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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 avril 2020 25 min

Chasse aux masques, inéquité numérique pour les élèves confinés, rémunération des élèves infirmiers... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

2830 France Info, comme tous les matins, jusqu'à 9h, en compagnie de Renaud Dely. Notre invité ce matin est président de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. Votre vice-président à la région chargée des sports, Patrick Caram, vous a présenté sa démission avant-hier, il l'a annoncé hier. Il entend ainsi dénoncer la gestion de la crise sanitaire par l'État. Il engage une action contre l'Agence régionale de santé et la PHP. Est-ce que vous comprenez cette démarche, voire est-ce que vous la soutenez ?

0:32
Invité

Non, bien entendu que non, et c'est pour cela que Patrick Caram a repris sa liberté pour mener cette action en justice qui est une initiative personnelle de sa part. Pourquoi c'est une initiative personnelle ? Eh bien parce que je crois qu'en tant que présidente de région, aujourd'hui, en pleine crise sanitaire, alors qu'il faut sauver des vies, notre rôle c'est d'agir, c'est d'aider, c'est certainement pas de polémiquer.

0:57
Valérie Pécresse

Au-delà de l'action de Patrick Caram, il y a aujourd'hui une dizaine de plaintes qui ont été annoncées ou déposées, qui visent le gouvernement ou qui visent des ministres devant la Cour de justice de la République. Pour vous, ces plaintes, elles sont justifiées ? Est-ce que l'État a failli ? Est-ce que les ministres ont à s'expliquer ?

1:17
Invité

Moi, je ne rentrerai pas dans cette querelle. Le temps du bilan viendra. Il viendra et il faudra que ce que nous vivons ne se reproduise plus à l'avenir. Mais aujourd'hui, je crois que mon rôle, c'est de me retrousser les manches, c'est de chercher partout dans le monde des masques de protection, du gel hydroalcoolique, des blouses, de permettre de sauver des vies à la petite échelle qui est la mienne, à l'échelle de responsabilité qui est la mienne. La Lille-de-France est dans l'œil du cyclone et c'est pour ça que je me bats. C'est pour ça que je me suis battue pour faire venir des millions de masques. Il y en a 5 millions qui sont arrivés hier.

Ils ont été répartis pour moitié directement aux personnels soignants, hospitaliers, libéraux, aux EHPAD et pour l'autre moitié, aux départements qui gèrent toute l'aide sociale, aux mairies, pour que chaque ville puisse avoir ses masques, sa protection. Et tout cet effort-là, je le fais, je le fais pour sauver des vies. Et aujourd'hui, c'est ça qui doit nous obséder, être tous ensemble, se serrer les coudes pour essayer de limiter les dommages de cette terrible épidémie.

2:18
Valérie Pécresse

Vous avez évoqué la commande de masques par la région. Vous avez annoncé au total, Valérie Pécresse, que vous aviez commandé 20 millions de masques à la Chine. Vous évoquez les livraisons qui ont eu lieu hier. Mais est-ce que toutes les livraisons se passent correctement ? Vous avez, vous aussi, région Île-de-France, vous êtes heurté, vous aussi, à la concurrence et même à la surenchère de pays étrangers au moment du départ de livraison de Chine, de pays étrangers. Les Etats-Unis, pour ne pas les citer, qui auraient surenchéri sur certaines commandes ?

2:43
Invité

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a 10 jours, l'État a autorisé les régions et les collectivités locales à s'approvisionner elles-mêmes. Jusqu'à il y a 10 jours, ça n'était pas autorisé. L'État avait le monopole de la commande. Donc, depuis 10 jours, nous cherchons des masques. Nous cherchons des masques pour pouvoir en donner à toutes les personnes qui, aujourd'hui, remplissent des fonctions essentielles pour notre pays. Elles ont besoin d'être protégées. Et donc, effectivement, c'est une véritable chasse au trésor mondiale qui a lieu en ce moment et tous les pays cherchent des masques.

Donc, oui, nous avions repéré un stock de masques il y a quelques jours, enfin, il y a 10 jours, mais qu'on n'a pas réussi à acheter parce que d'autres ont surenchéri, ont été prêts à payer trois fois le prix du marché pour les avoir. Ce que, évidemment, nous ne pouvons pas faire. Et ils ont payé sans voir la qualité des masques. Ce que moi aussi, je ne peux pas faire parce que... Ce que moi non plus, je ne peux pas faire parce que nous avons l'argent du contribuable dans les mains et nous devons vérifier la qualité des masques qui nous sont livrés.

La chance que j'ai eue, c'est qu'il y a en Ile-de-France une très forte communauté, vous le savez, franco-chinoise et que je les avais beaucoup aidés en janvier lorsqu'ils avaient été frappés par le racisme, par des attaques au moment de l'épidémie de Covid en Chine. Et donc, par reconnaissance, ils m'ont aidé. Ils m'ont aidé à trouver des usines en Chine, les usines fiables, les usines qui nous ont livré 6,5 millions de masques de bonne qualité que j'ai pu répartir depuis dix jours sur tout le territoire régional.

4:15
Présentateur

Valérie Pécresse, on a compris que vous ne vouliez pas forcément polémiquer avec le gouvernement, mais la cellule d'investigation de Radio France révèle ce matin qu'une usine bretonne, rentable pourtant, qui produisait plusieurs millions de masques annuellement, a été fermée il y a plus d'un an. Nos confrères de Mediapart affirment que certaines sociétés comme Airbus auraient bénéficié de passe-droits pour que leur personnel porte des masques au détriment du personnel soignant français qui est en première ligne. Vous n'avez quand même pas l'impression qu'il y a une gestion un petit peu acrobatique de tout ça, voire défaillante ?

4:46
Invité

Moi, j'essaye de rompre ce cercle vicieux de la pénurie de masques. Parce que quand nous aurons des commandes qui arriveront régulièrement, que nous pourrons approvisionner régulièrement toutes les personnes qui aujourd'hui continuent de devoir se déplacer pour aller travailler, nous aurons rompu avec cette crainte qui aujourd'hui, malheureusement, habite tous les Français qui ne sont pas confinés. Alors, il faut agir. Moi, j'ai une bonne nouvelle hier. Et je vais vous la donner parce que je pense qu'il faut aussi qu'on donne les bonnes nouvelles.

J'ai une usine de Seine-et-Marne, une usine à lieu sain, une usine japonaise, Iris Oyama, qui m'a annoncé qu'elle était prête à s'engager à relocaliser une usine, une usine qu'elle a, enfin, un établissement pour fabriquer des masques en France, en Seine-et-Marne, à l'avenir. Et je crois que c'est une extrêmement bonne nouvelle. Alors, c'est intéressant parce qu'ils nous ont dit que pour eux, c'était une prise de risque, parce que contrairement aux Chinois, contrairement aux Japonais, les Français ne portent pas de masque pour se protéger contre la grippe.

Et je leur ai dit que je pensais qu'après l'explosion du Covid, eh bien, les Français allaient changer leurs habitudes sanitaires et que désormais, ils porteraient beaucoup plus fréquemment des masques et que je pouvais m'engager sur le fait que leur usine, qui est le simple entier en Ile-de-France, serait rentable.

6:06
Valérie Pécresse

On sait aussi, Valérie Pécresse, qu'il y a un certain nombre d'usines aujourd'hui qui changent leur chaîne de production pour s'adapter, justement, dans l'urgence et pour produire des masques ou d'autres formes, des blouses, du matériel médical. Est-ce que ces entreprises qui décident de changer leur chaîne de production peuvent se tourner vers la région ? Est-ce que vous avez des aides, une forme de soutien à leur accorder pour les accompagner dans ces mutations qui sont souvent à la fois difficiles et urgentes ?

6:33
Invité

Absolument. Et c'est pour ça que l'entreprise Iris Oyama m'appelait hier pour me parler de son usine de masques. Nous avons mis en place une aide qui peut aller jusqu'à 800 000 euros, qui est une aide en investissement, pour permettre à tout le tissu productif francilien, tous ceux qui doivent transformer leur usine en ce moment pour assurer la sécurité de leurs salariés, mais aussi tous ceux qui veulent s'engager dans l'effort de guerre, la production de masques, la production de gel, la production de blouse, la production de respirateurs, tous les produits qui nous manquent aujourd'hui, eh bien, ils peuvent demander cette aide à la région.

7:09
Présentateur

Valérie Pécresse, notre invitée jusqu'à 9h sur France Info, 8h40, le fil info, Maureen Suignard.

7:15
Locuteur non identifié

Pour le Premier ministre, il s'agit de la priorité numéro 1, lutter contre la pénurie de certains médicaments utilisés dans les services de réanimation. Il existe des tensions très fortes sur certains produits et peu de stocks dans les hôpitaux, dit-il. Un manque de masques également, il y a une chasse au trésor mondial, affirme Valérie Pécresse. La présidente de la région Île-de-France, invitée du 8h30 de France Info, elle annonce que 5 millions de masques ont déjà été livrés hier sur les 20 millions commandés. Jusqu'à un millier de cercueils pourront être déposés à Rungis, dans un hall réfrigéré du marché de région parisienne.

Les pompes funèbres peinent à faire face à l'augmentation du nombre de morts à cause du coronavirus, disposition identique à celle de 2003 pendant la canicule. Les premières dépouilles sont attendues aujourd'hui. Plus de 4 500 personnes sont mortes en France à l'hôpital à cause du Covid-19. 12 000 patients sont aussi sortis de ces établissements en bonne santé. Les aides sociales versées avec deux jours d'avance sur les comptes bancaires de 33 millions de Français, primes d'activité, aide aux logements, RSA ou encore allocations familiales. Par contre, les guichets de la poste resteront fermés. Ceux qui touchent les allocations de cette manière devront attendre lundi.

France Info, et tout est plus clair.

8:24
Présentateur

Le 8h30 France Info avec Valérie Pécresse et Renaud Delis.

8:27
Valérie Pécresse

Oui Valérie Pécresse, on le sait, l'Ile-de-France est aujourd'hui la région la plus touchée par l'épidémie. On a assisté à des transferts de plusieurs dizaines de malades ces derniers jours vers d'autres régions, par exemple vers la Bretagne. Aujourd'hui, les capacités d'accueil en réanimation, bien qu'elles aient été multipliées presque par trois dans la région Ile-de-France, elles sont quasiment saturées. Comment est-ce que vous regardez cette situation ? On attend peut-être le pic de l'épidémie en Ile-de-France en début de semaine prochaine. Et comment se passe notamment la coopération entre le public et le privé ?

Est-ce que les cliniques privées et l'ensemble du secteur privé a bien été mobilisés et participent aussi de cet effort dans une forme de coopération harmonieuse, donc entre l'hôpital public et les cliniques privées ?

9:03
Invité

Absolument. D'après les informations qui me sont données, je crois que les cliniques privées ont dégagé 600 lits pour pouvoir permettre d'étendre les capacités de réanimation de l'Ile-de-France. Et je crois que la coopération est bien meilleure que certains veulent le dire. Et en tout cas, il ne faut pas enfoncer un coin entre l'hôpital public et l'hôpital privé parce que nous avons besoin désormais de tout le monde. Nous avons besoin aussi de renforts à l'hôpital. C'est pour ça que la région a débloqué 18 millions d'euros pour rémunérer des étudiants infirmiers, pour qu'ils puissent venir, 10 000 étudiants infirmiers, renforcer encore les ressources humaines de l'hôpital.

Alors, ce qui est important aussi, c'est de dire que les publics les plus fragiles sont notre priorité. Évidemment, les EHPAD, c'est pour ça que nous les équipons en masque, mais aussi les personnes sans abri, mais aussi les personnes en situation précaire, parce que c'est elles qui peuvent propager le virus malgré elles, et c'est elles auxquelles il faut s'adresser en priorité. C'est pour ça que la région a permis d'installer dans les îles de loisirs, dans les lycées, des centres d'hébergement dans de bonnes conditions, dans des chambres individuelles ou à deux, des personnes sans abri.

10:15
Valérie Pécresse

Combien de places, en l'occurrence, quelle est la capacité d'accueil ?

10:19
Invité

Nous avons déjà ouvert 550 places dans trois îles de loisirs, à Cergy, à Vert et à Moisson-sur-Seine, et nous sommes en train d'ouvrir aussi des lycées. J'étais hier au lycée Guillaume Thirel, lycée hôtelier de Paris, et aussi au lycée Alérea de Montgeron, et puis il y en a un troisième que j'ai oublié. Donc voilà, nous sommes en train d'ouvrir nos lycées pour les transformer en centres d'hébergement pour sans-abri. Et puis nous sommes aussi en train de créer des structures qu'on appelle des centres de desserrement. Qu'est-ce que c'est que des centres de desserrement ?

C'est des lieux dans lesquels on accueille des malades qui sont logés dans des appartements très petits, ou avec des personnes qui présentent des fragilités de santé, qui ne peuvent pas rester chez elles quand elles sont malades. Pour éviter qu'elles soient hospitalisées, nous les accueillons. Nous les accueillons aujourd'hui aux Crêpes de Châtenay-Malabry. Nous avons 180 places dans cet établissement où nous pouvons accueillir des personnes malades pour les protéger et les mettre à l'abri.

11:20
Valérie Pécresse

Vous avez aussi des capacités d'accueil pour des soignants. Vous ouvrez des capacités d'accueil pour des soignants qui doivent demeurer à proximité de l'hôpital ?

11:27
Invité

Absolument. Là aussi, vous le savez, la PHP fait venir des personnels soignants de toute la France. Aujourd'hui, pour renforcer l'hôpital francilien. Et donc, ces personnels doivent être logés. Et donc, nous avons ouvert et nous allons continuer d'ouvrir des lycées pour accueillir les personnels soignants à Paris, bien sûr, mais aussi en très grande couronne. Je pense à l'hôpital de Provins. Nous avons ouvert le lycée de Provins pour les personnels soignants de l'hôpital qui ont parfois deux heures de transport à faire pour qu'ils puissent se reposer, pour qu'ils puissent prendre un peu de repos.

12:01
Valérie Pécresse

On a vu aussi, Valérie Pécresse, que malheureusement, face à l'afflux de décès, la préfecture a décidé de réquisitionner un bâtiment du marché de Rungis pour l'aménager en morgue, pour pouvoir accueillir les personnes décédées. On se souvient d'ailleurs d'avoir assisté aux mêmes scènes lors de la canicule de 2003. Est-ce que la région Île-de-France, pour se préparer au pire, envisage d'aménager d'autres endroits justement à cette fin pour pouvoir accueillir les personnes décédées ?

12:33
Invité

Alors, tout ce qui relève de ces cérémonies funéraires relève évidemment du ministère de l'Intérieur. C'est le ministère de l'Intérieur qui décide. Effectivement, cette réquisition, elle fait écho à ce qui s'était passé au moment de la canicule. et elle nous plonge tous évidemment dans le désarroi. Ce que fait la région, c'est que nous essayons d'accompagner les cultes dans l'organisation des cérémonies funéraires, fournir des masques, fournir des protections pour permettre que tout ça se déroule dans de bonnes conditions parce que c'est évidemment une très grande tristesse de perdre un être cher et de le perdre dans ces conditions quand on ne peut pas l'accompagner.

13:08
Présentateur

Valérie Pécresse, ce sera le thème de notre antenne ouverte sur France Info ce matin entre 9h et 10h. Vous pouvez continuer à poser toutes vos questions au 01 56 40 41 11. Edouard Philippe a indiqué hier soir que le bac ne pourrait donc pas se tenir selon les modalités habituelles. Selon vous, est-ce qu'il faut quand même maintenir la tenue de quelques épreuves finales ou est-ce qu'il faudrait, est-ce qu'il vaudrait mieux se contenter du contrôle continu ?

13:31
Invité

Écoutez, moi je ne suis pas l'autorité sanitaire, je ne suis pas capable de vous dire si en juin les conditions seront réunies pour réaliser un examen qui réunirait à très très grande ampleur des centaines de milliers d'adolescents sur un même site. Donc je crois qu'il faut s'en remettre aux autorités sanitaires pour prendre cette décision. En revanche, si on optait pour un contrôle continu total, je pense qu'il faudrait le faire sur les résultats des deux premiers trimestres. Pourquoi ? Parce que, vous savez, la région s'occupe des lycées, de la gestion des lycées et malheureusement, tous les élèves ne sont pas également équipés.

Nous avions la moitié du lycée de ville de France qui était au 100% numérique, donc la moitié des lycéens de ville de France qui avaient des équipements, des tablettes, des ordinateurs, mais pas forcément l'autre. Et dans l'autre moitié, il y a des élèves défavorisés qu'on a perdus. Entre 8 à 10% des lycéens aujourd'hui ne répondent pas quand leurs professeurs les appellent, ils leur demandent de faire des devoirs, etc. Donc la continuité pédagogique n'est pas totale dans le confinement. Et donc il serait très injuste de juger des élèves sur des notes d'une période de confinement dans laquelle la continuité pédagogique n'a pas été totalement et à 100% assurée pour tous.

14:44
Valérie Pécresse

Justement, depuis le début du confinement, est-ce que la région a été en mesure de combler ce manque ? On sait que toutes les familles n'ont pas forcément un ordinateur ou une tablette pour participer notamment à ces enseignements à distance, aux espaces numériques de travail, les fameuses ENT. Est-ce que vous avez pu essayer de livrer dans l'urgence des tablettes ou des ordinateurs aux élèves qui en sont démunis ?

15:06
Invité

Alors ce dont je me félicite, c'est que vraiment nous ayons pris le tournant du numérique dès l'année dernière au moment de la réforme Blanquer et que nous ayons pris la décision d'équiper tous les lycées qui le souhaitaient en tablette et en ordinateur et 100% des lycées professionnels. Ça veut dire que dans les lycées professionnels, tous les élèves d'Île-de-France ont une tablette numérique pour correspondre avec leurs professeurs. Ça ne suffit pas nécessairement parce que les enseignements professionnels sont des enseignements qui ne sont pas très théoriques, qui sont beaucoup plus pratiques, qu'on fait souvent sur des machines.

Et donc, évidemment, ça ne suffit pas pour la continuité des enseignements, mais c'est déjà un plus. En revanche, la moitié des lycées généraux avaient fait le choix de ne pas passer au numérique cette année parce qu'il y avait la réforme, parce que c'était lourd, parce qu'ils attendaient de voir un petit peu comment ça se passait. Et j'ai beaucoup de regrets parce que dans ces établissements-là, il y a des enfants qui ont besoin de tablettes, qui ont besoin d'ordinateurs. Alors nous sommes en train d'organiser avec les rectorats la collecte de tous les ordinateurs, de toutes les tablettes disponibles pour pouvoir en fournir aux élèves qui n'en ont pas.

Et c'est vraiment une de nos priorités. Par ailleurs, nous avons un environnement numérique de travail, monlycée.net, qui fonctionne très bien et qui permet aujourd'hui, avec plus d'un million de connexions au jour, de faire des classes par vidéoconférence. Et je crois qu'on a mis dessus beaucoup de ressources pédagogiques. Et un laboratoire de langue qui ose, qui permet de s'améliorer en langue pour tous les lycéens qui sont chez eux.

16:30
Présentateur

Encore pas mal de choses à évoquer avec vous jusqu'à 9h. Valérie Pécresse, restez avec nous évidemment sur France Info. On va parler du soutien au PME, des travaux ou encore du pass Navigo dans les prochaines minutes. Maureen Suignard, le fil Info à 9h moins 10.

16:44
Locuteur non identifié

Notre rôle, c'est d'agir, d'aider, certainement pas de polémiques. Et la réaction de Valérie Pécresse ce matin, invitée du 8h30 de France Info, la présidente de la région Île-de-France réagit à la démission du vice-président de la région. Patrick Caram dénonce la gestion de la crise du coronavirus par l'Agence régionale de santé et l'APHP, les hôpitaux de Paris. Pas assez de masques et de tests, il engage une action en justice devant le tribunal administratif contre les deux instances. Le BAC 2020 ne ressemblera pas aux autres. C'est désormais une certitude à cause du coronavirus. Edouard Philippe, favorable au contrôle continu avec peut-être une épreuve sur table.

Le ministre de l'Éducation doit faire les annonces définitives ce matin. Quelle forme prendra le BAC ? Comment organiser les révisions pendant le confinement ? Des questions que vous vous posez peut-être ? On vous répond après 9h. Appelez-nous au 01 56 40 41 11. C'est honteux, c'est lamentable. Les mots de Mélina, une infirmière du CHU de Montpellier. Elle a dû quitter son logement avec sa famille. Coupure d'eau, d'électricité. Les propriétaires vivant aussi dans l'immeuble craignaient d'être contaminés par le coronavirus. Elle porte plainte.

17:48
Présentateur

France Info.

17:51
Valérie Pécresse

Et tout est plus clair.

17:52
Présentateur

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, avec nous sur France Info. La région qui vient en aide au PME. Valérie Pécresse, la culture est un autre secteur sinistré par cette crise. De nombreux festivals, spectacles, concerts sont annulés. On ne va plus au théâtre, on ne va plus au cinéma. Est-ce que les organisateurs peuvent prétendre à une aide d'urgence de la région Île-de-France ?

18:13
Invité

Absolument. Nous avons dégagé un fonds de 10 millions d'euros d'aide d'urgence pour le secteur de la culture. Vous le savez, l'Île-de-France est une très très grande région de culture. Un artiste sur deux français vit en Île-de-France. Donc nous avons besoin de soutenir ce secteur qui n'a pas pu techniquement, physiquement, sanitairement présenter ses spectacles.

Et donc nous allons mettre en place cette aide qui permettra aux troupes, aux lieux, aux compagnies de pouvoir avoir néanmoins les subventions de la région, même si elles n'ont pas pu faire leur spectacle, dès lors qu'il y avait une cause de force majeure qui était cette épidémie terrible qui a obligé à fermer les salles de spectacle.

18:55
Valérie Pécresse

En cette période de confinement, les chantiers aussi sont arrêtés, les chantiers de BTP. Notamment tout ce qui concerne les travaux dans la région francilienne et notamment les travaux liés au transport. On pense aux chantiers EOL, au prolongement de nouvelles lignes de métro. Quelles conséquences va avoir cette période sur ces travaux ? Ils sont tous repoussés, les ouvertures de nouvelles lignes sont repoussées à une date encore indéfinie ?

19:21
Invité

Alors c'est une autre mauvaise nouvelle liée à la pandémie. C'est qu'effectivement tous les travaux sont à l'arrêt, mais pas que les travaux. Aussi toutes les usines, Alstom, Bombardier, Iveco, EIL, qui fournissent nos puces électriques. Donc la modernisation du matériel roulant et les nouvelles lignes et la régénération des lignes existantes, tout ce que les franciliens attendent avec beaucoup d'impatience, tout ce pour quoi je me suis engagée avec force et énergie depuis plusieurs années, va prendre du retard. Il faut savoir que, évidemment, nous ne pouvons pas mettre en danger la vie des salariés, des usines, ni la vie des ouvriers des chantiers.

Et donc il est normal que ces chantiers soient à l'arrêt tant qu'on ne peut pas commencer le déconfinement. Mais ça veut dire que tous les travaux de modernisation de l'île de France vont prendre 3 à 6 mois de retard.

20:13
Présentateur

Puisque vous parlez des transports, Valérie Pécresse, vous avez annoncé le remboursement du pass Navigo, qui est, pour les gens qui nous écoutent hors de Paris, l'abonnement pour pouvoir prendre les transports dans la région. Vous avez annoncé le remboursement pour le mois d'avril. Est-ce qu'il ne valait pas mieux rembourser celui de mars, sachant que le confinement est entré en vigueur le 17 mars, et que peu de personnes, sans doute, avaient prévu d'acheter leur pass pour le mois qui vient ?

20:36
Invité

Vous savez, c'est un geste d'une très grande générosité de la part d'Île-de-France Mobilité, l'autorité organisatrice des transports que je préside, puisque nous nous apprêtons à avoir près d'un milliard d'euros de pertes de recettes ce mois-ci. Un milliard d'euros, parce que les entreprises ne payeront pas leur versement de transport, parce qu'il n'y a plus que 500 000 voyageurs dans les transports en commun en Île-de-France, là où d'habitude il y en a 5 millions. Donc nous allons avoir un milliard de pertes. Mais nous voulions faire ce geste de remboursement du mois d'avril pour quoi ?

D'abord pour les 500 000 Franciliens qui continuent de prendre les transports pour assurer les fonctions essentielles du pays. C'est un geste de reconnaissance vis-à-vis d'eux. C'est aussi un petit coup de pouce de pouvoir d'achat, parce qu'ils auront 50 % de remboursement employeur. Et puis nous voulions rembourser le pass annuel, le pass annuel de tous ceux qui aujourd'hui sont en télétravail, sont en chômage partiel, au chômage, ou ont dû arrêter leur activité, parce que eux c'est totalement injuste, ils ont payé un abonnement annuel, et ils ne vont pas pouvoir l'utiliser au mois d'avril. Donc oui, nous avons fait ce geste.

21:41
Valérie Pécresse

Mais pas le mois de mars. Le mois de mars, lui, ne sera pas remboursé.

21:46
Invité

Rien ne nous obligeait à faire ce geste. Nous le faisons par solidarité, par générosité, parce que nous pensons à tous ceux qui aujourd'hui sont frappés, et économiquement frappés chez eux, et nous voulons faire ce geste pour eux.

21:59
Valérie Pécresse

Édouard Philippe a indiqué que le déconfinement, qui est encore lointain, puisque le confinement annoncé pour l'instant jusqu'au 15 avril sera probablement prolongé au-delà, mais ce déconfinement ne se fera visiblement que de façon progressive, soit région par région, soit par catégorie d'âge. Est-ce que vous souhaitez, comme certains parlementaires de l'opposition, qu'il y ait un grand débat, justement, y compris un débat parlementaire, d'ailleurs, pour que tout le monde participe à cette décision du déconfinement encore lointain et progressif ?

22:31
Invité

Moi, je crois qu'il faut que le gouvernement assume une très grande transparence sur ses décisions, et aussi sur la réflexion qui le conduit à décider que telle ou telle catégorie vont pouvoir être déconfinée. Je pense que c'est important d'informer le Parlement, je pense que c'est important, d'avoir cette discussion avec les parlementaires. Néanmoins, là aussi, je pense que nous ne sommes pas des experts, nous ne sommes pas des experts en sécurité sanitaire, nous les politiques. Donc, c'est évidemment au gouvernement de nous expliquer quelles sont ces hypothèses et pourquoi il souhaite permettre le retour à la normale dans telle région ou pour telle catégorie de population.

Moi, ce que je sais, c'est en tout cas qu'il faudra protéger beaucoup l'île de France, et notamment les plus fragiles des Franciliens, parce que nous sommes extrêmement touchés.

23:17
Présentateur

Une décision sur le second tour des municipales, Valérie Pécresse, doit être prise normalement le 23 mai. On a d'abord évoqué le 21 juin, Emmanuel Macron a évoqué octobre. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous pensez que ce scrutin peut encore être organisé dès le mois de juin avant les vacances ?

23:35
Invité

Écoutez, là encore, je n'en sais rien. C'est aux autorités sanitaires de nous le dire. Et là encore, pour moi, le sujet est vraiment uniquement sanitaire et ne doit pas être politisé en aucune manière, ni par le gouvernement, ni par quiconque.

23:49
Valérie Pécresse

Quand vous dites aujourd'hui, effectivement, sur ces différentes questions, que c'est aux autorités sanitaires de vous le dire, ça veut dire qu'aujourd'hui, ce sont les médecins qui gouvernent en quelque sorte, Valérie Pécresse ?

23:57
Invité

Non, mais je crois qu'aujourd'hui, il y a des responsabilités à assumer, il y a des décisions à prendre. Vous savez, moi, je n'étais pas favorable au maintien du premier tour des municipales. Quand j'ai entendu le Premier ministre dire à la télévision que ce dimanche-là, nous n'aurions pas le droit d'aller au restaurant, nous n'aurions pas le droit d'aller dans des magasins. Mais qu'en revanche, nous aurions la possibilité d'aller voter, ça m'avait semblé qu'il y avait une contradiction et je l'ai soulevé. Voilà. Donc, effectivement, il y a des décisions politiques au vu des avis des experts qui doivent être prises.

Et je pense que la décision politique doit faire vraiment valoir le principe de précaution maximum.

24:37
Présentateur

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, merci d'avoir répondu à France Info ce matin. Merci.

Chasse aux masques, inéquité numérique pour les élèves confinés, rémunération des élèves infirmiers... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse — Valérie Pécresse · Pourquijevote