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interviewLCP (sur YouTube)· 15 février 2026 87 min

Commission d'enquête sur l'audiovisuel public : audition d'Élise Lucet | La séance est ouverte !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue sur LCP au cœur de la loi et des auditions parlementaires. Aujourd'hui, on va parler d'une commission d'enquête très médiatisée, commission créée à la demande d'Éric Siotti, le patron des députés UDR et qui se penche sur la question de la neutralité, du fonctionnement et du financement de l'audiovisuel public. après Léa Salamé et Laurent Deousse et bien les députés vont entendre Élise Luc animatrice, présentatrice et productrice.

Direction tout de suite la salle de la commission d'enquête où se tient cette audition très attendue. On se retrouve tout à l'heure et merci d'abord véritablement à vous de nous accueillir au sein de cette commission d'enquête parlementaire. Vous venez de me proposer à l'instant 10 minutes de propoliminaire.

Je vous en remercie vraiment mais en fait je vais faire plus court. Je vais faire plus court parce que le plus important dans une commission d'enquête parlementaire me semble-t-il en tout cas c'est le débat et ce sont les questions. Celles que vous vous posez vous qui êtes le reflet de la représentation nationale et celle que sûrement nos téléspectateurs se posent.

Sur quoi, quelle question ? Sur la manière dont nous exerçons notre métier, sur notre indépendance. Est-ce que nous subissons des pressions ?

Comment nous y faisons face ? Comment faisons-nous nos enquêtes ? Quelle garantie d'indépendance ?

Comment gérons-nous l'argent public ? Quel contrôle ? Est-ce que nos rédactions à envoyé spécial ou à Cach Investigation sont pluralistes, viennent de toute la France, de tous les milieux ?

Vous avez, j'imagine beaucoup d'autres questions et bien sûr libre à vous de les poser. Je pourrais sans problème vous faire un long discours sur ma carrière, mes 26 ans de présentation de JT, mon apprentissage de l'investigation, d'abord à pièce à conviction puis à Cach Investigation, ce qui représente aujourd'hui quasiment 25 ans de travail. Je pourrais aussi vous dire, sans aucune hésitation que le seul endroit où nous journalistes pouvons réaliser ces enquêtes, c'est sur le service public de l'audiovisuel sans intervention politique ou économique d'aucune sorte parce que notre indépendance est notre totem.

Oui, notre indépendance est notre totem carinestigation ne pourrait pas exister ailleurs qu'à France Télévision. Je pourrais aussi vous parler de mon respect absolu pour le reportage pur à envoyer spécial. Un reportage qui est soit au plus près des Français dans leurs préoccupations quotidiennes, dans leurs difficultés, mais aussi dans leur réussite parce que c'est très important pour nous envoyer spécial de parler aussi de la réussite des Français.

Vous dire aussi que nous sommes le seul magazine à diffuser des sujets sur l'actualité internationale en prime time chaque semaine. Venezuela, Groenland ou Salvador dernièrement, c'était les toutes dernières émissions. Mais le plus important pour moi et pour mes équipes aujourd'hui, c'est la transparence, l'envie d'expliquer notre travail, d'échanger argument contre argument, d'entendre les critiques et d'y répondre.

Nous sommes donc ravis d'être avec vous aujourd'hui pour vous expliquer notre démarche, nos méthodes, la manière dont les décisions sont toujours prises de manière collective, réfléchie, avec un grand sens de la responsabilité, une chaîne hiérarchique qui garantit un contrôle à plusieurs niveaux et surtout une volonté de respect de nos téléspectateurs parce que c'est d'abord pour eux que nous travaillons tous avec passion et aussi avec beaucoup de fierté. Nous défendons chaque jour une information de service public, pardonnez-moi, pluraliste de proximité, exigeante sur les enquêtes, sur l'investigation, les témoignages et sur les enjeux mondiaux si importants en ce moment. Mais vous le savez certainement, ce que moi et mes équipes souhaitons le plus dans l'exercice de notre métier, c'est d'obtenir les réponses les plus claires possible.

C'est la raison pour laquelle je n'utiliserai pas tout mon temps de parole pour ce propre liiminaire pour vous laisser le temps de nous poser toutes les questions que vous souhaitez. Le plus important pour nous qui représentons envoyé spécial avec Gill Delbos Cach Investigation avec Sophie Logal étant d'être transparent, honnête et responsable par rapport à la confiance qui nous est accordée. Nous sommes impatients de répondre à vos questions car c'est ce que nous demandons clairement à nos interlocuteurs lors de nos interviews et de nos enquêtes et qu'en aucune manière nous ne souhaitons nous dérober.

Je voudrais juste ajouter que je suis extrêmement fière de travailler pour le service public depuis plus de 40 ans maintenant. Un service public qui pour moi et pour 73 % des Français est un gage de confiance, ce qui est un record absolu en France. Mais fidèle à notre démarche à Envoyé spécial et à Cache Investigation, nous sommes prêts à répondre à toutes les questions que vous avez à nous posé car tel que je suis, je pense qu'il ne faut jamais avoir peur des questions.

Merci à vous. Merci. Même si d'habitude c'est vous qui les posez différent aujourd'hui.

Ma ma première question, elle est d'actualité. vous cache investigation a révélé euh euh fin janvier euh dans un reportage qui a qui a suscité laation du une grande partie des Français et je l'espère de tous les Français. Vous avez révélé des violences à l'égard des enfants h et non notamment un scandale dans le dans le périscolaire et notamment d'animateurs à Paris.

J'ai une question qui m été remontée par nombreux Français. C'est ce document de ce reportage a été fait il y a quelques mois, j'imagine. Donc vous aviez en votre possession des preuves et qui mettait en avant des violences à l'égard des enfants et et j'ai plusieurs français qui m'ont contacté sachant que nous allions vous auditionner pour savoir comment vous gérez quand vous avez connaissance de délit, de fait grave. finalement ce décalage entre le moment où vous récupérez ces informations et qui parfois c'est des informations qui caractérisent des violences et donc des délit et le moment où vous les diffusez parce que pendant le temps où vous disposez de ces informations et qu'elles ne sont pas révélées au public, peut-être que les violences peuvent continuer, peut-être que ces animateurs peuvent rester en poste.

Et donc comment et c'est plus large que la question sur le peris scolaire, mais comment vous gérez ce temps entre les moments où vous obtenez des informations importantes parfois qui caractérise des violences et des délis graves et le moment où vous voulez vous les révéler ? Je vais faire trois questions en même temps comme ça après vous répond ça vous va bien sûr et et après je laisserai la parole au rapporteur. La deuxième question c'est sur la question des caméras cachées et notamment sur ce qu'on a appelé l'affaire le grand Cohen qui a suscité beaucoup de débats et on a eu l'occasion de les de les auditionner.

C'est c'est une méthode que vous utilisez qui suscite là de l'indignation euh ou en tout cas des questions. Et je voulais vous demander euh quel est un usage pour vous acceptable des caméras cachées ? Comment c'est comment on en vient à utiliser des des caméras cachées ?

Quelles sont les règles qui s'appliquent ? Quelles sont les règles que vous vous fixez pour utiliser ce dispositif euh et établir des faits ou confronter ensuite des personnes des personnes à la à la réalité. Et puis ma dernière question, elle porte sur l'externalisation de certaines émissions.

Dans un article du monde, l'ancien directeur de l'information, monsieur Yannick Lranchant, affirmait que nous commandons déjà 48 % des sujets d'envoyé spécial à l'extérieur et visait 60 % d'externalisation pour envoyer spécial à l'extérieur. Pouvez-vous nous indiquer ce que vous externalisez exactement et comment ce taux a évolué et auprès de quelle société de production vous externaliser vos sujets ? Bien sûr.

Alors, je vais essayer de vous répondre de manière assez complète. Les deux rédacteurs en chef qui m'entourent le feront aussi à leur tour si c'est nécessaire. Euh première chose et effectivement votre question monsieur le président est importante.

Il arrive parfois et c'est arrivé en ce qui concerne effectivement le cache investigation sur le périscolaire que lors d'une caméra cachée, nous puissions tourner des choses qui peuvent être choquantes pour le moins et ça l'a beaucoup été pour les parents d'élèves de cette école en particulier auquel je pense et auquel toute l'équipe de Cach Investigation a pensé à la fois au moment du tournage, du montage et de la diffusion. Et je peux vous dire que j'ai eu certains de ces parents d'élèves depuis au téléphone à qui je me suis empressée de donner des numéros de téléphone de SOS périscolair, de pédopsychiatre, d'avocats pour essayer de de les aider au mieux dans ce qui est la suite du reportage. Euh objectivement, nous ne sommes pas des auxiliaires de justice.

Les journalistes ne sont pas des auxiliaires de justice. Je pense qu'il peut y avoir un véritable débat et objectivement entre nous, ça ne nous est jamais arrivé si on a le sentiment que quelqu'un va commettre un délit qui peut mettre en danger réellement de mort ou d'être très grillèvement blessé. Là, c'est un véritable débat que qu'on aura entre nous et qu'on devra trancher rapidement.

Et vous avez tout à fait raison. Ce qu'on tourne dans cette caméra cachée euh ce sont des animateurs de périscolaires qui crient très fort, qui hurlent sur des enfants et une dame qui effectivement embrasse sur la bouche un petit garçon de 4 ans. Donc on est dans des faits graves.

On n'est pas objectivement dans des j' on n'est pas dans de la pédocriminalité avérée et je pense que si ça avait été le cas, on se serait posé la question. Euh après, on est resté que 23h dans cette école, donc on ne peut pas non plus et quand je dis on c'est la journaliste qui a fait cette infiltration en caméra caché, euh on n'est pas non plus en capacité au bout de 23 he de dire voilà tout ce qui se passe dans cette école, on a des soupçons sur telle ou telle personne. Euh ce qu'on dit simplement à la fin de cette séquence, c'est qu'on sait que l'un des animateurs a été écarté de cette école pour des suspicions d'agression sexuelle sur des enfants.

Et ça, on en fait état. dans le reportage. Donc voilà nos limites par rapport à la révélation, si vous voulez des des faits que nous tournons avant la diffusion.

Mais mais je tiens vraiment à préciser que euh c'est très important pour nous d'avoir comme moi je je l'ai fait et la journaliste qui a fait le reportage aussi par la suite les parents d'élèves au téléphone et tenter de leur apporter tous les soutiens possibles parce que cette scène a été je pense extrêmement choquante pour eux qu'ils n'imaginaient pas ce qu'ils allaient voir. Après sur l'utilisation des caméras cachées, moi ce que je tiens véritablement à vous dire là, c'est que c'est toujours une décision qu'on prend vraiment en dernier recours. Les caméras cachées, c'est quelque chose qu'on prend en dernier recours.

Et ça tombe bien que vous preniez vous cet exemple du péri scolaire à Paris parce qu'on avait beaucoup de témoignages de parents qui se posaient des questions. On avait des témoignages d'anciens animateurs qui nous disaient, il se passe des choses qui sont véritablement inacceptables dans certaines écoles. Si nous n'avions pas réalisé cette caméra cachée, nous n'aurions pas pu porter à la connaissance du grand public ce qui se passait effectivement dans le périscolaire, dans cette école à Paris.

C'est-à-dire qu'on aurait dû se limiter à des témoignages de de personnes différentes nous rapportant des faits sans pour autant avoir la preuve que ces faits-là existent. Nous, on a toujours l'obligation de de recouper les faits. C'est très important quand on fait de l'investigation, même du journalisme de reportage.

On recoupe toujours les faits. La caméra cachée était donc indispensable à ce moment-là pour être certaine que les animateurs n'allaient pas se tenir au garde à vous au moment où une caméra de télévision en caméra ouverte serait là pour recommencer derrière des maltraitances vis-à-vis des enfants. Donc vous voyez, on on l'utilise vraiment en dernier recours. le le droit à l'information, c'est aussi le respect du du contradictoire.

Donc, il y a des règles à à respecter pour l'utilisation de la caméra cachée. Nos caméras cachées, par exemple, elles s'inscrivent souvent et objectivement dans des enquêtes au long cours d'intérêt général. Et je vous l'ai dit, elles sont notre dernier recours pour obtenir d'information quand on a épuisé toutes les voies officielles et que on n'a pas eu l'autorisation de filmer.

Euh on privilégie toujours le le la caméra ouverte et moi je le répète à longueur d'émission, mes reporters aussi enfin partout les rédacteur en chef qui sont avec moi en témoignent, on passe mais quand je vous dis des dizaines, c'est des dizaines de coups de téléphone, des dizaines de mails pour tenter d'obtenir un contradictoire en bonne et du forme. Notre intérêt n'est pas véritablement en tant que journaliste de faire des caméras cachées, de courir après des interlocuteurs. Notre intérêt, c'est d'obtenir des interviews où on est posé, où on échange comme on le fait en ce moment entre nous, argument contre argument et où on peut vraiment expliquer les choses.

Donc nous, on demande toujours une interview en face- à face pour respecter ce principe du contradictoire. C'est la règle élémentaire du métier de des journalistes. Et quand nous avons des camaradas cachés, très important que je vous dise ça, ce sont, quand je dis majoritairement, c'est une très grande majorité nos journalistes qui portent des caméras cachées.

Dans de très rares cas, ce sont des des sources légitimes avec qui on a tissé des liens pendant des semaines, pendant des mois, donc en qui nous avons une totale confiance, à qui on peut confier une caméra cachée, mais c'est extrêmement rare. Et en tout état de cause, on ne diffuse jamais des images d'une caméra cachée qu'un inconnu nous aurait confié parce que ça ça nous mettrait en grand danger de manipulation et par rapport à la responsabilité qu'on a vis-à-vis de nos téléspectateurs, ça ne serait pas possible. C'est c'est et et je suis persuadé que alors tous les journalistes qui sont à la fois mes deux rédacteurs en chef et les journalistes qui des deux équipes qui qui nous regardent mais vraiment ne le feraient jamais et le service juridique de France Télévision nous l'interdirait.

Donc ça n'est pas possible. On est on est extrêmement contrôlé par rapport à ça. Je vous propose si vous voulez bien Lu ma trè question on y reviendra parce que je pense que le rapporteur a des questions sur l'information et comme ça je le laisse prendre la la main sur donc l'externalisation fera plus tard.

Oui, pardonnez-moi. D'accord. Je fais un peu trop long.

Je vais essayer de faire plus court en même temps. Question précise, réponse précise. Moi, c'est ce que j'aime.

J'imagine que vous aussi. En tout cas, donc je le rapporteur a pas mal de questions. Je propose qu'il pose des questions courtes, ça donnera des réponses courtes et ensuite il y a beaucoup de députés présents et je souhaite qu'il puisse s'exprimer aussi.

Donc on va essayer de de cadrer nos échanges. Monsieur rapporteur, la parole est à vous. Merci monsieur le président.

Merci mesdames. Merci euh monsieur. Je vais essayer effectivement, j'ai un certain nombre de questions à vous poser.

Il y a beaucoup de députés qui sont présents donc je vais tâcher de vous poser des questions précises et synthétiques et charge à vous dans la mesure du possible de d'en faire de même. Il y a de jours, le Parisien a publié un article sur la commission d'enquête intitulé "On essaie de tout imaginer comment les stars de l'audiovisuel public se préparent à la commission d'enquête." On y apprend dans cet article que les personnes auditionnées dans le cadre de cette commission extrêmement préparées et reçoivent des consignes très précises dont celle-ci, je la cite, il faut faire chiant, élargir les sujets au maximum, être technique et lénifiant.

Bon, l'article explique également que France Télévision mobilise ses équipes de communication, son secrétariat général, ses services de relation institutionnelle afin d'anticiper toutes les questions, de préparer des éléments de réponse, d'identifier les sujets auxquels il est possible de ne pas répondre. de rédiger des fiches techniques et même d'organiser des sessions de questions-réponses préparatoires. Il se dit aussi dans cet article qu'une personne serait mobilisée pour décrypter toutes les questions que je pose, anticiper les prochaines et même m'incarner lors de séances de préparation intensive.

Madame Lucé, j'ai été, vous en conviendrez, très étonné par l'ampleur des moyens mobilisés pour préparer ces auditions par France Télévision. Personnellement, vous l'avez peut-être vu, mais je ne dispose pas d'autant de moyens pour mener à bien cette commission d'enquête, ces auditions et France Télévision, il faut l'avouer, mais ne m'aide en rien en dehors du simple cadre légal allant jusqu'à m'expliquer qu'il est compliqué pour un groupe de 9000 employés de classer, par exemple des milliers de contrats que je demande par simple société de production, ce qui bénéficierait à notre enquête et à nos travaux de commission d'enquête. Ma question est simple.

Est-ce que vous avez oui ou non participé à ces séances de de préparation ? Est-ce que vous savez quelles sont les personnes qui ont été mobilisées avec de l'argent public pour coacher les personnes additionnées ? Et vous qui êtes tant attaché et vous avez raison à la question des financements, est-ce que vous avez une idée du coup que pourrait représenter pour le contribuable cette cellule que France Télévision a mise en place spécifiquement peut-être d'ailleurs pour neutraliser certaines des questions que je je pourrais vous poser ?

Je vous pardonnez-moi, monsieur le rapporteur. C'est bon ? Allez-y.

Alors, j'espère en ayant fait un propeliminaire de 4 minutes au lieu de 10 minutes que je n'ai pas été Vous avez dit quoi ? Longue, chiante, l'énifiante ? C'était ça l'idée.

Il le rapporteur a cité le Parisien. C'était pas vous a pas qualifié manifestement si consigne euh il y avait je ne l'ai pas respecté. Donc vous voyez c'est ça ça n'est pas véritablement ce que j'ai fait.

La deuxième chose, la seule chose que moi j'ai répondu à l'article du Parisien, vous l'avez certainement lu avec attention parce que ça commence le papier, c'est "Nous préparons avec beaucoup d'attention toutes nos émissions et nous préparons avec attention aussi la commission". Ben oui, évidemment que nous préparons avec attention cette commission. On est devant la représentation nationale, on est devant une pardon devant une commission d'enquête parlementaire et donc il est hors de question d'arriver ici sans être préparé.

Et l'essentiel des préparations que nous avons faites, je les ai faites avec les deux personnes qui sont ici et avec les deux rédacteurs en chef, enfin les trois en tout rédacteur en chef adjoint des deux émissions. Donc qui a la connaissance profonde des émissions que sont envoyé spécial et cache investigation, les gens qui fabriquent ces émissions, les gens qui les font. Donc il y a même des reporteurs, je vais vous dire, de d'envoyés spécial qui sur des reportages spécifiques nous ont aidé à parce que je vais être honnête avec vous, je ne peux pas me souvenir de tout.

Euh on a un chiffre extrêmement précis. Gill, je me tourne vers toi. Euh 35 ans, c'est 3519 reportages pour envoyer spécial et sur les cinq dernières années où je suis depuis que je suis envoyé, c'est 393 reportages.

Donc effectivement, ce sont beaucoup de reportages et oui, ça on a travaillé pour se rappeler un petit peu de ce qui pouvait éventuellement vous intéresser et ça a été ça notre travail à mon et pour cach Ah, je vais y arriver, pardon. Et pour cash investigation, c'est 77 émissions depuis la création. Donc vous voyez que oui, effectivement chacun de nos journalistes, mais comme pour les émissions, participe à une préparation sérieuse parce que nous prenons très au sérieux cette commission d'enquête et ça me semble tout à fait normal.

Est-ce que de l'argent public a été mobilisé ? Alors franchement non, si ce n'est public qui est mobilisé d'habitude pour préparer nos émissions, c'est les équipes qui travaillent avec moi d'habitude ont travaillé mais tout à fait normalement. On a un grand respect du travail que vous êtes en train d'effectuer.

Il serait indigent, je dirais, de nous présenter sans avoir des choses précises à vous dire. Je je le pense profondément. Merci monsieur rapporteur.

Merci monsieur le président. Merci madame pour pour votre réponse. Question très courte et je clôturerai cette parenthèse un peu d'introduction.

Est-ce que vous avez eu connaissance d'un éventuel prestataire privé qui aurait été missionné par France Télévision notamment pour faire du média training ou pour coacher les personnes auditionnées et est-ce que vous vous avez reçu d'éventuelles consignes de la part de la direction avant de venir répondre à la représentation nationale ? Alors, monsieur le rapporteur, non alors pas du tout de société privée de coaching, mais vraiment pas du tout. J'ai prêté serment, donc je sais ce que je vous dis.

Et est-ce que j'ai reçu des conseils ? Alors oui, à peu près 450 conseils mais venant non mais de tout le monde, c'est-à-dire que de la direction, de pas la direction de de tout le monde. Tout le monde y va de son conseil, tout le monde vous dit quelque chose.

La direction, ce qu'elle nous a demandé de faire mais vraiment c'est de travailler sérieusement cette commission parce qu'elle la prend aussi très au sérieux et que c'est tout à fait normal. Donc voilà et elle nous a fait une grande confiance par rapport à cette préparation. Je je vous l'avoue qu'elle vous a demandé aussi comme elle l'a fait aux autres apparemment de pas communiquer vos vos rémunérations et vos salaires.

Apparemment, ça a été une demande formulée par la direction de France Télévision. Oui. Alors, j'imagine qu'on va en venir à mon salaire et c'est effectivement tout Ah non, allez-y.

Donc je j'en parle maintenant ou dites-moi allez-y. J'avais une question mais comme vous voulez comme vous voulez. OK.

Alors, parlons de mon salaire. D'abord, la première chose que je je veux dire, c'est que par rapport à cette question, moi j'ai toujours été plutôt transparente dans le paysage audiovisuel français. C'est c'est pas si courant que ça d'être transparent par rapport à une rémunération qu'on travaille dans l'audiovisuel public ou dans le privé.

Objectivement, après ce que ce que je veux vraiment vous dire, c'est que aujourd'hui, j'ai 42 ans de métier. Je ne suis pas aussi jeune que vous. Je je regrette infiniment.

J'adorerais être aussi jeune que vous, mais j'ai 42 ans de métier, donc 40 ans passé à France Télévision. Euh donc effectivement euh j'ai une rémunération qui correspond à mon expérience, j'ai une rémunération qui correspond euh à mon temps de carrière qui est assez long et à mon exposition à l'antenne et à et à mon mes responsabilités en tant que rédactrice en chef de CACH investigation et de d'envoyer spécial. Cette rémunération et c'est très important je pense qu'on le dise aux français, elle est visée par un contrôleur d'état, un contrôleur d'état qui dépend de Bery.

Donc si cette rémunération ne correspondait pas à mon à ma longévité de carrière, à mon expérience, à mon exposition à l'antenne, cette rémunération serait refusée par le contrôleur d'État. Et d'autre part, je tiens à vous dire quelque chose qui est important parce que je vous entendais dire tout à l'heure, pardon, je vous ai pas corrigé, que j'avais été productrice de pièces à conviction. Non, euh je n'ai jamais eu de société de production extérieure.

Je n'ai jamais eu de part dans aucune société de production extérieure. Je ne touche pas de dividende. Je suis salarié de France Télévision et uniquement salarié de France Télévision.

Je reverrai ce que j'ai dit mais en tout cas ce que j'avais écrit c'est que vous la présentiez cette émission. J'avais pas dit que vous étiez productrice. Non, je pas de souci.

Je corrige si je me suis trompé. Allez-y, monsieur le rapporteur. Merci monsieur le président.

Un point peut-être sur votre méthode et notamment sur la façon de choisir et de mener vos enquêtes qui intéressent je pense des des millions de français. Je pense qu'on imagine tous que vos enquêtes démarrent souvent à partir d'un soupçon, d'un faisceau d'indice ou d'information encore partielle et c'est normal. Mais j'imagine également que toutes ces pistes ne débouchent pas nécessairement sur un reportage qui sera diffusé.

Et d'ailleurs, je pense qu'on reconnaît un bon enquêteur aussi au nombre de portes qu'il ferme faute de preuve, faute de conclusion. Votre méthode dans le cadre de dans le cadre de vos émissions et du rythme auquel vous êtes soumise dans le cadre d'ailleurs des émissions que vous devez et bien animer et diffuser sur le service public viserait d'une certaine façon à revendiquer quasiment plusieurs scandales par mois. Est-ce que vous pouvez nous indiquer la proportion d'enquête qui n'aboutit pas, de portes que vous ouvrez qu'à la fin vous fermez ?

Est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples d'ailleurs de sujets que vous avez en cours de route abandonné ? Alors, monsieur le rapporteur, euh en ce qui concerne là, je tiens à être précise sur les réponses parce qu'en ce qui concerne CACH investigation, on a six émissions par an, par saison, pas plus. Je je vais vous faire une confidence.

On m'a proposé à un moment d'en faire 10 par an et n'importe quel présentateur d'émission aurait dit immédiatement oui. J'ai dit non. J'ai dit non justement pour les raisons que vous évoquez, c'est-à-dire parce que je pense qu'on ne peut pas faire 10 enquêtes sérieuses par an de 2h et qui tiennent 2 heures d'antenne avec le même sérieux d'investigation.

Donc c'est la raison pour laquelle j'ai refusé à ce moment-là, c'était il y a quelques années de passer de 6 à 10 émissions par an. Pour le reste, quand vous me dites qu'on doit sortir un scandale quasiment toutes les semaines, pardonnez-moi, mais non, envoyé spécial n'est pas une émission d'investigation. Autant cash investigation l'it, autant complément d'enquête l'it.

Cach inv pardonnez-moi, envoyé spécial est une émission de reportage. Je vous l'ai dit auprès des Français, ça c'est très important pour nous. Je veux dire que la proximité des préoccupations des Français de la manière dont ils sont ont des difficultés à vivre mais aussi de la manière dont ils réussissent, c'est très important pour nous.

On est dans une volonté véritablement de montrer un reflet du pays sans aucun a priori, sans aucun jugement. On veut donner la parole à absolument tout le monde partout, tout le temps, quel que soient leurs milieux sociaux. Et on n'est pas euh, monsieur le rapporteur, à la recherche de scandales toutes les semaines.

D'abord, très franchement, vous avez totalement raison, on n'y arriverait pas. Ce serait impossible et ce serait euh euh vraiment euh à un moment complètement dérogé à la règle de notre travail. Donc six émissions par an pour cash investigation me semble effectivement un bon étiage, plus ce serait beaucoup trop.

Et pour répondre à votre question où il y a plein de de de pistes d'enquête qu'on a laissé tomber. Euh je vais peut-être donner la parole à mes deux rédacteurs en chef. Euh Sophie Legal.

Euh monsieur le rapporteur, vous avez une expression qui est très intéressante parce que c'est exactement celle qu'on utilise à savoir fermer des portes. Euh je vais vous donner un exemple parce que moi, avant d'être rédactrice en chef, j'ai réalisé des numéros de cache investigation. Euh j'ai par exemple réalisé un numéro à l'origine en fait on travaille sur des thématiques.

Donc par exemple on me disait "Tu vas aller enquêter sur la souffrance au travail." Voyez, c'est un thème très large. Donc l'idée à ce moment-là, c'est de se dire quels sont les secteurs, les domaines dans le travail où les salariés peuvent souffrir le plus.

Et on va enquêter au début tout asimut. Euh donc j'ai ouvert énormément de portes et c'est ça l'intérêt aussi des enquêtes au long cours hein. Quand on a 1 an d'enquête, bah c'est qu'effectivement euh il y a des pistes qu'on abandonne en cours de route parce que parfois aussi les témoins ne sont pas euh disposés à témoigner parce que c'est aussi le problème de l'investigation, c'est qu'il faut trouver des sources écrites mais il faut aussi trouver des témoignages et puis aussi parce que on se dit tiens dans cette entreprise ça paraît plus systémique qu' qu'ailleurs.

Par exemple, si vous faites une enquête sur la souffrance au travail, vous allez récupérer les bilans sociaux, vous allez commencer à avoir les taux d'accident, les turnover et c'est là vous allez couvrir qu'il y a des entreprises plus problématiques que d'autres. Donc par exemple, c'est comme ça que moi j'en suis venue à enquêter sur Lidl et sur Free. Mais en aucun cas euh à l'origine, on m'a dit "Tu vas enquêter sur Lidl ou sur Free." C'est moi en fait qui suis allé voir mes rédacteurs en chef au bout de plusieurs mois d'enquête en leur disant "Je crois que c'est intéressant d'enquêter sur ces entreprises, mais j'avais enquêté sur d'autres entreprises en même temps." Vous voyez, c'est c'est comme ça que ça fonctionne l'investigation.

Merci pour ces précisions pour ce qui est du reportage et d'envoyer spécial rapidement et après je redonne la parole au rapporteur. Allez-y monsieur Bos. Nous avons quand même 26 émissions par par an, donc un rythme beaucoup plus élevé.

Donc ça va beaucoup plus vite pour ce qui est de la fabrication des sujets. Les journalistes de l'équipe ont en général deux sujets en permanence au feu. Un sujet à court terme et un sujet à plus long terme.

Et moi, j'ai tendance souvent à dire à mes reporters qu'un bon reporter, ça doit savoir enterrer très vite en reportage parce qu'on va pas laisser des gens pendant des mois sur une enquête qui n'aboutira pas. Et donc c'est un savoir-faire aussi de journaliste et de bon journaliste de savoir fermer une porte comme le disait Sophie de manière à pas s'acharner sur quelque chose qui ne donnera pas. Voilà.

Évidemment enfin chacun de mes reporters abandonne de reportages par mois. Enfin la liste serait impossible à donner. Merci beaucoup monsieur rapporteur.

Merci monsieur le président. Si je vous pose cette question c'est aussi parce que je j'ai évoqué envoyé spécial. Envoyé spécial c'est à peu près entre 24 à 30 émissions par an.

C'est 87 reportages notamment en de en 2025. Moi, j'ai toujours été très attaché, j'ai pu le dire d'ailleurs dans la presse à l'émission envoyé spéciale qui je pense c'est l'un des format de le visuel public auquel je dois à titre personnel mon éveil politique et qui je pense aussi fait l'honneur de l'investigation sur le service public. Est-ce que vous vous estimez pas quand même depuis votre reprise de cette émission en 2016 que c'est les critiques qu'on peut lire les critiques d'ailleurs pas forcément.

C'est aussi salué que envoyé spécial serait devenu une sorte de cache investigation un peu light avec une ligne éditoriale et une identité d'émission un peu brouillée d'ailleurs par rapport à à ce format de cash investigation. Est-ce que vous pouvez nous indiquer nous révéler par exemple le coût d'un numéro d'envoyé spécial le budget peut-être global annuel de l'émission et que vous pouvez aussi nous donner cet élément pour cash investigation s'il vous plaît ? Alors, il y a beaucoup de questions en une.

Donc, je vais commencer par Est-ce que envoyé spécial serait un cach investigation euh bas de gamme ? Alors, non, pardonnez-moi, monsieur le rapporteur, mais alors véritablement non, je n'ai pas changé la ligne éditoriale de de d'envoyé spécial. J'y ai apporté avec les rédacteurs en chef, avec les équipes, avec la direction de France Télévision des modifications.

Il y a eu une clarification d'ailleurs vraiment très nette à porter puisqu'on a la la direction de de l'information a vraiment dit l'investigation c'est cache investigation d'un côté, complément d'enquête de l'autre. Ça nous empêche pas de temps en temps de faire des enquêtes euh d'envoyer spécial mais j'ai envie de dire beaucoup plus sociétal. Je vais prendre pour exemple l'enquête qu'on a faite sur Nicolas Hullot, l'enquête qu'on a faite sur la baie pierre, euh des enquêtes qu'on a faites sur les airbags dans les voitures, vous voyez des choses qui sont, j'ai envie de dire ou plus sociétales ou beaucoup plus dans le monde de la consommation, ce qu'on fait très peu nous à Cach Investigation et ce que je crois complément d'enquête ne fait pas beaucoup mais vous leur poserez la question.

Donc c'est des lignes éditoriales qui sont très clairement établies à la fois par nous-mêmes parce que quel serait l'intérêt pour moi de présenter un cache investigation haut de gamme et d'un cache investigation bas de gamme ? Alors franchement je vois pas ce serait complètement idiot, ce serait me tirer une balle dans les deux pieds en même temps. Donc non il y a c'est absolument pas ça.

Et je fais partie de ces gens comme vous monsieur le rapporteur qui ont une très grande admiration pour le reportage pur. Le reportage pur. aller sur le terrain, voir les gens, les rencontrer, ne pas considérer déjà avant d'être dans la voiture de reportage qu'ils vont vous dire à l'antenne, mais les écouter, les entendre et au hasard des des endroits, des moments de reportage trouver, ça nous est arrivé avec Gill Delboss à Kief quand on était parti à Kief.

On était parti avec entre guillemets des possibilités de séquence de tournage. En fait, vous savez ce qui s'est passé ? On a tout bouleversé sur le terrain.

Tout bouleversé parce qu'on a rencontré des gens. On a vu des scènes absolument bouleversantes et en fait tout notre cheminement de reportage, on l'a laissé tomber au fur et à mesure de nos 6 jours passé à Kief pour faire le reportage qui était le plus conforme à ce qu'on voyait sur le terrain. Donc ça c'est pour la la première des réponses.

Ensuite là vous me demandez euh en ce qui concerne envoyé spécial, c'est ça le investigation. Quel est le coût par émission ? Alors euh donc le coût moyen de l'émission euh ça je pour le coup j'en ai l'assurance, j'en suis certaine.

Il vous a été transmis par France Télévision. Ça, je je le suis certaine, je l'ai vérifié parce que euh pour le coup, comme je prête serment, je veux être certaine de ce que j'avance et je l'ai vérifié, ça vous a été transmis. Ce qu'il est important de dire parce que c'est aussi une question que vous avez un peu effleuré pour l'instant et je veux vraiment être clair là-dessus.

Pour envoyer spécial, 50 % des reportages sont fabriqués en interne, c'est-à-dire pour une équipe par une équipe, pardonnez-moi, de journaliste France Télévision. Aujourd'hui, ils sont une douzaine de journalistes. Donc, vous voyez, c'est pas c'est pas du tout une rédaction plétorique, c'est une douzaine de journalistes. 50 % des reportages sont fabriqués par des sociétés de production.

C'est comme ça quasiment depuis l'origine puisque Paul Naon qui a créé l'émission avec Bernard Benan Min me l'a confirmé il y a quelques jours. Je l'ai je l'ai eu par message. Euh et en fait les trois premières années Paul m'a dit "On a essayé de faire 70 30" C'est-à-dire 70 en interne, 30 en externe.

Mais en fait ça n'était pas tenable. Donc au bout de 3 ans, ils sont passés à 5050. Donc ça fait maintenant 32 ans que euh Envoyé spécial et sur cet équilibre-là de 5050 euh nous on tient énormément euh à ce que euh 50 % des reportages soient fabriqués en interne.

En externe, vous avez me posé la question peut-être sur la diversité des sociétés de production ou des agences de presse avec lesquelles nous travaillons. Elle est grande, c'est-à-dire que nous travaillons avec une vingtaine de sociétés de production ou d'agences de presse différentes. à aucun moment on ne donne on ne garantit un volume d'î.

Un volume d'î, ça veut dire que en début de saison, on ne dit pas une société de production tiens, on va t'acheter six reportages dans la saison. Jamais. C'est-à-dire que la décision des reportages qu'on achète aux sociétés de production, elle ne se fait que sur l'intérêt journalistique et uniquement sur l'intérêt journalistique.

Il n'y a jamais de volume d'î passé avec des sociétés de production. Il n'y a pas de société de production qui soit favorisée. Toutes les sociétés de production peuvent nous faire des propositions.

On appelle ça des pitch dans le métier. On en reçoit à peu près, je dirais sep ou h par semaine. On en a encore reçu ce matin.

Euh et on on les regarde toutes avec attention. On essaie d'y répondre vite justement pour ne pas laisser traîner les choses parce que nous on a besoin de d'avancer aussi rapidement et de ne pas faire lambiner les sociétés de production. Il n'y a pas de favoritisme.

Euh concernant envoyer spécial. Je vous donne juste un chiffre parce que c'est important. Le coût annuel pour 26 numéros ne représente qu'environ 2,6 % du coût de grille de l'information nationale.

Et ça vous en avez connaissance dans le rapport de la cour des comptes. Les services de l'assemblée m'indiquent qu'on a les coûts pour cache investigation mais pas pour envoyer spécial. Donc je vais mais je sais pas pour remettre en cause je demanderai si on les a pas.

Pardonnez-moi, mais pour le coup, je je m'en suis avant de venir, je m'en suis véritablement assurée et je vais vous dire pas plus tard que la semaine dernière euh parce que je savais qu'il y avait cette audition aujourd'hui et je vous dis franchement que ça vous a été communiqué en fin de semaine der et on va vérifier assemblée si ça manquait. Je demanderai je redemanderai à Franceision de nous les communiquer et nous les communiquerons. Oui, de toute façon c'est effectivement impératif que vous ayez ces toute façon voilà c'est la loi et donc on je les demanderai.

Merci monsieur le le président. Effectivement, les les administ les administrateurs me confirment et je pense que vous commencez à vous rendre compte de toutes les entraves que France Télévision m'oppose dans ce travail de clarification notamment sur l'utilisation des 4 milliards d'euros d'argent public dans le co de l'audiovisuel public. Effectivement, j'ai eu les contrats lié à Cash investigation mais pas à ceux de d'envoyer spécial.

Et à nouveau, je je me permets de de vous poser une question précise. Estce que je pense que ça intéresse aussi beaucoup de français. Quel est le coût d'une émission de cacher investigation ?

Quel est le coût d'une émission d'envoyé spécial ? Je sais que vous êtes particulièrement attaché à la transparence, notamment à la transparence sur l'utilisation des fonds publics. Est-ce que par exemple, j'ai pu voir et je pense que vous n'en prendrez pas offense que j'ai pris une émission les fausses promesses des influenceurs de Cash Investigation qui a eu lieu le 4 avril 2024 et il y a un élément parmi d'autres mais un élément qui attiré mon attention, c'est le coût du plateau.

Sachant qu'un plateau ne sert qu'à une séquence de 10 à 20 minutes en fin d'émission, le coût du plateau s'élève à 50000 €. Euh est-ce que vous pourriez nous donner un peu plus de profondeur sur le coût d'une émission, sur ce coup de plateau ? Est-ce que ces montants vous semble démesuré notamment vis-à-vis de du peu de temps de diffusion d'antenne et d'utilisation de ce plateau ?

Euh, vous m'entendez ? Oui. Alors, pour Cach Investigation, je vous l'ai dit tout à l'heure, donc je tiens vraiment à redire ça avec vraiment beaucoup de clarté.

Euh je n'ai pas de société de production, je n'ai pas de part dans première ligne télévision, je ne touche pas de dividende la part de première ligne télévision. Donc les contrats qui sont signés entre Première ligne télévision et France Télévision ne le sont que entre PLTV et France Télévision. Moi, je n'assiste jamais à ces réunions et c'est très important parce que je veux que la frontière soit soit vraiment claire.

Je ne suis pas productrice de cette émission. Je suis journaliste, j'en suis la rédactrice en chef avec Sophie Legal qui est ici, avec Zoé Bussier qui est rédactrice en chef adjoint. Je ne signe pas ses contrat.

Donc je suis uniquement salarié de France Télévision. Donc c'est c'est très important que que on vous donne ça. Je ne connais pas objectivement quand vous me dites le prix des plateaux, vous me parlez de quoi exactement ?

Le plateau qui suit l'émission. C'est effectivement dans dans les documents qui m'ont été transmis. Le coût du plateau pour une émission de Cach, c'était celle du 4 avril 2024, les fausses promesses des influenceurs.

Sachant que ce plateau a été utilisé que pour 10 à 20 minutes en fin d'émission, le coût s'élève à 50000 €. Donc j'aurais voulu avoir votre avis sur le le montant qui a été employé. chose euh les plateaux de cache investigation durent 1 heure.

Donc donc si vous savez il y a une enquête d'abord un documentaire qui est autour de 110 minutes et après vous avez 1 heure de plateau. Donc je sais pas si vous faites référence à ça mais en tout cas on n jamais de plateau de 10 20 minutes sur le je je faisais référence peut-être au sur l'ensemble du reportage la durée qui exposait le le plateau et donc dans les montants qui m'ont été confirmés le coût du plateau qui me semblait quand même particulièrement élevé c'est l'une des questions mais c'est un c'est un point de détail vous en conviendrez 50000 € pour un plateau pour une émission surtout sur cash investigation Est-ce que c'est pas Est-ce que c'est pas excessif ? Sachant que bon, c'est de l'argent public.

Alors, pardonnez-moi s'il s'agit bien des plateaux qui succèdent à l'enquête. Ce sont des plateaux sur lesquels par exemple la semaine dernière on recevait six personnes, hein. On a six invités qui sont sur le plateau.

Pour mutualiser tous les coups, on est sur le plateau du 20h de France 2. Ça veut dire qu'on ne loue pas un studio à l'extérieur. On ne va pas utiliser des plateaux qui sont dans des dans des studios privés.

Euh, on mutualise le plateau de France Télévision. Euh, ce sont des plateaux d'une heure. Comme il y a six invités la la semaine dernière par exemple, il y avait six invités plus moi.

Ça fait donc une nécessité de caméra assez importante. C'est 1 heure de d'émission. Si vous trouvez un programme d'une heure qui coûte 50000 € euh présentez-le-moi parce que c'est vraiment pardonnez-moi, c'est pour les Français, je comprends que ça puisse apparaître comme un chiffre énorme, je l'entends mais en coup euh minute d'un plateau enfin de de d'une émission de télé, euh c'est avec puisqu'il faut évidemment mobiliser une régie, des caméras, des preneurs de son euh pour que le plateau fonctionne.

Euh donc euh voilàz en coup minute vraiment on est dans dans pour 1 heure de télé. Euh même si ce chiffre paraît très énorme pour pour les les Français, euh franchement on est dans un coup minute minimum. Juste un élément d'information parce que je suis donc sur la data room.

La data room, c'est la fameuse salle numérique virtuelle à laquelle le rapporteur a accès avec tous les documents qu'il a demandé. Il y a effectivement he le rapporteur pourra le confirmer, il y a les on a reçu et je l'ai sous les yeux dans la data room à laquelle a accès l'ensemble des contrats et donc des coûts des émissions d'envoyé spécial. Donc donc voilà, je je le dis ici, ce qui serait peut-être précieux pour les prochaines auditions, c'est que le rapporteur puisse les consulter avant et vous vous voilà vous interroger, mais peut-être qu'il aura des questions sur les coups, on les a sous les yeux, je le dis comme ça c'est transparent et c'est clair.

Monsieur le rapporteur, allez-y. Oui, merci monsieur le président. Merci de de le préciser.

Il faudrait voir le moment auquel France Télévision a a déposé ces ces éléments qui ne sont toujours pas organisés alors que pourtant ça a été demandé. Donc voilà, même les administrateurs n'arrivent pas à retrouver ces documents qui sont parfaitement éparpillés et qui je pense dans notre trail d'analyse souffrent aussi d'un défaut d'organisation et de traitement de la part de France Télévision. Donc voilà, c'est aussi l'une des l'une des questions que j'avais à vous poser.

Euh je je voudrais simplement clore cette parenthèse sur les sur les coups. Est-ce que vous nous confirmez aujourd'hui ne pas être rémunéré par la moindre société de production au titre de votre activité ? Est-ce que vous ne percevez qu'un seul salaire versé par France Télévision ?

Pardonnez-moi de micro. Oui, monsieur le rapporteur. Aujourd'hui, je je suis payée par France Télévision.

Je ne suis pas payée par PLTV. Je vais vous je vais être tout à fait honnête avec vous. Je l'ai été pendant un moment et j'ai demandé expressément à la DRH de France Télévision que mon salaire ne soit pas payé par première ligne télévision.

C'est moi qui ai fait cette démarche. Je suis allée voir le DRH de France Télévision en lui disant je je ne comprends pas pourquoi France Télévision verse mon salaire à une société de production qui me le reverse ensuite. Donc j'ai demandé il y a plusieurs années maintenant je dirais que c'est 5 ou 6 ans peut-être plus je dirais ça à ce que mon salaire soit vraiment versé uniquement par France Télévision.

Et en ce qui concerne mon activité sur YouTube, pour l'instant c'est probono. Donc voyez, je je ne touche pas de de rémunération ailleurs. Merci monsieur le rapporteur.

Monsieur le président, je je vous remercie pour votre réponse concils, pour votre transparence également. Deux questions assez simples, je pense que vous l'avez su mais depuis le début de nos travaux de cette commission d'enquête, la question des salaires dans l'audisel public a été régulièrement posée. On n'a jamais obtenu la moindre réponse.

La Salamé par exemple il y a une semaine nous a révélé lors de son audition que il y avait une consigne qui avait été passée par la direction de France Lédvision qui leur demandait et bien de ne surtout pas rendre publant de leur rémunération. Au fil des auditions, d'ailleurs, on nous a opposé tantôt le droit à la vie privée, tantôt le secret des affaires, voire même l'argument selon lequel ces informations nueraient à la concurrence avec les chaînes privées. Je sais que vous êtes attaché à la transparence notamment sur l'utilisation des des fonds publics.

Qu'est-ce que vous pensez de ces consignes données par France Télévision pour ne surtout pas révéler devant la représentation nationale et aussi devant les Français les salaires des dirigeants de l'audis public ? Sachant qu'en plus ils ont fait polémique à l'occasion de la sortie du dernier rapport de la Cour des comptes qui indique que le salaire moyen chez France Télévision est autour de 72000 € par an, soit dans les 9 % des Français les mieux rémunérés. Deux questions.

Est-ce que vous condamnez ces consignes d'entrave à la transparence sur un travail de transparence publique mené par la représentation nationale ? Est-ce que vous pouvez nous indiquer de façon tout à fait transparente votre salaire ? Alors euh ce ce qui est alors sur mon salaire déjà euh je je l'ai dit hein tout à l'heure et j'imagine que vous m'avez entendu et même écouter.

Euh moi j'ai toujours été plutôt transparente sur ma ma rémunération parce qu'effectivement euh ça le va ça va dans le dans le sens de la manière dont dont j'exerce mon métier. J'ai un salaire important, je le dis mais parce que j'ai 42 ans de métier. Je vais encore vous raconter une anecdote mais qui est très intéressante.

Je me souviens quand je devais avoir à peu près 32 ans à France Télévision, je présentais déjà le 1920 depuis un certain temps et je rendez-vous avec le dérage de France Télévision parce qu'à l'époque, j'étais vraiment pas très bien payé et je me suis fait répondre tranquillement par le DRH. Madame, vous êtes enfin je suis pas sûr qu'il m'a dit madame mais je crois que si. Dit madame oui, vous êtes mal payé mais vous êtes une femme, vous êtes jeune et vous n'avez jamais été viré.

Et là, je me suis dit "OK, d'accord." Donc, en fait, quand on est femme jeune et qu'on a jamais été viré à France Télévision, on se voit opposer ce genre d'argument et effectivement on est mal payé. Donc aujourd'hui, aujourd'hui après 42 ans de carrière, 40 ans à France Télévision, des responsabilités qui sont importantes et partagées avec mes rédacteurs en chef, oui, je suis vraiment bien payé.

Je suis bien payée, ça très clairement, mais c'est dû à ma carrière et à la longévité de de cette carrière. Je crois que la question du rapporteur Luis c'était est-ce que vous est-ce que vous euh vous cautionnez vous acceptez la demande que vous achez la direction parce que vous vous avez il me semblait que vous aviez révéler votre salaire il y a quelques années justement dans Télestar euh vous aviez enfin vous aviez confirmé je crois que à un moment donné vous aviez confirmé votre salaire ou en tout cas vous aviez été fait de transparence tout en tout état de cause. Moi je suis effectivement dans le la démarche de Cash investigation pour la transparence.

Euh, souvent, on demande des documents écrits aux entreprises, c'est-à-dire qu'on demande des documents comptables. Euh, on leur dit est-ce qu'on peut avoir les rémunération de un tel ou un tel ou est-ce qu'on peut avoir des bilans comptables ? On le fait très régulièrement.

Et quand on les a par écrit, mais on on est ravi. On est trop content, on est content de les avoir. Alors, vous avez ces documents, monsieur le rapporteur, monsieur le président, vous les avez à votre disposition.

Donc, ces documents vous ont été transmis. J'en ai eu l'assurance. Et en ce qui concerne les budgets d'envoyés spécial, pardonnez-moi, je fais juste une petite aparté, c'estàd que je je vous dis vraiment que moi la semaine dernière, j'ai insisté pour que ces documents vous soient transmis au plus vite pour que vous ayez justement le temps de les consulter et que je suis persuadée et certaine qu'ils vous ont été transmis en fin de semaine dernière. micro.

Vous vous conviendrez que cette commission d'enquête a démarré il y a quelques mois déjà, que les premières demandes de documents ont été transmises à la direction de France Télévision il y a près de 3 mois maintenant, que depuis il y a une sorte de conflit que je n'explique pas parce que c'est simplement le respect de la loi d'envoyer des documents que que je demande et qu'à l'heure où le rythme des auditions reprend avec un rythme effrainé plus de 10 auditions par semaine alors qu'on refuse à mes collaborateurs l'accès à ces documents alors qu'il est de droit pour cette commission d'enquête et que vous imaginez que pour préparer une audition, ça nécessite pour moi des heures plus les heures que je fais au titre de ces auditions. Vous imaginez aussi la stratégie de France Télévision à l'heure que alors que cette commission d'enquête va s'achever maintenant dans quelques semaines, il y a une forme d'entrave non dissimulée de plus en plus pour pour que je j'évite à tout prix de d'aller regarder le plus profondément possible dans les documents qui me sont transmis. Visiblement, les documents qui dont vous parlez ont probablement été transmis il y a quelques jours, mais malheureusement ça fait plusieurs mois que je les réclame.

Je ferme cette parenthèse. Je voudrais vous entendre sur un sujet qui est important. C'est l'un des sujets les plus critiques de cette commission d'enquête.

C'est notamment les liens entre les sociétés de production et l'audiovisuel public. On a découvert lors de plusieurs auditions que certains anciens dirigeants de l'audis public et de France Télévision, je vais citer par exemple Nathalie Darry Grand qui a été ancienne directrice de France 5, ancienne directrice des programmes de France Télévision, ont signé des contrats de plusieurs dizaines de millions d'euros d'argent public au bénéfice de société de production privée avant de percevoir des indemnités de licenciement de plusieurs centaines de milliers d'euros financées elles aussi par le contribuable. Et on apprenait quelques mois plus tard que ces personnes avaient rejoint ces sociétés de privé pour lesquelles ils avaient signé des contrat de production important.

Il y en a même d'autres comme Takis Scandy qui ont effectué des allers-retours, des navettes entre la direction de France Télévision et la direction de ces sociétés de production. Lorsque j'ai interrogé Delphine Arnut, la présidente de France Lévision sur ce sur ce cas, elle nous a expliqué qu'il existait malheureusement de nombre de nombreux cas similaires et elle nous a suggéré d'ailleurs que le législateur s'empare de ce sujet. La semaine dernière, Rachid Adati, ministre de la culture a dénoncé, je la cite, une consanguinité d'un milieu qui ne souffre d'aucun contrôle.

Madame Lucet, on parle ici de montants très importants. Le coût des grilles et des programmes pour France Télévision, c'est près d'un milliard d'euros d'argent public par an. On voit que c'est des pratiques qui peuvent soulever un certain nombre de conflits d'intérêts.

Est-ce que vous aviez connaissance de ces pratiques de conflit d'intérêt éventuel, de pantouflage à minima ? Est-ce que demain vous pourriez par exemple réaliser une enquête sur ce sujet-là ? Et est-ce que aussi, c'est la dernière de mes questions, vous pourriez entretenir des liens personnels avec certaines des personnes que j'ai cité, notamment monsieur Candilis ou madame Darry Grand ?

Alors, monsieur le rapporteur, euh si vous me posez cette question, ça n'est sûrement pas un hasard. J'ai débuté à au 19 ans à 23 ans avec Nathalie d'Argan et il se trouve que nous sommes amis dans la vie et depuis longtemps que on est on est même proche amis. Franchement, c'est une personne avec laquelle j'ai j'ai travaillé, notamment quand elle dirigeait les magazines de programmes de France 2.

Euh, elle s'est toujours révélé à être une excellente professionnelle et je suis persuadée que à France Télévision, beaucoup de gens pourraient en en témoigner. Elle a au fur et à mesure du temps eu des postes de responsabilité extrêmement différents, aussi bien comme je l'ai dit à à la direction des magazines de France 2. Elle a dirigé France 5 et ensuite elle a été numéro 3 je crois de France Télévision.

Je je suis pas très douée dans l'organigramme. En en tout état de cause, moi je n'ai absolument pas c'est absolument pas dans mon périmètre. Donc je n'ai absolument pas à commenter les conditions de son départ.

Mais ce que je sais, c'est que euh les procédures de contrôle dans ce genre de situation sont renforcé à France Télévision. Donc que ces procédures elles existent et qu'elles sont renforcées. Vous comprendrez bien que je ne vais pas euh ici euh parler de mes liens d'amitié avec quelqu'un.

Je crois que ça ça n'a rien à faire à partir du moment où ça n'empiète pas sur le milieu professionnel. Euh et en l'occurrence, ça n'empiète pas sur le milieu professionnel puisque je n'ai aucune relation professionnelle avec Nathalie d'Argan. J'en ai eu par le passé.

Il y a plein de moments où on en avait plus. Il y a des moments on en a eu à nouveau. Euh et donc voilà, on on est dans une situation où moi je ne travaille pas avec elle et je n'ai que des liens d'amitié qui n'ont je pense pas grand-chose à faire dans cette commission.

Merci pour votre réponse monsieur le rapporteur. Oui, de deux questions rapides. Vous saluez son professionnalisme mais ce n'était pas ma question.

On peut être extrêmement compétent, très professionnel et en même temps se compromettre notamment avec des sociétés privées à qui on accorde des contrats et et pour lesquels on on réalise des navettes. Donc mon point c'était vous qui avez l'habitude d'aller dénicher ce type de pratique notamment de conflit d'intérêt dans des sociétés privées, est-ce que ça vous interpelle aujourd'hui ces pratiques qui sont plutôt courantes à la tête de l'audiovisuel public ? Est-ce que ça vous interpelle ?

Est-ce que ça pourrait faire l'objet d'ailleurs d'une enquête de l'un de vos de de l'un de vos magazines ? Et le deuxième point qui me paraît important, vous avez éludé d'une certaine façon la question de votre salaire, vous expliqué que c'était important d'être transparent. Pourquoi est-ce que aujourd'hui vous ne révélez pas le montant exact du salaire qui vous a attribué au titre de France télévision ?

Peut-être juste pour que tout le monde ait en tête ce ce à quoi fait référence le rapporteur. C'est des donc des salariés euh du service public audiovisuel de France Télévision qui ensuite vont travailler dans les sociétés de production et et vous posez cette question parce que c'est vrai que parfois on on a reproché aux politiques par exemple d'être député, d'occuper un mandat puis ensuite d'aller travailler dans des dans dans des sociétés avec lesquelles ils avaient un lien. Vous voyez ça peut être ça peut s'adérer des conflits d'intérêt et ça vous est arrivé dans vos émissions de révéler ce genre de conflit d'intérêt ?

On peut s'interroger. Je crois qu'ici, quel que soit nos bords politiques, on peut s'interroger sur le fait que des salariés du service public audiovisuel soient licenciés, touchent des indemnités de licenciement et ensuite à travailler dans les sociétés de production qui travaillent avec le service public. Bon, je précise pour que tout le monde comprenne bien de quoi on parle et que vous puissiez réagir et répondre à cette question.

Euh alors moi je ce qui est intéressant, c'est que vous vous épinglez, vous avez utilisé ce mot hein, le pantouflage. Euh donc encore une fois, je ne vais pas me prononcer sur le cas particulier de Nathalie d'Arigand. pour les raisons que je vous ai exposé, ça ne fait pas partie de mon périmètre et et je préfère véritablement rester dans mon périmètre.

Mais euh là, c'est vraiment totalement faux de parler de pantouflage pour Nathalie d'Arégran euh et vous le faites. Donc c'est c'est ça ma question. Quand vous parlez de pantouflage, vous évoquez en réalité l'article 432 13 du code pénal.

On sait tout ce qui est concerné par le pantouflage. Vous le savez très bien puisqueen fait le délit de pantouflage concerne une personne ayant été chargé en tant que membre du gouvernement, membre d'une autorité administrative indépendante ou d'une autorité publique indépendante, titulaire d'une fonction exécutive locale, fonctionnaire, militaire ou agent d'une administration publique. Donc vous voyez bien que le délit de pantouflage ne concerne pas les salariés de France Télévision qui ne sont ni fonctionnaires, ni élus, ni militaires, mais qui sont des salariés du régime général.

Donc on n'est pas du tout dans ce dans ce cadre là. D'autre part, pardonnez-moi, mais vous allez recevoir, je pense monsieur Christian Vion dans 2 jours. Vous allez sûrement recevoir plus tard des producteurs.

Vous pourrez aussi leur poser ces questions en ce qui me concerne, je vous ai répondu. Vous vous expliquez vous vous vous en remettez à la définition exacte du délit de pantouflage, mais vous ne répondez ma vous ne répondez pas à ma question. Est-ce qu'un dirigeant de l'audiuel public peut se compromettre de cette façon ? que ce soit légal ou non d'ailleurs, de signer des contrats de production importants avec de l'argent public pour une société de production, se faire prendre une indemnité de licenciement financée par le contribuable de plusieurs centaines de milliers d'euros et ensuite basculer dans cette même sociétélà et même parfois faire des navettes en revenant à la direction de France Vision pour continuer à faire augmenter le volume contractuel pour cette société de production passée avec France Lévision.

Je je vous éviter un peu ma question, vous expliquer que ça peut pas être caractérisé par un délit de pantouflage parce que ce sont ce ne sont pas des fonctionnaires. Est-ce que pour autant moralement c'est pas condamnable ? Alors monsieur le rapporteur, très franchement euh je vais vous répondre un peu différemment mais je crois que c'est important.

Moi, je suis un peu la tête de gondole de cache investigation et d'envoyer spécial. Donc on me met un peu tout sur le dos quand on parle d'envoyé spécial, de cache investigation. J'ai l'habitude, c'est un peu normal quand on est la tête de Gondol.

Vous avez l'air de dire que une personne à France Télévision signe di voilà, vous avez l'air de dire que une personne signe des milliers de contrats pour beaucoup d'argent public et cetera. Moi, je ne suis pas au cœur du réacteur. Je je ne m'occupe pas de signer des contrats.

Donc, la seule chose que je peux vous dire, c'est que je suis certaine que ça n'est pas le cas, que il est impossible qu'une personne signe des milliers de contrats sans qu'il y ait multiples contrôles tout autour. Donc, la manière dont vous posez cette question à mon avis n'est pas la bonne. Pardonnez-moi de vous de vous le dire.

Et je vous redis comme vous recevez bientôt les personnes qui s'occupent de la DH en l'occurrence Christian Lvion je crois dans 2 jours. Peut-être poser lui la question. Il me semble que il serait plus adéquate de lui poser la question à lui et de poser la question au dirigeant de France Télévision.

Vous l'avez déjà fait. Moi, j'ai pas le sentiment que Delphine Ernote vous ait répondu comme ça, mais je réécouterai sa déclaration. C'était très clair de sa part.

On va avancer mais je pense que le rapporteur il vous interrogeait là comme journaliste d'investigation. C'està dire que vous avez l'habitude de révéler des scandales d'État et c'est vrai qu'on peut s'interroger euh comme responsable politique, comme français, comme citoyen, que des que des salariés quittent l'audel public avec des indemnités de licenciement et ensuite retrouvent des des fonctions dans des sociétés de production qui travaillent avec l'audel public. C'est pas illégal, vous avez raison de le dire, mais c'est admettez que ça peut ça peut interroger, voilà, ça peut poser questions euh dans des manières de de de procéder.

Voilà. Heureusement que ces personnes qui soient sont licenciés peuvent retrouver un travail. On leur souhaite pas d'être au chômage à vie, on leur souhaite de retrouver un travail.

Mais c'est vrai que c'est des pratiques qui peuvent interroger et et si voilà, on serait on est très exigeant avec les politiques, on est très exigeant et c'est tout à fait normal avec des salariés du privé. Voilà, admettez que ça peut ça peut interroger. Je pense que le rapporteur vous vous vous vous ne posez pas cette question en tant que salarié de France Télévision mais plutôt en tant que journaliste d'investigation qui passait beaucoup de temps à révéler voilà des des des scandales ou ou des ou des choses qui qui sont pas forcément illégales.

En l'occurrence, vous avez raison, le pantouflage ne les concerne pas mais qui peuvent quand même interroger les Français, susciter un peu de d'indignation. Mais on aura une audition de de cette personne parce que il s'agit pas non plus d'en faire un procès individuel. Elle pourra aussi y répondre.

On est attaché ici le rapporteur aussi au principe du contradictoire. Et comme on auditionnera cette personne, elle pourra répondre, s'expliquer et et voilà. Mais pour clôturer sur ce sur ce point-là, parce que j'ai pas obtenu de réponse de votre part et et pardon d'être insistant, mais c'est aussi la façon dont dont on essaie d'obtenir un certain nombre de réponses dans cette commission d'enquête et je sais que vous êtes aussi attaché à la vérité, à la transparence.

Les faits que je vous ai exposés sont des faits qui sont avérés de dirigeants de l'audiovisuel public qui signent des contrats, qui sont licenciés, qui prennent des indemnités de licenciement importante, qui basculent dans ces mêmes sociétés de production pour lesquelles ils ont signé des contrats. Ce sont des pratiques qui sont de plus en plus dénoncées et c'est l'un des points essentiels d'ailleurs de cette commission d'enquête. Euh moi je me permets de vous poser la question non pas en tant que salarié de France Télévision qui a peut-être vous avez peut-être reçu des consignes de ne pas accabler certains dirigeants ou anciens dirigeants.

Delphine Arnut lors de son audition a expliqué qu'il était temps que le législateur s'empare de ce sujet parce qu'effectivement ce sujet pouvait poser des questions. Pourquoi vous qui êtes au fond le porte-tandard de l'investigation du service public qui avait la confiance de millions de Français, est-ce que vous ne voulez pas devant la représentation nationale nous dire effectivement c'est un sujet de préoccupation, ça pourrait faire l'objet d'une de mes émissions et il est temps que le législateur s'empare de ce sujet parce queil y a des soupçons de conflit d'intérêt qui sont derrière. Et le tout dernier point et on clôturera cette parenthèse là, pourquoi est-ce que vous voulez pas nous révéler votre je vous ai posé à deux reprises la question.

Pourquoi est-ce que vous voulez pas nous révéler votre salaire ? Est-ce que vous adoptez la même consigne qui a été donnée à l'ensemble des salariés de France Lévision, c'est-à-dire de ne pas le rendre transparent auprès de millions de français ? Je vous laisse répondre et puis ensuite on aura encore un quart d'heure de questions du rapporteur et je donnerai la parole ensuite au groupe politique.

OK. Euh alors en ce qui concerne mon salaire, j'ai vraiment le sentiment de vous avoir euh répondu, monsieur le rapporteur, ou peut-être ne m'avez-vous pas euh entendu ou écouter. Donc je répète que en ce qui concerne mon salaire, pardonnez-moi, je je j'attends d'avoir votre attention parce que comme vous me répétez la question à plusieurs reprises, du coup, je me dis que peut-être vous n'avez pas eu véritablement le la possibilité de m'écouter ou de m'entendre.

Donc du coup, je je vous répète véritablement les choses. Je vous redis que quand je mène mes émissions d'investigation et quand je les mène avec mon équipe de cache investigation notamment, il nous arrive régulièrement de demander ces éléments par écrit à des très grandes sociétés, des multinationales, à des dirigeants d'entreprise, à des lobby enfin voilà, nous obtenons ces documents par écrit. Vous les avez, vous avez ces documents par écrit et donc quand nous les avons, nous on est très content de les avoir.

Je je lirai avec beaucoup d'attention le rapport que vous allez faire à l'issue de cette commission d'enquête parlementaire et je pense que beaucoup de gens sont impatients de le lire. Donc voilà, encore une fois ces documents et je m'en suis assuré, on les a, on les a, on les a, on les a. Le rapporteur peut le confirmer comme ça, on va pas dire que je protège qui que ce soit.

Rapportur, on les a. Je vous laisse le préciser. Vas-y.

Et effectivement effectivement madame Lu je remercie de votre effectivement madame Luis je vous remercie de votre réponse. J'ai ces éléments à ma disposition. Simplement je meurte depuis le début des auditions à un refus pur et simple de l'ensemble des cadres et et dirigeants de de France Télévision à les révéler dans le cadre de cette de ces auditions.

Je les mettrai dans le rapport parce que je pense que c'est important notamment de de révéler le top 10 ou le top 20 des salaires de de l'audiovisuel. République pour que les Français se rendent compte. Encore faut-il d'ailleurs que ce rapport soit voté, soit adopté à l'unanimité.

Il y a un enjeu. Donc vous voyez et donc c'est aussi pour ça que je je me permets de poser ces questions parce que il y a peut-être un risque que ce rapport ne soit pas adopté. et vous qui êtes euh si euh à cheval sur les exigences de transparence, notamment sur l'utilisation des fonds publics et c'est tout votre honneur et c'est aussi pour ça je pense que des millions de français suivent vos enquêtes.

Vous comprendrez que je m'interroge, j'ai du mal à comprendre pourquoi vous voulez pas de façon très décomplexée nous dire combien vous êtes payé par l'argent public alors que c'est aussi un peu le cœur et l'ADN de vos émissions. peut-être pour avancer le formulaire différemment pour la même trè franchement enfin je peux vous le faire alors je je vais vous faire je vais tout vous mettre en même temps qui est vraiment qui est exactement ce que ce que je pense et euh véritablement depuis le début je vous dis j'ai toujours été plutôt transparente moi sur ma rémunération ma rémunération vous a été transmise de manière écrit j'ai 42 ans de carrière donc oui j'ai 42 ans de carrière j'ai des responsabilités je suis exposée à l'antenne. Je je ne suis pas un père dro de l'année comme on dit.

Voilà, je n'ai pas de part dans de ces sociétés de production. Je n'ai pas de société de production. Je ne touche pas de dividende soci de production.

Mon salaire est uniquement payé par France Télévision au bout de 42 ans de carrière. Voilà. Donc je je pense vous avoir répondu extrêmement clairement à plusieurs reprises.

Vous m'aviez dit que c'était la dernière fois que vous me posiez la question mais vous y revenez. Bon, je je peux comprendre mais je pense vous avoir vraiment apporté tous les éléments d'autant que vous avez encore une fois tous les éléments écrit en votre possession. Monsieur rapporteur, je j'aurais tout essayé mais probablement aussi comme vous quand vous êtes devant certains dirigeants de d'entreprise et que vous les mettez sur le grill pour essayer de de répondre à nombre de questions, j'insisterai pas davantage.

On va clôturer cette je je perçois en tout cas que vous voulez pas nous nous révéler votre salaire, mais effectivement je vous l'avoue, c'est un élément que que j'ai. Un sujet qui est important, c'est celui du climat social qui règne chez France Télévision. On en a beaucoup parlé lors des dernières auditions.

Le cabinet CDEAT a publié le 9 octobre dernier un rapport d'expertise sur un risque grave à la rédaction nationale de France Télévision. Ce document décrit un climat de travail qualifié de brutal, une organisation jugée autoritaire et élitiste, des inégalités traitement, de fortes tensions internes et nombre de cas de souffrance au travail. Ce rapport fait également état de témoignage évoquant des comportements brutaux, des violences verbales et des situations de harcèlement.

Page 108 du rapport. J'ai notamment pu lire, je vous le cite, que les conférences critiques post JT ont parfois été avec certaines équipes d'édition précédente un lieu propice à l'humiliation, à des crises de colère ou à rabaissement ou au rabaissement des journalistes. Quelques minutes seulement après l'audition de la direction de l'information de France Télévision il y a quelques jours, il y a un autre document interne qui a été publié qui a fuité par VO de presse qui mettait en cause directement la directrice adjointe de l'information madame Muriel Plenet qui était auditionnée quelques minutes auparavant devant la représentation nationale.

On avait pas encore connaissance de ce rapport pour des dérives managériales graves. Il s'agit du 6e rapport interne qui pointe des pratiques préoccupantes depuis 2009. Pourquoi est-ce que vous qui êtes à la tête de l'investigation du service public, vous avez pas voulu enquêter sur les dérives managériales et les cas de souffrance au travage de travail chez France Télévision ?

Alors, monsieur monsieur le rapporteur, euh en ce qui me concerne euh il faut que je vous explique un peu comment on fonctionne. Euh d'un côté, vous avez la rédaction qui fabrique les JT, les journaux télévisés. Euh donc cette rédaction, moi j'y ai appartenu et j'y ai participé pendant de très nombreuses années puisque j'ai présenté DJT à France Télévision pendant 26 ans.

Donc, j'étais en prise directe avec ses rédactions tous les jours au quotidien. Il se trouve que je ne le suis plus et je ne le suis plus depuis 10 ans aujourd'hui. Je vais vraiment faire amende honorable.

Je je vous dis honnêtement puisque j'ai prêté serment que je n'ai pas lu ce rapport dont vous me parlez. Donc je vais pas vous mentir, je vais pas vous dire que je l'ai lu, je ne l'ai pas lu. J'en prendrai connaissance bien sûr.

Ce que je peux vous dire, c'est que dans l'équipe d'envoyé spécial qui est en interne à France Télévision, petite équipe, on favorise toujours la discussion. On est toujours dans une volonté effectivement de construire ensemble la meilleure émission possible pour les téléspectateurs. J'ai vraiment pas le sentiment qu'on soit dans un climat de brutalité de c'est plutôt j'aimerais en fait, je vous le dis franchement, j'aimerais beaucoup que vous participiez aux conférences de rédaction qu'on a chaque lundi parce que c'est un moment d'échange complet en fait avec les journalistes de la rédaction, les rédacteurs en chef, les rédacteurs en chef adjoint, les journalistes sont tous au même niveau.

On peut discuter de tout. Les gens qui sont dans la rédaction d'envoyé spécial ne sont pas contrairement à ce que j'ai pu lire des Parisiens beau beau. La plupart d'entre nous venons de province et on est très fier de venir de province.

Moi je suis normande d'origine. Gill vient de de l'Avyon. De l'Avyon.

Et et vraiment il y a énormément de gens qui viennent de nos différents territoires qui pensent différemment les uns des autres. Euh on pense contre nous-même aussi beaucoup. Euh on réfléchit, ça débat, ça discute et on n'est pas dans un dans ce climat de brutalité.

Alors oui, on est dans un métier stressant. Euh objectivement, on va pas se mentir, de temps en temps, on peut hausser la voix parce que on est dans le rush, parce que c'est le stress, parce que parce que on n'est pas d'accord sur tout. Mais ça reste dans des dans des règles tout à fait normales.

Et je pardonnez-moi mais je veux pas prendre exemple sur l'Assemblée nationale mais je suis persuadée que parfois entre vous ossez le temps aussi. Ça peut vous arriver jamais dans cette commission d'enquête jamais. Il a un respect absolu et permanent.

Monsieur le rapporte. Merci. Merci monsieur le président.

Euh une autre question assez courte de ma part par rapport à à votre méthode et notamment au choix d'enquête que vous décidez de mener qui euh je pense intéresse le nombre de de personnes. Dans vos choix d'investigation, il y a évidemment les sujets qui sont traités. Il y a aussi les sujets qui ne font l'objet d'aucun traitement et parfois d'ailleurs ces derniers en disent autant si ce n'est plus sur l'honnêteté du traitement de l'information, la déontologie des émissions comme cash investigation et envoyé spécial.

Une question simple, pourquoi est-ce que sur les dernières années vous avez jamais voulu enquêter sur des personnalités comme Taric Ramadan, comme Gérard Miller, comme Olivier Duamel ou peut-être encore comme Jack Lang qui sont des figures intellectuelles influentes mais et qui ont d'ailleurs été toutes mises en cause accusé de scandale sexuel ayant fortement marqué l'opinion publique. Pourquoi est-ce que vous n'avez consacré aucun magazine, aucune enquête à ces différentes personnalités ? Pardonnez-moi, monsieur le rapporteur, vous avez été mal informé.

Euh nous avons consacré une très longue enquête à Gérard Miller euh en collaboration avec le journal L. Euh c'estàd que pour être d'ailleurs beaucoup plus efficace et et beaucoup plus pertinent à l'antenne, nous avons décidé d'unir nos forces avec le journal L euh pour pouvoir présenter un un magazine de de report enfin un reportage d'investigation sur Gérard Miller qui a été extrêmement complet, qui a été salué par nos confrères de Tubant qu'on avait fait un excellent travail. Je ne vous cache pas qu'on s'interroge en ce moment sur certaines des personnalités que vous évoquez pour savoir si on ne va pas enquêter dessus.

Toujours dans la même démarche. C'est-à-dire que bien sûr que il y a un bruit médiatique en ce moment. On va se parler sur Jack Lang.

Le bruit médiatique c'est pas ce qui nous intéresse le plus nous. c'est de savoir si oui ou non on va réussir grâce au LX qui sont en ce moment là révélés à apporter quelque chose de plus parce que vous avez vu quand même que les journalistes du monde entier et en France particulièrement sur Jack Lang beaucoup de journalistes se sont emparés de ce dossier. Est-ce que nous nous sommes en mesure envoyée spéciale euh de révéler plus de choses ou pas sur cette affaire que ce qui est révélé dans les journaux au quotidien ?

Vous avez peut-être vu, monsieur le rapporteur hier soir dans le 20h que justement dans le 20h de France 2, le 20h de France 2 apportait de nouveaux témoignages par rapport à à l'affaire concernant enfin l'affaire la potentielle affaire concernant Jack Lang. Euh donc euh la rédactions de France Télévision y travaillent et je vais vous dire franchement en en toute intelligence, c'est-à-dire que parfois euh c'est envoyé spécial qui fait les enquêtes, parfois c'est complément d'enquête, parfois ça peut être cache investigation, parfois ce sont d'autres émissions, parfois il y a des documentaires, mais à aucun moment, mais vraiment aucun moment vous vous ne pouvez nous soupçonner d'éviter de faire ce genre d'enquête. Gill pour être précis pour ce qui est de Gérard Miller, le reportage a été diffusé le 29 février 2024.

C'est un reportage de 33 minutes de Cloévienne et Lucy Réi et son titre était Gérard Miller, les plaintes s'accumulent et dans ce reportage on entendait les victimes. Voilà, c'était un reportage complet et long sur les accusations portées contre monsieur Gérard et vous venez de dire juste merci beaucoup vous venez de dire madame Luis pas vous enfin choisir vos sujets en fonction du bruit médiatique et en même temps j'imagine quand même que quand il y a des sujets qui montent je pense que le périscolaire c'est quand même lié aussi à à des polémiques à montée dans le bruit médiatique. Comment peut-être je laisserai le rapporteur vous poser une question là-dessus mais comment vous choisissez vos sujets par exemple la Ferpstein qui qui secoue quand même le monde entier jusqu'à des révélation avec la France avec Jacques Lang au-delà du fait que vous voulez à chaque fois avoir une plusvalue c'est-à-dire apporter des éléments complémentaires, quels sont quel comment vous choisissez vos sujets ?

Voilà le le rapporteur a cité une liste de noms. Comment vous décidez qu'un sujet mérite une investigation un cache investigation ? En l'occurrence, je pense que c'est plutôt cache investigation là que alors sur Gérard Miller, pardonnez-moi de vous contredire, c'était envoyé spécial pour le coup.

C'était pas dans Cache Investigation, c'était un envoyé spécial. Euh sur Cache Investigation, Sophie va vous répondre mais vous savez, nous on a toujours en tête à aucun moment, moi j'ai entendu dire à Cach Investigation a décidé de se faire monsieur un tel ou telle entreprise ou monsieur machin ou madame tel. Non.

Alors jamais je m'inscris en faux absolument véritablement contre ce genre d'affirmation. Cach investigation ne décide pas de se faire quelqu'un, de d'attaquer quelqu'un. Non, on va s'intéresser, comme Sophie l'a dit tout à l'heure, à des entreprises, à des personnalités, à des groupes en fonction de leur surface, des informations que nous avons, de ce que nous pouvons récolter au fur et à mesure de nos investigations en fonction de nos sources, des témoignages que nous pouvons récolter, de la manière dont on peut corroborer ces informations, les doubler, les tripler pour être véritablement sûr de nous.

Et seulement à ce moment-là, on aboutira à une enquête de cache investigation. Mais je veux être très clair par rapport à monsieur le rapporteur. Vraiment si vous pensez qu'on s'interdit aujourd'hui à cache investigation ou à envoyer spécial, alors cache investigation encore une fois c'est un magazine d'investigation économique mais si vous pensez à un seul moment qu'on s'interdit des investigations sur ce genre de dossier dont vous parlez c'est absolument faux.

Merci. Encore deux questions. Je laisserai juste Sophie ajouter quelque chose.

D'accord. Ensuite, il y aura deux questions du rapporteur puis la parole à même parmentier pour 2 minutes. Monsieur le président, c'était intéressant votre exemple parce que quand vous parlez du périscolaire, vous dites le bruit médiatique.

Mais ce qu'il faut savoir, c'est que nous, on commence nos enquêtes 1 an avant et donc 1 an avant, il y avait pas du tout de bruit médiatique sur ce sujet. Et et là, c'est intéressant de vous raconter par exemple l'origine de cette enquête parce qu'elle est différente de de celle précédemment citée. C'est la journaliste en charge de cette enquête Claire Tesson, qui tout simplement a eu des soucis au périscolaires avec ses enfants.

Elle a commencé à m'en parler. Moi-même, j'ai un de mes fils qui a eu des soucis à une époque. On en a parlé avec Élise dans son équipe, certaines personnes avaient eu des soucis et on s'est dit tiens, il y a quand même un truc qui se passe parce qu'en fait autour de nous quand on est parent euh on a des remontées euh du périscolaire.

Alors, c'est pas forcément des affaires, voyez, de de pédocriminalité, mais effectivement ça peut être de la violence physique ou de la violence psychique. Et donc, on s'est dit tiens, il y a peut-être quelque chose à faire qui d'habitude est traité de manière bah comme un fait divers en fait, une affaire isolée. Et nous, on va essayer de comprendre pourquoi il y a peut-être une défaillance du périscolaire d'un point de vue systémique et c'est ce qu'on a fait.

Donc, on peut aussi être nous en amont du bruit médiatique et puis nos enquêtes sortent au moment du bruit médiatique. Mais ça, j'ai envie de dire, c'est presque de l'ordre du hasard. puisque pour ce qui est d'envoyé spécial, c'est aussi le même mécanisme.

Elise vous a dit ça serait bien que vous veniez dans une conférence de rédaction et vous y seriez accueilli. Ça serait ça pourrait être très intéressant mais effectivement en conférence de rédaction on vient tous de la France entière et souvent les conversation le lundi tournent autour de ce qu'on ce qu'on a entendu chez nous, ce qu'on s'est dit à la maison et souvent je je pense par exemple à un reportage qui a fait un peu de bruit d'envoyer spécial sur les les dermatologues sur le manque de de la la quasi impossibilité d'avoir un rendez-vous chez un dermato. C'est ma sœur qui m'avait raconté son aventure enège pendant l'été.

Et on en parle à l'émission de rentrée, à la confe de rentrée. Je dis ma frangine m'a raconté un truc dingue. On regarde, on voit qu'effectivement on peut obtenir des rendez-vous pour des injections de botox et cetera.

Mais pour ce qui est de montrer un bouton qui serait inquiétant, c'est impossible. C'est le point de départ d'un reportage, d'une enquête qui a été très regardée et qui finalement on parle de quelque chose de très voilà très très quotidien connu par tous les Français mais qui devient un objet journalistique. Et c'est ça notre travail en fait tout le temps, toutes les semaines.

Les conférences de rédaction servent à ça et c'est comme ça que les sujets émergent parce que Élise aussi reçoit beaucoup de courriers. Oui, elle a reçu par exemple le courrier d'une famille de d'un militaire qui s'est suicidé et euh un très un très beau courrier d'une famille qui une famille de militaires qui qui qui n'en voulait pas l'armer mais qui qui nous partageait son le désespoir de de cet enfant qui avait mis fin à ses jours n'arrivant pas à trouver dans l'armée ce qu'il était peut-être venu y chercher. Une de nos journalistes c'est est partie de de ce point de départ et ça a abouti à l'émission au reportage qu'on a diffusé il y a maintenant un petit mois sur les désertions dans l'armée française où on a découvert que l'armée française était confrontée à un problème de désertion important, que ce problème était géré au sein de l'armée et et que l'armée ne le cachait pas. on a été reçu par le Drage de l'armée qui nous a répondu.

Donc souvent nos reportages partent pas de si si vous voulez voilà ça part de choses très concrètes de nos vies des courriers que l'on reçoit et c'est souvent ça qui donne de très bonnes enquêtes. Merci monsieur rapporteur encore deux questions et puis la parole une toute petite une toute petite précision pour que pour dire que je tiens énormément à ouvrir tout mon courrier. C'està-dire que c'est moi qui ouvre mon courrier, c'est moi qui lit les lettres, c'est moi qui lit les mail courers.

Vous recevez c'est quoi en moyenne ? Ah oui oui. Bah là ce matin, je peux vous dire que la notre assistante de production m'a encore apporté h lettres et et donc je les ouvre quand j'ai pas le temps de le faire et ça peut arriver.

Je demande à un de mes rédacteurs en chef ou rédacteur en chef adjoint de de jeter un œil. Avant j'avais mon assistant qui faisait ce travail mais maintenant il est parti à travailler à nous les européens. Donc je n'ai plus d'assistant donc on le faisait ensemble et et donc là on le fait tous ensemble.

Ce que je veux dire c'est qu'on porte beaucoup d'attention à ce que les Français nous disent, nous racontent. C'est très important pour nous, vraiment très important. Merci pour pour cette précision, monsieur Rorteur.

De question. Merci, monsieur le président. De deux dernières questions effectivement avant de laisser la parole à l'ensemble des députés euh pour finir cette parenthèse sur les choix éditoriaux, notamment les choix d'enquête, vous expliquer qu'il faut pas se fonder simplement sur le bruit médiatique.

Euh je vais évacuer le sujet Tarik Ramadan, le sujet du AMEL, je je vais en venir au sujet Jack Lang. En octobre 2020 déjà la presse avait révélé que la fondation de Jeffrey Epstein avait versé 57000 plus de 57000 dollars à une association liée à Jack Lang en 2018 soit 1 an avant la récitation d'Epstein pour des faits de viol et de trafic sexuel de mineurs. À l'époque Jack Lang avait indiqué qu'il s'agissait d'un financement destiné à un projet de film consacré à son parcours politique mais c'est un projet qui n'a jamais vu le jour.

Euh dans les dernières révélations des Epstein Files, on a pu voir notamment sur le site du FBI qu'un mail aurait été envoyé par Jeffrey Epstein à Jack Lang le 28 janvier 2013. L'objet de ce mail c'était Petit Prince, je traduis, c'est de l'anglais hein. Petit Prince, je vais vous lire le mail, il est très court de Jeffrey Epstein à Jack Lang.

Merci, je vais examiner cela cette semaine et revenir vers vous. L'enfant doit-il être initié à la religion ? Doit-il être initié à des nouvelles sexualités ? tester à quelle fréquence test standardisé, projet d'échantillon et cetera.

Pouvons-nous organiser un appel plus tard cette semaine ? Pourquoi le service public de l'audiovisuel ne s'est pas emparé aussi rapidement de ce sujet ? Et pourquoi alors que il y a eu des révélations qu'il liit Jeffrey Epstein à Jack Long déjà en octobre 2020, vous avez pas voulu comme d'autres sujets réaliser une enquête sur les liens entre Jeffrey Epstein et Jeff.

Peut-être pour préciser est-ce que vous aviez ces informations pour est-ce que vous les aviez ? Est-ce que vous aviez réfléchi ? Est-ce que vous en avez discuté ?

Donc avec ce micro ? Ah c'est parce que D'accord. OK, vous m'entendez ?

Donc je peux vous dire vraiment avec certitude et droit dans les yeux, monsieur le rapporteur, que nous nous intéressons beaucoup à ces sujets. Simplement, il y a des arbitrages à un moment de la direction des magazines et donc je vais la nommer. Elle s'appelle Elsa Margou.

Elsa Margotou qui dirige les magazines qui pardonnez-moi les magazines d'information qui sont en interne à France Télévision. Quand on sort de conférence de rédaction, lundi, on lui dit : "On partirait bien sur l'affaire. Ça s'est passé la semaine dernière.

Et qu'est-ce qu'elle nous a répondu ? Elle nous a dit "Ah non, Complément d'enquête a déjà fait un premier documentaire sur l'affaire Epstein. Donc ils sont prioritaires, ils vont en faire un deuxième." Et là, qu'est-ce qu'on est obligé de faire nous pour que l'argent public ne soit pas dépensé à tort et à travers ?

On est obligé de dire de la directrice des magazines choisit et dit puisque Complément d'enquête a déjà traité ce sujet, complément d'enquête va le retraiter une deuxième fois. Je peux même vous dire que Virginie Villard était interviewée dans un reportage de en société dimanche soir sur France 5 comme journaliste experte du dossier et que oui, France Télévision a très envie d'enquêter sur l'affaire Epstein. Je je vous le dis droit dans les yeux.

Après, on ne peut pas se faire concurrence entre deux magazines. Ce serait une dépense d'argent public pour le coup inique. Ce serait inefficace.

On se entre guillemets hein, on se ferait concurrence entre nous. Ce serait vraiment idiot. Donc je pense que ça ça n'est pas la bonne solution.

Le plus important c'est que France Télévision le traite et on auditionne complément d'enquête. 20ne complément d'enquête pardon j'imagine. On auditionne complément d'enquête jeudi.

On pourra leur poser la question. Monsieur important une dernière question et ensuite je cède la parole au groupe politique. Merci monsieur le président.

Le 11 mars dernier dans l'émission Quelle époque de Léa Salamé sur France 2 la journaliste Sonia Mabrou Madame Luancé j'attends un cash investigation sur France Télévision. Vous avez alors répondu, je vous cite, je voudrais bien mais il n'y a pas grand-chose à faire et à dire sur France Télévision. Bon, pourtant depuis depuis le début de cette commission d'enquête, il apparaît qu'il y a beaucoup de choses à dire.

Vous en conviendrez, je pense. Je pense aux 80 millions d'euros de déficit cumulé par France Télévision depuis 2017. Je pense aux chambres d'hôtel à Cann facturé jusqu'à 1700 € la nuit.

Je pense au conflit d'intérêt. On en a parlé entre certains dirigeants de Francevision et des dirigeants de société de production bénéficiant de contrat important avec le groupe. Je pense au niveau de rémunération très élevé d'une trentaine de directeurs de France Lévision mieux payés que le président de la République.

Je pense au soupçon d'emploi fictif de certains directeurs qui ont d'ailleurs fait l'objet parfois d'enquête, parfois d'articles de presse. Je pense à l'hyperconcentration des contrats de production aux mains de quelques sociétés qui bénéficient de centaines de millions d'euros d'argent public par an. Je pense aux entraves qu'on subit dans le cadre de cette commission d'enquête pour réclamer des documents critiques que France Télévision apportant l'obligation légale de nous fournir.

Je pense aux communications officielles mensongères du groupe notamment sur l'état des comptes. Je pense aux pression d'un ancien président de la République qui est intervenu dans le processus de nomination Delphine Air en rupture totale de la loi avouée par le même président du CSA en 2015. Je pense aux enregistrements des auditions des candidats à la présidence de France Télévision lors de la première nomination de Delphine ART en 2015 qui ont disparu selon le CSA et je pense enfin mais la liste n'est pas exhaustive au témoignage de ce haut magistrat président de la 3e chambre de la Cour des comptes qui sous serment devant nous n'a pas voulu nier avoir reçu un mail du secrétaire général de France Télévision lui demandant de décaler la publication du rapport après la reconduction de Delphine Airn 2025 et nos travaux vous le voyez ne sont pas terminées.

On a encore une trentaine d'auditions à réaliser. Dans ce contexte, madame Lu, est-ce que vous maintenez vos propos ? Est-ce que demain vous songerez à consacrer une émission d'investigation consacrée au financement et au fonctionnement de France Télévision ?

Alors, monsieur le rapporteur, euh je suis euh euh très intéressée par tout ce que vous dites. Euh objectivement, je ne pense pas être la personne la plus la dans la meilleure position pour réaliser euh une investigation sur France Télévision parce que je serais, je le pense, juge et parti. Et donc par rapport, il y aurait bien sûr l'ombre du soupçon sur tout ce que je pourrais dire ou faire sur France Télévision.

D'autre part, ce que je je veux et et là je je pense que vous le savez fort bien, mais je je veux le répéter pour les téléspectateurs, euh France Télévision fait l'objet de très nombreux contrôles, vous l'avez dit, des contrôles sociaux, des contrôles financiers, contrôles de la Cour des comptes. Vous-même, vous êtes en train de faire une commission d'enquête parlementaire extrêmement précise, longue, dont le travail vraiment est important sur l'audiovisuel public et sur son financement. France Télévision, on est n'est pas une entreprise publique qui ne serait pas surveillée.

Elle est surveillée constamment, constamment surveillé et c'est tout à fait normal. Et je trouve ça tout à fait normal. Je m'en félicite.

Je trouve ça très bien par rapport à ce que les Français doivent savoir de l'utilisation de l'argent public. Vous conviendrez que je ne suis pas la meilleure personne pour mener cette enquête. Euh c'est comme si euh je ne sais pas moi euh je demandais à à un grand patron euh ou je ne sais pas au directeur de communication d'une euh d'une d'entreprise de grande distribution euh de mener une enquête sur cette entreprise de grande distribution.

Euh ce serait inévitablement entaché de soupçon. Donc je vais lire avec beaucoup d'attention le rapport de votre commission d'enquête parlementaire. Je lis avec beaucoup d'attention le rapport de la Cour des comptes.

Euh je note simplement et et pardon de de vous le dire que vous avez à plusieurs reprises dit que France Télévision était en quasi faillite et vous avez dit ça à plusieurs reprises dans plusieurs auditions. J'ai cherché dans le rapport de la Cour des comptes dans les 166 pages de rapport de la Cour des comptes, le mot quasi faillite n'y est jamais. Le mot faillite n'y est jamais.

Voilà donc pour cette audition très attendue d'Élise Lu devant la commission d'enquête qui planche sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public. Après Elise Lucé, le prochain à passer sur le grille, c'est Tristan VC, le présentateur de complément d'enquête. On en parle dans un prochain épisode.