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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 mai 2022 26 min

Négociations avec La France insoumise, programme pour l'union à gauche, manifestation du 1er mai… Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel. Bonjour. L'accord est donc tombé au milieu de la nuit, un premier accord entre Europe Écologie Les Verts et la France Insoumise pour les législatives. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ? Est-ce que vous vous en félicitez ?

0:11
Fabien Roussel

Bien sûr que c'est une bonne nouvelle et c'est surtout une étape importante pour construire cette grande coalition de la gauche et des écologistes que nous appelons de nos voeux depuis l'issue du second tour des élections présidentielles, que j'ai appelé de mes voeux d'ailleurs. Et j'espère qu'aujourd'hui nous arriverons nous aussi à parvenir à conclure cet accord dans la journée, dans la soirée, dans la nuit s'il le faut, jusqu'au bout. Il n'y a pas de plan B, il n'y a que un plan A, c'est celle de nous rassembler et de parvenir à construire cette grande coalition de la gauche pour enfin prendre notre revanche sur ces élections présidentielles.

0:46
Invité

C'est une question d'heure maintenant en ce qui concerne les communistes ? Est-ce que vous dites ce soir, ça pourrait aboutir d'ici ce soir ?

0:52
Fabien Roussel

Je le souhaite, on a encore des points de discussion à aborder, nous l'avons déclaré ce week-end, nous discutons tous les jours, nous voulons aboutir, il y a une volonté de chacun de pouvoir aboutir.

1:06
Invité

On va arriver sur le fond, mais vous fixez une date butoir, vous dites qu'il faut que ce soit avant demain, avant mercredi ?

1:10
Fabien Roussel

La date butoir c'était hier, c'était avant-hier, c'est maintenant, donc il y a une forte aspiration des 11 millions d'électeurs, d'électrices de gauche qui se sont rassemblés sur nos différentes candidatures aux élections présidentielles, une forte aspiration de leur part à ce qu'aux élections législatives nous soyons unis. Donc c'est dans les heures là qui viennent qu'il faut que l'on parvienne à un accord, je le souhaite ardemment.

Il y a une forte attente de la part des français en colère à l'issue de ces élections présidentielles parce qu'ils ne voulaient pas de Macron, et ils l'ont, et ils aspirent toutes et tous à ce qu'il y ait une cohabitation, une majorité à l'Assemblée nationale, qui dès le mois de juillet va augmenter les salaires, va balayer d'un verre de main la réforme des retraites à 65 ans pour avoir une réforme des retraites juste à 60 ans. Et c'est ça que nous voulons mettre au cœur de ces élections législatives en étant le plus unis possible partout en France.

2:05
Présentateur

Il y a quand même un calendrier que vous avez forcément en tête. Demain par exemple c'est le 3 mai, date anniversaire du Front Populaire.

2:10
Fabien Roussel

Du Front Populaire, avec cette chambre qui était élue le 3 mai 1936 et qui a permis des grandes avancées pour le monde du travail, pour le monde du travail.

2:19
Présentateur

Vous vous inscrivez dans l'histoire du Front Populaire, c'est le Front Populaire à nouveau qui est en train de se composer sous nos yeux.

2:25
Fabien Roussel

Le Front Populaire, c'est Maurice Thorez qui en avril 1934 tend la main au monde du travail et à toutes les forces de gauche pour construire de grandes conquêtes sociales pour notre pays et que nous avons eu. Le Front Populaire c'est la semaine de 40 heures, c'est les comités d'entreprise, c'est les hausses de salaire tout de suite. C'était de grandes avancées sociales. On est aujourd'hui à un tournant aussi historique que celui-là.

2:51
Présentateur

Ce n'est pas trop fort comme promesse. Vous êtes en train de promettre le Front Populaire.

2:57
Fabien Roussel

Mais vous imaginez dans quelle situation vivent nos concitoyens aujourd'hui avec la guerre en Ukraine qui se prolonge. Et d'ailleurs quand je vois, on aura peut-être l'occasion d'en parler, mais quand je vois ce qui se trame, on est en train de nous promettre un conflit long qui pèse sur le pouvoir d'achat des Français avec des menaces fortes qui pèsent sur l'approvisionnement énergétique. Les Français aspirent à ce que dans les semaines qui viennent, les factures baissent, les salaires augmentent, que l'emploi soit assuré, que nos services publics fonctionnent.

3:30
Invité

Et vous dites qu'il n'y a qu'une gauche unie, il n'y a que le Front Populaire qui peut y arriver. C'est ce qu'on prend bien.

3:33
Fabien Roussel

Mais personne ne peut gagner tout seul. Donc le Front Populaire qui a été construit en 1936 avec Maurice Thorez, Léon Blum, Daladier, les socialistes, les communistes, les radicaux, cette unité poussée, attention, en même temps en 1936, il y a une poussée des salariés qui occupent les usines pacifiquement pendant plusieurs semaines pour obtenir ces accords de Matignon. Donc c'est un mouvement de même ampleur que nous attendons en France. La jeunesse attend ça. Le monde du travail attend ça.

Je pense à ces ouvriers dans les usines, à ces assistantes maternelles, à celles qui travaillent dans les EHPAD, à ceux que j'ai rencontrés hier lors des remises de médailles du travail dans ma circonscription. Quand je vois leur parcours de vie, ils ont peur, ils ont peur que Macron ait une majorité qui allonge la retraite à 65 ans. Il y a une vraie crainte que ça ne bouge pas dans le pays. Et donc nous, nous devons porter un espoir énorme de changement. Et nous avons cette responsabilité d'obtenir un accord qui nous réunisse tous. C'est pour ça que je parle d'une coalition des forces de gauche et écologistes, une grande coalition la plus large possible qui nous rassemble.

4:45
Invité

Mais ça veut dire que la cohabitation, vous y croyez ? 289 députés. La majorité pour une coalition de gauche.

4:51
Fabien Roussel

Mais ce n'est pas que j'y crois. C'est qu'il n'y a pas d'autre voie. On ne peut pas aujourd'hui aller à ces élections avec la seule ambition d'être les champions de l'opposition. Ma conception de la politique, ce n'est pas d'être dans l'opposition. C'est d'être une force de proposition. Une force de gouvernement, mais bien sûr. Parce que les Français attendent cela.

Ceux que j'ai rencontrés en manifestation hier, lors du 1er mai à Valenciennes, où je manifestais avec les salariés de mon secteur de l'arrondissement de chez moi, aspirent, ils nous ont interpellés, aspirent à ce que l'on s'unisse, que l'on se rassemble et que dès le mois de juillet, il y ait de grandes avancées pour le monde du travail, pour le monde ouvrier. C'est important. Vous imaginez un petit peu les attentes qui pèsent sur nous à l'occasion de ces élections législatives.

5:41
Présentateur

Rassembler derrière Jean-Luc Mélenchon, c'est lui le Léon Blum de 2022.

5:46
Fabien Roussel

Mais avant de se rassembler derrière une personne,

5:50
Présentateur

il y a...

5:50
Fabien Roussel

Avant de se rassembler derrière une personne, il y a une majorité à construire et un programme ambitieux à proposer aux Français. Et c'est ça l'enjeu des discussions que nous avons. Et bien sûr, et nous, nous le disons, et je l'ai dit moi aussi, lors des différentes conférences de presse que j'ai tenues ces derniers jours, c'est que dans le cadre d'une grande coalition qui nous rassemble tous, et bien si demain nous avons une majorité, évidemment, et si nous devions former un gouvernement ensemble, ce que je souhaite, le Premier ministre sera issu de la force principale qui construit cette majorité. Et donc je n'ai pas d'objection à cela.

Et nous l'écrivons, nous l'avons dit, et donc il n'y a pas de problème là-dessus. Mais l'enjeu, c'est d'obtenir cette majorité. Vous avez raison, Neila Latroux, c'est ça qu'il faut construire. Donc l'objectif, c'est d'avoir 289 députés au moins, communistes, insoumis, socialistes, écologistes, chacun un groupe fort, mais aussi fort de nos différences, et ces différences sont une richesse. Chacun aura son groupe. C'est ça l'enjeu. J'ai lu que Jean-Luc Mélenchon s'engageait à cela. C'est l'enjeu de la discussion de cet après-midi. C'est que ces engagements pris par Jean-Luc Mélenchon soient tenus par ceux qui négocient, qui discutent avec nous.

7:11
Présentateur

Je précise que vous avez 11 élus actuellement à l'Assemblée nationale au Parti communiste. Il en faut 15 pour avoir un groupe. Tout à fait.

7:17
Fabien Roussel

Et nous avons, et nous discutons avec les responsables de la France insoumise pour montrer que dans plusieurs circonscriptions de notre pays, les seules personnalités locales en capacité de battre ou le Front national, le Rassemblement national, ou les députés sortant de la majorité, en marche, sont des personnalités implantées localement et qui ont cette capacité de rassemblement. Je pense à Jean-Marc Tellier à Avion dans le Pas-de-Calais. Je pense à Nicolas Sansu dans le Cher. Fabien Roussel, on n'a pas tous les cités parce que... Non, mais ce sont des personnalités locales qui ont une implantation forte et qui permettront de faire gagner la gauche dans ces circonscriptions.

7:58
Présentateur

Fabien Roussel, on va parler du programme dans un instant avec Naïla Latrousse juste après un coup d'œil sur le fil. Info 8h41, Margot Karoff.

8:04
Invité

Une cinquantaine de manifestants placés en garde à vue à Paris après des affrontements en marche du défilé du 1er mai hier. 8 policiers et gendarmes ont été blessés. Le ministre de l'Intérieur condamne des violences inacceptables. 116 000 manifestants ont défilé dans toute la France, dont 24 000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. C'est deux fois moins que le chiffre donné par la CGT. Après plusieurs jours de négociations, une alliance est finalement conclue entre la France insoumise et Europe Écologie Les Verts. Pour les législatives de juin, ils se réunissent sous la bannière « Nouvelle Union Populaire Écologiste et Sociale ».

Les deux formations espèrent ouvrir la voie à d'autres unions avec le PCF et le PS. La Russie ne cherche pas à terminer la guerre le 9 mai, le jour de la victoire dans le calendrier russe. C'est ce que déclare le ministre des Affaires étrangères russe, Sergei Lavrov. Ce week-end, une centaine de civils ont commencé à être évacués de Mariupol, ville portuaire du sud-est de l'Ukraine, assiégée par la Russie. Les premiers vols sans escale reliant Sydney à Londres et à New York sont prévus pour fin 2025. La compagnie australienne Comtas va commander notamment 12 Airbus A350 pour mener à bien ce projet.

9:16
Présentateur

Fabien Roussel, il y a quelques instants,

9:27
Invité

vous évoquiez les propositions insuffisantes des Insoumises que vous disiez en tout cas juste avant le week-end. Est-ce qu'il y a eu des avancées depuis ? Est-ce que dans les discussions, vous avez senti que chez vos partenaires de la France Insoumise, il y avait une volonté d'avancer sur le fond des propositions ?

9:42
Fabien Roussel

D'abord, il y a une volonté d'avancer de partout, de tous. C'est une grande différence par rapport à 2017 et vraiment, on s'en félicite parce que c'est cette volonté commune qui fait qu'on a une chance d'aboutir. Oui, donc comme il y a une volonté, il y a un chemin ou l'inverse, mais c'est ça qui nous réunit aujourd'hui. On discute bien sûr de représentation dans les circonscriptions, j'en ai parlé, chacun doit avoir un groupe. Si on a l'objectif d'avoir 289 députés, donc nous allons tous en conquérir et en respectant le rapport de force issu de la présidentielle, on est d'accord là-dessus. Donc, on doit tous aller en gagner.

Je suis content d'ailleurs que les écologistes, dans l'accord qu'ils ont passé, vont enfin avoir un groupe. Depuis le début, je le dis, c'est une anomalie. Donc, nous sommes d'accord là-dessus, tant mieux. Maintenant, on doit aussi parler contenu. Le contenu, il doit montrer aux Français, qui vraiment attendent beaucoup que l'on s'unisse, doit montrer qu'on est d'accord sur des mesures que nous mettrons en œuvre tout de suite. La hausse des salaires, c'est essentiel. Une réforme de retraite progressiste, positive, je ne reviens pas là-dessus, mais ça, c'est important. Mais nous avons aussi des points que nous, nous voulons porter. Par exemple...

10:53
Invité

Pourquoi je vous parle de fonds ? Parce que si on regarde l'accord, par exemple, signé hier soir entre les Verts et les Insoumis, il prévoit une hausse du SMIC à 1 400 euros. Vous, pendant la campagne, vous disiez ces 1 500 net.

11:01
Fabien Roussel

Je dirais même plus, 1 900 euros brut. Parce que le brut compte pour nous, et nous voulons financer la sécurité sociale avec des cotisations.

11:08
Invité

Mais pour que ceux qui nous écoutent et qui ont effectivement, qui nourrissent ses attentes par rapport à une gauche unie, nous comprennent bien, est-ce qu'à 1 400, vous dites, je signe, les communistes sont d'accord, c'est un bon début, ou est-ce que vous dites, c'est 1 500 ou rien ?

11:20
Fabien Roussel

Nous disons, nous signons à 1 400. C'est pas un point bloquant ? Non, mais non. Mais enfin, vous imaginez que si on faisait ça, les salariés ne le comprendraient pas. Aujourd'hui, le SMIC passe à 1 300 euros net. C'est une barre symbolique importante, mais loin d'être suffisante.

11:39
Invité

C'est la revalorisation du 1er mai.

11:40
Fabien Roussel

Loin d'être suffisante par rapport aux factures qui augmentent. Donc si demain, nous nous mettons d'accord tous, à 1 400 euros net, avec le brut qui va avec, eh bien c'est important parce que c'est 100 euros de plus, tout de suite et tous les mois, pour ceux qui sont au SMIC. Et bien sûr, nous demanderons à ce que dans l'accord, mais je sais que là-dessus, nous sommes d'accord, il faudra que l'ensemble des salaires, et notamment les plus bas, progresse en même temps. Nous n'avons pas de problème avec ça. Je dirais que c'est plutôt peut-être du côté d'autres forces et qu'il va falloir s'aligner, mais nous, nous n'avons pas de problème.

Mais vous avez raison, moi je me suis battu pendant la campagne des présidentielles pour une hausse des salaires et des retraites plus élevées. Mais c'est bien pour ça que je souhaite qu'il y ait un groupe communiste demain à l'Assemblée nationale qui soit en capacité de pousser un peu plus et de se battre là-dessus. Et nous avons d'autres points que nous allons mettre en discussion. Bon, bien sûr, il y a le nucléaire sur lequel nous avons une différence. Je me bats, moi, depuis toujours pour un mix énergétique qui s'appuie sur et des renouvelables, des éoliennes, des barrages hydrauliques, mais aussi sur l'investissement dans nos centrales nucléaires.

Je souhaite que nous continuions toujours à nous battre sur ce sujet-là.

12:50
Invité

Mais vous aviez fait une ouverture pendant la présidentielle en disant pourquoi pas un référendum ?

12:53
Fabien Roussel

Les socialistes, les insoumis sont d'accord pour accepter cette différence. Qu'est-ce que ça veut dire accepter cette différence ? Ça veut dire que ce ne sera pas dans le contrat de législature que nous aurons à signer ensemble. Je souhaite que nous puissions signer ensemble un contrat de législature. Ensemble, les quatre forces principales, socialistes, communistes, insoumis, écologistes, que nous signons un contrat de législature ensemble, montrant aux Français ce qui peut changer dès le mois de juillet. Et que dans ce contrat de législature, nous l'avons dit dès le départ, je suis prêt à remettre, à mettre de côté cette question du nucléaire. D'accord, on en parlera plus tard.

On va mettre de côté les fâcheries. Mais je demande à ce que, justement, nous puissions avoir un groupe pour que ceux qui pensent à gauche que nous en avons besoin, puissent se dire, on va avoir un groupe de députés communistes qui vont se battre là-dessus.

13:46
Présentateur

Et donc, vous ne réclamez plus un référendum dans l'immédiat. Non, mais même sur la réforme des retraites.

13:51
Fabien Roussel

Vous avez vu que sur la réforme des retraites, il y a un peu plus qu'une paille entre ce que proposent les socialistes, les écologistes et nous.

13:58
Invité

Les écologistes ont accepté 60 ans.

14:00
Fabien Roussel

Et donc, ils ont accepté 60 ans. Nous, ce que l'on souhaite, c'est que l'on puisse prendre en compte les années d'études pour qu'il n'y ait pas 40 annuités de travail. Sinon, ceux qui sortent des études à 27 ans, si on en rajoute 40 annuités, ils vont sortir à plus de 65. Donc, ce sont des différences dont nous pourrons débattre dans le cadre du Parlement, demain, et même dans le cadre d'une majorité. Je me félicite. Vous imaginez l'avancée pour les salariés. Si demain, nous mettons dehors la réforme des retraites à 65 ans et que nous avons pour objectif une réforme de retraite pour une pension à 1 200 euros net à 60 ans. Mais c'est un progrès social immense.

14:37
Présentateur

Fabien Roussel, les écologistes, vous le disiez, ont fait donc une concession en acceptant la retraite à 60 ans. Vous êtes en train d'en faire une en acceptant le nucléaire de côté et le SMIC à 1 400 et non 1 500. On a l'impression que tout le monde fait des concessions sauf la France insoumise. Est-ce que vous ne craignez pas qu'aucune de vos propositions ne soit reprise ?

14:54
Fabien Roussel

Alors, nous avons... Ça fait partie des points de débat que nous avons, que nous aurons cet après-midi. Moi, je souhaite, je le redis ici, je souhaite que dans le contrat de législature, on puisse aborder la question de l'argent, de la finance, celle que j'ai portée pendant toute ma campagne, quand j'ai fait du pouvoir d'achat une priorité, j'ai dit aussi qu'il fallait que l'on se dote d'un pôle public financier qui permette de financer des réformes progressistes pour le monde du travail, pour financer nos services publics, la santé, l'éducation nationale. Donc, je souhaite que ce soit...

15:25
Invité

Parce que pour que nos auditeurs comprennent bien, si vous mettez en œuvre dès cet été, si vous obtenez une majorité et si vous mettez en œuvre dès cet été des mesures pour le pouvoir d'achat, il faudra les financer, il faudra donc une loi de finances rectificatives et donc il faudra trouver des recettes.

15:36
Fabien Roussel

Tout à fait. Donc, c'est sur cette question-là que nous souhaitons nous mettre l'accent. Je souhaite, et je lance cet appel, je souhaite que cet après-midi, nous puissions voir apparaître dans cet accord, cette plateforme commune, cette question d'un pôle financier public avec la socialisation, la nationalisation de banques qui nous permettraient d'avoir la possibilité de financer des réformes importantes parce qu'il va falloir mettre le crédit, l'argent, au service du développement de notre pays, de la réindustrialisation du pays, de la transition écologique.

L'argent ne va pas tomber tout seul et donc c'est une vraie question de reprendre le pouvoir sur l'argent et c'est pour ça que nous, nous sommes très attachés à ces questions-là. Et puis bien sûr, je n'ai pas de doute, et c'est pour ça que je souhaite être rassurant aussi pour nos auditeurs, je n'ai pas de doute que sur cette question-là, Jean-Luc Mélenchon ne mettra pas de blocage sur cette question d'un pôle public financier qui nous permettra d'avancer et de conclure un accord.

16:34
Invité

D'un mot Fabien Roussel, est-ce que le label derrière lequel se fait cette union est important ? Hier, on a vu apparaître la nouvelle union populaire écologique et sociale. Est-ce que ça, ça vous va comme label ?

16:44
Fabien Roussel

Oui, et j'en suis même super content parce que... Il n'y a pas le mot communiste

16:48
Présentateur

pourtant,

16:48
Fabien Roussel

il y a le mot écologie, sociale, socialiste. Je vais vous raconter une histoire, celle qui s'est passée ce week-end où Julien Bayou, Olivier Faure, moi-même, avons échangé tout le week-end sur ce qui pourrait nous rassembler et les propositions que nous pourrions porter ensemble auprès des insoumis pour obtenir un label dans lequel chacun se sent bien et se sent respecté. Alors bien sûr, il y a la question du programme, ce n'est pas qu'un label qui fait que ça change la donne. Mais c'est important que chaque militant, chaque force se sente respecté.

Et donc, nous avons fait des propositions et dans ce label, la nouvelle union populaire sociale et écologiste, nous nous retrouvons parce que nous-mêmes, nous avons porté ça et le mot social, notamment, et celui qui nous rassemble, nous n'avons pas demandé à ce qu'il y ait le mot communiste en tant que tel dans aucune de nos propositions. Nous, nous portions le mot gauche rassemblée, sociale, et nous avons proposé aussi écologiste pour respecter nos partenaires et je suis satisfait que là-dessus aussi, les insoumis aient bougé et donc, comme quoi, vous dites, ils ne font pas de concession aussi, ça bouge, parce qu'on a poussé ensemble.

Mais bien sûr, c'est pour ça que je vous dis qu'il y a une volonté nouvelle de la part de tout le monde de nous retrouver et je pense qu'effectivement, on peut lever un espoir important. L'objectif, c'est d'aller quand même plus loin que les 11 millions d'électeurs que nous avons rassemblés. L'objectif, c'est de conquérir une majorité. Vous imaginez l'ambition que nous portons. Je vois l'extrême droite divisée. Je vois les En Marche, la droite divisée. Et nous avons la possibilité, nous, d'être unis et sur un programme ambitieux.

Alors oui, l'anniversaire du Front Populaire est une date symbolique et je serais très heureux que nous puissions signer ce soir ou là, dans les heures qui viennent, pour fêter ce bel anniversaire.

18:33
Présentateur

Et avant le 3 mai, il y avait le 1er mai. On va revenir sur la journée de manifestation d'hier, Fabien Roussel. D'abord, un coup d'œil sur le fil info. Il est 8h51. Voici Margot Karoff.

18:42
Invité

Un accord historique trouvé dans la nuit entre la France insoumise et les écologistes. Les deux parties sont arrivées à un compromis en vue des législatives. Les négociations reprennent aujourd'hui entre le parti de Jean-Luc Mélenchon, les socialistes et les communistes. Sur France Info, le dirigeant du PCF, Fabien Roussel, espère conclure cet accord dans la journée, dans la soirée ou dans la nuit, s'il le faut. En Ukraine, l'évacuation de l'usine Azovstal à Mariupol, assiégée par l'armée russe, a commencé. Une centaine de civils ont pu sortir de ces sous-sols de ce complexe sidérurgique.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky évoque un vrai cessez-le-feu de deux jours, le premier sur ce territoire. Face à l'urgence climatique, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, exhorte les pays riches à passer aux actes et à s'acquitter de leur promesse d'aide financière au pays en développement. 100 milliards de dollars par an étaient promis au pays du Sud. A partir de 2020, un engagement non tenu à ce jour déplore le chef de l'ONU. En football, une lourde défaite de l'Olympique de Marseille. Hier soir, battu 3-0 par l'OL au Vélodrome. En clôture de la 35e journée de Ligue 1, les Marseillais ne sont plus qu'à trois points d'avance sur Rennes et Monaco.

Les Lyonnais, eux, sont septièmes. France Info

19:58
Présentateur

Avec Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste. Hier, c'était la fête internationale du travail avec une journée de manifestation et des chiffres en hausse. 210 000 manifestants revendiqués par la CGT, 116 000 par le ministère de l'Intérieur. Quoi qu'il en soit, ce sont des chiffres en hausse sur un an. Ça veut dire que c'est une journée qui a été réussie ?

20:22
Fabien Roussel

Oui, une journée réussie de forte mobilisation, de forte présence des salariés, des syndicats, des forces politiques de gauche aussi. Et donc, malheureusement émaillés par des incidents que je regrette. Mais c'était un beau 1er mai au cours duquel, lors de ces manifestations auxquelles j'ai participé chez moi, j'ai entendu cette forte attente que nous soyons rassemblés aux élections législatives. Ce 1er mai s'est déroulé dans un moment entre les élections présidentielles et ces élections législatives à venir où, effectivement, le monde du travail a exprimé ces énormes attentes envers nous.

21:04
Présentateur

Il y a eu cette poignée de main historique, c'est comme ça que vous la qualifieriez entre Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, et Jean-Luc Mélenchon, derrière qui tout le monde se rallie maintenant ?

21:13
Fabien Roussel

Oui, historique, parce que, en termes de programme, les contenus étaient les plus éloignés. En même temps, ils sont de la même famille politique à l'origine, donc c'est des retrouvailles.

21:23
Présentateur

Il est parti en 2008, Jean-Luc Mélenchon, ça fait un moment quand même.

21:27
Invité

Vous évoquiez Fabien Roussel les violences qui ont effectivement émaillé ces manifestations en marge des défilés, rappelons-le, 54 interpellations à Paris, 8 pompiers et gendarmes blessés, c'est-à-dire qu'il n'est plus possible de défiler aujourd'hui dans la capitale sans qu'il y ait des violences ?

21:41
Fabien Roussel

Disons que le mandat qui vient de s'écouler, ces 5 ans de gouvernement de la majorité en marche, a fait la démonstration qu'ils n'étaient pas en capacité de garantir des 1er mai pacifiques. A chaque fois, on a vu des...

21:58
Invité

Vous dites que c'était l'exécutif de garantir le 1er mai pacifique.

22:00
Fabien Roussel

C'est pas nous qui sommes en responsabilité, il y a un préfet.

22:04
Présentateur

C'est fini l'époque des services d'ordre des syndicats qui tenaient les manifestations.

22:08
Fabien Roussel

J'y suis allé, j'ai vu, comme beaucoup de militants syndicaux qui ont leur propre service d'ordre aussi et nous avons vu la police recevoir des ordres de sa hiérarchie qui leur dit de ne pas intervenir et de laisser des casseurs casser, y compris des casseurs nous casser et la police qui n'agit pas. Vous dites

22:29
Invité

que le préfet laisse faire.

22:31
Fabien Roussel

Il y a une responsabilité, oui, de la préfecture de ne pas intervenir auprès de ces casseurs et nous le regrettons profondément. Et d'ailleurs, quand je vois, y compris des pompiers molester, c'est scandaleux. comment se fait-il qu'il les laisse faire ? Comment se fait-il qu'il ne les appréhende pas avant ?

22:53
Présentateur

Mais vous mettez en cause le préfet de police en disant qu'il a donné l'ordre de ne pas intervenir. C'est une accusation qui est grave.

23:00
Fabien Roussel

Nous l'avons vu à l'occasion de plusieurs premiers mai. C'est-à-dire, nous voyons les cordons, vous pouvez venir dans les manières que je vous invite à venir, vous verrez comment ça se passe. Mais quand il y a la manif de tête qui est là et qui ne bouge plus et que les casseurs sont devant et qu'ils cassent et que la police observe, enfin, voilà, moi, je constate, je vois.

23:21
Invité

Pourquoi faire ? C'est pour discréditer les manifestations ?

23:24
Fabien Roussel

Ça a interrogé le préfet, invité-le, puis posez-lui des questions. C'est le 2 mai, donc c'est l'occasion de le mettre sous le feu de vos questions. Interrogez-le, ça serait intéressant de savoir qu'il prenne ses responsabilités et puis qu'il explique quand même. Ce n'est pas de notre faute, nous, on manifeste pacifiquement, on vient avec le brin de muguet sur nous et puis on constate ça. Ça commence à bien faire.

23:47
Invité

En tout cas, pour éviter des violences dans ce deuxième quinquennat, Emmanuel Macron dit vouloir, pour éviter des violences et puis pour aussi faire en sorte que les décisions soient plus consensuelles, Emmanuel Macron dit vouloir inaugurer une nouvelle méthode. Plus d'horizontalité, plus de concertation. Est-ce que vous le croyez sur parole quand il dit vouloir davantage concerter ?

24:05
Fabien Roussel

Écoutez, je pense que le président de la République avait l'occasion dans l'entre-deux-tours de dire qu'il ne mettrait pas en œuvre une réforme de retraite dont les Français ne veulent pas. C'est le préalable

24:19
Invité

à toute discussion.

24:20
Fabien Roussel

Il a fait le choix de maintenir une réforme de retraite à 65 ans. Il va présenter des députés aux élections qui vont écrire dans leur... J'espère qu'ils vont l'écrire, que eux mettront en place une réforme de retraite à 65 ans. Et donc, je ne crois pas effectivement à cette concertation qui sera à mon avis juste un moyen de communication parce qu'ils ont affiché, ils affichent dans leur programme la réforme des retraites à 65 ans pour aller taper 9 milliards d'euros dans les poches des salariés.

24:55
Invité

Vous dites pas de discussion sans retrait de la réforme ?

24:57
Fabien Roussel

Ah ben, mais bien sûr. Donc Fabien Roussel... Moi, j'ai demandé au minimum s'il y avait une majorité en marche, mais c'est que cette réforme ne soit pas mise à l'ordre du jour, qu'au minimum, il y ait un référendum qui ait une discussion. Mais c'est ça, une vraie concertation, c'est de redonner la parole au peuple sur une question qui fait l'objet aujourd'hui d'un large rejet. Mais en fait, je ne réfléchis même plus à cette perspective-là parce que j'ai vraiment l'espoir que la gauche remporte ses élections législatives et que nous la mettions complètement de côté cette réforme des retraites à 65 ans. Donc Fabien Roussel,

25:34
Présentateur

si vous êtes député d'opposition demain, c'est en jamais, vous ne discuterez même pas avec l'exécutif. Je suis de la génération

25:40
Fabien Roussel

née en 1969. Et la réforme de retraite proposée par le président de la République s'applique à ma génération. Et tous ceux qui sont nés en 69 et au-delà, et avant, vont eux subir cette réforme de retraite. Et donc oui, pour notre génération qui avons 53 ans aujourd'hui, on ne veut pas avoir à travailler 44 jusqu'à 65 ans et donc 44 annuités. Et donc on a le besoin d'être unis et d'avoir la garantie que cette réforme de retraite ne soit pas mise en œuvre.

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Présentateur

Merci beaucoup Fabien Roussel. Bonne journée à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada