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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 octobre 2022 25 min

Carburants, bouclier tarifaire, budget 2023, retraites… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Invité

Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Marc Fauvel. La grève dans les raffineries est reconduite. 15ème jour de suite, une station sur trois est à sec aujourd'hui en moyenne dans toute la France. Que dites-vous à la CGT qui mène le mouvement ?

0:15
Bruno Le Maire

Je dis d'abord à tous nos compatriotes qui sont bloqués, qui ne peuvent pas prendre leur véhicule, que nous sommes avec eux. Tous ceux qui ne peuvent pas déposer leurs enfants à l'école, tous ceux qui ne peuvent pas se rendre à leur lieu de travail, sur un lieu de travail, dans leur usine. Tous ceux qui ne peuvent pas travailler parce qu'ils sont aide-soignants, parce qu'ils n'ont pas d'autre possibilité que de prendre leur véhicule pour travailler. Tous ceux qui sont dans des zones rurales, qui sont éloignés, qui prennent leur voiture le matin, qui sont inquiets parce qu'ils ne peuvent pas remplir le réservoir de leur voiture. Nous sommes avec eux.

Et il y a une seule solution, le déblocage sans délai des dépôts de carburant et des raffineries. Sinon ? D'abord, comment est-ce qu'on le débloque ? Par la négociation. La négociation a été ouverte. Elle a été conclue chez Exxon. Elle a été ouverte chez Total. Lorsqu'une main est tendue, il faut la saisir. La main de la négociation salariale a été tendue. Elle doit être saisie.

1:06
Locuteur non identifié

C'est parce que disent les grévistes de la CGT. Ils disent qu'on n'a pas de contact. C'est ce que disait ce matin encore le CGT.

1:10
Bruno Le Maire

D'accord, mais j'écoute d'autres responsables syndicaux, ceux de la CFDT par exemple, qui disent qu'il y a effectivement des propositions de négociation. Quand il y a des propositions de négociation, il faut s'en saisir. Sinon, ce n'est plus de la grève pour obtenir des résultats. C'est tout simplement un blocage du pays. Et ça n'est pas acceptable. Une négociation a été proposée. La main tendue doit être saisie pour que les négociations salariales puissent, je l'espère, aboutir. J'ai déjà eu l'occasion de dire à plusieurs reprises que toutes les entreprises qui ont la possibilité d'augmenter les salaires doivent augmenter les salaires. Je le redis ce matin.

C'est le cas certainement chez Total. Mais il y a déjà eu des augmentations qui ont été faites. Aujourd'hui, il faut que la négociation démarre et que nos compatriotes ne soient pas les victimes directes de difficultés de négociation entre des représentants syndicaux et une entreprise privée qui est Total. Que chacun fasse preuve de responsabilité. Que les syndicats acceptent la main tendue et que Total négocie aussi de bonne foi pour qu'il y ait les augmentations salariales auxquelles les salariés peuvent rétendre.

2:14
Locuteur non identifié

Sauf que Bruno Le Maire, pour le moment, personne n'est autour de la table. Total dit, on avance les négociations seulement si le mouvement de grève s'arrête.

2:21
Bruno Le Maire

Dans ce cas, nous passerons à d'autres solutions. Je pense que la première solution, celle qui doit être privilégiée par-dessus toutes les autres, c'est la négociation, la discussion, la discussion salariale. On est dans une période où il y a des négociations salariales. En période d'inflation, c'est encore plus nécessaire. C'est légitime. La main est étendue. Elle doit être saisie. Si on voit que c'est complètement bloqué, que ni Total ni les responsables syndicaux, et je dis bien certains responsables syndicaux, parce que la CFDT a été particulièrement responsable dans le cas d'espèces.

Mais si la CGT refuse catégoriquement d'engager cette discussion, nous n'aurons pas d'autre moyen que de réquisitionner les moyens nécessaires pour libérer les dépôts et faire fonctionner les raffineries. Tout simplement parce que nos compatriotes ne peuvent pas être les victimes collatérales d'un conflit social entre une organisation syndicale, la CGT, et une entreprise privée. Vous laissez combien de temps à la discussion, Bruno Le Maire ? Quelque chose qui dépasse les intérêts de la CGT et de Total, c'est l'intérêt général.

3:22
Locuteur non identifié

Quel est votre timing ?

3:22
Bruno Le Maire

Et l'intérêt général, c'est que nos compatriotes qui savoient accès à des carburants librement.

3:27
Locuteur non identifié

Quel est votre timing ? Combien de temps vous leur laissez ?

3:29
Bruno Le Maire

Pour moi, le timing se chiffre plutôt en termes d'heures, à la limite de jours, que de semaines. Parce que ça n'a que trop duré. Et que je vois bien l'exaspération de nos compatriotes, je la partage, ils n'ont pas à être les victimes collatérales de difficultés sociales entre un syndicat, la CGT, et une entreprise privée, Total. A eux de trouver les voies et moyens de négocier, de conclure et de rouvrir les dépôts de carburant.

3:52
Locuteur non identifié

Le rôle du ministre de l'Economie, ce n'est pas d'appeler Patrick Pouyanné le patron de Total et dire « bon maintenant il faut régler le problème au plus vite dans les heures qui suivent ».

3:59
Bruno Le Maire

Il y a des discussions qui sont engagées par la Première Ministre, par la Ministre de l'Énergie, par le Ministre du Travail. Le rôle du ministre de l'Économie et des Finances, c'est de faire en sorte que l'économie puisse tourner. Pour que l'économie puisse tourner, il faut que les salariés puissent circuler, il faut que les entreprises puissent fonctionner, il faut que les indépendantes ou ceux qui sont obligés de prendre leur voiture puissent avoir de l'essence dans leur réservoir. Je le redis, cette situation n'a déjà que trop duré. Il faut que dans les heures qui viennent, un accord puisse être retrouvé.

4:26
Invité

Que va devenir la ristourne sur les carburants qui est en place en ce moment ? Celle de Total, votre collègue des Transports, Clément Beaune, dit que le gouvernement va demander à Total Énergie de la prolonger. Est-ce que c'est le cas, effectivement ? Et si oui, jusqu'à quand ?

4:38
Bruno Le Maire

Il y a une ristourne. Vous savez, je pense qu'il est de bonne méthode de traiter les problèmes les uns après les autres. Pour le moment, il y a une ristourne et du gouvernement, 30 centimes, et de Total. Elle est maintenue dans les semaines qui viennent et pour le mois qui vient.

4:52
Invité

Elle doit passer toutes les deux à 10 centimes au premier novembre.

4:54
Bruno Le Maire

Je recommande vivement que nous traitions d'abord le problème du blocage des dépôts de carburant avant de rajouter un autre sujet sur la table.

5:01
Locuteur non identifié

Bruno Le Maire, la ristourne de Total s'arrête le 1er novembre. Vous leur demandez ou pas à prolonger cette ristourne ou pas ?

5:07
Bruno Le Maire

Et moi, je vous dis que nous sommes le 12 ou le 13 octobre, que les dépôts de carburant, le 11, vous voyez, j'anticipe, que les dépôts de carburant sont bloqués, que nos compatriotes vont dans les stations essence. Je l'ai vu sur l'autoroute encore récemment. Il y a 100 mètres, 200 mètres, 300 mètres de queue pour avoir accès à un dépôt de carburant à une station service pour remplir son réservoir. Donc, vous voyez pour moi, il y a une seule urgence, c'est la levée des blocages. Bon, on prend les dossiers les uns après les autres. On prend les dossiers les uns après tous.

Vous savez, en termes de méthode et de résultats, c'est plus efficace que de lancer systématiquement des nouvelles propositions.

5:41
Locuteur non identifié

Il est allé un peu vite pour votre collègue, c'est ça ?

5:43
Bruno Le Maire

Non, mais je ne suis pas là pour critiquer un autre membre du gouvernement. Je suis là pour faire preuve de méthode avec une exigence de résultats au service de nos compatriotes.

5:50
Invité

Le gouvernement, Bruno Le Maire, a déposé vendredi dernier un amendement qui prévoit de taxer les bénéfices exceptionnels des pétroliers en France. Vous qui disiez pourtant, il y a quelques semaines, que vous ne saviez pas définir un super profit. Finalement, vous savez.

6:03
Bruno Le Maire

Non, je sais ce que sont des rentes et ce que fait l'amendement, les deux amendements du gouvernement pour être très précis, c'est de retranscrire en droit français une victoire que nous avons obtenue au niveau européen, c'est-à-dire l'application au niveau européen du dispositif français qui nous permet de financer notre bouclier énergétique. Qu'est-ce qui existe en France ?

Aujourd'hui, dès lors que les prix d'électricité sont au-dessus d'un certain seuil, 180 euros pour être tout à fait précis, les énergéticiens qui produisent de l'électricité, ça peut être EDS, ça peut être d'autres énergéticiens, peuvent vendre à 200, 300, 400, 500 euros puisque les prix ont flambé, mais la différence entre 180 et 400, 500 ou 600 euros, l'État le récupère et redistribue l'intégralité à nos compatriotes et aux entreprises. Ça, c'est le premier amendement. Le bouclier tarifaire, c'est le premier amendement et il représente 26 milliards d'euros. C'est ce qu'on appelle, pour être technique, le mécanisme de rente inframarginale.

Et le deuxième, ça finance plus de la moitié de notre bouclier énergétique. Donc, c'est considérable.

7:04
Locuteur non identifié

Et en ce qui concerne les super-profits,

7:05
Bruno Le Maire

c'est ça, les super-profits, si vous voulez, une définition des super-profits. On a beaucoup reproché de ne pas savoir ce que c'est que les super-profits. La réalité, c'est que c'est les rentes auxquelles nous voulons nous attaquer. Moi, je ne veux pas qu'il y ait des énergéticiens qui s'appellent EDF, Total ou ENGIE qui puissent profiter de la situation, vendre à prix d'or de l'électricité sans qu'à un moment donné, l'État ne leur dise écoutez, là, vous prenez trop, on reprend cette rente qui est excessive et on la redistribue à nos compatriotes et aux entreprises pour vous protéger. Nous le faisons depuis un an et deux. Le deuxième amendement, Bruno Le Maire,

7:34
Invité

qui concerne spécifiquement les pétroliers. Tout à fait. Alors, c'est un peu technique, taxation de 33% des bénéfices supérieurs de plus de 20% à la moyenne des années précédentes. Quelle est la différence entre cette taxe

7:47
Bruno Le Maire

et celle que réclame la NUP depuis des mois ? Il y a deux différences majeures. La première, c'est que ça ne concerne que les producteurs. De pétrole, de gaz, de charbon ou les raffineurs. Donc, en l'espèce, en France, comme il n'y a que du raffinage, ça ne concerne que les raffineurs et ça ne va ne rapporter que 200 millions d'euros. C'est-à-dire pas grand-chose par rapport au mécanisme de lutte contre les rentes dont j'ai parlé, qui me paraît juste, qui me paraît efficace et qui existe en France depuis un an et demi. Donc, la première différence, c'est que ça ne concerne que les producteurs de gaz et de pétrole. La NUPES, enfin, les masques sont tombés.

Ce n'est pas une taxe exceptionnelle sur les super profits qu'elles voulaient mettre en place. C'est une taxe permanence puisqu'elle durait jusqu'en 2025 sur tous les profits de toutes les entreprises au-delà de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ça veut dire que dans le domaine du luxe, de la chimie, de la pharmacie, de l'automobile, dans le domaine de l'aéronautique avec Airbus, toutes nos entreprises ont été taxées. Parce que, dans le fond, ce que la NUPES ne veut pas, c'est qu'une entreprise soit profitable. Et on commence par les gros, on finit toujours par les petits. On commence par les entreprises de CAC 40 et on finit toujours par taxer toutes les PME.

C'est contre ça que je me suis insurgé. Parce que j'estime qu'aujourd'hui, nous avons besoin d'entreprises, de PME, de TPE, qui soient profitables, qui créent de l'emploi et qui créent de la propérité pour nos compatrières.

9:04
Invité

Et ce que vous nous dites ce matin sur France Info, Bruno Le Maire, cette contribution exceptionnelle rapportera 200 millions d'euros sur les pétroliers en tout cas.

9:13
Bruno Le Maire

Que sur le raffinage en France, elle va rapporter 200 millions d'euros. Mais je le redis, nous avons depuis un an et demi avec le Président de la République pris des dispositions pour éviter toute rente. Parce que la rente est inacceptable. Et avec le produit de cette rente que nous récupérons sur les énergéticiens, nous finançons le bouclier tarifaire qui est le plus protectant.

9:30
Invité

On va en parler dans un instant. Y a-t-il des failles, des trous dans la raquette du bouclier tarifaire ? Le fil à info tout d'abord à 8h42. Maureen Suignard.

9:38
Locuteur non identifié

Le bilan s'alourdit en Ukraine. 19 morts, 105 blessés dans les frappes russes qui ont touché de très nombreuses villes du pays hier. Le G7 se réunit en urgence aujourd'hui. La ministre française des Affaires étrangères parle ce matin de crimes de guerre commis par la Russie. Il faut que dans les heures qui viennent, un accord soit trouvé. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, invité du 830, France Info dénonce un blocage inacceptable du pays. Grève qui se poursuit chez Total Energy et ESSO. 30% des stations-service sont touchées par une pénurie. L'exécutif envisage aussi la réquisition des salariés dans les raffineries.

Le gouvernement demande aussi à Total Energy de prolonger ses ristournes à la pompe. Une hausse des défaillances d'entreprises, près de 70% de défaillances en plus cet été, comparé à l'été dernier, selon le décompte du cabinet spécialisé Altares. Un taux jamais observé depuis 25 ans, la restauration, les supérettes et les salons de coiffure sont les plus touchés. Et puis le match sera bien sûr à suivre sur France Info ce soir, dès 21h, PSG Benfica-Lisbonne. C'est au Parc des Princes, rencontre de Ligue des champions de football. France Info.

10:46
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Braquia. Marc Fauvel.

10:52
Locuteur non identifié

Bruno Le Maire, de nombreux artisans vous appellent à l'aide car ils n'entrent pas tous dans les critères du bouclier tarifaire. C'est le cas par exemple des boulangers. 80% d'entre eux ne bénéficient pas du bouclier tarifaire car ils dépassent la puissance électrique prise en compte par le bouclier. Est-ce que ces critères du bouclier tarifaire vont bouger ?

11:11
Bruno Le Maire

Oui, les critères du bouclier tarifaire vont bouger. Les critères des aides pour les PME vont bouger. Ils sont trop compliqués. Et surtout, ce n'est pas les bonnes références. Aujourd'hui, pour avoir droit à ces aides, il faut que votre facture énergétique représente 3% de votre chiffre d'affaires en 2021. Oui, mais pas de chance. Ça peut représenter 1 ou 2% en 2021 et représenter 5, 6, 7% en 2022. Et c'est le cas de beaucoup de boulangers justement. Beaucoup d'artisans boulangers, beaucoup de boulangers industriels. Donc nous allons déplacer ce curseur. Les 3% ne seront plus sur 2021 mais sur les derniers mois de 2022.

C'est-à-dire que si votre facture d'électricité, votre facture d'énergie représente plus de 3% de votre chiffre d'affaires, non pas en 2021, mais fin 2022, au moment où les prix de l'énergie ont explosé, vous aurez accès à ces aides. Deuxième modification, le montant des aides, j'ai demandé à ce qu'ils soient doublés. Ce sera plus de 2 millions d'euros pour les PME, mais ça pourra aller jusqu'à 4 millions d'euros. Et troisième modification très importante, il suffira que vos bénéfices soient en baisse à la fin de l'année 2022 pour que vous soyez éligible à ces aides. Ce nouveau guichet unique, il sera mis en place le 1er novembre.

Ça demande un certain nombre d'ajustements techniques, mais dès le 1er novembre, je dis à tous les artisans qui nous écoutent, tous les TPE, tous les PME, tous ceux qui ont des difficultés à payer leurs factures énergétiques, nous ne vous laisserons pas tomber. Il y aura un guichet unique, il sera ouvert sur le site de la Direction Générale des Finances Publiques, il sera simplifié, il sera massif, il sera clair, et il viendra aider tous ceux qui sont en difficulté.

12:34
Invité

L'une des conditions pour passer sereinement l'hiver d'un point de vue énergétique, en tout cas Bruno Le Maire, c'est que les centrales nucléaires qui sont en ce moment à l'arrêt puissent reprendre du service. Est-ce que le calendrier d'EDF est tenable ? Aujourd'hui, est-ce qu'il sera respecté ?

12:47
Bruno Le Maire

Il doit être respecté. C'est mal parti sur les premières semaines ? C'est essentiel, mais c'est tout à fait essentiel pour que nous puissions passer un hiver sans difficultés majeures, pour nos compatriotes d'abord, mais aussi pour nos entreprises. Tout notre objectif, c'est d'éviter des délestages qui rajouteraient des difficultés économiques aux difficultés énergétiques. L'objectif, c'est 5 gigawatts qui sont remis sur le marché, qui sont remis dans les réseaux à partir de début janvier. Je pense qu'il ne faut pas dévier de cet objectif de 50 gigawatts. C'est l'objectif qui a été fixé à EDF, l'objectif qui a été fixé au nouveau patron.

Et je compte sur la compétence, l'engagement total des salaires d'EDF qui est tout à fait exceptionnel dans cette période-là, pour que nous retrouvions ces capacités au plus tard début janvier.

13:28
Locuteur non identifié

Vous dites malgré les retards, le calendrier est tenable ?

13:31
Bruno Le Maire

Mais le calendrier doit être tenu. Je pense que c'est une condition majeure pour passer un hiver serein, aussi bien pour nos compatriotes que pour nos entreprises.

13:39
Locuteur non identifié

Bruno Le Maire, l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe, est sorti de son silence pour parler entre autres de la dette de la France ce week-end. Il regrette, je cite, que notre pays se tourne systématiquement vers la dépense publique quand on se trouve face à un problème. Vous l'avez pris comment ?

13:53
Bruno Le Maire

Je l'ai pris très bien. Je pense qu'il a raison de dire qu'il faut éviter qu'il y ait de nouvelles dépenses publiques. et j'espère que le groupe dont il a la responsabilité au Parlement aura à cœur de proposer non pas de nouvelles dépenses, mais de nouvelles économies pour réduire la dépense publique et nous permettre de financer les mesures de protection qui sont indispensables aujourd'hui face à l'inflation.

14:14
Invité

Il dit aussi, j'interprète un tout petit peu ses propos, qu'on est devenu en quelque sorte les moutons noirs de l'Europe, que nous sommes ceux de tous les pays de la zone euro dont la trajectoire de réduction de la dette est la moins ambitieuse. Il dit que les 3% de déficit c'est pour la fin du quinquennat alors que la plupart de nos voisins ont fixé cet objectif pour 2025.

14:32
Bruno Le Maire

C'est exact, c'est ça ? Oui, c'est ce qu'il dit, mais j'entends aussi ce que dit le président de la Commission des Finances, Éric Coquerel, qui a très juste titre, je l'ai salué d'ailleurs hier à l'Assemblée nationale, oui, mais nous avons un dialogue qui est constructif, je pense que c'est important entre le président de la Commission des Finances et le ministre des Finances. Il a dit lui-même hier que la trajectoire de réduction de la dépense publique en France sur les cinq prochaines années, plus 0,6% d'augmentation de dépense en volume, ce qui, avec l'inflation, fait un effort qui est important. C'est la trajectoire la plus exigeante depuis 20 ans. La plus exigeante depuis 20 ans.

Donc je pense qu'entre ce que dit l'ancien Premier ministre et ce que dit le président de la Commission des Finances, la majorité a trouvé une voie d'équilibre. Et j'espère que toutes les composantes de la majorité auront à cœur de tenir cet objectif de 3% de déficit en 2027 et de réduction de la dette à partir de 2026. Parce que, croyez-moi, ce ne sera pas si facile que cela de tenir ces objectifs. Ils sont, Eric Coquerel a raison de le rappeler, très exigeants. Ils vont demander d'être vigilants. Ils vont demander, pardon de répéter une phrase que j'ai déjà utilisée, que nous soyons vigilants à l'euro près sur ce qui sortira des débats budgétaires actuels sur le budget 2023.

Nous avons une voie d'équilibre. C'est la voie de la majorité. Elle est exigeante sur le rétablissement des finances publiques. Je souhaite que toutes les composantes de la majorité s'attachent à la mettre en oeuvre plutôt que d'en inventer une autre.

15:53
Invité

Dans cette même interview, Edouard Philippe vous a glissé un petit tacle en répondant à une question sur les différents moyens qu'il met en oeuvre dans sa ville du Havre pour économiser un peu d'énergie. Il dit c'est peu spectaculaire moins que le col roulé mais c'est très efficace et excellent pour la planète. Ça vous a fait sourire ou ça vous a un petit peu agacé cette référence

16:12
Bruno Le Maire

au col roulé ? Tout me fait sourire jusqu'à une certaine limite. Et sur le col roulé je rappelle juste que je n'ai jamais recommandé de porter de col roulé. Moi j'aime bien qu'il y ait de l'humour sur la soie politique je pense que c'est absolument indispensable. Croyez-moi j'ai quatre enfants ils savent faire preuve de beaucoup d'humour vis-à-vis de leur père. Ils vous cherchent sur les jours vous voulez dire sur le col roulé ? Sur d'autres choses je vous rassure. Je veux simplement rappeler une chose importante c'est que je ne me serais jamais permis comme membre d'un gouvernement de faire des recommandations vestimentaires à mes compatriotes.

J'ai juste dit qu'effectivement quand il fait froid je mets un pull la belle affaire est-ce que vous croyez vraiment que ça méritait que ça occupe les médias pendant une semaine ? Jamais je ne ferai de recommandations vestimentaires à mes compatriotes. J'ai mieux à faire.

16:57
Invité

8h50 le fil infomorine Suignard et on vous retrouve dans un instant Bruno Le Maire.

17:02
Locuteur non identifié

Olivier Véran assure que le retour à la normale se fera dans les 15 jours soit avant les congés de la Toussaint dit le porte-parole du gouvernement à propos de la situation dans les stations-services françaises toujours pas d'amélioration en vue un tiers des stations manque d'au moins un carburant grève en cours chez Total Energy et Esso.

Cela fait des semaines que l'opposition pousse en ce sens le gouvernement a finalement déposé un amendement pour mettre en place une taxe exceptionnelle sur les super-profits des industries pétrolières cela fait suite à la décision de l'Union Européenne de mettre en place une telle contribution et cela rapportera 200 millions d'euros à l'Etat selon Bruno Le Maire le ministre de l'économie invité de France Info 5 Français retenus en ce moment en Iran annonce ce matin la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna qui espère discuter dans la journée avec son homologue pour demander la libération de nos compatriotes Le Japon rouvre ses portes aux touristes étrangers le pays lève entièrement les restrictions en place à ses frontières pendant plus de deux ans ces restrictions étaient mises en place pour faire face à la pandémie de Covid France Info

18:10
Présentateur

Le 830 France Info Salia Braquia Marc Chauvel

18:15
Locuteur non identifié

Bruno Le Maire L'examen du budget a commencé hier à l'Assemblée Nationale plus de 3500 amendements ont été déposés par l'opposition au regard des réactions vous vous dirigez tout droit vers un 49-3 ?

18:26
Bruno Le Maire

Non je me dirige surtout tout droit vers avec Gabriel Attal beaucoup d'heures à l'Assemblée Nationale c'est surtout vers ça que je me dirige

18:33
Locuteur non identifié

Le 49-3 vous allez le dégainer quand ?

18:36
Bruno Le Maire

C'est étonnant cette expression dégainer le 49-3 C'est énorme pour vous Non mais dégainer enfin faire attention au mot on dégaine un colt on dégaine un revolver on ne dégaine pas un article Pourriez-vous le proposer le 49-3 ?

Donc moi je ne dégaine rien du tout en plus ce n'est pas ma responsabilité et surtout j'aborde ce débat avec beaucoup de patience dans le fond nous allons passer beaucoup de temps sur les bancs de l'Assemblée Nationale avec le ministre du budget Gabriel Attal nous allons écouter les propositions écouter les critiques essayer d'améliorer le texte si tout le monde est de bonne foi si tout le monde veut véritablement avancer vers un meilleur texte moi j'y passerai le temps qu'il faudra

19:17
Locuteur non identifié

Sauf que vous voyez la réaction des oppositions je le disais au début aucune ne souhaite voter ce budget le 49-3 vous allez le proposer

19:24
Bruno Le Maire

Mais je ne dis pas que c'est un budget à prendre ou à laisser je dis que j'arrive à l'Assemblée Nationale en disant nous avons fait des propositions pour protéger nos compatriotes parce que ça me paraît la priorité absolue pour nos compatriotes comme pour les entreprises face à l'inflation si vous avez mieux à proposer tant mieux faites-nous des propositions la seule limite que nous fixons c'est pas de dépenses publiques supplémentaires il faut que à l'euro près nous nous retrouvions dans notre budget mais on peut parfaitement dire nous nous préférons mettre plus de moyens sur ce sujet et faire des économies là-dessus nous sommes prêts à écouter les oppositions simplement on ne peut pas dialoguer tout seul donc je veux un dialogue de bonne foi ça veut dire quoi un dialogue de bonne foi ça veut dire un dialogue pour améliorer ce texte fondamental qui est le budget de la France ça ne veut pas dire des propositions uniquement pour bloquer ou un dépôt d'amendement uniquement pour bloquer les discussions

20:14
Invité

vous ne dites pas de dépenses en plus il y a un texte qui est proposé par votre propre camp qui propose de ressusciter une mesure mise en place en son temps par Nicolas Sarkozy c'est la possibilité de déduire de ses impôts les intérêts des crédits immobiliers c'est la patronne des députés Renaissance de votre camp qui porte cet amendement

20:31
Bruno Le Maire

est-ce que vous allez le faire ? Nous allons poursuivre tout au long de la semaine les discussions y compris ça me paraît bien naturel et certainement en priorité je dirais avec la majorité mais ça ça coûte très cher et c'est normal que la majorité ait elle aussi ses propres idées ses propres propositions et nous allons discuter avec eux mais je veux vraiment que chacun de nos compatriotes sache que le ministre des finances le ministre des comptes publics Gabriel Attal qui vont passer leurs jours et leurs nuits à l'Assemblée nationale arrive dans ce débat avec un esprit de dialogue et un esprit ouvert si certains des propositions qui peuvent améliorer notre texte tant mieux

21:05
Locuteur non identifié

L'une des propositions de la droite c'est de baisser les droits de succession c'était aussi une promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle ça se fera pendant le quinquennat c'est sûr ?

21:13
Bruno Le Maire

Ça se fera pendant le quinquennat mais pour le coup je suis très clair ça ne se fera pas maintenant tout simplement parce que nous n'avons pas les marges de manœuvre financière pour baisser ses impôts tout de suite mais en revanche utilisons le temps qui est devant nous pour discuter de la meilleure façon d'engager la baisse de ses droits de succession Les discussions

21:29
Invité

les négociations la concertation pardon sur les retraites débute aujourd'hui est-ce que vous savez vous Bruno Le Maire à quel âge sera à l'issue de cette réforme fixée l'âge légal de départ ?

21:39
Bruno Le Maire

Il y aura là aussi une discussion Mais jusqu'où ? Une discussion je veux juste bien que chacun comprenne notre état d'esprit vous savez normalement cette semaine j'aurais dû être à Washington pour des discussions en G7, en G20 je ferais ça finalement par visioconférence pourquoi est-ce que j'ai fait le choix de rester ici à Paris ?

C'est pour prendre le temps nécessaire pour le budget et on va faire exactement la même chose sur la réforme des retraites le calendrier il est transparent le président de la République l'a dit lui-même la réforme des retraites doit s'appliquer à l'été 2023 jusqu'où là ça nous laisse le temps de discuter il a fixé aussi le cadre de cette réforme des retraites 65 ans âgés légal de départ en 2031 avec une clause de revoyure en 2027 pourquoi en 2027 ? parce qu'il y a une élection présidentielle donc ça permettra à toute nouvelle majorité de redéfinir si elle le souhaite avec le soutien des français ce que nous nous aurons choisi

22:27
Invité

il a dit aussi à un moment bon dans le maire que les 65 ans n'étaient pas un tabou

22:31
Locuteur non identifié

un totem

22:31
Invité

un totem plus précisément pardon Freud

22:33
Bruno Le Maire

totem ou tabou il faut choisir mais ça veut dire quoi pas un totem ?

ça veut dire tout simplement que quand on commence une discussion il faut arriver avec des propositions qui sont claires les nôtres le sont ce sont des propositions c'est pas le texte final à 65 ans en 2031 une clause de revoyure en 2027 à 64 ans une réforme avec une retraite minimale à 1100 euros c'est une avancée qui est absolument considérable la prise en compte des carrières longues ça c'est le cadre de départ nous allons en discuter avec tous ceux qui sont prêts à discuter avec nous et puis nous verrons après ce qui sortira de ce texte c'est Olivier Dussopt ministre du travail qui est chargé de cette négociation mais je pense que démarrer avec un objectif clair un cadre clair un calendrier clair et aussi une motivation qui est claire derrière derrière c'est quoi la motivation c'est le travail la valorisation du travail et la prospérité de tous nos compatriotes par le travail

23:25
Locuteur non identifié

notre cadre est clair

23:26
Bruno Le Maire

notre proposition est claire mais commençons les discussions

23:28
Locuteur non identifié

justement l'un des points noirs de cette réforme qui va porter à de nombreuses discussions c'est l'emploi des seigneurs Olivier Dussopt le ministre du travail se dit favorable à baisser la durée d'indemnisation de chômage des plus de 55 ans aujourd'hui elle est de 36 mois est-ce que vous y êtes favorable aussi ?

23:43
Bruno Le Maire

moi je sais laisser le ministre du travail engager lui-même les discussions vous savez il y a en Allemagne

23:49
Locuteur non identifié

je ne dis pas

23:51
Bruno Le Maire

que je m'inspire toujours de l'Allemagne mais il y a un principe qui est assez bon qui s'appelle le resort's principle qui veut dire que chaque ministre a une compétence sur un sujet particulier je pense qu'il faut respecter ce principe de compétence c'est Olivier Dussopt qui est responsable de ces discussions avec les organisations syndicales et les organisations patronales qu'on mette sur la table est-ce que réduire l'analysation c'est favoriser le retour au travail ?

ce que je sais c'est qu'avoir un taux d'emploi des plus de 55 ans je n'aime pas ce terme de senior on n'est pas senior à plus de 55 ans qui est à 54 ou 56% en France c'est un véritable scandale c'est quelque chose qui est révoltant parce qu'on se prive de compétences on se prive de savoir-faire on se prive de la transmission de l'expérience d'une personne de 56 ou 57 ans à un jeune apprenti qui rentre dans une entreprise dans une usine ou sur un lieu de travail donc traiter ce sujet me paraît une priorité absolue de cette réforme

24:45
Locuteur non identifié

juste sur la nécessité de la réforme il n'y a pas un euro des cotisations retraite qui servira à financer autre chose que les retraites c'est ce que dit aussi Olivier Dussopt c'est ce que vous ne disiez pas il y a deux semaines chez nos co-frères de France Inter il faut bien financer nos hôpitaux nos collèges nos lycées nos universités et c'est la réforme des retraites qui permettra de garantir ce financement c'est ce que vous avez dit vous qui dit vrai

25:04
Bruno Le Maire

les deux disent vrai parce que ça revient au même tout ce que vous n'avez pas dépensé pour compenser les déficits du régime des retraites ça vous permet justement de financer vos services publics vos hôpitaux vos collèges vos universités en prenant dans la caisse des retraites vos écoles soyons beaucoup plus simple que ça vous avez un budget global il vaut mieux qu'il soit à l'équilibre plutôt qu'il soit déséquilibré c'est ce qui permet ensuite à nos services publics de bien fonctionner

25:27
Invité

merci Bruno Le Maire et bonne journée à vous

Carburants, bouclier tarifaire, budget 2023, retraites… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Le Maire — Bruno Le Maire · Pourquijevote