations. Mais il est évidemment d'accord avec ce qui se passe parce que je suis convaincue qu'il y a un choix qui a été fait de se dire la gauche n'existe plus. Donc ça ne sert à rien d'essayer de dépecer l'espace de la gauche qui, pour l'instant, est... Le Parti Socialiste n'est pas incarné. Ce qui représentait cet espace d'une gauche un peu modérée n'est plus incarnée.
Et puis, les périphériques qui deviennent de plus en plus puissants, la gauche de la gauche et les écologistes se divisent et se neutralisent entre eux. Donc il a fait un choix stratégique très clair de continuer sa poussée sur la droite. Avec quel objectif final ? Avec l'objectif d'élargir... Pardon, de faire imploser au final, c'est ce que disait tout à l'heure Brice Tinturé, le bout de la clarification, faire imploser totalement le parti LR, recomposer une majorité présidentielle. C'est quoi ce qui se joue là ?
Alors, ce qui se joue, comme ça a été déjà rappelé sur le plateau, c'est que ça fait quand même quelques années qu'on voit bien que dans cette famille des Républicains, il y a tout un tas de gens qui n'ont plus grand-chose à faire ensemble. C'est eux qui veulent récupérer. Donc on l'a vu avec la candidature de François Fillon, avec la campagne, on l'a vu avec la campagne de François-Xavier Bellamy qui s'est terminée en peau de chagrin, ça a été un très très mauvais score pour la droite. Donc on voit bien que c'est un parti qui reste artificiellement ensemble sur tout un tas de sujets.
Donc en effet, il n'est pas invraisemblable de penser et de miser sur une explosion et de se dire que ceux qui sont proches, Jean-Pierre Raffarin l'a dit, Jean-Pierre Raffarin l'a dit, mais en dehors de nous qui, lui, il a déjà fait le chemin, il est sorti.
Mais entre ceux qui sont sortis dès 2017 pour rejoindre Emmanuel Macron, entre ceux qui sont entre les deux qui n'ont plus de carte nulle part mais qui sont un peu compatibles avec tout le monde et ceux qui sont prêts à sortir parce qu'ils trouvent que la politique d'Emmanuel Macron est très bien, ça fait une base suffisante et en se disant ceux qui sont sur des positions radicalement différentes, de toute façon, un jour ou l'autre, c'est ce que pensent les macronistes, un jour ou l'autre, de toute façon, ils iront chez Marine Le Pen, ils ne nous intéressent pas donc autant que le parti explose et que chacun regagne ses inclinaisons particulières.
Brice Tintoyer, on a vu passer la phrase de Bruno Otaillot qui dit la survie de la droite est en jeu. C'est le cas ? Oui, tout à fait. Oui, surjoue.
Je voudrais assister sur un point. Quand on dit la survie de la droite est en jeu, ce n'est pas simplement du parti ou des partis de droite, c'est le clivage gauche-droite. Ce qui se joue là, c'est de savoir si le clivage gauche-droite qui a été hégémonique pendant deux siècles, qui a pris un grand coup dans l'aile quand même en 2017 puisqu'au second tour vous aviez deux représentants qui entendaient dépasser ce clivage gauche-droite, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, est-ce que ce clivage il va continuer à s'effacer au profit d'une nouvelle polarité qui structure le champ politique et qui est la polarité entre le bloc des modérés pour faire court et le bloc des radicaux.
Le bloc des radicaux tire du côté du Rassemblement national beaucoup plus que du côté de la France insoumise qui est plus basse aujourd'hui parce que la France est effectivement droitisée. Mais c'est ça qui est en feu. Ce n'est pas simplement l'avenir d'un parti, c'est un clivage structurant de la vie politique qui est en train de s'effacer. Et si pour la seconde fois on a un Macron-Le Pen, on aura pour la seconde fois l'effacement du clivage gauche-droite comme choix majeur pour les Français à la présidentielle. C'est ça qui se joue aujourd'hui.
Et pendant que vous étiez en train d'expliquer cela, j'ai entendu Dominique Reynier dire « et c'est la démocratie qui se joue ». Si on en est à rejouer cette affiche-là...
En fait, quand on parle du clivage gauche-droite, on parle aussi de l'alternance aux pouvoirs de forces qui se combattent mais peuvent mener successivement des politiques pour le pays. Si on passe à une alternance, à une offre modérée contre un radicaux, le plus raisonnable, on va dire, c'est qu'il n'y ait pas d'alternance. Parce que si c'est pour donner le pouvoir aux radicaux, on va tout mettre par terre. Donc ça veut dire qu'il n'y a pas de choix. Ou alors que la possibilité qui s'offre à ceux qui ne sont pas contents, c'est la rupture et la catastrophe. Donc ça veut dire que la démocratie est confrontée à une sorte de fin de route. En quelque sorte, c'est un sujet majeur.
En tout cas, sur le terrain, les militants, les électeurs de droite s'accrochent aux grandes heures, aux souvenirs de leur formation politique. Ils se sentent un peu trahis, un peu perdus, surtout avec, comme le dit l'un d'eux, la crainte de voir le parti qu'ils ont connu tout simplement disparaître pendant ce temps-là. Au RN, on s'avoue, reportage en PACA, Aubrey Perrault, laisse loger la baire et Stéphane Lopez.
Salut les gars. Salut. Salut. Merci d'être là, d'être présent. Ce matin, à Cagnes-sur-Mer, les militants du Rassemblement National se retrouvent avec le sourire. On va attaquer par le début du marché. On va attaquer ensemble. Messieurs dames, bonjour. Les régionales avec M. Thierry Mariani, vous avez vu un petit peu l'actualité, ce qui se passe actuellement ? L'actualité, le chaos à droite, dont il compte bien profiter. L'espoir de récupérer des électeurs déboussolés, Cyril Tribbiani et lui-même un ancien militant Les Républicains.
Oui, pour nous, effectivement, c'est une bonne chose puisque les électeurs qui se retrouvent complètement trompés avec ces cadres LR vont se rendre compte qu'effectivement, la seule opposition aujourd'hui à cette équipe d'Emmanuel Macron, c'est bien évidemment M. Mariani.
L'alternative Rassemblement National, impensable pour certains.
Passez une bonne journée.
D'autres en sont déjà convaincus.
Ah bah, c'est sûr. J'étais LR, effectivement, mais maintenant, je vote RN.
Et puis, il y a ce que cette alliance politique vient un peu plus perturber.
J'aurais bien aimé que le LR puisse faire cavalier sale, quoi, mais bon. C'est pas une trahison pour vous, ça ? Un petit peu.
Des électeurs de droite perdus, inquiets de ne pas être représentés dans le paysage politique. Dominique Nicolet est l'un d'eux. Les tractations des derniers jours sont un mauvais présage pour lui.
La région, c'est un État dans l'État. Donc si déjà aujourd'hui, on est en train de négocier avec l'État, qu'est-ce qui va se passer dans un an ? Et qu'il n'y aura plus d'opposition, et que le duel qu'on nous annonce Macron-Le Pen, ça va devenir une réalité. Et ça, je ne veux pas. Parce que ce n'est pas normal aujourd'hui que dans un pays comme le nôtre, dans un pays des Lumières, qu'on se retrouve juste avec deux alternatives. Il faut aujourd'hui que la droite reprête sa place. La droite, à laquelle il a encore envie de croire celle qu'il défend depuis toujours, est le parti auquel il adhère dès qu'il obtient
le droit de vote, séduit par Nicolas Sarkozy.
À lui, c'est l'homme qui m'a donné envie de m'engager. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que Nicolas Sarkozy, c'est un homme de conviction, un homme de force. Il a cette espèce de parole qu'avaient les hommes du RPR à l'époque, vous savez, quand ils vous parlaient avec le cœur, comme disait Jacques Chirac. Moi, quand j'entends Nicolas Sarkozy, je suis en transe. Aujourd'hui, il y a plein d'hommes à droite. Il y a des hommes de qualité, il y a des hommes de compétence. Mais aujourd'hui, de personnes qui sortent vraiment du lot et qui vont avoir le charisme et l'aura de Nicolas Sarkozy, non, je n'en vois pas encore. Je dis bien encore.
Et si finalement, les modèles à droite étaient aujourd'hui au gouvernement
plutôt que dans l'opposition ? À l'autre bout du pays, dans le Pas-de-Calais, certains ont déjà sauté le pas. Thierry Herbert était lui aussi très attaché au parti Les Républicains. Militant RPR dans sa jeunesse,
puis électeur de Nicolas Sarkozy. Mais désormais, pour lui, c'est bien Emmanuel Macron qui incarne cette droite.
Je me retourne en gouvernement aujourd'hui. Tout à fait. Tout à fait. Parce que j'ai, malgré tout, j'ai des hommes de droite au ministère des Finances, au ministère de l'Intérieur, voilà, des ministères régaliens où il y a l'empreinte de la droite qui va être présente. Aujourd'hui, je ne suis plus à voter pour un parti ou un... Aujourd'hui, je ne vais voter plutôt pour un projet. Un électeur plus vraiment attaché
au parti, mais toujours un homme de droite qui réfléchit à voter Xavier Bertrand à l'avenir. Celui qui a justement misé sur le fait de quitter Les Républicains pour être élu président en 2022. Et Dominique Reynier, cette galerie de portraits résume toutes les difficultés de la droite ?
Absolument. Et la dernière interview était remarquable parce que ce que disait la personne que vous avez interrogée, c'est aujourd'hui, je ne voterai plus pour un parti mais pour un projet. Et quand on regarde l'espace politique français depuis 2012 ou 2017, on l'a vu d'ailleurs aux Européens en 2019, il y a deux projets qui sont très saillants en France. Il y a le projet d'Emmanuel Macron que tout à l'heure Brestin Turier a résumé et il y a le projet de Marine Le Pen. Il y a un projet en gros d'ouverture et de conquête et il y a un projet de protection et de repli.
Ils sont très clairs au fond, même si on n'est pas rentré dans le détail parce que ce n'est pas comme ça que ça marche, les messages sont absolument clairs. Le reste, on ne sait pas. C'est ça parce qu'il y a une question qui nous est posée
par Pierre Deshautes-Seines qui dit quelle est la différence de programme entre La République en marche et Les Républicains ? Il y a des différences. Évidemment, il y a des différences de curseurs. Mais sur les questions les plus importantes pour les électeurs républicains avant l'élection d'Emmanuel Macron, si on regarde par exemple les propositions de François Fillon et ce qui a été fait après par Emmanuel Macron, on n'est pas très loin. On est sur un gouvernement qui dit qu'il faut réformer, il faut travailler plus longtemps, donc il réaffirme les valeurs du travail, on ne taxe pas trop les riches, pas de hausse d'impôts.
Là, il y a eu un virage avec le quoi qu'il en coûte, mais sur laquelle finalement... Sur la sécurité, un discours qui s'est musclé. Voilà, un discours qui s'est musclé sur la sécurité. C'était la déclaration de Jean-Pierre Affarin qui disait qu'on s'y retrouve complètement. Il y a un certain nombre d'électeurs de droite qui s'y retrouvent complètement. Mais ce qui est intéressant dans ce que disait en effet cet ancien militant LR, c'est que l'étiquette des partis comme l'étiquette des syndicats, comme même les associations sont de moins en moins présentes, n'existent plus.
Et c'est pour ça que quand LR dit on enlève l'investiture pour le punir à Renaud Buselier, ça ne fera pas bouger d'un iota qui que ce soit. Ça n'a plus d'impact en fait ce type de choses. En plus on est face même s'il y a des fidélités parce que quand on a milité avec des gens, on les connaît depuis des années. C'est des familles, il y a un espèce d'esprit de famille. Ce sont des partis qui ont changé plusieurs fois de nom, plusieurs fois de tête, plusieurs fois de stratégie. Donc les électeurs sont déjà déboussolés depuis un certain nombre de temps avec quand même un nombre très très réduit d'adhérents et de cotisants réels. Il faut quand même voir de quoi on parle.
Donc l'étiquette partisane n'importe plus vraiment. Bristin Thurier, votre réponse aussi à cette question qui nous est posée et qui en fait est la grande problématique et aujourd'hui posée aux partis Les Républicains qui doivent trouver un point de passage entre le Rassemblement National et la République en marche. Et Pierre dans les Hauts-de-Seine qui se dit mais c'est quoi la différence de programme ?
Alors d'abord, ce n'est pas des différences sur plus à droite ou moins à droite. Par exemple, et on peut le suivre grâce au panel Ipsos-Sélipof-FJJ, les électeurs LR de droite qui ont plutôt rejoint Emmanuel Macron, ils sont à peine moins à droite que ceux qui sont restés chez les LR. 0,1 sur une échelle gauche-droite. C'est une question de valeur et de préoccupation et c'est ça qui sépare aussi une partie des programmes.
C'est-à-dire concrètement, qu'est-ce que ça veut dire valeur et préoccupation ?
Vous avez des enjeux sur l'autorité, sur l'immigration, sur les frontières qui sont beaucoup plus marquées chez les LR que chez La République en marche et dans l'action ou le programme de La République en marche. Vous avez dans La République en marche un regard sur l'Europe qui n'est pas le même que celui des LR aujourd'hui et c'est là d'ailleurs où je trouve que les LR ont perdu un actif fondamental de la droite, c'est qu'ils ont laissé partir l'idée européenne du côté de La République en marche comme si elle ne faisait pas partie du patrimoine de la droite traditionnelle alors que c'était le cas sous Chirac, sous Nicolas Sarkozy et sous d'autres.
Vous avez également des différences sur la redistribution. Vous avez une attention un peu plus marquée quand même chez la REM et dans l'action gouvernementale à des enjeux de redistribution qui sont moins forts chez les LR parce que les LR sont beaucoup plus dans l'idée du travail, du mérite et moins dans l'idée de la solidarité qui très vite est perçue comme de la cistana. Donc il y a malgré tout des différences. Il y a des points où ils se ressemblent sociologiquement, idéologiquement, en termes de préoccupation et puis il y a des vrais points de différenciation. C'est ce qui peut justifier d'ailleurs qu'il y ait une famille LR qui continue à vivre en tant que telle.
Elle n'est pas intégralement soluble dans le macronisme et elle ne l'est pas non plus dans le marinisme.
Il y a aussi des différences et je vous laisse la parole Brice Tinturier entre LR et le Rassemblement national. Alors il y a eu cette phrase qui a été beaucoup commentée à un direct ciotique et laissé entendre que la différence qu'il y avait c'était que LR était en capacité d'exercer les responsabilités et de gouverner. Mais est-ce que vous avez la même grille d'analyse pour la différence qu'il peut y avoir entre LR et le Rassemblement national ?
Il aurait été beaucoup plus facile de vous répondre il y a encore un an ou au moment de la dernière élection présidentielle parce que pour le coup Marine Le Pen disait des choses sur l'euro que ne disaient absolument pas les LR. Et c'est plutôt Marine Le Pen qui bouge et qui essaye de se rapprocher des LR. Par exemple sur la question de l'euro, sur la question des déficits et de la dette, ça aussi c'est un thème important pour les LR. Et Marine Le Pen depuis peu commence à dire que oui naturellement il faudra rembourser la dette. Elle essaye de rassurer cet électorat LR et de se rapprocher de ses positions économiques.
Donc les différences s'estompent parce que sur le régalien il y a quand même beaucoup de points de convergence et sur ce qui demeurait quelque chose de très différent le rapport à l'Europe et le rapport au libéralisme économique et bien là on commence à avoir une atténuation de ces éléments. C'est pour ça que le RN grignote en ce moment les LR.
Nathalie Moret et si le problème de la droite c'était pas tout simplement qu'elle n'a pas de champion pour l'instant. On a entendu dans ce reportage cet homme qui disait si je me suis inscrit si j'ai adhéré au parti à l'époque c'était pour Nicolas Sarkozy on a l'impression que c'est aussi ça le problème de la droite. Alors il y a des prétendants qui ont parfois quitté le parti on parle de Xavier Bertrand de Valérie Pécresse de Laurent Wauquiez ou même de François Barman qui a dit qu'il n'était pas intéressé mais qui pourrait revenir dans la course. Son problème le problème de la droite est-ce que ce n'est pas ça ? C'est ça. Vous avez complètement pointé la grosse difficulté des LR.
Aujourd'hui le parti Les Républicains n'a pas de candidat naturel. Et Renaud Muselier ce matin quand il est arrivé en comité stratégique des LR c'est d'ailleurs ce qu'il a dit à destination de François Barouin en disant si on est dans la merde c'est vraiment ce terme si on est dans la merde c'est aussi parce qu'on n'a pas de candidat. Si aujourd'hui il y avait un candidat naturel pour les LR les deux partis qui essayent de capter son électorat donc La République en marche et les RN seraient moins forts. Là ils ont des arguments. Donc c'est un vrai problème. D'autant plus que c'est on est aussi dans une histoire politique de positionnement politique mais aussi dans une histoire d'hommes.
Il ne faut pas oublier que dans cette histoire en PACA vous avez Renaud Muselier François Barouin et Christian Jacob qui sont des amis de 30 ans. Vanessa Schneider l'avait rappelé tout à l'heure ce sont des Chirakiens qui ont mené des campagnes très très importantes et tout ce qui se joue aussi moi je trouve ça très très intéressant de voir les mots qu'utilisent les uns et les autres tout ce qui se joue c'est aussi une amitié qui est en train de se déliter ou pas. On le saura ce soir après la commission nationale d'investiture.
Mais Christian Jacob quand il est sorti à la mi-journée de cette réunion qui avait été quand même assez tendue son premier mot ça a été de dire c'était une réunion entre amis. Ce n'était pas forcément de l'humour c'était aussi un signe donné. Renaud Muselier il est dans la famille et on a envie qu'il y reste pour des raisons politiques mais aussi pour des raisons affectives. La dimension affective elle est très importante aussi chez les récupéricains puisque dans votre reportage on l'a vu on a un chef on aime son chef et on le suit.
Et c'est toute cette histoire qui est en train de se jouer actuellement c'est-à-dire qu'aujourd'hui il n'y a pas de chef il y a un manque et il n'y a pas de chemin qui est montré. Celui qui reste de chef c'est Nicolas Sarkozy très rapidement Vanessa Schneider on va attendre on va guetter dans les mois qui viennent la décision de Nicolas Sarkozy puisqu'il a dit qu'il se prononcerait pour la présidentielle et là ça peut peser.
Parce que ça peut peser mais surtout Nicolas Sarkozy s'amuse à semer l'ambiguïté donc il y a un certain nombre d'électeurs je ne parle même pas des militants sont quand même extrêmement étonnés par rapport aux signes que Nicolas Sarkozy peut envoyer des signes de proximité avec les Macron des petites phrases qu'on laisse filtrer ici et là qui laissent entendre que s'il estime qu'un candidat de droite n'est pas à la hauteur il pourrait appeler à voter pour Emmanuel Macron donc tout ça accentue ce trouble de l'électeur de droite qui non seulement n'a pas de chef mais le chef référent a un discours très très flou.
On attend toujours les surprises à la veille d'une présidentielle et dans cette présidentielle qui a déjà commencé ça on l'a bien compris l'idée d'un militaire qui s'imposerait dans le débat revient très régulièrement après les spéculations autour d'une éventuelle candidature du général De Villiers cette tribune qui a secoué récemment la classe politique 25 officiers ont dénoncé dans Valeurs Actuelles une société française en plein délitement quand les militaires se piquent de politique Laura Radeau Arnaud Fora
C'est le premier régiment d'infanterie c'était l'électeur j'étais dans l'infanterie avant de passer en gendarmerie Jean-Pierre Fabre Bernadac ancien capitaine de gendarmerie l'auteur d'une tribune qui fait couler beaucoup d'encre depuis dix jours ça c'est mon képi alors il est tout vieux il est tout mais j'y tiens quand même c'est quelque chose qui a traversé des âges avec moi le 13 avril il publie un appel au président de la république il y dénonce l'insécurité le délitement qui frappe la France et prévient par contre si rien n'est entrepris le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société provoquant au final une explosion et l'intervention de nos camarades d'actives pour certains cette phrase plus qu'ambiguë sonne comme un appel à la sédition depuis Jean-Pierre Fabre Bernadac ne cesse de se justifier dans les médias la tribune elle est pour les politiques elle n'est pas politique elle est pour les politiques elle est de leur dire encore une fois attention cette tribune n'est pas pour aller faire demain descendre dans la rue avec une kalachnikov ce qu'on veut c'est être c'est devenir un espèce de lobby un espèce de force qui nous permettra un jour de dire à des politiques quels qu'ils soient pour nous vous vous trompez vous vous trompez vous n'allez pas assez loin vous n'avez pas vu ça vous vous trompez à l'heure actuelle 28 000 militaires dont 50 généraux ont signé la tribune selon un sondage 58% des français apportent même leur soutien aux militaires ce qui manque c'est deux choses c'est une paire de couilles excusez-moi du terme mais je vais être très militaire et un idéal repris sur le site de Valeurs Actuelles le 21 avril 60 ans après le putsch des généraux à Alger la tribune déclenche une avalanche de réactions Jean-Luc Mélenchon sur Twitter y voit des déclarations inacceptables et réclame des sanctions mais une autre candidate à la présidentielle est intervenue en leur faveur Marine Le Pen a même invité ses haut-gradés à la rejoindre je partage je partage leurs afflictions je partage leurs constats et que je pense que ces problèmes se règlent par la politique et par un projet politique validé par les français dans un cadre évidemment démocratique condamnation dans la foulée du premier ministre pour qui Marine Le Pen renoue avec la tradition putschiste de l'extrême droite chasser le naturel il revient au galop pas question pour l'armée de tolérer de telles prises de position selon le chef d'état-major des sanctions disciplinaires sont envisagées signataire de la tribune ce général n'éprouve aucun regret tout le contraire car pour lui les militaires ont un rôle à jouer dans la société en 2005 il a d'ailleurs lancé un programme de réinsertion destiné aux jeunes défavorisés il y a beaucoup de jeunes qui se sentent quand même qui comprennent parce qu'il y en a énormément qui comprennent que la vraie vie c'est pas d'îlée la vraie vie c'est pas attendre tendre la main être chouf dans un quartier la vraie vie c'est quand même avoir une famille à terme c'est ne pas faire de la tôle etc.
donc ils comprennent ils ont compris mais il ne faut pas mentir il y a un an le général des banlieues cède aux sirènes des partis politiques d'abord approché par le rassemblement national au municipal il opte finalement pour le parti de Nicolas Dupont-Aignan une désillusion ça ne correspondait pas du tout ni à mes idées ni à l'idée que je me faisais de servir avec un grand S où je pense que servir pour moi ça veut dire 36 ans d'expérience militaire 10 ans d'entreprise les banlieues et que je pouvais apporter à cette ville comme à cette région beaucoup et ils n'ont pas compris officiellement les signataires de la tribune n'ont pas accepté la main tendue de Marine Le Pen une autre figure de la grande muette pourrait en revanche incarner l'ordre et l'autorité à la prochaine présidentielle Pierre De Villiers ancien chef d'état-major pas officiellement candidat pourrait récolter jusqu'à 20% des voix au premier tour selon un sondage de l'IFOP
je voudrais avoir votre avis Bristin Thurier sur ce reportage avec je rajoute cette question les français veulent-ils veulent de l'ordre pardon pas de l'autoritarisme les politiciens le comprennent-ils
alors d'abord cette remarque est tout à fait juste parce qu'effectivement il y a dans notre pays une demande d'ordre une demande de cadrage elle est incontestable ça ne veut absolument pas dire qu'il y a une demande d'autoritarisme de pouvoir fort et encore moins un pouvoir militaire ou une quelconque dictature au contraire on est dans un pays qui reste très attaché aux libertés très individualiste donc oui il y a une demande d'ordre oui naturellement les français font très massivement et expriment très massivement le sentiment que notre pays est en déclin et depuis longtemps mais la tribune dont il était question elle dit d'autres choses elle prend partie sur d'autres éléments c'est une tribune politique bien évidemment et elle ne répond pas à une demande de pouvoir fort qui émanerait de la société française au sens d'un pouvoir où ce seraient les militaires qui du coup exerceraient les responsabilités alors d'où ça vient pardonnez-moi d'où ça vient
cette idée que le général De Villiers pourrait à un moment donné être candidat lors de cette prochaine présidentielle d'où ça vient cette attrait même qu'a pu ou cette polémique qui a pu susciter cette tribune on sent bien que la dimension du militaire des galons et de l'uniforme trouve un écho peut-être plus qu'auparavant dans le pays est-ce que vous le ressentez comme ça dans les éléments chiffrés qui sont les vôtres ?
Oui il y a aussi cela bien évidemment encore une fois parce que le sentiment de déclin est fort parce que les Français une part importante de nos concitoyens ont le sentiment aussi que les choses se délitent sont inquiets de la fragmentation de la société française de l'archipélisation pour reprendre le terme de mon confrère de l'IFOP donc tout cela qui est un terreau qui est un terreau anxiogène les attentats terroristes évidemment rajoutent à l'anxiété et le monde est perçu comme de plus en plus menaçant et inquiétant pour les Français donc tout cela permet ce type de fermentation mais je voudrais mettre en garde sur ce chiffre qui est répété de 20% des Français qui pourraient voter pour quelqu'un comme le général de Villiers non c'était une question de potentiel électoral ce n'était pas un score à partir d'une intention de vote présidentielle quand vous demandez est-ce que vous pourriez voter pour telle ou telle personne vous avez des tas de gens qui peuvent vous dire oui je pourrais voter l'élection présidentielle si on vous demande de choisir parmi d'autres et à ce moment là on n'est pas à 20%
il y a votre chien qui s'agace il n'est pas d'accord à ce que vous êtes en train de nous expliquer Dominique Régnier sur cette tribune et sur les mois qu'elle a suscité on rappelle que Marine Le Pen et on l'a vu dans le reportage a dit soyez les bienvenus est-ce que c'était une faute politique ou est-ce qu'elle a eu raison ?
moi je trouve que c'est une faute politique parce qu'elle n'avait pas en bonne tactique elle n'avait pas à le dire donc c'est un ça peut amener des interprétations d'ailleurs qui ont eu lieu et qui sont à mon avis de mauvaises interprétations moi je comprends très bien que le Premier ministre fasse la déclaration qu'on a vue tout à l'heure mais on a surjoué le côté coup d'État pousse des généraux on a ramené des références historiques qui sont complètement à côté de la plaque à mon avis dans l'esprit de l'opinion par contre ce que ça dit comme vérité sur l'inquiétude dans le pays qui est nourri par le fait que et ça c'est très important les policiers se font attaquer les gendarmes se font attaquer c'est ça dans l'esprit de l'opinion qui va protéger les militaires les policiers les gendarmes sinon les militaires donc il y a cette idée que la situation se dégrade tellement qu'il faut arriver à cette étape supérieure et ce serait à mon avis une erreur de comprendre ce qui s'est passé avec cette lettre des militaires comme une sorte de projet golpiste de coup d'état plus ou moins farfelu alors même que derrière il y a une demande qu'il faudra d'une manière ou d'une autre satisfaire et ce qu'on a vu le 1er mai avec des policiers des CRS qui recevaient des pavés dans la nuque dans le dos ils tombaient au sol en fait etc ou bien encore l'assassinat de cette policière comme on l'a vu récemment Madame Monfermé et bien ça ce sont des éléments qui à mon avis vont jouer en faveur de cette opinion là et mettront en difficulté ceux qui auront pris un trop grand écart par rapport à l'opinion des militaires
et nous revenons maintenant à vos questions alors en quoi le cas de Renaud Muselier pose-t-il problème à droite pourquoi parler de psychodrame chez les républicains un petit résumé rapide Vanessa Schneider psychodrame chez les républicains parce que Renaud Muselier en passant cette alliance avec le parti au pouvoir alors qu'il est censé être membre d'un parti d'opposition mais dans l'embarras ses camarades qui eux se posent toujours en parti d'opposition donc pour cette raison évidente c'est où doivent se situer les républicains est-ce que les républicains restent le parti d'opposition à Emmanuel Macron est-ce que c'est un parti d'alliance possible avec le parti d'Emmanuel Macron ou est-ce qu'il est destiné à se dissoudre et dans différents partis comment se fait-il que Renaud Muselier ait pu passer un accord avec la république en marche alors qu'il n'a cessé de critiquer le gouvernement c'est vrai ça Nathalie Morais si on reprend les dernières déclarations sans doute de Renaud Muselier on doit trouver quelques critiques oui mais si vous remontez plus avant vous trouvez aussi une certaine forme de j'allais dire peut-être pas d'admiration mais d'assentiment quant à la politique menée par le président Macron donc il a toujours joué sur les deux tableaux Renaud Muselier et c'est justement ça qui est en train de se jouer Renaud Muselier c'est avec l'arc du sud de la France c'est-à-dire Hubert Falco et Christian Estrosi sont plutôt favorables à la politique menée au plan national par Emmanuel Macron donc il a beau jeu aujourd'hui de dire il n'y aura aucune forme d'alliance en fait si vous voulez c'est quand même très clair aujourd'hui il y a deux tendances au sein des Républicains et celle qui est incarnée par Renaud Muselier est plutôt favorable à la politique menée au niveau national Les mauvaises langues diront qu'il négocie des places dans un éventuel nouveau gouvernement je ne sais pas si c'est son ambition on l'avait dit également pour Christian Estrosi il y a déjà beaucoup de membres du gouvernement qui viennent des Républicains au sein du gouvernement de Castex comme c'était le cas sous le gouvernement d'Édouard Philippe qui était lui-même un ancien RL donc non je ne pense pas qu'il s'agisse de ça pardon LR je ne pense pas qu'il s'agisse de ça je pense qu'il s'agit pour lui de sauver sa région il n'a pas eu Marseille au moins que la région reste dans le giron des Républicains Accor LR La République en marche est-ce le baiser de Judas pour les dirigeants de la droite ?
C'est de la politique et donc si on n'investit pas un territoire si on ne prend pas en charge des thèmes si on ne choisit pas des chefs vous donnez le sentiment que ça ne vous intéresse pas ou que vous ne voulez pas vraiment vous en occuper et vous avez des concurrents qui le font à votre place donc là c'est la politique et c'est le prix à payer d'une forme d'inaction et d'absence depuis sur dix ans disons c'est un peu radical comme formule mais c'est quand même cette idée là
Cette question qu'on n'a pas suffisamment peut-être évoquée au cours de l'émission c'est Henri Angironde qui nous la pose la Macronie est-elle dans l'obligation Brice Tinturier de s'allier au parti LR sous peine de défaite est-ce que tout ça ne traduit pas l'échec de La République en marche ?
Alors on n'a peut-être pas l'obligation de s'allier au LR mais votre auditeur a totalement raison la Macronie a absolument besoin de ne pas se laisser déborder sur son flanc droit donc de consolider le déposement d'une partie de la droite pour être assurée d'accéder au second tour de l'élection présidentielle
Je préciserai juste sur cette même question en effet ça montre bien et le téléspectateur a raison dans ce sens ça montre bien l'incapacité et l'échec de La République en marche à se constituer des bases locales solides à développer un parti qui soit en mesure de porter des listes qui attirent des candidats donc là on a fait venir une ministre en PACA on a bricolé une équipe et on le voit d'élection en élection on l'a vu lors des municipales et ça c'est un problème récurrent et c'est un échec du macronisme de n'avoir pas su créer avec la force de départ qu'avait ce parti créé un véritable mouvement ancré sur les territoires de nature à présenter des candidats sérieux qui recueillent des suffrages Est-ce le rôle d'un Premier ministre de se mêler d'une élection régionale ?
Nathalie Moret En fait je pense que dans son esprit c'est aussi une façon de se sortir de l'image qu'il a actuelle qui est celle d'un Premier ministre qui s'occupe du Covid et puis essentiellement ça donc le fait qu'il rentre dans une campagne plus politique c'est une façon de modifier son image c'est peut-être aussi une façon de dire regardez je fais de la politique parce que vous savez qu'on entend de plus en plus souvent une petite musique qui dit que peut-être ça serait bien de le changer une fois que la crise sanitaire sera terminée pour avoir un Premier ministre plus politique donc il y a peut-être aussi ça dans son esprit On ne peut pas imaginer Nathalie Moret une seconde qu'il ait annoncé ça sans l'avis et sans l'assentiment du président de la République Ah oui mais évidemment bien sûr La stratégie La République en marche en PACA préfigure-t-elle de la stratégie d'Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle ?
Dominique Régnier
En tout cas c'est ce qu'on a évoqué à plusieurs reprises Emmanuel Macron ne peut pas être sûr d'être présent au second tour s'il n'a pas absorbé l'électorat de droite qui donnerait à un candidat de droite la possibilité de lui passer devant J'espère que ma formule est claire
Oui je crois que je suis ce que là j'ai suivi moi
Et ensuite pour gagner au second tour face à Marine Le Pen qui sera plus forte qu'en 2017 parce que gouverner c'est difficile et qu'Emmanuel Macron aura gouverné pendant 5 ans il ne sera plus du tout hors système mais le symbole du système il lui faudra avoir ses électeurs de la droite modérée et donc c'est pour lui absolument indispensable d'autant plus qu'on l'a déjà remarqué la gauche s'est évaporée pour le moment
Olivier Enmoselle et nos politiques se demandent pourquoi on les rejette ou que l'on s'abstient d'aller voter Brice Tinturier visiblement Olivier n'a pas apprécié cette tambouille politicienne
Non mais tout à fait parce que ça produit quand même une image assez désastreuse de la vie politique française puisqu'on ne parle que d'accords ou de non-accords entre partis de recomposition politique et on ne parle pas des sujets qui préoccupent véritablement les français et c'est pour ça que moi je m'inquiète et je le rappelle souvent d'une campagne présidentielle qui ne tournerait qu'à l'aune de la question de savoir qui est le meilleur opposant à Marine Le Pen pour tous ceux qui veulent s'opposer à Marine Le Pen le sujet des français ce n'est pas ça c'est les questions d'emploi c'est les questions de crise c'est les questions de modèle de croissance d'environnement de pouvoir d'achat et on a quand même le sentiment que tout cela est totalement absent aujourd'hui des débats donc on peut se dire c'est un enjeu de recomposition important mais il faudra vite revenir à ce qui préoccupe fondamentalement les français et il ne faudra pas de ce point de vue surinterpréter le résultat aussi en région PACA parce que je vois ça arriver et on va lire les résultats de la région PACA à l'aune d'une grille de lecture de rapports de force qui vaudraient pour toute la France alors qu'il y a des spécificités régionales qui sont importantes on verra ce que donne cette nouvelle alliance pour la petite histoire nous avions une enquête en cours qu'on a dû arrêter dimanche qui était pulvérisée par les déclarations du Premier ministre et cet accord mais on va relancer on est en train de relancer une enquête on y verra déjà un peu plus clair ce que vous dites Brice Tinturier
que je retiens c'est important c'est pas parce que le RN l'emporte en PACA que ça lui donne un ascendant sur la prochaine présidentielle et un atout supplémentaire pour la prochaine présidentielle
c'est ça que vous dites ou par exemple si le RN l'emportait en région PACA ce qui n'est pas encore assuré du tout mais prenons cette hypothèse il ne faudrait pas en décrire qu'à ce moment-là tout rapprochement entre les LR et la République en marche favorise systématiquement le RN les choses vont être quand même un petit peu plus complexes et vous avez en région PACA quand même des moteurs qui sont très spécifiques à cette région
et bien merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h40 je vous rappelle que vous pouvez retrouver quand vous le voulez c'est dans l'air en replay sur france.tv et aussi en podcast sur l'ensemble des plateformes tout de suite c'est à vous de suite et aussi en