Procès en appel du RN : «Les débats politiques ne doivent pas être tranchés dans les prétoires», selon Laurent Wauquiez
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Europe 1. Interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari. Et notre invité ce matin dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Laurent Wauquiez. Bonjour à vous. Bonjour. Président du groupe de la droite républicaine à l'Assemblée nationale et député de Haute-Loire. C'est aujourd'hui, Laurent Wauquiez, que Marine Le Pen connaîtra la décision de justice de la Cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants du RN au Parlement européen. Elle risque une peine d'emprisonnement, d'inéligibilité, à l'on sait ne pas vouloir se présenter si elle était mise sous bracelet électronique.
Est-ce que vous jugez, anormal, que la favorite des sondages, en tout cas jusqu'à présent, soit empêchée de se présenter à l'élection présidentielle ?
D'abord, moi, et le mot que vous avez utilisé est intéressant, je n'ai pas à juger. Je ne suis pas juge. Par contre, j'ai un point de vue politique à exprimer. En tant que politique, je ne souhaite pas que les débats politiques soient tranchés dans les prétoires. Je considère qu'ils doivent être tranchés dans les urnes. Et je l'ai vu par le passé. Des combats politiques qui, en fait, utilisent la justice, parfois l'instrumentalisent. On tire des arguments.
Vous parlez de l'affaire Fillon ?
Oui, par exemple. Moi, je n'ai pas oublié que notre candidat à la présidentielle a été tué en partie par ça. Et donc, je n'ai pas envie de ça. Je le redis, mais c'est un jugement politique. Ce n'est pas une opinion sur la justice. En tant que politique, je considère que les débats politiques doivent être tranchés sur le terrain politique et pas sur le terrain judiciaire.
Et pour autant, la justice doit passer ? Dans tous les cas de figure, personne n'est au-dessus ni au-dessous de la loi ?
Oui, c'est pour ça d'ailleurs que, quand je vous dis ça, je ne commande pas une décision de justice qu'on connaîtra dans la journée. Je dis juste, je pense que le politique, lui, le débat politique, lui, ce n'est pas la justice qui le tranche, c'est nos idées, c'est ceux qui nous écoutent, c'est le jugement que se font les Français. Et je pense que c'est le principe sain d'une démocratie.
Donc, ce serait aux Français de décider si, oui ou non, Marine Le Pen peut accéder à la fonction suprême, c'est ça ?
Oui, je vais essayer de le redire différemment. Il y a deux terrains. Il y a le terrain de la justice. La justice a à se prononcer de savoir si les faits qui sont reprochés à Marine Le Pen sont suffisamment graves pour conduire à son inéligibilité éventuelle ou à des sanctions. Mais ça, c'est le travail des juges.
Pas d'impact politique de cette décision ?
Moi, ce que je considère, c'est qu'en tant que politique, je n'aime pas des politiques qui se précipitent dessus, qui l'utilisent pour attaquer Marine Le Pen. Ce n'est pas mon approche. Mon approche, elle est simple. C'est les débats politiques, c'est dans les urnes, ce n'est pas dans les prétoires.
Laurent Wauquiez