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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 23 février 2024 24 min

Le gouvernement "ne pense que 'réduction des dépenses publiques'", regrette Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Ali Badou, Marion Lourd. Grand entretien ce vendredi matin avec Marion Lourd, notre invité et député, membre du groupe La France Insoumise, élu de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis. Vos questions, vos réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Clémentine Autain. Bonjour Ali Badou. Clémentine Autain, il y a une manifestation des agriculteurs ce matin à l'appel des syndicats et à la veille du salon de l'agriculture. Grève des salariés de la tour Eiffel, c'est symbolique. Grève annoncée des aiguilleurs de la SNCF également ce week-end. Comment est-ce que vous qualifieriez le climat social du pays ? Comme une cocotte minute.

J'ai le sentiment que la France est en ébullition souvent sourde et parfois exprimée, comme c'est le cas avec les agriculteurs, les contrôleurs dont vous parlez. D'autres entreprises aussi connaissent des grèves importantes. Et en même temps, je pense qu'il y a quelque chose de très sourd dans le pays. Il y a du ressentiment, de la colère avec des Français très inquiets. Et ils ont raison de l'être. Mais quoi est commun entre les agriculteurs, les agents de la SNCF, d'autres éventuellement qui pourraient être en colère comme vous le dites ? Je pense qu'il y a au contraire beaucoup de communs. Peut-être que vous ne le voyez pas, mais moi je pense qu'il y a beaucoup de communs.

Parce que quand vous prenez chaque secteur, vous voyez que c'est le résultat d'une même politique qui est menée depuis maintenant des décennies. Et c'est pour ça que les Français sont inquiets, c'est qu'on ne voit pas le bout du tunnel. On est sans cesse à produire la même politique qui nous amène dans le même mur. Cette politique, c'est quoi ? C'est une politique qui est au service des marchés, en fait, qui organise la soumission de l'État à la loi du marché, avec un gouvernement et des gouvernements qui se suivent et se ressemblent, qui ont totalement rompu avec ce qui est l'esprit public.

Et c'est pourquoi les services publics, on parlait de la SNCF, de la grève à la SNCF, eh bien les services publics sont laminés. Et les 10 milliards que vient d'annoncer Bruno Lumaire en moins pour le budget qui vient, eh bien ces 10 milliards vont impacter considérablement l'écologie, toute la transition écologique, mais aussi les services publics, puisque ce sont des postes de fonctionnaires qui vont être supprimés dans l'éducation nationale. C'est entre 8 000 et 11 000 postes en moins que va devoir supporter l'éducation nationale. Prenez les agriculteurs. Les agriculteurs, c'est une question de revenus. C'est une question de revenus. Et rien n'est résolu.

Le gouvernement a fait de la communication, a donné satisfaction à la FNSEA, en lui donnant d'une certaine manière un permis à polluer. Donc la FNSEA lève les barrages, mais pour la majorité des agriculteurs, strictement rien n'est résolu. Comment vous pouvez imaginer que dans une société comme la France, aujourd'hui, ceux qui produisent l'alimentation, de ce qui nous permet de nous alimenter, n'ont pas de quoi vivre ?

2:56
Clémentine Autain

Mais qu'est-ce que vous auriez proposé de plus, vous pour les agriculteurs, justement, en LFI, si vous étiez au pouvoir aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'il y a de plus à proposer ? Il a quand même proposé beaucoup de mesures, le gouvernement. Il y a la loi EGalim, il y a les entreprises, les distributeurs, dont certains vont être sanctionnés.

3:08
Présentateur

Alors, je peux vous dire que nous aurions pris des mesures absolument pas du tout dans le même sens. D'abord, il n'est pas acceptable que le gouvernement, pour répondre à la colère des agriculteurs, dit on va abaisser les normes environnementales. Voilà un chemin qui n'est absolument pas le bon chemin.

3:21
Clémentine Autain

Alors, on change le thermomètre, en fait, c'est ça.

3:23
Présentateur

En plus, là, avec, vous le savez, le thermomètre nodu, qui est supprimé et qui crée une alerte. Qui permet de mesurer les pesticides, en fait. Et bien sûr, une alerte très forte des membres du conseil scientifique du plan, justement, éco-phito.

3:36
Clémentine Autain

Donc, on ne fait pas ça. Pourtant, c'est une demande des agriculteurs.

3:39
Présentateur

Non, vous ne pouvez pas dire ça comme ça. Vous ne pouvez pas dire ça comme ça. C'est leur syndicat majoritaire. Pourquoi ? Pourquoi c'est une demande de certains agriculteurs, et en particulier du haut du panier, de ceux qui y ont intérêt ? Et c'est ça qui ne va pas du tout. Les céréaliers, ça va bien la vie. Le problème, c'est la majorité des autres agriculteurs, parce qu'il y a de la vente à perdre. Vous connaissez d'autres métiers, où vous travaillez dur, vous n'avez pas de week-end, vous n'avez pas de vacances, et au final, vous vendez des produits à un prix qui est en dessous du prix de revient. Et donc, qu'est-ce qu'on fait ? Il y a eu plusieurs lois à égaler. C'est insensé. Insensé.

Qu'est-ce qu'on fait ? On fait des prix planchers. On fait en sorte que la réglementation empêche la vente à perdre. Ça, c'est la première chose.

4:13
Clémentine Autain

Donc, les consommateurs vont devoir payer à l'arrivée.

4:15
Présentateur

On fait en sorte, attendez, on fait en sorte que les intermédiaires ne se gavent pas, parce que l'intérêt des agriculteurs et l'intérêt des consommateurs, en réalité, c'est le même. Les producteurs et les consommateurs. Comme les usagers, aujourd'hui, du train qui sont en colère parce qu'il y a la grève, et les contrôleurs qui, eux, sont en colère parce qu'ils ne peuvent pas faire leur travail dignement, parce qu'ils demandent à être deux contrôleurs par train et c'est bien normal, et qu'ils demandent à ne pas être payés en prime parce que les primes, ça ne rentre pas dans le calcul, notamment de la retraite.

Donc, l'intérêt que les agriculteurs puissent vivre de leur travail en faisant des productions de qualité et l'intérêt des consommateurs y sont liés. De la même manière, l'intérêt de ceux qui font grève à la SNCF et des clients que nous sommes et qui voyons se détériorer le train. Enfin, je veux dire, vous avez pris le train comme moi. Donc, cette revendication... Moi, quand j'étais jeune, je vais vous dire, quand j'étais jeune, la France, pour moi, quand on me demandait c'est quoi la France, quand j'étais ado... Le pays où les trains arrivent à l'heure. Exactement. C'était le pays...

Alors, j'ai été élevée avec une obsession de la ponctualité et j'étais dans le train et je regardais les secondes et j'observais que le train partlait à la minute. Je prends beaucoup le train maintenant. quasiment jamais le train part à l'heure. Qu'est-ce que c'est que ce pays ? Cette revendication

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Clémentine Autain

de faire rentrer les primes dans les salaires, ça justifie qu'on bloque des dizaines de milliers de vacanciers pendant un week-end ? Mais écoute,

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Présentateur

si vous trouvez un autre moyen de se faire entendre... Mais là, vous êtes en train d'opposer les uns aux autres. Pas du tout, mais ils n'ont pas fait grève

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Clémentine Autain

pour le service public. Ils ont fait grève pour leur salaire.

5:41
Présentateur

Il faut bien qu'il y ait des gens qui défendent le service public et ça, c'est le travail des salariés, des entreprises publiques ou quand vous avez aussi des grèves dans l'éducation nationale, eh bien oui, c'est embêtant pour les parents qui ne peuvent pas aller travailler. Et pour autant, c'est un moyen, un moteur. Le problème aujourd'hui, c'est que le gouvernement ne l'entend pas et s'enfer dans une logique politique qui est une logique de soumission, de soumission totale aux lois du marché et de dépeçage de ces services publics. Et cette politique-là, c'est cette politique-là qui nous emmène dans le mur.

Donc je vous disais les prix planchers pour les agriculteurs et j'insiste aussi sur sortir des traités de libre-échange parce qu'il y a un grand déménagement du monde. Jamais nous ne serons compétitifs avec des pays où les normes sanitaires ou les normes sociales ou les normes environnementales sont aussi basses. Donc ça ne peut pas fonctionner. Et par ailleurs, la relocalisation de l'économie, c'est une condition sine qua non pour relever le défi climatique.

Donc vous voyez bien qu'il y a aujourd'hui une politique qui est menée, qui les fait la part belle au marché, qui tourne le dos au défi climatique et le fait qu'il y ait 2,2 milliards d'euros sur les 10 milliards, qui sont supprimés dans les budgets publics par le gouvernement sur les programmes environnementaux qui nous permettraient d'atteindre certainement pas mais en tout cas de commencer à atteindre nos objectifs en termes d'émissions de gaz à effet de serre. Vous voyez bien que tout ça est une plaisanterie. Et vous ouvrez le site de l'Elysée. Et qu'est-ce qu'on vous explique sur le site de l'Elysée que la grande priorité nationale du président de la République, c'est l'écologie ?

Franchement, on s'étrangle. C'est la limite du en même temps. Dans la colère et l'inquiétude des Français, je pense qu'il y a aussi cette parole politique présidentielle qui est littéralement discréditée par le en même temps où vous avez Gabriel Attal qui peut dire quand il est ministre de l'Éducation nationale, il peut annoncer la création de 2137 postes d'enseignants en 2024. Il le dit très tranquillement le 21 décembre 2023 et le 21 février 2024, le même Gabriel Attal, certes Premier ministre depuis, signe le décret, ce fameux décret qui supprime les postes dans l'Éducation nationale et enlève 700 millions si ma mémoire est bonne pour l'Éducation nationale.

Donc tout ça, tout ça ne peut plus marcher et c'est pourquoi je dis que c'est une cocotte minute que les Français sont inquiets, qu'ils ont raison de l'être et que maintenant le défi, c'est comment on trace le chemin, le chemin qui permet d'ouvrir l'espoir pour les Français, de se dire que non, nos enfants ne vivront pas plus mal que nous, qu'il est possible de vivre dignement de son travail, qu'il est possible d'avoir des remplaçants quand à l'école on a un enseignant qui est malade, qu'il est possible d'avoir des trains qui fonctionnent et je pense en particulier aux trains du Cotinia puisque maintenant, même à Paris, le métro est saturé.

Enfin, je veux dire, où va la France à ce rythme-là ? Ça n'a aucun sens puisque les choses se délitent, se détruisent et qu'on a le sentiment que plus rien ne marche. Vous avez parlé d'obsession de la dette clémentinotin. Est-ce que c'est vraiment une obsession ? Est-ce que ce n'est pas finalement quelque chose qui s'impose ? Est-ce qu'il faudrait sortir des traités européens par exemple ? La question de la dette est évidemment un sujet. Personne ne peut vous dire. Une question simple, la grosse simple. Voilà, on n'en a rien à... Moi, je suis... Si nous étions au gouvernement, nous serions évidemment soucieux de savoir comment on fait avec cette dette.

Mais je vois bien à quel point c'est utilisé de la même manière que le, vous savez, on n'augmente pas les impôts. On entend toujours ça. Le gouvernement qui nous dit mais c'est une entrée... Je vais vous répondre sur la dette. Mais les deux choses sont liées parce que les 10 milliards, ils sont au nom d'eux. On n'augmente pas les impôts et ils sont au nom d'eux. La dette, la dette, la dette. Sur les impôts... Et au nom d'eux, il faut répondre aux règles budgétaires européennes, maintenir le déficit public en dessous de la barre des 3%, la dette en dessous des 60% du PIB. Est-ce qu'il faut sortir des traités européens, Clémentinotin ? C'est une question qui se pose.

La question est est-ce que c'est possible d'émettre davantage de titres de dette ? Oui. Bien sûr que c'est supportable. Vous savez qu'aux Etats-Unis, la dette est beaucoup plus importante et pourtant, ils ont fait l'Inflation Reduction Act. Vous connaissez ça aux Etats-Unis. C'est-à-dire qu'ils ont investi 400 milliards dans la transition écologique. Ils ont investi pour que le coût de la santé soit moins important et ils sont endettés infiniment plus que nous. Est-ce que l'économie s'est effondrée ? Non. Pourquoi ? Parce que le titre de la dette est un titre sûr et la France, comme l'Allemagne, comme les Pays-Bas, a un titre sûr.

Pour le dire autrement, je vais être extrêmement explicite, pour le dire autrement, si vous voulez, nous, quand on émet des titres de dette, il y a deux fois plus d'investisseurs qui sont prêts à les attraper que ce que nous en émettons. Vous entendez ça ? Donc, on pourrait faire beaucoup plus de titres de dette et même des titres verts qui seraient gagés par la BCE, par la Banque Centrale Européenne.

Donc, le discours sur la dette, à la fois, il faut le prendre au sérieux, mais il ne peut pas être le prétexte à ne pas mener les investissements nécessaires pour faire face au choc climatique qui est devant nous et d'ailleurs, même le FMI ou l'ADEME nous disent, attention, si on n'est pas capable d'investir pour changer de modèle de développement, en fait, on va creuser de la dette, c'est-à-dire, on va être obligé de s'endetter encore plus.

Donc, vous voyez, il y a une stratégie à avoir et en fait, la stratégie aujourd'hui qui consisterait à s'endetter pour investir dans la transition écologique, pour investir dans les services publics, pour investir dans les biens communs, ça, c'est de la bonne dette et ça, nous avons les moyens de le faire parce qu'encore une fois, on n'est pas obligé d'être enfermé dans la discipline de marché. Et sur les impôts, je reviens parce que les deux se tiennent. Les impôts, la question, c'est qui paye des impôts ? Quels impôts on augmente ? Quels impôts on diminue ? Il faut diminuer les impôts sur les TPE et les PME. Ça, c'est l'évidence. Mais il faut augmenter les impôts pour les plus riches.

Et le gouvernement, pour les grands groupes, il ne pense que réduction de la dépense publique. Quand est-ce qu'il va penser ? Mais écoutez-moi, quand est-ce qu'il va penser recettes ? Quand est-ce que ? 10 milliards, mais c'est rien à trouver. Vous remettez l'ISF, vous avez déjà 3 milliards. La flat tax, on continue. La CVAE, contribution sur la valeur ajoutée, que le gouvernement a décidé de continuer de suspendre. 10 milliards, précisément, c'est 10 milliards. Si simplement, si simplement, il arrêtait de suspendre la contribution sur la valeur ajoutée, on n'aurait pas à faire toutes ces coupes.

Ces coupes pour le budget de l'environnement, ces coupes pour l'éducation nationale, ces coupes au développement, ces coupes pour les femmes, comme le disait tout à l'heure Cécile Mayfer. Bon, ça, c'est insupportable. C'est une grossière erreur, grossière erreur de gestion financière. Et j'avoue que, excusez-moi, j'ai eu de la colère ce matin parce que j'ai l'impression qu'on ne tire aucune leçon, aucune leçon de 40 années de politique qui continue à être soumise à la loi du marché, qui continue d'être... Au néolibéralisme. Oui. Où on peut vous rétorquer qu'on a le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé ou l'un des plus élevés de l'OCDE. Alors les prélèvements de quoi ?

Justement, prélèvements, pourquoi faire ? Prélèvements, pourquoi faire ? Parce que l'impôt, vous dites, on a des prélèvements. Mais ces prélèvements, ils sont faits pourquoi ? Auprès de qui ? La taxe sur les super profits, elle a été votée à l'Assemblée nationale, personne n'en veut. Vous trouvez ça acceptable ? Sérieusement, à Libadou, vous trouvez normal que les entreprises du CAC 40 en 2023, ils aient fait 97 milliards d'euros de bénéfices alors qu'on a une crise majeure, une inflation dingue et qu'ils aient augmenté ce qu'ils engrangent de 21% par rapport à 2022. Est-ce que vous trouvez ça à Libadou normal ?

Est-ce que vous trouvez normal que 4 milliards des plus riches ont vu leur fortune augmenter à de 87% depuis 2020 ? Est-ce que vous trouvez ça normal ? Moi, je vous dis que la question, c'est le partage des richesses. Bonjour Chantal. Bonjour. Bienvenue sur Inter. Vous nous appelez de Marseille.

13:30
Auditeur

Je vous appelle de Marseille. Je voulais dire à Clémentine Autain que je l'appréciais énormément en tant que féministe et militante. Et je suis très triste qu'on aille en ordre dispersé aux Européennes. Maintenant, j'espère qu'après les Européennes, vous, M. Ruffin, M. Corbière, etc., vous allez nous faire quelque chose un peu d'unitaire et bouger un peu les lignes, y compris à la France insoumise. Voilà.

14:00
Présentateur

Merci, en tout cas, Chantal, pour votre intervention. Que répondez-vous à Chantal ? Ils sont nombreux, les auditeurs, à réclamer l'émergence d'un mouvement qui serait différent, ailleurs, que la France insoumise. D'abord, merci à Chantal pour sa question et lui dire que je suis comme elle. Je regrette qu'on n'ait pas trouvé le chemin d'une campagne commune des gauches et des écologistes pour les Européennes. Maintenant, il faut prendre acte de la situation et se dire, bien sûr, qu'après les Européennes, il faudra reprendre le bâton de pèlerin et vous pourrez compter sur moi pour tracer la route et se donner les moyens de gagner en 2027.

Et je veux dire à celles et ceux qui nous écoutent que j'ai absolument la conviction... Vous avez déjà la tête à 2027 ? Non, j'ai d'abord la tête à faire la campagne de Manon... On me pose la question. Le 9 juin. On me pose la question. Pour les Européennes, faire la campagne de Manon Aubry et je le ferai vraiment avec conviction parce que je pense que le travail de notre délégation a été très fort, très pertinent, très active. Délégation emmenée par Manon Aubry. Donc, je le fais avec et je le fais et je le ferai jusqu'au bout avec enthousiasme.

Mais il y a la question qui m'est posée et sur l'après et je sais que beaucoup de Français s'inquiètent sur la perspective surtout à l'heure où on nous explique du matin au soir quasiment que Le Pen a déjà gagné. Donc, c'est insupportable. Et donc, oui, je pense aussi aux échéances suivantes et je pense que nous devons nous dire que pendant ces Européennes, il ne faut pas créer de fractures à l'intérieur des gauches et des écologistes. Une chose est que chacun défende son profil mais il faut qu'on soit capable de dire que nous nous donnerons les moyens de gagner et nous pouvons gagner. Je le dis ici solennellement, je crois que la gauche non seulement doit mais peut gagner en 2027.

15:48
Clémentine Autain

Mais Clémentine Autain, la gauche elle est fracturée et votre parti lui-même il est fracturé. Vous avez dénoncé par exemple dans C'est à vous cette semaine les comportements d'exclusion de Jean-Luc Mélenchon qui est le leader de la France insoumise et il y a un militant LFI qui a porté plainte pour harcèlement moral et violence psychologique au sein du parti. C'est le lot d'après lui de toutes les têtes qui dépassent chez LFI. Vous décririez-vous les choses de cette façon

16:10
Présentateur

dans votre parti ? Je n'ai pas du tout je n'ai pas venu ce matin pour polémiquer. C'est un secret de polichinelle que de dire que l'ambiance n'est pas radieuse dans notre groupe et dans notre famille politique et je pense d'ailleurs que si on veut aider la campagne de Manon Aubry ce qui serait bien c'est d'être capable de rassembler la France insoumise. Derrière qui ? François Ruffin ? Là en l'occurrence il s'agit de la campagne de Manon Aubry mais ce que je veux dire pour 2027 ce que je veux dire c'est que il y a des débats comme dans toutes les familles politiques et nous manquons d'instances pour les réguler pour les trancher démocratiquement. Il y a des débats mais quand on parle

16:51
Clémentine Autain

de projet de sabotage ce n'est pas du débat

16:53
Présentateur

et c'est ce qui peut créer c'est ce qui contribue à créer des abcès et que les choses se passent aussi toujours sur le terrain public puisqu'il manque la machine à laver interne. Mais je ne veux pas polémiquer ce matin et je veux dire à quel point nous avons besoin non seulement que la France Insoumise trouve les moyens de dépasser ces clivages et de faire en sorte que les militants n'en soient pas à déposer des plaintes ou à quitter soit avec fracas soit à bas bruit notre mouvement mais qu'au contraire ils puissent s'y sentir bien même quand ils ne sont pas d'accord en tout point avec ce que décide la direction Mais harcèlement moral ça existe ?

Écoutez je découvre comme vous cette plainte donc il faut regarder mais je pense que c'est important dans un mouvement politique surtout quand il est émancipateur de faire en sorte qu'il y ait un climat qui soit un climat qui permette à tout le monde d'être quand même serein dans le mouvement ça c'est important et ensuite de travailler avec les partenaires Émancipateur bon on a du mal à vous croire mais la campagne des européennes démarre à peine il y a la question de l'unité de la France Insoumise il y a aussi la question de l'unité de la gauche qui a explosé et on a vu un tir groupé contre Raphaël Glucksmann qui porte la liste PS place publique traité de vat en guerre par Éric Coquerel sur la question ukrainienne traité d'irresponsable par Manuel Bompard votre campagne on a l'impression que c'est une campagne contre le PS qui était vos alliés il y a pas si longtemps j'ai écouté aussi Raphaël Glucksmann on peut pas dire qu'il était très tendre avec les insoumis donc vous pourriez aussi citer ce qu'a dit Raphaël Glucksmann au sujet au sujet au sujet de la France insoumise et par ailleurs oui moi j'ai des désaccords avec l'interview qu'il a donné que vous citez bon je pense que c'est de bonne guerre non c'est pas de bonne guerre non je trouve pas que c'est de bonne guerre mais je pense que tout le monde aurait intérêt encore une fois à ne pas créer des fractures et à faire en sorte que pendant cette campagne européenne si chacun doit faire entendre sa petite musique voilà qu'on n'oublie pas le concert commun en réponse à ces propos forts tenus par vos camarades Bonpard et Coquerel il y a eu des propos forts de Raphaël Glucksmann sur la démocratie et la France insoumise avec des propos injustes bonjour Dominique oui bonjour et sur les marchés bon bref et bienvenue dans le grand entretien d'Inter vous avez une question pour Clémentine elle est la suivante Mme Autain est en colère d'accord mais pensez-vous qu'il y a immensément plus importants que nos problèmes domestiques dont vous nous parlez ce matin qui sont pertinents certes mais je veux parler de plus importants il y a selon vous qu'est-ce qu'il y a bon je vous réponds tout de suite c'est l'agonie militaire de l'Ukraine qui pointe en face de la Russie et à laquelle nous devrions nous disposer nous tous en Europe en économie de guerre pour les aider bien davantage et là l'économie de guerre ça ne va plus être de savoir si on doit si on va devoir partir au sport d'hiver si on va pouvoir rouler sur les routes ou quoi que ce soit voilà moi je vous pose cette question l'heure est grave et on entend et ce que je reproche à France Inter c'est que Dominique laissez d'abord Clémentine Autain vous répond et ensuite vous nous ferez part de vos reproches Clémentine Autain oui je partage la préoccupation immense pour la situation en Ukraine c'est tout à fait juste de la pointer en revanche je dis faisons attention à ne pas dire parce qu'à ce compte là il y a plus grave on connait bien ça avec les féministes vous savez quand on se plaint des violences conjugales en France on nous dit mais regardez les femmes en Iran donc ça c'est pas possible mais on peut pas dire que les français qui s'appauvrissent ceux qui n'arrivent pas à se loger des services publics qui sont complètement cassés que tout ça on n'en parle pas parce qu'il y a la situation en Ukraine ou la situation au Proche-Orient avec Gaza qui est dans un état qui me glace donc oui les guerres qui nous préoccupent aujourd'hui sont essentielles à notre regard et impliquent notre investissement et c'est vrai que l'Ukraine pour répondre d'un mot sur l'Ukraine Poutine a profité du fait que ce qui s'est passé en Israël l'attaque du Hamas puis la guerre d'Israël contre les Palestiniens ce massacre effrayant a éclipsé un peu et a laissé du champ à Poutine or Poutine c'est un régime effroyable il faut avoir aucune naïveté sur le régime poutinien et il faut soutenir les Ukrainiens qui aujourd'hui sont en train d'être exsangues donc je partage cette préoccupation Deux questions rapides de Clémentine Autain Judith Godrech prendra la parole ce soir pendant la cérémonie des Césars c'est un combat que vous avez mené parmi les premières qu'est-ce que vous attendez de cette prise de parole encore une encore une dans le monde du cinéma et encore au cours d'une cérémonie très solennelle elle était bouleversante quand elle témoignait au micro de Sonia de Villers ici même dans ce studio D'abord je voudrais lui envoyer toute ma sympathie mon empathie mes encouragements mon soutien j'ai pas de mots mon courage aussi parce que c'est pas évident ce soir d'être face à tout ce monde du cinéma qui peut se sentir coupable d'avoir couvert d'avoir manqué de n'avoir pas ouvert les yeux mais aussi aujourd'hui de manquer de paroles heureusement qu'il y a Judith Godrech et d'autres femmes Anna Mouglalis et d'autres qui ont parlé mais je trouve qu'on entend fort peu de grands acteurs même de stars du cinéma qui là diraient oui je suis avec vous il faut que ça cesse il y a un problème structurel et ce problème structurel il est dans le cinéma révélé aujourd'hui avec des conditions de précarité des rapports de classe aussi des rapports de genre des rapports des adultes vis-à-vis des enfants mais c'est un problème qu'on connaît malheureusement dans toute la société dans le monde politique aussi parce qu'au fond la question qui est posée est celle du pouvoir et justement

23:00
Clémentine Autain

sur la question politique sur celle de la violence faite aux femmes Adrien Quatennens le député de la France insoumise a fait son retour médiatique cette semaine dans les médias qu'est-ce que ça vous inspire qu'il revienne alors qu'il a été absent pendant un an suite à sa condamnation à quatre mois de prison pour violence conjugale

23:18
Présentateur

je pense que le problème a été les conditions très chaotiques de sa mise en retrait le début alors que notre mouvement a pris des décisions de sanctions bon il y a eu une communication qui n'a pour le moins pas permis d'être comprise à échelle de masse et donc ça ne permet pas un retour totalement serein voilà donc je pense que il peut revenir

23:47
Clémentine Autain

après ces quatre mois de prison avec sursis il peut revenir dans l'espace public c'est pas un problème

23:50
Présentateur

écoutez c'est la décision qui a été prise là pour le coup avec un débat un vote à l'intérieur de mon mouvement et après les français jugeront merci Clémentine Autain d'avoir été l'invité de France Inter d'avoir regardé

Le gouvernement "ne pense que 'réduction des dépenses publiques'", regrette Clémentine Autain — Clémentine Autain · Pourquijevote