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interviewBFMTV· 14 juin 2022 12 min

Législatives: l'interview de Bruno Le Maire sur BFMTV en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Bruno Le Maire

Bonsoir M. le ministre de l'Économie. C'est panique à bord, là, chez le président de la République ? Non, c'est détermination à bord. Nous avons gagné les élections présidentielles. Le président de la République a été réélu. C'est une première sous la cinquième hors cohabitation. Maintenant, il faut qu'il y ait une majorité claire pour pouvoir décider. Et nous sommes totalement déterminés à arracher cette majorité dimanche. C'est un enjeu qui est difficile, mais il faut qu'on mette toutes nos forces dans les derniers jours de cette bataille pour arracher cette majorité. Peut-être même plus difficile que prévu ?

C'est difficile parce que pour la première fois, vous avez un président réélu, je le redis, que par conséquent, vous avez cinq ans derrière vous. Ça pèse. Et en même temps, je pense que c'est notre meilleur argument. Pourquoi est-ce qu'il est important de donner une majorité claire au président de la République ? C'est tout simplement pour ne pas retourner en arrière, mais pour continuer à avancer, avancer vers le plein emploi. On a réussi à créer des emplois. Avancer vers la réindustrialisation du pays. On est en train de réussir la reconquête industrielle. Avancer vers la meilleure rémunération du travail. Avancer vers la baisse des impôts. Nous avons massivement baissé des impôts.

Tout ce que je viens de dire, si vous voulez revenir en arrière, vous avez M. Mélenchon.

1:07
Invité

– Attendez, le président parle de désordre, de chaos, d'intérêt supérieur de la nation. Là où vous, vous donnez des arguments. – Je traduis en argument. – On est au bord du chaos, du désordre, si la NUPES gagne.

1:20
Bruno Le Maire

– Je pense que le choix, il est entre aller de l'avant vers l'emploi, la baisse des impôts, la compétitivité de nos entreprises, la construction européenne, ou retourner en arrière. Ce qui me frappe beaucoup dans le programme de M. Mélenchon.

1:33
Invité

– Retourner en arrière par rapport à quoi ?

1:34
Bruno Le Maire

– Retourner en arrière tout simplement sur la retraite. – Retraite à 60 ans, dizaines de milliards d'euros de dépenses, travailler moins, c'est un retour en arrière. – Oui, c'est il y a très longtemps, vous avez parfaitement raison. C'est il y a très longtemps, mais tout ce que propose M. Mélenchon, c'est il y a très longtemps. C'est l'augmentation des impôts, c'est ce qu'on faisait il y a très longtemps. C'est la retraite à 60 ans, on travaille moins, c'est ce qu'on faisait il y a très longtemps. C'est critiquer sans cesse l'Europe, c'est ce qu'on faisait il y a très longtemps. On a essayé, ça ne marche pas.

Donc plutôt que de revenir en arrière, nous nous proposons de continuer, aller de l'avant avec beaucoup d'obstination et, j'insiste là-dessus, une vraie capacité de décision. Ce qui se joue dimanche, c'est notre capacité de décision. La France a besoin de clarté et de décision.

2:17
Présentateur

– Bruno Le Maire, vous semblez beaucoup plus modéré dans vos propos, rationnel aussi. Vous utilisez des arguments qui font appel à la raison, comme si vous baissiez d'un cran par rapport à ce qu'a dit Emmanuel Macron tout à l'heure. Est-ce que vous cautionnez le fait que le président de la République renvoie dos à dos la NUPES et le Rassemblement national ?

2:34
Bruno Le Maire

– Je soutiens totalement les propos du président de la République. Je pense qu'il était important qu'il prenne la parole, important qu'il montre l'enjeu de dimanche, pour que nos électeurs se mobilisent. Je suis en campagne depuis plusieurs jours. Je vois à quel point beaucoup d'électeurs se disent « Ce n'est pas très important, ce n'est pas grave, on aura mieux à faire dimanche ». Moi, je saisis l'occasion pour en appeler à tous nos électeurs. Ce qui se joue dimanche est important pour le pays. Ce n'est pas le même pays suivant que nous aurons ou non la majorité dimanche. Je l'ai dit sur le travail, je l'ai dit sur les impôts. M.

Mélenchon propose 100 milliards d'euros d'augmentation d'impôts. C'est son programme.

3:11
Présentateur

– C'est un Chavez gaulois, Jean-Luc Mélenchon, comme vous l'avez dit dans le Figaro de Rue.

3:15
Bruno Le Maire

– Un Chavez parce qu'il adorait la nationalisation de tous les moyens de production, l'augmentation des impôts et un peu d'autoritarisme. Et puis Gaulois parce que M. Mélenchon est de nationalité française. Mais c'est un trait pour simplement signifier que le projet que défend la NUPES est un projet de retour en arrière, qui fera perdre du temps à la France. Et je le dis avec des arguments qui sont très simples. Parce que vraiment, les Français veulent qu'on augmente leurs impôts. – Pourtant, on s'en a au soir…

3:42
Présentateur

– Oui, simplement sur cette augmentation d'impôts, l'argument de la NUPES, c'est de dire que les impôts vont augmenter pour 20% des Français et pas 80% des Français, justement. – Oui, mais c'est un mensonge.

3:53
Bruno Le Maire

Quand j'entends la NUPES et certains de ses représentants dire que nous aurions l'intention d'augmenter la TVA, je veux démentir avec la plus extrême fermeté, cette invention, ce délire de nos adversaires. nous n'avons aucune intention d'augmenter les taux de TVA. Je suis le ministre des Finances qui a le plus baissé des impôts depuis deux décennies en France, 52 milliards d'euros sur les ménages et sur les entreprises, baisse de l'IR, impôts sur le revenu, suppression de la contribution pour l'audiovisuel, suppression de la taxe d'habitation, baisse de la taxe sur l'intéressement. Nous avons fait des baisses massives. – Et comment vous allez financer vos dépenses ?

– Je suis bien placé pour savoir que notre ADN, c'est la baisse des impôts. – Mais Bruno Le Maire, comment vous allez financer les dépenses prévues ? – Je termine juste si vous permettez ce sujet, parce qu'au-delà de ce que je disais sur la baisse des impôts, pour rassurer nos compatriotes, nous n'avons aucune intention d'augmenter la TVA, nous n'augmenterons pas la TVA, nous continuerons à baisser les impôts. Je trouve quand même que ce genre de propos à quelques jours du second tour d'élection législative s'apparente tout simplement à ce qui est un trait de cette famille politique, le complotisme.

faire croire qu'il existe des choses cachées, que le pouvoir, que les puissants cacheraient au peuple français. Et je trouve ça triste, je trouve ça malheureux qu'on en soit réduit à ces arguments-là, parce que ça revient à jouer avec la peur des Français. Il y a des millions de nos compatriotes qui sont à un euro près à la fin de la semaine ou à la fin du mois. Donc jouer sur leur peur, leur faire croire que le gouvernement aurait un plan caché pour augmenter la TVA, je trouve ça révoltant, je trouve ça triste, je trouve ça indigne.

5:31
Invité

– C'est pour ça qu'il y a encore du flou, par exemple, comment vous allez financer les dépenses prévues, notamment pour le pouvoir d'achat, puisque vous dites on va continuer à baisser les impôts. Donc vous dépensez plus et vous baissez les impôts, comment on finance tout ça ?

5:44
Bruno Le Maire

– Mais il n'y a aucun flou, ni sur notre calendrier, ni sur notre méthode de calendrier. – Le budget de septembre est compliqué à faire quand même. – Nous reviendrons sous les 3% de déficit public en 2027 pour tenir nos engagements européens, c'est une des différences. Nous tenons nos engagements européens, nous ne faisons pas de la provocation vis-à-vis de nos partenaires européens comme le font nos adversaires. Et pour y parvenir, nous faisons des réformes de structure, nous nous assumons de continuer à transformer le marché du travail et nous assumons une réforme des retraites pour que tout le monde travaille plus longtemps en France. C'est une différence fondamentale avec la NUPES.

Nous nous pensons qu'il faut d'abord créer les richesses avant de les redistribuer. Eux, ils redistribuent pas souvent.

6:23
Invité

– Donc on va travailler plus pour financer ces dépenses et notamment pour le pouvoir d'achat.

6:26
Bruno Le Maire

– Bien sûr qu'il faut que tous, collectivement, nous travaillions davantage. Il y a une chose que les gens n'ont peut-être pas réalisée, en tout cas certainement pas nos adversaires politiques. Le temps de l'argent gratuit est fini. Nous sommes rentrés dans une nouvelle ère. Vous voyez bien que les politiques monétaires ont changé, que les taux d'intérêt remontent, qu'il faut faire attention à chaque euro. Nous sommes sortis de l'ère de l'argent gratuit. – Du quoi qu'il en coûte donc. – C'est pas simplement le quoi qu'il en coûte. – C'est pas en deux ans, c'était le quoi qu'il en coûte.

– C'est l'argent gratuit, c'est-à-dire qu'on peut l'emprunter à taux zéro, voire à taux négatif, c'est fini. Il faut tenir compte de cette nouvelle ère économique dans laquelle nous rentrons. Donc première réponse, les réformes de structure. Deuxième réponse, c'est continuer à faire attention à chaque euro. Et puis la troisième réponse la plus importante, c'est aussi une différence majeure, le plein emploi. La meilleure réponse à la baisse des déficits et à la baisse des dédits publiques, la réponse la plus efficace et la plus juste, c'est le plein emploi. Le jour où la France sera au plein emploi pour la première fois du XXI siècle, – C'est pour les 4% de chômage ?

– C'est 50% de chômage, c'est notre objectif. Et là, vous avez réglé, je peux vous dire, une sacrée palanquée de problèmes en France.

7:30
Présentateur

– Bruno Le Maire, pour revenir sur cet entre-deux-tours très politique et très rude entre chacune des partis, est-ce que pour vous, la NUPES et le Rassemblement national sont la même chose ?

7:39
Bruno Le Maire

– Non, je ne mets jamais d'équivalence entre les partis, chacun son identité, chacun a sa mémoire. Et je ne suis pas là pour décerner les brevets de républicanisme aux uns ou aux autres, c'est les électeurs qui le décident. Je dis juste que nous, notre position, c'est que pas une voix ne doit aller au Front national, mais ne comptez pas sur moi pour décerner les brevets de républicanisme aux uns ou aux autres. – Pourquoi il y a eu ce cafouillage dimanche ? – C'est au peuple français de décider dimanche.

8:02
Invité

– Mais pourquoi il y a eu ce cafouillage dimanche ? On a eu du mal à comprendre quelle était la ligne directrice lorsque, par exemple, il y a un duel NUPES-RN. – La ligne directrice, moi je vous la redonne,

8:14
Bruno Le Maire

je vais vous la répéter 50 fois, pas une voix au Rassemblement national.

8:18
Présentateur

– Mais ça dépend des cas ?

8:19
Bruno Le Maire

– Non, pas une voix au Rassemblement national, ça ne dépend pas des cas. Ça me paraît très clair. – Donc ce n'est pas ce que dit Mme Borne ? – Ce n'est pas ce que dit Mme Borne. – C'est ce que je vous dis là, pas une voix au Rassemblement national, c'est ma position. – Donc il y a une différence avec la Première ministre ? – Il n'y a aucune différence avec la Première ministre, mais je ne décernes pas de brevets de républicanisme. parce que je considère qu'il y a un seul peuple qui est souverain, c'est le peuple français. – Ce n'est pas un ministre décerné ou non des brevets de républicanisme aux uns ou aux autres, c'est l'électeur dans l'urne parce qu'il est souverain.

8:46
Présentateur

– Est-ce que c'est au président de le faire ? Parce que le président n'est pas sur cette ligne-là, il le dit au pied de l'avion qu'il emmène en Roumanie et en Moldavie, nous sommes la République, les autres camps ne sont pas la République. Choisissez la République, c'est le message d'Emmanuel Macron qui diffère du vote.

9:00
Bruno Le Maire

Son message surtout, c'est de dire qu'il lui faut une majorité solide. Je pense que tous ces débats sont très ésotériques pour ceux qui nous écoutent. Ceux qui nous écoutent, ils se disent, c'est quoi leur solution pour l'inflation ? Nous, nous avons des solutions, nous avons maîtrisé l'inflation mieux que n'importe quel autre pays de la zone euro. C'est quoi leur solution sur l'emploi ? Nous, nous avons créé des emplois, ce n'est pas le cas de nos opposants. C'est quoi leur solution sur les impôts ? Nous, nous voulons les baisser, eux veulent les augmenter. C'est quoi leur solution sur la construction européenne ? On participe ou on s'en va ? Nous, on veut participer pleinement.

C'est ça qui intéresse nos compatriotes. Et je pense qu'à quelques jours, des élections législatives qui sont si importantes pour notre pays, je ne me laisserai pas entraîner dans des débats ésotériques parce que je pense à la vie quotidienne de nos compatriotes. Est-ce qu'il faut renationaliser EDF ? J'ai toujours dit que toutes les options étaient sur la table. Sur EDF, toutes les options sont sur la table. L'entreprise est très fragilisée en ce moment. Oui, l'entreprise a connu des difficultés qui sont liées à l'indisponibilité d'un certain nombre de réacteurs. L'État sera toujours au côté des prix.

10:00
Invité

Et aussi au blocage des prix.

10:02
Bruno Le Maire

C'est aussi dû à l'effort que nous avons demandé à EDF. Mais qu'est-ce que ça permet ? Ça permet à nos compatriotes d'avoir des prix d'électricité qui ne vont pas augmenter de plus de 4% en 2022. C'est un effort pour nous, c'est un effort pour l'État. Ça coûte combien, la nation, cet effort ? Ça coûte 8 milliards d'euros déjà au compte public parce qu'on a supprimé une taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité. On l'a retirée du prix de l'électricité pour que les Français payent moins. Donc nous, nous protégeons. Mais nous protégeons en faisant attention à chaque euro. Et ça donne des résultats. Le taux d'inflation le plus faible à la zone euro, c'est la France.

Et je le redis pour EDF, nous serons toujours aux côtés d'EDF. Toutes les options sont sur la table.

10:40
Présentateur

Vous n'êtes vous même pas candidat à votre réélection. Est-ce que vous regrettez cette campagne de terrain ?

10:45
Bruno Le Maire

Non, parce que je fais d'autres campagnes de terrain. Vous allez soutenir des candidats, là, tout. Qu'est-ce que vous allez faire comme campagne, justement ?

10:51
Invité

Pour soi, je vais soutenir Amélie de Montchalin.

10:52
Bruno Le Maire

Vous allez soutenir Amélie de Montchalin, Stanislas Guérinus.

10:55
Invité

Vous êtes le joker pour éviter la défaite des autres.

10:58
Bruno Le Maire

Je vais répondre à cette question. Non, je ne suis pas joker de qui que ce soit. Vous êtes réclamé sur les estrades des meetings. J'ai même un personnage de joker qui est un personnage fascinant, mais qui me ressemble assez peu. Vous êtes simplement sûr. Pourquoi est-ce que je ne me représente pas ? Tout simplement parce que je l'avais promis. Vous voyez, quand je dis aux Français que je leur promets que je continuerai à baisser les impôts, ils peuvent me faire confiance parce que nous l'avons fait avec le président de la République. Quand je dis que je ne ferai pas plus de trois mandats, les gens sont surpris. Mais je tiens parole. J'ai fait trois mandats. Je m'arrête.

11:26
Invité

Vous êtes très demandé parce qu'on a aussi besoin des électeurs de droite pour ce second tour chez En Marche.

11:32
Bruno Le Maire

On a besoin de... Je ne sais pas si des électeurs de droite ou des électeurs de gauche. On a besoin de tous ceux qui croient dans le travail, tous ceux qui croient dans l'entrepreneuriat, tous ceux qui croient dans la nation et tous ceux qui croient dans l'avenir européen de la France. C'est à ça que se résument nos convictions et notre ambition pour le pays. Que le travail soit pour tous, que le travail paie, que les entreprises puissent se développer et créer des richesses, que la nation française soit défendue et qu'on participe pleinement à la construction européenne.

Si on croit en ça, dimanche, on se secoue les puces, on va voter et on vote pour le candidat du président de la République.

12:03
Invité

Merci, M. le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.