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interviewCNEWS· 5 juin 2026 3 min

Affaire Lyhanna : «Même avec 10 fois plus de moyens, ce fiasco judiciaire aurait vraisemblablement eu lieu», juge Francis Nachbar

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

Alors, qu'on soit bien clair, même si on avait eu dix fois plus de moyens, ce fiasco judiciaire, il aurait vraisemblablement eu lieu parce qu'il repose à l'origine, me semble-t-il, et sous réserve des deux inspections, il repose sur des manquements, des erreurs d'appréciation individuelles qui doivent être sanctionnées. Ça paraît être une évidence. Maintenant, on verra si les inspections me contredisent ou pas.

Mais on ne peut pas expliquer, surtout pas expliquer par un problème de moyens, ces neuf mois d'inertie, d'erreur, d'orientation, de transmission par courrier sans même qu'ils aient été doublés d'un coup de téléphone ou d'un mail, deux mois pour déterminer quel est le tribunal compétent. Tout ça, c'est incompréhensible et, à mon sens, inadmissible. Donc, ça, c'est une chose. Ça, c'est certain. Attention, tout de même, de ne pas aller trop loin dans la désignation des responsables, et pour l'instant, j'allais dire de la responsable. J'ai entendu dire qu'elle avait déjà reçu, c'est le procureur, des lettres de menace. Donc, je trouve que ça va très loin.

Si, effectivement, elle a commis une erreur d'appréciation ou des fautes personnelles, on en tirera les conséquences, et c'est bien normal, quand on est procureur ou quand on est magistrat, on est responsable et on assume. Et quand on est procureur, en plus, on assume aussi pour ses collaborateurs. Je viens de le dire parce que je n'ai pas toujours vu ce comportement parmi mes collègues. Donc, ce n'est pas du tout un problème de moyens sur ce plan-là. Le président de la République a raison de le dire. Mais c'est un peu s'exonérer très facilement, et beaucoup trop facilement.

Et puisqu'il indique qu'on doit chercher les responsabilités, il devrait aussi s'interroger sur sa propre responsabilité, me semble-t-il, parce qu'il n'y a aucune vision de la justice. Il y a un désintérêt total de sa part, depuis 2017, sur la défense de nos concitoyens, sur la sécurité, sur la politique pénale, sur la justice, la police, la gendarmerie. Manifestement, ce n'est pas du tout une priorité, puisque aujourd'hui, on parle de priorité. Donc, qu'il s'interroge également sur la responsabilité des uns et des autres, des procureurs, des magistrats, des gendarmes, c'est normal. Il pourrait peut-être s'interroger aussi sur sa propre responsabilité. Moi, je me souviens, M.

Dupond-Moretti, qui parlait de sentiments d'insécurité avec un peu de mépris pour ceux qui ne pensaient pas le contraire, et qui était donc populiste, et qui faisait le jeu, naturellement, des formations extrémistes, comme d'habitude. Je me souviens de ses propres propos au Président de la République, indiquant qu'on était sujet à un bourrage de crâne de la part de certaines chaînes d'information. Bon, c'est peut-être un petit peu méprisant aussi. Donc, que tout le monde s'interroge, que tout le monde en tire les conséquences, y compris au plus haut niveau de l'État.

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Locuteur

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