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interviewLe billet d’humeur de Roger Karoutchi· 17 juin 2026 4 min

La chronique de Roger Karoutchi du 17/06/26

Source d'origine 1 locuteur

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Je ne peux que constater qu'effectivement, le président américain a voulu à toute force un accord. Attendons de voir sa conclusion définitive pour voir exactement ce qu'il y a à l'intérieur ou dedans, mais on a un peu le sentiment qu'on a cédé. Ou plus exactement, que les États-Unis et l'Occident de manière générale a cédé face au régime des MOLA. Pourquoi ? Pour des raisons économiques et financières, le blocage du détroit d'Ormuse, le blocage des flux pétroliers ou gaziers, provoquait effectivement un regain d'inflation, de difficultés pour les entreprises, de hausse des prix, donc de difficultés pour les ménages, et d'un coup d'un seul.

On n'a plus de réserve, ni par rapport au régime des MOLA, ni par rapport aux 40 000 Iraniens tués par ce régime au mois de janvier, ni par rapport aux libertés, ni par rapport à l'équilibre. Et on voit un accord, ou en tout cas un projet d'accord, il n'y a plus rien sur les proxys de l'Iran, Hamas, Hezbollah, Houthis, il n'y a plus rien sur le fait vraiment de déstructurer complètement le bloc nucléaire en Iran. Et on se dit, mais est-ce que l'Occident n'est plus capable de tenir, de résister, d'avoir des convictions, de faire ? Est-ce que c'est le niveau économique, financier ? Est-ce que c'est la capacité à maintenir le niveau de vie des populations qui fait tout le reste ?

Et face à des régimes dictatoriaux comme le régime iranien, comme la Russie, comme la Chine, comme d'autres, Évidemment, nous sommes en faiblesse. Et je le dis depuis des années, l'Occident, qui n'a plus suffisamment de convictions, qui n'a plus la volonté d'établir la liberté et la démocratie partout dans le monde, et qui est tenu par des opinions publiques qui ne pensent que trop au niveau de vie, aux fins de mois, aux capacités à vivre, ce que je comprends très bien, que les milieux modestes et des difficultés, je le comprends parfaitement.

Mais pour ces régimes dictatoriaux qui se fichent impérialement du niveau de vie de leur population et de leur cadre de vie, eh bien nous sommes faibles, nous sommes fragiles. Et malheureusement, l'organisation internationale qu'est l'ONU, qui devait être une organisation favorable à la démocratie, à la paix, à la liberté partout dans le monde, eh bien est aujourd'hui à la remorque de ces dictatures, de ces régimes autoritaires qui font la pluie et le beau temps au niveau international.

Et donc, ce qui vient de se passer, ce qui est en train de se passer, ne peut que renforcer l'idée qu'il faut une souveraineté nationale, souveraineté nationale pour Israël au niveau de sa défense, faire en sorte que les 20 ou 25% de dépendance par rapport à l'étranger, de ses capacités de défense, soient le plus rapidement possible, gérées de manière telle qu'Eskisraël soit à 100% de ses capacités de défense.

Souveraineté pour l'Europe, qui doit bien considérer que face à la Russie, face à l'Iran ou aux autres, eh bien il ne faut pas trop compter non plus sur le soutien américain, sur le parapluie américain, et qu'il faut se débrouiller pour être nous-mêmes en position de force et d'indépendance.

En clair, la crise qui est peut-être en train de se terminer, mais je n'y crois guère, parce que je pense qu'elle rejaillera, qu'elle rebondira dans les années qui viennent, prouve une chose, l'indépendance militaire, l'indépendance politique est un combat constant, et c'est un combat qui est de plus en plus difficile pour les démocraties, par rapport aux dictatures qui, elles, n'ont pas de souci de démocratie, n'ont pas de souci d'opinion publique, n'ont pas de souci de gestion d'une population.

C'est triste, mais c'est comme ça, et il faudra bien réformer l'ONU, réformer les organisations internationales pour en tenir compte, sous peine de quoi, dans les années qui viennent, les démocraties seront de plus en plus fragiles, de plus en plus faibles, et malheureusement, de plus en plus à la merci des dictatures. Merci.