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interviewINA (sur YouTube)· 16 juillet 2012 12 min

Nicolas Sarkozy

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Retour sur ce plateau avec le ministre des budget Nicolas Sarkozi. Monsieur Sarkozi, nous reparlerons politique dans un instant. Il y a eu des déclarations ces derniers jours également des silence qui font finalement beaucoup parler.

Je voudrais qu'on en vienne aux questions économiques. D'abord, dans quelques jours, les Français vont payer leur 3è tiers provisionnel, leur impôt sur le revenu. Vous êtes en train de préparer le budget 1995.

Est-ce que les impôts baisseront ? Les impôts sur le revenu baisseront. Mais puisque vous parlez du 3e tiers, je veux dire que dans quelques jours, les Français verront concrètement les décisions que nous avons pris l'année dernière, c'est-à-dire que leur impôt ben diminuera puisque c'est 19 milliards d'allègements qui été qui ont été décidés par le gouvernement l'an passé, le 3e tiers, bah ce sera la façon de montrer qu'il y a des promesses, des engagements et que elles sont tenues.

Alors pour l'an prochain, moi les marges de manœuvre dont je dispose en tant que ministre du budget, je raconterai des histoires si je disais qu'on peut tout faire. Les marges de manœuvre sont faibles parce qu'aujourd'hui nous sommes dans une situation très difficile. La reprise est là mais on n pas encore les recettes de la reprise.

En revanche, on a toujours à payer les conséquences de la crise. On peut pas tout faire. Les instructions qui m'ont été données par le premier ministre, c'est dans les arbitrages que je dois lui proposer qu'il rendra dans les jours qui viennent privilégier en toute circonstan l'emploi.

J'ajoute. Comment vous allez faire justement pour pour privilégier l'emploi ? Parce que vous aviez dit au début de l'année, on va alléger les impôts pour relancer la consommation pour que les entreprises investissent pour qu' on crée des emplois.

Vous changez un petit peu d'axe. Est-ce que vous allez par exemple aider les entreprises l'année prochaine en allégeant leurs charges comme on le demande un petit peu partout ? La réponse est clairement oui.

Le pourquoi tout le monde parle d'un débat extrêmement important qui est celui qui consiste à dire que le coût du travail est trop cher. Bon mais nous on a choisi de pas en parler mais de le faire. Il y aura donc très clairement des mesures dans ce sens.

Moi-même par exemple quel type de mesure d'allègement de charge pour les entreprises ? Quel type de charge sur les allocations familiales ? Le le le 21 septembre, je rendrai public le projet de budget et c'est pas pour être désagréable faire des cachoteries mais vous le savez très bien, la conception d'un budget, c'est pas une chose facile.

Ça obéit à des procédures et une solidarité gouvernementale et ça sera rendu public le 21. Mais j'ai moi-même ouvert le débat pour savoir si la majorité quels étaient les allègements que la majorité souhaitait. Il y aura des allègements dans le prochain budget et j'observe, tirez-en les conséquences que vous souhaitez vous-même, mais nous nous devons tirer les conséquences que nombreux ont été ceux qui nous ont dit "Ah, il faut mettre vraiment, pardon de cette expression, le paquet sur les allègements de charge pour l'emploi parce que le problème essentiel de la France, c'est de continuer à engranger les résultats que vous commencez à obtenir, baisser, diminuer le chômage à toute force." Donc, on ne sait pas très bien pour l'instant si les l'impôt sur le revenu baissera en 95. vous n'avez pas apporté de de réponse très précis.

On nous dit que les choses vont mieux, qu'il y a une croissance en France d'à peu près 2 % et on ne voit pas véritablement de contreparti pour les pour pour les gens en France. Franchement, je je veux pas dire je vous étonnerai si j'étais le plus grand mal du gouvernement dont je suis le porte-parole, mais honnêtement, il y a des chiffres qui parlent, je n'aurais même pas besoin de les commenter. On vient de voir rendre public les chiffres sur l'emploi.

Depuis le 1er janvier de cette année, l'économie française a créé 118000 emplois. Ce n'était pas arrivé depuis 5 ans. Je parle en solde net.

Il y a eu 118000 emplois de créer. Si j'avais dit ça l'an passé, si le premier ministre avait dit ça, personne ne nous aurait cru. Pour le deuxè mois consécutif, le nombre de chômeurs diminue.

C'est donc un message d'optimisme. Ça serait ridicule que je dise que tout est résolu, que maintenant demain, on peut faire ce qu'on veut, tout est facile. Sur les salaires par exemple, est-ce que vous pouvez faire quelque chose pour aider les gens à consommer davantage ?

C'est le message du premier ministre depuis plusieurs mois. Est-ce que vous allez demander aux entreprises puisqu'elles créent maintenant de l'emploi puisqu'elles font beaucoup de bénéfices d'investir d'une part et d'autre part de lâcher un petit peu sur les salaires quitte à faire un petit peu d'inflation mais pour relancer la consommation une fois encore ? La question que vous posez est une question essentielle.

Est-ce que dans les années passées en France on a trop sacrifié à l'emploi de ceux qui en avaient un au détriment de ceux qui étaient condamnés à ne jamais en avoir ? Le débat d'équilibre entre salaire et emploi est un véritable débat. Mais je voudrais quand même noter que ce n'est pas au gouvernement de fixer les salaires, non, mais de demander aux entreprises des engagements puisque vous allégez les charge d'un côté, vous pouvez demander un engagement, voir des contrats d'ailleurs pour que les entreprises s'engagent à la fois à créer des emplois et ensuite à à améliorer les salaires.

Voulez-vous me citer le nombre de fois où des engagements ont été pris et jamais tenus ? Est-ce que vous ne croyez pas qu'il est temps de dire à nos compatriotes que maintenant ce qui compte c'est les chiffres qui sortent tels qu'ils sont et n'ont pas des promesses mirifiques de création de 300000 emplois suivis d'aucun effet. Ce que je peux dire en revanche, c'est que le taux d'autofinancement des entreprises n'a jamais été aussi important et que le taux d'épargne des ménages n'a jamais été aussi important.

Qu'est-ce qu'il faut maintenant ? c'est que les gens retrouvent un peu d'optimisme pour consommer et les chefs d'entreprise pour investir. C'est comme cela et pas autrement qu'on résoudra le problème de l'emploi.

Un dernier mot, si vous permettez, il faudra du temps. Un dernier mot sur l'économie, moi une dernière question que je vous posé. On parle beaucoup de privatisation.

Est-ce que vous pouvez nous dire si euh le constructeur automobile Renault ou les AGF seront privatisés et dans quel ordre surtout ? Oh ben clairement les AGF c'est une entreprise qui a vo à être privatisée. Quant à Renault, le problème de sa privatisation partielle se pose puisque nos prédécesseurs socialistes avaient vendu 20 % de Renault à un groupe étranger sur le calendrier sur le sur le calendrier alors sur le calendrier, le premier ministre endra dans le courant du mois de septembre.

Sa décision c'est une affaire d'opportunité en aucun cas d'idéologie. Gérard Languet a dit hier sur France 2 hier matin que l'ouverture du capital se ferait avant la fin de l'année. Il a un peu mangé le morceau et b il a parfaitement raison.

Je trouve que c'est une très bonne idée. Je voudrais qu'on en viienne maintenant à la politique. Vous restez bien évidemment avec nous.

Après les universités d'été du RPR à Bordeaux ce weekend et les encouragements d'Alain Jupé et de Philippe Seguin à Jacques Chirac, les proches des Dir Baladur ont contreattaqué en quelque sorte et aujourd'hui dans le cadre du traditionnel déjeuner de la majorité tous les mardis, les principaux dirigeants du RPR et de l'UDF se retrouvaient à la même table. Une atmosphère qualifiée de très agréable. Carole Com.

On s'y attendait. Rien n'a filtré aujourd'hui à Matignon du trouble qui agite la majorité. Le déjeuner hebdomadaire avec le Premier ministre a repris mais sans Chirak ni Giscar.

À la sortie, quelques-uns l'affirment, tout s'est très bien passé. Très amical. Très am.

Et pourtant, l'offensive menée par Jacques Chirac le weekend dernier à Bordeaux n'a fait que dévoiler ses tensions que la majorité tente tant bien que mal de dissimuler. Candidat au grand débat qui s'annonce avant l'élection présidentielle, mais pas encore candidat tout court, le président du RPR est aujourd'hui ouvertement critiqué par ses propres troupes. Aujourd'hui, il y a un premier ministre qui a été à Matignon parce que Jacques Chirak à l'époque qui aurait dû aller à Matignan n'a pas souhaité y aller.

Il a sans doute eu tort. C'est une erreur politique et c'est un manque de courage. Mais il ne faut pas après reprocher à celui qui a été à votre place de réussir mieux que vous ne l'auriez peut-être fait vous-même.

À ces critiques, les fidèles de Jacques Chirac préfèrent aujourd'hui répondre par les sentiments. Il y a ni baladurien ni churquien. Il y a d'abord des militants RPR, il y a d'abord des députés gaulistes et aujourd'hui ce qui se passe à mon avis ça me fait de la peine car nous sommes des compagnons.

Patrick Balcani et moi nous sommes assis l'un à côté de l'autre dans l'hémicycle. Patrick Balcani, Nicolas Sarkozi, Eric Raou, c'est la génération Churac, c'est Churac qui nous a fait devenir maire, député, ministre. Les sentiments ou comment tenter de ramener la sérénité.

L'épisode aura permis aux deux camps de se compter, même s'ils vont pour un temps à nouveau choisir les coulisses pour s'affronter. Monsieur Sarkozi, vous étiez à ce à ce déjeuner à midi, vous êtes considéré comme un proche d'Edouard Baladur. Comment vous avez réagi ce weekend lorsque vous avez entendu Alain Jupé et et Philippe Segin à Bordeaux ?

Je crois qu'il faut pas dramatiser les choses. Il faut sans doute pas les minimiser non plus. Pas les dramatiser ?

Pourquoi ? un peu d'agitation estivale. On a l'habitude après un thé, on n pas trop parlé de politique, la rentrée est toujours un peu rude.

Il faut pas les minimiser parce que ma conviction c'est qu'on n'a pas été élu pour cela. Alors, il y a pas un drame à midi, ça s'est très bien passé. Qu'est-ce qu'il faut dire ?

Il est certain que pour l'action du gouvernement et celle du Premier ministre, le calendrier ne facilite pas les choses. On s'est aperçu qu'il y avait une élection présidentielle. Mais qu'est-ce qu'attend de nous les Français ?

C'est que la campagne, elle s'ouvre le plus tard possible. Pourquoi ? D'abord parce que ceux qui seront candidats possibles ou ou vraisemblablement on les connaît, ils vont pas faire une campagne de notre pendant 8 mois.

Des noms Jacques Chirac mais Édouard Baladur également, il est candidat Édouard Baladur, il a dit qu'il gouvernerait jusqu'au dernier jour mais en fait il se comporte comme un candidat, il mettra son bilan du gouvernement en face d'un projet éventuel de Jacques Chirac. Il y a deux candidats au RPR. Comment vous allez choisir ?

Mais vous parlez avec tellement d'assurance, j'ai l'impression que vous êtes le un parfait porte-parole pour le premier ministre. Potentiel de candidat potentiel. potentielle aussi j'accès contre Édouard B.

Non, la question ne se pose pas comme cela. Premier ministre a la responsabilité du gouvernement de la France. Il a dit clairement voilà le calendrier, jusqu'à la dernière minute, je gouvernerai.

Et pour cela, j'ai bien autre chose à faire que de faire campagne. Et au mois de janvier, je dirai ce que je ferai. Le calendrier est posé.

Il n'y a aucune raison que le Premier ministre, si peu que cela soit change dans son attitude. J'ajoute dernier point. Qu'est-ce qui devrait faire accélérer la campagne ?

Les hommes sont connus. Et quant aux idées, est-ce que vous croyez que des idées qu'on a pas été capable de faire comprendre en 4 mois, va mieux les faire comprendre en 8 mois ? La vérité, c'est couvrir la campagne aujourd'hui, c'est la certitude qui aurait la division.

Donc le cœur et la raison nous conduire à dire que jusqu'à la fin de 1994, on s'occupe du redressement de la France. Et puis après Édouard Baladur sera candidat après. Mais on verra bien.

Mais après qu'est-ce qui compte vous dire moi très simplement c'est qu'on choisisse le meilleur. Peut avoir deux candidats monsieur Sarkozy. Ce qui compte c'est qu'on est meilleur.

Moi je suis très clairement pour qu'il y ait qu'un seul candidat pas du RPR de la majorité. Et j'étais de ce point de vue très militant qu'on mette en place le système des primaires mais il est évident que plus on se rapproche des élections, moins c'est facile de mettre en place selon vous de la compétition pour éclaircir les choses. Mais c'est pas du tout ce que je viens de dire.

Je viens de dire qu'on doit avoir le meilleur. Non, je vais vous faire une confidence. Je ne trouve pas que les élections présidentielles de 1981 gagné par François Biterran, celle de 1988 gagné par François Mitteran soit la marque d'un très grand succès.

Et j'aimerais que pour celle de 1995, la majorité s'inspire d'autres méthodes pour avoir d'autres résultats. Alors ce que je souhaite, moi j'ai une préférence, je pourrais vous la donner et je ne le ferai pas. On la devine, on la devine, c'est mais pas pour faire des cachoteries.

Mais non, pas du tout parce que je suis ministre et que j'ai bien autre chose à faire que de faire cela. Je souhaite qu'on prenne la meilleure stratégie pour gagner pour le service de la France et pour faire triompher nos idées. Pour cela, il vaut mieux un candidat.

J'ajoute qu'il serait extraordinaire que le RPR et l'UDF se mettent d'accord pour avoir un seul candidat, une cantonale et qu'on nous explique qu'au présidentiel, il vaut mieux en avoir deux. Alors, quel candidat choisir ? Et bien, au mois de janvier, on verra bien quels sont les rapports de force dans l'opinion.

Les sondages, bah écoutez, les sondages c'est un élément parmi d'autres. Mais après tout, vous-même vous en tenez compte, c'est une photographie et il faudra tout simplement choisir le meilleur. Et d'ici là en grâce, faire autre chose que donner des satisfactions au Parti socialistes.

Franchement, quand je vois monsieur Emmanuelli se réjouir des déclarations de certains parmi nous, bien je ne souhaite pas que ça se renouvelle, c'est tout. Je le dis sans aucune agressivité. Maintenant qu' est d'un débat d'idée, bah tant mieux.

Un dernier mot, monsieur Sarkozi, est-ce qu'il faut que des sanctions qui interviennent contre les ministres qui ont parlé un peu trop tôt de cette élection présidentielle puisqu'Edard Baladur avait demandé à ce que l'on en parle pas. Me réponse c'est très clairement non. C'est exactement ce que l'opposition, c'est-à-dire le Parti socialiste, attendrait de nous.

Il faut simplement que chacun d'entre nous garde une certaine réserve et se disent qu'il n'aura pas dit avant le mois de janvier, il le dira après et tout ira bien. Déjà, merci beaucoup monsieur Sarkozi d'avoir été notre invité. M.