NOUS CENSURERONS X. BERTRAND OU B. CAZENEUVE - S. CHENU
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse partielle
Vous confirmez que Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont parlé hier soir ?
- 0:40OuverteRéponse directe
On va parler de ces conditions. Quelles conditions est-ce que vous posez pour accepter d'une certaine manière le futur Premier ministre ?
- 1:26RelanceRéponse directe
Mais ça élimine qui alors ? Par exemple ?
- 1:41FerméeRéponse directe
Donc refus de principe sur Xavier Bertrand ?
- 2:13OuverteRéponse directe
On a le sentiment qu'il y a quelque chose qui s'est passé hier, que vous avez basculé pour justement aller vers un refus d'emblée de Xavier Bertrand.
- 2:32FerméeÉludée
Est-ce que vous censurez d'emblée Xavier Bertrand ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« Marine Le Pen lui aura répété ce qu'elle lui a toujours dit, c'est-à-dire les conditions que nous posons pour éviter une censure immédiate. »
- 1:08Invité politiqueChiffre
« Nous n'avons pas remporté, mais en tous les cas, nous revenons à un nombre plus important députés qu'avant les législatives. »
- 1:37Invité politiqueChiffre
« 20 parlementaires RN, effectivement ne nous met pas dans de bonnes dispositions. »
- 1:48Invité politiqueFait
« Ce n'est pas une histoire de personne uniquement. Lorsqu'il était ministre de la Santé, c'était les fermetures des lits, c'était la tarification à l'acte. »
- 1:55Invité politiqueFait
« C'est un bilan qui n'est pas glorieux. Dans la région, ça a été le financement pendant des années du lycée Averroès, de Radio Pastel, une radio qui diffusait Tariq Ramadan. »
- 3:03Locuteur non identifiéFait
« Xavier Bertrand est un macroniste. Déjà, il faut le rappeler. Il a appelé à voter pour Emmanuel Macron en 2017, en 2022. »
- 4:17Invité politiqueFait
« Il y a trois types de personnalités pour lesquelles nous déposerions immédiatement une motion de censure. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Cazeneuve, parce que c'est le retour aux années Hollande, c'est amusant qu'Emmanuel Macron aille chercher dans le vieux monde les gens qu'il a lui-même dégagés, dont il disait qu'il fallait se débarrasser en 2017. »
- 4:48Invité politiqueFait
« les LR, c'est quand même pas ses 40 députés, c'est que Xavier Bertrand n'avait même pas été choisi par sa propre famille politique. »
- 7:17Invité politiquePromesse
« il faudra poser, ouvrir le dossier de la proportionnelle. »
- 7:58Invité politiqueFait
« il y a trois blocs à l'Assemblée nationale et il y a très peu de grandes réformes sur lesquelles les trois blocs ou deux blocs se retrouveraient d'accord. »
- 8:54Invité politiquePromesse
« Nous, la réforme des retraites, on propose son abrogation dès le mois d'octobre. »
- 10:23Invité politiqueFait
« Non, parce que je pense qu'où il n'ira pas jusqu'au bout, il ne sera pas au second tour. »
- 10:56Invité politiqueFait
« L'homme des 80 km heure, de la retraite à 69 ans, des gilets jaunes. »
- 14:18Invité politiqueChiffre
« On a 100 000 adhérents aujourd'hui. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu72 %
- Présentateur14 %
- Locuteur non identifié10 %
- Locuteur non identifié 24 %
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Merci d'être avec nous ce matin en direct, vice-président du Rassemblement national et député du Nord. Vous confirmez que Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont parlé hier soir ?
Ce n'est pas à moi de le confirmer, mais j'imagine que si le président de la République a souhaité s'entretenir avec Marine Le Pen, Marine Le Pen lui a répondu. Nous sommes des gens courtois et dans la situation actuelle, Marine Le Pen lui aura répété ce qu'elle lui a toujours dit, c'est-à-dire les conditions que nous posons pour éviter une censure immédiate.
On va reparler de ces conditions. Simplement, je précise que nous confirmons ici à BFM TV que Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont bien reparlés hier soir. On va parler de ces conditions. Quelles conditions est-ce que vous posez pour accepter d'une certaine manière le futur Premier ministre ?
D'abord, la première des choses, et c'est ce qui, je crois, est une bonne entrée en matière, c'est de respecter les oppositions. Et en particulier de respecter la première de celle-ci, c'est-à-dire le Rassemblement national, en évitant de nommer un Premier ministre qui passerait son temps à nous insulter et à insulter les millions d'électeurs qui nous ont fait confiance. Ce n'est pas rien que de dire cela. Nous n'avons pas remporté, mais en tous les cas, nous revenons à un nombre plus important députés qu'avant les législatives.
Nous sommes le premier groupe d'opposition et nous considérons que pour apaiser la situation, il faut un Premier ministre qui soit aussi capable de prendre cela en compte. Mais ça élimine qui alors ? Ça élimine qui ? Par exemple ? Des gens comme Xavier Bertrand, qui a passé son temps à vomir sur les électeurs du Rassemblement national, représentés par 20 parlementaires d'ailleurs dans sa propre région, 20 parlementaires RN, effectivement ne nous met pas dans de bonnes dispositions. Donc refus de principe sur Xavier Bertrand ? Oui, de principe et puis aussi par rapport à ce qu'il est, je veux dire, ce qu'il a fait comme résultat. Ce n'est pas une histoire de personne uniquement.
Lorsqu'il était ministre de la Santé, c'était les fermetures des lits, c'était la tarification à l'acte. C'est un bilan qui n'est pas glorieux. Dans la région, ça a été le financement pendant des années du lycée Averroès, de Radio Pastel, une radio qui diffusait Tariq Ramadan. Enfin, je veux dire, c'est quand même aussi quelqu'un qui fait de la communication, mais derrière, il y a peu de résultats. Donc nous, on le voit à la manœuvre, Xavier Bertrand. On fait envie de ça pour notre pays.
On a le sentiment, qui est sans doute partagé et qui est partagé parce qu'on en a parlé juste avant l'émission par Laurent Neumann, qu'il y a quelque chose qui s'est passé hier, que vous avez basculé pour justement aller vers un refus d'emblée de Xavier Bertrand. Et pour preuve, je voudrais vous montrer Yohann Gillet, qui est un de vos députés. On l'a reçu hier matin, on l'a reçu hier soir. On lui a posé la même question. Est-ce que vous censurez d'emblée Xavier Bertrand ? Le matin et le soir, il ne répond pas à la même chose.
Pas de censure de principe pour un autre Premier ministre. On veut entendre ce qu'aura à dire le futur Premier ministre, ce sur quoi il veut travailler. Et on veut faire en sorte, non pas de bloquer le pays comme souhaite le faire la gauche, mais trouver des solutions. Confirmer que si Xavier Bertrand est nommé à Matignon, l'ERN le censure tout de suite ? Oui, parce que Xavier Bertrand est un macroniste. Déjà, il faut le rappeler. Il a appelé à voter pour Emmanuel Macron en 2017, en 2022. Donc remplacer un macroniste pour un macroniste, ça n'a pas de sens. Et Xavier Bertrand est outrancier et insultant à l'égard du Rassemblement national et de ses électeurs.
Qu'est-ce qui s'est passé entre les deux ?
En fait, Xavier Bertrand, qui est une espèce de mythomane, a essayé une petite clé de bras, je pense, en faisant passer l'idée. Il l'a fait aussi avec les socialistes, qu'il avait obtenu des accords de principe du Rassemblement national, qu'il discutait avec nous et qu'on ne le bloquerait pas. Évidemment, on n'a jamais discuté ensemble. Moi, j'ai fait un SMS à Xavier Bertrand pour lui rappeler que diffuser ce genre de fake news, pour essayer d'obtenir le poste. Il l'a fait avec les socialistes en disant « Oui, oui, moi, j'aurais une vingtaine de députés socialistes qui me soutiendraient ». Olivier Faure a immédiatement fait un communiqué en disant « On vous censurera immédiatement ».
Eh bien, je pense que ça augure assez mal d'une capacité à pouvoir rassembler et respecter les oppositions. Vous voyez, quand on a quelqu'un qui, pour prendre l'expression qui n'existe, un mot qui n'existe pas, qui m'itonne à ce point-là, eh bien, je pense que la France mérite mieux.
– Mais est-ce que ça n'a pas flotté chez vous, hier, simplement, pour trouver la bonne position, justement, entre le matin et le soir ? – Il y a eu des coups de téléphone. Et il n'y avait pas forcément, d'ailleurs, pardon, le même son de cloche entre l'entourage de Jordan Bardella et ce que disait Marine Le Pen.
– Je vais vous dire, il y a trois types de personnalités pour lesquelles nous déposerions immédiatement une motion de censure. C'est ceux dont nous connaissons à la fois le programme et que nous ne voulons pas voir revenir. C'est-à-dire, il y avait le nouveau Front populaire, on connaît leur programme, on considère qu'il est moins pour la France, on censure immédiatement. Cazeneuve, parce que c'est le retour aux années Hollande, c'est amusant qu'Emmanuel Macron aille chercher dans le vieux monde les gens qu'il a lui-même dégagés, dont il disait qu'il fallait se débarrasser en 2017. Donc Bernard Cazeneuve, on connaît son bilan, ce qu'il représente. Xavier Bertrand, on connaît son bilan.
Ce qu'il représente, pas grand-chose au plus, il faut bien dire, parce que les LR, c'est quand même pas ses 40 députés, c'est que Xavier Bertrand n'avait même pas été choisi par sa propre famille politique. Donc ça, c'est censure immédiate. Et après, il y a l'arrivée d'un Premier ministre, il y en aura bien, à un moment ou un autre, ou d'une Première ministre, que nous jugerons sur pièce et sur le discours, et pour lequel nous avons à la fois des propositions, mais aussi des conditions. Et là, nous sommes des gens, on sait bien qu'il ne viendra pas de nos rangs, le Premier ministre, donc on ne va pas censurer tout le monde immédiatement. Et là, on va voir comment il se positionne.
Et là, on jugera sur le discours et les propositions de celui-ci.
Laurent ? C'est intéressant, ce qui s'est passé quand même la journée d'hier. On est désormais à front renversé. Il y a quelques jours, la gauche disait, on censurera tous ceux qui ne viendront pas de nos rangs. Et le Rassemblement national disait, on censurera si le programme ne nous convient pas. Depuis hier, hop, changement. La gauche dit, on ne censure pas a priori tout le monde. On attend de voir ce que feront les futurs premiers ministres et le futur gouvernement. Et maintenant, c'est le Rassemblement national qui dit, alors tous ceux qui ont vomi sur le Rassemblement national, c'est non. Tous ceux qui viennent de la gauche, c'est non.
Cazeneuve, parce que c'est le hollandisme, c'est non. Le patron du CESE, c'est non. Et dans votre esprit, il ne resterait plus qu'un Premier ministre technique qui accepterait de voter la proportionnelle. Pardon, on a complètement changé de stratégie.
Vous savez, il y a des gens intéressants dans le monde politique avec lesquels on ne partage pas d'options politiques, mais qui restent des gens tout à fait respectables. Je pense qu'un François Bayrou, un Jean-Louis Borloo sont des gens respectables, qui respectent le Rassemblement national et ses électeurs, avec lesquels on a de très fortes différences d'approche. Vous pourrez ressortir toutes les déclarations de Jean-Louis Borloo sur le Rassemblement national. Ça va être très difficile de trouver quelqu'un qui n'a pas dit de mal du Rassemblement national.
Je ne plaide pas pour lui, mais ce que je veux dire, c'est que dans son mode de fonctionnement, moi, c'est quelque part mon voisin de circonscription à Valenciennes, moi à Denain, mais je ne plaide pas pour lui. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des gens qui ont des principes et des approches politiques qui sont respectueuses de leurs adversaires. Il y a ceux qui représentent ce qu'on trouve être le pire de la politique, c'est le cas de Xavier Bertrand. Puis ses internoiements, ses financements, je le disais pendant des années, lycée Averro-Est, tout ça. Ce n'est pas ce qu'il faut pour notre pays. Et Bernard Cazeneuve ? Maintenant, mais Bernard Cazeneuve, c'est François Hollande.
C'est la continuité, c'est le retour aux années Hollande. Donc si vous voulez, nous, on considère que, évidemment, ce n'est pas la voie pour le pays. Évidemment, comme ce ne sera pas un Premier ministre qui aura nos options politiques, il va falloir trouver quelqu'un qui gère ces 10 mois, parce que dans 10 mois, on peut retourner devant les électeurs pour clarifier la situation. Et pour gérer ces 10 mois et sortir de ce chaos, il faudra poser, ouvrir le dossier de la proportionnelle.
Vous mettez la proportionnelle dans vos conditions. Est-ce que ce matin, en se réveillant, les Français pensaient à ça ? Pensez à la proportionnelle ? Est-ce que c'est vraiment la priorité des Français aujourd'hui ?
Non, non, mais ce n'est pas la priorité des Français. C'est une des clés pour sortir du blocage qu'Emmanuel Macron a créé en se désistant pour le nouveau Fonds populaire et le nouveau Fonds populaire pour lui, parce que la base du problème vient de là. Donc il faudra bien trouver des clés pour sortir. Pendant ce temps-là, il y aura 10 mois à tenir. Évidemment, le Premier ministre qui sera là n'entamera pas de grandes réformes parce qu'il y a trois blocs à l'Assemblée nationale et il y a très peu de grandes réformes sur lesquelles les trois blocs ou deux blocs se retrouveraient d'accord. Donc il n'aura pas de grande majorité sur des grands textes. Donc il va gérer à minima.
On le sait bien, c'est une année, je l'espère, qui ne sera pas perdue. Nous, on pense qu'un Premier ministre qui donnerait des signes sur le pouvoir d'achat, un Premier ministre qui prendrait à bras le corps la sécurité et l'immigration, qui ouvrirait les dossiers avec un peu plus de dextérité et de volontarisme que les précédents, eh bien on regarderait ça avec attention.
Mais là aussi, Sébastien Chenu, pardon, je vous écoute attentivement et j'ai l'impression que là aussi, il y a eu un changement énorme. Moi, je m'attendais à ce que le Rassemblement national dise l'important, le nouveau Premier ministre et le nouveau gouvernement, l'important, c'est la vie quotidienne des Français, le pouvoir d'achat, la réforme des retraites, l'augmentation des... C'est exactement ce que je viens de vous dire. Non, ce que vous dites, c'est nous, on veut un Premier ministre qui instaure la proportionnelle. Non, vous ne l'avez pas écouté.
Je vous ai dit, il faut un Premier ministre, je viens de le dire, qui ouvrirait les dossiers notamment du pouvoir d'achat, de l'immigration, de la sécurité. Je vous ai dit, ça n'a pas été fait avec beaucoup de dextérité ces dernières années. Nous, la réforme des retraites, on propose son abrogation dès le mois d'octobre. Donc, je veux dire, on est très concret. Oui, mais vous venez de dire avant que vous censurez a priori tous les noms qui sont cités. Mais pas d'autres. Je vais vous dire, il y aura d'autres noms, d'autres personnes, il y aura bien quelqu'un qui sera nommé. Pour vous, ce ne sera pas d'emblée. Mais après, il faudra bien sortir du blocage.
Et pour sortir du blocage, la clé, c'est la proportionnelle.
Sébastien, juste une précision. Pour vous, ce ne sera ni Cazeneuve, ni Bertrand. Non pas que vous censuriez. Pour vous, celui que nommera Emmanuel Macron, ce ne sera ni Cazeneuve, ni Bertrand.
Je ne suis pas extra lucide, mais Emmanuel Macron nous a appris qu'il était capable de rencontrer des gens et d'en nommer d'autres. Je veux dire, quand le nom de Thierry Baudet est sorti hier, alors c'est un peu le baltrap tous les jours. C'est-à-dire qu'il y a un nom qui sort, il est déglingué, on s'aperçoit qu'il a eu des prises de position qui sont inacceptables. Quand je pense que Mme Vautrin avait été sortie puisqu'elle était contre le mariage pour tous, Xavier Bertrand, il a défilé contre le mariage pour tous. Moi, je défilais en faveur du mariage pour tous. Vous voyez, des choses qui nous séparent aussi. Bon, donc, je pense que ce n'est pas à mettre à son crédit.
Mais il faut bien falloir trouver des portes de sortie. C'est au président de la République de les trouver dans un contexte d'apaisement et de respect des électeurs, notamment les électeurs du Rassemblement national. Eh bien, nous, nous regarderons sur proposition ce que nous ferons.
Edouard Philippe est candidat à la présidentielle de manière très officielle. Est-ce que vous vous préparez, avec Marine Le Pen, à l'affronter à la présidentielle ?
Non, parce que je pense qu'où il n'ira pas jusqu'au bout, il ne sera pas au second tour. Moi, je n'ai jamais cru qu'Edouard Philippe était une valeur particulièrement intéressante dans la vie politique française. Je ne parle pas de l'homme en tant que tel. L'homme a des qualités. Mais je veux dire, ce qu'il porte, la politique qu'il porte, n'est pour moi pas la solution pour le pays. Je l'ai vu à l'œuvre. J'étais déjà député avec Marine Le Pen en 2017, lorsqu'il était Premier ministre.
Enceint Premier ministre avec une certaine popularité, ça ne compte pas pour vous ?
Non, mais on sait très bien, vous savez, que la popularité ne fait pas l'élection. Sinon, Simone Veil, Bernard Kouchner, l'abbé Pierre, auraient été élus président de la République. Donc, moi, j'ai vu Edouard Philippe. L'homme des 80 km heure, de la retraite à 69 ans, des gilets jaunes. L'homme qui nous dit aujourd'hui, oh là là, j'ai proposé des choses massives sur l'immigration, il va falloir y aller fort, etc. Enfin, je veux dire, les accords de 68 avec l'Algérie, il a vu deux fois Téboune. Jamais il n'a osé lui en parler lorsqu'il était Premier ministre. Donc, c'est un peu, si vous voulez, c'est jupé.
Il y a à la fois une psychorigidité, une incapacité à comprendre le pays et un manque de courage politique. Vous n'y croyez pas, mais tous les arguments contre lui sont prêts ce matin. Oui, mais j'y ai jamais cru. Au cas où ? Oui, mais vous me demandez ce que j'en pense. C'est un homme correct. C'est un homme correct, Edouard Philippe. C'est un homme qu'il est difficile de placer sur l'échiquier politique puisqu'il appelait encore à voter communiste au moment des élections législatives. Donc ça, c'est pour quelqu'un qui se prétend être un homme de droite. C'était pour faire barrage au Rassemblement national.
Oui, voilà, donc tous les prétextes sont bons, y compris faire élire des communistes. Bon, voilà, mais moi, fondamentalement, vous me demandez mon avis, je pense qu'Edouard Philippe n'ira jamais dans un second tour d'une élection présidentielle.
Vous avez un point commun avec Edouard Philippe ? Celui de penser qu'il pourrait y avoir une élection présidentielle avant 2027 ? C'est possible.
C'est possible. Bon, je trouve que, sincèrement, ce que fait Edouard Philippe, à la fois...
C'est que, pardon, vous critiquez Edouard Philippe qui annonce sa candidature aujourd'hui.
Enfin, Marine Le Pen est elle-même candidate. Non, mais, je veux dire, nous, on n'a pas été aux responsabilités, on n'a pas été nommé par Emmanuel Macron. Nous sommes des adversaires et des opposants politiques. C'est normal qu'on propose autre chose. Edouard Philippe, il a été nommé par Emmanuel Macron. Il a été l'artisan de sa politique. Aujourd'hui, grosso modo, il enterre Emmanuel Macron en disant ce que dit le président, ce que fera le président dans les deux ans et demi qui suivent n'a plus aucun intérêt, je prépare, moi, l'avenir. On a quand même le sentiment qu'il y a un rôle... Mais vous attendez une élection présidentielle avant 2027 ? Elle est possible.
Elle ne dépend que d'Emmanuel Macron. Car si une situation est bloquée, et si en 2025, Emmanuel Macron, par exemple, n'allait pas à des législatives anticiper en redissolvant l'Assemblée avec une proportionnelle, pour débloquer la situation, autre que l'est possible, c'est effectivement la démission du président. Elle n'aurait pas d'intérêt aujourd'hui, puisqu'on ne peut pas dissoudre l'Assemblée. Ça ne servirait donc strictement à rien. Donc de toute façon, les choses vont pouvoir bouger à partir de juin 2025 si la situation est bloquée. Emmanuel Macron a deux clés, dissolution, démission, et donc les deux clés sont activables.
On se souvient, Sébastien Chenu, que certains, y compris dans votre camp, ont reconnu que vous n'étiez pas prêts pour les législatives anticipées. Il y a eu un certain nombre de problèmes avec différents candidats. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites aux électeurs, s'il y a présidentielle anticipée, nous nous y préparerons d'ores et déjà, et nous serons prêts ?
Oui, mais nous travaillons à cela. Vous savez, il y a eu une quinzaine de candidats qui ont posé problème. Il faut dire qu'à nous, on ne nous passe rien. Le type qui est garé en double fil, ça fera la une de BFM. Non, mais je note que ce matin, vous dites une quinzaine, à l'époque, vous disiez trois ou quatre. Non, non, mais parce qu'on a trouvé qu'il y avait des gens qui n'avaient pas le profil adéquat ou le niveau adéquat, mais il a fallu faire ça en une semaine. OK, mais c'est à nous d'être probablement meilleurs que les autres, puisqu'on est plus exigeants de nous, je le disais, effectivement.
Nous, si on vous donne un chiffre qui, à la virgule près, n'est pas le bon, vous allez faire un bandeau immédiatement pour dire qu'on se plante. Donc, on est plus exigeants de nous. Et pourquoi pas, finalement, ça nous obligera à être meilleurs, à être mieux préparés. C'est ce que nous faisons avec Jordan, avec l'équipe, avec notre Conseil national de rentrée. Dans les meetings que tiendront Marine Le Pen ce dimanche à Yannin-Beaumont, Jordan en octobre dans les Alpes-Maritimes, nous allons expliquer aux Français à la fois notre méthode, et nous travaillons effectivement en interne. On vit une crise de croissance. On a 100 000 adhérents aujourd'hui.
Vous vous rendez compte que le soir de la dissolution annoncée par Emmanuel Macron, le dimanche soir, on a dû faire, je crois, sur notre site internet, plus de 2 000 adhésions le soir même. Donc, on vit une crise de croissance. À nous d'y répondre.
Merci, Sébastien Chenu. Merci d'avoir été avec nous ce matin pour répondre à nos questions. On verra s'il y a d'autres coups de téléphone entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. On répond toujours, nous, vous savez. Dans les heures qui viennent, vous répondez toujours. Merci encore.
Sébastien Chenu