L'invité de Bourdin Direct : Anne Hidalgo - 02/06
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC. C'est Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Anne Hidalgo, bonjour.
Bonjour Jean-Jacques Bourdin.
Nous allons parler évidemment Covid, transport, place de la voiture en ville, la sécurité. Mais je voudrais commencer avec de la politique. Pourquoi ? Parce que dans 18 jours, nous vivrons le premier tour des élections régionales. Je regardais hier matin le dernier sondage concernant la région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur. Si la gauche se maintient au second tour, Thierry Mariani l'emporterait. Faut-il que d'ores et déjà, le candidat de gauche, soutenu par votre parti, le Parti Socialiste, annonce qu'il se désistera au second tour ?
D'abord, il faut que ce premier tour aille au bout. Il y a eu beaucoup de maladresse, je pense notamment du Président de la République vis-à-vis de Renaud Muselier, qui n'a pas facilité sa campagne. Mais évidemment qu'il faudra se retirer au second tour. Évidemment que la question du Front Républicain, appelons cela comme ça, est posée. En tout cas, je le dis depuis le début, c'est vrai pour des élections type la présidentielle. C'est vrai aussi pour les élections régionales. On ne pourra pas se permettre de laisser gagner le Front National, enfin le Rassemblement National en PACA. Et donc, oui, il faudra faire ce rassemblement.
Mais dans un premier temps, laissons les candidats aller chercher les électeurs, les citoyens sur leurs projets, sur leurs programmes. Mais Jean-Jacques Bourdin, justement, il n'y a pas que des élections régionales. Il y a des élections départementales qui vont être aussi très importantes. Et je pense aujourd'hui à tous mes amis, tous mes camarades qui sont candidats partout en France et qui sont en train de se battre pour apporter quoi ? Du service public, pour apporter des maisons de santé, pour apporter de la gratuité des transports, pour apporter des choses très concrètes.
Vous savez, bien sûr qu'il faut se poser la question, et j'ai toujours été très claire là-dessus, d'un deuxième tour qui laisserait envisager la victoire du Rassemblement National, il faudra l'éviter. Et je serai aux côtés de celui qui se battra, j'imagine, Renaud Muselier, face au Rassemblement National au deuxième tour. Je serai à ses côtés. Mais je pense aujourd'hui à tous mes camarades, à tous mes amis qui sont engagés partout en France.
Vous savez, je suis allée dans les Rouges, je suis allée en Ardèche, je vois ce que Carole Delga et beaucoup d'autres font pour essayer de convaincre nos concitoyens que la politique, ce n'est pas simplement ces affrontements, ces joutes verbales, voire même ces injures, ces polémiques et cette violence verbale. La politique, c'est de faire avancer et d'améliorer la vie des gens.
La politique, c'est la clarté.
C'est la clarté aussi.
C'est la clarté aussi. Évidemment.
Le positionnement, on voit ce qui se passe chez les Républicains, où il y a confusion aujourd'hui.
Et vous dites, vous, vous êtes clair ce matin, parce qu'à gauche, on n'entend pas toujours le même discours, Anne Hidalgo.
Il faudra être très clair et je pense que la confusion, c'est ce qui perd aussi nos concitoyens, ce qui perd le goût de la politique.
Donc, le rassemblement, le front républicain, qui est un peu désuet pour beaucoup, le front républicain, qui est un peu désuet pour beaucoup, pour vous, ça compte ? Bien sûr que ça compte. Pour vous, quel que soit le candidat de second tour, face au rassemblement national, il faut se ranger derrière lui ?
Absolument. C'est une règle pour moi absolue. Pourquoi ? Parce que le rassemblement national... Marine Le Pen n'est pas républicaine ? Le rassemblement national, d'abord, est un parti qui prône des idées xénophobes, qui prône des idées qui ne sont pas compatibles. Déjà, je trouve, avec l'histoire de la France et l'histoire de la République, ce serait tourner le dos à notre histoire, à cette histoire républicaine, qui fait que nous nous reconnaissons, nous les Français, dans ce qu'est l'égalité, la liberté et la fraternité.
Ce n'est pas ça, le logiciel, et même l'idée, l'idéal porté par le rassemblement national, qui veut fracturer encore plus la société, qui veut prendre des boucs émissaires, expliquer que quand quelque chose ne va pas, c'est forcément la faute des étrangers, et ils n'ont pas changé sur ce logiciel-là. Ou du président de la République. Oui, mais des étrangers, très souvent, et de celles et ceux qui seraient complaisants. Eh bien, non, je crois qu'il faut, bien sûr que c'est difficile, parce que les Français vivent des situations extrêmement compliquées dans leur vie quotidienne. Il y a la question du travail, la crise sanitaire va aussi avoir des conséquences économiques.
Bien sûr que beaucoup de classes moyennes, de Français de classe moyenne, voient qu'ils décrochent, qu'ils n'arrivent pas à faire faire leurs études à leurs enfants, et qu'il y a beaucoup de choses à changer. Mais les changer pour améliorer la vie des gens, pas pour dégrader notre situation.
Mais je vous repose la question, est-ce que Marine Le Pen n'est pas républicaine ?
Pour moi, elle ne l'est pas. Pour vous, elle ne l'est pas ? Elle s'inscrit dans le jeu offert par la République et la démocratie. C'est le propre d'une démocratie d'admettre, y compris ses ennemis, à la table du débat. Mais pour moi, elle ne défend absolument pas les valeurs de la République. Où est l'égalité pour Marine Le Pen ? Où est la fraternité pour Marine Le Pen ? Et après, si on parle au-delà des valeurs et des principes de façon très concrète, vous croyez vraiment que la situation du pays s'améliorerait avec Marine Le Pen ? Vous croyez vraiment qu'elle saura prendre des mesures ? Aujourd'hui, évidemment...
Incapable de gouverner, de présider ?
Je pense qu'elle n'est pas, avec les idées qui sont les siennes, dans une capacité de rassembler les Français. Non, mais de gouverner, de présider. Pour gouverner, il faut rassembler. Voilà. Pour pouvoir bien présider, il faut rassembler. Il faut parler à tous les Français. Et pas simplement à ceux qui pensent que leur situation s'améliorerait si on dégradait ou si on empêchait les étrangers, par exemple, de pouvoir vivre aussi leur vie. Et d'ailleurs, dans un monde où le diagnostic géopolitique qu'elle fait est totalement faux. Bien sûr qu'il faut de la souveraineté. Bien sûr qu'il faut que l'on regagne en France en souveraineté économique et industrielle.
Bien sûr qu'il faut réindustrialiser. Mais il faut réindustrialiser des régions, s'appuyer sur les élits locaux, sur les citoyens, s'appuyer sur les organisations syndicales aussi, pour faire bouger le monde du travail. Vous croyez vraiment que Marine Le Pen a ce diagnostic-là du monde ? Évidemment que non. Donc, c'est une impasse. C'est une impasse. Alors, ça ne suffit pas de le dire. Il faut effectivement le démontrer. Et le démontrer par des actes. Ce que font d'ailleurs tous les élus sur le terrain en apportant des solutions à la vie quotidienne des Français. Ce que j'essaye de faire aussi à Paris.
Anne Hidalgo, la présidentielle Emmanuel Macron commence un grand tour de France. Il va à la rencontre des Français. Vous le faites aussi de votre côté. Olivier Faure, le patron du PS, hier soir, a proposé un projet à non. Il n'a pas proposé le projet hier soir. Il a dit, nous proposons un projet les 19 et 20 septembre, 18 et 19 septembre prochains. Un projet et une candidature à la présidentielle. Évidemment, tout le monde pensait à vous, Anne Hidalgo.
D'abord, vous savez, je pense qu'il faut être très clair, travailler un projet. Et le travail que j'ai engagé avec Idées en commun, avec cette équipe de France des maires. Avec le PS. Et avec, évidemment, le PS, mais pas que. Non, pas que, mais avec le PS, oui. Il y a beaucoup d'autres partenaires. Eh bien, ce travail que nous avons engagé doit conduire, bien sûr, à des propositions, à un projet.
Il sera donc présenté les 18 et 19 septembre.
Les 18 et 19 septembre, c'est un congrès du Parti Socialiste. Oui, oui. Et c'est très bien qu'il y ait un congrès du Parti Socialiste pour dégager la stratégie qui doit être celle du Parti Socialiste. Mais c'est clair, Olivier Faure est clair.
Pour l'élection présidentielle. Nous annoncerons la candidature les 18 et 19 septembre.
Je ne crois pas qu'il ait dit ça exactement comme ça. En tous les cas, on va travailler.
Nous proposerons un projet et une candidature, il a dit.
Alors, ce qui est très bien et ce qu'il a dit, c'est qu'évidemment, il faut être clair. Il faut qu'il y ait un projet et un projet avec aussi une candidature. Je ne suis pas du côté de ceux qui pensent que l'effacement du Parti Socialiste serait une bonne chose pour la démocratie. Bien au contraire.
Le PS aura un candidat.
Je l'espère en tous les cas. Et un candidat de rassemblement, évidemment. Il ne s'agit pas d'additionner des candidatures différentes. Ce n'est pas encore le moment. Mais en tous les cas, le travail que nous faisons, et je le redis ici, on a aussi les élections départementales. Vous savez, les élections départementales, ça donnera la véritable carte politique de la France. Au soir du deuxième tour, vous aurez la vraie carte politique de la France avec les élections départementales. Et dans ces élections départementales, qu'est-ce que l'on fait ? On a des propositions.
Tous nos candidats ont des propositions pour soutenir, maintenir du service public local, pour améliorer la vie de nos concitoyens. Et il y a aussi une élection législative partielle.
J'allais vous en parler, justement, avec deux candidats de gauche au second tour. Vous êtes clair, évidemment. Vous soutenez votre candidat à fond.
La Mia et la Rage, une jeune femme extraordinaire.
Mais j'ai vu qu'Europe Écologie Les Verts ne se désiste pas pour votre candidate, officiellement.
Ils n'ont pas été qualifiés pour le deuxième tour. Oui, ils n'ont pas été qualifiés. D'abord, c'est une candidate.
Où est l'union de la gauche ? Alors là...
On la cherche encore, pour vous dire. Ça, vous le voyez, et je ne vais pas vous mentir. On la cherche encore. Mais, en revanche, ce que je sais, c'est que la Mia et la Rage, elle, elle représente quoi ? Elle représente cette gauche de gouvernement, de responsabilité. Est-ce qu'une gauche de responsabilité, de gouvernement, c'est moins à gauche qu'une gauche qui serait dans la pétition, dans le principe ou dans la posture ? Non. Je pense que cette gauche-là, ce que nous faisons d'ailleurs...
Mais vous êtes toujours représenté la gauche des menteurs, des hypocrites, des faux jetons. Ce n'est pas moi qui le dis.
Je ne parle pas comme ça. Je pense que d'ailleurs, le débat politique gagnerait finalement à ce qu'on n'utilise pas ce type de mots. Moi, je respecte les convictions de Jean-Luc Mélenchon. Mais la gauche dans laquelle je m'inscris, qui est celle qui agit, celle qui fait, celle qui transforme, celle qui fait du service public, celle qui s'occupe d'éducation, celle qui s'occupe de santé, parce que ce sont des problèmes majeurs pour nos concitoyens, c'est en agissant. C'est plus compliqué d'agir que de parler. Mais je pense qu'on est beaucoup plus utile en parlant et en agissant que simplement en étant dans une volonté de faire échouer la gauche de gouvernement.
Regardez ce qui se passe aux États-Unis. Vous croyez vraiment que l'aile gauche des démocrates regrette que Joe Biden ait gagné l'élection présidentielle ? Vous croyez vraiment que les catégories populaires aux États-Unis regrettent l'élection de Joe Biden et les classes moyennes ? Non. Ce que je vois, c'est quand cette gauche de gouvernement responsable et soutenue, appuyée aussi, est dans un dialogue fructueux avec la population et avec les citoyens.
Vous demandez à Jean-Luc Mélenchon de s'effacer ?
Je ne lui demande pas de s'effacer. Je lui dis d'abord de respecter les positions des uns et des autres dans le débat public. Je le fais et je ne manierai jamais ni l'injure ni le discrédit des autres. Oui, il y a des différences entre Jean-Luc Mélenchon et moi. C'est très clair. Nous ne sommes pas dans la même posture. Il est dans une posture et moi, je suis dans l'action. Et donc, oui, ce que je dis, c'est que l'utilité de ce que nous faisons, de ce que portent la mien et la rage, pour notamment les habitants d'un quartier très populaire, très très populaire du 20e arrondissement, cette utilité-là, il faut la traduire dans les urnes dimanche prochain.
Le Covid, pour accélérer la vaccination et atteindre une immunité collective, est-ce qu'il faut rendre la vaccination obligatoire ?
Moi, je n'ai jamais été pour la vaccination obligatoire. Alors, je pense que, bien sûr, qu'il faut faire beaucoup de prévention, beaucoup de messages pour faire en sorte que chacun puisse se faire vacciner. Mais je ne suis pas pour la vaccination obligatoire.
Le couvre-feu à 23h, oui ou non ?
Ah bah oui, j'espère.
Oui, non, parce qu'on pourrait aller plus vite et plus loin et dire pas de couvre-feu à partir de la semaine prochaine.
Je préférerais pas de couvre-feu parce qu'à 23h, c'est ce qui se passe après 23h, parce que c'est pour habituer progressivement les gens. Je préférerais qu'il n'y ait pas de couvre-feu. Mais bon, le couvre-feu à 23h, ça sera déjà une très bonne nouvelle. Les terrasses sont pleines. Alors, les terrasses, tiens. Les gens sont heureux de s'y retrouver.
Les terrasses des bars et restaurants qui occupent une partie de l'espace public, pour l'instant, gratuitement.
Oui. Jusqu'à quand, gratuitement ? Jusqu'à fin septembre, donc à la fin de l'été, j'ai décidé, nous avons décidé avec mon équipe d'accompagner, d'aider les restaurateurs. D'abord, en pérennisant, en rendant permanente les terrasses éphémères qui avaient fait déjà beaucoup d'heureux l'année dernière. Et puis, bien sûr, à partir de fin septembre, à la fin de l'été... Tout le monde range. Eh bien, ce n'est pas en range. Chases et tables, en range. Non, non, non. On gardera les chaises et les tables, mais on payera une redevance. À partir de fin septembre, la redevance ? Voilà, absolument. Pas en juillet, parce que certains avaient annoncé... Non, non, non, bien sûr.
À partir de fin septembre, la redevance.
Pour aider, pour aider. Ce qui est quand même une non-recette pour la ville, enfin, assez considérable, puisque depuis l'année dernière, c'est 47 millions d'euros de recettes de terrasse que nous ne percevons pas. Donc, c'est 47 millions d'euros de contributions de la ville, des Parisiens, au fait que nos restaurateurs puissent vivre et s'en sortir.
Premier octobre, ça deviendra payant. Voilà, c'est ce que j'ai compris.
Ce qui est normal, parce que l'espace public ne peut pas être gratuit non plus.
Un mot sur le Rwanda, quand même. Je tenais à avoir votre opinion. Le Parti Socialiste a lancé une commission présidée par Jean-Marc Germain sur les responsabilités de la France, présidée par François Mitterrand, lors du génocide des Tutsis. Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la France, mais n'a pas demandé pardon. A-t-il bien fait ?
Oui, je pense que ce qu'a fait Emmanuel Macron, à la fois ce travail, l'ouverture d'une partie des archives aux chercheurs, ce travail de M. Declerc, qui a été très important et très historien, et les mots que le Président de la République a posés sur la question du génocide, j'y souscris. Vous savez, en 2014, j'ai fait, pour la première fois, le 7 avril, une commémoration du génocide des Tutsis. Ça ne s'était jamais fait à Paris. J'ai beaucoup travaillé avec l'association Ibuka, qui représente justement les personnes rescapées du génocide, et qui cherchait la vérité. Et la vérité, il faut la dire, il faut la poser. On ne peut pas se construire sans la vérité.
Et nous avons fait aussi, à Paris, un lieu tous les ans. Nous nous retrouvons le 7 avril avec... Et je suis allée au Rwanda, il y a deux ans. Je suis allée au Rwanda, avec d'ailleurs le directeur du Mémorial de la Shoah, parce qu'il y a tout un travail qui est en train de se faire sur l'histoire, la mémoire, les processus des génocides du XXe siècle dans le monde. Et je vais retourner au Rwanda au mois de juillet, en tant que présidente de l'Association internationale des maires francophones, pour y tenir notre Assemblée Générale. C'est très important ce qui a été fait. Et en tous les cas, je soutiens tout à fait et les paroles, et la méthode du président de la République sur ce sujet.
Anne Hidalgo, plusieurs collectifs vous réclament le transfert de vos notes de frais.
J'ai vu ça hier. Vous avez vu ça ? Est-ce que vous allez les justifier ? Est-ce que vous allez publiquement ? D'abord, je n'ai pas de notes de frais, vous savez. Notes de représentation. On est dans un cadre très réglementé, avec des indemnités de représentation qui sont votées pour la maire de Paris et chaque maire d'arrondissement. Il y a un contrôle très, très strict de ces dépenses. Et d'ailleurs, les contrôles sont réguliers, permanents, que ce soit de la Chambre régionale des comptes, de l'URSSAF et d'autres. Donc, évidemment, je répondrai à ces collectifs. La transparence, la déontologie, c'est un point clé de ma pratique politique.
Le centre-ville de Paris sera interdit aux véhicules en transit. Quand exactement ?
Ça va être quand même assez rapide. Là, en 2022, nous y sommes... Courant 2022 ? En 2022, nous allons évidemment avoir cette concertation, cette discussion, ce travail très précis. Ce n'est pas une interdiction de circuler. Mais qui pourra accéder ?
Qui pourra accéder à cette zone ?
Bien sûr, les riverains qui ont besoin... Voilà, les personnes à mobilité réduite, évidemment. Les taxis, les bus... Ceux qui travaillent aussi ? Ceux qui travaillent dans la zone ? Voilà, ceux qui travaillent dans la zone. Ce que l'on a fait, d'ailleurs, pour la rue de Rivoli. Puisque vous savez que la rue de Rivoli, depuis maintenant un an, est essentiellement dédiée... Ce n'est pas beau, c'est pas beau, hein ? Je ne suis pas d'accord avec vous.
J'avais envie de vous poser une question à propos de cette laideur. La laideur des bornes en plastique jaune.
Mais elles sont éphémères, bien sûr. Elles sont transitoires. Est-ce qu'elles vont vite disparaître ? Bien sûr, elles vont disparaître.
Et les blocs de béton gris... C'est une laideur absolue, vous le reconnaissez, non ?
Ce n'est pas un aménagement pérenne. Mais non, c'est pratique et c'est utile. C'est ce qu'on a appelé l'aménagement tactile. Et ça n'a pas vocation à rester ainsi. Et d'ailleurs, nous sommes... Mais il faut respecter les procédures. Moi, je suis très légaliste. C'est normal. Je suis maire de Paris. Je ne vais pas m'inscrire en dehors du droit. Et donc, pour rendre pérenne ces aménagements, il y a des concertations, des votes qui sont nécessaires. Ce qu'on est en train de faire. Et vous verrez, là aussi, les choses vont changer assez rapidement. Mais faire prendre ces espaces qui sont éphémères pour des espaces pérennes, c'est quand même...
Ce n'est pas ce que vous venez de faire, mais ce que fait une partie de l'opposition, c'est quand même beaucoup de mauvaise foi. Heureusement qu'on a eu ces possibilités d'agir vite pour donner la possibilité à tous ceux qui venaient travailler à Paris de pouvoir le faire en vélo. Puisqu'on les a appelés les coronapistes. Pourquoi ? Parce que c'était fait pour décharger la route et décharger aussi les transports en commun. Mais bien sûr que ce sera un bel aménagement à l'arrivée.
Deux questions. Les deux dernières. Anne Hidalgo, la sécurité. 18e arrondissement et 19e de Paris. Les toxicomanes, les trafiquants, la prostitution. Voilà le jardin des halls qui est partagé entre les trafiquants, les toxicomanes et les mères de famille et les enfants qui sont là. C'est inadmissible. C'est inadmissible. C'est inadmissible. Alors pourquoi ne... Il paraît qu'on a proposé un autre terrain, je ne sais pas, à Pantin, vers la porte d'Aubervilliers, ou porte de la Chapelle exactement.
Non, en fait, c'est vrai. Comment faire ? Alors, comment faire ? D'ailleurs, j'ai eu le ministre de l'Intérieur hier au téléphone. Je sais qu'il y a une réunion autour du Premier ministre lundi prochain. Et moi, j'ai fait une proposition. J'ai dit d'abord, on ne peut pas accepter l'impuissance, l'aveu d'impuissance de l'État et même de la ville sur ces sujets-là. La question du krach, puisque c'est une drogue très particulière, qui génère vraiment des situations sanitaires terribles, doit se régler, bien sûr, par la voie de la sécurité, c'est-à-dire plus de policiers, etc. Mais ça ne peut pas être la seule voie. Il faut une réponse sanitaire.
Il faut une réponse de santé publique et de l'hébergement très spécifique. Nous avons proposé, j'ai proposé, que la ville puisse s'engager aux côtés de l'État. Donc, ça veut dire qu'il faut le ministère de la Justice, le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Santé. Je vais proposer qu'on aille très très vite, parce que la situation n'est plus tenable. Et je ne suis pas d'accord avec cette idée qu'il faudrait déplacer le problème pour permettre à des populations type à Stalingrad, qui évidemment ont vu l'enfer, de se reposer un peu le temps que l'on fasse vivre l'enfer devant le jardin des halls. Je ne suis pas d'accord avec cette méthode-là et je ne veux pas que l'on renonce.
Donc, une réunion est prévue lundi, celle-ci avec les ministres. Et j'ai demandé, évidemment, qu'on ait un groupe vraiment très opérationnel pour apporter les réponses à la fois en termes de sécurité, mais aussi en termes de santé publique. Je pense que je serai entendue et qu'on pourra aussi, évidemment, associer les riverains, ce que je ferai évidemment aussi.
Et j'ai une dernière question. J'y reviens encore sur la rue de Trévise. La convention d'indemnisation est réclamée par les victimes. Est-ce que vous allez vous engager sur cette convention ?
Nous, on s'est engagé. Ce qu'on attend, c'est la loi. C'est la loi qui permette justement d'avoir cette indemnisation. Et bien, ça fait quand même des mois que du côté...
80% des blessés physiques de l'explosion n'ont pas été indemnisés.
Absolument. Et c'est un sujet qui est entre les mains du premier. C'est qu'il y a plus de deux ans, deux ans et demi maintenant. Absolument. Et là aussi, ça n'est pas normal. Ça va trop lentement. C'est d'ailleurs un constat que nous avons fait aussi avec le Premier ministre. Mais ça relève maintenant du travail législatif. Mais bien sûr que nous, la ville, nous nous sommes engagés. Je suis régulièrement en contact avec les associations. Et je l'aurai toujours dit. D'abord, la vérité sera faite. Et ensuite, évidemment, les indemnisations et la réparation doivent arriver. Ils savent, nous sommes là. C'est très, très difficile. Parce qu'il y a beaucoup de bureaucratie aussi, disons les choses.
Merci Anne Hidalgo. Merci beaucoup. Vous êtes venue nous voir ce matin à RMC BFM TV.
Anne Hidalgo