Transhumanisme, IA... L'homme est-il obsolète ? Laurent Alexandre, Bruno Patino
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On voit bien que sil y aura un monde à deux vitesses, il y a d'un côté des bébés augmentés par les implants intracérébraux neuraling que d'Elon Mosque et par la sélection brionnaire à côté d'enfants normaux qui ont été fabriqués en position du missionnaire normalement sans PMA comme comme enfin comme j'ai fait les miens comme je pense que tous les gens qui qui sont ici on fait les leur Et l'intelligence artificielle est déjà là, elle est partout. Elle produit des images, des textes, des sons. Elle remplace déjà de nombreux cols blancs dans des tâches intellectuelles fastidieuses.
Demain, elle permettra peut-être de trouver des traitements médicaux que l'esprit humain seul n'aurait jamais pu trouver lui-même. Alors, à quoi ressemblera ce monde de demain ? Faut-il se réjouir d'avancées qui permettront de vaincre la misère, de faire reculer la mort, de guérir le cancer ou faut-il s'inquiéter au contraire d'un monde où l'humain déléguera de plus en plus de ses décisions à la machine ? on deviendra incapable de discerner qui du robot ou de l'humain a produit un contenu.
Pour discuter de cette question majeure, troublante et éminemment actuelle, j'ai l'honneur de recevoir dans le club le Figaroïdé deux éminemment éminents spécialistes du sujet. Bruno Pepatino, bonsoir. Bonsoir.
Laurent Alexandre, bonsoir. Bonsoir. Alors Laurent Alexandre, vous êtes médecin, essayiste, entrepreneur.
Vous publiez avec Alexis Tikopulou ce livre vivre 1000 ans quand Lia et la mort reculent. rêve ou cauchemar ? Alors, je précise que vous avez fait la une du Figaro magazine avec nous vivrons jusqu'à 150 ans.
Donc voilà, il y a une c'est 150 ans ou 1000 ans, vous pouvez choisir. Ça dépend de du public. Vous nous expliquerez quelle est l'hypothèse la la plus la plus crédible.
Vous dit dans ce livre que nous vivons deux révolutions finalement. La première est cognitive. L'IA rend l'intelligence abondante et presque gratuite.
La seconde est biologique. Avec les progrès de l'IA, on va on va finir par rendre la mort négociable, la reculer de de plus en plus. Et finalement, on est en train de vivre de de vaincre selon vous deux limites qui étaient les limites constitutives de l'humanité.
D'une part, la rareté de l'intelligence, de l'autre la rareté du temps. Et cela change complètement la donne pour nos sociétés. Et nous sommes pas du tout prêts à affronter ce ces nouveaux défis.
Vous expliquer dans ce livre absolument passionnant. Euh Bruno Patinot, bonsoir, vous êtes président d'Arté. Euh vous avez publié notamment la civilisation du poisson rouge euh submersion et là vous publiez euh le temps de l'obsolescence humaine.
Euh vous y décrivez euh la grande des possessions numériques que nous vivons euh après les réseaux sociaux, l'économie de l'attention. Euh LIA ouvre une nouvelle aire, vous appelez ça l'aire de l'imbrication où les machines s'interposent entre nous et le monde, nous accompagnent, nous conseillent, nous répond, nous anticipe jusqu'à devenir une sorte de surcouche qui s'interpose entre l'homme et le réel. Euh avec évidemment de nombreux dangers vous pointez vous plutôt un monde inquiétant qui se dessine et c'est aussi un livre absolument passionnant.
Ces enjeux sont majeurs, ils sont inquiétants. J'aimerais qu'on commence par parler de de l'intelligence humaine, Laurent Alexandre qui qui est bouleversé par Lia. Et je voudrais vous demander d'abord une question un peu personnelle.
Quel est votre usage vous de l'intelligence artificielle ? Est-ce que vous l'utilisez ? Comment ?
Est-ce que c'est un c'est devenu quelque chose d'indispensable à votre vie ? Et est-ce que ça a changé votre vie ? Ça a changé beaucoup de choses et je m'en sers énormément.
Je me sers de chat GPT et de Claude plusieurs dizaines de fois par jour. Et oui, c'est pour moi une révolution. En même temps, c'est un choc euh comme je l'écris dans dans ce livre que j'ai écrit avec Alexandre Sicopouos, je me sens gilet jaune.
Dire, je suis dépassé par mon temps, je suis dépassé par mon époque, les choses vont trop vite pour moi. Je n'arrive plus à suivre tous les progrès technologiques. J'ai pris du retard dans la compréhension de ce qu'on appelle les agents intelligents. le monde va trop vite et et cette démoralisation devant les progrès technologiques, à mon avis, elle ne va faire que que croître parce que l'intelligence artificielle nous dépasse et 2026, c'est l'année où l'intelligence artificielle aura dépassé l'intelligence humaine dans la quasi-totalité des des domaines intellectuels et et on n'est pas préparé à ça.
Donc personnellement, c'est compliqué pour sa famille, c'est compliqué de de savoir comment orienter ses gamins et je suis père de famille nombreuse. Donc c'est un sujet qui m'a qui me préoccupe. Qu'apprendre à ses enfants, les orienter tout ça l'intelligence artificielle a changé beaucoup de choses pour écrire ce livre.
Non, j'écris encore mes livres à la main et puis et puis et puis j'ai écrit beaucoup de livres et quelques milliers d'articles avant l'arrivée de l'intelligence artificielle. Donc on on peut admettre l'idée que je je sais écrire. Alors dans vous êtes un vous êtes un conservateur sur ce planl au moins j'ai trouvé au moins une chose.
Vous êtes conservateur. Bruno Patino, vous votre usage de LIA, est-ce que est-ce que c'est un outil que vous pratiquez ? Et oui, moi je comme comme Laurent Alexandre.
C'estàd que ce qui me sidère et et c'est une des raisons pour laquelles j'ai écrit mon livre, c'est la rapidité avec lesquelles on les adopte. En réalité, c'est que ils n'étaient pas là et puis ils sont là les agents IA, donc Chat GPT, Claude ou d'autres d'abord pour pour faire des recherches, pour répondre, pour demander des orientations et ce qui me et et ce qui vraiment me trouble, c'est la vitesse à laquelle nous sommes des millions, bientôt des milliards, à utiliser ces agents qui deviennent indispensables à notre vie alors qu'il n'était pas là il y a encore quelques années. Et c'est ce basculement-là qui pour moi euh amorce encore une fois un changement presque anthropologique.
Hm. Vous parlez d'obsolescence de l'homme. Euh pourquoi avoir employé ce terme ?
Euh est-ce que c'est euh enfin c'est assez euh Vous reprenez le terme de Gunter l'obsolescence de l'homme de l'homme euh ça fait donc c'est Gunter en parlait déjà dans les années 1950. Qu'est-ce qui est qu'est-ce qui est nouveau aujourd'hui ? de temps plus actuel c'était cette idée.
Il il en parlait, c'est un une référence ou un clin d'œil évidemment, il en parlait comme il parlait de l'obsolescence de l'homme face à l'arrivée de la technique. H euh et donc le titre là est un titre que j'utilise comme une question posée. Est-ce que effectivement nous allons nous sommes dans le moment de l'obsolescence humaine ou pas ?
Ce que je crois en tout cas et je sais qu'on on dialoguera là dessus avec Laurent, c'est que il me semble que il faut se poser la question dès maintenant des changements qui sont en train d'avoir lieu suite suite à la grande arrivée de ces agents d'intelligence artificielle et et ne pas différer les décisions que nous allons devoir prendre ou la philosophie avec laquelle il faut aborder ça a des changements majeurs liés à la différence ou à la modification possible de la nature humaine. Je ce que ce que j'essaie d'écrire dans le livre, c'est qu'à partir du moment où effectivement pour un aspect croissant de notre rapport au monde, de nos rapports aux autres, de notre rapport à nous-même, nous utilisons des machines intelligentes qui nous répondent, qui nous orientent et qui nous guident, et bien d'une façon ou d'une autre, notre nature, elle commence à changer. Et je crois que le débat là ici, c'est de savoir ce que nous préservons ou pas de cette humanité qui avait quand même un rapport aux autres et et et à soi-même qui ne passait pas totalement par le filtre de machine calculante.
Alors Alexandre, vous aussi vous y voyez une inquiétude dans cette dans cette arrivée de lia ou vous y voyez aussi une chance, une opportunité pour l'humanité ? C'est une opportunité extraordinaire. H euh nous allons disposer d'esclaves numériques et bientôt de robots humanoïdes intelligents.
Nous allons faire des progrès scientifiques extraordinaire, incroyable et dans mon univers, la médecine, nous allons probablement vivre une révolution à assez courts termes. DIS Asabis qui est le prix Nobel de de de chimie 2024 et qui est le patron de toutes les intelligences artificielles chez Google affirme qu'entre 2035 et 2040, on aura guéri 100 % des malades humaines et qu'on aura même grâce à la super intelligence artificielle réussi à inverser le vieillissement à rajunir nos cellules, nos organes et nos organismes. Cette révolution, elle est très positive.
À côté de ça, je suis consterné par la nullité politique. Alors, c'est compliqué d'être politicien, c'est un métier difficile la politique, mais les politiciens sont nuls, totalement nuls, dans leur rapport à l'intelligence artificielle en France ou en général ? En général, beaucoup ne l'utilisent pas.
Ils n'en comprennent pas la puissance, ils ne comprennent pas les enjeux. C'est d'ailleurs pour ça que on ne modernise pas l'école, l'université, la formation professionnelle des adultes où on on dépense 32 milliards par an hein dans la formation professionnelle des adultes et on forme les adultes comme si l'intelligence artificielle n'était pas là et comme si la robotique humanoïde n'était pas au au coin de la rue. Et donc je suis tout à fait d'accord avec ce que tu disais Bruno, il va falloir changer parce que c'est une révolution chumpéterrienne comme on dit.
C'est une révolution civilisationnelle mais c'est aussi une révolution anthropologique. le fait que nous ne soyons plus l'espèce la plus intelligente sur terre comme le dit très bien le prix Nobel de physique Joffoffrey Hinton qui est l'inventeur des intelligences artificielles contemporaine mais que nous sommes la deuxième espèce la plus intelligente derrière l'intelligence artificielle c'est un changement radical et très souvent les gens pensent que l'intelligence artificielle est un outil artificielle n'est pas un outil artificielle c'est une nouvelle espèce et c'est peut-être notre successeur et une partie importante de la silicone vallée notamment les dirigeants de Google sont absolument convaincus que nous allons laisser la place à l'intelligence artificielle parce que notre cerveau est hasbine et n'est pas capable de courir aussi vite que l'intelligence artificielle. Et ce débat là qui est un débat politique philosophique majeur, on ne le tient pas et le discours politique est lamentable par rapport aux enjeux immenses de la connaissance artificielle.
Parlons de la connaissance et de la formation parce que vous dites dans votre livre que vos 18 années d'études sont pathétiques à l'heure de l'intelligence artificielle. Mais alors qu'est-ce qu'il faudrait étudier ? Parce que aussi on dit il faut il faut former à Lia, il faut étudier Lia mais Lia change tellement vite qu'un programme de formation est obsolète au bout de quelques mois.
C'estàd si vous en prenez quelqu'un à utiliser Claude, Claude a progresse tellement vite que un an plus tard ça sert à rien d'avoir appris. Donc comment on fait ? Qu'est-ce qu'on apprend ?
Est-ce qu'on apprend au contraire les humanités pour avoir un cerveau enfin pour avoir un minimum de bagage culturel qui permettent de de de donner des ordres à la machine ou est-ce qu'on apprend à utiliser la machine ? Qu'est-ce qu'on apprend ? Alors euh je pense qu'il faut apprendre des humanités et je pense effectivement comme le général de Gaul euh l'écrivait euh dans les années 30 que l'école du commandement c'est la culture générale.
Euh il faut des humanités, il faut aussi une culture générale scientifique, mais ce qui va être le plus important, c'est d'être capable d'orchestrer, d'être architecte des intelligences artificielles. Il est clair que quand on est médecin, et je dis ça avec un peu de regret parce que j'ai consacré 11 années de ma vie pour avoir la qualification en chirurgie, quand on est médecin, demain, on aura pas le droit de faire un diagnostic et de faire une ordonnance sans l'autorisation de l'intelligence artificielle. Le décalage entre les médecins et l'IA est tellement important que la société n'acceptera pas qu'un médecin fasse passer son intuition avant la décision de l'intelligence artificielle.
Toutes les études montrent que les médecins sont largement dépassés, même les bons médecins sont largement dépassés par l'intelligence artielle. Donc apprendre la médecine comme on l'apprenait jusqu'à maintenant, il faut 10 ans aujourd'hui pour être médecin généraliste, ça n'a pas de sens. Il va falloir des cursus beaucoup plus courts avec des périodes de réapprentissage dans la vie.
Il va falloir apprendre à utiliser et à bien à bien orchestrer les intelligences artificielles, mais il y a une partie importante des savoir que l'on ne va pas avoir parce que nous ne serons pas compétitifs avec l'intelligence artificielle dans l'accumulation des des des connaissances. Donc je n'ai pas la réponse. Même si avec Olivier Babo, on a écrit un livre sur l'avenir de l'éducation il y a quelques mois, je n'ai pas la réponse.
Et en tout cas, il faudrait que le pouvoir politique prenne le ce débat à bras lecor et il faut commencer à réfléchir sérieusement à ce qu'on va faire et à ce qu'on va apprendre à nos gamins parce que la la révolution de l'IA a commencé il y a pas très longtemps et le rythme du politique, le rythme de la rue de Grenelle, du ministère de l'éducation sont des rythmes très lents et la réalité c'est qu'ils n'ont pas commencé à réfléchir au au sujet. Et le problème de l'IA, ça n'est pas un problème technologique, c'est un problème politique. L'intelligence artificielle, c'est un problème politique et le politique malheureusement est à la ramasse sur ce sujet.
Bon, qu'est-ce que de face à ce risque d'obsolescence de l'homme là, qu'est-ce qu'on il faut préserver à tout prix et en quoi quel est le la part de connaissance humaine qu'il faut préserver ? Est-ce que selon vous les humanités sont encore importantes ? Là là où on va se rejoindre avec Laurent, c'est effectivement sur c'est une question profondément philosophico-politique.
H moi je pense que c'est qu'est-ce qu'on appelle encore un être humain ? Comment on définit la place de l'humain ? Qu'est-ce qu'on sacralise ?
Et on y arrive. Qu'est-ce qu'on sacralise dans ce qui arrive aujourd'hui ? Je vais être plus prosaïque au début euh pour parler peut-être moins du du futur avenir, même s'il peut être proche que que de notre présent déjà là.
Euh la question de du rapport à la machine que nous avons tous quand on on utilise chat GPT, Claude ou d'autres, c'est de savoir qui est le maître, qui est l'esclave. J'entends euh effectivement euh Laurent dire on va avoir des tas d'esclaves numériques quand effectivement on a en batterie des agents euh d'IA qui travaillent pour nous. Ils ont l'air d'être esclave ou ouvrier numérique et et nous le contemître qui organisons ça.
Maintenant, quand je regarde un peu ce qui commence à se passer et et peut-être que là, je suis prisonnier d'une d'une réminiscence passée avec les réseaux sociaux, mais je m'aperçois que ils agissent de plus en plus comme une sorte de télécommande inversée dans notre vie. C'est-à-dire que la télécommande, c'est eux qui l'ont et c'est eux qui appuient dans une addiction. Il y a une forme d'addiction.
Oui. Pourquoi ? Parce que moi ce qui m'a intéressé vraiment, c'est ça.
C'est-à-dire que le le rang le rang parle d'une espèce, d'autres parlent d'outils. Moi, je dis une machine, mais en réalité les rapports qu'on a avec ces agents ne sont pas des rapports qu'on a avec un outil. Ce n'est pas vrai.
Vous dialogue enfin peut-être que certains d'entre nous dialoguent avec un marteau, mais la plupart du temps, on ne dialogue pas avec son marteau. Et on commence à investir nous dans le rapport qu'on peut avoir avec ses agents. Quand vous regardez, alors je sais que c'est des histoires aujourd'hui qui sont plutôt anecdotiques, mais d'un tel qui va gérer sa relation de couple avec Chat GPT, d'autres qui vont demander un conseil pour son orientation scolaire, 3, comment je dois parler à mes parents, 4 qu'est-ce que je dois faire pour organiser mon weekend et cetera ?
Il y a une délégation, vous avez utilisé le app la surcouche enfin en utilisant le terme de Jeff Bezos, c'est le terme de Jeff Bezos qui disait il faut voir, on va avoir des IAS partout. Ouais, ça je le crois vraiment dans tous les outils de notre vie quotidienne, on va dialoguer. Tu as oublié de dire que 16 % des Français ont demandé à Chat GPT ou Claude pour qui il fallait voter aux dernières élections municipales.
C'est l'étude Terranova qui qui est paru effectivement il y a quelques jours. Et quelle était sa réponse ? Alors, Terranova trouve des biaiss.
C'est c'est assez intéressant dans dans dans les dans les corps électoraux, mais on sait bien qu'on va déléguer une partie très importante de notre vie cognitive. Moi, dans dans le métier qui est le mien, je suis sûr que l'information, le divertissement et la culture va en déléguer une énorme partie, une immense partie aux agents d'intelligence artificielle à qui on va demander conseil. Google a présenté euh en janvier dernier une télévision, un téléviseur embarquant de l'intelligence artificielle à qui vous dites le soir en rentrant chez vous, j'ai une mauvaise journée, je voudrais un film qui me mette de bonne humeur, propose-moi quelque chose.
Et puis l'agent vous propose et vous disposez derrière, mais il vous en propose trois. Donc c'est ces petites modifications-là qui pour moi commencent à amorcer quand même un changement réel et je crois effectivement que euh on voit arriver les premiers cas de ce qu'on appelle de burnout d'intelligence artificielle parce que comme l'a dit très bien Laurent, ben pour faire travailler tous ces agents en réseau, ben ça prend beaucoup de de bandes passantes comme on dit aujourd'hui. Ça donne une charge mentale assez importante et évidemment vous faites travailler des machines qui travaillent plus vite que vous, qui travaillent 24 heures sur 24 et qui en plus se répondent les unes les autres et se corrigent les unes les autres.
Donc vous avez une charge très importante. Je crois néanmoins que que l'essentiel qui arrive, c'est justement de préserver les humanités. h c'est moi j'ai j'ai de de dans dans le dernier chapitre du de de l'ouvrage que vous avez mentionné tout à l'heure, je je parle à un moment donné d'une sacralisation du cerveau nécessaire parce que je crois qu'effectivement en tout cas c'est un plédoyer pour un numérique humaniste que et pas du tout transhumaniste qui est mon livre.
C'est je crois qu'à un moment donné, il va falloir préserver euh des choses typiquement humaines. Euh la philosophie, la spiritualité, la politique sont des choses totalement humaines qu'il va falloir préserver dans la euh dans dans la formation euh dans la formation euh de de des générations à venir ou même des générations présentes. Vous parlez de la fin de la civilisation de Gutenberg.
Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on on est en train de fermer la parenthèse de Il y a un débat qui est intéressant. Moi, je suis pas médecin et et donc Laurent voit effectivement mais effectivement je lisais comme lui le fait que désormais l'intelligence artificielle permet de de de comprendre de régler des des des problèmes génétiques à une vitesse grand V par la puissance de calcul que qui qui est celle de l'intelligence artificielle.
Mais si je me place d'un point de vue historique, en tout cas l'explication que moi je propose euh ça n'est pas encore de dire que l'intelligence artificielle met un terme à sapience si vous voulez. C'est-à-dire qu'on clop pas euh la la comment dire la période sapience qui a commencé il y a 300000 ans euh et on la clop pas. Ce qui moi me semble être en voie d'être totalement clôturé par la révolution numérique dont l'intelligence artificielle est est évidemment le chapitre en cours.
C'est la période Winberg qui s'est commencé en 1450 qui a commencé en 1450, c'est-à-dire un univers cognitif, politique, philosophique, articulé autour de l'écrit euh effectivement d'une forme malgré tout d'amplification et d'accélération de l'information puisque ça a été le cas par la révolution Gutinber. Mais si vous voulez euh le changement de paradigme euh je j'essaie de le détailler, de l'expliquer dans le livre est total euh depuis euh depuis maintenant une vingtaine d'années et l'intelligence artificielle effectivement euh va au bout de cette logique-là. Alors Alexandre, vous partagez cette idée que la civilisation de l'écrit est en train de mourir.
Vous avez vous écrivez vous écrivez des livres mais peut-être que demain plus personne ne les lira puisque les sera ce sera les robots qui les écriront. D'ailleurs, la civilisation Gutinbert, elle est elle est malade, elle est en en mutation profonde. C'est difficile de de de savoir sur quoi elle va déboucher.
Est-ce qu'on va avoir des des rapports purement avec la machine ou est-ce qu'on va à garder des interfaces écrites ? Non, c'est pas ce que ce que je voulais dire. Ça c'est c'est une question qui est ouverte.
Je veux dire que à un moment donné dans dans la civilisation Gutinberg, qu'on peut essayer de déterminer par plusieurs chapitres si vous voulez, y compris dans l'établissement de de ce qu'est un écrit figé. hm qui ne se modifie pas en permanence, qui est le même pour une collectivité et qui est la base du système de droit, du système politique, du système philosophique qui peut être un peu le vôtre. Ça, je crois que c'est terminé.
Je crois que c'est terminé c'est terminé. Le contenu le contenu figé qui n'est pas personnalisé est terminé mais ça pose d'énormes problèmes. Si nous regardons chacun des films personnalisés différents, comment allons-nous communier sur une œuvre d'art ?
Comment allons-nous communier sur un film si personne n'a vu le même film ? Et si mon voisin a choisi que la que la fin soit différente parce qu'il ne voulait pas que le héros meure et qu'il a demandé à son intelligence artificiel de refaire la la fin du film. Ça pose ça pose un vrai problème.
C'estàd pour moi la civilisation Gutinberg créé du commun par la technologie et là le numérique en fait fragmente et fragment tout comme le journal de TF1 en 1980 réunissait la France entière. Voilà. Alors parlons peut-être des aspects peut-être plus positifs de cette révolution.
Laurent Alexandre, vous le dites, votre thèse est assez vertigineuse. Vous dites la la mort n'est plus une fatalité métaphysique. Elle devient finalement un problème technique.
Euh est-ce que est-ce que c'est ça la la révolution transhumaniste ? Est-ce que vous-même d'ailleurs vous vous qualifier de transhumaniste ? Observateur du transhumanisme sûrement.
Transhumaniste, je ne sais pas. Vous savez pas ? Je suis très je suis très partagé et évidemment que la fin du cancer, la possibilité de vivre plus longtemps sont des choses captivantes.
Mais je vois aussi que la place de l'homme est challengée. Euh je suis un petit peu plus pessimiste ou en tout cas plus long termiste que que tout terminaux. Moi, je ne suis pas sûr que l'espèce humaine va survivre à l'intelligence artificielle car effectivement notre cerveau est asbine par rapport à l'intelligence artificielle.
L'intelligence artificielle progresse à une vitesse folle. Bruno l'a dit et je partage ça avec lui. Le coût de l'intelligence artificielle est divisé par 40 chaque année.
L'intelligence artificielle galope, elle est quasiment gratuite, elle est mise à jour en permanence, elle progresse très vite, le cerveau humain est incapable de suivre de suivre un un tel rythme. Donc moi, je suis inquiet pour des aspects politico philosophiques comme Bruno. La société n'est pas adaptée à à à ces rythmes incroyables, à cette cavalcade technologique.
Le politique ne sait pas traiter des des choses aussi rapides et n'est pas capable d'avoir des des politiques préventives, proactives. Mais vous, vous êtes persuadé par exemple que bon certes, notre cerveau sera regardisé mais que notre corps lui va pouvoir vieillir et et durer plus longtemps. Ça vous en êtes persuadé ?
Alors euh comme comme nous l'écrivons dans le livre avec Alexandre Sicopouos euh dans l'introdu dans dans l'introduction, Laurent Alexandre va mourir, Alexandre Ticopoulo, ça n'est pas certain si l'on en croit la Silicone Valallée. Alors moi je vais mourir et je vais passer par la case Orpéa avant avant de mourir. Hélas mais les jeunes générations, je pense que la Silicone Vallée a raison d'affirmer qu'elles vont vivre beaucoup plus longtemps.
La quasi-ttalité des milliardaires qui construisent les intelligences artificielles et qui sont accessoirement euh les hommes les plus riches du monde pensent tous que l'espérance de vie va doubler dans les 10 prochaines années. Elon Mosque Elon Mosque pense que la super intelligence artificielle va permettre de comprendre le code du vieillissement et de le casser biologiquement. Dem saabis, on l'a vu le le patron des IAD de Google et prix Nobel de chimie pense que toutes les maladies seront guéries et qu'on réussira à à casser le vieillissement.
Dario Amodi, le le le créateur de Claude qui est le grand concurrent de Chat GPT a affirmé à plusieurs reprises ces derniers mois qu'il pense qu'on vivra pourra vivre 160 ans dès les années 2032 2035 hein. Ils sont tous convaincus que la super intelligence artificielle va permettre de casser le vieillissement. C'est le cas aussi de Jeff Bezos, le le créateur d'Amazon euh qui a investi des milliards dans les thérapies de rajonissement euh cellulaire.
Euh Sam Altman également investit beaucoup dans la lutte contre le vieillissement. Donc la Silicone Vallée est persuadée que le vieillissement va être inversé et que la mort va être retardée. Vous y croyez vous Bruton Patino ?
Je pense que comme je le soulligne dans le livre, j'ai évidemment tout t tous ces gourous de la silicone vallée le disent mais ce qui devrait nous inquiéter c'est qu'il l'applique pas à tout le monde. C'est-à-dire qu'ils nous disent que oui, on vivra peut-être jusqu'à 1000 ans, j'en sais rien, ou que le vieillissement sera dépassé mais que tout le monde n'en bénéficiera pas forcément. C'est-à-dire que aujourd'hui, il y a un énorme flou euh, me semble-t-il dans dans ce qu'on peut appeler le techno optimisme, c'est-à-dire le fait que à un moment donné les les progrès de l'intelligence artificielle vont bénéficier à l'ensemble de l'humanité.
Je trouve qu'on devrait s'inquiéter nous de voir que ceux qui en sont les promoteurs euh ne promuvent pas dans le même temps une philosophie qui prenne l'espèce humaine comme un tout. Hm. Mais en réalité euh commence à déterminer euh j'allais dire des groupes dans l'espèce humaine entre ceux qui en bénéficieront et ceux qui n'en bénéficieront pas.
Moi, je pense que le transhumanisme aujourd'hui, je je n'ai pas la compétence scientifique pour savoir si ça aura lieu ou pas, mais je pense que ça passe, c'est un véhicule philosophique pour faire passer une une vision profondément inégalitaire de l'espèce humaine. Et en tout cas, ça ce que je crois et et je pense qu'effectivement de de dire à un moment donné, on peut combattre le vieillissement, toutes les maladies peuvent être à un moment donné guéries, mais pour qui ? Au profit de qui, avec des coûts de temps en temps vertigineux ?
Je je crois que la le grand peut-être que là on sera on sera en désaccord avec Laurent, mais que le transhumanisme est une façon de mettre un terme à l'humanisme en réalité dans dans sa promotion philosophique si vous voulez. Par ailleurs, si on fait un peu de de de philo, euh je veux dire une existence qui ne s'arrête pas n'est plus une existence. Euh si vous voulez, moi je je je C'est c'est c'est très compliqué. euh d'imaginer qu'à un moment donné euh on ne charge pas euh cette innovation technologique assez majeur, ça j'en suis j'en suis entièrement d'accord, des attributs d'une divinité ou ou d'une divinité qu'elle n'a pas.
C'est-à-dire que bon euh le effectivement la la le fait d'arriver à déchiffrer les protéines, l'ADN et cetera va sont des instruments de puissance pour des grands progrès médicaux. Euh mais euh la le versant social, c'est-à-dire le le versant philosophique et humaniste, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il reste à travailler. Et moi, j'ai pas vu beaucoup de textes émanant de la Silicone Vallée qui nous parlent de l'espèce humaine en devenir.
H Alexandre, est-ce que c'est un projet inégalitaire ? Je ne suis pas sûr qu'il va être inégalitaire. parce que je ne crois pas que les technologies de lutte contre le vieillissement seront forcément très chères et je crois que leur coût baissera beaucoup comme le coût des téléphones portables a baissé dans depuis depuis 50 ans.
Je pe me permettre en attendant les États-Unis c'est le pays phare de l'intelligence artificielle de les Sicon vallée ils ont une espérance de vie moins bonne que les pays européens raisons médicales c'est l'obésité oui mais c'est pour des raisons sociales les armes les armes à feu oui et les opiacés les opiacés 100000 morts par an par consommation de morphinique les Américains, ils sont assez souvent comme docteur House complètement accro à à la à la à la à la morphine. Moi, ce qui m'inquiète plus, c'est la création d'un zoau des intelligenceces, c'est-à-dire d'un d'une séparation des intelligences sur terre avec d'un côté l'intelligence artificielle, des super intelliges, des humains normaux, puis à côté des humains augmentés par des dispositifs électroniques comme Neuralink, des des humains qui sont génétiquement augmentés et cetera et cetera. D'ailleurs dans dans le livre euh c'est une des inquiétudes qu'exprime mon co-auteur Alexandre Sicopouos euh qui s'inquiète de savoir s'il faut qu'il fasse des bébés maintenant.
Ouais, parce que vous le savez peut-être mais Alexander Wong qui est le plus jeune milliardaire autodidacte de l'histoire qui a vendu sa boîte à Marc Zuckerberg 14 milliards de dollars et et qui est le patron de toutes les intelligences artificielles chez Meta Facebook et Marc Zuckerberg lui a confié des dizaines de milliards pour créer la super intelligence artificielle a dit aux journalistes il y a quelques temps j'ai décidé de retarder mon premier enfant si je faisais un enfant Maintenant, alors que les prothèses intracérébrales Neuralink ne sont pas encore au point, je serai un père indigne. Je fabriquerai un bébé incapable d'être compétitif face à la super intelligence artificielle. J'ai donc décidé, parce que je suis un bon père, de retarder mon enfant et je ferai des enfants lorsque les dispositifs d'augmentation cérébrale seront au point. par ailleurs et et c'est quelque chose qui qui effrait euh le lectorat du Figaro se multiplie aux États-Unis les sociétés de sélection embryonnaire on fabrique plusieurs embryons, on prend une cellule de chaque embryon en éprouvette, on analyse l'ADN de ces cellules et on prend le bébé le plus intelligent et on implante dans l'utérus le bébé le plus intelligent.
C'est même arrivé jusqu'en France puisque ça a été un grand reportage a été réalisé dans le journal de de France I Alexandre est-ce que fait des le soir et donc vous voyez bien que si on ne rembourse pas la sélection embryonnaire à tout le monde et bien il y a des gens qui pourront se payer le fait d'avoir un bébé plus intelligent pendant que les autres auront des bébés. Vous avez combien d'enfants ? Vous avez combien d'enfants Laurent Alexandre ?
Comment vous avez combien d'enfants ? Euh j'en ai trois. Vous avez fait vos enfants ? trois enfants, vous les avez fait pour qu'ils soient intelligents ?
Vous les avez fait parce que vous les aimez ? Bien sûr que je les fais pour l'aimer, mais je je préfère que mes enfants soient compétitifs. Est-ce qu'on fait des enfants pour qu'ils soient compétitifs face à l'intelligence artificielle ?
Parce que si nous avons des enfants qui sont à la ramasse, complètement écrabouillés par l'intelligence artificielle, il risque d'être venus dire que de toute façon on sera à la ramasse Eugénie, si une partie importante des gens font des bébés augmentés et si moi je ne fais pas de bébés augmentés, mes bébés mes bébés à moi, ils seront défavorisés par rapport au bébé augmentés. Je ne dis pas du tout que je suis je sois favorable à ces techniques de génisme positif, hein, qu'on me qu'on ne se méprenne pas. Mais on voit bien que si il y aura un monde à deux vitesses, il y a d'un côté des bébés augmentés par les implants intracérébraux neuraling que d'Elon Mosque et par la sélection embryonnaire euh à côté d'enfants normaux qui ont été fabriqués euh euh en position du missionnaire normalement sans PMA bio bio comme comme enfin comme j'ai fait les miens comme je pense que tous les gens qui qui sont ici on fait les on on fait les leurs et et parce C'est bien gentil de dire qu'il faut faire des bébés bio naturels, mais si le voisin fait des bébés augment, le problème c'est qu'on risque d'avoir des enfants un peu concons par rapport au bébé augmenté côté.
Vous me demandiez vous me demandiez le terme d'obsolescence humaine, vous voyez. C'està-dire que le le je sais bien que Laurent ne défend pas cette idée là du tout. Défend pas cette idé.
Je sais, je sais, je sais, je sais, je sais mais mais je la crois juste inévitable. Mais encore voilà, moi je ne crois pas. C'est-à-dire que je je crois vraiment alors vous connaissez la fameuse phrase, on a encore l'émotion préhistorique, les institutions médiévales et et des technologies divines aujourd'hui.
C'est un peu cet écart là qui ne cesse de s'accentuer. Et et encore une fois, je je je ne sais pas si tout ce que vient de décrire Laurent aura lieu ou pas. Je en tout cas, je ne souhaite pas que ça ait lieu.
Je pense en revanche vraiment la sélection embryonnaire c'est déjà aux États-Unis. Tu peux tu peux l'utiliser, c'est assez cher encore. 50000 dollars pour avoir un intelligent.
Suis encore une fois, je suis absolument convaincu que ce qui nous amène vers le transhumanisme, c'est une philosophie profondément inégalitaire. Quand je dis profondément inégalitaire, c'est qu'elle met un terme à l'unicité du genre humain. C'est-à-dire que l'idée l'idée qui nous vient quand même de plusieurs siècle que chaque homme sur terre est mon frère, chaque femme est ma sœur et nous sommes nous sommes une seule espèce humaine face au reste est en train effectivement d'être sapé par ceux qui portent les projets transhumanistes au sein de la Silicone Valallet.
Mais ce que je crois, c'est qu'aujourd'hui euh tous ces agents d'intelligence artificielle qu'on utilise déjà, encore une fois pour euh notre vie quotidienne, notre vie affective, notre vie euh notre vie culturelle ou notre vie informative, c'est l'occasion justement de commencer à se poser les questions de la responsabilité de la machine, de ce que certains appellent la gouvernance de ces systèmes, à quelle philosophie, à quelle politique ils répondent. là où je je rejoins Laurent, peut-être pas avec les mêmes termes que lui, mais mais c'est le silence assourdissant de la sphère politique quant à ces questions absolument centrales. Je veux dire, quels sont encore une fois les statuts de ces outils ?
Quelle est leur responsabilité d'un point de vue d'un point de vue d'un point de vue juridique, non pas des outils eux-mêmes, mais de ceux qui les conçoivent ? Comment ça s'intègre dans un système aujourd'hui qui n'est pas du tout fait pour les accueillir ? Et donc en partant de ce qui nous arrive dès aujourd'hui de du fait que ça brouille nos frontières avec la réalité, ça brouille nos frontière avec le temps, ça brouille ça, ça ça imbrique effectivement l'homme et la machine en permanence, ça imbrique la réalité et la fiction.
Comment aujourd'hui on aborde ces sujets-là dans la vie quotidienne mais aussi dans nos systèmes philosophiques et politiques ? On pourrait ajouter un point que que qui est très préoccupant, c'est la montée d'une violence anti aux États-Unis. H il y a eu deux tentatives d'assassinat de Samaltman, le créateur de chat GPT, à quelques jours d'intervalle.
Euh l'un des assassins potentiels avait sur lui un manifeste où il expliquait qu'il fallait arrêter l'intelligence artificielle avant la catastrophe, c'est-à-dire avant que l'intelligence artificielle nous dépasse, nous écrase et cetera. Euh, il y a aux États-Unis des sondages très troublants qui montrent que la jeune génération est très hostile à l'intelligence artificielle. Une partie significative des jeunes Américains ont peur et expriment de la colère, du ressentiment contre l'intelligence artificielle.
Il y a ça vu hein cette semaine cette semaine le discours voilà Éric Schmith Schm qui a été pendant 15 ans président de Google fait un discours à la gloire de l'intelligence artificielle à l'université de de d'Arizona et là un murmure arrive désapprobateur des Ué cela ressemblait à la dernière apparition d' Chaosesco sur la place centrale de Bucarest ceux qui sont de ma génération s'en souviennent encore où il fait un discours au moment de la chute du mur et là il y a un murmur de désapprobation qui arrive et il est obligé de fuir en en hélicoptère. Et bien tout cela montre que on n'a pas pris en compte les angoisses, les émotions populaires, notamment les craintes de la jeune génération face à l'intelligence artificielle. Et ça s'exprime par ces tentatives de d'attentat, par ces sondages catastrophistes catastrophiques qui montrent que la jeune génération a peur.
Elle a peur parce qu'on lui a pas expliqué ce qui se passe. Elle a peur parce que les études ne la forment pas correctement au monde qui vient. tout simplement parce que peut-être qu'elle se trouve pas ce monde désirable.
Non, mais elle elle a elle a peur que elle a peur de ne pas avoir sa place. C'est vrai et c'est vrai qu'aujourd'hui quand on est jeune et quand on voit les progrès quotidiens de l'intelligence artificielle, on se demande vraiment qu'est-ce que je vais surtout si on doit vivre jusquà 160 ans et qu'on est déjà au chômage à 25 ans parce qu'alors là mais parce que il y a il y a ce sentiment paradoxal, c'est-à-dire la même génération qui l'utilise parce que si vous regardez autour de vous les moins de 25 ans, moi j'enseigne, je suis tous mes étudiants l'utilisent. Oui, mais il l'utilise en ayant en même temps ce sentiment de désappropriation quelque chose et de dépassement et de dépassement.
C'est-à-dire que c'est c'est c'est ça ce moment euh ce moment que nous vivons. C'est à la fois un moment de grand vertige. C'est extraordinaire. sa réponse est là tout de suite et pourtant ça me désapproprie de quelque chose.
Et et encore une fois la réponse là elle n'est pas technologique. Il y a pas de déterminisme technologique. Elle est profondément philosophique et politique.
Elle est elle est politique. C'est c'est pour ça que personnellement je suis très en colère contre la classe politique. Euh euh parmi les derniers ministres de l'éducation, il y en a quasiment aucun qui connaît l'intelligence artificielle correctement.
Euh c'est absolument dramatique cette démission du politique, c'est une énorme faute et l'intelligence artificielle, elle ne va pas s'arrêter de progresser demain matin. Elle va continuer à progresser. Donc ce problème du dépassement de l'homme sans aller jusqu'à l'obsolescence va se poser.
Et les réponses politiques, plus on les prend tardivement, plus il y aura de malheur social, plus il y aura de de gilets jaunes malheureux, plus il y aura de gens qui se sentiront violentés par la technologie et nous risquons dans les années qui viennent, si l'on y'y prend pas garde, un accident politique parce qu'il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que l'intelligence artificielle touchant les col blanc. Les progrès des robots humanoïdes dotés d'intelligence artificielle sont stupéfiants. Justement Laurent Alexandre, qu'est-ce qu'on va faire ? parce que non seulement une partie de la population va être mise au chômage par l'IA à la fois par les robots et l'école blanc comme vous l'avez dit mais en plus si on vit plus longtemps ça veut dire qu'on va être à la retraite extrêmement extrêmement longtemps donc on vair tout ça va dégager du temps.
Qu'est-ce qu'on va faire de ce temps ? Alors, d'abord je ne crois pas à la paré crois pas à la mort du travail. Je crois à à l'immense ingéniosité euh de de l'espèce.
Il y aura des réparateurs de robots, je pense. Non, les non, les robots les les robots seront seront réparés par d'autres robots. En revanche, il y a des tas de métiers que nous allons pouvoir exercer.
Nous nous allons pouvoir transformer toute la jeune génération en coordonnateur d'intelligence artificielle, en architecte d'intelligence artificielle. C'est d'ailleurs c'est notre rôle dans le monde de demain. On va pas exercer le droit, ça n'a pas de sens.
Euh on va pas exercer la médecine, ça n'a pas de sens. En revanche, on va organiser les intelligences artificielles et les robots qui vont exercer les différents métiers. Si vous prenez euh si vous prenez même des métiers qui sont à la fois manuels et intellectuels comme la chirurgie et c'était mon métier euh euh quand vous voyez Elon Mosque dire que ces robots Optimus opéreront mieux que le meilleur chirurgien sur terre dans 5 ans, vous voyez que le challenge, il est important et qu'il faut vraiment réfléchir à la façon dont nous allons réorienter le marché du travail et transformer nos jeunes en en coordonateur des IA.
Oui. Euh la question qu'on se pose, c'est qu'est-ce qu'on va faire de tout ce temps disponible ? Est-ce qu'on va pas justement enfin LIA va libérer à la fois par la longévité, à la fois par la perte de travail du du temps, mais qu'est-ce qu'on va faire de ce temps ?
Mais c'est une question ancienne. Mais là où moi je rejoins Laurent Alexandre, c'est je ne pense pas du tout que que qu'on s'oriente vers la fin du travail. et si on fait le parallèle et et pardon de de redevenir très prosaïque avec les réseaux sociaux, si on nous avait dit qu'un jour avec 5 he de temps disponible quotidien en plus par jour, on passerait notre temps sur TikTok à regarder des vidéos qui n'ont pas de sens, on aurait trouvé ça philosophiquement un peu un peu léger et qui sont souvent rigolotes.
Oui. Et pourtant ça nous est arrivé et enfin nous en tout cas en moyenne finalement au début la grande conquête sociale du temps libre finalement aujourd'hui ça a été aspiré par un système économique quand même qui a qui a totalement monétisé notre temps y compris d'ailleurs au-delà même du temps libre puisque puisque puisque tous ces réseaux arrivent à monétiser même un temps qui est le temps de travail, le temps d'étude, le temps du couple, le temps de la famille puisque on fait deux choses en même temps ou trois choses en même temps maintenant quand on quand on est dans ce tempsl On on s'aperçoit aujourd'hui que les intelligences artificielles, elles elles sont moins euh sur la conquête de notre temps que sur la conquête de notre système cognitif. En fin de compte, quand on utilise tous ces outils, malgré tout, on donne des données et les données qu'on donne c'est plus tellement des données liées au temps, qu'est-ce que je fais, mes activités, mes goûts et cetera, mais des données liées à notre système de pensée, à notre système de questionnement ou à la façon dont on organise notre vie.
Et moi, je suis hélas persuadé que ces données seront très fortement et très bien commercialisées par les entreprises qui les aspirent aujourd'hui et qu'elles arriveront à nous vendre ce qu'il faut nous vendre en connaissance de ces données. Donc je suis pas inquiet hélas, je suis plutôt inquiet sur le si vous voulez c cette phrase qu'on qu'on entend. On n jamais eu autant de disponible et autant de temps disponible et on n jamais eu aussi peu de temps nous-même.
Ce sentiment paradoxal qui est d'un temps disponible potentiellement fort et d'un ressenti de temps potentiellement inexistant et la conséquence de l'économie de la donnée qui s'est imposée petit à petit depuis la révolution numérique. En tout cas, c'est ce que j'essaie d'expliquer dans le livre et avec les intelligences artificielles qui aspirent des données qui jusqu'ici n'étaient pas aspirées par la sphère numérique, il y a aucune raison que ça se calme. Mais justement, parlons de la régulation.
Vous dans votre livre Brunino Patino, à la fin, vous dites que justement il faudrait faire quelque chose peut-être sur la propriété des données, que la donnée est un enjeu majeur pour les IA et pour ce monde de demain. Et peut-être faut-il redonner enfin sacraliser ces données en tout cas leur donner un cadre juridique beaucoup plus précis parce qu'aujourd'hui effectivement elles sont quasiment en accès libre pour les pour les pour l'IA qui qui les pill et qui les utilisent, qui les monétisent. Qu'est-ce qu'on pourrait faire dans ce sens-là pour pour réguler ?
Et surtout ce qui est incompréhensible, c'est qu'on ne fasse rien dans ce sens-là. C'est-à-dire que depuis depuis le début de la révolution numérique, si on veut on veut mettre une révolution numérique grand public a 25 30 ans, en réalité la question elle a déjà été posée par les juristes. À qui appartiennent toutes ces données accumulées ? d'abord les données identitaires, puis les données comportementales, on va parler des données médicales qui sont qui sont euh voilà et est-ce qu'elles sont un bien privé qui pe permettent ensuite de constituer des empires économiques qui euh qui cumulent euh qui cumulent la connaissance des individus euh des données quantitativement et qualitativement inaccessibles aux autres.
Est-ce que c'est un bien commun ? Est-ce que c'est un bien public ? C'est un débat qui à ma connaissance a été posé dès le début des années 2000 et notamment aux États-Unis.
C'est un débat qui a comme on dirait fait pchit alors que c'est un débat qui reste là le premier. De la même façon, on ne s'est pas posé la question au moment au moment où les réseaux sociaux arrivé de la responsabilité algorithmique. C'est-à-dire à un moment donné un outil qui amplifie et accélère un message a forcément quelque part un bout de responsabilité en plus de celui qui a posté le message initial.
Si moi je poste un message négatif à votre endroit, je suis évidemment responsable de l'avoir de l'avoir écrit. Mais si ce même message dans 6 mois dans un contexte totalement différent est accéléré et amplifié distribué à des millions de personnes, alors quand même cet outil qui a amplifié porte juste des tuyaux une petite part de responsabilité en tout cas ce qu'on appelle la responsabilité imputative commence à se mettre en place avec les IA c'est puissance 1000 c'est-à-dire qu'une IA ou un agent IA qui petit à petit en dialoguant avec vous vous encourage à avoir tel comportement vous pousse à faire telle ou telle action. Évidemment qu'il n'est pas le responsable total de l'action que vous entreprenez, mais il y a une forme de responsabilité imputative.
Et donc à tous les niveaux, on voit arriver des questions politiques qui aujourd'hui, moi j'essaie de les de de d'en mentionner quelques-unes dans le livre, mais qui ne sont pas abordées. Un, ces données qui les gouverneent, qui en décide l'utilisation, à qui à qui à qui appartiennent-ell ? Pour le moment, bien privé, les gens en font ce qu'ils veulent. les commercialise à peu près comme ils veulent et ça crée ce que les économistes appellent des barrières à l'entrée et en plus de ça peut créer aussi à des moment on l'a vu, je je le mentionne un peu dans dans le livre, on l'a vu quelques jours seulement quand quand il y a eu l'expérience qui a pas duré très longtemps de Dodge avec Elon Musk quand ils ont commencé à nettoyer des bases de données.
On a vu aussi que le fait que vous possédiez des bases de données vous permet aussi à un moment donné de les nettoyer, de faire disparaître l'existence de choses qui ne peuvent être trouvées que par l'existence des données. Hm. Donc si vous voulez la gouvernance des données, le statut des données c'est une chose.
La deuxième chose c'est la responsabilité imputative des machines, des algorithmes, des intelligences artificielles. Et la troisième chose, c'est jusqu'à quel point peut-on extraire des choses de notre univers cognitif ? C'est-à-dire jusqu'à quel point on a le droit aujourd'hui d'extraire à votre corps plus ou moins défendant des choses qui viennent de de de l'univers cognitif.
On parle beaucoup des lunettes aujourd'hui. Alors ça arrive, ça n'arrive pas et cetera. Les lunettes connectées, mais les lunettes connectées permettent aussi de capter les microexpressions.
Les microexpressions, ça donne des idées sur votre humeur. H c'est des données qui rentrent dans le système et dans le système marchant. Laurent Alexandre, est-ce que vous dites le politique doit retrouver sa place, reprendre son rôle et son les politiques sont dépassés ?
Est-ce que le politique doit s'adapter à l'intelligence artificielle ou est-ce qu'il doit essayer de la réguler, la limiter ou est-ce que c'est impossible ? Alors, je voudrais pas faire mon Jacquellule, mais je je crois que nous je crois que nous sommes sur un toboggan technologique et je ne crois pas qu'on puisse arrêter l'A. Moi non plus, je ne crois pas qu'on puisse arrêter l'IA et je pense qu'on ne peut pas arrêter le tsunami.
Je pense qu'on peut l'encadrer un petit peu difficilement, maladroitement. Euh mais je ne crois pas qu'on va arrêter la révolution, même si les conservateurs et les anti transhumanistes aimeraient bien. Je voudrais aller un petit peu plus loin que ce que tu as dit sur les datas cognitives.
Il y a un test à faire avec Chat GPT et Claude et je j'invite tout le monde à le faire, c'est de demander à à Lia de brosser son propre portrait psychologique, psychanalytique, cognitif et dire de qu'est-ce que tu penses de moi ? comment je suis, regarde mes faiblesses, ma structure psychanalytique. S'en est bouleversant.
C'est que Chat GPT et Claude me connaissent mieux que je me connais moi-même. Et à chaque fois que je leur pose des questions sur mon intimité cognitive, je suis frappé de voir à quel point ces machines sont capables de comprendre l'intérieur de notre cerveau en quelques mois d'utilisation. Et ça pose d'énormes problèmes.
Ça pose un problème de manipulation potentielle. Et quand on voit qu'on est déjà à 16 % des Français, comme on le disait tout à l'heure, qui ont demandé à LIA conseil pour choisir leur mère, quand on voit que près de 80 % des jeunes français utilisent l'IA à des fins médicales, hm, on voit la responsabilité des systèmes d'IA, elle est considérable. Le potentiel de manipulation, il est très très grand.
Or, ces IAS sont californiennes et et et chinoises. On a assez peu de prises dessus. Donc notre souveraineté cognitive, elle peut-être menacée par l'intelligence artificielle et le débat en réalité n'a pas commencé.
Le débat sur les données, il a commencé depuis longtemps, tu l'as bien dit, mais il avance pas quelques enfin il a été ouvert au moment de la démocratisation de l'internet. En revanche, le problème de la souveraineté cognitive est très importante parce que il est clair que ces machines nous connaissent beaucoup mieux que nous les connaissons. Car aujourd'hui, ces machines sont des boîtes noires.
Ce ne sont pas des moteurs de recherche hein. Euh ce sont des machines beaucoup plus complexes qu'il y paraît. D'ailleurs, quand deux personnes posent la même question à chat GPT, il ne répond pas à la même chose, hein.
Ce n'est pas un super Google l'intelligence artificielle. Donc nous connaissons très très mal le fonctionnement des IA. Nous nous observons juste qu'elles sont géniales.
Je connais euh euh plusieurs des grands spécialistes mondiaux de l'intelligence artificielle. Tous me disent la même chose. Je ne comprends plus la boîte noire.
Je n'arrive plus à comprendre la complexité de de ces machines que sont les intelligences artificielles. Donc, il y a une asymétrie d'information entre nous qui comprenons très mal l'IA et l'IA qui nous comprend très très bien et c'est troublant de voir à quel point l'IA nous connaît bien. Patino, est-ce que le problème on a l'impression que les États-Unis invent et que l'Europe régule, c'està-dire que les les États-Unis ont inventé les réseaux sociaux.
On a inventé la régulation des réseaux sociaux. On est très bon pour proposer des DSA, pour interdire les réseaux sociaux mineurs et cetera, ce qui sont sans doute des bonnes choses, mais on est incapable de fournir les propres outils. Est-ce que Est-ce que c'est pas là un un handicap, un paradoxe ?
Très bien, on veut réguler mais on on a même pas la souveraineté de ces outils. Et à force de trop de régulation, on n'est plus capable d'innovation. Ah ça c'est une autre question parce que vous avez raison, c'est c'est regrettable que que que nous n'ayons pas des outils, j'allais dire euh ou que nous nous en ayons peu ou ou si on en a pas, c'est parce qu'on a trop régulé aussi.
On n pas laissé Non, ça c'est une question qui se en tout cas moi je j'inverserai la charge de la preuve euh parce que vous n'avez pas d'outil, vous n'avez pas le droit de les réguler si vous voulez. C'est c'est je ne crois pas. Je je crois encore une fois de toute façon enf tu es quand même d'accord qu'il va falloir se poser la question pourquoi on est des des misérables crapau en intelligence artificielle pendant que la Chine et les États-Unis progressent si vite je ne dis pas que c'est la régulation qui est entièrement responsable du fait qu'on soit nul en IA mais la réalité c'est qu'aujourd'hui nous avons pris un retard considérable États-Unis arrivent à dépenser 3 milliards de dollars en recherche et développement chaque jour on est d'accord Mais là on parle pas de régulation mais là on parle pas de régulation laissez.
Non mais ce que je veux dire c'est que là on parle pas de régulation. Le le j'ai dit que la régulation n'était pas seul responsable. Je je ne pense pas encore une fois et encore une fois je crois mais le fait est qu'on on est inexistant.
C'est vrai, on est inexistant mais encore une fois, c'est pas parce qu'on est inexistant qu'il faut se laisser, j'allais dire laisser ces outils sans sans sans avoir à un moment donné une quelconque responsabilité engagée sur la vie qui qui sont en train de changer pour nous. Donc je je j'entends bien le terme, je ne pense pas du tout, si vous voulez que la alors il y a des bonnes des mauvaises régulations, mais en fait qu'est-ce qu'on appelle régulation ? La régulation au sens au sens noble du terme, c'est un système de responsabilité.
Moi, je pense qu'un savant qui invente sans responsabilité, ça s'appelle un savant fou. Ça existe dans toutes les littératures. C'est-à-dire qu'à un moment donné, de dire à des gens, "Vous pouvez vous pouvez inventer ce que vous voulez sans aucune responsabilité induite sur votre invention, je crois pas que ça soit souhaitable ni aux États-Unis, ni en Chine, ni chez nous." Donc encore une fois, on voit bien d'ailleurs, c'est-à-dire que chez Anthopique, comme tu le sais, ils essayent de savoir est-ce qu'il faudrait qu'on ait une constitution auprès des IA, est-ce qu'il faut qu'on ait une philosophie embarquée au IA ?
Ils l'ont écrit, bien sûr, ils l'ont publié. En fait, il y a si vous voulez peut-être qu'au niveau étatique euh le comment dire le l'effort de régulation apparaît comme européen. Euh il se trouve qu'effectivement euh le pouvoir américain absolument euh euh en ce moment en place et est arrivé notamment avec des promesses de dérégulation totale de l'univers numérique.
C'était pas le cas de l'administration Biden précédente. Elle réfléchissait à la responsabilité algorithmique. On parlait pas encore deses intelligences artificielles.
Moi je crois que de toute façon c'est un moment. Il y a eu à la fin du mandat Biden l'exécutive order sur les intelligences artificielles utilisant plus de 10^ 6 flops pour le prétraining. Donc Biden av Biden avait régulé Biden avait régulé Lia en partant.
Ça va arriver à un moment ou un autre. Moi je me permets puisqu'on refait le parallèle avec Gutinbert. Je veux dire on parle de Gin si on parle de de l'invention de l'imprimerie 30 ans après son invention c'est une catastrophe.
Hm, c'est une catastrophe. L'amplification, l'accélération de l'information a provoqué guerre civile, guerre de religion, les penflets, les libes et et et et la chute des caricatures. Littérature complotiste.
Les les livres les livres qui étaient écrits étaient débiles au au début de l'ère Gutaber. Donc 3 siècles après ou la Renaissance, la réforme, la science, la démocratie moderne, les lumières. Je je et mais mais à quel coup les les la question c'est est-ce que la démocratie survivra à l'intelligence artificielle ?
Parce que la démocratie était liée quand même à ce monde de l'écrit, à ce monde de la rationalité, du débat public. On peut demander quand même si la démocratie démocra telle qu'on l'a connu tel qu'on était lié à à laffire Gutinberg. Je suis entièrement d'accord avec vous et donc c'est tout ça qu'il faut réinventer aujourd'hui.
C'est tout ça qu'il faut réinventer aujourd'hui. Enfin de de le problème de la puissance, de la souveraineté, de la régulation, il faut pas être naïf parce que j'entends bien ton discours qui est on est nul en IA mais il faut quand même réguler les IA américaines. Le problème qu'on a, c'est qu'à force d'être nul en IA, on est dans une dépendance qui est totale et derrière on perd notre liberté.
On est dans une situation qui est quand même hallucinante où les services secrets français, la DGSI est obligée de passer par Palentir qui est euh une entreprise américaine qui vaut 1000 milliards de dollars et dont les dirigeants ont écrit un livre récemment qui explique que la démocratie actuelle est terminée, qu' faut passer dans un nouveau régime politique et l'État français a renouvelé le contrat avec Palentir. nos services secrets utilisent l'IA de ces gens qui veulent casser la démocratie parce que parce que le gouvernement n'a pas d'autres choix. Il y a pas en Europe d'intelligence artificielle susceptible d'aider aussi bien les services secrets français que que palentir le fait et ça c'est dramatique.
Écoutez, merci à tous les deux pour pour ce débat passionnant. On pourrait encore continuer 1000 ans mais je vous donne rendez-vous en tout cas dans dans 150 ans puisque moi je serai je serai toujours vivante n'étant pas de votre génération ou dans 3 siècles peut-être pour voir si la renaissance a eu lieu après les ruines de notre civilisation. En tout cas merci d'avoir suivi ce club le Figaroïdé et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.
Ce sera Alexandre de VCO pour Esprit Libre. Très bonne soirée sur le Figaro TV.
Laurent Alexandre