Contre-matinale #145 | Ecologie, santé, Macron : deuxième mandat, même imposture
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 22 %Attaque 60 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:46OuverteRéponse directe
Comment se matérialise concrètement la précarité que vous dénoncez des travailleurs et travailleuses à Paris-Saclay ?
- 13:47OuverteRéponse directe
Quelles sont vos principales revendications que vous portez aujourd'hui avec le collectif Koldak ?
- 16:17OuverteRéponse directe
Comment vous percevez autour de vous la nomination de cette nouvelle ministre Retailleau ?
- 22:35OuverteRéponse partielle
Est-ce que la réintégration des soignants non vaccinés est un sujet ou un non-sujet pour vous ?
- 24:47OuverteRéponse directe
En quoi la situation actuelle des urgences est-elle différente de ce qu'on a connu avant ?
- 24:57OuverteRéponse directe
Le forfait urgence a-t-il changé quelque chose dans votre pratique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30InvitéFait
« une épidémie de manque de moyens et d'effectifs sans précédent qui atomise 120 hôpitaux français en amont de l'été »
- 12:34InvitéFait
« ce sont des contrats de 3 ans avec aucune garantie d'emploi derrière »
- 21:57InvitéChiffre
« une nuit en 12 heures, ça rapportait 600 euros »
- 22:05InvitéChiffre
« On avait des arrêts maladies qui étaient autour de 10%. On atteint les 15%, 15 à 20% des fois d'arrêts maladies sur des structures »
- 23:34InvitéChiffre
« l'espérance de vie d'infirmiers, il y a 10 ans, elle était autour de 7 ans à l'hôpital. Aujourd'hui, elle est inférieure à 4 ans »
- 31:32InvitéFait
« Doir Philippe a dit clairement que l'axe est bon. Il faut juste accélérer »
- 37:13InvitéFait
« C'est un bloc de gauche. Si on additionne les scores de l'ensemble des candidatures de gauche qui sont aujourd'hui rassemblées, on est majoritaire, on pèse. »
- 43:37InvitéFait
« C'est un peu comme Macron, un jeune qui a un logiciel très, très ancien. »
- 43:57InvitéChiffre
« Il a défendu une candidate qui voulait aller vers 73 milliards d'euros d'économies sur les comptes publics. »
- 49:04InvitéFait
« Sur la transition écologique, nous devons aller plus vite, plus fort, plus loin. »
- 57:26InvitéChiffre
« 60% des jeunes de moins de 30 ans ne paient pas d'impôt sur le revenu parce qu'on est trop précaire. »
- 57:48InvitéChiffre
« SMIC à 1500 euros, on l'a monté à 1500 parce qu'avec l'inflation on suit. »
- 57:59InvitéFait
« La retraite c'est à 60 ans, pas à 62, pas à 65. »
Temps de parole
- Invité40 %
- Présentateur36 %
- Invité 212 %
- Invité 311 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour à toutes et à tous, c'est Jemil. Jemil pas vraiment reposé mais guéri, j'ai retrouvé ma voix normale et c'est avec le même plaisir chaque semaine que je vous retrouve vous ici. Merci de votre fidélité et de vos nombreux messages que vous nous adressez, mais surtout merci pour votre engagement à la hauteur de nos ambitions partagées. La tenue est le boost d'un média comme le nôtre, de la première société coopérative d'intérêt collectif du PAF. Soyez fiers comme nous le sommes aussi de vivre un tel projet à contre-courant d'une norme qui voit la concentration de toujours plus de médias dans quelques mains.
Rendez-vous sur lemediatv.fr slash soutien pour embarquer avec nous et les plus de 10 000 abonnés mensuels déjà convaincus. Nous visons désormais la barre des 15 000 abonnés step by step. Nous sommes le mardi 24 mai 2022, il est 8h02 et c'est l'heure du numéro 145 de la Contre-matinale. Au programme de ce mardi, une grosse heure d'émission que je me réjouis de vous présenter. Avec deux invités pour deux sujets que j'ai eu à cœur d'aborder ce matin. En première partie d'émission, j'accueille sur ce plateau Pierre Schwab-Tellier, infirmier dans un service d'urgence de nuit à propos de l'épidémie qui touche 20% des épitaux français, publics comme privés.
Et il ne s'agit pas là de Covid, non, ce serait même pire que ça en écoutant les personnels soignants concernés. C'est une épidémie de manque de moyens et d'effectifs sans précédent qui atomise 120 hôpitaux français en amont de l'été. Une catastrophe annoncée, nous en parlerons avec mon invité. Dans la seconde partie de l'émission, c'est Claire Lejeune qui prendra place ici à mes côtés en plateau. La militante écologiste, ex-figure des Marches pour le climat, ayant quitté les Verts pour la France insoumise en amont des présidentielles, est candidate, étiquetée NUPS pour la législative dans la 7e circonscription de l'Essonne.
Elle fera notamment face au député sortant Robin Reda qui, surprise, vient de quitter LR et Républicain pour rejoindre la Macronie, la majorité macroniste. Avec Claire Lejeune, nous aborderons l'invisibilisation du programme partagé de la NUPS dans les médias, qui était présenté ce jeudi 19 mai, sans faire d'écho, du coup, dans les médias à la hauteur du rassemblement politique inédit qu'il représente pourtant. Ce matin aussi, je recevrai à distance Nilo, doctorant à Paris-Saclay, dans le cadre de la Minute Citoyenne.
Il représente un collectif de travailleurs et de travailleuses précaires à l'Université Paris-Saclay, qui s'inquiètent justement de la nomination de Sylvie Retailleau à la tête du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il nous expliquera pourquoi. Mais avant de recevoir tous ces invités aujourd'hui, place à la revue des Unes du jour, la traditionnelle titrologie. On commence toujours notre tour des Unes avec celle des quotidiens dominant le paysage médiatique français. Les salariés jetables du quick commerce, c'est le gros titre de la Une de ce mardi 24 mai du quotidien d'aspiration communiste, l'humanité.
Focus par Pierrick Marissal sur un phénomène urbain, socialement et écologiquement dévastateur, mais hautement lucratif. Le marché de la distribution de courses en quasi temps réel, en deux roues, dans les centres urbains privilégiés. La promesse de ces startups qui ont levé des milliards d'euros de fonds avant de fermer, une à une, en laissant leurs salariés précaires sur le carreau, remplir votre frigo en 15 minutes chrono en commandant via une application sans bouger de chez vous. Le progrès, ma petite dame. Au prix d'un incroyable broyage humain, ça vous le devinez.
Je cite « On nous disait de livrer deux voire trois courses à plus de trois kilomètres en moins de sept minutes », témoignent les salariés de la défendue startup Zapp. Résultat, en un an, 2355 absences et 1600 arrêts maladies ou un accident du travail. Une hécatombe qui n'effraie pas les autres géants du marché comme Gorillaz, Flink ou Jetir qui pèsent des milliards, réalisés sur le dos de milliers d'humains exploités. À la Une du Monde, aujourd'hui, ce titre « Ukraine, les enseignements des trois mois de guerre ».
Alors qu'aujourd'hui, 24 mai, est le jour anniversaire, triste anniversaire du troisième mois de l'invasion de l'Ukraine par la Russie de Poutine, et que la ville stratégique de Mariupol est passée sous contrôle russe, le quotidien propriétaire en partie de Xavier Niel et de Mathieu Pigasse tente de dresser le tableau de trois mois d'enseignement d'une guerre qui dure. Première leçon, le rapport de force entre les deux armées, ukrainiennes et russes. La première semble apparaître plus forte qu'on aurait pu le penser ou le craindre, état des lieux des ressources humaines et matérielles des deux camps.
Second point, l'envoi de plusieurs milliers de boîtiers Starlink en Ukraine par l'État-unien Elon Musk change la donne sur le terrain des télécommunications. Les Ukrainiens et Ukrainiens ne dépendent alors plus du réseau téléphonique ou Internet classique qui peut être coupé, lui, depuis le sol. Troisième leçon, en vrac parmi d'autres, la mainmise des russes sur l'espace maritime. L'objectif serait d'asphyxier l'Ukraine économiquement en la privant de ses accès à la mer pour exporter ses produits agricoles, notamment. Même si les accès au Détroit restent ouverts, les navires commerciaux étrangers craignent, eux, des mines et se dissuadent forcément d'approcher.
À côté de tout ça, le président Zelensky lui-même affirmait il y a quelques jours, comme le rapporte ici le Parisien, que seule la diplomatie mettra fin à la guerre en Ukraine. Reste à espérer qu'elle soit encore possible à l'heure où on parle déjà de programmer l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne à plus ou moins long terme. Macron entretient le flou sur la réforme des retraites, titre ce matin le quotidien de la droite traditionnelle française, le Figaro. En effet, le président, tout fraîchement et fragilement réélu face à l'extrême droite, ne veut pas s'attirer les foudres des électeurs si proches des législatives où la NUPS est en coordonnée favorite.
Pourtant, cette réforme devait être la mère des réformes de ce nouveau quinquennat. Mais le gouvernement y va à tâtons après s'être cassé les dents sur le dossier la première fois. Elisabeth Borne, première ministre de Macron 2, après avoir passé, être passée dans trois ministères, différent sous Macron 1, a échangé sur le sujet avec Olivier Dussault qui sera lui chargé de porter le dossier sans le faire exploser face à des syndicats prêts à monter au créneau pour empêcher de nous faire travailler jusqu'à l'espérance de vie en bonne santé.
C'est une partie difficile à jouer pour Emmanuel Macron qui va devoir naviguer à vue dans cette sorte de jeu et en même temps qui consiste à ménager la chèvre et le chou, mais jusqu'à quand ? De son côté, Libération a choisi de placarder le problématique nouveau ministre de solidarité en une, je cite le titre, Abad au gouvernement intenable, écrit en énorme, le quotidien du quotidien du centre-gauche. L'IB dénonce direct un gouvernement qui voulait, une fois encore, montrer un visage studieux, notamment pour son premier conseil des ministres, mais qui a dû recourir à la communication de crise dans cette affaire où le ministre est visé d'accusation de viol.
Ce dernier, hier après-midi, après avoir nié en bloc tout ça, a annoncé qu'il ne démissionnerait pas. Il devrait au moins, du coup, très bien s'entendre avec nombre de ses collègues, comme Darmanin et Dupont-Moretti, qui, soit dit en passant, nous ont offert dimanche sur BFM TV une opération de communication en langue de bois assez rare pour être soulignée. En gros, c'était no comment, et allez voir Elisabeth Borne si j'y suis. Très classe, ce nouveau gouvernement, qui n'a d'ailleurs de nouveau que le nom, disons-le tellement il y a eu de recyclage.
Le discours du président Macron fin avril sous la tour Eiffel, où il se disait obligé, obligé de gouverner autrement, et que ce quinquennat ne pourrait pas être la suite du premier, semble déjà si loin. Sans doute était-ce encore là de la poudre de perlimpinpin. C'était de la presse indépendante en ligne, Méline Escuela raconte pour le Bondi-Blog le premier déplacement officiel de la nouvelle ministre de la Culture. C'était septembre dernier, le 21 mai. La ministre Rima Abdulmalak a donc choisi la maison de la culture de la Seine-Saint-Denis pour y effectuer son premier déplacement officiel, 24 heures à peine après sa nomination dans le nouveau gouvernement Macron-Borne.
La MC93 accueilla alors du 19 au 22 mai le Festival des écoles, qui a vu entre autres 15 lycéennes et lycéens déclamer la poésie de Khaled Miloudi, ancien détenu, présent pour l'occasion. Le Bondi-Blog nous raconte heure par heure un moment fort, en symbole et émouvant, où les élèves de première spécialité théâtre ont capté toute l'intention par leurs prestations, acclamées par un grand bravo de la ministre. Récit à retrouver en ligne sur le site du Bondi-Blog. Dans un long entretien passionnant, le média Indé Street Press aborde lui un sujet difficile, celui du quotidien des sans-papiers en France. Les sans-papiers se vivent dans l'espace public comme des proies de l'action policière.
C'est le titre de l'article qui donne la parole au chercheur Stéphane Lecourant, qui lui publie l'ouvrage « Vivre sous la menace ». Vivre sous la menace d'être embarqué par la police, d'être violenté, d'être envoyé dans les centres de rétention surchargés et insalubres, ou d'être expulsé simplement du pays. L'article de Clémentine Evnaud raconte le calvaire d'une présence non autorisée sur un territoire. Des personnes qui témoignent, je cite, « d'une impression de vivre une vie diminuée qui ne vaut pas la peine d'être vécue ». Beaucoup disent même, je cite toujours, « j'aimerais me suicider ». Entretien important à retrouver sur le site de Street Press.
Le samedi 21 mai dernier avait lieu un tout autre événement, loin de la Seine-Saint-Denis et de Paris, la commémoration en Saône-et-Loire de la mort du paysan Jérôme Laronce, tué par balle par un gendarme il y a cinq ans. À l'époque, ce paysan était en fuite depuis neuf jours pour éviter un internement psychiatrique. Les gendarmes l'avaient déclaré dangereux après des mois de contrôles administratifs lourds et abusifs de sa ferme, contrôles qui ont été tous annulés depuis par la justice.
Marie-Astier et Morane Kérinek racontent l'histoire et apportent des éléments nouveaux pour comprendre ce qui s'est réellement passé dans deux articles publiés sur Reporters, le quotidien en ligne de l'écologie. Car la justice semble ne pas vouloir chercher toute la vérité. C'est ce que constatent les journalistes et ce que dénoncent les 80 personnes réunies samedi à la ferme familiale à l'appel des proches. La sœur aînée de Jérôme Laronce souhaite rectifier le récit entourant le décès dramatique de son frère qui tenait de son vivant un discours politique dénonçant les conditions de vie précaires des paysans sans autre soutien que celui de la Confédération Paysanne.
Sa sœur parle de violences policières en milieu rural. Retrouvez l'enquête dans les colonnes du site internet de Reporters. Voilà pour notre traditionnelle titrologie du jour, évidemment non exhaustive, surtout du côté des indés, médias indépendants, où les articles intéressants ne manquent pas. N'hésitez donc pas à nous en partager, que vous trouvez pertinent ou important, dans l'espace commentaires, tout comme dans les forums des sociaux sur le médiatv.fr. Tout simplement, le média, lui, comme vous le savez, c'est une relation particulière avec ses sociétaires. Et beaucoup de vous nous regardez aujourd'hui régulièrement.
Nous vous donnons la parole dans la contre-matinale pour aborder un sujet de votre quotidien engagé. C'est la Minute Citoyenne. La nomination de Sylvie Retailleau à la tête du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, succédant donc à la très décriée ministre Védéric Vidal, pousse un collectif de travailleurs et travailleuses précaires de l'Université de Paris-Saclay, mais aussi différents syndicats, notamment la FSU et la CGT, à mobiliser personnel et étudiants ce mardi, aujourd'hui 24 mai, pour manifester leur désaccord et leur refus de la poursuite de ce monde de précarité.
Pour en parler, et avec moi aujourd'hui, Nilo, doctorant à Paris-Saclay, il représente Coldoc, ce fameux collectif qui organise l'action du jour. Bonjour Nilo, bienvenue sur le plateau du Média, virtuellement. Alors comment se matérialise, première question, concrètement la précarité que vous dénoncez des travailleurs et travailleuses à Paris-Saclay ?
Alors, elle se précarise, pardon, elle se manifeste sous plusieurs formes. C'est-à-dire qu'il y a, d'une part, pour le sujet, on va dire, qui à Coldoc nous préoccupe en priorité, puisque c'est beaucoup de doctorants qui sont dans ce collectif, c'est la précarité doctorante. Donc avec des rémunérations qui sont aujourd'hui, bon, c'est pas seulement à l'Université de Paris-Saclay, mais dans toute la France, qui sont extrêmement faibles, qui sont de l'ordre de à peu près 1 700 euros, donc après un Bac plus 5, qui sont des contrats évidemment précaires, puisque ce sont des contrats de 3 ans, avec aucune garantie d'emploi derrière.
Et ce sont aussi une précarité au niveau du matériel, je dirais, mais aussi une précarité au niveau des relations avec les encadrants, puisque il y a un rapport extrêmement déséquilibré, évidemment, avec les encadrants en doctorat, et certains et certaines encadrantes en abusent, donc en imposant du travail gratuit, donc ça peut être des surveillances d'examens non rémunérés, des corrections de copies non rémunérées également, ou bien, et parfois, ça prend des proportions plus dramatiques, du harcèlement, et voilà, de vraies violences qui sont faites aux doctorants en doctorante, et notamment, il y a un livre qui a été publié, enfin, qui est en ce moment dans les librairies, qui est publié l'année dernière par Adèle Combe, qui dénonce justement ces situations de violence.
Alors, quelles sont vos principales revendications que vous portez aujourd'hui avec le collectif Koldak, rapidement ?
Alors, on va dire, il y a des revendications d'ordre général qui sont de mettre fin à la précarité à l'université, mais plus spécifiquement, donc c'est l'augmentation du salaire des doctorants, de mettre en place des comités qui puissent permettre de remettre le rapport de force un peu plus en direction des doctorants en doctorante. De rééquilibrer tout ça, oui. Comment ? De rééquilibrer, j'imagine, les rapports. Voilà, tout à fait, tout à fait. Qu'il puisse y avoir… Alors, ce qui existe déjà, il y a des comités de suivi qui permettent justement de voir si les relations entre les doctorants et les encadrants se passent bien.
Mais voilà, ce qui est dénoncé notamment dans le livre, c'est que souvent dans ces comités-là siègent des gens qui ont en fait des rapports professionnels et donc des intérêts avec les encadrants, ce qui met souvent en difficulté et le doctorant pour s'exprimer en toute liberté.
Et puis sinon, ce que nous demandons, c'est qu'il y ait aussi des places de titulaires qui soient ouvertes et puis de revenir sur la LPR qui a mis en place en fait des nouveaux statuts précaires après le doctorat, notamment les chaires de professeurs juniors qui sont des CDD de six ans après la thèse où la personne est recrutée avec des impératifs de publication et si l'université au bout de six ans considère qu'elle n'a pas été suffisamment performante, simplement elle la jette et ça, ça pose un problème parce qu'en général, quand les gens arrivent sur ce type de contrat, ils ont déjà un certain âge, donc ça veut dire qu'ils restent précaires jusqu'à presque 40 ans.
Et en plus, ça ne correspond pas, ça coûte plus cher qu'un poste pérenne alors qu'il y a de vrais besoins de postes d'enseignement dans les universités.
D'accord. Alors là, on a vu le président Macron réélu promettre un nouveau mandat qui ne sera pas dans la continuité du précédent. Comment vous, rapidement, vous percevez autour de vous la nomination de cette nouvelle ministre Retailleau ?
Alors, malheureusement, c'est le choix absolu de la continuité. C'est-à-dire que Mme Retailleau, qui par ailleurs est une personne fort sympathique, ce n'est pas le sujet, mais a été vraiment le maître d'œuvre à Paris-Saclay de la politique du gouvernement. C'est-à-dire qu'elle a été élue en 2016 présidente de Feu de l'Université Paris-Sud sur la promesse de conserver l'université, de ne pas la fondre dans Paris-Saclay. Le fait est qu'elle a fait complètement le contraire. Elle est devenue présidente de ce qu'on appelait la Commieux, c'est-à-dire le regroupement d'établissements en 2018, avant de prendre la tête de l'université en 2020. Et qu'est-ce qu'elle a fait ?
Elle a vraiment œuvré pour installer une université à deux vitesses où il y a d'un côté les masters et les grandes écoles qui sont, je mets des guillemets, les formations d'excellence où on concentre vraiment tous les moyens qui sont des formations extrêmement élitistes. Et puis à côté, l'école universitaire de premier cycle qui sont donc en fait les licences qui sont en voie de paupérisation avancée. Et donc ça, c'est quelque chose qui a été fait, enfin qui a été mis en place sous sa présidence. Il y a eu aussi la promotion de Paris-Saclay qui est d'un point de vue environnemental et est une folie puisqu'on est en train de bétonner les terres qui sont parmi les plus fertiles d'Europe.
Et donc, bon, voilà, ça, si vous voulez, c'est la nomination de Mme Rétaillot ne nous donne pas beaucoup d'espoir sur le fait que la politique du gouvernement va être réfléchie.
Et justement, pour finir, vous appelez à une manifestation aujourd'hui à 13h. Qu'est-ce qui est prévu rapidement ?
Alors, ce qui est prévu, c'est de nous retrouver à l'université, donc à la maison des étudiants, la MAPS, simplement pour un pique-nique, pour échanger entre nous, pour rappeler aussi quelles ont été les grandes orientations de l'université, pourquoi est-ce que c'est problématique, et essayer de créer du collectif et de voir comment est-ce qu'on peut faire pour, au moins au niveau local, que nos droits soient entendus et que nos revendications puissent obtenir un peu plus d'écho que d'être simplement balayés d'un revers de la main.
Et puis voilà, ensuite, au-delà de ça, nous, ce qu'on espère, c'est que ça puisse être entendu partout en France et qu'il y ait un vrai soulèvement ou en tout cas une vraie mobilisation qui s'installe au niveau de l'université et plus globalement au niveau de toute la société contre le projet du gouvernement Macron qui nous promet un monde franchement irrespirable.
Eh bien, en tout cas, merci d'avoir été là ce matin avec nous sur le plateau. En tout cas, on ne manquera pas de suivre l'évolution des choses de votre côté, Paris Saclay, mais pas que, et on en fera écho sur ce plateau. Bonne journée et à la prochaine. Merci, bonne journée à vous. Merci beaucoup. Si vous aussi, vous nous regardez aussi, vous nous écoutez ce matin en direct, vous souhaitez peut-être nous faire part d'une actualité près de chez vous, n'hésitez pas à nous laisser un message au 01 48 37 33 20. Le numéro s'affiche sur votre écran.
Et on poursuit tout de suite avec le programme de cette rencontre matinale avec nos deux invités ce matin qui entrent sur ce plateau, enfin, le premier. Nous sommes toujours en direct. Il est 8h22 et c'est l'heure de recevoir Pierre, mon premier invité. Bonjour, Pierre. Bonjour. Voilà, donc du coup, je disais, je vous accueille ce matin. Je rappelle que vous êtes infirmier aux urgences de l'hôpital Beaujon à Clichy, hôpital où vous travaillez de nuit depuis 10 ans, c'est bien ça, en bolet parisienne. Et vous représentez aujourd'hui le collectif Interurgence.
Alors, comme je disais dans mon introduction tout à l'heure dans l'émission, que vous avez suivi depuis la coulisse, la situation de l'hôpital est décrite comme catastrophique. Dans la presse, pour un praticien exerçant, j'ai vu ça il y a quelques jours, dans l'un des établissements concernés, la situation actuelle ferait, je le cite, presque regretter la pandémie de Covid. Qu'est-ce qui se passe ?
Alors déjà, merci de laisser la parole au collectif Interurgence dans votre média. Alors, la situation actuelle, elle est assez unique par l'ampleur de ce qui est en train de se passer. On parle d'à peu près 120 services d'urgence privés publics, d'après la Société française de médecine d'urgence, qui risquent d'avoir des difficultés, soit de fonctionnement, soit de fermeture durant la période estivale. C'est assez unique. On n'a jamais eu autant de services d'urgence dans cette tension.
En revanche, les causes de ces tensions, qui sont le manque de personnel, autant paramédical que médical, ça, elles sont connues, elles sont dénoncées depuis maintenant trois ans par le collectif Interurgence. La situation dans laquelle on est aujourd'hui, c'est une situation qui était totalement prévisible et qu'on dénonçait déjà suite au Ségur en disant que ça n'arrangeait absolument pas la situation et qu'on allait droit vers la catastrophe. L'année dernière, il manquait déjà du personnel. Ça a été camouflé à la fois par la présence d'intérimaires, à la fois par la mise en place des heures supplémentaires qui ont été majorées d'abord à 50% puis à 100%.
Donc, c'est-à-dire pour un infirmier comme moi qui travaille de nuit, une nuit en 12 heures, ça rapportait 600 euros. Dites-vous qu'aujourd'hui, même ça, ça ne marche plus pour attirer les gens. On est vraiment face à un épuisement généralisé des professionnels avec une augmentation des arrêts maladies. On avait des arrêts maladies qui étaient autour de 10%. On atteint les 15%, 15 à 20% des fois d'arrêts maladies sur des structures. Donc, effectivement, la tension est extrême. Et le problème, c'est qu'on ne voit rien venir de la part du gouvernement qui, pour lui, n'a pas de problème. Je rappelle le propos d'Olivier Véran juste avant qu'il laisse sa place au ministère.
Tout le monde a accès aux soins. Il n'y a pas de problème dans la santé. Il va suffire de 7 jours pour que les urgences de Pellegrin ferment, pour que la situation se dégrade à peu près et qu'on ait des fermetures d'urgence annoncées tous les deux jours depuis.
Il y a aussi cette question, alors vous parlez de manque d'effectifs. Alors, effectivement, il y a beaucoup de personnes qui sont formées, mais qui ont fait un autre choix parce que les salaires ne sont pas assez élevés, parce que les consens de travail sont dégradés. Ça, on l'entend, on le voit. Mais il y a aussi cette question de la réintégration des soignantes et soignants non vaccinés qui fait débat depuis quelques temps, depuis des mois d'ailleurs, en fait, et qui devraient se faire il y a quelques jours. Ça a été dit par le gouvernement, mais qui traînent en raison d'obstacle de droit. Est-ce que ça, c'est un sujet ou c'est un non-sujet pour vous ?
Alors, c'est à la fois un sujet et un non-sujet puisqu'on parlait à l'origine de 16 000, entre 10 000 et 16 000 professionnels qui ont été exclus très clairement du système hospitalier. Les raisons, on pourra toujours en rediscuter. J'ai toujours un petit peu de mal quand on me dit qu'un professionnel non vacciné qui n'est pas atteint du Covid a plus de risques de transmettre la pathologie qu'un professionnel vacciné qui a atteint du Covid et qu'on force à rester travailler. Donc, j'ai un petit peu du mal avec cette notion-là. Mais voilà, ça va être une question, effectivement, qui va se poser. Mais ça n'en règle absolument pas la situation.
Je rappelle que l'espérance de vie d'infirmiers, il y a 10 ans, elle était autour de 7 ans à l'hôpital. Aujourd'hui, elle est inférieure à 4 ans. J'ai 10 ans d'expérience. Je suis un ancien.
Oui. C'est vrai.
C'est ça, le drame. C'est-à-dire, c'est que j'ai 10 ans d'ancienneté. Je fais partie des plus anciens des infirmiers du service.
Là, on a l'hôpital sous pression. En France, ce n'est quand même pas nouveau. On suit ça, nous, au Média, mais pas que chez nous. On voit ce récit chaque année. En quoi la situation concrètement actuelle, elle est différente ?
Il faut bien comprendre que jusqu'à présent, il y avait des tensions. On avait des fermetures de lits, de services. Ça se faisait dans un silence relatif puisqu'un service qui ferme, personne n'en parle. Quand on arrive à fermer les urgences, c'est-à-dire la porte d'entrée, l'accès le plus direct aux soins, c'est très clairement qu'on n'a plus rien à fermer et qu'on est dans une situation où on n'a pas le choix. Parce que c'est la dernière chose qu'on peut fermer quand on est directeur d'hôpitaux, c'est l'accès aux soins. Une des missions des directeurs d'hôpitaux, c'est d'assurer l'accès aux soins.
Donc, s'ils en viennent à fermer les urgences et qu'ils sont dans une situation, ils ne peuvent plus faire autrement. Mais c'est un danger pour la population. Si vous n'avez plus accès aux soins d'urgence, effectivement, ça peut mettre en danger votre survie. Et ça va continuer.
L'accès aux urgences, rappelons-nous, qui avait déjà été, par des mesures gouvernementales, rendu plus compliqué en faisant payer l'entrée d'une dizaine, une quinzaine d'euros pour dissuader les gens de ne pas venir. Ça, ça avait changé quelque chose déjà dans votre pratique ou pas, ça ? Absolument pas.
Ce qu'on appelle le forfait urgence pour les patients qui ne nécessitent pas d'hospitalisation après un passage aux urgences, très clairement, on était contre. Parce que l'objectif des urgences n'est pas vraiment d'hospitaliser les gens qui se présentent. Vous arrivez avec une crise d'asthme, on ne va pas attendre de vous hospitaliser en arrière pour régler le problème de l'asthme. On va vous régler le problème de l'asthme, mais si vous rentrez avant, tant mieux voir vous. Mais c'est pour ça qu'on était un petit peu contre ce forfait. Et il n'a absolument pas changé, puisque on le voit en Ile-de-France qui est devenu l'un des premiers déserts médicaux.
À partir du moment où les soins de ville n'assurent pas le rendu auprès de la population, forcément, les gens vont aller vers le seul endroit qui est ouvert 7 jours sur 7, 24h sur 24, jusqu'à présent, les urgences.
Bon, on ne peut pas ne pas parler de tout ça. Là, on a quand même 5 années de macronisme derrière nous. Et à moins que la gauche nous remporte une majorité nationale en juin prochain, 5 années supplémentaires. Mais cette fois-ci, avec la promesse d'un quinquennat qui oblige, comme je disais tout à l'heure, le président, un nouveau président, pour reprendre ses mots, à faire mieux et différemment. Et c'est l'ancienne socialiste Brigitte Bourguignon qui a été choisie et nommée, qui vient d'être nommée à la tête du ministère de la Santé. Elle prend donc la place de Lévi-Véran, qui était son ministre tutelle, juste avant, dans le précédent gouvernement.
Le Figaro titrait ce 20 mai, je cite, « La fibre sociale promue au ministère de la Santé. Quels sont vos espoirs de changement ? »
Très peu. Enfin, on va dire que Brigitte Bourguignon, certes, elle commence en tant que ministre. Je ne la connais pas, donc on ne peut pas juger, en tout cas en tant que ministre de la Santé. En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est qu'avant, elle travaillait à l'Assemblée nationale, qu'elle a voté toutes les lois de financement de l'hôpital public, notamment des restrictions financières, notamment en 2019, où il demandait 5 milliards d'économies sur la sécurité sociale, dont 1 milliard sur le fonctionnement hospitalier. Donc ça, elle l'a voté. Donc on voit à peu près dans quelle optique politique elle est.
Les grandes phrases, on les a eues, les grandes phrases d'Emmanuel Macron, « La santé doit sortir de… » Enfin, il y a des biens et des services qui doivent sortir de toute logique économique. Bon, malgré deux ans de pandémie, malgré le scandale Orpéa, on n'est pas prêts à lâcher le privé lucratif, si vous voulez.
Et ça, autour de vous, est-ce que c'est quelque chose… Est-ce que vous êtes en train d'en parler, d'ailleurs, avec vos collègues ?
Oui, bien sûr. Alors, il y a eu une enquête qui est passée, j'ai vu ça il y a deux jours, je crois, sur BFM, on voyait, quand on s'appelle, on demandait la question, comment est-ce que vous voyez le futur du système de soins ? 50% des Français disaient, en gros, que ça allait empirer. Bon, voilà, 50%. 95% des professionnels pensaient que ça allait empirer. Donc, voilà, on est dedans. Et en fait, la réalité, c'est que la situation réelle des hôpitaux, elle est pire que ce que les gens peuvent imaginer.
C'est-à-dire, c'est que vraiment, l'hôpital ne tient que par les professionnels qui sont en train de faire des heures sans compter et qui sont en train, très clairement, de dépasser tous les codes du travail. Il n'y a plus de code du travail chez nous, très clairement.
Et là, ce qui est assez intéressant, je ne sais pas si c'est le mot à utiliser, mais c'est que ça touche le public et le privé. Alors qu'on a cette image, qu'on nous donne cette image que le privé s'en sort mieux, que ça va mieux chez eux. Là, non ?
Alors, ça touche le privé. Pas forcément le privé lucratif. Le privé lucratif, lui, est un petit peu de côté. Mais par contre, le privé participant aux services publics hospitaliers ou ce qu'on appelle les ESPIC, effectivement, ils sont dans la même contrainte que le service public, qu'on s'appelle le service public public. Et effectivement, l'attractivité des professionnels n'a pas suffi. Le SIGUR n'a pas suffi pour redonner de l'attractivité. Mais au-delà de ça, c'est les conditions de travail qui sont largement dégradées, avec un management qui est retourné, un management destructeur, très clairement, qui est à l'image un petit peu de ce qui s'était passé à France Télécom.
On est à peu près sur les mêmes paroles, les mêmes confrontations face à ce qu'on est en train de travailler actuellement. Quand on écoute les professionnels de France Télécom, on peut changer juste le mot France Télécom par hôpital. Ça ne change absolument rien. C'est exactement la même chose.
C'est le modèle qui est appliqué, finalement, parce que France Télécom, c'était quand même une période assez très, très, très noire. Il y a eu des suicides et que c'était une transformation d'un service public.
Dans la santé, il y en a un. C'est juste qu'on n'en parle pas. Parce qu'il ne faut pas en parler.
Oui. Et pourquoi il ne faudrait pas en parler ? Qu'est-ce qui se gênerait ?
Alors, il faut bien comprendre que la souffrance dans les professionnels de santé, on parle beaucoup de souffrance des professionnels de santé, avant 2019, elle n'était pas du tout reconnue. Elle n'existait pas. Certains médecins disaient même qu'il n'existe pas de souffrance dans le milieu de la santé. C'est salir des professions. Donc, vraiment, il y avait eu ce côté un petit peu où on est des super-héros. On n'a pas le droit de souffrir. On n'a pas le droit de se plaindre et compagnie. Donc, tout ça nous a fait, en 2019, exploser. Puisque, au bout d'un moment, voilà.
Mais, ne serait-ce que les burn-out, si on regarde les burn-out qui sont reconnus comme burn-out, il n'y en a pas énormément. Dans la société, en général,
c'est déjà très bien reconnu. C'est pas très compliqué à reconnaître.
Mais chez nous, c'est extrêmement compliqué, effectivement. Mais les internes étaient déjà intervenus en disant qu'il y avait un interne qui est suicidé tous les quatre jours en France, à l'heure actuelle. Et ça ne change rien. Le système ne change pas.
Pour finir notre entretien, là, il y a quand même quelque chose qui, en plus, vous freine quand même dans votre métier, encore plus de tout ça, c'est le rapport de force. C'est-à-dire que nous savons que, pour vous, faire grève lorsqu'on est soignant est une mission quasi impossible, à moins que vous le faites. Mais vous êtes indiqué sur votre blouse et c'est tout. Le rapport de force est donc bien réduit, comme je le disais. Quels sont les leviers disponibles, en fait, pour vous, pour vous faire entendre des dirigeants ?
Alors, malheureusement, c'est la situation dans laquelle on est actuellement. Et c'est pour ça que je dis que les professionnels sont complètement désabusés. C'est-à-dire, c'est qu'aujourd'hui, après, là, si on prend, par exemple, l'exemple de Bordeaux, ça fait un an que les personnels sont en lutte. Un an qu'ils mobilisent, un an qu'ils font la grève, un an qu'ils revendiquent, en tout cas. Et il n'y a eu aucune réponse qui leur a été apportée. Donc, la situation, c'est qu'aujourd'hui, les professionnels, très clairement, abandonnent. Ils sont désabusés et ils abandonnent. Et ça provoque très clairement les fermetures.
Et du coup, là, parce qu'ils abandonnent, il y a très peu de portes de sortie. Qu'est-ce qu'on peut faire, ne serait-ce que les personnes qui nous regardent, pour essayer de... Est-ce qu'on sensibilise et nous c'est une bonne chose ? Comment on vous soutient ? Parce qu'on sait faire. On soutient en manif, on y va, on adhère à des syndicats, on fait des choses. Mais pour soutenir l'hôpital public, applaudir, ça va cinq minutes ?
La mobilisation. Clairement, il n'y a que la mobilisation. Alors, c'est notre seul espoir. C'est-à-dire, c'est que dans toutes ces fermetures, il y a eu les urgences d'Oloron qui devaient fermer et juste avec la mobilisation de la population. C'était 2 500 personnes qui sont venues défendre cet hôpital. Donc, les urgences n'ont pas fermé. Ce n'est pas dit qu'elles ne ferment pas dans le futur. Mais en tout cas, là, elles ne sont pas fermées. Il n'y a que ça qui peut fonctionner. La mobilisation. Les pouvoirs publics à l'heure actuelle sont dans l'incapacité de toute façon de répondre. Ils n'ont pas de solution.
On voit bien que de toute façon, depuis le début, même avec le Ségur, ils continueront la transformation de l'hôpital public, quoi qu'il en coûte. Le Ségur de la Santé, quand il a commencé, Doir Philippe a dit clairement que l'axe est bon. Il faut juste accélérer. C'est ça, le problème. C'est-à-dire que c'est l'axe qui n'est pas bon du tout. C'est-à-dire que nous, on revendique le fait que la destruction de l'hôpital public, il faut l'arrêter. On ne peut plus travailler si on supprime des lits. On ne peut plus travailler si on supprime des personnels. Il faut comprendre que pendant 10 ans, on a travaillé avec un service minimum.
Quand on dit service minimum, on a l'impression qu'on est à la SNCF et qu'il y a un service maximum, il n'y a pas de service maximum. Le service minimum, c'est ce qu'on essaye de se battre pour avoir. Les directions, leur seule mission, c'est qu'il n'y ait pas un personnel en plus que le service minimum décidé. S'il y en a en moins, ça leur fait gagner de l'argent. Et on a vécu comme ça pendant 10 ans à travailler avec un sous-effectif chronique parce que ça améliorerait l'économie de l'hôpital. Donc là, aujourd'hui, on est vraiment dans un système où c'est devenu une souffrance de travailler à l'hôpital et les professionnels refusent de rester dans cette souffrance.
C'est vraiment un vrai problème qu'on suit avec attention ici. En tout cas, merci Pierre-Choap-Tellier d'avoir été avec moi, avec nous ce matin. Merci. Pour avoir le sujet vital de nos services hospitaliers, je rappelle que vous êtes infirmé aux urgences de l'hôpital Beaujon de nuit, j'insiste bien. Ce n'est quand même pas pareil que le jour à Clichy. On suivra du coup avec attention l'évolution de la situation. On ne manquera pas, si vous l'acceptez, de vous reconvier sur ce plateau. Nous sommes toujours en direct sur le média. Il est 8h35 et c'est l'heure de la dernière heure.
J'accueille pour ce faire, pour passer la dernière heure avec nous, avec moi, avec ma deuxième invitée du jour, Claire Lejeune.
Bonjour. Bonjour. Comment allez-vous ? Ça va. Je commence à me réveiller, mais ça va, ça va.
C'est difficile. Vous m'oubliez tout droit de l'Essonne. Vous êtes candidate NUPS, Nouvelle Union Populaire Écologique et Social. C'est long, mais ça englobe beaucoup de monde dans la circonscription numéro 7 de l'Essonne, comme je le disais. Je vous voyais. Écoutez, très attentivement ce qu'il venait de se dire sur le plateau. Peut-être un commentaire avant de vous poser mes questions. Est-ce que sur les hôpitaux, tout ça, ça vous a touché ?
Oui, tout à fait. Surtout que sur notre territoire, c'est quelque chose qu'on vit de manière frontale. comme ça a été dit, l'île de France, c'est le premier désert médical par rapport aux autres régions de France. Et on a une situation où, depuis le rapport Larcher, depuis la loi Bachelot, on a une descente aux enfers de l'hôpital public, avec une logique qui est complètement contraire à celle qu'on devrait avoir si on avait à cœur le soin, la santé, l'intérêt des patients.
On est sur des logiques d'austérité budgétaire, on est sur des logiques de privatisation, de libéralisation, qui va créer un système de santé où seuls vont pouvoir accéder de manière simple aux soins les personnes qui pourront se le permettre financièrement. Parce qu'aujourd'hui, typiquement sur le Nord-Essonne, on a trois hôpitaux qui vont vers des fermetures de services, très clairement, donc Juvisy, Orsay et Longjumeau. Donc tout va être regroupé au niveau du plateau de Saclay et ça rejoint des choses qui se disaient. Voilà, donc il y a l'idée de créer un espèce de pôle d'excellence, de pointe, que ce soit sur la question de recherche ou sur les questions de santé.
Et du coup, on néglige le fait qu'en fait, la santé, ce n'est pas juste une question de qu'est-ce qu'on va développer à la pointe de la recherche. C'est juste une question de services publics, de bases, de proximité, parce qu'on a besoin de soins et de maillés de territoire parce qu'aujourd'hui, quelqu'un qui habite dans ma circonscription en transport en commun, c'est parfois plus d'une heure pour arriver à Saclay. Donc dans une situation où on a un problème urgent, faire l'heure de transport en commun, parfois, en fait, il y a des renonciations aux soins et qui peuvent, du coup, avoir des conséquences encore plus négatives sur la santé.
Et du coup, on arrive en bout de course avec des situations gravissimes qui peuvent entraîner, voilà, on le disait, c'est des morts après.
Bien sûr, de la souffrance. Alors là, pour revenir à votre candidature, c'est... Alors je rappelle aussi que vous étiez ex-figure. Je ne sais pas si c'est ex, mais on vous connaît encore. Vous êtes toujours une figure du mouvement climat, des marches climat. Vous avez quitté les Verts pour l'Union Populaire portée par Jean-Luc Mélenchon juste avant les présidentielles. Et c'est là votre première candidature à une élection. Qu'est-ce qui vous a convaincu d'y aller ?
Parce qu'on est dans un moment de bascule historique. Et en fait, bon là, on a en plus une configuration assez exceptionnelle où dans chaque circonscription, on a une union de la gauche. La gauche est rassemblée entièrement. Donc PS, France Insoumise, Parti Communiste et les Verts et qu'on a une réelle chance de l'emporter.
Et là, les enjeux de la composition de cette Assemblée soient encore plus forts parce que l'horizon qu'on s'est donné, le but qu'on s'est donné, c'est d'obtenir une majorité et du coup, que ce pseudo nouveau gouvernement, il soit de durée très courte et qu'on puisse obliger Macron à nommer Jean-Luc Mélenchon Premier ministre dès juin, avoir la main sur la composition du gouvernement et du coup, avoir la main sur la politique de ce pays. Et donc, c'est ça le message clé qu'on essaye de faire passer, c'est que ces législatives, ce n'est pas juste une formalité, ce n'est pas juste la queue de comète des présidentielles.
Ce que le premier tour des présidentielles a prouvé, c'est qu'il y a un bloc qui est du coup majoritaire en termes d'idées et d'aspiration. C'est un bloc de gauche. Si on additionne les scores de l'ensemble des candidatures de gauche qui sont aujourd'hui rassemblées, on est majoritaire, on pèse. Donc, le gouvernement légitime dans ce pays, ce serait un gouvernement qui porte ces politiques-là et qui les applique et c'est tout à fait possible dès le mois de juin.
Alors, presque toute rassemblée, on rappelle que le NPA ne fait pas partie de l'accord, mais effectivement un large rassemblement. Alors, un mot peut-être aussi sur votre condition. Vous, vous êtes une jeune femme, 27 ans, mais vous êtes aussi, je disais, d'abord une femme, puis ensuite une jeune dans une élection. Vous êtes novice en politique, comme je l'ai dit tout à l'heure. Je crois d'ailleurs savoir que la NUPS présente à elle seule la plupart des candidatures les plus jeunes. Alors, des femmes et des jeunes à l'Assemblée, c'est quoi l'enjeu ?
Alors, en fait, ma génération, celles qui vont venir après, on milite parce qu'on n'a pas le choix. On milite parce que, franchement, la société, le monde, dans 5, 10 ans, j'ai peur de ce à quoi ça va ressembler. Donc, en fait, c'est quelque chose, ce vote en 2022, pour nous, ce n'était pas juste une élection comme une autre, c'était un vote vital. Donc, notre engagement, je veux dire, il est de cet ordre-là. Et donc, ce n'est pas étonnant que le vote Jean-Luc Mélenchon, il a été extrêmement fort dans la jeunesse.
Ce n'est pas étonnant qu'il y a des figures jeunes et notamment des jeunes femmes qui s'inscrivent dans ce mouvement-là parce que la régénération des politiques et la bifurcation de nos politiques, ce n'est pas juste une question des mesures, ça va aussi être une question d'incarnation. Et on le voit dans la composition du gouvernement, le fait qu'on a encore une classe politique qui permet à des personnes qui ont été ciblées par des accusations gravissimes en termes de violences faites aux femmes, c'est à tout ça qu'on veut mettre fin. Et notre colère, elle est immense.
Je veux dire, chaque heure que Damien Abad passe en tant que ministre est une insulte à toutes les femmes qui se sont battues pour que justement on ait des droits déjà. Puis aujourd'hui, la question, c'est comment on arrive à aussi avoir une incarnation véritable des combats qui sont les nôtres. Donc, je veux dire, ce moment politique qui vient aussi cristalliser tout ce que les luttes antiracistes, les luttes féministes, la lutte écologiste, toutes les luttes sociales sont venues porter. Ça a été le Parlement de l'Union Populaire. Ça a aussi été un premier moment de la composition de tout ça.
Et maintenant, la traduction, c'est comment on porte ça à l'Assemblée nationale parce que je pense véritablement que ça change tout d'avoir des gens qui sont là. Pas parce qu'ils se faisaient une belle image de ce que ça peut être une carrière politique, etc., mais juste parce que, par notre vécu, par ce qu'on a subi, on est arrivé à la politique par ça, en fait, par des souffrances, par des colères, par des luttes. Et en fait, on utilise l'élection comme un moyen parmi d'autres de la lutte. Et c'est ça qui est important à retenir aussi. Parmi d'autres,
vous dites un.
Voilà.
Quels sont les autres moyens ?
En fait, là, on parlait tout à l'heure sur l'hôpital public, des mobilisations, etc., mais en fait, là, on est dans une situation où il va falloir continuer à mobiliser tous les leviers de la lutte. Je veux dire, même si on est majoritaire à l'Assemblée nationale, même si on arrive à composer un gouvernement, même si Jean-Luc Mélenchon est Premier ministre, bien sûr qu'on va avoir besoin des manifestations, bien sûr qu'on va avoir besoin que dans les entreprises, les employés se mobilisent, bien sûr qu'on va avoir besoin d'avoir des relais de cet immense mouvement de résistance partout dans la société.
Donc, et c'est là notre différence aussi, je pense, par rapport à d'autres logiciels politiques. C'est qu'on a bien compris que le degré de transformation qu'il va nous falloir opérer dans la société, il va nécessiter des lois, bien sûr, mais il va nécessiter aussi une prise de conscience immense sur le fait que ce n'est pas juste une question de cette mesure-là plutôt que celle-là, c'est une question de transformation du logiciel, même des politiques qui sont menées. Voilà.
Et c'est là où aussi, on en rigole, mais le fait de présenter, par exemple, notre nouvelle Première ministre comme de gauche, ça montre juste à quel point ils n'ont pas compris dans quelle direction nous on souhaite aller. Ils n'ont pas compris
ou alors c'est peut-être un tour de passe-passe. Bien sûr, bien sûr,
c'est une opération de communication parmi beaucoup d'autres. Et d'ailleurs, le macronisme se réduit à peu près à une série d'opérations de communication de plus en plus parce que justement, je pense que il y a une invisibilisation de leur part du programme qu'on comporte. On va en parler. Par contre, ce qu'ils ne peuvent pas invisibiliser, c'est ce qui se passe dans la société et c'est l'aspiration massive à ce qu'on aille dans une autre direction que celle dans laquelle ils veulent nous embarquer dans les cinq années à venir.
Alors, on parlait de jeunes, là, vous avez bien répondu à la question, mais justement, dans votre circonscription, vous faites face à un autre jeune qui a quelques années de plus que vous à peine, donc c'est quand même un jeune, un premier député sortant, Robin Reda, élu Les Républicains qui tractait encore jusqu'il n'y a pas si longtemps pour Les Républicains mais qui vient de changer de chapelle, troquant celle de Pécresse pour celle de Macron, qui critiquait beaucoup jusqu'ici. Deux questions, peut-être rapidement. Quel adversaire est-il pour vous, premièrement ? Est-ce que vous l'avez déjà croisé sur les marchés ? Comment ça se passe ?
Oui, oui, on s'est déjà croisé. C'est étonnant parce qu'on s'est retrouvés, enfin, on est passés tous les deux par Sciences Po, on vient du même territoire. Moi, je suis née à Juizy, lui, je pense qu'il est né à Savigny et c'est assez étonnant de voir à quel point on est radicalement opposés, alors en termes de fonds politiques mais aussi en termes de conception de ce que c'est, faire de la politique. Et en termes de fonds politiques, en fait, c'est un peu comme Macron, un jeune qui a un logiciel très, très ancien.
En termes même d'approche du modèle économique, il reste dans le logiciel d'une droite qui place l'austérité budgétaire, donc la gestion des bons comptes publics en tête des priorités. Il a défendu une candidate qui voulait aller vers 73 milliards d'euros d'économies sur les comptes publics. Moi, mon logiciel, c'est en fait la politique et un budget public, c'est aussi fait pour répondre à des problématiques sociales et écologiques, pour être à la hauteur des défis présents.
Donc, c'est une question de quels moyens on met en place pour répondre à ces défis-là et pas, OK, on a cette enveloppe budgétaire-là, quel bout de service public on coupe, combien de fonctionnaires on vire pour pouvoir rentrer bien dans la case que la Commission européenne nous impose. Donc, il y a eu un tournant, même quand on regarde les recherches en économie sur comment on aborde les questions de budget public et ce tournant-là, il n'a clairement pas été pris ni par la Macronie ni par cette droite-là.
Pareil, sur la manière dont il conçoit la démocratie, comme beaucoup de la droite, il a ce discours sur rétablir l'ordre, rétablir l'ordre dans la rue, rétablir l'ordre dans les comptes publics, une espèce de continuité et pour moi, ce qu'il appelle la rue, c'est-à-dire les manifestations, les mobilisations, etc., c'est partie intégrante de nos démocraties et en fait, on a lutté pour avoir le droit de manifester comme on a lutté pour avoir le droit de vote, comme on a lutté pour avoir le droit de grève et tout ça, c'est notre vie démocratique.
Et voilà, si j'en viens à la conception assez inverse qu'on a de faire de la politique, effectivement, moi, je trouve ça étonnant et quelque peu irrespectueux envers, du coup, les habitants de nos circonscriptions et du coup, les électeurs d'avoir martelé pendant cinq ans que Macron était un incapable, qu'il n'était pas à la hauteur sur la capacité à réformer le pays, faire une campagne présidentielle au plus proche de Valérie Pécresse qui a été sur une ligne très anti-Macron jusqu'à sa dernière intervention sur France Inter deux jours avant le premier tour et puis, à la dernière minute, peut-être aussi par crainte de cette gauche rassemblée qui, si on la met bout à bout, ça faisait 41% quand même dans notre circonscription, voilà, changer de bord et du coup, se mettre à féliciter la nouvelle première ministre de sa nomination, voilà, c'est étonnant parce que, en fait, lorsqu'on a un mandat, lorsqu'on est député, on siège dans un groupe, on est redevable d'une ligne politique, on doit assumer ses votes, on doit, enfin, une trajectoire politique.
Un manque de royauté peut-être de sa part ?
Un manque de cohésion, je veux dire, et un manque d'honnêteté envers ses électeurs, donc, en fait, les personnes qui le suivent, qui le soutiennent, qu'est-ce qu'ils sont censés faire, en fait ? Un jour, c'est Pécresse, maintenant, c'est Macron, demain, c'est quoi ? Parce que, si on a, à ce point, été critique de quelqu'un politiquement, c'est bien qu'on avait des désaccords de fond, donc, en fait, c'est quoi la colonne vertébrale politique ? C'est le maintien du siège, en fait, c'est ça.
Donc, en fait, je pense que la défiance démocratique, la crise démocratique aiguë dans laquelle on est, elle est nourrie aussi de ce genre de posture, de comportement, et on a un besoin très grand de clarté, de cohérence, de continuité, et quelque part, ce qu'on a créé avec la nouvelle Union populaire écologique et sociale, c'est aussi cette preuve que parfois, les dirigeants politiques et les partis politiques sont à la hauteur des enjeux.
Et en scellant cet accord, qui n'a pas été simple à conclure, il y a des vraies divergences qu'on ne met pas sous le tapis, mais qu'on met en balance avec les enjeux qui sont les nôtres, qu'on met en balance avec tout ce qu'on a de commun au sein de cette gauche écologique, et quelque part, on est, à mon sens, la seule force politique aujourd'hui, à se montrer un petit peu, à essayer d'être à la hauteur des défis.
Et justement, pour se taquer à cette lourde tâche, pour en revenir un peu à votre première particularité, vous êtes écologiste, alors la tâche qui nous incombe en matière de révolution écologiste, il faut le dire, le duo Macron-Borne a choisi de nommer Amélie de Lombard de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher, deux noms connus, évidemment, puisqu'elles étaient déjà la tête d'autres ministères sous le précédent quinquennat d'Emmanuel Macron. Le 20 mai dernier, la dernière que je ne citais, déclarait, je cite, que nous devons rattraper le temps perdu par le précédent gouvernement dans lequel elle était, tandis que la première appelait une mobilisation générale des Français. On l'écoute.
Le message d'avril des Français et en particulier de notre jeunesse est sans équivoque. Sur la transition écologique, nous devons aller plus vite, plus fort, plus loin. À une mobilisation générale de toutes les façons de l'écologie, notre projet national. Jeunes et moins jeunes, chefs d'entreprise, agriculteurs, responsables d'associations, élus, citoyens, que nous sommes tous, nous devons agir ensemble pour changer notre façon de consommer, d'habiter, de produire, de nous déplacer, non pas pour vivre moins bien, mais au contraire pour vivre mieux. Et ce n'est pas seulement de nous dont il s'agit, mais bien de nos enfants et de nos petits-enfants.
Alors j'imagine que nous devons être un peu de temps perdus des premières et ce qu'on vient d'entendre là vous fait réagir ?
Oui, alors bon, on a du mal à accorder de l'importance et du poids en fait aux mots prononcés par le personnel, le politique et le gouvernement de Macron parce qu'il y a eu un montage intéressant fait par des camarades avec ce plus loin, plus fort, cette trilogie en fait, elle a été utilisée mais une dizaine de fois par Macron, par Derugy, par Borne quand elle a pris la place de Derugy au ministre de l'Écologie. Donc en fait, c'est un espèce de discours qui maintenant tourne à vide quoi.
Et quelque part, je pense que plus personne est dupe et puis quand même ce qu'on peut constater aussi dans cette intervention, c'est qu'on reste sur un logiciel de c'est à chacun de se bouger, c'est à chacun de faire des efforts sur sa consommation quelque part,
il faut que les personnes fassent des efforts,
non ? Mais ce n'est pas ça la porte d'entrée de l'écologie politique. En fait, c'est un système qu'on doit changer parce qu'actuellement, le système va contre-courant de ce qu'il faudrait en termes de bifurcation écologique. Donc en fait, c'est une manière de dépolitiser la question écologique et de faire reporter la responsabilité sur des individus qui sont avant tout des victimes du système dans lequel on est actuellement. Donc en fait, en mettant le projecteur sur le...
Enfin, si on ne trie pas assez nos déchets, prenez des douches plus courtes, pendant ce temps-là, on ne regarde pas les grandes entreprises, on ne regarde pas les grandes firmes, on ne regarde pas le fait qu'aujourd'hui, là encore, il y a un rapport d'Oxfam qui est sorti hier pendant la pandémie, il y a eu un milliardaire en plus tous les 30 heures et on sait très bien que cette question de la montée des inégalités, elle est complètement corrélée avec le fait qu'avec la destruction de la biodiversité et le dérèglement climatique. Donc en fait, c'est une manière d'isoler et de dépolitiser la question écologique alors qu'il faut faire complètement le contraire.
Voilà, donc même en fait le fait que cette idée de planification écologique elle serait rattachée du coup à la première ministre Madame Borne, ça va aller complètement dans le mur parce que déjà le logiciel de Madame Borne c'est quelqu'un qui a œuvré pour l'ouverture à la concurrence du rail, elle a un logiciel qui est inverse de celui de l'idée même de planification.
Elle ne peut pas pour vous remplir cette mission écologique ?
Il faudrait qu'elle change complètement de logiciel politique mais on a bien vu la trajectoire qui a été empruntée pendant ces cinq ans. On a bien vu les grands discours qui à chaque fois semblaient marquer un changement de direction par exemple lors de la pandémie qu'il fallait sortir certains secteurs des logiques de marché tout ça. On a bien vu que ça ne donne rien en termes de politique donc tout ça ne sont que des mots et je pense que plus personne n'y accorde d'importance. On va regarder d'abord les actes et puis surtout on va aller voter pour virer ce gouvernement et le remplacer par des gens qui ont à cœur de faire et de transformer la société.
Et pour quand même boucler la boucle de ce nouveau gouvernement on rappelle aussi la nomination à l'agriculture de Marc Fénaud un passionné de chasse à l'arc qui qualifie les véganes et antispécistes je cite de fous dangereux je ne sais pas que vous l'avez vu qui ont perdu le sens commun en allant emmerder je cite toujours les chasseurs et les pêcheurs à la ligne. Là ça va un petit peu au contraire à ce que la ministre vient de dire de mobiliser les personnes individuelles de s'engager et finalement quand on les s'engage on les traite de fou furieux qu'est-ce que ça vous inspire à vous écologistes en campagne justement ?
En fait ça va avec beaucoup de choses aussi qui touchent à toute la nouvelle union populaire en ce moment on a très vite des mots qui visent à disqualifier par exemple le candidat Robin Reda a utilisé les mots ennemis de la France et ennemis de la République pour qualifier la nouvelle union populaire et par extension ma candidature et mon équipe donc en fait c'est récurrent et là c'est une autre illustration là les mots de Marc Fénaud sur les vegans c'est éviter de regarder avec lucidité et courage les vrais problèmes qui se posent aujourd'hui utiliser des mots qui cristallisent les peurs cristallisent les tensions vont mobiliser une fraction de l'électorat contre un autre qui vont du coup diviser alors qu'on est dans un moment où s'ils sont sincères lorsqu'ils disent il faut une mobilisation générale pour faire face mettez-vous-y tous etc voilà c'est pas c'est pas en accentuant et en hystérisant les clivages qu'on va y arriver en fait
alors jeudi 19 mai ont été présentées les 650 mesures formant le programme partagé de la nouvelle union populaire écologique et sociale donc le programme de gouvernement il faut dire comme ça commun à la FI au PCF au PS et Europe Écologie des Verts un événement de taille pourtant l'éco-médiatique est quasi nul chez nous on en a parlé cette semaine avec l'Isala et Thomas Porcher ils l'ont abordé dans le dernier numéro de l'Instagram Porcher mais ailleurs c'est assez vague pourquoi cette invisibilisation selon vous médiatique ?
alors je pense qu'il y a quand même eu un certain écho au moment où l'accord a été a été scellé l'accord oui mais les mesures du programme c'est surtout ça qui est intéressant mais justement je pense que la sphère médiatique est très occupée à donner de l'écho à des choses comme le Burkini à Grenoble enfin en fait des choses qui sont des micro-sujets pour le quotidien des françaises et des français nous quand on fait du porte-à-porte tous les soirs
absolument
personne ne nous parle du Burkini dans les piscines de Grenoble on nous parle du fait que les gens ont du mal à finir leur fin de mois ils sont obligés de se poser la question avant d'emmener le gamin au foot parce que ça va coûter en carburant ils vont faire les courses avec l'angoisse au ventre parce qu'ils ne savent pas comment ils vont faire ils vont voilà ils vont tenir jusqu'à la fin du mois donc en fait c'est ça la réalité des françaises et des français et quelque part le programme de la nouvelle lune populaire il est connecté directement à ça
justement là si vous aviez ce matin à exposer quelques mesures concrètes pour que les gens qui nous écoutent disent parce qu'il n'y a pas que vous qui parlez de ces sujets-là on entend l'extrêmement aussi on parlait du pouvoir d'achat etc en quoi quelles sont les mesures qui demain arriver au pouvoir appliquées au pouvoir là vous réussissez votre pari changeraient radicalement la vie
alors déjà le programme économique de l'extrême droite du rassemblement national il est beaucoup plus proche de celui de Macron que d'une autre donc en fait tout le discours sur on est les défenseurs des intérêts du peuple c'est une vaste fumisterie en termes de son programme fiscal notamment de Marine Le Pen en fait il ne vient pas du tout corriger les inégalités par exemple la suppression de l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans ça a privilégiéré ceux qui sont déjà dans le haut du panier parce que 60% des jeunes de moins de 30 ans ne paient pas d'impôt sur le revenu parce qu'on est trop précaire voilà donc c'est un exemple parmi beaucoup d'autres donc en termes d'exemples de mesure et on est les seuls à le proposer et c'est bien la preuve que la force qui peut défendre les intérêts du plus grand nombre et du peuple c'est plutôt de notre côté SMIC à 1500 euros on l'a monté à 1500 parce qu'avec l'inflation on suit on indexe sur l'inflation continuait à marteler que la retraite c'est à 60 ans pas à 62 pas à 65 et également les mesures de blocage des prix parce qu'aujourd'hui on est sur les pattes ont augmenté de 15% enfin l'huile enfin juste ce dont on a besoin juste pour s'alimenter au quotidien commence à monter en flèche idem sur les carburants donc en fait c'est toute une série de mesures qui sont déjà une immense respiration pour des personnes qui sont aujourd'hui tenaillées par l'angoisse de la fin du mois donc c'est mettre un coup d'arrêt à ce phénomène de précarisation généralisée des existences après il y aura toutes les mesures sur la création d'emplois parce que notre pari c'est qu'en fait le marché aujourd'hui il ne pourvoit pas ses travails et c'est du travail de mauvaise qualité qui est destructeur socialement et écologiquement parlant donc en fait on a besoin que la puissance publique puisse aussi par aussi une reconstruction de nos services publics mais aussi par des investissements publics dans tous les secteurs qui vont participer à la bifurcation écologique ça fait des gisiers d'emplois qui sont énormes en fait donc après il y a la construction de toutes les filières de formation etc mais je veux dire l'horizon il peut être heureux c'est possible à construire voilà c'est ça et en fait l'intérêt de viser d'avoir une majorité du coup d'avoir un gouvernement c'est que en fait c'est des leviers qu'il faut activer un peu simultanément pour que la transformation se fasse et du coup on a besoin d'avoir voilà on a besoin d'avoir la notion vraiment la mise en place de la planification écologique on a besoin d'avoir une reconstruction de nos services publics massifs on va avoir besoin aussi de reconstruire toute la sécu et tout de défendre nos acquis sociaux c'est un chantier global et c'est aussi un changement complet d'ambiance politique c'est à dire que là avec la montée aussi des idées d'extrême droite on est sur une phase de crispation et de division alimentée par la sphère globalement médiatico-politique et en fait d'avoir un gouvernement qui justement prend à bras le corps les vraies problématiques de la société d'un point de vue social et écologique et du coup n'est pas là tous les deux jours à alimenter des fausses polémiques qui divisent souvent les plus précaires entre eux en plus ça sera juste une immense respiration voilà et je pense que l'espoir qui peut se lever ici là on arrive à avoir cette majorité qu'on arrive à avoir un gouvernement avec toutes les personnes à la fois très compétentes et formidables qui pourraient se retrouver dans un gouvernement avec Jean-Luc Mélenchon premier ministre ça ça transformerait ça transformerait le pays
alors dernière question peut-être un petit peu piquante la NUP c'est donné favorite certes dans les sondages d'opinion pour les prochaines législatives mais la probabilité quand même d'avoir une majorité n'est pas acquise n'est pas si forte elle est probable mais elle n'est pas voilà comment vous voyez la chose premièrement et est-ce que vous y croyez vraiment ou alors mettez une méthode cohée pour nous donner de la force de voter pour vous ou alors on y va et au pire on sauve les meubles en attendant 2017 en 2027 pardon
mais moi j'y crois déjà parce que même avant le premier tour est-ce que quelqu'un aurait dit enfin il n'y avait pas grand monde qui nous prédisait à 22% voilà et pourtant on y a été et en fait là quand on est sur le terrain quand on parle notamment dans les quartiers qui ont voté massivement pour Jean-Luc Mélenchon il n'y a jamais eu autant d'intérêt autour des législatives en fait donc tout en fait le récit qu'on fait autour de en fait c'est un troisième tour l'élection n'est pas terminée en fait Macron a été élu mais il a été mal élu sa légitimité est très faible et aujourd'hui si on s'en donne les moyens on peut avoir une majorité il est passé le message est passé les gens vont aller voter et on va continuer à marteler à labourer le terrain aussi parce qu'on continue comme ça la bataille des idées mais en fait c'est tout à fait possible et je veux dire une victoire politique c'est d'abord une espèce de rumeur c'est d'abord un bruit qui court on se passe le mot etc et puis ça devient quelque chose d'affirmé qui se cristallise dans la dernière ligne droite dans la dernière semaine mais en fait on part toujours pour gagner on part jamais gagnant mais du coup on a besoin vraiment on a vraiment besoin de tout le monde il faut absolument que tout le monde aille voter le 12 et le 19 juin parce que parce que voilà c'est un autre monde est vraiment encore possible et voilà et on a quelque part pas le choix parce que encore 5 ans avec bon bah ce gouvernement là je je sais pas comment on en parlait tout à l'heure notre système de santé il va il va ressortir comment de ces encore 5 ans de de Macron notre système éducatif c'est c'est pareil on en parlait avec la précarité des doctorants je suis moi-même doctorante enfin je veux dire tout est en train de tout est lié voilà et puis tout est en train de se détruire peu à peu et en train d'être détruit peu à peu plus tôt et voilà il y a une urgence absolue à mettre un coup d'arrêt à ça
alors que le message est bien passé merci éclair le jeune de m'avoir fait le plaisir d'avoir été ce matin d'accéder à l'invitation ce matin et je rappelle que vous êtes candidate de la NUPS dans la 7ème circonscription de l'Essonne et que les élections vous l'avez dit à l'instant ont lieu le 12 et 19 juin prochain bonne journée à vous merci et voilà quant à vous derrière la caméra c'est la fin de la contre-matinale 145ème numéro déjà j'espère que ce numéro vous aura plu une nouvelle fois l'espace commentaire sur Youtube est ouvert et celui aussi des réseaux sociaux sont là pour vous accueillir vos retours pardon on adore vous y lire alors allez-y lâchez-vous on aime beaucoup vos retours n'hésite donc pas vous savez sans doute que la plupart des membres de l'équipe notamment des journalistes que vous avez l'habitude de voir sur ce plateau sont aussi présents sur Twitter par exemple donc vous pouvez aussi aller les interpeller notifier Théophile Nadia ou encore Lisa ou moi-même dans vos tweets en partageant les émissions et les extraits que vous avez appréciés perso j'aime à rappeler que cette émission a pu avoir lieu évidemment grâce à mon travail c'est sûr aux invités qui sont là d'être présents ce matin mais aussi surtout peut-être grâce à Léo en régie image à Jordan en régie son à Elie au cadre à La Lumière Nicolas à la chef rédition à Cori aux autres modérateurs et modératrices et tout ça merci à eux pour votre travail à vous pour votre travail dans l'ombre c'est toujours très intéressant et important c'est à cela que servent les dons et les abonnements mensuels payants que vous pouvez réaliser sur lemediatv.fr slash soutien sans engagement de durée mille merci à vous tous quant à moi je vous donne rendez-vous ici au plus tard mardi prochain pour une nouvelle contre matinale et ailleurs parce que le terrain des luttes c'est partout pour la suite de nos belles aventures communes bonne journée bonne journée