Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 20 juillet 2011 8 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleSécuritéÉducation & recherche

Les élites : Marine LE PEN répond au blog de Jean-Michel APHATIE

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13Invité politiqueFait
    « Mes propos n'auraient présenté, je cite, qu'un lointain apparentement avec la réalité. »
  • 0:23Invité politiqueFait
    « Je n'aurais fait, toujours selon ce billet, qu'une description apocalyptique de la société française. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « Nos élites, médiatiques, financières et politiques, ont manifestement perdu tout contact avec la réalité. »
  • 1:20Invité politiqueFait
    « constitués de Français qui n'ont plus rien et qui sont obligés d'aller faire les poubelles »
  • 1:31Invité politiqueFait
    « des événements de grande ampleur, qu'il s'agisse d'une rencontre sportive, d'une manifestation ou d'un rassemblement festif, se terminaient en émeute »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « de ces professeurs frappés par leurs élèves »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « de ces établissements scolaires où le savoir n'est plus transmis et d'où sortent des générations sacrifiées »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « de ces ouvriers et employés français qui se retrouvent chaque jour plus nombreux au chômage parce que leur usine a été délocalisée en Chine, en Roumanie ou en Inde »
  • 4:10Invité politiquePromesse
    « Il faut d'abord assurer une plus grande diversité des profils dans les grandes écoles, celles qui forment les élites de demain. »
  • 5:00Invité politiquePromesse
    « Mais de réussir à la loyale en les informant davantage ainsi que leurs parents sur les voies d'excellence, en facilitant l'accès au logement étudiant et en augmentant les bourses sociales »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « nos dirigeants font tout pour cadenasser le système en bidouillant les modes de scrutin, en faisant disparaître l'élection à la proportionnelle »
  • 5:52Invité politiquePromesse
    « Seule l'instauration de référendums récurrents et de la proportionnelle, notamment aux élections législatives, permettra de refléter enfin correctement l'opinion du peuple français. »
  • 6:31Invité politiquePromesse
    « il faut interdire aux grandes entreprises sous contrat avec l'État de posséder des groupes de presse ou des chaînes de télévision et de radio »
  • 6:52Invité politiquePromesse
    « donner pour mission au CSA de faire respecter un vrai pluralisme des prises de paroles politiques dans les médias »

Temps de parole

  • Marine Le Pen100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Marine Le Pen

L'autre jour, en lisant le billet rédigé par Jean-Michel Apathy sur son blog, suite à mon passage au grand jury RTL, je m'amusais des réactions de ce journaliste. Mes propos n'auraient présenté, je cite, qu'un lointain apparentement avec la réalité. Je n'aurais pas rendu compte de situations contrastées, parce que je n'aurais fait, toujours selon ce billet, qu'une description apocalyptique de la société française. Je me suis dit qu'il n'y avait rien d'étonnant dans ces propos, qui émanent d'un représentant du système politico-médiatique. Quand on appartient au système, on est bien obligé de le défendre et de taxer tous ceux qui le remettent en cause de populisme ou d'outrance.

Rien de nouveau sous les projecteurs de notre star système politique et médiatique. Mais je me suis aussi dit que ces réactions traduisaient l'existence d'un problème plus grave et plus profond. Nos élites, médiatiques, financières et politiques, ont manifestement perdu tout contact avec la réalité. Elles ne nous donnent plus l'impression de vivre dans le même pays que nous. Elles n'ont apparemment plus les moyens de se rendre compte de ce qui s'y passe. Oui, tout n'est pas parfait, mais n'exagérons rien, nous disent-elles. Comme si elles ignoraient ce que sont au quotidien les souffrances des Français.

Ne les voit-elles pas, ces files d'attente le soir à la sortie des supermarchés, constitués de Français qui n'ont plus rien et qui sont obligés d'aller faire les poubelles ? Croient-elles vraiment qu'on voyait ça il y a encore dix ans ? Non-t-elles pas réaliser que de plus en plus souvent, des événements de grande ampleur, qu'il s'agisse d'une rencontre sportive, d'une manifestation ou d'un rassemblement festif, se terminaient en émeute ? Sans parler de ces professeurs frappés par leurs élèves, de ces établissements scolaires où le savoir n'est plus transmis et d'où sortent des générations sacrifiées.

de ces ouvriers et employés français qui se retrouvent chaque jour plus nombreux au chômage parce que leur usine a été délocalisée en Chine, en Roumanie ou en Inde. Mais comment peut-on à ce point être coupé du pays et reproché d'en dire trop à ceux qui font simplement ce qu'on attend d'un responsable politique digne de ce nom, dresser un constat lucide et proposer des solutions de bon sens ? Notre pays, moi, j'ai l'occasion de le connaître et de l'arpenter. Je suis d'abord une élue locale, à Hénin-Beaumont, dans une terre difficile, celle d'un ancien pays minier qui n'en finit plus d'endurer une reconversion lente et douloureuse.

Je suis aussi la candidate de mon parti dans une des plus grandes régions, le Nord-Pas-de-Calais, où l'on a foi en l'avenir mais où l'on sait aussi ce que souffrir veut dire. J'ai parcouru tous ces coins de France, villages privés de services publics, lointaines banlieues déshumanisées, quartiers brutalisés par une délinquance toujours plus violente, centre-ville ruinée par le départ du petit commerce.

J'ai rencontré beaucoup d'ouvriers à la sortie des usines, de retraités vivant dans des conditions plus que précaires, de laissés pour compte et de démunis, qui se sentent à juste titre abandonnés par nos élites parce qu'elles leur font aujourd'hui l'injure de nier leurs problèmes et peut-être demain leur existence. Tous les jours, je reçois des témoignages de Français qui n'en peuvent plus. Nos élites, elles, ne connaissent plus le peuple.

Enfermées dans leur ministère, leur salon parisien allant de cocktails mondains, en dîner en ville, elles ont fini par ne plus fréquenter qu'elles-mêmes et voudraient aujourd'hui nous faire croire que les Français se trompent quand ils disent qu'ils souffrent ? Eh bien, je pense que cela doit nous amener à réfléchir à ce que sont justement devenues nos élites. Parce que ce sont bien elles qui se trompent et qui cherchent à nous tromper sur la réalité du pays. La France, certes, a besoin d'élites, mais d'élites enfin renouvelées.

Comment faire en sorte que tout ce que la France compte de dirigeants, médiatiques, politiques, bien sûr, mais aussi de chefs et cadres d'entreprise soient plus en phase avec la réalité sociale de notre nation ? C'est bien l'enjeu actuel. C'est aussi en permettant le renouvellement de nos élites et donc l'ascension au pouvoir de personnes issues du peuple que nous parviendrons à faire changer les mentalités et à éviter que toutes les positions importantes ne soient entre les mains d'une petite caste repliée sur elle-même. Pour y parvenir au Fondationale, nous avons des pistes.

Il faut d'abord assurer une plus grande diversité des profils dans les grandes écoles, celles qui forment les élites de demain. Seule la diversité sociale créera la diversité des opinions. Ce n'est évidemment pas en instituant la discrimination positive qui consiste à donner des avantages et des passe-droits à certaines catégories de la population en fonction de leurs caractéristiques ethniques qu'on diversifiera les profils. Parce qu'un bien-pensant qui soit noir, blanc ou jaune reste d'abord un bien-pensant incapable de sortir du moule idéologique dans lequel il s'écoulait.

On aura des élites qui pensent différemment le jour où, de nouveau, on aura des élèves de grandes écoles, filles et fils d'ouvriers, d'employés, de petits fonctionnaires. Pour cela, il faut cesser les programmes de discrimination positive et au contraire, permettre aux élèves doués des classes populaires de réussir. Mais de réussir à la loyale en les informant davantage ainsi que leurs parents sur les voies d'excellence, en facilitant l'accès au logement étudiant et en augmentant les bourses sociales pour que les plus méritants puissent eux aussi y arriver.

Il faut aussi diversifier les profils des jurys de concours en s'assurant que leurs membres ne pensent pas tous la même chose sur tous les sujets comme c'est trop souvent le cas. L'élite uniforme se reproduit. C'est cette spirale infernale que nous voulons casser. Il faut ensuite agir au niveau des élites politiques. Aujourd'hui, nos dirigeants font tout pour cadenasser le système en bidouillant les modes de scrutin, en faisant disparaître l'élection à la proportionnelle. Ils ont pour objectif de vivre en vase clos entre gens de bonne compagnie, partageant la même opinion sur les grands sujets qu'ils viennent de la droite ou de la gauche.

Seule l'instauration de référendums récurrents et de la proportionnelle, notamment aux élections législatives, permettra de refléter enfin correctement l'opinion du peuple français. C'est ce que nous proposons, persuadés que nous sommes de la nécessité absolue de faire respirer la politique française et de mettre en avant de nouvelles solutions portées par de nouveaux responsables. Enfin, il faut des médias plus en phase avec la France. Trop souvent aujourd'hui, les élites médiatiques sont elles aussi très loin des réalités du pays, parce qu'issues du même monde et liées de trop près au pouvoir. Nous proposons une série de mesures pour apporter un peu d'air frais dans les médias.

D'abord, il faut interdire aux grandes entreprises sous contrat avec l'État de posséder des groupes de presse ou des chaînes de télévision et de radio pour redonner une liberté à leurs dirigeants. Ensuite, il faut renouveler la sélection à l'entrée des écoles de journalistes selon les mêmes principes que j'ai exposés tout à l'heure. Plus grande diversité d'opinions, plus grande diversité sociale. Il faut aussi donner pour mission au CSA de faire respecter un vrai pluralisme des prises de paroles politiques dans les médias. On doit y entendre toutes les opinions dans les mêmes proportions, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

Enfin, comment peut-on rester libre et objectif dans ces analyses quand on est éditorialiste depuis 30 ou 35 ans et qu'on côtoie forcément depuis longtemps tout ce que la France compte de dirigeants ? Simplement par déontologie et par la loi s'il le faut. Il ne faut plus que ce soit possible parce que journaliste n'est pas un métier comme un autre. L'influence qu'on a sur la population et au final sur la démocratie est trop grande pour qu'on puisse se permettre de tout tolérer. Voilà nos propositions pour donner au pays des élites dignes de ce nom, plus proches de ses préoccupations, de ses angoisses, de ses souffrances et donc plus à même de vouloir y répondre. Voilà.