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interviewLe Média (sur YouTube)· 10 avril 2018 12 min

EMMANUEL MAUREL : "RIEN DE CE QUI EST A GAUCHE NE NOUS EST ÉTRANGER"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Emmanuel Morel vous avez été le seul au cours de ce congrès à évoquer la mobilisation sociale en cours dans notre pays alors j'ai envie de vous dire à quoi sert le PS et surtout à quoi ça sert de rester dans ces rangs d'abord vous avez été inexact sur un point parce que le le Congrès d'aubertvillier c'est le c'est le le point d'aboutissement d'un processus qui dure depuis un mois et demi alors pendant un mois et demi qu'est-ce que nous avons fait nous avons débattu nous avons discuté dans les centaines les milers de sections françaises du Parti socialiste et contrairement à ce que vous avez dit nous avons beaucoup parlé du bilan du quinquena d'ailleurs le le texte que je présentais partait d'une analyse très critique du quinquena de François Hollande de nos erreurs de nos fautes de nos manquements et Olivier fort lui-même euh pendant le débat on a eu également un débat télévisé vous vous en souvenez a reconnu a reconnu que notamment sur déchéanceces de nationalité sur la loi travail euh le gouvernement qui se disait socialiste avait manqué non seulement à ses engagements mais avait tourné le dos à son histoire à ses valeurs donc c'est plus ambigu que ce que vous semblez dire mais ce qui est vrai en tout cas le discours de Olivier fort en témoigne c'est que le risque n'a pas été totalement évité d'un congrès hors sol moi le fil rouge de mon intervention de ces deux jours c'était de dire nous sommes au cœur d'une bataille sociale majeure ce qui se joue mais vous le dites journaux après journaux c'est évidemment l'avenir de notre modèle social l'avenir l'avenir de nos services publics et surtout que Emmanuel Macron a fait de la réforme de la SNCF quelque chose de symbolique ça va c'est bien au-delà de d'une réforme parmi d'autres comme margarette toucher en son temps il s'attaque au rail parce que c'est à la fois un bastion syndical parce que c'est un fluron du service public et parce que la SNCF est intimement lié à notre histoire et moi j'attendais de ce congrès quendant 2 jours qu'on mobilise il y avait plus de 2000 500 personnes euh les militants présents pour leur dire voilà notre place elle est là au côté des cheminau et des cheminotes comme vous dites euh en lutte jour après jour ça n'a pas été totalement le cas je le regrette mais euh ne croyez pas que le Parti socialiste soit totalement homogène au contraire il y a une très grande hétérogénéité vous avez beaucoup de militants d'élus locaux dans certaines fédérations qui sont aujourd'hui dans la rue au côté des des manifestants et des travailleurs donc c'est toute l'ambiguité du Parti socialiste euh un parti très divers avec des sensibilités trit différentes qui coexistent d'ailleurs toujours été son histoire depuis près d'un siècle euh la difficulté évidemment c'est euh de redevenir un parti de lutte sociale clairement ancré à gauche et de ce point de vue-là il y a encore du boulot justement par rapport à tout ça le fait que Olivier fort soit accueilli le 22 mars sous les U et soit soit obligé donc d'être évacué vous en pensez quoi de tout ça alors moi j'étais là et et j'avais déconseillé euh à Olivier fort non pas deevenenir la manif au contraire moi je voulais que le PS soit très présent la manif mais ils ont une mauvaise idée c'estils ont faussé B en tête entre entre le cortège de CGT et de SUD avec deux pauvres drapeaux PS et trois euh caméras de télévision et ça ça a été vécu comme une forme de provocation d'autant plus que nous avons un passif il y a il y a moins de 2 ans il y avait la loi travail alors moi il se trouve j'étais dans la rue au moment de la loi de travail contre mon mes propres amis qui étaient au gouvernement ça n'était pas le cas de d'Olivier euh mais il ne s'attendait pas pour en avoir parlé avec lui il s'attendait pas à un accueil avec des roses et un tapis rouge on savait bien que ça allait être difficile euh cela dit je je j'étais satisfait que les militants socialistes reprennent le chemin de la rue mais je ne m'attendis pas à un accueil triomphal et comme vous l'avez souligné nous n'avons pas eu un accueil triomphal alors quand même comment Olivier fort peut-il prétendre rassembler lorsqu'il dénonce dans son discours le populisme la surenchè la gauche bruyante alors on a bien compris qu'il visait Jean-Luc Mélenchon Benoît amamont et puis tout ce qui n'est pas au Parti socialiste et qui se revendique de la gauche c'est un peu bizarre comme démarche oui ben ça fait partie des divergences réelles et fortes que j'ai avec Olivier fort moi je pense que d'abord il faut arriver dans ce débat avec beaucoup d'humilité ensuite je considère que rien de ce qui est à gauche ne nous est étranger alors je sais bien avec Jean-Luc on a un débat sémantique puisque Jean-Luc Mélenchon puisque lui considère que aujourd'hui au clivage droite gauche on doit substituer au moins dans le discours public un clivage entre le peuple et l'oligarchie ou les élites mais la vérité c'est que le clivage droite gauche il existe encore les députés de la France insoumise sont des camarades de gauche moi je pense que rien de ce qui est à gauche ne nous est étranger et surtout il faut prendre aussi conscience de de l'importance du moment politique dans lequelle on vit Emmanuel Macron c'est un idéologue il veut transformer la société et il s'attaque de façon méthodique et méticuleuse à tout ce qui fait la singularité française son modèle social les services publics le code du travail face à ça il faut évidemment fédérer toutes celles et tous ceux qui euh veulent rejeter cette politique donc ça veut dire évidemment les insoumis les amis de Benoît Hamont les communistes euh et et les autres qui se reconnaissent pas forcément dans un parti politique pensez que ça c'est le rôle du PS ah mais moi je pense que le PS il doit euh dialoguer parler avec tout le reste de la gauche et qui doit être dans la rue aujourd'hui au moment où où se passe ce que je dénonce hein cette politique de casse sociale donc euh j'ai toujours pensé que c'était la place du Parti socialiste Olivier fort est plus ambigu là-dessus parce qu'en même temps vous avez vu dans son discours vous l'avez écouté c'était très long hein euh c'est un discours quand même qui était euh dur par rapport à la politique d'Emmanuel Macron mais comment ne pas l'être hein quand on voit les 9 mois qui viennent de s'écouler entre la politique fiscale la suppression des emplois aidés la baisse des allocations logement enfin la la politique sur les migrants et puis ce que vous avez décrit au début de de de votre journal évidemment que cette opposition elle doit être résolue elle doit être frontale mais le Parti socialiste je vous le disais est divers et je ne prétends pas évidemment représenter la majorité du Parti socialiste puisque c'est à peine 20 % des gens qui ont voté qui ont voté pour moi mais je ne désespère pas d'en convaincre davantage après arrivera le moment de vérité le moment de vérité c'est très vide c'est le débat sur l'europeors justement comment vous allez faire avec Pierre Moscovici qui brigue la tête de liste qui veut être président de la Commission européenne alors je je je vais te mesurer pourquoi parce que je suis député européen et j'ai l'habitude de travailler avec Pierre moskovici ça va vous paraître étrange mais parmi les 28 commissaires c'est le plus à gauche ça Dison ça en diton sur la Commission européenne ce que je veux dire c'est que par exemple nous travaillons ensemble avec tous les parlementaires européens sur la question de l'optimisation fiscale et de l'évasion fiscale et Moscovici est plutôt àan là-dessus c'est le conseil qui bloque he c'est les chefs d'État et le gouvernement et notamment les gouvernements que vous connaissez Luxembourg Malte les Pays-Bas et l'Irlande le problème de pierre moscovicii dans le de la campagne européenne c'est que c'est ce que je lui ai dit il l'a mal pris mais je vois difficilement comment un représentant de la Commission Junker commission très libérale qui a quand même un passif pourrait représenter la voix des socialistes aux élections européennes d'abord parce qu'il serait une cible évidente pour tous ceux qui diraient bah il est quand même comptable d'un bilan que l'immense majorité des Français rejette donc on aura un débat mais moi je considère que sur l'Europe si on on n'est pas capable de faire notre éévolution intellectuelle et de répondre lucidement à la déception par rapport à la construction européenne bah on va au devant de grave déconvenu donc ça ça sera le moment de vérité entre nous et j'espère que on va pas en revenir comme d'habitude au slogan éculé et maintenant l'Europe sociale alors qu'on sait que dans la réalité ça se passe pas pourquoi parce qu'il y a un rapport de force à construire contre la droite contre l'Allemagne aussi la droite allemande notamment mais maintenant ils sont en grande coalition qui ne veulent rien changer à la politique économique et budgétaire et ça demande un rapport de force dur ce rapport de force dur je ne crois pas que Pierre Moscovici soit le plus à même de l'incarner dans cette campagne alors justement on dirait que vous anticipez un peu ce rendez-vous euh puisque vous allez lancer au mois de mai si si je me trompe pas un club de la gauche antilibérale écologique et républicaine qui va s'appeler qui s'appelle déjà peut-être cause commune euh et qui se définit qu' a la particularité dit-on d'avoir un pied dans le PS et un pied en dehors du PS alors est-ce que vous pouvez nous expliquer ça et bien en effet alors vous avez totalement raison nous ce qu'on veut incarner ce qu'on a voulu incarner d'ailleurs dans le congrès du PS c'est une gauche qui soit à la fois authentiquement républicaine et il y a besoin au moment où les communautarisme sont exacerbés dans ce pays au moment où tout ce qui fait la République est mise à mal on parlait des services publics notre modèle social l'idéal de la République sociale qui soit aussi antilibérale parce que là la gauche ne doit souffrir d'aucune ambiguité dans son rapport au système économique et puis qu'il soit écologiste parce que mais c'est pas à vous que je vais la prendre il est évidemment temps de de de de revoir complètement nos politiques publiques à l'ône de l'impératif de la transition écologique ça ne concerne pas d'abord que des socialistes et ça ne concerne pas que des socialistes qui sont parti socialiste pourquoi d'abord parce que beaucoup de socialistes ne sont plus au PS et moi je veux continuer à leur parler et il y les jeunes socialistes par exemple qui viennent de les jeunes socialistes c'est un exemple mais il y a surtout vous savez le le la plus grande section du Parti socialiste ce sont qui nous ont quitté on était à 200000 adhérents au début du quinquena aujourd'hui on atteint péniblement les 40000 ou les 50000 adhérents donc il faut aussi s'adresser à eux ensuite je pense que ça doit être un lieu enfin moi c'est mone objectif d'abord c'est un lieu de déconstruction de l'idéologie dominante aujourd'hui il y a un travail vous y participez avec le média mais je pense que on doit tous euh faire ce travail pour déconstruire le vocabulaire déconstruire la grille de lecture libérale de la société qui est aujourd'hui se se diffuse et ce ce combat idéologique pour la rénovation doctrinale du socialisme français ça me paraît très important ensuite ça sera un lieu de passerelle moi je veux puisque je ne peux pas forcément toujours le faire au Parti socialiste je veux le faire librement pouvoir discuter travailler euh aller de l'avant avec toutes les forces de gauche la France insoumise génération le Parti communiste les écologistes les force syndicale bref tous celles et tous ceux qui à mon avis ont vocation à travailler ensemble face à Macron face à la droite et à l'extrême droite vous avez vu parce que on n parle pas suffisamment mais on a un regain de l'extrême droite dans ce dans ce pays qui est alors il y a les agressions par rapport au fac mais dans la société elle-même vous avez aujourd'hui une une extrême droite qui est revigorée et qui s'en prend violemment euh aux françaises et aux Français donc il faut que ça soit un lieu de passerelle et puis aussi un lieu de participation citoyenne puisque nous ne sommes pas euh nous sommes dans une crise démocratique majeure et on doit y contribuer chacun à notre façon donc c'est c'est idé de se de appelonsle un club ça sera un mouvement un microarti peu importe ce qui compte c'est qu'il qu'il qu'il rassemble à la fois des gens qui sont socialistes et et des gens qui ne le sont pas une dernière question rapidement est-ce que vous serez dans la rue le 1er et le 5 mai moi je suis dans la rue dès qu'il y a des initiative enfin non pas que j'aime particulièrement être c'est pas c'est pas mon métier d'être systémati je pas un manifestant professionnel mais contenous de l'urgence du moment je crois que toutes les occasions qu'on a de montrer notre opposition au gouvernement sont bonnes à endre donc j'y serai évidemment très bien mer

EMMANUEL MAUREL : "RIEN DE CE QUI EST A GAUCHE NE NOUS EST ÉTRANGER" — Emmanuel Maurel · Pourquijevote