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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 septembre 2022 26 min

Crise énergétique, plan "Marseille en grand", projet de loi immigration... Le "8h30 franceinfo" de Benoît Payan

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Benoît Payan

Bonjour Bernard Payan. Bonjour. Il y a eu une annonce hier soir d'Emmanuel Macron, le président, qui voudrait une loi sur l'immigration et une réforme du droit d'asile, une loi qui arriverait au début de l'année prochaine. Il l'a annoncée devant les préfets. Vous êtes le maire de Marseille, qui est historiquement une ville d'accueil. Vous êtes d'ailleurs le port d'attache de l'Ocean Viking, le navire d'SOS Méditerranée qui secoue des migrants en plein air. Quel est le regard que vous portez sur cette annonce ? Est-ce qu'il faut toucher, par exemple, au droit d'asile ? D'abord, tous les 3 ou 4 ans, on a des annonces régulières de lois sur l'immigration.

On a même des lois sur l'immigration, de manière assez perpétuelle. Ça a été dit et rappelé. Moi, j'attends de voir ce qu'il y a dans la loi. Je trouve que les mots que le président de la République a employé sont des mots qui conviennent, qui vont bien. Et dans une ville comme Marseille, qui n'est pas qu'une ville d'accueil, c'est une ville qui s'est construite comme ça. C'est une ville qui s'est fabriquée comme ça. C'est une ville qui a cette tradition. Tout ça, ça a du sens. Mais encore une fois, moi, je ne me contente pas d'annonces, aussi loibles ou soient-elles. J'attends vraiment de voir ce qui va se passer.

Je n'ai pas envie d'entrer dans un débat en disant c'est bien ou ce n'est pas bien. Mais il faut un texte, c'est nécessaire ? Mais bien sûr que non. Je pense qu'il faut des actes. C'est très bien les textes, les intentions sont formidables. Il faut des moyens pour pouvoir accueillir dignement des gens, pour savoir comment est-ce qu'on les accueille, comment est-ce qu'on les intègre, comment est-ce qu'ils trouvent leur place dans un parcours de vie. Certains vont venir quelques semaines, d'autres quelques mois, puis d'autres peuvent s'installer, devenir français. Il faut des moyens, il faut une volonté politique. Un texte, qu'est-ce qu'il va raconter ? Il faut accueillir dignement les gens.

On le sait, c'est le propre de ce pays, c'est notre République qui veut ça. C'est notre histoire qui veut ça. C'est bien de le rappeler, mais c'est mieux. C'est comme l'amour. Il y a les mots et il y a les preuves. Les mots, c'est bien, les preuves, c'est mieux.

1:44
Locuteur non identifié

Ce que semble dire le Président, c'est que justement, les villes n'ont plus les moyens d'accueillir, mais donc que du coup, il faudrait que ceux qui arrivent aillent plutôt dans les territoires ruraux.

1:50
Benoît Payan

J'espère que ça n'aura échappé à personne, mais il appartient à l'État de s'occuper d'immigration et pas aux villes. Mais en effet, les villes prennent leur part et la mienne en particulier prend sa part. Encore une fois, je vous le dis, elle s'est construite comme ça. Donc elle a cette tradition. Pour autant, il appartient à l'Union européenne et puis aussi à l'État français de prendre ses dispositions et surtout d'y mettre les moyens. Accueillir dignement des gens, qu'est-ce que ça veut dire sans moyens ? Qu'est-ce que ça raconte si on n'y met pas le paquet ? Ou les moyens de la politique qu'on a envie de mener ? Pas grand-chose.

Donc encore une fois, je n'ai pas vraiment de commentaire à faire sur quelque chose que je n'ai pas lu et dont je ne suis même pas sûr qu'il soit voté.

2:27
Locuteur non identifié

Un texte qui arriverait en début d'année 2023. Le défi immédiat pour une ville comme la vôtre, la deuxième ville du pays, c'est de passer l'hiver énergétique. Les factures flambent. Hier à votre place, Gabriel Attal détaillait les mesures de soutien pour aider les 6000 plus grosses communes avec ce filet de sécurité de 430 millions d'euros déjà déployés. Est-ce que les dispositifs annoncés...

2:45
Benoît Payan

Pour l'instant, je ne l'ai pas vu.

2:46
Locuteur non identifié

Pour l'instant, vous dites que cet argent... Non, c'est peut-être ailleurs.

2:47
Benoît Payan

Peut-être qu'à Marseille, ce n'est pas encore arrivé ou qu'ils n'ont pas songé à m'en parler. Il parle des plus grosses communes. C'est peut-être la mienne aussi. Bon, voilà. Pour l'instant, je ne l'ai pas vu. J'attends de voir.

2:57
Locuteur non identifié

Vous êtes serein quand même pour l'hiver ?

3:00
Benoît Payan

Pour vous donner un ordre de grandeur, les factures d'énergie à Marseille, avant la flambée des prix, c'est 20 millions d'euros par an. C'est à peu près 2 millions d'euros par mois. Là, je vais aller vers 45 millions d'euros par an. Je ne sais pas si vous imaginez le gap. Je fais plus que doublé. 25 millions d'euros, c'est à peu près 3 écoles. J'ai cette année, en surplus d'énergie, en facture, en surplus de prix, 3 écoles en moins. Alors, il n'y aura pas 3 écoles en moins, mais ça pourrait servir à construire 3 écoles. Une école, ça dure très longtemps. Ça dure des dizaines et des dizaines d'années. Ça accueille des dizaines de milliers d'enfants. C'est ça pour la ville de Marseille.

3:35
Locuteur non identifié

Vous avez déjà annoncé des mesures d'économie sur l'éclairage, sur le chauffage, notamment à l'exception des écoles pour toute la partie chauffage. Combien vous pouvez économiser et combien l'État doit, entre guillemets, mettre au pot pour vous permettre de passer cet hiver ?

3:49
Benoît Payan

Non, mais l'État, c'est pas... Évidemment, si l'État met au pot, c'est bien. L'État, il doit prendre des dispositions un peu plus importantes. Mais on en reparlera. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a déjà commencé à faire des choses qui montrent tout de suite, évidemment, une économie d'énergie, une économie aussi d'argent. Vous avez commencé au mois de mai. En baissant d'un degré, en fait, la clim, j'ai déjà quasiment économisé un million d'euros. Sur la question du chauffage, je sais que je vais économiser deux millions d'euros. Vous l'avez dit, je vais éclairer la ville au LED. D'ici 2030, tout sera au LED. On va évidemment éteindre les monuments de plus en plus tôt.

Et puis, j'ai aussi un parc automobile immense. C'est peut-être un des plus grandes France. Il y a plus de 1000 voitures qui appartiennent à la ville de Marseille. Objectivement, ça ne sert à rien. Je me suis toujours dit, il faut faire quelque chose. Il faut sortir de ça. D'abord, j'ai décidé de me séparer de quasiment la moitié des voitures. J'ai aussi demandé à tous les agents de la ville de baisser leur consommation de 30 %. Je vais diviser par deux le parc. Je vais baisser la consommation de 30 % et on va continuer. Tous les bâtiments de la ville qui seront construits le seront tous en énergie positive. Il ne peut plus y avoir un bâtiment qui soit consommateur d'énergie.

Évidemment, il y a un travail sur toute cette énergie qui s'envole avec de l'isolation. Donc, il y a beaucoup, beaucoup d'infrastructures à mettre en place et puis d'investissements à faire. Mais jusqu'à arriver aux 25 millions d'économies nécessaires pour régler la facture d'électricité. Une année d'augmentation avec 25 millions d'euros. Donc, je ne peux pas régler la facture avec des économies. Ça ne correspond à rien. On ne peut pas économiser 25 millions d'euros. Ou alors, j'éteins tout. Mais vous allez forcément revenir ailleurs. Il n'y a plus de chauffage. C'est la vraie difficulté face à laquelle on se trouve.

C'est-à-dire que dans un moment et dans un monde où on n'a pas réussi à fabriquer des boucliers nous permettant de maintenir les coûts de l'énergie et où l'État n'a pas réussi à maintenir les coûts de l'énergie dans une zone, on pouvait supporter une augmentation. On pouvait supporter 2, 3, 4 millions. C'est énorme. 2 millions d'euros d'augmentation. Mais 25 millions d'euros d'augmentation. Il faut mesurer ce que c'est 25 millions d'euros d'augmentation. Et vous allez prendre où, justement ? Justement, je vais devoir complètement revoir les comptes. Je vais devoir aller chercher des économies. Je vais devoir revoir des plans. Je vais lisser la dette. Après, il faut être imaginatif.

C'est un énorme budget. Je vais renégocier des prêts. Je vais aller chercher de l'argent là où je peux. Il n'y en a pas beaucoup de l'argent, vous comprenez ? Ça ne peut pas être toujours les mêmes, notamment les Marseillais qui contribuent à tout ça.

6:08
Locuteur non identifié

Vous ne reniez pas dans les services publics comme d'autres ? Non, je ne le ferai pas. Qui ferment plutôt les musées ?

6:13
Benoît Payan

Non, je ne le ferai pas. Les piscines ? Tant que je peux, je ne le ferai pas. Et j'irai jusqu'au bout, au bout de la logique. Évidemment, je vois mes collègues autour de moi. J'ai vu cet été des piscines fermées. Je vois des bibliothèques fermées. Je vois des musées fermées. Nous, nous avons pris la décision de ne rien fermer. Dans une ville où il n'y a pas grand-chose, où les services publics ont été abandonnés pendant des années, je ne peux pas faire ça. Je n'ai pas le droit de faire ça. Mais vous ne répondez pas à la question des surcoûts.

6:41
Locuteur non identifié

Vous ne fermez pas de services publics. Vous renégociez la dette. Ça, j'ai compris. Vous faites des économies. C'est-à-dire que c'est de l'argent, ça. Vous faites des économies. Mais l'État dit, nous, nous ne compensons pas, de toute façon, l'intégralité de l'inflation. Les villes doivent en absorber aussi.

6:51
Benoît Payan

Mais c'est ce qu'on fait. Et c'est ce qu'on va faire. Et j'ai été prévoyant. Vous savez, quand on gouverne, on prévoit. Et ça fait quand même... Et pardonnez-moi, mais vous êtes d'excellents journalistes. Vous avez vu que nous sommes quasiment la seule ville à avoir budgété l'année dernière une prévision extrêmement conséquente qui va d'ailleurs absorber l'intégralité de ce surcoût. Et donc, en étant prévoyant l'année dernière, en se disant qu'on voit bien l'instabilité du monde, on comprenait bien que le premier poste qui allait être impacté, ça allait être ça. Et donc, on ne ferme pas avec une baguette magique.

On ne décide pas de laisser les services publics ouverts avec une baguette magique. Je ne vais pas payer en cacahuètes le prix de l'énergie. C'est parce que j'ai été prévoyant. Vous dites que j'ai des marges de manœuvre. Mais c'est parce qu'on a été prévoyant. J'aurais préféré qu'on fasse autre chose avec cet argent. Il n'y a pas de salarié noir de délestage, c'est-à-dire de coupure temporaire des musées ou des bâtiments publics. Ça n'existe pas. Moi, je vous parle, ça n'existe pas. Après, si demain, on est à 100 millions d'euros de factures énergétiques, je pense que là, on passera dans la quatrième dimension. Ce ne sera pas simplement le sujet des musées de la ville de Marseille.

Benoît Payan, maire de Marseille. Et donc, je pense que l'État doit faire attention. Invité du 8.30 de France Info. On jette juste un coup d'œil sur le fil Info. Il est 8h41 et voici Marie Maheu.

8:02
Présentateur

Emmanuel Macron annonce qu'un texte sera déposé début 2023 sur l'asile et l'immigration. Le chef de l'État dénonce une politique absurde, inefficace et inhumaine. Il plaide pour une meilleure répartition des étrangers accueillis en France. Il ne faut pas de texte, il faut des actes et des moyens, réagit ce matin notre invité sur France Info, le maire de Marseille, Benoît Payan. Au ministère de l'Intérieur, Gérald Darmanin reçoit lui des élus corse. Aujourd'hui, premier rendez-vous d'un cycle de 8 réunions pour discuter de l'avenir de l'île de beauté. Le ministre de l'Intérieur s'était engagé en mars à discuter de son autonomie.

Après la reprise de plusieurs villes dans l'Est de l'Ukraine, le président Volodymyr Zelensky annonce qu'une fausse commune a été découverte à Izium. Plus de 400 tombes, selon un responsable de la police régionale. Dans le même temps, les États-Unis ont validé jusqu'à 600 millions de dollars d'aides militaires en plus. Et puis en foot, les clubs français n'ont pas vraiment brillé. Hier, lors de la deuxième journée de face de groupe en Ligue Europa et Ligue Europa Conférence, Nantes et Monaco battus, match nul pour Rennes contre Fenerbahce, également pour Nice face aux partisans Belgrade.

8:59
Invité

Avant de parler du plan Marseille en grand lance,

9:10
Locuteur non identifié

il y a un nom, une question sur ce débat qui agite la classe politique, une taxe sur les super-profits, une partie de la gauche l'ornue notamment sur les bénéfices de l'armateur CMA-CGM, qui est le premier employeur privé de Marseille. Est-ce que vous demandez à CMA-CGM de reverser une partie de ses bénéfices pour prendre en charge des dispositifs d'aide aux particuliers ?

9:28
Benoît Payan

Pardonnez-moi, mais d'abord, ça ne veut rien dire. Qu'est-ce que ça voudrait dire ? Le maire de Marseille demande à la CMA-CGM de reverser des bénéfices. C'est où l'État vote et fait voter une taxe sur les super-profits et la CMA-CGM la paie, où il n'y en a pas. Donc le débat, c'est est-ce qu'on met en place une taxe sur les super-profits ? Oui ou non ? Et alors, votre réponse ? Enfin, franchement, vous avez vu ce qui est en train de se passer dans le pays ? On cherche de l'argent ? Bien évidemment. Et donc le sujet, ce n'est pas de savoir si on va stigmatiser telle ou telle entreprise. La CMA-CGM, vous l'avez dit, c'est le premier employeur de la ville.

J'ai entendu que des gens disaient que c'était des profiteurs de crise. Objectivement, moi, je n'accepte pas ce terme-là pour la CMA-CGM. Ça reste un métier incroyable. Ce sont des marins, ce sont des gens qui ont des employés à Marseille, ce sont des gens qui paient bien leurs salariés. Bien évidemment, ils ont gagné beaucoup d'argent. Et puis, si on leur présente une facture, ils la paieront. Mais encore une fois, on peut s'exonérer de pointer du doigt cette entreprise de cette manière-là. Ce qu'il faut pointer du doigt, c'est le fait que l'État, quand on leur parle de cette taxe sur les super-profits, il n'y ait plus personne.

C'est-à-dire que tous les pays d'Europe sont capables de dire que tout le monde doit y contribuer. Et d'abord les plus riches. Et d'abord ceux qui ont gagné le plus d'argent. On est en train de parler de villes qui ferment des bibliothèques parce qu'on n'arrive pas à payer l'électricité. Mais on se demande si on va demander à Total un peu plus d'argent. Ça, c'est pas sérieux, objectivement. On est en train de... Pardon, je vais aller au bout, mais parce que quand même, de quoi on parle là ? On n'est pas capable de faire ce que font les Italiens, ce que font les Espagnols, ce que font les Allemands.

On n'est pas capable de demander à ceux qui gagnent le plus de contribuer pour aider une collectivité.

11:03
Locuteur non identifié

L'État dit qu'ils contribuent déjà, qu'ils ont pour certains fait une ristourne de carburant.

11:08
Benoît Payan

On a compris que l'État veut mettre la poussière sous le tapis. Malheureusement pour eux, ce débat va revenir et il va revenir. Est-ce qu'il faut un référendum d'initiative partagée sur cette question ? Objectivement, c'était ce qui avait été proposé par Olivier Faure. C'est une belle proposition et moi j'ai souscrit. Vous feriez campagne pour un RIP ? Moi j'aimerais qu'on mette au débat à l'Assemblée nationale cette question-là et qu'il y ait un vote sur cette question.

11:34
Locuteur non identifié

Benoît Payen, il y a un an. Marseille en grand. Un plan massif de rénovation urbaine, 1,5 milliard d'euros sur la table pour reconstruire Marseille, la deuxième ville du pays. Un an après, est-ce que vous dites le comptier ?

11:44
Benoît Payan

C'est pour ça que je suis allé voir Elisabeth Borne hier. Hier soir. Ça fait un an que le président de la République est venu à Marseille et il y a fait des annonces très fortes. Objectivement, vous savez que je ne suis pas de la sensibilité politique du président de la République mais les annonces qu'il a faites elles sont assez inédites, historiques. Et si j'ai quelques secondes pour en parler, je souhaiterais y prendre le temps. Il a parlé de trois choses. Il a parlé de l'école et on sait et ça avait été dit très souvent sur votre plateau que l'état des écoles à Marseille était indigne de la République. J'avais honte pour ma ville.

Il a parlé de transport et il a parlé des institutions, c'est-à-dire comment ce territoire vit. Sur les écoles, ça avance. Lundi, le directeur général de cette société qu'on a créée qui est unique en France arrive. Cette année, on lance dix chantiers malgré les difficultés, malgré la crise, c'est dix écoles qui vont être lancées.

12:31
Locuteur non identifié

Avec un tiers qui sont des passoires thermiques, vous nous confirmez ?

12:34
Benoît Payan

Avec des écoles qui sont dans un état chaotique. Et donc des difficultés pour cet hiver avant même que les chantiers soient lancés ? Sinon, je n'aurais pas fait tout ça. Donc sinon, on n'aurait pas créé une société qui va nous permettre d'aller plus vite, de construire plus d'écoles. C'est à peu près d'ici 2026, 70 écoles qui peuvent être construites. Mais les enfants seront accueillis dans des conditions dignes cet hiver ? En tout cas, moi, j'ai fait en sorte que cet été, on rénove 200 écoles. Pas complètement, mais sur des questions de chauffage, sur des questions de carreaux cassés pour qu'on puisse avoir dignement des salles où ils ne fassent pas 10 degrés.

Parce que c'était ça dans ma ville quand même. On l'oublie tous, on a l'impression, comme c'est Marseille, on a l'impression que tout est exagéré, que tout est exacerbé. Ce n'est pas possible qu'il fasse froid dans des écoles. Oui, c'est ce qui s'est passé pendant des décennies. C'est ce qui s'est passé pendant des décennies. Et c'est à ça qu'on a mis. Ensuite, il y a la question des transports. Et là, vous le savez, il y a deux lignes de métro dans ma ville. Deux lignes de métro. La dernière, elle a été inaugurée en 1978, au moment où je naissais. Ma ville, elle fait 5 fois Lyon, 2 fois et demi Paris, deux lignes de métro.

Mais comme il fait beau, comme il y a du soleil, comme il y a l'OM et le pastis, tout va bien. C'est très compliqué de supporter ça. Et c'est pour ça qu'on a décidé de mettre un milliard d'euros sur la table et que le président de la République a dit je mets un milliard d'euros sur la table. Vous savez, là, c'est dans 10 jours. Et les transports,

13:48
Locuteur non identifié

c'est ce dont vous avez parlé avec Elisabeth Borne ?

13:50
Benoît Payan

Notamment. Et elle a pris un engagement très fort qui était celui du président de la République. De construire une nouvelle ville de métro ? Il y a un milliard d'euros sur la table. Là, une condition, c'est que la métropole désenclave les quartiers nord. C'est que la métropole fasse des tramways vers les quartiers nord. Et je le dis à la métropole, on n'a pas le droit de perdre un milliard d'euros. Dans 12 jours, il va y avoir justement une grande réunion où la métropole doit annoncer ce qu'elle va faire.

14:14
Locuteur non identifié

Si vous me permettez juste une précision pour les auditeurs, les transports, c'est la prérogative en termes de construction

14:18
Benoît Payan

de la métropole ?

14:20
Locuteur non identifié

Pour être très clair sur le débat que vous posez.

14:22
Benoît Payan

Depuis des années, les métropoles, les intercommunalités là où elles sont ont en charge les transports. C'est elles qui s'occupent des bus, des métros et des tramways quand il y en a.

14:30
Locuteur non identifié

Et vous dites la métropole bloque le désenclavement des quartiers nord.

14:32
Benoît Payan

La métropole n'a pas l'argent pour réussir ça. Ça, c'est encore un autre sujet. Elle n'y arrive pas. C'est pour ça que le président a dit je vais l'aider, je mets un milliard d'euros à une condition. C'est très simple. Dans cette ville, il y a des gens qui sont assignés à résidence. Il y a 300 000 Marseillais qui vivent là où il n'y a ni tramway ni métro. Cet argent, il doit servir à ça. Donc dans 10 jours, c'est l'heure de vérité. Dans 10 jours, on sait si on a perdu un milliard d'euros ou pas. Mais alors on sait combien de lignes de métro, combien de lignes de tram ou alors est-ce que vous avez déjà ce plan qui est prêt ? C'est une ligne de métro, plusieurs lignes de tram ?

C'est quatre lignes de tram. Pour la ligne de métro, il va falloir un peu plus de temps. Malheureusement, j'aimerais que ça aille plus vite. Je ne préside pas la métropole. Quatre lignes de tram. Et surtout vers le nord. Et puis ensuite, bien évidemment, c'était la question, vous le savez, on en a parlé à plusieurs reprises de qu'est-ce qu'on fait dans cette ville ? Qui ramasse les poubelles ? Comment est-ce qu'elles sont ramassées ? Comment est-ce qu'elles sont nettoyées ?

15:23
Locuteur non identifié

L'État doit s'emmêler, et doit dire aujourd'hui, voilà, ça c'est un peu moins pagnon.

15:26
Benoît Payan

L'État doit faire une loi. Vous avez vu l'État de la ville ? Et donc, objectivement, ce qu'a pondu l'État là-dessus, et je l'ai dit au Président de la République et je l'ai redit à la Première ministre, c'est une honte. C'est ni fait ni affaire. C'est incompréhensible. D'ailleurs, quand j'ai interrogé la Première ministre, elle ne comprenait pas beaucoup plus que moi. Vous en conviendrez, c'est assez inquiétant d'ailleurs.

15:45
Locuteur non identifié

Parce qu'il y a une loi qui a été votée qui débloquait des crédits.

15:46
Benoît Payan

Ce n'est pas une loi, c'est une farce. C'était une farce. En fait, vous savez ce qu'elle a raconté, cette loi ? Vous savez ce qu'a fait le législateur en France il y a quelques mois ? Il a décidé de qui et comment est-ce qu'on allait ramasser les poubelles à Marseille. Alors, sur les voies impaires, c'est la métropole. Sur les voies paires, c'est la mairie. Sur les voies perpendiculaires, c'est la métropole. Sur celles parallèles, c'est la mairie. Mais qui a pu faire une ineptie pareille ? Mais comment le législateur, en 2021, peut écrire et voter des bêtises pareilles ? Moi, je dis, allez, je n'ai même pas envie de commenter ça.

Je dis juste que à Marseille, on ne s'amuse pas, on ne fait pas n'importe quoi. Ce n'est pas sérieux. Il faut faire une loi. Il faut dire des choses claires. Est-ce qu'on est capable de faire quelque chose ? Est-ce qu'on est capable de mettre les financements en face ? En vérité, ce n'est pas très compliqué de faire tout ça. Il faut des compétences simples et l'argent qui va avec. Et vous avez obtenu l'engagement de la première ministre ? Il n'y a ni l'un, au moment où je vous parle, il n'y a ni l'un ni l'autre. Ni l'un, ni l'autre. Et donc, je pense que l'État doit retravailler sa copie vite fait, bien fait.

Benoît Payan, on va continuer de parler de l'école dans un tout petit instant puisque vous expérimentez en quelque sorte l'école du futur qui est amenée à être déployée sur tout le territoire. C'est en tout cas le projet d'Emmanuel Macron. Juste après le fil info, 9h moins 10, voici Marie Maheu.

16:53
Présentateur

De grosses perturbations dans les aéroports français aujourd'hui pour cause de grève des contrôleurs aériens. La direction générale de l'aviation civile a demandé aux compagnies de réduire de moitié leur programme de vol. Elle invite aussi les passagers qui le peuvent à reporter leur voyage. Même sur les vols maintenus, il pourrait y avoir d'importants retards. Dans le sud-ouest, l'évolution de l'incendie de Charente est favorable mais 400 hectares de pente étaient touchés. Les autorités recherchent un pyromane. L'incendie de Somos en Gironde est lui désormais fixé après avoir brûlé 3400 hectares.

Conséquence de la crise en Ukraine, la crise énergétique va infléchir le PIB français, prédit la Banque de France. La croissance devrait fortement ralentir en 2023 à 0,5% contre 2,6% en 2022 avec des risques de récession cet hiver notamment en cas de fermeture complète sur le robinet du gaz russe et de coupure électrique. Et puis en tennis, la Suisse rend hommage à son géant Roger Federer qui a annoncé hier sa retraite. Ce sera après sa participation la semaine prochaine à la Laveur Coppel à Londres. La Suisse ne pourrait pas être plus fière à tweeter le président de la Confédération. Roger Federer, 41 ans compte 20 titres en grand chelem. France Info

18:01
Invité

Le 830 France Info Néhile à la Trousse Lorrain Sénéchal

18:07
Locuteur non identifié

On va voir avec Benoît Payan, maire de Marseille et ce bilan du plan Marseille en Grand lancé il y a un an. Vous évoquiez il y a quelques instants la rénovation des écoles, un tiers d'écoles dans un état indigne nous disiez-vous. 10 chantiers lancés cette année, est-ce que l'inflation change vos plans ? Est-ce que les coûts des matériaux qui explosent, le coût du travail qui explose aussi, les salaires qui augmentent font que vous serez peut-être amené à réduire la voilure de la rénovation des écoles ?

18:33
Benoît Payan

Moi je ne le souhaite pas, par contre je dois intégrer les difficultés qui sont liées à tout ce que vous venez de dire. Ce plan c'est 1,2 milliard millions d'euros pour 174 écoles. Aujourd'hui dans nos projections on sait qu'on va avoir une inflation qui va porter le plan à 1,5 milliard d'euros et dans les discussions avec l'état, il s'agit que la ville de Marseille et que l'état prennent en compte évidemment cette évolution des coûts mais c'est un plan sur 10 ans et ce qui est vrai aujourd'hui ce sera moins vrai dans 5 ans, dans 6 ans, dans 7 ans, dans 8 ans.

Quoi qu'il en soit la programmation, la manière dont on va construire les écoles ne change absolument pas mais bien évidemment comme tous les maires de France

19:07
Locuteur non identifié

Vous ne touchez pas au calendrier ?

19:09
Benoît Payan

Je ne touche ni au calendrier ni à la programmation ni au démarrage des travaux mais je découvre des factures qui sont de plus en plus inquiétantes qui sont de plus en plus importantes pour autant qu'est-ce que je dois faire ? M'arrêter de construire des écoles et je dis c'est trop cher je ne peux plus payer ça ne peut pas fonctionner comme ça encore une fois je vous l'ai dit j'ai fait des choix budgétaires qui ne sont pas simples mais qui me permettent de tenir dans la tempête et c'était très important de le faire comme ça. Et vous renvoyez la note à l'état ?

Absolument pas je pense que chacun vous savez si j'ai envie qu'une facture ne soit pas payée je fais comme ça donc je pense qu'il faut d'abord discuter et pour le coup sur la question des écoles l'état est un partenaire fiable justement ça n'était pas que des mots le président de la république pour le coup il est passé à l'acte et il a fait avec moi quelque chose d'inédit c'est-à-dire faire une société choisir un directeur général y mettre 256 millions d'euros cette année pour la part de l'état la même chose pour la ville de Marseille donc c'est sonnant et trébuchant ça existe c'est budgété ça avance encore une fois qu'est-ce qui a compté dans tout ça l'intérêt des Marseillaises et des Marseillais c'était pas facile pour moi d'aller voir le président de la république ou de discuter avec madame Borne même si c'est très agréable d'aucuns n'auraient pu penser qu'il pouvait y avoir des compensations de politique politicienne je t'aide sur les écoles tu votes pour moi qu'est-ce qui a compté et qu'est-ce qui compte c'est ma ville et c'est les Marseillais et c'est à ça que doit servir un maire avant tout alors ce qui a été mis en place pour le coup c'est l'école du futur comme on l'a appelé c'est-à-dire une réforme de la manière dont fonctionnent les écoles à Marseille avec ces directeurs qui peuvent entrer directement dans le recrutement de leurs équipes comment ça fonctionne concrètement ça fait plus d'un an maintenant que c'est mis en place à Marseille vous en avez déjà parlé vous m'aviez déjà posé la question mais je vais vous faire la même réponse vous êtes les premiers à l'avoir mis en place je vais vous faire la même réponse évidemment la communauté éducative avait été heurtée par la manière dont ce sujet avait été présenté notamment par monsieur Blanquer sur les directeurs vont eux-mêmes d'ores et déjà finalement recruter les profs il ne s'agit absolument pas de ça ça c'est une espèce de mystification qu'on répète comme un mantra ça ne peut pas être ça parce que d'abord c'est non conforme à la loi et au code de l'éducation et ensuite c'est vraiment pas le sens de l'histoire les écoles qui sont aujourd'hui en expérimentation à Marseille il y en a 59 moi je considère que ça ne peut pas fonctionner comme ça et je souhaite que ce soit toutes les écoles marseillaises qui soient concernées il ne peut pas y avoir des écoles dans lesquelles on fait des choses extraordinaires mais dans ces 59 là vous confirmez ou pas que les directeurs ont pu jouer un rôle en tout cas oui sur la question de qui fait de l'initiation à l'anglais qui fait de l'animation scientifique ce n'est pas les professeurs qui sont recrutés il faut arrêter de raconter des choses absolument incroyables projets pédagogiques qui sont pensés objectivement moi je pense que les choses elles doivent se faire avec les équipes pédagogiques et qu'on ne doit pas changer et bouleverser le cours des choses et puis j'ai 480 écoles à Marseille moi je ne peux pas me contenter de quelques écoles qui font des choses pour le coup qui sont extraordinaires de ce que j'ai vu ce sont des projets qui sont merveilleux ça vient de commencer donc pour l'instant c'est mis en place on en tirera le bilan quand ce sera et quand ce sera génialisé à toutes les écoles c'est plutôt comme ça que j'ai envie de le faire

22:14
Locuteur non identifié

parce que vous voyez déjà des différences entre celles qui expérimentent et celles qui n'expérimentent pas

22:18
Benoît Payan

par la nature des choses quand dans une école il se passe quelque chose et que dans d'autres écoles il ne se passe rien forcément madame Latrouz il y a des différences encore une fois

22:27
Locuteur non identifié

ou alors de rupture d'égalité

22:31
Benoît Payan

je n'y tiens pas mais qu'est-ce qui se passe concrètement dans ces écoles qu'est-ce qu'il fait vous dites c'est magnifique et je le veux pour toutes les écoles de ce que j'ai vu il y a des apprentissages enfin si vous voulez on parle de l'apprentissage des mathématiques par les robots ça peut intéresser vos auditeurs mais donc ce sont des choses qui sont extrêmement intéressantes qu'ils ont mis en place moi j'ai vu des enfants faire de la programmation informatique en s'amusant et je trouve ça extraordinaire et j'aimerais que tout le monde puisse le faire en fait c'est plutôt ça et le but c'est que tout le monde le fasse partout en France c'est le projet d'Emmanuel Macron très bien on est très loin de l'embauche des professeurs par les directeurs enfin vous voyez je ne vois pas l'intérêt de fabriquer une polémique moi je suis contre l'embauche des professeurs par les directeurs par contre si on apprend un petit de 6 ans de la programmation avec des robots en s'amusant tant mieux mais vous dites ça n'est pas ce qui se passe à Marseille l'école du futur ça n'est pas le recrutement des professeurs par leur directeur au moment où je vous parle ce n'est pas le cas et puis si ça devait être le cas je dirais ce que j'en pense je l'ai déjà dit je suis opposé

23:26
Locuteur non identifié

Benoît Payan maire de Marseille est-ce que vous définissez toujours comme un homme de gauche ? ma question vous laisse je la trouve incroyablement

23:34
Benoît Payan

matinale bien évidemment plus que jamais

23:38
Locuteur non identifié

plus que jamais et est-ce que vous allez voir où je veux en venir vous allez voir l'esprit de rationalité qu'il y a derrière est-ce que vous considérez que vous êtes un peu le créateur de ce qui est devenu maintenant l'alliance des gauches avec le printemps marseille vous ne demandez pas de droit d'auteur à la NUP

23:52
Benoît Payan

non pas vraiment vous avez été le premier

23:56
Locuteur non identifié

à lancer cette alliance très large des gauches

23:58
Benoît Payan

on est très fiers de ce qu'on a fait à Marseille vous savez quand on a lancé ça et même sur ce plateau personne n'y croyait ça faisait sourire les commentateurs en se disant Marseille ça ne peut pas fonctionner qu'est-ce que c'est que cette espèce d'alliage hétéroclite il y a des gens qui ne sont pas dans des partis il y a des insoumis il y a des socialistes il y a des communistes il y a des écologistes ça ne veut rien dire ça ne peut pas marcher en fait vous savez ce qu'on a décidé de faire on s'est dit qu'est-ce que c'est qui compte en fait nos partis nos drapeaux nos étiquettes ou les gens qu'on est censé défendre ou notre ville moi c'était ma ville ou c'est les Marseillais qu'est-ce que c'est qui compte le plus on s'est dit c'est quand même ce qu'on a en commun qui compte le plus et donc on a posé les drapeaux on a enlevé nos étiquettes sans se renier sans renier nos passés on a des identités elles sont fortes et on s'est dit on se met ensemble c'est ça la différence avec la NUP mais je ne sais pas certains partis se sont reniés et ralliés à la France Insoumise ce qui n'est pas le cas à Marseille c'est ce que vous dites mais personne ne s'est renié et rallié à la France Insoumise et la NUP c'est pas le ralliement des partis à la France Insoumise chacun a son identité c'est ce que dit Bernard Cazeneuve l'ancien Premier ministre il parle de toutouisation du parti socialiste si vous voulez bien j'ai beaucoup de respect pour Bernard Cazeneuve et donc je ne vais pas commenter ce qu'il a dit ce qui m'intéresse c'est ce qu'on est capable de faire et c'est ce qu'on est capable de faire à l'avenir et donc le fait qu'on puisse se rassembler quelles que soient nos sensibilités et qu'on puisse porter un projet c'est ça l'essentiel en fait et moi je suis très fier de ce qui s'est passé et objectivement est-ce qu'on a un intérêt à venir taper sur les uns parce qu'ils seraient insoumis ou sur les autres parce qu'ils seraient socialistes vous êtes encore socialiste vous aujourd'hui ?

mais c'est toute mon histoire même si j'ai été malheureux dans ce parti j'ai été malheureux de voir ce qu'il est devenu j'ai été malheureux d'un certain nombre d'années j'en ai pas fait étalage je me suis pas mis sur votre plateau en train de pleurer en disant c'est la trahison de mes valeurs ça a été difficile à encaisser ça a été compliqué je suis content de voir ce qu'il est en train de redevenir donc vous pouvez redevenir socialiste mais je n'ai jamais été autre chose que ça après l'appartenance à un parti tout ça c'est c'est sibilin même pour les français ça n'a pas d'intérêt Benoît Payon merci beaucoup invité de France Info ce matin maire de Marseille bonne journée à vous