Crop tops, Bridgestone, insécurité... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse
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Merci d'être avec nous sur France Info. Vous êtes passée ces derniers jours devant des laboratoires qui pratiquent les tests de dépistage ?
Non seulement j'ai travaillé avec ces laboratoires, mais en plus, comme il y a une immense demande sociale de tests, la région, pour garantir l'égal accès de tous les Franciliens aux tests, a affrété des camions de tests qui maintenant vont dans les villes et les villages, notamment dans le rural, mais aussi dans les quartiers populaires, pour réaliser les tests au plus près des habitants, donc des camions de la région Île-de-France. On a fait à peu près 6 000 tests dans 30 villes.
Égal accès, ça veut dire que vous ne souhaitez pas qu'on rende certains dépistages plus prioritaires que d'autres ?
Non, ça veut dire que dans les villes où il n'y a pas de laboratoire, ce que je veux, c'est qu'on n'ait pas à faire 40 km pour aller ensuite faire la queue des heures, parce qu'il n'y a pas de laboratoire dans la ville. Le sujet du laboratoire, on le voit bien, est un goulet d'étranglement aujourd'hui. Les laboratoires sont submergés et je me demande d'ailleurs si le gouvernement ne devrait pas organiser une mise en réseau des laboratoires en France, c'est-à-dire permettre que des laboratoires qui ne sont pas dans des territoires rouges puissent effectuer, s'ils ne sont pas débordés, des tests pour les zones qui, elles, sont complètement sous tension.
Un peu comme on avait transféré les malades au pic de l'épidémie vers les hôpitaux qui n'étaient pas en tension.
Absolument, mettre les laboratoires en réseau, comme on l'avait fait avec les hôpitaux au pire moment de la pandémie, on voit bien qu'aujourd'hui le sujet c'est le délai d'obtention des tests. Et j'ai un deuxième demande à faire au gouvernement, c'est qu'on accélère la mise sur le marché des tests salivaires, les tests rapides. Je sais que des tests sont aujourd'hui testés en laboratoire, qui donnent des très bons résultats, mais vous le savez, la mise sur le marché, l'approbation administrative de ces tests prend du temps, il faut accélérer pour avoir des réponses beaucoup plus rapides.
Mais Valérie Pécresse, est-ce qu'on ne teste pas trop et n'importe comment ?
Le sujet, je l'ai vu sur le terrain, puisque je me suis rendu pour voir comment ça se passait dans ces camions de tests, c'est que c'est très difficile aujourd'hui de dire à des personnes qui se sentent malades, qui se sentent menacées, qu'elles ne sont pas prioritaires. Donc on a essayé de faire des files d'attente avec des personnes qui sont avec des symptômes, qui sont cas contact, c'est très compliqué. Donc il faut accueillir tout le monde, mais mieux s'organiser ? Il faut effectivement aiguiller les personnes prioritaires et les faire passer en premier, ça c'est une évidence. Mais pardon, je vais vous prendre un exemple. Pour voyager, il faut des tests.
Il faut réaliser des tests dans les 72 heures. Est-ce que ces personnes sont prioritaires par rapport à celles qui sont malades ? Je pense que celles qui sont malades sont prioritaires.
Un mot sur la rentrée scolaire. 80 établissements et un peu plus de 2100 classes sont fermées à cause du Covid-19 en France. On en a combien en Ile-de-France ?
En Ile-de-France, nous avons 370 classes aujourd'hui fermées. Et nous avons un seul lycée, puisque vous savez que la région est responsable des lycées, et un seul lycée est fermé, le lycée Thibault-de-Champagne à Provins. Mais vous savez que nous nous sommes préparés, en tout cas la région s'est préparée, à cette perspective dès l'été dernier, puisque nous avons commandé des ordinateurs.
Et nous avons été en mesure de mettre à disposition de chaque lycéen qui rentre en seconde, un ordinateur, de façon à ce que la fracture numérique, qui s'est révélée absolument dramatique pendant le confinement, et qui a créé des inégalités scolaires sans précédent, et bien que cette fracture soit complètement effacée dans les lycées d'Ile-de-France.
Vous diriez que pour l'instant la rentrée se passe bien dans les lycées ?
Je dirais qu'elle se passe sous tension, parce que le Covid c'est une immense tension. Il y a une mobilisation des agents et des enseignants qui est assez exceptionnelle. Mais la vérité c'est que nous ne nous sommes pas dotés suffisamment en amont des outils qui permettent de faire face. Je vous le dis, les outils numériques aujourd'hui sont absolument indispensables. Le téléenseignement est absolument indispensable. Ça va aussi avec la formation des enseignants, pour qu'ils puissent faire des classes virtuelles. Imaginez un jeune qui est cas contact, parce que ses parents sont malades, ses frères et soeurs sont malades. Il va rester huit jours à la maison.
Il faut qu'il puisse avoir la continuité pédagogique, il faut que les professeurs puissent accepter ces classes virtuelles.
On parle de l'école des lycées, vous avez sans doute vu la journée d'action organisée par des jeunes filles. Qui demandent à pouvoir s'habiller comme elles veulent dans les établissements. Certaines ont été refusées parce qu'elles n'étaient pas habillées convenablement. Vous les soutenez ces jeunes filles ?
Ce que je dis c'est que l'école ce n'est pas comme on veut. L'école ce n'est pas comme on veut. Alors c'est comment ? Non mais parce qu'il y a des jeunes filles qui veulent s'habiller pudiquement. Il y a des jeunes filles qui revendiquent de s'habiller de manière plus provocante. Il peut y avoir un milieu entre les deux. Et puis surtout je crois qu'aujourd'hui il faut que l'école nous rassemble et pas qu'elle nous divise.
Jean-Michel Blanquer dit qu'il faut s'habiller normalement. C'est quoi s'habiller normalement ?
C'est très simple. Moi j'adore les crop tops mais on ne va pas au lycée.
Crop tops sont les petits hauts qui remontent et qui laissent apparaître le nombril.
C'est très mignon les crop tops mais on ne va pas à l'école pour montrer son nombril. Donc il y a un juste milieu. On ne met pas de mini-jupe. Alors mini-jupe là encore c'est pareil. Je pense que chaque jeune fille est capable d'apprécier quelle est la bonne longueur.
Un nombril à l'air c'est de la provocation ?
Je le dis on ne va pas à l'école pour montrer son nombril. Et ce n'est pas parce que je n'aime pas les crop tops mais on peut les mettre en dehors de l'école. Donc il faut réussir à avoir une tenue qui soit une tenue effectivement normale. Mais ça c'est du bon sens et je crois que les équipes pédagogiques peuvent l'apprécier.
Valérie Pécresse, vous gérez les lycées, vous gérez également les transports en commun en Ile-de-France. Quelle est la proportion de franciliens qui les prend à nouveau ? Les métros, les RER et tous les trains de banlieue ?
On a aujourd'hui à peu près deux tiers des passagers qui sont revenus dans les transports en commun.
C'est trop ?
Non c'est très bien. Il faut bloquer à ce niveau là ? Non c'est ce qu'il faut. C'est-à-dire qu'en fait ça correspond et c'est ça à mon avis un bon équilibre à trouver. à un ou deux jours de télétravail pour tous ceux qui peuvent continuer à télétravailler. Donc il faut continuer le télétravail. Pas trop non plus. Ça dépend des entreprises évidemment. Mais il faut faire attention parce qu'il y a des salariés qui ne supportent pas de subir du télétravail trop longtemps chez eux et qui n'ont pas forcément les moyens de bien travailler chez eux. Donc ça correspond à une dose de télétravail.
Ça correspond aussi, et on est en train de signer, on a signé trois accords au lissage des heures de pointe. Le lissage des heures de pointe c'est quand les entreprises s'engagent à ce que les salariés puissent arriver plus tôt ou plus tard le matin. Pour éviter... Troisième accord signé par la région Île-de-France avec la Défense, avec toutes les entreprises de pleine commune. Vous savez la ligne 13, la fameuse ligne 13 qui est très congestionnée. et les entreprises d'Evry, Courcouronne, vers lesquelles on va souvent en voiture ou en RERD. Donc il faut ces accords.
Il faut que les entreprises soient des partenaires pour éviter la congestion des transports et permettre qu'on les prenne en sérénité.
Le lissage des horaires, ça concerne combien de salariés ? Les accords que vous avez signés ?
Normalement toutes les entreprises d'Île-de-France ont signé la charte pour, avec et les partenaires sociaux, avec l'État, la région, de façon à ce qu'on s'engage à des bonnes pratiques. Vous savez que j'avais demandé au moment du déconfinement une attestation employeur où l'employeur s'engageait et où on mettait les horaires d'arrivée. Et c'était pour sensibiliser les employeurs. Si les salariés peuvent arriver un jour plus tôt, c'est-à-dire vers 7h, 7h30, un autre jour plus tard, vers 9h30, 10h, ça désengorge tout et ça permet d'avoir des transports où on se sent en sécurité.
Vous avez la certitude qu'avec deux tirs de passagers, aujourd'hui il n'y a pas de cluster dans les transports ?
Alors, ce que disent les autorités sanitaires aujourd'hui, c'est qu'effectivement on est en sécurité dans les transports si on porte son masque. Et moi j'appelle vraiment...
Les distances de sécurité sont régulièrement bafouées dans les transports en commun.
Oui, mais justement, c'est pour ça qu'on met le masque. Le masque est là... Et normalement c'est les deux. Non, non, non, non, non. Le masque est là. Aujourd'hui, les autorités sanitaires nous disent que le masque doit être porté systématiquement quand les distances de sécurité ne peuvent pas être respectées. C'est ça la recommandation des autorités sanitaires. J'ajoute qu'on a triplé la désinfection et le nettoyage des transports. Et vraiment, la RATP, les opérateurs, la SNCF font un travail très titanesque pour vraiment nettoyer, désinfecter. Et par ailleurs, il faut se laver les mains systématiquement et se désinfecter les mains dès qu'on sort des transports.
Et à ces conditions-là, nous avons les normes les plus strictes au niveau mondial.
C'est la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, qui est avec nous jusqu'à 9h sur France Info, 8h41. Stéphane Milhomme pour le Fil Info.
Edouard Philippe se pose en capitaine face à la tempête en réunion électorale près du Havre. L'ancien Premier ministre redoute face au coronavirus. Une tempête économique, sanitaire, peut-être une tempête sociale. Les temps qui viennent, dit-il, vont être difficiles. Tout le secteur de Béthune est sonné après cette annonce. Hier, Bridgestone ferme son usine de pneus dans cette commune de 2500 habitants. La fin de plus de 863 emplois directs. Agnès Pannier-Runacher, ministre en charge de l'industrie, essaye de provoquer une réunion lundi prochain avec les dirigeants de cette entreprise. Première grève de la rentrée, mouvement interprofessionnel.
Quatre syndicats appellent à cesser le travail aujourd'hui. Les revendications portent sur les salaires, mais aussi l'abandon de la réforme des retraites et de l'assurance chômage. La SNCF attend quelques perturbations de trains régionaux, mais aucune incidence en Ile-de-France sur le réseau de la RATP. Et puis, on revoit la Savoie, direction la Haute-Savoie pour le Tour de France, avec cette 18e étape de 175 km entre Méribel et la Roche-sur-Foron. Le Slovène, Primoz Roglic, a bien défendu son maillot jaune hier sur la pente impressionnante du col de la Lose. Victoire d'étape pour le Colombien, Miguel Angel Lopez. Et Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, est avec nous.
Des bandes de jeunes qui s'affrontent à coups de tirs de mortier dans le 19e arrondissement de Paris. À Saint-Ouen, deux jeunes de 25 et 17 ans ont été abattus dans une cave dans une cité. Pour l'instant, l'hypothèse d'un règlement de compte sur fonds de trafic de drogue est privilégiée. Est-ce que vous diriez aujourd'hui qu'on est dans l'ultra-violence, Valérie Pécresse ?
Cette guerre des bandes dans le nord-est de Paris, ça fait des années que ça dure. Le trafic de drogue à Saint-Ouen, ça fait des années que ça dure.
On n'a pas passé un cap, là.
C'est des phénomènes qu'on connaît, c'est des phénomènes qu'on dénonce, j'allais dire, en vain depuis des années. Moi, ce que je constate, c'est que la sanction, les sanctions ne sont pas efficaces aujourd'hui. On a une justice qui est engorgée. On ne se donne pas les moyens de réussir à trouver des mesures qui dissuadent. Sur les guerres de bandes dans le 19e, l'année dernière, j'étais reçue par l'association des mamans, parce qu'elles ont fait des victimes des morts, des jeunes adolescents qui ont perdu la vie. Les mamans se sont mobilisées, je les ai fait intervenir dans les lycées pour faire de la prévention.
La prévention, c'est indispensable, mais la sanction, c'est aussi indispensable.
Ça veut dire que les sanctions ne sont pas appliquées ou qu'elles ne sont pas assez dures ?
Elles ne sont pas efficaces. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, on n'a pas grand-chose entre le rappel à la loi et l'incarcération. Qui plus est, incarcérer des mineurs dans des prisons pour adultes, c'est l'école du crime. Ça va faire de la chair à canon pour les caïds. Donc il faut réinventer toute une hiérarchie des sanctions.
Il faut quoi ? Des travaux d'intérêt général ?
Exactement, les travaux d'intérêt général, on en parle depuis combien de temps ? On en parle, on en parle, on en parle. Il faut qu'on les fasse. Et il faut qu'on les fasse, y compris quand les jeunes ont moins de 16 ans. Parce que le sujet, c'est comme il y a le mot travail, on appelle ça mesure éducative. Il faut qu'on fasse des travaux d'intérêt général pour tous les jeunes, tout de suite, rapidement. Le problème, c'est quand ils sont prononcés, le temps qu'ils soient exécutés, il se passe neuf mois. On a un sentiment généralisé d'impunité dans la jeunesse. Et si on commence à 14, 15 ans par se sentir impuni, par se sentir tout puissant, on ne va que crescendo monter.
On connaît ces phénomènes. Alors pourquoi on n'agit pas ? Travail d'intérêt général, bien sûr, exclusion des lycées. Parce que nous, dans nos lycées, on a une ultra-violence qui se banalise. C'est ça la réalité de l'île de France. J'ai été obligée de créer des brigades régionales de sécurité pour intervenir dans les lycées. L'année dernière, elles ont effectué 200 interventions dans plus de 100 lycées. C'est des intrusions, c'est des insultes aux profs, c'est des agarades à la sortie. Qu'est-ce qu'on fait des élèves après si on les exclut ? Alors justement, très bonne question. On ne peut pas les exclure et les laisser tenir les murs dans leur quartier. Donc il faut des classes-relais.
Il faut des classes-relais pour les élèves difficiles. Et il faut que ces classes-relais soient assumées comme telles et qu'elles soient en dehors des établissements. Et par ailleurs, il faut, pour les calais plus graves, pour ceux qui commettent l'irréparable, des violences extrêmement graves, il faut des centres fermés pour mineurs et pas les mettre dans des prisons pour adultes. Donc il faut repenser entièrement, comme dirait le ministre de la Justice, la chaîne pénale. Parce que la chaîne pénale, elle a un maillon à la fin qui s'appelle la sanction.
Un mot Valérie Pécresse d'un dossier social qui ne concerne pas la région Île-de-France mais la région Hauts-de-France. La fermeture annoncée de l'usine Bridgestone de Béthune, près de 900 emplois supprimés. Hier, les salariés l'ont appris dans une vidéo par leur direction japonaise, la direction japonaise de Bridgestone. Que peut faire l'État dans un dossier comme celui-ci ? Est-ce que c'est la loi du marché ? On ferme et on essaye simplement d'atténuer les effets. Ou est-ce qu'il y a un pouvoir politique dans ce genre de dossier qui peut faire quelque chose ?
Je suis très inquiète parce que je vois s'amonceler les plans sociaux. Et effectivement, à côté d'entreprises qui, contraintes de licencier, prennent énormément de mesures pour atténuer le choc pour les salariés, il y a d'autres mesures, d'autres entreprises qui ont pris les subventions, qui ferment brutalement et qui mettent la clé sous la porte. Et ça, c'est juste inacceptable. Donc, il faut accompagner cette période qui va être extrêmement dure et dans laquelle les plus grandes entreprises françaises vont supprimer les emplois.
L'État signe des chèques simplement pour atténuer la facture ?
L'État et les régions d'ailleurs, puisqu'on est complètement la main dans la main dans la gestion de ce genre de crise, on doit travailler sur la reconversion des salariés. Mais dans le cas des entreprises qui seraient vraiment des entreprises voyous, c'est-à-dire des entreprises qui auraient pris les subventions et qui mettraient la clé sous la porte, il faut aller récupérer les subventions. Il faut que l'État les attaque et il faut qu'on ait des mesures de rétorsion très fortes.
Ça vous semble être le cas de Bridgestone ? Vous dites entreprise voyou, l'entreprise avait touché 1,8 million de CICE, légalement évidemment, en 2018, d'après les syndicats. La même chose en 2019.
Je ne connais pas le cas de Bridgestone, mais ce que je sais, c'est que les entreprises ont aussi un devoir moral dans cette crise et qu'on ne peut pas plonger des milliers de personnes dans la détresse sans faire vraiment l'effort de réindustrialiser la zone.
Valérie Pécresse, un tout autre sujet. Hier, vous avez ouvert la COP Région Île-de-France, une conférence qui a pour objectif de dresser un bilan des enjeux environnementaux de l'Île-de-France et d'apporter des solutions concrètes. Quelles sont ces solutions concrètes ? Qu'est-ce qui va en sortir ?
Alors, l'idée, c'est que nous marquions l'acte 2 du plan de relance. Finalement, l'économie française est à terre. C'est peut-être le bon moment pour faire une relance vraiment écologique. C'est-à-dire s'appuyer sur toutes les innovations que nous avons pour que la reconstruction de la France post-Covid soit une reconstruction écologique. Alors, je vous donne des exemples, mais par exemple, nous allons déployer toutes sortes de nouvelles technologies pour faire en sorte que nos transports soient complètement décarbonés. On va aller sur les bus à hydrogène. On va automatiser les lignes de RER et de métro.
Et tout ça donnera du travail, évidemment, à nos entreprises et des nouveaux marchés à nos entreprises. Notre objectif, c'est une région zéro émission nette. Et comme nous voulons une écologie positive et sociale, on va travailler aussi sur comment aider les Franciliens à avoir un comportement, à être écologistes. Et donc, par exemple, on voudrait développer une filière industrielle du rétrofit des véhicules thermiques. C'est quoi la rétrofit ?
Alors, le rétrofit, c'est le changement de... On change son moteur thermique pour passer à l'électrique, c'est ça ?
En fait, aujourd'hui, quand vous avez une voiture qui pollue, une vieille voiture qui pollue, vous n'avez qu'une seule possibilité, c'est d'en racheter une neuve avec des aides de l'État. Nous, on propose... Ça coûte très cher quand même. Et il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas s'acheter cette voiture malgré les aides. Nous, ce qu'on propose, c'est le rétrofit. Ce serait 2500 euros d'aide pour que des personnes qui ont une voiture de plus de 5 ans puissent changer juste le moteur.
Pour passer au moteur électrique ?
Pour passer au moteur électrique. Alors, aujourd'hui, cette filière de rétrofit, elle est chère. On dit entre 10 000 et 15 000 euros. Donc, c'est trop cher. Mais ce que nous disent les industriels, c'est si vous nous aidez, si vous nous apportez du marché, eh bien, pour une Clio, ça pourrait coûter 5000 euros seulement à la fin. Une fois qu'on aura industrialisé le process, de rétrofiter la Clio. Et donc, nous, on donnerait 2500 euros. Donc, la moitié. Et l'idée, ce serait qu'on puisse faire de l'écologie sociale. Vous voyez, c'est que des personnes qui ne peuvent pas acheter une Clio neuve puissent avoir une Clio électrique quand même. Et donc, on va travailler là-dessus.
On va travailler aussi sur le rétrofit des vélos. Aujourd'hui, pour acheter un vélo électrique, vous savez que la région a donné une prime de 500 euros. Mais un vélo électrique, c'est quand même 1500 euros. Donc, on est quand même dans des... Donc, ça reste cher aussi. Ça reste très cher.
Il y en a des nettement moins chers que ça. Pardon, Valérie Péquer. C'est des vélos électriques. Il y en a des moins chers que ça. Il y en a, oui. Les premiers prix chez Decathlon, les premiers prix... Vous l'avez fait. Les premiers prix... C'est 600 euros.
Non, non, attendez. Si vous achetez un vélo électrique à 600 euros, il ne va pas durer longtemps, M. Fauvel. Donc, moi, je ne vous inviterai pas à acheter un vélo électrique à 600 euros. Pour les premiers prix à Decathlon, les premiers prix, ça doit être 800-900 euros pour un vélo qui va durer. Mais les vrais, beaux vélos électriques, ceux qui font de la distance, ceux qui permettent aux habitants de la Grande Couronne d'aller faire leur trajet jusqu'à la gare, ceux-là, ils sont plus près de 1200-1500 euros. Croyez-moi, on a fait une étude de marché. C'est pour ça qu'on a mis la prime à 500 euros.
Mais, en revanche, rétrofiter un vélo normal en le transformant en vélo électrique, nous attendons que l'État homologue ces procédés de rétrofitage parce que là, à ce moment-là, on pourrait subventionner et pour quelques centaines d'euros, on pourrait avoir un vélo électrique neuf.
Vous restez avec nous, Valérie Pécret, spécialiste en prix des vélos électriques et présidente de la région.
Très volontaire pour décarboner sa région.
Le final pour 8h52, Stéphane Milhomme.
Et Olivier Véran reprend ses séances d'explication. Une nécessité pour le ministre de la Santé face à la recrudescence de cas de coronavirus en France. Il entend répondre cette fin d'après-midi à l'inquiétude des Français, expliquer sa stratégie. Après Lille, Marseille, Bordeaux, Olivier Véran va dresser la liste des territoires qui doivent se préparer à un durcissement des contraintes. Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances, parle d'une décision révoltante de Bridgestone au lendemain de l'annonce de la fermeture de l'usine de pneus de Béthune. La fin de 863 emplois directs. Le gouvernement est en train de monter une réunion d'explication pour lundi.
Demandez des comptes aux dirigeants de ce groupe japonais. Après les attaques de Paris, retour ce matin sur celle de Montrouge en janvier 2015 devant la cour d'assises spéciales de Paris. Évocation de la mort de Clarissa Jean-Philippe. C'est cette jeune policière municipale de 27 ans, tuée par Amédie Koulibaly. Sa mère sera présente à la barre, usée par la souffrance et l'absence de sa fille. Et puis, première victoire de la saison pour le PSG, 1-0 face à Metz. Les footballeurs parisiens, surtout, n'ont pas échappé aux sanctions de la commission de discipline de la Ligue après les incidents de dimanche dernier face à l'OM. Dommage de suspension ferme pour Neymar.
L'enquête se poursuit pour le Marseillais. Alvaro accusait, lui, de racisme.
France Info.
Valérie Pécresse, vous avez hâte de passer à la 5G ?
Je voudrais qu'on accélère effectivement le déploiement de la 5G, mais je voudrais aussi rassurer. Et je pense que l'État devrait demander à l'Organisation mondiale de la santé de faire une étude, comme elle l'avait fait au moment de la 4G, pour rassurer les Français. Parce qu'on ne peut pas construire une nouvelle technologie qui va se déployer désormais dans le monde entier. On ne peut pas construire une nouvelle technologie sans avoir des vraies recherches sur sa toxicité et ses effets sur la santé. Donc, je pense qu'il faut accélérer et rassurer.
C'est un peu paradoxal. Il y a une étude de l'ANSES en France, l'agence de sécurité sanitaire, qui doit être publiée au premier trimestre 2021. Si on demande à l'OMS de refaire une étude, on en reprend pour un mot de temps.
L'OMS, ce que doit faire l'OMS, c'est compiler toutes les études qui sont faites dans le monde. Il y a celles de l'ANSES, mais il y a celles qui ont été faites aux États-Unis, il y a celles qui ont été faites dans plein d'autres pays. Donc, compiler l'OMS et émettre des recommandations qui soient des recommandations consensuelles et mondiales. Pourquoi je dis mondiales ? Parce qu'il faut qu'on arrête de se mettre des balles dans le pied avec des réglementations franco-françaises qui, après, mettent des boulets au pied de nos propres industriels, ayant une recommandation mondiale sur la 5G. Donc, pas de référendum, comme le demande l'insoumis François Ruffin.
Mais comment voulez-vous faire un référendum ? Vous êtes scientifique ? Les Français sont scientifiques ? Depuis quand est-ce que...
Les Français n'étaient pas constitutionnalistes, on leur a demandé de voter sur la Constitution européenne.
En 2005. Et ça n'a rien à voir. La Constitution européenne, c'est comment on veut être gouverné. On a le droit d'avoir un avis sur comment on veut être gouverné. Moi, je suis absolument incapable de vous dire quels sont les effets toxiques de tel ou tel produit. C'est aux chercheurs de le faire. Vous savez, il faut qu'on arrête de ne plus respecter la recherche, de ne plus respecter le travail des chercheurs. On a des personnes qui passent leur vie à étudier des phénomènes. On a des médecins. Voilà. Il faut qu'on leur fasse confiance.
Valérie Pécresse, Xavier Bertrand dit que les régionales, les prochaines élections régionales, ce seront sa primaire à lui. Est-ce que vous avez la même vision ? Vous serez candidate à la présidentielle si vous gagnez les régionales en mars 2021 ?
D'abord, aujourd'hui, je suis présidente de région et vous avez compris qu'entre l'urgence Covid, le plan de relance et tout ce que nous avons à faire pour lutter contre toutes les fractures sociales, territoriales qui sont en train de s'accroître dans le pays, j'ai autre chose à faire que de penser au temps des élections.
Vous confirmez votre candidature à votre réélection ?
Je ne confirme ni n'infirme rien. Aujourd'hui, le temps des élections n'est pas venu. Aujourd'hui, c'est le temps de l'action. Aujourd'hui, c'est le temps de l'action. Vous croyez que quand je présente 190 mesures pour transformer ma région et relancer l'économie de manière écologique, j'ai le temps de m'occuper d'une élection qui sera dans un temps infini. Parce que malheureusement, la crise, elle fait que chaque jour est quasiment l'espace d'une vie. Vous pourriez ne pas être candidate au régional dans six mois ? Écoutez, M. Fauvel, je ne sais pas comment vous le dire. Le temps des élections viendra. Aujourd'hui, c'est le temps de l'action. Eh bien, c'est dans six mois.
Vous me reposerez la question. Je vous jure qu'un jour, je vous répondrai.
On vous pose la question parce que vous avez dit lors de votre discours de rentrée, le temps est peut-être venu de faire entendre la voix d'une femme libre. Vous parliez de quoi ? Des présidentielles ?
Ou alors, ce n'était pas vous. Mais par exemple, sur l'écologie, je revendique une voix totalement libre de vouloir faire une région qui soit zéro émission nette, zéro artificialisation nette, totalement circulaire. Des mots qu'on n'a peut-être jamais entendus dans la bouche d'une femme de droite.
Si Xavier Bertrand est candidat à l'élection présidentielle, vous pourriez le soutenir ?
Mais écoutez, on verra. Et pour l'instant, le temps des présidentielles n'est absolument pas venu. Et je comprends que ça obsède les journalistes, mais je vous assure que ce qui obsède les Français, c'est comment ils vont se débrouiller pour boucler leur fin de mois, comment leurs enfants vont apprendre à l'école, et comment ils vont faire demain face à leur emploi.
Il y a une femme qui fait un petit pas, en tout cas, vers une éventuelle candidateur à la présidentielle. C'est quelqu'un que vous connaissez bien. C'est la maire socialiste d'Anne Hidalgo qui dit à nos confrères du point, je prendrai toute ma part dans le combat. Qui s'annonce, elle ferait une bonne candidate.
Aujourd'hui, nous sommes investis pour nos villes. Moi, je crois qu'à Paris, la maire de Paris devrait d'abord s'occuper des bornes de l'Est parisien, devrait s'occuper de la propreté, devrait s'occuper aussi de savoir comment est-ce qu'on concilie les bus et les vélos dans sa belle ville, comment on aide les banlieusards à pénétrer dans Paris malgré les embouteillages. Enfin, plein de sujets qui concernent la ville de Paris dans lesquels il y a vraiment de l'énergie à mettre.
Merci Valérie Pécresse. Bonne journée à vous dans 2 minutes, le journal sur France Info.
Valérie Pécresse