Emmanuel Grégoire - L'interview politique du 29/09/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:36RelanceÉludée
Ça dit qu'ils n'ont toujours pas compris la situation, ça dit que ça reproduit les mêmes erreurs que depuis 2022...
- 1:31OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est bien responsable pour le parti socialiste... de censurer dans un contexte d'instabilité maximale ?
- 2:41OuverteRéponse partielle
Vous avez un paquet de revendications... Est-ce que ça veut dire que c'est à prendre ou à laisser ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Comment vous la jugez, la méthode de Sébastien Lecornu ?
- 5:44OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il a eu raison selon vous ?
- 6:54OuverteRéponse directe
Est-ce que c'était vraiment une bonne idée de pavoiser les mairies avec le drapeau palestinien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites envisagée par le Premier ministre, pas de taxe Zuckmann. »
- 1:08PrésentateurChiffre
« les grandes fortunes ont immensément augmenté depuis 2017, à l'inverse évidemment de la situation pour tout un chacun. »
- 2:44Invité politiquePromesse
« La suspension, vous le disiez, de la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale sur les hauts revenus, taxe Zuckman ou autre, mesure forte sur le pouvoir d'achat. »
- 3:27PrésentateurPromesse
« La justice fiscale, la suspension, peut-être idéalement la réécriture de la réforme des retraites, un certain nombre de priorités en matière notamment d'investissement pour les services publics. »
- 4:00PrésentateurFait
« ça fait plus de trois semaines qu'il est Premier ministre, nous n'avons toujours pas de gouvernement »
- 5:12PrésentateurFait
« Je le crois sincèrement, je crois que dans cette obstination, il cherche à installer une instabilité qui justifiera selon lui une nouvelle dissolution »
- 5:53Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a reconnu l'état de Palestine à la tribune de l'Assemblée Générale des Nations Unies. »
- 8:55PrésentateurChiffre
« Si on fait les simulations, depuis 2001, que la gauche a gagné, même avec les nouvelles règles, ça ne changeait rien au résultat. »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Emmanuel Grégoire22 %
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Bonjour Emmanuel Grégoire, vous êtes député PS de Paris, vous avez été premier adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo et donc, Rudy le disait, candidat actuellement du PS au municipal. Un mot sur la situation nationale d'abord, après la première réunion, la première rencontre entre le responsable socialiste et le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. Les socialistes étaient un peu perplexes et je reste poli et la première grande interview de Lecornu au Parisien cet et samedi n'a pas dû vous rassurer. Il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites envisagée par le Premier ministre, pas de taxe Zuckmann. Qu'est-ce que ça dit des intentions du nouveau chef du gouvernement ?
Ça dit qu'ils n'ont toujours pas compris la situation, ça dit que ça reproduit les mêmes erreurs que depuis 2022, c'est-à-dire cette obsession à vouloir gouverner seul. On peut le faire quand on est majoritaire, quand on ne l'est pas, c'est que les Français ont décidé qu'ils n'étaient pas majoritaires.
Et ils ferment méthodiquement à peu près toutes les portes sur lesquelles, pas seulement le parti socialiste, mais plus généralement les Françaises et les Français attendent qu'il y ait une modification de la politique du gouvernement sur la question de la justice fiscale, sur la question de la taxation des plus hauts revenus et des plus hauts patrimoines, tout simplement en rappelant que les grandes fortunes ont immensément augmenté depuis 2017, à l'inverse évidemment de la situation pour tout un chacun. Bref, c'est tous les signes d'une confrontation qui s'engage.
On va voir s'il y a un peu plus de détente dans les jours qui viennent, mais clairement, le compte n'y est pas et nous nous préparons à censurer ce gouvernement.
Vous vous préparez à censurer dans un contexte d'instabilité maximale alors que la guerre est à nos portes, que les agences de notation viennent de dégrader la France. Est-ce que c'est bien responsable pour le parti socialiste qui est un parti responsable de faire cela ?
C'est un parti responsable. D'ailleurs, il est responsable devant ses électeurs d'abord, et c'est le cas de tous les politiques. Ce qui est irresponsable, c'est de s'entêter dans une politique qui n'est soutenue par personne, par personne, ou en tout cas pas par une immense majorité des Françaises et des Français. Et notre responsabilité à nous, c'est de mener cette confrontation pour faire en sorte que cela change. Et si ça ne change pas, eh bien nous censurerons.
Ça veut dire censure, ça veut dire sans doute nouvelle dissolution, nouveau recours aux urnes.
Ça fait partie du possible, mais le président de la République ne peut pas faire du chantage. Il ne peut pas faire du chantage. De toute façon, j'ai raison. De toute façon, j'ai continué. Et si vous n'êtes pas d'accord, eh bien je censure et je crée moi-même le chaos dans lequel j'ai mis le pays. Il est responsable de ce chaos. Il est responsable de son propre échec. Il n'en tire pas les conséquences. Eh bien, nous allons tout faire pour qu'il pivote et qu'il prenne conscience de l'erreur dans laquelle il s'englue.
Alors, vous avez un paquet de revendications qui portent sur trois points. La suspension, vous le disiez, de la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale sur les hauts revenus, taxe Zuckman ou autre, mesure forte sur le pouvoir d'achat. Est-ce que ça veut dire que c'est à prendre ou à laisser ? Est-ce que le cornu doit acheter toutes les revendications ? Comme le disait votre camarade Jean-Luc Mélenchon, c'est tout le programme et rien que le programme ? Ou est-ce que s'il vous lâche quelque chose, ça pourrait passer ?
Permettez-moi de ne pas qualifier Jean-Luc Mélenchon de camarade, mais dans votre formulation même, vous avez dit combien nous étions ouverts. C'est-à-dire qu'on pose des grands principes et comme on sait qu'on n'a pas raison tout seul et comme on sait qu'on n'imposera pas aux autres notre seule volonté, on a posé des principes et nous souhaitons discuter de ces principes. La justice fiscale, la suspension, peut-être idéalement la réécriture de la réforme des retraites, un certain nombre de priorités en matière notamment d'investissement pour les services publics, pour l'école, pour l'hôpital, qui sont d'ailleurs des sujets qui ont une résonance à Paris.
Moi je suis candidat à Paris, je vois la souffrance des services publics à Paris, je vois les difficultés pour les gens en matière de pouvoir d'achat, de se nourrir, etc. On pose des principes et on veut les discuter, mais là d'une certaine manière le Premier ministre a dit on ne discute même pas des principes.
Comment vous la jugez, la méthode de Sébastien Lecornu, comment vous évaluez son style qui est un peu particulier quand même ?
Alors je ne sais pas parce qu'on ne l'a pas tellement vu, à dire vrai, ça fait plus de trois semaines qu'il est Premier ministre, nous n'avons toujours pas de gouvernement, c'est une méthode incontestablement inédite, nous n'avons pas de gouvernement, il est enfermé à Matignon ou à Brienne, je n'en sais rien, il reçoit des gens on ne sait pas qui, il a vu les syndicats, il les reverra, on voit bien qu'il n'a pas eu d'ouverture plus affichée vis-à-vis du mouvement social, il y aura d'ailleurs une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre, c'est une méthode insolite pour ne pas dire irresponsable dans le moment qui est le nôtre, il devrait y avoir d'intenses discussions, il n'y en a pas, il n'y en a pas, je veux dire, on a du mal à avoir des simples contacts, avoir des informations, il passe plus de temps avec son socle commun qu'avec les oppositions, or c'est précisément ce qu'il faut changer puisqu'il a besoin des oppositions pour survivre, et donc c'est une méthode que nous ne comprenons pas, qui est une forme d'entêtement, et qui, je le dis, cache, je le crains, une sorte de théorie du chaos, c'est repartir dans une dissolution, refaire des calculs à huit bandes, qui ne marchent jamais à part dans la tête de ceux qui les conçoivent, et de plonger un peu plus notre pays dans la difficulté.
Vous êtes en train de nous dire qu'Emmanuel Macron recherche une nouvelle dissolution ?
Oui, je le crois sincèrement, je crois que dans cette obstination, il cherche à installer une instabilité qui justifiera selon lui une nouvelle dissolution, et refaire le calcul d'une certaine manière qu'il a perdu en 2024. Je trouve ça particulièrement hasardeux, voire même très dangereux pour le pays, alors qu'il suffirait que, comme dans n'importe quelle démocratie, n'importe quelle démocratie un peu mature, ça s'observe dans un très grand nombre de pays, on se met à la table tous ensemble, on discute, on trouve des compromis et on avance.
Alors, un mot sur la situation internationale, c'était la semaine dernière, lundi dernier, Emmanuel Macron a reconnu l'état de Palestine à la tribune de l'Assemblée Générale des Nations Unies. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il a eu raison selon vous ?
Oui, je crois qu'il a eu raison, j'ai bien vu les débats sur l'opportunité du moment, etc. Ça me paraît très important, moi j'ai toujours été favorable à la reconnaissance de l'état palestinien, toujours je suis un ami de l'état d'Israël et un critique de son gouvernement actuel, et j'assume cette position-là. Je redis que l'état palestinien, le jour où il sera né, vraiment, il devra avoir une autorité démocratique, évidemment qui exclura le Hamas, qui doit être démilitarisé et qui doit être évidemment envoyé à la place qu'il mérite, c'est-à-dire au banc des organisations terroristes.
Mais voilà, notre position historiquement, c'est celle de la défense à l'existence de l'état d'Israël, en sécurité, en protection, et à ses côtés, un état palestinien également souverain et libre et démocratique.
Le premier secrétaire de votre parti, Olivier Faure, a proposé de pavoiser les mairies ce jour-là, avec le drapeau palestinien, ça a créé beaucoup d'émotions et ça n'a pas eu un énorme succès, je crois qu'il y a eu une soixantaine de mairies sur un peu plus de 35 000 qui ont suivi, est-ce que c'était vraiment une bonne idée ?
Ecoutez, je trouve que c'est un débat très franco-français de savoir si on met les drapeaux, et si on en met un, deux, de quelle taille, qui est... Enfin là, c'était pas n'importe quel drapeau, tout de même. Tout ça, oui, oui, mais c'est quand même des débats très franco-français, on a une situation de guerre absolument effroyable, on a une confrontation et par ailleurs des assignations à choisir son camp qui sont pour moi insupportables, et notamment dont je pense que nos concitoyens français devraient être préservés, qu'ils aient une affection et un lien avec l'état d'Israël ou avec l'état de Palestine.
Ce débat sur le drapeau ne m'intéresse pas du tout, et c'est vraiment les circonvolutions des impuissants pour savoir qui est le mieux placé à défendre, etc. La maire de Paris avait pris une initiative que je crois souhaitable et qui, dans certaines circonstances, ne devrait mériter que soutien. Deux drapeaux, une colombe pour la paix. On est dans une situation tellement crispée, tellement insupportable qu'on n'autorise même plus avoir deux drapeaux et une colombe pour la paix en même temps, ou en tout cas, ça a suscité là aussi encore des critiques. Moi, je pense qu'on devrait s'assurer de deux choses.
Contribuer modestement à la paix là-bas, avec la libération des otages évidemment, la démilitarisation du Hamas, la paix et la protection pour les civils de Palestine, et puis, deuxièmement, à protéger nos concitoyens de cette importation du conflit qui les oblige à choisir leur camp, à n'avoir le droit à aucune nuance, et je déteste cela. Et comme je ne crois pas pouvoir agir avec beaucoup d'efficacité sur ce qui se passe là-bas, j'aime essayer d'agir sur ce qui se passe ici.
Alors justement, quelques mots sur Paris. On le rappelle, vous êtes candidat au municipal. Juste ici, vous étiez plutôt favori grâce au mode de scrutin, mais la réforme de la loi électorale, PLM, Paris-Lyon-Marseille, complique quand même considérablement le jeu et renforce beaucoup les chances de la candidate LR, en l'occurrence Rachida Dati, non ?
Non, je ne crois pas. D'ailleurs, on a toujours dit que la réforme du mode de scrutin ne changeait pas tellement en réalité. Si on fait les simulations, depuis 2001, que la gauche a gagné, même avec les nouvelles règles, ça ne changeait rien au résultat. Ça a un impact assez marginal sur le nombre de conseillers de Paris, mais ça ne changeait rien. Non, le sujet, nous, on s'est opposés à la réforme du mode de scrutin parce que vraiment, il fait peser une menace très dure sur les arrondissements. C'est en risque, vraiment, la disparition des arrondissements. Or, Paris, c'est une ville de 2,1 millions d'habitants qui est immense.
La mairie d'arrondissement, le fait que vous puissiez avoir des élus d'arrondissement à disposition, c'est le moyen, on va dire, de garder les pieds bien ancrés au sol, d'avoir une relation d'interaction permanente avec nos habitants, d'être capable de les recevoir dans les permanences en mairie, etc. Personne n'est favori et personne n'est disqualifié. C'est un combat politique tel que la noblesse de la démocratie l'offre parfois, une vision de projet contre projet, une vision de style. Et à l'évidence, le mien n'est pas celui de Rajina Dati. Je ne serais pas un maire bling-bling, je serais un maire rigoureux, appliqué.
J'oserais presque dire un maire normal parce que j'ai une passion immense.
C'est un côté cher à certains candidats.
Non, il a gagné, je vous le rappelle.
Oui, mais ça ne s'est pas forcément très bien passé par la suite.
Ça s'est très bien passé par la suite. Il a gagné et il a fait ce qu'il avait à faire. Je n'ai pas du tout la même culture politique que Rajina Dati. J'ai fait de la lutte contre la corruption, de la probité publique, un engagement au cœur de mon histoire politique personnelle, y compris à l'époque quand j'ai soutenu Lionel Jospin, et je me suis engagé au côté Lionel Jospin contre Jacques Chirac, qui n'empêchait pas Jacques Chirac d'avoir d'autres qualités, mais enfin pas celle-là. Et donc je considère que nous aurons, avec ces élections municipales, deux débats. Un débat sur la vision de l'avenir de Paris.
Est-ce qu'on continue cette transformation de Paris pour la préparer à affronter l'avenir de façon éclatante ou est-ce que c'est un retour en arrière brutal, une sorte de projet des années 80 à Paris ? Et la deuxième chose, c'est qu'est-ce que les Parisiens et les Parisiens attendent de leur maire ? Est-ce que c'est d'être une star bling-bling ? Ou est-ce que c'est quelqu'un à leur service et pleinement disponible pour s'occuper d'eux ?
Alors pour conclure en beauté, il y a quand même eu un petit signal d'alerte hier. Michel Barnier remporte la circonscription du 5e arrondissement avec un bout du 6e et du 7e, avec plus de 60% des voix contre la candidate socialiste Frédéric Bredin. Ce n'est pas un petit cri, une petite alarme ça ?
Il fait moins bien que beaucoup des candidats de droite. Je rappelle que c'est une des circonscriptions les plus à droite de France. Je rappelle qu'elle a été taillée de redécouper sur mesure pour permettre à François Fillon d'y être élu. Le jour où on gagnera cette circonscription, c'est que vraiment on aura atteint la fin des temps et qu'il fera très beau. D'abord saluer Frédéric Bredin, Marine Rosset qui ont fait une très belle campagne. Et c'est dur de faire campagne dans des territoires où on sait que c'est de la conquête, de la conviction, et y compris avec des niveaux de participation extrêmement faibles.
et donc c'est en réalité une très bonne perspective pour la gauche à Paris quand on regarde d'habitude les scores dans cette circonscription-là. Et je suis confiant sur le fait que nous pouvons gagner.
Merci Emmanuel Grégoire et à très bientôt sur Radio-J.
Merci à tous les deux. Et donc demain, David, vous recevrez Prisca Thévenot qui était ce matin notre invité. Très bon réveil à toutes et à tous sur Radio-J.
Emmanuel Grégoire