Réduction des dépenses publiques : “J’ai plein de pistes” affirme Valérie Pécresse
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Bonjour Valérie Pécresse, présidente des Républicains de la région Île-de-France. Depuis mercredi, la polémique se poursuit après les propos de Christophe Castaner. Suite à l'incident de la pitié salpétrière à Paris, le ministre a parlé d'attaques de militants black blocs. De nombreuses réactions hier, notamment celles du leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
Je veux dire que M. Castaner est un menteur, en plus d'être un incompétent. Il s'est précipité sur les plateaux de télévision pour faire croire à une attaque d'un hôpital. Le mot attaque, c'est très grave, ça veut dire que des gens délibèrent de prendre d'assaut un hôpital. Naturellement, ce n'est pas vrai. Et le ministre a donc essayé d'instrumentaliser les journalistes et les plateaux de télévision pour leur faire croire à quelque chose qui n'existait pas.
Christophe Castaner est-il un menteur, comme le dit Jean-Luc Mélenchon ?
Le ministre de l'Intérieur a visiblement un peu surréagi sur cette affaire, mais franchement, il faut en finir avec la culture de l'excuse. Qu'est-ce qui justifie une intrusion dans un hôpital public ? Moi, j'ai regardé les vidéos, pour être sûre. Qu'est-ce qu'on voit sur les vidéos ? On voit des manifestants escalader des grilles fermées pour les ouvrir, pour permettre l'intrusion de personnes qui n'ont rien à faire dans l'enceinte de l'hôpital, dans l'hôpital. Ensuite, on les voit entrer et faire intrusion dans un service de réanimation.
On voit des personnels soignants qui ont eu une très bonne réaction bloquer les portes, leur dire que c'est un service de réanimation qu'ils n'ont rien à faire au milieu des malades, et on a ce mouvement de foule qui continue.
Mais manifestement, ils ne viennent pas attaquer, comme l'a dit dans un premier temps Christophe Castaner.
Mais enfin, peu importe l'intention, qu'est-ce qu'on en sait ? Qu'est-ce qu'on sait des dégradations qu'ils auraient pu commettre s'ils avaient pu rentrer dans ce service de réanimation ? Si ces personnels soignants ne s'étaient pas interposés ? Franchement, moi je suis désolée. Je suis dans le parti de l'ordre, et vous ne m'en ferez pas dévier. Aujourd'hui, les Français en ont assez de ces échauffourées, ils en ont assez de ces provocations, ils en ont assez de ces intrusions dans des propriétés privées. L'hôpital, c'est un sanctuaire, et il doit être considéré comme tel, et il doit être respecté par les manifestants.
Valérie Pécresse, vous êtes dans le parti de l'ordre, et pourtant, certains, au sein de votre parti, comme Bruno Roteio, le patron du groupe républicain au Sénat, accusent le ministre de l'Intérieur de jeter de l'huile sur le feu, d'entretenir un climat.
Écoutez, moi ce que je souhaite, c'est que le feu s'arrête. Ce que je souhaite, c'est que les violences s'arrêtent. Je souhaite le retour à l'ordre. Les Français sont fatigués, fatigués de vivre au rythme de ces émeutes hebdomadaires. Les forces de l'ordre, 17 000 policiers mobilisés, mais est-ce que vous pensez vraiment qu'il n'y a pas d'autres problèmes de sécurité aujourd'hui en France ? Les forces de l'ordre sont très durement éprouvées, et aujourd'hui, nous voulons que tout ça cesse.
Pour que cette polémique s'arrête, selon votre vœu, effectivement, polémique inutile, on vous entend, selon vous, est-ce qu'il faut quand même que le ministre de l'Intérieur s'explique, pour mettre un terme à cette polémique ?
Il a clairement surréagi, mais là, visiblement, la justice a fait son travail, puisque les personnes qui étaient en cause ont été relâchées à la fin de leur garde à vue. Elles auront fait un peu de garde à vue, ça leur apprendra à s'introduire, par effraction, dans un hôpital public.
Mais est-ce qu'il fait le job, Christophe Castaner ? Vous parlez, effectivement, de ces cinq mois de manifestations hebdomadaires qui sont sans fin. Rendez-vous est d'ores et déjà donné pour demain, samedi. Est-ce qu'il fait le job au plan du maintien de l'ordre ?
Je crois qu'au départ, il y a eu un retard à l'allumage. Il y a eu un retard à l'allumage dans le maintien de l'ordre, dans toutes les grandes villes. Et ce retard à l'allumage a permis d'organiser, effectivement, j'allais dire petit à petit, une espèce de rendez-vous hebdomadaire, de la casse, du saccage. Ça n'a plus rien à voir avec des manifestations pacifiques. Et effectivement, je pense que ce retard à l'allumage est en partie responsable de la situation que nous vivons aujourd'hui. Alors, est-ce qu'on peut revenir en arrière ? Je dis oui. Maintenant, il faut que tout ça cesse. Il faut qu'on exécute les peines qui ont été prononcées par la justice.
Et il faut mettre hors d'état de nuire tous ceux qui se livrent à des actes hyper violents, ultra violents, que ce soit contre les personnes ou contre les biens.
La justice n'est pas assez ferme, selon vous ?
Mais on l'a vu. On a vu qu'un certain nombre des peines prononcées n'étaient pas exécutées. On a vu qu'un certain nombre des délinquants qui avaient été pris lors de ces manifestations n'ont pas été sanctionnés.
Il y a aussi eu des peines de prison ferme de prononcées, Valérie Pécresse.
Oui, et combien d'exécutées ?
Mais une bonne partie sont exécutées, d'ailleurs.
Très peu, très peu, moins d'un quart.
Donc, Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, doit passer une directive ?
Mais oui, mais à situation exceptionnelle, sanction exceptionnelle, moi j'avais proposé que dans les quartiers particulièrement criminogènes, dans lesquels la délinquance est supérieure, le double de la moyenne nationale, on puisse prononcer des peines doublées, qu'il puisse y avoir une aggravation des peines. Ça pourrait répondre à la situation aujourd'hui des Champs-Elysées ou des centres-villes qui sont pillés. Ça avait fait un peu polémique, d'ailleurs. Oui, ça avait fait polémique parce qu'on avait dit, oh là là, on stigmatise les quartiers populaires.
Eh bien là, on stigmatiserait les Champs-Elysées à juste titre et on montrerait qu'on peut ramener l'ordre sur la plus belle avenue du monde.
Alors, pour que ça s'arrête, il faut une réponse politique. Est-ce que la réponse d'Emmanuel Macron au gilet jaune, en termes de pouvoir d'achat, n'a-t-elle pas été à la hauteur ? Les chiffres sont impressionnants. On parle de 15 à 20 milliards d'euros injectés en matière de pouvoir d'achat.
Vous savez, les Français sont fatigués d'échecs sans provision. Il n'y a pas de baisse d'impôt durable sans baisse durable des dépenses. Et tout le monde en France le sait. Alors, le président de la République est allé dire des mots agréables aux oreilles des Français. Il leur a proposé une baisse d'impôt sur le revenu. Moi-même, je suis favorable à la baisse de l'impôt sur le revenu. Mais pas gager sur du vent, pas gager sur des hausses d'impôt sur les entreprises, puisque c'est ce qu'on nous dit. On nous dit qu'on va supprimer des niches fiscales pour les entreprises. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que la baisse des impôts sur les ménages va être compensée par une hausse d'impôt sur les entreprises. Donc, elle va détruire de l'emploi.
Ce sont les niches fiscales sur les ménages qu'il faut supprimer, Valérie Pécresse ? Mais bien sûr que non.
Je vous dis qu'il ne faut plus augmenter les impôts. Supprimer une niche fiscale, c'est augmenter des impôts. Donc, ce qu'il faut, c'est baisser la dépense. Mais ça demande beaucoup de courage. Vous savez, moi, à la région Île-de-France, nous avons fait un milliard d'euros d'économies depuis que je suis arrivée. Ça ne se fait pas en un jour. Ça veut dire qu'il faut avoir le courage de dire, telle structure est très peu efficace. Elle est très peu efficace. Donc, on va la supprimer.
À l'échelle du pays, par exemple, Valérie Pécresse ? À l'échelle du pays, par exemple ?
Mais bien évidemment, à l'échelle du pays.
Vous avez des propositions précises ?
Bien sûr, j'en ai fait. J'en ai fait plusieurs. J'en ai fait sur un certain nombre d'agences qui, à mon sens, pourraient être supprimées. Un certain nombre de compétences qui pourraient être transférées aux régions. Je vous prends un seul exemple. L'emploi. Nous avons Pôle emploi, qui ne fonctionne pas forcément très bien et qui pourrait être mis en concurrence. Nous avons des missions locales. Nous avons des CIO, des conseils d'information et d'orientation. Nous avons des maisons de l'emploi. Tout le monde fait la même chose. Tout le monde fait la même chose. Pour quel résultat ?
Moi, je demande un audit de toute cette sphère des organismes pour l'emploi, des regroupements, de l'efficacité, de l'évaluation.
Pour que l'emploi ne soit plus une compétence nationale ?
Moi, je crois que l'emploi pourrait être confié aux régions, qui ont maintenant la formation professionnelle des chômeurs. Mais je peux prendre aussi la rénovation urbaine avec l'ANRU, qui est à l'arrêt depuis trois ans. La rénovation urbaine pourrait très bien être confiée aux régions. L'ADEME, l'Agence pour la maîtrise de l'énergie, là encore, la transition écologique pourrait être confiée aux régions. On fait tout trois fois, avec trois équipes de fonctionnaires différents. Donc moi, j'ai plein de pistes. Si l'État veut supprimer des gaspillages, supprimer des doublons, on est prêt.
Valérie Pécresse, présidente des Républicains du Conseil Régional d'Ile-de-France, notre invité ce matin sur France Info. 9h moins 20, Stéphane Milhomme pour l'actualité.
Et l'intrusion le 1er mai dernier à l'hôpital de la Pitié-Salle-Pétrière fait toujours polémique. Christophe Castaner dénonçait une attaque visant l'hôpital par des manifestants. D'autres témoignages avancent que les personnes se protégeaient des forces de l'ordre. Réaction sur France Info de Benoît Hamon. La tête de liste Générations Européennes dénonce une tentative de manipulation de l'information de Christophe Castaner. Pour lui, il ne peut plus rester ministre. La clôture des listes pour les Européennes, la date limite, c'est aujourd'hui. Avant le scrutin du dimanche 26 mai, 14 listes sont recensées pour l'instant en France.
Chaque formation doit afficher 79 candidats, une parité hommes-femmes pour espérer siéger au Parlement de Strasbourg. Askoval est sauvé et avec cette entreprise du Nord, ses 270 emplois, le tribunal de commerce de Strasbourg a validé hier la reprise de l'assierie de Saint-Solv. Il confie les commandes au groupe British Steel, la fin de 4 années de rebondissement et d'angoisse pour les salariés. Pour la première fois, la liste des footballeuses sélectionnées au Mondial a été présentée en prime time à la télévision hier soir. 23 noms, les cadres de cette équipe de France sont retenus. Entre autres, les Lyonnaises Wendy Renard ou Amandine Henry.
L'objectif des footballeuses françaises, jouer la finale de ce Mondial qui débute le 7 juin.
Valérie Pécresse, notre invité ce matin sur France Info. Jean-Jérôme Bertolus.
Alors Valérie Pécresse, on sort aussi du grand débat avec une question qui intéresse tous les Français. Faut-il allonger la durée du travail ? Et puis question incidente pour vous, faut-il finalement aussi revenir sur les 35 heures ?
D'abord, ce serait bien que tous les Français travaillent 35 heures. Aujourd'hui, il se trouve qu'à la...
Vous allez parler des fonctionnaires.
Par exemple, à la région, quand je suis arrivé, les agents de la région ne travaillaient pas 35 heures. Ils travaillaient 34 heures par semaine. Donc j'ai supprimé, avec un accord de dialogue social, 5 jours de congés payés pour que nous respections la durée légale du travail à la région Île-de-France. Je ne suis pas sûre que dans tous les ministères, ce travail ait été fait.
Alors au plan national, pour les salaires... C'est quand même très injuste. Oui, c'est important.
Et c'est quand même un non-dit, parce que j'écoutais votre antenne ce matin et j'entendais dire... Le sondage. Non, la secrétaire nationale de la CFDT qui disait, ah mais ne vous inquiétez pas, si les fonctionnaires travaillaient moins de 35 heures, c'est qu'il y a une raison. Bah à la région, il n'y en avait aucune. Il n'y en avait aucune. C'était des accords qui avaient été négociés, j'allais dire, pour acheter la paix sociale.
Enfin vous le savez, les Français travaillent en moyenne plus de 35 heures. Les Français dans le privé, c'est certain. Je reviens sur ma question. Faut-il allonger la durée du travail ? Éventuellement, notamment pour les retraites, allonger la durée de cotisation ? Est-ce que, effectivement, le président de la République y est favorable ? Est-ce que vous y êtes vous-même favorable ?
Je crois d'abord qu'il ne faut pas ruser avec les Français. Et moi, j'ai l'impression que sur cette question des retraites, le gouvernement ruse. On nous dit, nous n'allons pas repousser l'âge légal. Or, nous savons tous, les partenaires sociaux eux-mêmes, en tout cas le MEDEF l'a dit, et un certain nombre d'experts le reconnaissent, il faudra, pour que le régime soit équilibré dans les 10 ans qui viennent, travailler autour de 64-65 ans, et partir à 64-65 ans. Ça, c'est la réalité mathématique des chiffres, si on veut maintenir le niveau des retraites actuelles. Et moi, ce que je souhaite, c'est qu'on ne ruse pas avec les Français.
Parce que, ce que veulent les Français, c'est avoir la garantie que la garantie de leurs retraites seront payées. Il y a un pacte de confiance à faire avec les Français. C'est de leur dire, nous, vous garantirons vos retraites, mais il faudra travailler plus longtemps, parce qu'il y aura moins d'actifs, que vous vivrez plus vieux, plus longtemps, qu'il y aura en plus à financer la dépendance. Donc, voilà. Donc, dire, on va maintenir l'âge de départ à la retraite à 62 ans, mais il y aura une décote très forte, en fait, où vous n'aurez plus de retraite à 62 ans, où vous en aurez la moitié, et donc, il faudra, en fait, que vous travaillez à 64 ans, c'est rusé.
Donc, oui, il va falloir travailler plus longtemps.
Pour vous, il faut passer à quoi ? 64 ans, 65 ans ?
Ce n'est pas pour moi.
Si, pour vous, président, c'est pour l'équilibre. Si, pour vous, membre éminente de LR, il faut passer à quel âge ?
Oui, mais, M. Bertolus, je n'annonce pas des mauvaises nouvelles aux Français pour le plaisir de le faire. Mais gouverner, c'est dire la vérité. Gouverner, c'est dire même les nouvelles que les Français n'ont pas envie d'entendre. Et c'est ça qui manque aujourd'hui au gouvernement, c'est le courage de dire la vérité aux Français.
Mais est-ce que ça ne manque pas aussi un petit peu aux Républicains, ce courage ? Est-ce que, finalement, en vous entendant, il faut mettre en concurrence Pôle emploi, il faut travailler plus longtemps, il faut travailler plus, et spécifiquement les fonctionnaires ? Est-ce que vous trouvez que les Républicains doivent retrouver un petit peu leur racine libérale ?
Écoutez, les Républicains sont un parti, enfin, en tout cas, moi, mes Républicains, ma droite, c'est une droite qui est gaulliste, qui est très forte sur le régalien, je suis désolée, c'est le parti de l'ordre. C'est aussi un parti qui est social. Et de ce point de vue, d'ailleurs, on ne peut que déplorer et regretter l'absence des membres du gouvernement, hier, à l'hommage qui a été rendu à la mairie de Paris, à Julien Loprêtre, le président du Secours Populaire, une très grande figure de l'humanitaire français, 50 ans à la tête du Secours Populaire, eh bien, il n'y avait pas un membre du gouvernement pour lui rendre hommage.
Vous pensez que ça dit quelque chose de l'action du gouvernement, Valérie Pécresse ?
Oui, je pense que ça dit quelque chose. Je pense que ça veut dire qu'il n'a pas conscience de la valeur inestimable du travail que ces réseaux associatifs du Secours Populaire ou d'autres font aujourd'hui sur le terrain, dans le domaine social, pour les enfants, pour les plus démunis, pour les grands exclus. Ou alors, c'est une forme de sectarisme, c'est-à-dire que le Secours Populaire étant lié peu ou prou au Parti communiste français, peut-être qu'on a considéré que c'était un organe politique. Mais c'est un contresens. En tout cas, c'est une faute. C'est un contresens. Et c'est surtout, ça montre une déconnexion.
Une déconnexion par rapport à la réalité d'un pays qui est très fracturé, dans lequel la grande pauvreté progresse, dans lequel nous avons besoin des bénévoles, de tous ces petits Julien Loprêtre qui font aujourd'hui le bien dans notre pays.
Emmanuel Macron a fait le constat de la déconnexion et il a annoncé la suppression de l'ENA, une réforme de la haute fonction publique en perspective. Vous avez fait l'ENA, Valérie Pécresse. Est-ce que c'est une bonne nouvelle, selon vous, de supprimer l'ENA ? Est-ce que vous y êtes favorable ?
Bon, d'abord, je vais vous dire, c'est pas ça qui va changer la face du monde et qui va donner plus de pouvoir d'achat à la fin du mois aux Français. Mais moi, je suis favorable à ce qu'on change et les modalités de recrutement des fonctionnaires et aussi leur formation. Parce que je crois que le service public a puissamment évolué aujourd'hui, que les usagers doivent être traités comme des clients à part entière, que la question du rapport qualité-prix des services publics doit être posée, qu'on doit gérer des projets et non plus des procédures, des normes. Donc je pense qu'effectivement, il faut faire évoluer l'ENA. Les jeunes ne sont pas bien formés à l'ENA aujourd'hui ?
Il faut faire évoluer cette formation et il faut surtout que les fonctionnaires ressemblent à la France. Et donc, il ne faut pas que l'ENA reste ce qu'elle a malheureusement, ce qu'elle est devenue, c'est-à-dire une école de reproduction sociale. Donc oui, il faut transformer l'ENA. Mais, là aussi, je tiens à le dire, si on veut des fonctionnaires de qualité, il faut à la fois les sélectionner et les valoriser. Et moi, je n'ai pas peur de dire que si on veut les meilleurs, il faut de la sélection, il faut des concours républicains. Et donc, il faudra faire très attention à cette réforme.
Mais comment on fait concrètement pour éviter cette reproduction sociale que vous dénoncez, Valérie Pécresse ?
Je crois qu'il faut absolument, dans toutes nos filières de formation, mettre des bourses, davantage de bourses.
Elles existent déjà ?
Oui, enfin, nous, par exemple. Non, mais attendez, je vais vous dire, les bourses au mérite ont été supprimées par le gouvernement de François Hollande. C'est-à-dire que les bacheliers, mentionnt très bien défavorisés, n'avaient plus de bourses au mérite pour tenter des concours qui sont durs. Parce que pourquoi c'est si dur de diversifier le recrutement de l'ENA ? C'est parce que c'est une école qu'on passe à Bac plus 5. Et que quand vous n'avez pas les moyens, quand votre famille n'a pas les moyens, eh bien, vous faites un Bac plus 2 et vous travaillez tout de suite. Parce que même si vous êtes doué, même si vous avez des bons résultats à l'école, vous devez gagner votre vie très vite.
Donc le sujet de l'ENA aujourd'hui, malgré le concours interne, malgré le troisième concours, c'est finalement peut-être de donner des bourses dès le bac à des jeunes brillants défavorisés pour les amener jusqu'à Bac plus 5.
Juste une question, il y a d'autres écoles qui devraient subir le même sort qui est envisagé pour l'ENA ? Je pense à l'école pour les magistrats, l'école normale de la magistrature. Est-ce qu'il y a d'autres écoles qui sont trop corporatistes, univoques au plan politique et au plan du recrutement ?
Qu'on fasse une grande école du service public, où on formerait tous les fonctionnaires, ça peut être une option. Moi, j'attends de voir le rapport qui sera rendu par Frédéric Thirier sur ces questions. Mais là encore, pardon de le dire, on fait une annonce dans une improvisation quand même assez perceptible, on lance la balle très loin, la balle en touche si je puis me permettre, cette expression pour Frédéric Thirier, l'ancien président de la Ligue de football, mais Frédéric Thirier va nous reprendre le bébé, dans combien de temps est-ce qu'on aura son rapport ? Quand est-ce que tout ça se concrétisera ? Les Français ont besoin d'action vite.
Franchement, les rapports sur les rénovations de la fonction publique, ils s'empilent depuis des décennies.
Donc il faut les supprimer tout de suite ?
Non, mais on peut tout de suite aller vers une vraie modification, vers une vraie ouverture, je crois, du recrutement de l'ENA.
Valérie Pécresse, présidente des Républicains du Conseil Régional d'Ile-de-France avec nous ce matin, 9h10, toute l'info, Stéphane Milhomme.
Des versions contradictoires après l'intrusion le 1er mai de la pitié salpétrière pour le gouvernement Christophe Castaner. Dénoncer une attaque visant l'hôpital parisien par des manifestants. D'autres avancent que ces personnes se protégeaient des forces de l'ordre. Selon le porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers, les témoignages des soignants et les vidéos montrent qu'il n'y a pas eu d'attaque. Thierry Amourou était interrogé sur France Info. 10 mesures pour faire baisser le prix du permis de conduire jusqu'à 30%. Edouard Philippe préconise par exemple le développement de l'apprentissage sur simulateur, le passage de l'examen des 17 ans.
Le Premier ministre poursuit aujourd'hui sa visite décentralisée en Charente pour parler cette fois rénovation urbaine. Deux tiers des Français aiment les fonctionnaires mais leur demandent plus d'efforts. 65% des personnes interrogées disent avoir une bonne opinion des fonctionnaires mais 85% sont favorables également à une augmentation de la durée hebdomadaire du travail des fonctionnaires territoriaux. Le sondage France Info, Le Figaro par Densu Consulting et Odoxa. Au Venezuela, Nicolas Maduro entend chasser les traîtres. Après la tentative ratée de soulèvement des derniers jours, le président contesté a maintenu hier un discours de fermeté devant 4500 soldats à Caracas.
Son rival Juan Guaido appelle maintenant à manifester pacifiquement demain devant les casernes.
France Info, Valérie Pécresse, invité de France Info ce matin.
Dernier jour du dépôt des listes aujourd'hui, Valérie Pécresse pour les européennes. Alors votre candidat, François-Xavier Bellamy, progresse un tout petit peu dans les sondages mais qu'est-ce qui le distingue véritablement de La République En Marche ? On écoute la réponse de Nicolas Bay, eurodéputé RN européen. Il était hier à votre place. On est la force politique qui représente une alternative crédible. Les républicains ne le sont pas parce que sur l'essentiel, ils sont d'accord et d'ailleurs quand ils étaient au pouvoir, ils ont fait ce que fait aujourd'hui Macron. C'est vrai que sur le plan européen, on ne voit pas très bien ce qui vous distingue de La République En Marche. Ah bah si.
Alors donnez-nous un élément.
Je crois qu'Emmanuel Macron est beaucoup plus fédéraliste dans son approche européenne et puis surtout, il ne veut rien changer véritablement à ce qui se fait. Je vous donnerai un seul exemple, mais on a aujourd'hui toute une série de traités qui ne fonctionnent pas. Je vois qu'ils s'alignent sur nous aujourd'hui pour dénoncer Schengen, pour dénoncer le traité de Dublin mais que ne l'a-t-il fait quand il avait la possibilité, c'est-à-dire il y a quelques mois en tant que président de la République française. Aujourd'hui, on voit bien que finalement, c'est la LRM qui nous court un peu après.
En tout cas, vous devance largement dans les sondages. Vous, votre objectif, c'est quoi ? C'est de dépasser 15% ? Ça serait un bon résultat 15% pour votre parti ?
Le défi aujourd'hui pour les Républicains, c'est celui de l'élargissement. C'est celui de faire revenir tous les électeurs qui sont traditionnellement de la droite et du centre droit et qui ont été séduits par Emmanuel Macron. Mais je considère que d'une part, il y a une forme de déception vis-à-vis de sa politique et vis-à-vis de l'absence de décision, de l'absence de réformes qui sont pourtant très nécessaires et qui l'avait promis. Donc je crois qu'il y a une déception vis-à-vis des promesses non tenues d'Emmanuel Macron. Et sur la question de l'Europe, je crois qu'il y a une volonté aujourd'hui d'une autre Europe.
Une Europe qui nous protège davantage, une Europe qui soit plus conquérante. Et face à ça, Emmanuel Macron paraît singulièrement isolé et impuissant.
Mais le très conservateur, François-Xavier Bellamy, il peut le faire revenir tout le monde au sein de LR. Il peut finalement aller bien au-delà des 15, c'est-à-dire votre socle pour le moins limité, les anciens électeurs de François Fillon ?
Écoutez, moi je n'ai jamais eu de doute sur la personne de François-Xavier Bellamy parce que je connais la qualité de l'homme. Je le connais depuis des années. Vous savez bien qu'il est francilien comme moi. Donc la qualité de l'homme ne fait aucun doute, sa sincérité, son honnêteté. En revanche, j'avais des doutes sur sa capacité à rassembler, à rassembler très largement les deux droites. Or, il a fait toute une série de gestes. D'abord, mettre sur la liste Agnès Évren, Arnaud Dangean qui représente la sensibilité qui est la mienne, c'est-à-dire une sensibilité puissamment européenne.
Et puis ensuite, je crois qu'il s'efforce aujourd'hui de réconcilier à la fois le camp du non et le camp du oui à l'Europe. Et en disant quoi ? En disant que nous avons besoin d'une France forte dans une Europe puissance. Et c'est ça qu'il faut. Pardon de le dire à M. Bay du Rassemblement National, Mais quand on voit Marine Le Pen se faire conseiller par Steve Bannon, le conseiller de Donald Trump, et qu'on la voit pactiser avec Vladimir Poutine, qui sont les deux ennemis acharnés d'une puissance européenne, qui veulent réduire les Européens à des nains politiques et surtout à des consommateurs de produits américains, on se dit que Marine Le Pen ne peut pas jouer pour la France.
C'est une usurpatrie, c'est une escroquerie. Ce qui joue pour la France, c'est les Républicains qui prônent effectivement de ramener la France dans une Europe puissance avec une forme de double souveraineté. Souveraineté des États, mais aussi une forme de souveraineté européenne.
Valérie Pécresse, vous êtes la présidente de la région Île-de-France. Au cœur de cette région, il y a le périphérique qui fait le tour de Paris. De nombreux débats sur ce que doit devenir ce périphérique parisien dans les prochaines années. Dernière contribution, celle d'Anne Hidalgo, la maire de Paris.
La vocation du périphérique, ce n'est pas de rester une autoroute urbaine dans les années qui viennent. Donc la proposition de transformer le périphérique en d'abord boulevard parisien, c'est-à-dire faire réduire la vitesse et en même temps végétaliser, c'est bien sûr dans ce sens-là qu'il faudra aller.
Réduire le nombre de voies, baisser la vitesse à 50 km heure dans les prochaines années, votre opinion ?
D'abord aujourd'hui, nous lançons la première biennale internationale d'architecture et du paysage d'Île-de-France. Nous la lançons à Versailles en présence de Nicolas Sarkozy. Vous savez qu'on est au dixième anniversaire du lancement du projet du Grand Paris. Alors pourquoi je vous en parle ? Eh bien parce que je crois qu'il faut, sur ces questions de transport, de circulation, de ville, il faut avoir une vision d'ensemble. Moi j'ai qu'une seule crainte aujourd'hui, c'est que les municipales à Paris se traduisent par un concours lépine de l'égoïsme parisien. Le concours lépine de l'égoïsme parisien, c'est de considérer que le périphérique appartient aux Parisiens et à la mairie de Paris.
Factuellement c'est vrai, c'est dans l'emprise de la ville de Paris. Mais la vérité c'est que c'est un chemin, un chemin qu'empruntent des centaines de milliers de Franciliens, Parisiens ou banlieusards qui n'ont pas d'autre choix pour prendre leur voiture ? Aujourd'hui l'Ile-de-France n'est pas prête à ce qu'on réduise d'une voie la circulation sur le périphérique. Mais vous voulez être associé ? Elle le sera, mais nous le sommes de fait associés puisque vous le savez sans doute, mais la région est chargée de la conception de ce qu'on appelle le PDUIF, c'est-à-dire le plan de déplacement urbain de l'Ile-de-France dans lequel le périphérique est une voie centrale.
Donc la région participe à hauteur de 1 million d'euros à toutes les études qui sont menées sur l'avenir des autoroutes en Ile-de-France, l'avenir du périphérique. Alors qu'est-ce que je prône ? Je prône d'abord et en premier lieu la révolution des transports en commun. Parce que si vous voulez supprimer la place de la voiture ou la réduire, il faut d'abord des transports en commun. Nous mettons aussi 100 millions d'euros sur le développement de véhicules autonomes. Nous proposons 150 euros de primes pour tous les conducteurs qui accepteront de covoiturer pour réduire le nombre de voitures sur les routes.
Donc oui, il faut aller vers moins de pollution, moins de bruit, mais pardon de le dire, il faut aussi développer la voiture silencieuse et non polluante parce qu'elle changera la vie des habitants qui habitent le long du périphérique.
Et ce débat va se poursuivre évidemment. Merci à vous Valérie Pécresse, présidente Les Républicains du Conseil Régional d'Ile-de-France. Invité de France Info ce matin, excellente journée à tous.
Valérie Pécresse