Vœux aux acteurs culturels & à la presse de la ministre de la Culture Rachida Dati | 29 janvier 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Invité politiqueChiffre
« 88 % de notre territoire, 22 millions de nos concitoyens y vivent. »
- 10:14Invité politiqueChiffre
« Le dispositif est plébiscité par les jeunes notamment en zone rural et dans les QPV. C'est le premier dispositif culturel qu'ils connaissent. Ils s'y sont inscrits à plus de 90 %. une satisfaction à plus de 95 %. »
- 10:58Invité politiquePromesse
« 2026 verra la généralisation du passe pour tous. »
- 12:23Invité politiqueChiffre
« Plus de 100 milliards d'euros de chiffres d'affaires, près de 600000 emplois directs. »
- 13:08Invité politiqueChiffre
« Le budget de la protection de la réhabilitation de notre patrimoine historique a augmenté de 40 % depuis 2017. »
- 17:27Invité politiqueFait
« Ce modèle d'exception culturelle positionne la culture au cœur de l'action publique pour rassembler et faire front autour d'un socle commun de valeur et de grandes références. »
Temps de parole
- Rachida Dati100 %
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cette année dans un contexte qui est particulier, un contexte budgétaire électorale, international, un contexte qui est marqué par de fortes tensions et l'impression que nous sommes à un moment de basculement possible. Et pourtant dans ce moment-là, madame la ministre, c'est ici que vous avez choisi de venir ou plutôt de revenir pour la troisème fois présenter vos vœux ici dans un lieu qui porte fièrement l'histoire migratoire de la France, non pas comme une histoire à côté, mais comme notre histoire commune. Ici dans un moment où l'immigration a été chargée comme un pistolet de toutes nos peurs, au point que le débat politique peine à s'en saisir autrement que comme un ennemi bien commode.
Et je dois dire que je dis cela avec une gravité particulière quand je vois certains dans notre pays rêver d'une police semblable à l'ï américaine sans se soucier des meurtres, des enlèvements et de la terreur pourtant parfaitement documentée. J'ai le sentiment que ce n'est plus seulement l'histoire qu'on oublie, c'est le présent qu'on refuse de regarder en face. Et c'est donc Porte dorée au musée national de l'histoire de l'immigration que vous êtes là pour la troisème fois. En toute connaissance de cause, je crois, des combats que nous portons ici fièrement, des combats humanistes, progressistes, féministes, antiraciste, écologique. Votre présence ici n'est donc pas neutre.
C'est un choix exigeant qui n'évite pas les aspérités, qui accepte la pluralité des voix et des regards. Cars que je viens d'évoquer, je suis certaine que nous avons des points de vues très différents dans cette salle. Sur bien d'autres sujets, nous pouvons avoir des points de vues différents sur les objectifs de politique culturelle, sur les priorités budgétaires, sur les équilibres entre patrimoine et création. Mais il me semble que nous ne devons pas nous tromper sur les risques qui pèsent sur nous. Aujourd'hui, le risque ce n'est pas le débat ou le désaccord même vif.
Le risque ce serait de ne plus pouvoir se parler, de refuser l'échange les yeux dans les yeux, d'homme à homme ou de femme à femme ou même d'homme à femme ou de femme à homme. Le risque ce serait d'oublier la force de ce qui nous unit ici, madame la ministre, chers amis, à savoir la force de la culture comme espace de partage, d'émotion, d'ouverture et de dialogue. une force de la culture que la République au-delà des alternances politiques a toujours défendu comme un de ses piliers. Le risque ce serait de penser que les attaques contre la culture ne sont pas graves et le risque enfin peut-être le plus grand ce serait de croire que cela ira toujours de soi.
Car la culture que nous défendons ici, elle est aujourd'hui attaquée dans de nombreux pays. Suppression du ministère de la culture en Argentine, dèsement de l'audiovisuel publique en Italie ou en Hongrie, pression idéologique sur les artistes, censure explicite ou plus ou moins insidieuse. Réécriture de l'histoire aux États-Unis, blanche, masculine, conquérante. Tout cela sur fond d'intimidation, de peur et de brutalité. Dans ces pays qui ne sont pas si loin de nous, la culture est sommée de se taire ou de se conforter conformé parfois de se mettre au service d'une vision étroite et figée du monde.
Et ici même en France, ces derniers mois, nous avons vu sur des attaques contre des œuvres, contre des artistes, contre des programmations, contre des commémorations, parfois même contre des interprétations ou réinterprétations de musique de notre répertoire. Et ce n'est jamais un car le propre de l'art, c'est de déranger. Le propre de la pensée, c'est d'accepter le doute et le propre de la culture, c'est de nous rassembler au-delà de nos différences. Je crois que c'est ce que toutes et tous ici nous défendons chaque jour. une culture exigeante et populaire qui ne soit réduite ni aux grandes villes ni à l'entre soi et pas non plus accaparé par des puissances financières ou idéologiques.
Voilà pourquoi mes propos sont graves et inquiets parce que défendre la culture c'est aussi défendre la démocratie et je pense que je ne suis pas la seule à ressentir cette inquiétude ce soir. Et pourtant, j'essaie d'être un peu positif, même si je ne me sens pas très positive en ce moment, je ressens aussi notre force car partout nous voyons des publics au rendez-vous, des festivals, des lieux dont les fréquentations n'ont jamais été aussi élevées et car nous voyons dans nos espaces que la majorité silencieuse ne rêve pas de se battre masqué sur les réseaux sociaux, mais de se retrouver dans nos lieux culturels ouverts et joyeux.
Alors pour vigne 26, du fait de cette force incroyable que nous avons, je veux en notre nom à toutes et tous vous souhaiter madame la ministre des vœux de résistance à l'air du temps, des vœux de lucidité sur nos fragilités aussi qui rendent nécessaire le soutien de votre ministère, mais aussi des vœux de confiance, de confiance en nous car nous sommes là, nous sommes forts, nous sommes fiers, nous sommes libres et à nous tous, je nous souhaite pour 2026 de le rester. Je vous remercie.
[applaudissements]
Mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs, chers amis, chers Constance Rivière, comme chaque année et vous l'avez rappelé, je suis ravie de vous retrouver pour ses vœux et merci chère Constance Rivière de nous recevoir dans cette belle institution dont chacun mesure le symbole et chacun mesure le sens en particulier en ce moment et vous l'avez rappelé avec beaucoup de gravité dans un contexte géopolitique très fracturé. Présenter mon vœux aux acteurs culturels dans cet endroit est tout aussi fort de sens. Vous l'avez dit oui ce choix est un choix voulu. Le ministère de la culture est le ministère des Français dans leur besoins de culture.
Le besoin de culture, ce n'est pas seulement le besoin de se divertir pour ne pas dire s'étourdir. C'est bien plus que cela. La culture élève, elle éduque, elle fédère, elle structure, elle civilise à plus forte raison lorsqu'on ne vient pas forcément du bon endroit, pas du bon milieu et je le dis très souvent, c'est ce qui permet une communauté de destin. Alors, le ministère de la culture, c'est le ministère des convictions, celle qui fonde et structure une vie, mais aussi un engagement politique. La première de mes convictions, c'est que la culture parce qu'elle rassemble doit être accessible à tous.
Il s'agit faire de faire tomber toutes les barrières qui se dressent, les barrières géographiques, les barrières psychologiques, mais aussi les barrières tarifaires. Ce combat, je ne le mène pas seulement depuis 2 ans parce que c'est le combat d'une vie, le combat pour l'accès à la culture partout, pour tous, sous toutes ses formes et vous en êtes les artisans. Lorsque j'ai annoncé des mesures pour faire tomber les barrières géographiques, certains se sont étonnés de me voir m'intéresser à la ruralité. Pourtant, qui compose 88 % de notre territoire, 22 millions de nos concitoyens y vivent. Nous avions vu juste, n'est-ce pas, cher Gaitan ?
Merci encore pour cela car le plan culture et ruralité que j'ai lancé et qui continue de se déployer connaît un réel succès. Certains se se sont même moqués de vouloir faire rentrer la culture dans des lieux populaires comme les campings, les ÉPAD, les MJC, les lieux d'éducation populaire ou comme pour les plans pour nos arts et traditions populaires, les fanfares, les cabarets qui connaissent aussi un très grand succès et qui continuent de se déployer.
Tous ceux qui permettent cet accès à la culture sur tout le territoire et en particulier dans la ruralité et des quartiers populaires, ce sont des artistes et le ministère de la culture doit accompagner, doit les accompagner et les soutenir notamment grâce à un dispositif auquel je crois que certains et notamment Bery voulaient stopper. Je vous le dis, je crois ce dispositif et donc je me suis battu pour qu'il soit maintenu. Il le sera malgré le contexte budgétaire que nous connaissons. Des avancées ont été actées. Nous assemblirons l'aide à l'emploi du plateau artistique.
Le financement du fond PEPS sera sanctuarisé et cela ne se fera pas au détriment des autres secteurs de la création parce que cet objectif nous le partageons. Préserver l'emploi, soutenir la création dans la durée et en particulier dans le contexte national et international que nous connaissons. Comme pour le pass culture, j'ai souhaité le réformer en profondeur pour qu'il ne soit plus un outil de reproduction sociale mais un outil de démocratisation de la culture pour ceux qui en sont le plus éloignés. Les résultats sont là. Le dispositif est plébiscité par les jeunes notamment en zone rural et dans les QPV. C'est le premier dispositif culturel qu'ils connaissent.
Ils s'y sont inscrits à plus de 90 %. une satisfaction à plus de 95 %. Plus des 2 de tiers des jeunes disent qu'ils ont découvert un nouveau lieu culturel ou une nouvelle pratique grâce aux passultures. Plus largement, 2026 verra la généralisation du passe pour tous. Nous l'avons expérimenté en région grand est. Désormais, tous les citoyens auront accès à une offre culturelle localisée et éditorialisée. En 2026, nous allons continuer de faire de nos lieux du quotidien des lieux où l'on se cultive, des lieux où l'art a toute sa place. Nous allons refonder le 1 % artistique qui à ce jour demeure inaccessible pour certains artistes.
Trop de chantier public passe à côté de la commande artistique et ce sont plus de 50 millions d'euros par an qui échappent à la création. J'ai donc lancé ce fond, un fond pour l'art public alimenté justement par ces montants et par les obligations du 1 % artistique qui sont aujourd'hui insuffisamment mises en œuvre. Nous allons continuer à faire tomber les barrières qui intimident, qui impressionnent et qui conduisent à l'autocensure. Comme avec l'opération tous à l'opéra 2026 verra la création de la fête du théâtre. Tous les établissements publics comme privés ouvriront leurs portes le temps d'un weekend pour faire découvrir cet art si français auquel personne ne devrait renoncer.
De la même manière, j'ai décidé que le bicentenaire de la photographie soit une opportunité pour de jeunes talents, de jeunes artistes ou des passionnés pour bénéficier justement du soutien du ministère de la culture pour réaliser des projets. Déjà plus de 200 ont été labellisés partout sur le territoire. La culture est une chance majeure pour nos territoires et un levier de développement économique, d'attractivité et de cohésion. C'est notamment le cas pour les industries culturelles et créatives. D'ailleurs, le dernier panorama donne des chiffres éloquents. Plus de 100 milliards d'euros de chiffres d'affaires, près de 600000 emplois directs.
Elle représente le 3è secteur économique du pays avec des secteurs où nous sommes reconnus parmi les meilleurs du monde comme la musique, le jeu vidéo ou l'animation. Malgré tout ça, il faut être lucide. À l'air où les écrans envahissent notre vie, la culture a un rôle immense à jouer. Il faut que chaque minute en moins sur les réseaux sociaux soit une minute de gagner pour la culture. C'est dans cet esprit qu'à l'automne dernier, nous avons conduit avec mon collègue Édouard Gefray la première grande concertation nationale qui a eu lieu depuis 25 ans sur le livre et la lecture ciblé en particulier sur les jeunes.
Premier enseignement, c'est de redonner à la lecture toute sa place, notamment dans le temps périscolaire. C'est le sens du programme 50 livres pour le plaisir qui ont été déployés dans 250 centres de loisir. Donner accès au livres dès le plus jeune âge, c'est soutenir le développement cognitif. Toutes les études le démontrent. Désormais, dès la naissance à la déclaration de son enfant, chaque famille bénéficie du dispositif ma première carte de bibliothèque. Cette carte a permis d'augmenter la fréquentation des bibliothèques municipales de plus de 30 %. Comme la lecture, c'est tout au long de la vie. En 2026, nous renforcerons les rencontres entre les auteurs et les publics.
Des pôles qui seront répartis en France, labellisés par le ministère de la culture, seront dotés de 150000 €. Le deuxième enseignement, c'est la nécessité d'avoir une politique d'éducation au cinéma à l'image avec Édouard Gefrey. Nous donnons un nouvel élan au dispositif Ma classe au cinéma, toujours porté par vous cher Gaillon. Ce dispositif est unique au monde. Il permet chaque année à près de 2 millions d'élèves de découvrir le cinéma avec un véritable accompagnement pédagogique. Un autre pan de notre culture, lui ne connaît pas de barrière géographique. C'est notre patrimoine.
Partout dans nos villes, nos villages, il y a une église, un lavoir, un monument historique et au même titre que nos grands fleurons patrimoniaux, il contribue à notre fierté collective. C'est l'objet du National Trust à la française adossé au centre des monuments nationaux qui doit poursuivre son déploiement pour mettre en valeur mieux protéger, mieux financer et mieux faire vivre dans de meilleures conditions les 45000 monuments historiques de notre pays. Ce projet s'est proposé au public, toujours plus attaché au patrimoine de nouvelles expériences de visite et d'engagement pour sa préservation.
C'est enfin la création d'un nouveau modèle économique pour notre patrimoine qui va se mettre en place dès cette année. Je parlais du patrimoine comme une fierté commune. C'est la fierté, on la doit aussi au fleur que nos grands musées et nos monuments nationaux. Le budget de la protection de la réhabilitation de notre patrimoine historique a augmenté de 40 % depuis 2017. Concrètement, plusieurs opérations structurantes suivent leur trajectoire comme la rénovation de du centre Pompidou. ou celui de la sécurisation des 87 cathédrales de l'État. Ces chantiers sont aussi des vitrines de l'excellence française en matière d'architecture, d'ingénierie et des métiers d'art.
Ils illustrent l'un des objectifs majeurs de notre stratégie nationale pour l'architecture que j'ai annoncé il y a 1 an. faire de chaque intervention sur le bâti une occasion d'élever la qualité architecturale, de mieux la faire comprendre à nos concitoyens et de se transmettre les savoir-fairs. Bien sûr, la sécurisation, la gestion du musée du Lou est une priorité à part et vraiment à part entière après le cambriolage spectaculaire qui a sidéré la France et le monde. Cela a permis une prise de conscience collective qui a remis la sécurité des musées au cœur des priorités.
Adapter nos bâtiments patrimoniaux aux exigences contemp contemporaines, sécurité, accessibilité, conditions climatiques est un défi architectural majeur. Il faut protéger sans dénaturer, moderniser sans jamais trahir. Ensuite, je vous l'ai dit, ce ministère est le ministère de des convictions. J'ai une autre conviction, celle que si notre culture est à ce point une source de fierté, c'est grâce à la force de notre modèle et de notre exception culturelle. Ce modèle d'exception culturelle positionne la culture au cœur de l'action publique pour rassembler et faire front autour d'un socle commun de valeur et de grandes références.
Quand on a la chance de disposer d'un tel modèle, on a une immense responsabilité, celle de le préserver face au bouleversement. technologique, géopolitique, mais aussi face à nos propres tiraillements. C'est un enjeu démocratique. L'avènement de l'intelligence artificielle pose pèse lourdement et pose lourdement la question de la transparence sur l'utilisation des œuvres et des contenus. de la transparence découle l'effectivité du droit d'auteur et de la rémunération des ayants droits. Lorsque je suis arrivé au ministère de la culture, la bataille était très mal engagée et ma première action a été de tout mettre en œuvre pour préserver le droit d'auteur et sa rémunération.
Et pour la première fois, dans un sommet international sur l'intelligence artificielle en février dernier, la culture a eu toute sa place. Soutenir l'innovation tout en protégeant le droit d'auteur pilier de notre modèle culturel et de notre souveraineté créative. Ça aussi c'était une première mondiale. Nous l'avons porté au effort. Nous avons d'ailleurs engagé un cycle inédit entre développeurs d'IA ayant droit et acteurs culturels et des médias. Mais face aux interprétations extensives de l'exception de fouille de textes et de données, j'ai réaffirmé ma détermination à défendre le droit d'auteur, y compris par la voie législative. La bataille se mène aussi à l'échelle européenne.
J'y ai pris toute ma part. C'est dans ce contexte que j'ai demandé au CSPLA d'éclairer ces enjeux pour nourrir une stratégie de long terme conciliant innovation technologique et protection de la création. D'ailleurs, je veux saluer ici les membres du conseil et leurs travaux. Le deuxième bouleversement, c'est que l'ordre établi n'est plus la règle et que plusieurs acteurs viennent de plus en plus lourdement remettre en cause nos modèles de souveraineté culturelle ou fragiliser nos acteurs nationaux et leur modèle économique. À ce sujet, quelques mots sur notre modèle de soutien à la création cinématographique et audiovisuelle qui est symptomatique des défis en cours.
Ce modèle, il est au cœur de notre exception culturelle. Il contribue de manière indiscutable au rayonnement de notre pays à travers les succès de la production française à l'internationale. À comme partout en France, le cinéma français montre sa force, sa créativité et son attractivité. Le CNC est un modèle de financement financement vertueux où l'intégralité des acteurs y compris les grandes plateformes internationales contribue au financement de la création française. Depuis 2 ans, je me bats pour le préserver contre les vélités encore récentes de le faire disparaître ou de plafonner les taxes affectées.
Alors ce pilier de notre exception culturelle ne doit en aucun cas être remis en cause. et tout l'enjeu du débat que nous aurons à l'échelle européenne avec la probable réouverture de la directive service de médias audiovisuel. Il est impératif de continuer à défendre cette directive avec une ambition forte tout en laissant les marches de manœuvre aux Étatsmembres pour mener leur propre politique culturelle. Quant à nos médias traditionnels, ils font face à un environnement économique de plus en plus adverse et leurs modèles économiques sont lourdement remis en cause par les grandes plateformes.
Ces médias, presse, radio, télévision contribuent non seulement au financement de la création mais supportent les coûts de production de l'information. Ils sont donc au cœur même de la démocratie. Les grandes plateformes numériques ne supportent pas ses coûts. En revanche, elles utilisent ses contenus, captent l'essentiel des revenus publicitaires et de l'attention. L'équilibre économique de l'information est ainsi bouleversé. Ce déséquilibre ne menace pas seulement les entreprises, il met en péril notre capacité collective à produire une information indépendante, fiable, accessible à tous.
dans un contexte de multiplication des menaces d'ingérence étrangère par des actions hostiles dans le champ informationnel. Nous devrons répondre à cet enjeu également à l'échelle européenne. Des dispositions seront proposées aux parlementaires dans le texte faisant suite aux États généraux de l'information. Le projet de loi est prêt. Elle vise en particulier à renforcer les droits voisins des éditeurs de presse, à instaurer une obligation de transparence de la part des annonceurs sur le fléchage de leurs investissements publicitaires vers les médias traditionnels et les grandes plateformes.
Défendre ces médias, ce n'est pas regarder vers le passé, c'est préserver les conditions même d'une démocratie vivante et donc là encore défendre notre modèle. Je pense strictement à la même chose s'agissant de l'audiovisuel public. Je l'ai toujours dit, il est au cœur de notre démocratie. Je crois un état fort. Je crois un audiovisuel public. Il est et il doit être il doit rester un outil essentiel de citoyenneté, d'intégration, d'émancipation et de liberté. en particulier pour ceux qui n'ont pas accès à cette éducation, à l'information, à la culture et à la vie publique. Je l'ai prouvé en sanct sanctuarisant son mode de financement.
Vous le savez, j'ai la conviction que pour cet outil, pour que cet outil soient préservé, il est indispensable de lui donner un nouvel élan. Le troisème bouleversement majeur, c'est la c'est que la culture est aujourd'hui au cœur des crises. L'Ukraine où les professionnels de la culture sont directement visé par l'agression russe. Comme a témoigné avant-hier la vice-première ministre ukrainienne que j'ai reçu cette semaine avec le commissaire européen. Comme au Moyen-Orient, comme au proche-rient, comme en Irak, comme au Liban, comme en Syrie, la France a renforcé son engagement en faveur de la protection du patrimoine et du soutien à la création.
Nous avons ainsi développé ces derniers mois des projets d'appui au patrimoine en lien étroit avec nos partenaires, notamment l'INP et la LIF, mais aussi des actions dans le domaine du cinéma mené à la fois de manière bilatérale et avec les acteurs de la région. Je veux saluer le rôle essentiel joué par Laalif et sa présidente Barizekari dans ces zones de crise. Enfin, face aux conséquences humaine de ces conflits, la France a mobilisé plus d'un million et demi d'euros pour soutenir les structures accueillant les les artistes professionnels de la culture et des médias contraints à l'exil. La réponse à ces défis se joue à l'échelle européenne.
C'est le rôle de la France d'être une force d'entraînement de nos partenaires européens également. Face à toutes ces crises, il y a un enjeu de renforcer le sentiment d'appartenance européenne autour de la culture. C'est le combat que j'ai mené, que j'ai porté d'ailleurs à l'initiative de nombreux acteurs culturels qui m'avaient évidemment sollicité en rassemblant mes homologues européens, en rassemblant la Commission européenne autour d'une feuille de route très claire pour l'Europe. Cette démarche concrète aujourd'hui reconnue se concrétise par exemple avec un projet inédit. de plateforme audiovisuelle européenne ART plus qui a convaincu le Conseil européen et la Commission européenne.
Je suis très fier d'avoir permis à rassembler de rassembler les États européens autour de cette ambition concrète. Face à tous ces bouleversements et l'interdépendance du local, du national, du global et de l'international, nous avons donc aussi la responsabilité non seulement de défendre notre modèle, mais aussi de l'enrichir pour renouveler nos relations notamment avec les pays du continent africain. Je me réjouis du projet de loi adopté hier soir qui est un point, non pas un point de départ mais un moment historique, symbolique et politique pour notre pays et en particulier dans nos relations avec les États africains. loin de nous déposséder de nos biens culturels.
Ce texte sera le moteur de nouvelles coopérations avec les pays qui feront des demandes de restitution. défendre notre modèle face au bouleversement du monde, mais aussi le défendre face à nos propres tiraillements. Ces derniers mois, nous avons vu ressurgir avec force les atteintes à la liberté de création sur faute fond de communautarisme. Je voudrais m'arrêter une seconde sur ce sujet car il dépasse de loin les seuls enjeux de notre ministère. Face à ceux qui intimident, face à ceux qui censurent, face à ceux qui menacent les fondements de notre démocratie. et de sa richesse artistique et culturelle. Je le dis très clairement, je ne céderai pas.
Il ne faut pas céder car c'est l'un de fondement de notre modèle et de notre lien social. Et j'ai eu l'occasion non seulement de le vivre mais jamais de le subir. En 2024, nous avons lancé un plan pour la liberté de création. Une hautre fonctionnaire spécialement dédiée a été nommée en 2025. Et je sais que la mission est difficile, faut aller plus loin. Il faut que nous nous engagions dans un travail avec les ministères de l'intérieur et de la justice pour que les préfets, les magistrats prennent toute leur part dans cette lutte. Ce combat républicain est un combat collectif qui doit devenir une responsabilité partagée.
Si l'on finit par accepter que certaines causes justifient des actes de censure, que certains artistes soient entravés pour telle raison ou telle nationalité, alors cette complaisance devient éminemment dangereuse. Dangereuse car demain ce sera telle autre cause ou telle autre nationalité. Quand on parle de notre modèle culturel, de la défense de ce modèle, de la défense de ce que nous sommes profondément, je tenais à terminer ce discours par la maison du dessin de presse. À la fin de 2024, je confirmais ce projet avec la perspective d'une ouverture en 2027. Je suis très heureuse de pouvoir vous dire les avancées majeures qu'a connu ce projet au cours de l'année écoulée.
En 2025, le projet pédagogique et culturel de la maison a été finalisé. Le chantier a bien commencé. La maison sera un lieu de création avec des résidences de dessinateurs, des spectacles, des conférences, évidemment en direct, des rencontres entre des dessinateurs du public et notamment des jeunes, mais aussi du patrimoine avec une exposition permanente consacrée à l'histoire du dessin de presse. dans la continuité du souhait du président de la République, j'ai voulu porter ce projet personnellement aussi parce que je crois qu'il disent que nous sommes. Et comme vous l'avez dit chère Constance, il dit aussi contre quoi nous résistons.
Il contribue bien sûr à l'hommage rendu par la République, aux dessinateurs de presse, aux journalistes, aux membres de la rédaction de Charlie Hebdo, assassiné le 7 janvier 2015. Et au-delà, il aura pour ambition de valoriser la place centrale qu'occupe le dessin de presse dans notre vie démocratique et dans la défense de la liberté d'expression que le ministère de la culture en charge des médias a la responsabilité de protéger. Alors mesdames et messieurs, voilà quelles sont mes convictions. Voilà le travail que nous menons ensemble.
La culture, c'est une idée qui nous dépasse, qui transcende tous les clivages, toutes les fractures dans ce combat pour la culture, pour défendre notre modèle, pour offrir un destin culturel au plus grand nombre. Vous avez une immense responsabilité. Vous êtes en première ligne au quotidien partout en France. C'est pour ça que parmi vous, avec vous et avec votre soutien, je défends la culture, y compris budgétairement. Vous êtes la culture française, vous avez le talent, l'énergie, l'ambition. Cette année, comme toutes les autres, je serai à vos côtés car l'idée que je me fais de la culture dépasse ce ministère car c'est le combat d'une vie. Je vous remercie. s
Rachida Dati