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Podcast / conversationforumdesimages· 24 juillet 2026 65 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

David Lynch ou l’art de dézinguer le mensonge avec élégance

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 3 %Défensif 3 %

Temps de parole

  • Présentateur80 %
  • Invité6 %
  • Invité 25 %
  • Invité 34 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:03
Présentateur

La parole est à toi. Merci, c'est gentil. Si seulement c'était vrai. Il va falloir s'habituer à ce que des femmes puissent parler de lynch. Je ne sais pas comment on va faire. Alors, avant de commencer, deux infos. La première, c'est que je vais m'évertuer au maximum que je peux de ne pas spoiler quoi que ce soit. Ce n'est pas facile, mais vraiment, je fais mon max. La deuxième info, c'est que je suis douée en lynch, mais je suis nulle en PowerPoint. Donc, j'ai un support, mais franchement, il est moche et je suis désolée. Voilà. Donc, en plus, sur un immense écran, c'est vraiment la honte, mais ce n'est pas ma formation première. Donc, que raconte ce titre ?

David Lynch ou l'art de dézinguer le mensonge avec élégance au-delà du fait de juste vouloir s'inscrire dans la thématique du forum pour pouvoir être là aujourd'hui et le faire rentrer au chausse-pied. Moi, ce que j'ai envie de raconter, c'est une nuance du mensonge, c'est une façon de mentir qui est d'illusionner son monde. Et ce que Lynch a fait pendant toute sa carrière, c'est détruire les illusions sur lesquelles il a grandi.

Donc, à chaque fois qu'on va parler de ce qu'il raconte dans ses films, revenir sur son passé, revenir sur son éducation, son rapport à sa famille, son rapport à son pays et montrer comment il a décidé, une fois qu'il avait la parole, le libre arbitre et sa propre expérience, de raconter sa vérité de ces mondes-là. Donc, j'ai séparé le cours, enfin cours, conférences, sectes, comme vous voulez, en trois parties. Donc, on va parler de la famille, puis de l'Amérique, puis d'Hollywood et de la façon dont il a détruit tous les mythes et toutes les illusions qui accompagnent ces trois thématiques-là.

J'ai mis une petite révision avant de commencer pour se rappeler dans quel ordre est sorti quoi, parce que c'est normal de ne pas s'en souvenir. Donc, on rappelle très rapidement qu'Irez Orette, c'est 77, qu'Elephant Man a eu huit nominations aux Oscars et en a gagné zéro, que Dune est un échec, que Blue Velvet, que vous verrez tout à l'heure à 21h, a une importance cruciale, et je vous expliquerai après pourquoi, que 90 et Twin Peaks, c'est la première fois que vraiment un cinéaste fait de la télé avec respect et y amène tout son talent, tout son savoir-faire et aussi toute son obstination.

Sailor et Lula, c'est la palme à Cannes, qu'il a reçue pendant qu'il a abandonné la saison de Twin Peaks. Fire Walk With Me, donc le préquel de Twin Peaks en 92, qui se fait défoncer à Cannes. Lost Highway en 97, son film le plus étrange, Une histoire vraie, en 99. Et enfin, Mulholland Drive et Inland Empire, qui fonctionne plus ou moins comme un diptyque autour d'Hollywood. Pour finir avec la saison 3 de Twin Peaks, qui aura 10 ans l'année prochaine, alors qu'elle paraît si fraîche, si nouvelle, et bien non, elle est déjà vieille.

Pour parler de la façon dont Lynch se réapproprie la vérité et la réalité en permanence, il y a un point de départ qui est hyper évident et hyper simple, qui s'appelle l'espace du rêve, donc qui est son autobiographie. Pour ceux qui ne l'ont pas lue, elle a un concept très lynchien, c'est qu'elle est écrite à deux têtes et quatre mains, Lynch d'un côté et une journaliste qui s'appelle Christine McKina de l'autre. Il parle exactement des mêmes choses, dans le même ordre, avec le même chapitrage.

La différence, c'est que Christine McKina a fait plus de 100 interviews pour connaître la réalité et que Lynch reprend toutes ses vérités et donne sa propre version, qui est toujours différente, comme s'il n'avait pas vécu sa propre vie. Si vous ne l'avez pas encore lue, je vous conseille plutôt que de le lire, de l'écouter, parce qu'on a une grande chance, c'est qu'il a eu le temps de l'enregistrer en audiobook avant de nous quitter. Donc vous pouvez écouter David Lynch vous raconter sa vie, c'est mon ASMR personnel, c'est ce que j'écoute avant de dormir. Donc je vous parlais de trois environnements que Lynch détruit.

Donc la famille comme lieu de confiance et d'épanouissement, il ne racontera jamais ça dans ses œuvres. L'Amérique comme terre de liberté, qui va devenir une terre d'enfer absolue. Et enfin, Hollywood comme royaume de la création et de la passion, où il va se retrouver à être un peu le seul à être aussi passionné par son métier et à être toujours à contre-courant de ce qu'on lui demande. Sauf pour Dune. Il l'a regretté, et nous aussi. C'est comme ça, c'est la vie. Donc le passé de Lynch est très important, et le connaître un petit peu, c'est important pour comprendre comment il a créé ses œuvres par la suite.

Et dans un merveilleux documentaire qui s'appelle The Art Life, dont on va regarder un extrait, il explique justement comment son passé a infusé dans son œuvre. Donc je crois qu'il n'y a qu'un seul extrait de The Art Life. Non, il y en a deux. C'est le premier.

4:54
Invité

C'est vraiment la plus belle personne du monde.

5:37
Présentateur

Comment on va faire ? Comment on va survivre à ça ? Bon. Donc, on va commencer par la famille. On va d'abord faire un petit tour dans le passé. Donc c'est quoi l'enfance de David Lynch ? C'est une enfance joyeuse, super douce, avec des parents qui s'aiment, qui ne s'engueulent jamais. Il n'y a pas d'argument dans la famille. Les enfants font ce qu'ils veulent, c'est la fête. Ils passent leur journée dans des flaques de boue ou à faire des dessins. Il a un frère qui s'appelle John, une sœur qui s'appelle Martha. Et il a un soutien de ses parents parfait pour développer sa créativité, en tout cas à l'enfance.

Par exemple, sa mère, pour l'encourager à créer, elle voit un truc spécial en lui, un truc artistique, et elle lui interdit de faire des coloriages. Donc elle donne des coloriages à son frère et à sa sœur, mais elle dit à David Lynch, elle dit à David, « Toi, tu ne fais pas de coloriage, d'abord tu fais des dessins, et après tu les colorieras, mais tu ne vas pas colorier un truc qui est déjà fait. » Donc elle est dans un encouragement très beau, d'une mère à son fils, son père aussi, jusqu'au moment où les parents comprennent qu'à 20 ans, à 18, 19, 20 ans, Lynch ne rigole pas du tout avec l'art plastique, avec la peinture, avec le dessin, et qu'il va y consacrer sa vie.

Et là, tout de suite, on n'est plus sur le même rapport. C'est un trauma chez Lynch. Lynch, il va... Mais je n'ai même pas mis mon truc, alors. C'est moche, mais bon, je l'ai fait. Donc je vais vous le montrer. Donc ça, c'est mon chapitre. Et ça, c'est les photos de sa jeunesse. Oh, c'est beau ! Voilà. Donc vous voyez la famille, tout ça, en bas avec son papa, en train de chercher du bois, après à côté avec son papi, et avec son frère et sa sœur. Donc la famille retire son soutien dès lors que ça va devenir sa vie. Et ils lui disent qu'il ne s'en sortira pas comme ça. Lynch, évidemment, s'en fout. Et d'ailleurs, il s'en foutra jusqu'à la fin de sa vie, de la vie des autres.

Et il a bien raison. Et il va continuer, poursuivre son rêve. Et un jour, il va décider de prouver à son père que cette direction est la bonne. Et il va l'inviter dans son atelier. Ça ne va pas se passer comme prévu. Et donc, nous allons regarder l'extrait de The Art Life, l'extrait numéro 3. Et il n'y a pas de numéro 2, parce que je ne suis pas organisée.

7:46
Invité

Je me suis dit que mon père a fait de faire un voyage de California out de, say, D.C. ou quelque chose. Et il voulait venir à visiter en Philadelphia. Donc je me suis dit, oh my God. Donc, j'ai dû faire un voyage. J'ai dû faire un voyagement, Peggy had to move out. Not move out, but not be there. Et je me suis dit, et j'ai pris mon père et brought him back à 2429 Aspen Street. Et on a visite. Et juste à l'intérieur de la visite, je disais, oh, je vais vous montrer que je vais vous montrer un voyageur. Et je me suis dit, c'est un voyageur. J'ai dû voir ce fruit, après plusieurs stages de fruit, et comment c'est un voyageur. Et j'ai eu un voyageur.

Et j'ai eu un voyageur, et j'ai eu un voyageur en plastique, et j'ai eu un voyageur un voyageur que j'ai eu collecte. J'ai eu voulu partager ça avec mon père, donc j'ai eu l'adam dans le basement. Et c'est un petit dim light. Et j'ai eu un voyageur, j'ai eu un voyageur. J'ai eu un voyageur avec lui, right? J'ai eu un voyageur. J'ai eu un voyageur. Je suis un voyageur. J'ai eu un voyageur. J'ai eu un voyageur. J'ai eu un voyageur en moi, C'était great que j'ai vu ce que j'ai vu. Et je me suis en train de se sentir comme ça. Et je me suis en train de se sentir. J'ai vu ce que j'ai vu ce qui est en ma tête. Et je me suis en train de se sentir. Et je vois ce que j'ai vu de moi.

Et je suis en train de retour. Et nous sommes en train de retour à la station. et c'était dans ce truck en train de retour à la station qu'il m'a dit à moi Dave, j'ai dit oui je ne pense pas que tu devrais jamais avoir des enfants

10:22
Présentateur

sympa donc le père de Lynch semble savoir sème une graine dans la tête de son fils et à vie Lynch aura peur d'être père alors la blague c'est qu'il a 4 enfants avec 4 femmes différentes donc il est père mais il est persuadé qu'être père va l'empêcher d'être quoi ?

j'ai entendu une voix, c'est chaud qu'être père va l'empêcher d'être un artiste ou en tout cas l'artiste qu'il veut être ce documentaire là dont vous avez vu un extrait s'appelle The Art Life et c'est comme ça qu'il appelle sa vie sa vie c'est une vie d'artiste, point c'est pas une vie de famille, c'est pas une vie de père c'est pas une vie de citoyen, c'est une vie d'artiste et ça s'arrête là et être père, ça va l'empêcher de faire ça donc il devient père pour la première fois en 1968 sa fille Jennifer née avec un pied beau un détail pour vous mais vous allez voir que ça veut dire beaucoup donc sa fille née en 68 et lui travaille sur son premier court-métrage et son premier court-métrage va s'appeler The Grandmother c'est fait exprès que la photo ne prend que la moitié de l'écran je tiens à le dire, je sais mettre une photo au milieu dans The Grandmother on a ce petit garçon qui est le fils de ses voisins à Philadelphie qui est battu par ses parents parce qu'il fait pipi au lit et il va semer une graine et faire pousser une grand-mère qui va le protéger contre ses parents donc là, ce qu'on voit c'est la peur de Lynch d'être père mais surtout la peur de Lynch d'être un mauvais père et ce qu'il exprime quand il parle de la famille Lynch, il raconte jamais son rapport à ses parents à lui il raconte son propre rapport à lui-même en tant que père et la peur d'échouer cela dit, Peggy sa première femme et la mère de sa fille Jennifer a dit que parfois c'est un bon père notamment quand il fabriquait des jouets bon, et bien c'est mieux que la plupart de nos pères donc, pourquoi pas donc il travaille sur son premier court-métrage The Grandmother où on commence à comprendre son rapport à la famille et ensuite il travaille sur son premier long-métrage d'où la moitié de la photo hop, ir as a red le lien est assez simple à voir Henry est père il est dégoûté et en plus, son enfant est bizarre et là, on se souvient que Jennifer est née avec un pied beau donc on voit le trauma total de Lynch face à l'idée d'être père on va regarder évidemment un petit extrait d'ir as a red et c'est l'extrait 1

12:54
Invité

I love Mary Henry, I asked you if you and Mary had sexual intercourse Well, I don't think that's any of your business Henry I'm sorry Very bad trouble if you won't cooperate Well, I... Mary Answer me I'm too nervous There's a baby It's at the hospital Mom And you're the father That's impossible It's only... There's still a baby It's premature But there's a baby After the two of you are married which should be very soon You can pick the baby up Donc Henry apprend qu'il va être père

14:44
Présentateur

Il rejette tellement cette idée par tous les porcs qui saignent du nez Et je fais une petite parenthèse pour la régie On a des trous de son par moment Voilà Je sais pas si c'est l'extrait ou le son Mais on a des petits trous de son David Lynch Pendant le tournage d'Iras the Red Se sépare de Peggy Donc s'éloigne de sa fille Jennifer Elle est parfois sur le tournage Elle sera coupée au montage Si ça c'est pas un truc psychologique Enfin je suis pas psy Mais enfin je veux dire Il a coupé sa fille au montage Et il l'a recoupée au montage Dans Blue Velvet Donc elle a joué deux fois dans ses films Mais elle n'est jamais apparue à l'écran Et il s'identifie tellement à Henry Qu'après sa séparation avec Jennifer Il dort dans le lit du personnage Sur le plateau de tournage Donc c'est dire à quel point Il raconte sa vie Avec ce film là Quand le film sort Il adresse un petit mot à ses parents Que voici Cher maman et papa Ne regardez pas Ne regardez pas Il reste raide Et ne dites à personne Que c'est moi qui l'ai fait Derrière ce trait d'humour On sent quand même la petite tension Il a désobéi à son père Qui lui avait dit De ne pas devenir père lui-même Et il a fait ce qu'il a voulu Et voilà Cette difficulté d'être père On va beaucoup parler de son cinéma Mais elle apparaît aussi dans sa peinture Donc on va faire quand même un petit détour Hop Donc là on a Suzy Qui fugue A l'âge de 14 ans Et à côté On a un enfant Qui fout le feu Absolument partout Et on voit que Dans la maison Soit disant familiale En bas On a un petit personnage Avec un pistolet dans la main Fun Très fun La famille Ça c'est l'image de la famille Chez Lynch Donc quand on parle De casser un mensonge C'est le mensonge De sa propre famille idéale Qu'il casse en créant Uniquement des familles dysfonctionnelles Dans Elephant Man Par exemple La mère est morte Et les deux figures paternelles Sont des ordures A leur façon On a d'un côté La personne qui possède Qui pense posséder Elephant Man Un homme de cirque Qui en fait un animal de foire Et on a ensuite un médecin Qui sous couvert de vouloir l'aider L'exploite Toute sa vie Et se sert De la découverte Et du soin d'Elephant Man Pour faire sa renommée En tant que médecin Donc on a deux figures paternelles Qui l'exploitent Dans Blue Velvet Encore une fois Je ne vais pas spoiler Donc des fois Ça va paraître flou Ce que je dis Mais si vous savez Vous savez Et si vous ne savez pas On passe les films Donc voilà Dans Blue Velvet On a un enfant kidnappé Et une mère martyrisée Pour pouvoir Ne serait-ce que lui parler Au téléphone Dans Twin Peaks C'est Cellar et Lula On nous parle d'inceste Qui est un sujet Extrêmement rare Tout écran confondu A l'époque Donc sans spoiler C'est très important De se dire qu'un cinéaste C'est en homme En plus C'est emparé de ce sujet là À nouveau Dans Cellar et Lula L'ennemi juré de Lula C'est sa mère Et puis d'un seul coup La famille disparaît Donc en fait Le traitement La filiation Et le noyau familial N'existent plus Dans les oeuvres de Lynch Et on se concentre Sur le couple Mais franchement C'est pas beaucoup mieux Dans Lost Highway On a un féminicide Et dans Island Empire Et Twin Peaks Et le retour de Twin Peaks On a des violences conjugales Et Lynch est aussi Un des premiers cinéastes À s'être emparé Des violences conjugales Dans ses films Et c'est important de le dire Parce qu'on a tendance À penser Que c'était quelqu'un D'extrêmement déconnecté De la société Pas du tout Un observateur du monde Alors que non seulement Il observait Mais en plus Il dénonçait Mais la forme N'a pas forcément aidé À ce que le fond passe Donc ça sert à ça De faire ce genre de truc C'est de remettre Un peu les choses Dans l'ordre Ce qui est important Chez Lynch Et on le verra aussi Quand on parlera de l'Amérique C'est que la violence Elle vient jamais de l'extérieur Elle vient toujours De l'intérieur Là elle vient de la famille Après elle viendra du pays Mais Lynch n'a pas exploré Le monde Dans son cinéma Il a exploré Ce qui était proche de lui Parce que ses souvenirs Et son environnement Sont tellement forts chez lui Qu'il n'a jamais réussi À en sortir Sauf une fois C'était pour Dune Et on sait Ce que ça a donné Même si vous allez voir Quand on parlera de l'Amérique Ça a quand même aidé À faire quelque chose Donc la violence Vient de l'intérieur Le danger vient de l'intérieur Vient de la famille Mais néanmoins Il y a une exception Ah oui J'avais mis un très beau Patchwork de violence conjugale Voilà C'est magnifique Il y a une exception Dans le cinéma de Lynch Et c'est son film Le plus étrange C'est une histoire vraie Donc l'histoire D'un frère Qui traverse Une partie des Etats-Unis En tondeuse à gazon Pour retrouver son frère Avec qui il est brouillé Depuis des années Mais dont il a appris Qu'il était malade Donc là On est sur Les deux frères Sont le lien Le socle narratif Du film Néanmoins On ne va jamais En parler dans le film Et quand ils vont se retrouver Le film finit Donc ça n'intéresse pas du tout Lynch D'explorer leurs liens Il aurait pu faire des flashbacks Il aurait pu nous raconter Il aurait pu faire raconter A son personnage A Alvin Il s'en fout Totalement Lui ce qui l'intéresse C'est de traverser l'Amérique Et on verra après pourquoi Pour moi La raison pour laquelle Il accepte de faire Un film familial C'est parce que Une histoire vraie C'est un film Disney Et que Disney C'est l'autorisation D'un truc Qu'il ne traite jamais Qui est Les fins heureuses Qui est la joie Qui est Les retrouvailles La simplicité Et justement Ce lien fraternel Et la seule fois Où il va s'autoriser A vraiment explorer Ce lien là C'est un film Disney Donc c'est presque Quelque chose D'imaginaire C'est comme si Ça n'existait pas Je te vois Renan Si seulement Vous aviez un meilleur ami Qui à chaque fois Que vous parliez fait Oui c'est ça C'est ça Charlotte Continue J'adore Donc ça c'était Pour boucler Sur une histoire vraie Et l'espèce D'utopie humaniste Que ce film représente Dans la filmographie de Lynch Et aussi peut-être Une des raisons Pour lesquelles On ne l'aime pas Ce film Parce que d'une On sait pourquoi On ne l'aime pas C'est pas la peine De chercher pendant trois plombes Une histoire vraie Après tout pourquoi pas Mais on ne l'aime pas Parce qu'il ne raconte pas Ce que Lynch raconte d'habitude Et il ne le raconte pas En plus c'est un ton Qui est un peu mièvre Et c'est quelque chose Qu'on ne supporte pas Et je crois foncièrement Que Lynch nous a habitués A la violence Est-ce que c'est bien Je ne sais pas Mais en tout cas Quand une histoire vraie Est arrivée On était dans un rejet absolu Et ça C'était la famille Deuxième chapitre Accompagné par son image L'Amérique Ce n'est pas que c'est moche C'est que ce n'est pas terrible Ce n'est pas à la hauteur On va dire Donc où a grandi David Lynch ?

Il a grandi dans des maisons De ce genre là Dans des toutes petites villes Sa famille a beaucoup déménagé Mais il a habité Dans l'Idaho Dans le Montana Dans des régions Où la nature Avait beaucoup plus de place Que l'urbain Où il pouvait jouer dehors Où il pouvait parler aux arbres Manger des vers de terre Enfin faire sa vie quoi Jouer dans la gadoue Et il avait cette impression Que l'Amérique De son pâté de maison Il le dit d'ailleurs A cette époque Mon monde ne dépassait pas Quelques pâtés de maison Et pourtant Ces deux pâtés de maison Renfermaient un monde immense Donc pour lui Ce pâté de maison là C'est la réalité De l'Amérique L'Amérique C'est des jolies petites maisons Où tout le monde s'adore Où on s'appelle par son prénom Où tout va bien Où il n'y a pas de violence Où les enfants peuvent faire Du vélo dehors Etc Evidemment C'est faux Ce qui nous amène Au mensonge numéro 2 Au moment où Lynch Quilte A la fois le cocon familial Et le côté nature Super joli De ces petites villes Où il a grandi Pour partir à Philadelphie Et là Est le deuxième mensonge Parce que Philadelphie Le traumatise Complètement Alors Voilà ce qu'il dit De Philadelphie Donc bon Vous savez lire Vous vous débrouillez Moi ce que j'aime beaucoup C'est la ville La plus malsaine La plus corrompue La plus décadente Et la plus rongée Par la peur Qu'on puisse imaginer Donc là vraiment On est à l'opposé Des jolies petites maisons Où il a grandi On l'a trahi On s'est moqué de lui Et c'est extrêmement désagréable Et c'est tellement désagréable Que quand il va partir A Los Angeles Faire son premier film Il va y amener L'esthétique de Philadelphie Donc voilà Le quartier Où il a grandi Bon Voilà Effectivement C'est pas la petite maison Dans la prairie Remake sur Netflix Et voilà Il reste à red Donc on est sur quelqu'un Qui est arrivé A Los Angeles Qui a fui D'une certaine manière Philadelphie Qui a expliqué Maintes fois Que ce qu'il aimait De Los Angeles C'était sa lumière Et qu'il va faire Un film De Los Angeles Qui ressemble A Philadelphie C'est une sorte D'exutoire Il va essayer De sortir Cette ville De Cévennes Il va en mettre Partout Il va en mettre Dans des photos Il va en mettre Dans des dessins Il va avoir Une fixette absolue Sur les usines Notamment Donc ça c'est un paysage Qui était très proche De lui A Philadelphie Et il va raconter Que malgré ce côté Crade Un peu flippant De Philadelphie Sa passion Pour les usines Fait qu'il aurait Adoré passer Des après-midi A pique-niquer Au pied d'une usine Bon Ensuite il fait Elephant Man Et on retrouve A nouveau L'esthétique De Philadelphie Dans l'Angleterre Victorienne Il considère Et il va le dire Que les humains Fonctionnent Comme des usines Donc l'hôpital Dans lequel Elephant Man Merrick Est recueilli Fonctionne comme une usine Il va passer Beaucoup de temps D'ailleurs A filmer les sous-sols Les tuyaux La fumée Le bruit On va retrouver Quasiment la bande sonore D'Irez Ored Alors qu'on est sur une ville Un pays différent Et sur une esthétique Qui n'a absolument Aucune raison De ressembler à Irez Ored On va rester Dans le noir et blanc Également Donc on voit Que le trauma Le suit de film en film Jusqu'à Dune C'est pour ça Que je vous disais Que Dune Quand même C'est bien Parce qu'après Dune Le trauma Philadelphie A été évacué Et Dune Dune lui permet De passer A une autre période De son passé Qui est avant Philadelphie Donc en fait Dune dans la catastrophe Qu'a été cette oeuvre Est une forme de thérapie Et lui permet De se décoller Du noir et blanc De la fumée Et des usines Et donc il enchaîne Sur Blue Velvet Blue Velvet Va lui permettre De reconnecter Avec l'enfance Des jolies maisons Mais néanmoins Il apporte une lucidité Où il va expliquer Qu'au delà De l'illusion De ces jolies maisons Des arbres Des cabanes Du ciel bleu Tout ça Tout est beau Tout est joli Il parle des cerisiers Il va expliquer Que sur les cerisiers Il y a de la sève Qui suinte Et des millions De fourmis rouges Qui grouillent Et à partir de là A partir de ce moment Dans sa carrière Ce qui va l'intéresser C'est plus la maison C'est les fourmis rouges Qui grouillent Et il va passer Toute sa carrière A placer des histoires De fourmis rouges Qui grouillent Donc métaphore Pour violence Agressivité Violence conjugale Meurtre Films noirs Ça c'est les fourmis Dans un milieu Très joli Qui est le décorum De l'Amérique Mais qui va accueillir Des histoires sordides Et donc le devenir Par la force des choses Donc il va traverser L'Amérique Il va aller en Caroline du Nord Il va inventer Une ville Twin Peaks Il va raconter Évidemment Los Angeles Dans une trilogie Dont on parlera Dans la troisième partie Mais en tout cas Ce qu'il essaye de faire C'est de casser la douceur Et de montrer la violence Qui se cache derrière la douceur Donc on retrouve la maison Que je vous ai montrée tout à l'heure En dessous La maison de Blue Velvet Bon On peut voir qu'il est passé A un autre moment De sa propre biographie Donc il va placer son récit Dans une maison Qui ressemble A celle de son enfance Mais il va y installer De la violence En résumé Une femme est séquestrée Forcée à chanter Dans un club Son enfant a été kidnappé Et cette femme Est régulièrement battue Violée Agressée Et n'a pas la possibilité De retrouver son enfant Et tout ça se passe Dans une magnifique Petite banlieue Et son acteur fétiche Autre avantage de Dune Quand même C'est la rencontre Avec Kyle MacLachlan Ça valait le coup De faire un film de merde On retrouve Kyle MacLachlan Ah bah oui On retrouve Kyle MacLachlan Dans Blue Velvet Qui va s'improviser Enquêteur Et qui va parler Avec sa jolie petite Voisine Sandy Sandy incarnée Par Laura Dern Une autre muse De David Lynch Et ensemble Ils vont essayer D'aider Dorothy Valence La femme qui est séquestrée Et dans l'extrait Qu'on va regarder De Blue Velvet Qui est l'extrait Numéro 1 On va comprendre De quelle manière Lynch mixe L'horreur et la beauté C'est parti

27:24
Invité

Ma salle est au-dessus de mon père, donc... C'est au-dessus de votre père? Donc j'ai entendu quelques choses de l'année. Et ? Alors, il y a quelques cas que j'ai mis en train de faire. Mais une autre chose qui continue à venir est cette femme, Singer. Elle vit dans un building d'apartement qui est très près de votre maison. Elle est aussi près de la pêle où vous avez trouvé l'année. C'est un monde étrange, n'est-ce pas ? Oui. Tu sais où cette femme d'apartement d'appartement est ? Oui, c'est très près de l'autre, c'est ce qui est tellement drôle. Ils ont été sous surveillance pendant quelques mois, excepté je ne sais pas ce qu'ils ont trouvé, ce n'est pas le cas de mon père.

Je pense que tu dois revenir à l'aise assez vite, hein ? Pas vraiment, pourquoi ? Alors... Tu veux voir le building ? Oui. Allez, je vais te montrer.

28:26
Présentateur

Donc ils y sont allés à pied. Ah, d'ailleurs, l'oreille. J'ai oublié de vous la montrer. L'oreille de Blue Velvet. Tout commence par la découverte d'une oreille dans l'herbe. Et si vous avez de bons yeux, on voit qu'il y a les fourmis rouges qui grouillent dessus. Voilà. D'où part cette histoire de fourmis rouges ? Ce que raconte Sandy, c'est que l'enfer est au bout de la rue. On voit qu'ils y vont à pied. On voit d'ailleurs que sur ce très court trajet, il y a quand même deux blaireaux dans une voiture qui arrivent à la siffler et à l'emmerder. Donc on est vraiment sur Lynch qui est conscient de la réalité du monde.

Mais ce qui est important dans cet extrait-là, c'est vraiment de se dire qu'où qu'on soit, la DN de l'Amérique, même si on vit dans une jolie petite maison avec des jolies petites barrières, la violence, elle est là quand même. Et l'illusion et le mensonge de cette beauté, de cette propreté, de cette douceur ne tient pas la route. La preuve, l'immeuble est au bout de la rue de Sandy. Denis Sopper, qui joue le méchant dans ce film, a une façon de l'expliquer. Il dit que Blue Velvet est une radiographie de la schizophrénie de l'Amérique, une sorte de cauchemar collectif. On va se souvenir du mot schizophrène parce qu'on va y revenir dans pas longtemps.

Donc Lynch, à travers ses films, il va s'amuser, enfin s'amuser, il va s'évertuer à briser tous les symboles de l'Americana, toute l'aura de l'Americana, à travers des paysages, mais aussi des symboles. Et un des symboles auxquels on pense de l'Amérique quand on pense David Lynch, c'est évidemment le diner, qui est censé être un endroit super chouette, où on peut venir manger des pancakes 24h sur 24, où la serveuse est super sympa, elle vous appelle Honey, vous ne lui en voulez pas parce que c'est l'Amérique, tout ça, tout ça. Mais il y a quand même Irène. Ah oui, donc, pardon. La violence, les flingues, l'Amérique est violente.

Irène, ma serveuse préférée, Irène, dans Fire Walk With Me, au Habs Diner, qui fume des clopes pendant qu'elle vous sert derrière son comptoir, et qui vous dit, tu veux savoir c'est quoi les specials d'aujourd'hui ? Ben, on n'en a pas. Et ça, c'est dès 92. Donc Lynch est la mythique du diner, qui va répéter dans l'extrait qui a été spoilé. Et c'est une façon de détruire l'Amérique. D'ailleurs, il y a le petit drapeau américain à l'arrière. Donc non seulement il va nous montrer que l'Amérique est violente partout, mais en plus les endroits où on pourrait se réfugier le sont aussi. Et c'est ce qu'on va voir là, dans l'extrait du diner de Mulholland Drive, dont on a vu.

Non seulement on est dans un diner, mais en plus on est dans un diner à Los Angeles. Or, s'il y a un endroit où la misère ne doit pas se voir, c'est bien à Hollywood. Donc à partir du moment où dans Mulholland Drive, Lynch décide de montrer la misère hollywoodienne, on sait que là, il n'y a plus de porte de sortie. Et c'est vraiment un moment pivot en 2001, dans sa filmographie, de montrer une misère qui n'est plus scénarisée. C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin d'un ressort scénaristique. On n'a pas besoin de la mettre en contexte. Elle est juste cachée derrière le diner, à côté de la poubelle. On est sur un rapport très frontal, très quotidien avec la violence.

Ça veut dire qu'on ne peut pas lui échapper. Et ça, c'est vraiment un travail que fait Lynch de progressivement, film après film, être de plus en plus frontal et radical avec ce qu'il dénonce, ce qui ne l'empêche pas de continuer à rêver, comme il dit. Mais en tout cas, ce qu'il dénonce, il le dénonce vraiment. Et cette scène du diner, elle est vraiment importante. Ce qu'il nous montre, en fait, au fur et à mesure de ses films, c'est que, pour reprendre l'histoire de la schizophrénie de Denis Sopper, l'Amérique est complètement schizophrène et complètement double. Elle vous accueille et elle vous envoie chier dans la même phrase et de la même façon.

Donc, « Welcome to Twin Peaks », c'est super. Puis dans « Sailor et Lula », « Fuck you ». Bon. Ça, c'est deux façons d'accueillir les gens en Amérique. Et ce que va faire Lynch, au fur et à mesure qu'il va raconter l'Amérique, c'est qu'il va raconter l'effet double et schizophrène de l'Amérique dans ses personnages. Et on va avoir énormément de personnages, eux-mêmes, doubles et schizophrènes. Alors, je vous ai fait un petit panorama. Donc, le travail sur le doppelganger, le travail sur le double dans Lynch, ça mériterait un cours à lui tout seul.

Mais en tout cas, on a toujours des personnages qui se dédoublent, des personnages qui se perdent en eux-mêmes, des personnages qui disparaissent et réapparaissent autrement. Donc, dans « Lost Highway », la première photo, ça a un nom que je vais vous retrouver immédiatement tout de suite, une fugue dissociative. C'est ce que subit Fred quand il devient Pete. Donc là, on est sur quelque chose de médical. Mais de toute façon, vous voyez Laura et Maddy. Vous voyez les deux femmes de Mullen and Drive. Également Laura Dern qui se dédouble, se détriple dans « Inland Empire ». Les personnages ne peuvent pas être stables si l'endroit où ils résident n'est pas stable.

Et comme l'Amérique est instable, les personnages le sont aussi. Et donc, tout est double dans cette Amérique. L'autre solution pour s'en sortir dans le pays, c'est de le traverser en mouvement. Donc, la façon dont Lynch filme la route, c'est quelque chose qui vient très vite en tête quand on pense à lui. Les images de « Lost Highway », mais pas seulement. Il filme les déplacements dans Twin Peaks. et évidemment, le cœur de Célor et Lula, qui est une forme de road trip hallucinée où on fuit l'enfer pour finalement retourner dans un autre enfer, et à l'abri de leur voiture.

Donc, dans un endroit où normalement, personne ne peut nous toucher, où on est peinard, on est sur la route, on est en voiture, on est avec son amoureux, son amoureuse, ça roule, on écoute la radio. Et là encore, la violence va venir ramener sa fraise. Donc, c'est l'extrait de Célor et Lula, le deuxième.

37:35
Invité

On ne peut pas être tranquille.

38:02
Présentateur

On ne peut pas être tranquille dans sa voiture. J'ai coupé un peu trop tôt l'extrait. Juste derrière, elle dit à Célor, j'en peux plus de cette radio, mets-moi de la musique. Alors, la musique chez Lynch, c'est aussi le sujet d'un autre cours, mais c'est souvent l'échappatoire à la réalité, la musique, la phrase de Twin Peaks, there's always music in the air. Donc, il y aurait un truc à tirer là-dessus, mais on n'a pas le temps. Mais je voulais quand même finir mon petit dialogue. À nouveau, l'exception de cette Amérique horrible et douloureuse, c'est une histoire vraie. Donc, Alvin rejoint son frère, il traverse l'Amérique en tondeuse, il doit s'arrêter souvent parce qu'il est plutôt jeune.

Et au fur et à mesure de ses arrêts, il rencontre toute l'Amérique et tous les maux de l'Amérique. Une jeune fille qui vient de fuguer, qui n'ose pas dire à ses parents qu'elle est enceinte, une bande de jeunes qui fêtent je ne sais quoi en jouant au rugby, un pasteur, un vétéran qui va lui expliquer comment il se sent invisible dans cette société. Et d'ailleurs, il y a une scène très très belle, mais on n'a pas le temps de montrer tous les extraits de la terre, malheureusement.

Mais il y a une scène très belle où Alvin parle avec le vieux monsieur qui est à côté de lui et tous les deux sont vétérans et tous les deux se sont reconnus juste en se regardant et ont compris tous les deux en se regardant qu'ils avaient vécu la même chose. Et ils se disent, quand ils partent parler dans un bar, que vraiment cette Amérique s'en fout et est prête à tout pour les oublier et à oublier qu'ils existent. Donc le parcours d'une histoire vraie, c'est finalement à nouveau la seule fois où on va s'intéresser à l'Amérique d'une manière plus douce, où on va écouter le malheur des gens. Alvin a une qualité d'écoute que je souhaite à tout le monde. C'est merveilleux. C'est merveilleux.

Il a toujours le temps de vous écouter. Et à nouveau, c'est dans un film Disney que ça arrive tout ça. Donc vraiment pour moi, ce film, il a quelque chose d'utopique et il est presque ce que Lynch aimerait que le monde soit, tout en sachant que c'est impossible. Et donc c'est vraiment pour ça que pour moi, c'est une parenthèse dans l'œuvre de Lynch, ce film-là. Mais en tout cas, sa vision idéalisée, donc le mensonge de l'Amérique, il est dans une histoire vraie. Et tout le reste de sa carrière, c'est sa vérité à lui et son regard à lui. Il y a un travail qu'a fait Lynch en 2009, dont on parle très peu, qui s'appelle le Interview Project.

Donc en 2009, on est deux ans après le début des subprimes aux Etats-Unis. et Lynch, avec un de ses fils, décide de créer des petits documentaires, des petites pastilles. Et il envoie son fils Austin traverser l'Amérique, rencontrer des gens par hasard dans les bars, dans les supermarchés, sur le Porsche, devant chez eux, et raconter leur vie. Et ils ont le droit de raconter ce qu'ils veulent. Donc on a des... Alors le site Interview Project n'existe plus, mais néanmoins, il y a beaucoup d'interviews qui sont sur YouTube, si jamais vous voulez les regarder.

Donc Lynch ne part pas tourner, il envoie son fils, il envoie la nouvelle génération, mais il crée des petits textes introductifs, d'introduction, dans son atelier à Los Angeles, où il fait un très court portrait de chaque personne qui va raconter sa vie. Donc ça, c'est presque une histoire vraie, en vrai. La date est importante, comme je le disais tout à l'heure, on est en 2009. À nouveau, on est sur un réalisateur absolument pas déconnecté de la réalité, parce qu'on juge toujours la forme, jamais le fond. Donc on va essayer de faire remonter le fond au maximum. Et donc, il crée ce projet-là. Ça, c'est en 2009.

Huit ans plus tard, Twin Peaks revient, dans une Amérique catastrophique, dirigée par Trump. Il y a eu tout un micmac autour du rapport de Lynch à Trump. Donc je fais une micro-parenthèse, parce qu'on a entendu tout et n'importe quoi. Donc Lynch avait déclaré, dans une interview, que Trump pourrait être remémoré comme un des plus grands présidents américains, parce qu'il a bouleversé l'ordre établi aux Etats-Unis et qu'il a mis le gouvernement face à ses faiblesses. Et de ça, on est devenu à Lynch soutient Donald Trump. Il y a eu une petite catastrophe à un moment. Ce n'est évidemment absolument pas le cas. Il soutenait d'ailleurs Sanders pendant les élections à cette époque-là.

Et par la suite, il a précisé sa pensée. Donc je vais le lire comme ça, j'invente rien. Il s'adresse à Trump en disant « Si vous continuez comme vous l'avez fait jusqu'à présent, vous n'aurez aucune chance d'entrer dans l'histoire comme un grand président. Vous provoquez de la souffrance et de la division. » Donc ça, c'est pour un, remettre un petit peu les pendules à l'heure sur l'histoire de Trump et de expliquer pourquoi la saison 3 de Twin Peaks est ce qu'elle est. Parce qu'on est tous pareils, en tout cas ceux qui ont vu Twin Peaks il y a longtemps, on l'attendait comme le messie cette saison 3 et on ne s'attendait pas du tout à ce qu'on a vu. Pour plusieurs raisons.

La première, c'est les villes. Où est Twin Peaks ? Dans Twin Peaks. Elle n'est quasiment plus là. La raison pour laquelle elle n'est plus là, c'est parce que c'est Lynch qui détruit son propre mensonge. Il détruit sa propre mythologie et il accepte qu'une ville comme Twin Peaks ne peut plus exister. L'Amérique n'est plus prête à accueillir ce genre de petite ville qu'il a pourtant tellement fait rêver. Donc on part à New York, on part à Vegas, on part à Buckhorn dans le Dakota du Sud et il va traverser l'Amérique. Donc on voit une vision qui s'élargit parce qu'il ne peut plus rester fermé dans son petit monde doré.

Il ne savait pas, nous ne savions pas que ce serait sa dernière oeuvre mais c'est très symbolique que sa dernière oeuvre soit une oeuvre globale de l'Amérique globale diffusée pendant le premier mandat de Trump et je rebouclerai presque en rappelant qu'il est mort au moment du deuxième mandat de Trump et moi je me dis peut-être pour me consoler qu'il s'est dit non mais là entre les incendies à LA et Trump moi je me casse et qu'il ne regrettait pas de partir. Moi je me le dis comme ça parce que sinon c'est vraiment trop dur. Donc Twin Peaks commence, on a explosé la ville de Twin Peaks, on y retourne parfois mais quand on y retourne nos personnages adorés ont souffert le martyr.

Donc Audrey, bon elle sort d'HP, ça ne va pas du tout. Jerry Horn, c'est un clodo qui vit dans la forêt et qui parle à son pied. Madame Palmer, elle est devenue complètement alcoolique et elle ne regarde que des documentaires animaliers et notre cher et tendre femme à la bûche à un cancer et en fin de vie. Donc quand il nous offre ce qu'on voulait, il le montre tel que seraient ces personnages dans l'Amérique d'aujourd'hui.

et partout dans cette saison 3 de Twin Peaks, on va voir la pauvreté, l'addiction, l'addiction à la drogue, l'addiction aux jeux, on va voir la mafia, on va voir des meurtres immondes, des corps coupés en morceaux, on va, je ne vais pas spoiler, vous verrez demain, mais on verra un Dale Cooper différent, on va dire ça comme ça. Mais le fait que Lynch accepte lui-même de détruire son propre chef-d'oeuvre montre à quel point son regard sur l'Amérique a changé. Ça ne rentre plus dans les cases. Comme dirait Agnès Brunet, on ne fait pas rentrer des ronds dans des carrés.

Un personnage passionnant de la saison 3 de Twin Peaks, vous avez rigolé quand on l'a vu, c'est le docteur Jacobi, ancien psy de Laura Palmer qui est devenu le docteur Emp. J'avais mis un extrême et je n'arrive pas à le faire démarrer. Voilà, la vérité, elle est là. C'est le seul que j'ai mis moi-même et il ne marche pas. Donc le docteur Jacobi, maintenant, il habite dans la forêt. Il est devenu militant slash lanceur d'alerte avec un podcast où il déchire l'Amérique jour après jour devant les yeux enamouré de Nadine qui est devenue complètement amoureuse de lui. Et pour sauver les gens, pour sauver les Américains, il commercialise des pelles en or.

Donc il se fait livrer des pelles par Amazon dans sa cabane au milieu de la forêt, pas super écolo. Il les spray en or et il fait des petites pubs et il les vend, 29,99 dollars pour se sortir de la merde américaine. Donc nous devons notre salut. L'Amérique doit son salut au docteur Jacobi. Et quand on voit ce qu'est devenu Laura Palmer, on se dit que c'est peut-être pas une bonne idée. Et ça, c'était la partie sur l'Amérique.

46:15
Locuteur

Hop.

46:16
Présentateur

Et enfin, nous allons parler d'Hollywood. La passion de Lynch pour le cinéma, elle est fondée sur sa propre cinéphilie. Il a beaucoup raconté que ce n'était pas un grand cinéphile qui ne dévorait pas le cinéma comme un vorace. En revanche, peut-être un peu comme nous avec Twin Peaks, il regardait en boucle les mêmes films, dont deux films importants pour sa carrière, Sunset Boulevard et Oz. Je n'ai pas mis ça dans l'ordre, ce n'est pas grave. Donc, Sunset Boulevard, en résumé, une actrice qui aimerait retourner au cinéma, donc une actrice qu'on a mise de côté et prête à tout pour revenir sur le grand écran jusqu'à la mort. Pas la sienne, mais en tout cas, elle est prête à tout.

Et je ne vous raconterai pas le contexte de cet extrait, mais je peux vous dire qu'il n'y a pas de close-up dans cette scène. Elle est complètement, comme on dirait, des Lulu. Le pendant Lean Chien de Sunset Boulevard, ça va être Inland Empire où Laura Dern va incarner Nikki, une actrice en fin de carrière qui aimerait bien retrouver un hit avant de décrocher et à qui on dit franchement, tu as tout ce qu'il faut, tu vas y arriver, on lui bourre le crâne et on lui fait croire qu'à tout prix, et je vous montrerai après ce que ça veut dire à tout prix, elle va pouvoir redevenir la star qu'elle était. Donc ça, c'est son Sunset Boulevard.

Oz, il y a tellement de trucs à dire qu'il y a un documentaire qui existe, donc je vous invite à regarder plutôt le documentaire Lynch-Oz. Moi, je vais juste me concentrer sur la symbolique des chaussures rouges, donc celle-ci, c'est celle de Dorothy, et celle-ci, c'est une sélection parmi les héroïnes de David Lynch. Donc des chaussures rouges, il y en a tout le temps, partout, et elles sont toujours portées par des femmes qui soit ont besoin de s'échapper de quelque part, donc comme du monde d'Oz, on rentre dans un monde différent, codifié, et on essaye d'en sortir et on va pouvoir en sortir en tapant ses chaussures.

La première photo que vous voyez en haut sur cette magnifique moquette rayée, c'est les pieds de Lula dans Selor et Lula où elle fait carrément le mouvement de taper ses chaussures. Donc on est vraiment dans une citation frontale et d'ailleurs, on verra une version de la fée Glinda à la fin de Selor et Lula. À côté, vous avez Audrey Horn qui change ses chaussures quand elle arrive à l'école, au lycée, collège, j'en sais rien, au lycée je crois, et qui donc devient quelqu'un d'autre. À côté, vous avez, je ne dirai pas qui c'est parce qu'il y en a qui n'ont pas encore fini Twin Peaks. En dessous, la première, je ne dirai pas non plus qui c'est parce qu'il y en a qui n'ont pas fini Twin Peaks.

Celle du milieu, c'est dans Firewalk with Me où on a un personnage de femme un peu loufoque qui va donner des codes à des inspecteurs du FBI pour essayer d'élucider un mystère. Et enfin, la dernière, vous reconnaissez de toute façon le bleu de Blue Velvet avec les chaussures de la chanteuse, donc quand on devient quelqu'un d'autre, négligemment jeté sur le côté. Il y a tout un truc à faire sur les chaussures rouges, mais on n'a pas le temps. Mais ce serait vraiment chouette de le faire. Le rapport, donc, le rapport de Lynch à Hollywood est très particulier.

C'est aussi pour ça que je vous ai mis un petit rappel de sa filmographie au début parce qu'il est vraiment passé des applaudissements à l'humiliation en permanence dans sa carrière. Donc, il fait Elephant Man huit nominations, derrière il fait Dune, il se fait l'aminer. Il fait Sailor et Lula, il a une palme, derrière il fait Firewalk with Me, il se fait l'aminer.

Et donc, ce déséquilibre, cette schizophrénie américaine, c'est aussi la schizophrénie hollywoodienne et il est tellement ambivalent par rapport à son amour pour Los Angeles parce que c'est une ville qu'il adore par ailleurs qu'il va créer une trilogie donc avec Lost Highway, Mulholland Drive et Inland Empire qui va raconter Los Angeles et l'industrie du cinéma. Alors, dans Lost Highway, on est moins dans l'industrie du cinéma que dans l'industrie de la pornographie donc on ne va pas en parler de la même façon mais on va s'attarder évidemment sur Mulholland Drive et sur Inland Empire.

Il a énormément aussi de frustration dans sa façon de mener sa carrière parce qu'il a un rêve qu'il n'a jamais plus exaucé, c'est de créer une oeuvre a priori un film autour de Marilyn Monroe et pour lui la façon dont Marilyn Monroe a été traité c'est le plus grand mensonge d'Hollywood c'est qu'on a porté une femme au nu juste pour mieux la détruire et cet amour qu'il a pour Marilyn Monroe il va le mettre dans toutes ses héroïnes blondes toutes ses blondes sacrifiées c'est sa façon de dire à Hollywood j'ai pas pu faire mon film du coup Marilyn Monroe sera dans chacun de mes films donc ça pour lui c'est un mensonge d'Hollywood pour concentrer cristalliser ce qu'est le cinéma il y a une scène très belle dans Mulholland Drive qui se passe au Silencio c'est l'extrait numéro 3 qu'on va regarder

51:03
Invité

il n'y a pas d'orchestre

54:22
Présentateur

pourtant il y a de la musique le musicien s'arrête pourtant la musique continue l'illusion le mensonge la fabrication moi j'irais pousser ça jusqu'à si on n'avait pas d'actrices on ferait des films quand même il y a quelque chose que raconte beaucoup Lynch dans Mulholland Drive et dans Inland Empire c'est comment les actrices sont interchangeables son rapport à ces actrices il est très particulier bon il a quelque chose de très paternel quoi qu'il mais il a un regard sur le traitement des actrices qui est vraiment je trouve fort puissant et pour raconter comment on traite les actrices il raconte à quoi ressemble l'industrie du cinéma donc je vous le disais au début c'est quelqu'un qui pensait que quand on travaille dans l'industrie du cinéma on est tous extrêmement passionnés on fait ça parce qu'on aime ça on fait ça parce que c'est vital ça c'était son cas à lui et puis il s'est vite retrouvé avec les personnages qu'on voit notamment dans Mulholland Drive des producteurs des mafieux des gens qui imposent des actrices des gens qui menacent des gens qui sont prêts à péter des films et qui s'en foutent complètement de l'art en soi et pour quelqu'un comme Lynch c'est insupportable c'est invivable alors il le dit d'une manière assez élégante en disant nous sommes dans une drôle de situation à Hollywood ça peut être un cauchemar qui vous dévore et vous détruit bon on ne peut pas être plus frontal que ça et pour moi cette citation elle pourrait très bien être attribuée à Betty dans Mulholland Drive à qui on fait très rapidement comprendre qu'on s'en fout d'elle que en fait pour une certaine somme d'argent pour un certain destin on va vite vite la virer d'un film parce qu'elle sert à rien et elle ne compte pas et en plus on va l'humilier en le faisant et c'est l'extrait qu'on va regarder et je vais essayer de ne pas me gourer c'est l'extrait 4 de Mulholland Drive

56:08
Invité

mais c'est pas grave

57:22
Présentateur

on va contextualiser j'ai dû me gourer dans les TC ça étonne personne donc Betty voulait un rôle qu'elle méritait qu'elle n'a pas et on l'invite à un dîner pour célébrer la personne qu'il a eu à sa place ça c'est Hollywood ça c'est la vision c'est le constat que David Lynch fait d'Hollywood là on est dans un film où à nouveau sans spoiler on va promettre quelque chose à quelqu'un qu'elle n'aura pas et on va la détruire et dans Inland Empire on va donner l'opportunité à une actrice de retrouver la place qu'elle avait avant donc Sunset Boulevard mais pour ce faire on va la prévenir que ça peut très très mal finir alors autant dans Sunset Boulevard la mort n'était pas celle de l'actrice autant dans Inland Empire elle pourrait l'être donc on va enchaîner directement sur l'extrait numéro 1 d'Inland Empire

58:08
Invité

On High in Blue Tomorrows is in fact a remake It's a remake I wouldn't do a remake No, no, no, no, no I know, of course but you didn't know The original was a different name It started It was never finished Now, Freddy's found out that our producers that our producers knew the history of this film and they had taken it on themselves not to pass on that information to us Purposefully Not me and I assume not the two of you True? No, absolutely Nobody told me and nobody told me anything No Me neither I thought this was an original script The film was never finished Something happened before the film was finished I understand Why wasn't it finished?

Well After the characters have been filming for some time They discovered something inside the story Please Kingsley The two leads were murdered

59:36
Présentateur

J'ai renversé toute mon eau pendant l'extrait Donc là on est en train d'expliquer à Nikki que oui peut-être que grâce à ce film elle va redevenir une grande star mais que quand même la femme qui a essayé avant s'est fait buter Et c'est comme si on lui disait cap ou pas cap tu veux vraiment ce truc t'y vas ou t'y vas pas Bon elle va y aller évidemment Cela dit si on pouvait résumer Une laine d'Empire à cette phrase ça se saurait Donc Mulholland Drive et Une laine d'Empire pour moi se complètent parce que c'est pas tant enfin ce sont des films sur le cinéma mais ce sont vraiment des films sur les actrices et c'est vraiment là dessus qu'on va se concentrer à quel point qu'à la fin d'Inland Empire ce n'est pas un spoiler j'ai mis dans le désordre total mes trucs carrément je l'ai oublié à la fin d'Inland Empire l'actrice Laura Haring qui joue Camilla dans Mulholland Drive pendant le générique de fin c'est pour ça que tu l'as pas vu je pense va envoyer un baiser à Laura Dern et à Nikki donc il réunit ses actrices et il recolle ses histoires en créant une sorte de cimetière des actrices de lieu où les actrices se soutiennent parce qu'elles savent qu'elles ont toutes une destinée très sombre il y a un autre truc qui m'interpelle beaucoup dans l'oeuvre de Lynch c'est sa façon de tordre l'idée de qu'est-ce qu'on filme qui filme qui est dans l'écran et à quoi il sert donc j'ai fait une sorte de petit melting pot de l'utilisation des écrans chez lui donc dans Inland Empire dans Firewalk With Me dans Lost Highway le dernier de la deuxième ligne c'est Invitation to Love qui est dans Twin Peaks donc les personnages de Twin Peaks regardent un soap eux-mêmes dans une série en bas ça ne spoilera rien le visage de Madame Palmer devient lui-même un écran on a des on a des des intégrations de Bunnies le court-métrage de Lynch dans Inland Empire et enfin dans Lost Highway on a un personnage qui filme et d'autres personnages qui se regardent en train d'être filmés donc la mascarade du cinéma Lynch l'étend à nos vies nos vies qui ne peuvent pas être belles qui ne peuvent pas être joyeuses parce que le monde ne l'est pas l'Amérique ne l'est pas mais le monde ne l'est pas et même quand il raconte le cinéma dans ses films il mélange toutes les sources de narration au point qu'on ne sait plus qui raconte quoi qui filme quoi et pour dire quoi et ça c'est aussi un artiste qui pensait vouer sa carrière et sa vie entière à l'art de manière facile parce que c'était le monde des artistes Hollywood et qui en fait a galéré toute sa vie pour booker des financements pour faire ce qu'il voulait pour imposer sa vision etc.

donc pour raconter ça il crée des mondes il crée des films où tout le monde filme tout le monde et plus personne n'a rien à dire donc il crée une espèce de réalité tordue mais néanmoins je le répète c'est quelqu'un qui adorait Los Angeles donc c'est pas tant c'est le rêve de l'industrie lui a plu jusqu'à la fin même si il s'est amusé à le détruire quand il parle de Los Angeles il parle du parfum du jasmin la nuit et pour lui cette odeur c'est l'odeur de l'âge d'or du cinéma et cet amour là cet amour de Los Angeles et de cet amour du cinéma il va l'emporter avec lui puisque ça deviendra son épitaphe l'odeur du jasmin qui pousse la nuit donc oui il y a une destruction du mythe d'Hollywood mais il n'y a pas une détestation d'Hollywood chez lui pour conclure je voudrais il y a 1550 façons de conclure la façon dont Lynch voit le mensonge qu'est la vie pour moi la conclusion la plus évidente je vous l'ai un peu raconté tout à l'heure c'est de décider à un moment qu'en fait on ne peut plus vivre dans ce monde d'illusion que la mascarade a trop longtemps duré et qu'on s'en va et qu'on s'en va après l'oeuvre qui concentre sa conscience politique sa conscience sociétale son art puisque Twin Peaks saison 3 c'est vraiment un mélange de tous les supports possibles de toutes les visions possibles de noir et blanc de couleurs d'effets spéciaux étranges donc il a vraiment dit au revoir avant de partir c'est peut-être à nouveau moi qui me rassure mais je voudrais quand même finir sur un message qui me paraît important même s'il nous en a laissé beaucoup c'est un message que j'emprunte à Blue Velvet quand Kyle je vais les appeler par leur prénom d'acteur Kyle dit à Laura parfois il est nécessaire de prendre un risque et s'il y a un mot qui peut coller à la carrière de Lynch c'est bien le mot risque je pense que là il nous apprend quelque chose il nous l'apprenait dès 1986 avec Blue Velvet et notre rôle à nous aujourd'hui c'est ce que fait le forum là cette semaine c'est de continuer à parler de lui de continuer à l'aimer de continuer à partager son travail et de faire en sorte qu'il ne disparaisse jamais vraiment parce que nous sommes tous je pense des enfants de David Lynch voilà en parlant de Blue Velvet vous pourrez le voir à 21h tout à l'heure et je sais que Charles l'a déjà dit mais je vais le répéter demain on pourra voir Twin Peaks sur grand écran Twin Peaks saison 1 sur grand écran et ça c'est merveilleux

1:05:04
Invité

et bien on va tout simplement remercier Charlotte pour ce cours

1:05:07
Présentateur

merci beaucoup Sous-titrage Société Radio-Canada