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interviewC dans l'air· 3 mai 2026 65 min

F-15 abattu, pilote recherché : le cauchemar de Trump - C dans l’air - 04.04.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Essayez-le. Sous-titrage en direct france.tv access. -A.Casse: Bonsoir à tous.

Bienvenue dans "C dans l'air". S'il est vivant, ça fait plus de 24 heures que le pilote américain se cache, qu'il est traqué par les Iraniens qui espèrent en faire un trophée de guerre. Plus de 24 heures que les forces américaines font tout pour le sauver, non sans difficulté puisque deux hélicoptères ont été touchés et plusieurs soldats blessés.

L'opération au sol a commencé selon plusieurs médias avec des commandos américains qui seraient en ce moment sur le terrain. Donald Trump, jusqu'ici silencieux, promet l'enfer à l'Iran. "F-15 abattu, pilote recherché: le cauchemar de Trump", c'est le thème de notre émission.

Patrick Dutartre, merci d'avoir accepté notre invitation. Je crois qu'on n'était pas les seuls à vouloir vous avoir en plateau. Lucas Menget, vous êtes grand reporter, spécialiste des relations internationales.

Nicole Bacharan, vous êtes spécialiste des Etats-Unis. Votre livre est publié aux Editions de l'Observatoire. Isabelle Lasserre, vous êtes correspondante diplomatique au Figaro.

Votre livre est paru aux Editions de l'Observatoire également. On va regarder cette image qui montre à quel point l'opération pour sauver le deuxième pilote américain est périlleuse. Des hélicoptères ont été pris pour cible, des Black Hawks, qui volaient à basse altitude.

Plusieurs soldats qui étaient à bord ont aussi été blessés légèrement. -P.Dutartre: Oui, les opérations de ce type sont très périlleuses.

Les hélicoptères sont des engins volants très vulnérables aux tirs de kalachnikov et aux petits missiles sol-air. C'est pendant l'opération de récupération du premier pilote que ces hélicoptères ont été touchés. C'est fort heureux qu'ils s'en soient sortis parce qu'ils auraient pu être abattus. -A.Casse: Selon un ancien commandant d'escadron de parachutistes sauveteurs qui parle à CBS News, une telle mission nécessite au minimum 24 parachutistes sauveteurs à bord d'hélicoptères.

Il dit qu'on les appelle les couteaux suisses de l'armée de l'air. -L.Menget: D'abord, il faut rappeler que tous les pilotes et les équipages qui travaillent avec les pilotes sont extrêmement entraînés à ce type d'opérations, mais ça reste le cauchemar absolu pour les raisons indiquées par le général à l'instant.

Il faut tout d'un coup rentrer dans une zone de combat pour aller chercher ces hommes, les pilotes, voler à très basse altitude, effectivement, et ça nécessite énormément de monde. Il y les pilotes d'hélicoptère, des commandos spécialisés qui vont traquer le signal que les pilotes portent sur eux, des sortes de balises GPS cryptées sophistiquées qui leur permettent d'être repérés de jour comme de nuit. Et c'est souvent la nuit que se déroule ce type d'opération, pour pouvoir être le moins repérable possible par les amis au sol.

Les Pasdarans ont déployé énormément de monde pour essayer d'attraper le pilote qui n'a pas encore été trouvé. C'est des opérations qui engagent beaucoup de monde et dans lesquelles il y a un risque gigantesque de suraccident. Il y a un pilote qui est perdu, il y a le risque de perdre de -- du monde dans l'opération de sauvetage elle-même. -A.Casse: Un ancien pilote de l'armée américaine a fait une longue interview à l'AFP.

Il essaie de nous mettre dans la peau du pilote. "Vous venez d'atterrir sur le sol après avoir sauté en parachute et vous vous dites: mon Dieu, j'étais dans un chasseur il y a deux minutes et un missile vient d'exploser à 5 mètres de ma tête." -P.Dutartre: C'est le cauchemar de tous les pilotes de chasse.

Quand ça vous arrive, vous êtes dans un environnement pas sécurisé. Vous êtes concentré sur votre mission, et tout d'un coup, un missile explose et votre avion ne répond plus. Le premier réflexe, c'est de retourner vers la base, et après, ça va être en fonction du comportement de l'avion.

Aucun pilote n'a envie de sortir tout de suite. Il ne sort que s'il est contraint. Lorsque vous êtes contraint de sortir, il n'y a pas d'autre solution que de s'éjecter.

Si vous ne pouvez pas ramener l'appareil à bon port, vous vous éjectez, et c'est un autre traumatisme important, parce que vous êtes éjecté à l'extérieur à une vitesse qui peut aller jusqu'à 900 km/h. Vous prenez une énorme claque. En plus, vous prenez 9 G, 9 à 10 fois votre poids, donc vous êtes totalement tassé.

Si votre bras est mal placé, vous avez des traumatismes sur les vertèbres. Ensuite, vous vous retrouvez de nuit, et vous vous demandez où vous êtes. Vous voyez votre avion s'écraser, et si vous avez assez de conscience, vous prenez vos réflexes et vous vous dites: "Il faut absolument que je m'écarte." -A.Casse: Comment peut-on retrouver la ligne amie? -P.Dutartre: La première chose, c'est de s'écarter de l'épave.

Quand on fait du parachutisme, on fait toujours ça sur des zones bien délimitées, des zones relativement confortables. Là, vous êtes dans la montagne, que vous pouvez vous prendre en pleine figure, vous pouvez tomber sur un rocher. Ce qui arrive souvent, c'est que vous pouvez vous fracasser une jambe ou une cheville.

Ca peut vous immobiliser. C'est le premier challenge: est-ce que le pilote est vivant? Est-ce qu'il est blessé?

Et est-ce qu'il peut communiquer avec le centre des opérations? Toute la question est là. Est-ce qu'on a eu un signal qui montrait qu'il était en vie et qu'il pouvait se faire récupérer? -A.Casse: Sachant qu'il ne peut pas communiquer tout le temps.

Il y a des fenêtres spéciales pour communiquer. -P.Dutartre: Il y a des procédures.

Je ne suis pas sûr que vous soyez habilitée à les connaître. -A.Casse: Qu'est-ce qui vous fait dire ça? -P.Dutartre: Il y a des mots codes qui changent tous les jours.

Comme l'évoquait Lucas, le grand danger, et on l'a vu pendant le Vietnam, c'est que le pilote était maîtrisé par des adversaires et les adversaires vous attendent pour tuer les soldats qui viennent. -A.Casse: Là, l'urgence, c'est de survivre.

Est-ce qu'il y a un kit de survie? -P.Dutartre: Oui, il y a un kit de survie en mer et sur terre.

Vous avez un petit bateau gonflable. Vous pouvez tomber en pleine mer ou sur le sol. On prévoit les deux cas.

Vous avez des trousses de survie avec le minimum vital pour survivre. -A.Casse: J'ai lu tous les témoignages de pilotes d'avions de chasse, notamment celui d'un pilote en 95.

Il a réussi à boire à l'aide d'une éponge. Il s'est nourri d'herbes, de fourmis. Après six jours de traque, un commando héliporté d'une quarantaine de marines l'a retrouvé. -P.Dutartre: C'est exactement ce qui s'est passé.

On pense qu'il y avait un accord pour ne pas l'attraper complètement. Mais effectivement, ça, c'est la réalité. Vous devez absolument vous cacher, surtout de jour.

Tous les moyens sont bons. En plein désert, vous pouvez vous enterrer, vous cacher de telle manière à ressembler à un minéral et ne pas bouger. -A.Casse: Et là, il a tenu six jours. -L.Menget: C'est vraiment un record.

C'est historique. -P.Dutartre: C'est pas un record.

Durant la guerre du Vietnam, il y a une histoire fabuleuse dont j'ai oublié le nom. Le pilote était écouté par les Vietnamiens. Il a réussi à s'en sortir parce que c'est un joueur de golf.

Il avait donné le nom du parcours et il transmettait sa position en parlant des trous. Ceux qui le cherchaient savaient à peu près, donc ils se déplaçaient. Les Nord-Vietnamiens écoutaient la fréquence. -A.Casse: Il a improvisé son langage codé? -P.Dutartre: Absolument, sur un parcours de golf. -A.Casse: Il faut que l'autre interlocuteur soit bon. -P.Dutartre: Oui.

Il donnait le nom des trous. C'est comme ça qu'il a pu s'échapper de la zone hypersensible. Il avait des Nords-Vietnamiens tout autour.

Vous imaginez bien que l'équipage de sauvetage ne pouvait pas se mettre au milieu... -A.Casse: On a ces images d'Iraniens armés jusqu'aux dents qui sont en train de le chercher. -L.Menget: J'ai discuté récemment avec un pilote de Mirage-2000 qui a dû s'éjecter à la suite d'une panne moteur en Afghanistan.

Il m'a raconté que les huit heures qu'il a passées au sol...

Il est tombé dans une zone parmi les plus dangereuses. Un commando américain a fini par le récupérer. Ces huit heures ont été les plus longues de son existence.

Il voyait des gens passer pas loin. Il savait que c'était des Talibans et il se cachait en espérant qu'on ne le retrouve pas. On pense tous à ce pilote s'il est encore en vie, dans la zone où il est, avec des Pasdarans déployés tout autour et une population qui est forcément surexcitée par cette idée.

C'est là que ça devient dangereux. On a beaucoup évoqué la possibilité qu'il ait été sauvé par des résistants iraniens. Certes, c'est pour l'instant des scénarios de films qui se terminent bien.

Il faut bien se dire que les Iraniens qui sauveraient ce pilote prennent un risque gigantesque. S'il a réussi à tomber entre de bonnes mains et qu'il est transmis à une frontière où des gens le cachent, le risque pour ces Iraniens est dantesque. -A.Casse: On parle maintenant d'une opération au sol.

C'est ce que rapportent plusieurs médias. Des commandos américains seraient sur le terrain pour essayer de retrouver ce pilote. Est-ce que ça peut changer la guerre? -I.Lasserre: Il y a pas mal de choses qui peuvent changer.

Ce qui s'est passé, ça veut dire que les Américains, finalement, n'ont pas à 100% la maîtrise du ciel comme ils l'avaient dit. Ce qui peut changer aussi, c'est qu'apparemment, les Iraniens ont utilisé un nouveau système de missiles. C'est ce qu'ils disent.

Si c'est vrai, d'où vient-il? A-t-il été fabriqué avant et caché jusque-là? A-t-il été fourni par la Chine et par la Russie?

Ce sont deux questions qu'il va falloir sérieusement se poser dans les jours qui viennent. On a quand même dit au début de la guerre que la Chine et la Russie appuyaient sur le frein de l'aide. En fait, c'est simplement que l'aide n'est pas une aide conventionnelle en soldats.

C'est une aide hybride, une aide en renseignements. De plus en plus, on se demande si la Russie n'a pas fourni notamment des drones. C'est l'Iran qui avait appris à la Russie à fabriquer des drones.

La Russie les a améliorés. Maintenant, elle en envoie aussi à l'Iran. C'est pour ça que ça peut changer quelque chose.

Après, ça dépendra de l'issue. Si le soldat est vraiment capturé par les Iraniens, ce sera catastrophique. D'abord, ils l'utiliseront pour leur propagande.

Ils vont le trimbaler à Téhéran, au niveau des réseaux sociaux...

Aux Etats-Unis, ça fera resurgir le traumatisme absolu qu'a été 1979, après la révolution islamique, la tentative en 1980 par des commandos américains de libérer les otages de l'ambassade américaine. Ca a été un fiasco absolu. Les Américains ont perdu huit hommes et ça s'est terminé par une déroute.

C'est annonciateur d'une nouvelle phase de la guerre, avec prise d'otages, et tout ce que ça veut dire dans la tête des Américains. C'est pas une nouvelle étape dans la guerre, mais...

C'est peut-être le début d'une guerre qui commence à échapper à son principal initiateur. -A.Casse: Une guerre qui échappe à Donald Trump. -I.Lasserre: Les guerres finissent toujours par échapper, enfin en général, à ceux qui les commencent.

Il y a toujours un moment...

Il n'est pas impossible qu'on en soit à ce moment-là. -A.Casse: Donald Trump est étrangement silencieux.

On l'a connu plus bavard. Il est même invisible. On ne l'a toujours pas vu depuis que cet avion a été abattu.

Il promet sur son réseau social "l'enfer" à l'Iran quand son ultimatum sera terminé. C'est quoi, l'enfer? -N.Bacharan: Il faut déjà savoir ce qu'est l'ultimatum.

L'enfer, je pense que c'est l'enfer de tous les jours dans cette région. Donald Trump ne va pas sortir l'arme nucléaire. Il y a eu 13.000 sorties d'avions et de frappes depuis le début de la guerre, et on n'a pas le sentiment qu'il puisse intensifier le volume et le nombre des frappes en missiles et en sorties d'avions.

Donc qu'est-ce qui reste? Les opérations au sol. Pour l'autre partie de la guerre, c'est aussi une prise d'otages, à savoir le détroit d'Ormuz.

Il est coincé de deux manières. Vous avez tous développé la situation de ce pilote et ce que ça peut représenter tant pour l'opinion publique que pour l'Iran. Mais en fait, Donald Trump se retrouve face à une situation dont il avait été averti, la capacité des Iraniens à bloquer le détroit d'Ormuz.

Il avait dit: ils n'auront pas le temps, ils auront capitulé avant. Maintenant, il nous dit: débrouillez-vous, les Européens. Alors que les premiers touchés, ce sont quand même les Chinois, mais il n'ose pas les énerver.

En l'occurrence, on lui a bien dit qu'il n'y avait que les Américains qui avaient la capacité militaire de débloquer Ormuz. Si on ne l'a pas vu beaucoup, c'est qu'il est enfermé avec ses conseillers. -A.Casse: On va vous raconter à quel point le sauvetage du pilote est difficile.

D'autres avions ont été abattus. Quatre appareils américains ont été touchés la même journée. - Des fusils dans une main, des drapeaux dans l'autre. des drapeaux dans l'autre. des drapeaux dans l'autre.

Une chasse à l'homme filmée en Iran. Une traque débutée après cette vidéo à la télévision d'Etat. - Si vous capturez le pilote ennemi, vous pouvez le remettre vivant aux forces de l'ordre et vous recevrez une récompense. - Hier, un avion de type F-15 a été abattu par le régime de Téhéran.

Les deux pilotes se sont éjectés. Un pilote a été secouru et l'autre est activement recherché depuis plus de 24 heures. Les avions et les hélicoptères américains survolent les montagnes à très basse altitude sous les tirs des Iraniens.

Une opération à haut risque chroniquée heure par heure par les médias américains. - Une recherche est en cours dans les terrains montagneux pour retrouver un avion abattu. - Les équipes de sauveteurs sont en train de risquer leur vie pour mener les recherches.

Trois avions mobilisés ont été touchés par des tirs iraniens. Le premier pilote a été secouru vivant et emmené hors du pays pour des traitements médicaux. - Selon des médias américains, des troupes au sol auraient été envoyées en renfort.

Chaque minute compte dans cette course contre-la-montre. Sur les plateaux, les militaires se relaient. - Si le pilote est en contact avec les équipes de secours, il va tenter de retrouver un point prédéfini pour être retrouvé.

Autre possibilité, s'il est blessé ou si sa radio est défectueuse. - Tout le monde travaille pour ramener ce pilote. C'est un effort collectif total.

Ce qui distingue l'armée américaine, c'est que personne n'est jamais abandonné. On ne s'arrête pas avant de ramener la personne. - Très vite informé de la situation, Donald Trump informe que ça ne changera rien avec les négociations avec l'Iran. - En cette semaine Sainte, je me joins aux chrétiens de tout le pays. - Pas un mot sur la situation des pilotes.

Cette attaque réussie de l'Iran est un revers lourd pour Trump. - Ils n'ont ni Marines ni armée de l'air. Nous avons des avions qui survolent la région.

Ils ne peuvent rien y faire. - Un discours triomphant désormais moqué sur les réseaux sociaux. Florilège d'images de propagande du régime.

Le président du parlement de la République islamique d'Iran ironise. Gonflé par ce succès militaire, l'Iran a annoncé avoir abattu un deuxième avion américain dans le golfe Persique. Un A-10 spécialisé dans l'accompagnement des troupes au sol.

Il revendique aussi une attaque sur un bateau israélien dans le détroit d'Ormuz. Riposte des Etats-Unis qui bombarde Téhéran ainsi qu'une centrale nucléaire. Le président américain donne 48 heures au régime iranien pour conclure un accord avant de déchaîner les enfers sur eux. -A.Casse: Voici une question.

Est-ce que les pilotes peuvent communiquer entre eux? entre eux? entre eux? -P.Dutartre: Ca dépend de l'altitude de l'éjection et le temps qui se passe entre les deux éjections.

On calcule pour que les trajectoires ne se touchent pas. Il y a une petite orientation dans le siège éjectable. Plus vous êtes haut, avec la dérive et le vent, plus ça peut s'écarter loin.

Il suffit qu'il y ait un ou deux kilomètres, de nuit, c'est impossible. Vous ne savez pas dans quel contexte vous débouchez. Ils n'ont pas forcément de radio.

Chacun survit...

De nuit, vous vous enterrez. Vous essayez de voir dans quel environnement vous êtes. Il faut se mettre en sécurité pour ne pas être attrapé de jour.

Vous savez que vous allez être chassé. Il faut s'éloigner le plus vite possible de l'épave. -A.Casse: S'ils ont atterri tous les deux au même endroit, il y avait aucune raison qu'ils se séparent? -P.Dutartre: Oui, mais c'est quasiment impossible qu'ils aient atterri au même endroit. -A.Casse: S'ils sont à peu près dans la même zone et qu'ils arrivent à se voir, il faut qu'ils restent groupés? -P.Dutartre: S'ils se voient.

Manifestement, c'était de nuit. Ils ne se voient plus. Ils ne savaient pas s'ils sont vivants et dans quel état ils ont atterri. -A.Casse: Une autre question.

Est-ce que le pilote pourrait déjà être entre les mains de l'Iran? -L.Menget: Les Iraniens auraient pris un malin plaisir à l'exposer médiatiquement, sauf s'il est dans un état grave ou s'il est blessé.

Ce qui est sûr, c'est que leur intérêt, c'est que ce pilote soit en vie pour l'utiliser comme otages. Ils sont spécialistes de cette diplomatie des otages, qui porte mal son nom. On peut imaginer qu'ils utiliseraient ce pilote le plus rapidement possible.

Tout porte à penser que s'il est en vie, il n'est pas encore aux mains des Iraniens. -A.Casse: Il a les moyens de se battre, ce pilote? -P.Dutartre: En principe, il est armé.

Il faut vraiment se battre en dernière solution. Il faut d'abord se cacher. S'il peut se déplacer, il faut se déplacer le plus loin possible de la zone de crash.

Après, il faut contacter les secours. C'est tout une opération aérienne qui est planifiée. -A.Casse: Une opération qui a surtout lieu la nuit? -P.Dutartre: Principalement.

La récupération du pilote s'est faite deux jours. C'est pour ça que des avions ont été touchés. Ca s'est fait en deux jours.

Les hélico sont ravitaillés pour avoir assez d'autonomie. -A.Casse: Il faut nous expliquer cette image.

En étant au sol et en tirant sur l'hélicoptère, on peut l'atteindre? -P.Dutartre: Ca dépend de l'altitude.

Avec un kalachnikov, c'est un peu juste. Avec un missile sol-air, ça peut le faire. -L.Menget: Quand les pilotes sont éjectés, on a vu ça sur les pilotes américains éjectés au Koweit, ils ont une plaque d'identification en plusieurs langues sur eux.

Il y a de l'arabe, de l'anglais...

Ca indique qu'ils sont des officiers et ils demandent le respect du droit de la guerre. Dans le cas d'une guerre normale, les officiers doivent être traités dans certaines conditions. Le petit problème, c'est que les Américains se vantent de ne plus respecter le droit de la guerre.

Trump dit souvent que le seul droit qui compte, c'est sa morale. Un pilote qui s'éjecte et qui est récupéré par une armée régulière, il va être bien traité. Là, on est rentré dans un monde de non-droit international vanté par le président américain lui-même.

Mais ils ont un texte sur eux pour ne pas leur faire de mal. -A.Casse: Vous parlez de cette zone de non-droit.

C'est intéressant de voir que les Iraniens promettent une récompense. On a l'impression qu'ils empruntent aux codes du western pour retrouver les pilotes. On a d'abord vu une présentatrice en parler à la télévision iranienne. -I.Lasserre: Je crois que l'Iran ne respecte pas le droit international, avec ou sans Trump.

Ils n'ont pas besoin de prendre modèle sur lui. Ils se fichent éperdument du droit de la guerre occidentale. Il y a une guerre des images qui est organisée par l'Iran avec l'intelligence artificielle.

Ils ont changé de manière de communiquer. La télé, bien évidemment...

A la minute où les Iraniens ont appris qu'ils avaient la possibilité de capturer un pilote américain...

C'est du pain béni. Ca renforce le moral du régime iranien et des troupes. Ca affaiblit le moral de l'autre côté, aux Etats-Unis.

Ils ont tout intérêt à faire une publicité incroyable. La récompense, évidemment. On est dans un pays où 80% de la population aimerait se débarrasser du régime et compte d'ailleurs sur les Américains pour le faire.

Il y a une population qui est hostile. Si ce pilote est dans la nature, qu'il arrive à marcher et qu'il tombe dans un village, il y a 80% de chance qu'il tombe sur des opposants du régime. D'où la récompense pour dérouter les potentiels opposants qui aideraient un soldat ennemi.

Le montant n'est pas affiché. Je ne sais pas si c'est très efficace. -A.Casse: Tous les experts le disent, c'est du bon sens de se dire que les premières heures sont cruciales pour retrouver ce pilote.

Il est plutôt aisé d'agir de nuit pour le retrouver. Le fait qu'il n'ait pas été retrouvé cette nuit, ça donne quoi comme information? -P.Dutartre: Ca n'est pas une bonne nouvelle.

Soit on ne sait pas où il est soit ils ne communiquent pas. Ou alors, les conditions n'étaient pas ad hoc pour le récupérer. Il y a peut-être trop de monde sur le terrain.

Le seul avantage, c'est qu'il semblerait qu'il n'ait pas été repéré. Personne ne l'a exhibé. C'est le fantasme absolu des gardiens de la révolution d'exhiber un pilote prisonnier.

On est dans la montagne. Ce n'est pas facile de circuler si vous êtes à flanc de coteau. Ca peut être risqué.

Leur aviation a été pratiquement détruite donc les Iraniens ne peuvent pas utiliser d'hélicoptère pour se rendre sur place. -A.Casse: Le pilote lui-même doit se mettre sur une zone accessible? -P.Dutartre: Il faut d'abord sortir le plus vite possible de la zone du crash.

Si les lignes ennemies sont de l'autre côté, il faut contourner la zone. Il faut s'approcher d'une zone éventuelle de récupération. -A.Casse: Il faut se cacher et s'exposer ensuite? -P.Dutartre: C'est pour ça qu'on fait ça de nuit. -A.Casse: Il y a une question sur l'origine des missiles sol-air. -L.Menget: Ce serait un missile porté à l'épaule qui aurait permis d'abattre ce F-15 américain. -P.Dutartre: Ca me surprend beaucoup parce que leur portée n'est pas très importante. -L.Menget: Il volait bas. -P.Dutartre: Il n'y a aucun intérêt à ce qu'un F-15 vole si bas. -L.Menget: Si ce n'est pas cette arme, ça veut dire que les Iraniens possèdent une arme plus importante. -P.Dutartre: La probabilité est très faible pour moi. -L.Menget: Ce serait une arme plus puissante.

Les Iraniens ne sont pas supposés en avoir. Ca pourrait être une arme étrangère. Qui l'a donnée?

Je n'ai pas la réponse. -A.Casse: Le régime iranien communique en disant qu'ils ont une nouvelle arme. - Ce vendredi devrait être qualifié de vendredi noir d'humiliation pour les ennemis.

Ils ont vu la force des gardiens de la révolution abattre, grâce à son nouveau système de défense aérienne, un avion F-35. Un nouveau système a également abattu un avion avancé et deux hélicoptères. -A.Casse: Je ne sais pas à quel point ces déclarations vous surprennent.

Cette nouvelle arme aurait permis d'abattre plusieurs appareils américains la même journée. -N.Bacharan: On ne sait pas si ces armes ont été fabriquées sur place et qu'elles ont été cachées ou si la Chine ou la Russie ont fourni ces armes.

C'est une occasion de nous rappeler ce qu'est le régime iranien. Ca fait 40 ans qu'ils se préparent à cela, qu'ils investissent tout leur argent dans l'armement est dans une espèce de bataille finale. Ca arrive maintenant et ils ne sont pas surpris.

C'est leur but depuis que les mollahs sont au pouvoir. -A.Casse: Ils auraient réussi à cacher leurs ressources? -N.Bacharan: Du côté des services israéliens, ils font savoir que la guerre était pour 2026.

Il fallait se coordonner avec les Américains et que Trump donne son feu vert. Les Iraniens étaient passés à la phase de tout mettre en souterrain, non seulement les équipements, mais aussi les lieux de fabrication des équipements. On a vu les déclarations de Donald Trump et son côté sans foi ni loi, mais il faut pas se tromper d'ennemi.

Le régime iranien est un régime dangereux qui se prépare au carnage. Les mollahs et les gardiens de la révolution veulent bien mourir dans les flammes, parce qu'ils iraient droit à une sorte de paradis. Toutes les menaces sur l'ensemble du Moyen-Orient, et Israël en premier lieu, c'est une réalité terriblement dangereuse.

Il faudrait vraiment souhaiter que les Américains et les Israéliens en viennent vraiment à bout. -A.Casse: Les Iraniens ont annoncé un F-35 et non un F-15? -P.Dutartre: Je crois plus les Américains que les Iraniens. -A.Casse: L'hypothèse d'une nouvelle arme vous semble crédible? -P.Dutartre: C'est possible.

Il y a eu aussi des tirs en juin. Est-ce que c'est un système électromagnétique? Il y aurait peut-être un guidage infrarouge.

Vous allez vous guider sur le point chaud de l'avion. Cette combinaison de tirs électromagnétiques et d'infrarouges, c'est très redoutable. C'est ce que nous avons sur nos missiles sol-air. -A.Casse: Avoir un tel système, c'est impossible sans l'aide de la Russie ou de la Chine? -P.Dutartre: Ils ont démontré qu'ils savaient faire des missiles importants. -A.Casse: Quand je vous entends, on est dans cette bascule.

Je m'appuie sur votre expertise pour considérer que cette nouvelle arme est crédible, et que dorénavant, elle est sous nos yeux. Ce n'est pas un hasard si les Iraniens ont frappé fort hier. -L.Menget: Je ne sais pas s'il y a une nouvelle arme.

On voit que les Américains et les Israéliens ont sous-estimé deux choses: les capacités technologiques de l'Iran et leur capacité à utiliser le temps long. Ils n'ont pas utilisé toutes leurs armes au départ. C'est une manière pour eux de garder le contrôle.

Les services israéliens ont été surpris...

Les départs de tirs de missiles iraniens sont beaucoup plus difficiles à détecter qu'ils ne le pensaient. Les Russes auraient donné un système complexe qui permet de masquer le départ du tir. Tous les systèmes de renseignement des Israéliens et des Américains permettent de voir d'où partent les tirs, mais comme ils ont une sorte de trou noir dans les premières secondes, ils ne peuvent pas prédire les zones ciblées. -I.Lasserre: L'autre soupçon, c'est l'arrivée de ce dont vous parliez.

Les Israéliens et les Américains, ils ont été surpris de la précision des frappes iraniennes. C'est là qu'interviennent les renseignements en imagerie donnés par la Russie et la Chine, peut-être. La surprise a commencé au Liban.

Les Israéliens, depuis la guerre des Douze Jours en 2025, ils avaient suffisamment frappé le Hezbollah pour considérer qu'ils avaient un an ou deux de tranquillité. Cette année, en quelques semaines, c'est revenu. Les gardiens de la révolution au Liban ont organisé la dispersion des commandements en Iran et au Liban.

Le Hezbollah a été réarmé à une vitesse qui a stupéfié les Israéliens. Autre surprise sur le programme nucléaire iranien. Ils ont frappé les premiers jours de la guerre des installations qui n'étaient pas censées exister et qui sont liées à un stade ultérieur...

C'est très compliqué, l'enrichissement de l'uranium. Quand on travaille l'uranium, c'est la partie métallique du programme nucléaire iranien...

C'est nouveau. Cela fait dire à certains spécialistes du renseignement israélien qu'ils ne savent peut-être pas tout encore sur le nucléaire iranien. Tout a été caché, tout a été disséminé, tout a été dissimulé dans plein de pays. -A.Casse: On va voir quelles conséquences ça pourrait avoir.

Voici une question sur les enjeux. Les F-35 semblent plus performants. -P.Dutartre: La différence entre les deux avions, c'est la capacité d'armement et la capacité de furtivité.

Compte tenu de ce qu'ils ont fait en termes de destruction des missiles sol-air iraniens, ils pensaient être tranquilles au-dessus d'une certaine altitude. Avec l'interception du F-15, ça prouve qu'un missile est passé. Comment a-t-il été guidé?

Les services de renseignement vont se renseigner. Un F-15 est moins discret qu'un F-35. -A.Casse: Pourquoi on continue d'utiliser des F-15? -P.Dutartre: Je ne sais pas.

Je n'enverrais que des F-35... -A.Casse: Ca vous étonne? -P.Dutartre: Vous pensez avoir une supériorité aérienne...

Nicole disait quelque chose d'important, les Iraniens ont enterré un maximum de choses. -A.Casse: Il y a des villes-missiles. -P.Dutartre: Il y a des bateaux...

Que voulez-vous faire? -A.Casse: Que faire de toutes ces informations?

Est-ce que ça pousse Donald Trump encore plus à intervenir au sol? Au contraire, ça lui montre que ça va être compliqué? -N.Bacharan: Ca va être compliqué.

C'est la réponse la plus courte. Tout ce que l'on voit, ça nous confirme que le régime des mollahs ment depuis 47 ans. Le principal a toujours été caché.

On ne peut leur faire aucune confiance à aucun moment. Ce n'est pas la peine de regretter les négociations du passé. On aurait quand même abouti à la situation d'aujourd'hui.

Il est hors de question que le régime des mollahs gagne la guerre. Ils ne vont pas écraser les Américains. Ils ne peuvent pas gagner militairement, mais ils peuvent gagner politiquement.

Vous avez tous très bien exposé la situation et l'enjeu dramatique du point de vue de l'opinion sur cette situation du pilote. La deuxième chose, c'est le détroit d'Ormuz. Je conclurai là-dessus.

Ce qui me fascine, c'est que Donald Trump ne met jamais en cause la Russie et la Chine. Il a une vision du monde qui s'avère être erronée. Il est arrivé au pouvoir en se disant que les alliances ne valaient rien et qu'il n'en avait pas besoin.

Il envisage le monde en grand empire. L'empire américain, l'empire européen et russe, et l'empire chinois. Il pense qu'entre grands, on se respecte et on ne se marche pas sur les pieds.

L'Iran n'est pas seul au monde. Les Etats-Unis refusent de reconnaître la Chine comme un ennemi. -A.Casse: Il y a eu cet avion F-15 qui a été abattu et le pilote est toujours recherché.

Deux autres avions ont été touchés. Est-ce qu'on peut mettre tout ça bout à bout? -P.Dutartre: L'avion A-10 a pu être touché par des missiles portés. et de retourner la terre.

C'est un appui redoutable, cet avion. C'est rare qu'il se fasse abattre. Il a une protection particulière autour de lui, une sorte de cache en titane.

Ca permet d'éviter de prendre des tirs de kalachnikov en basse altitude. Un pilote de la guerre du Golfe que j'ai bien connu a réussi à passer dans un mur de mitraille en basse altitude. Une balle de kalachnikov est rentrée dans le casque et en est ressortie...

Pour éviter ce genre de choses, il y a une protection très importante du cockpit de cet avion. S'il a été touché, c'est par totalement autre chose. Les hélicoptères ont été touchés par de la mitraille.

Sinon, ils ne seraient pas revenus. -A.Casse: On va écouter ce qui se passe à la Maison Blanche.

Pourquoi Donald Trump est-il invisible et silencieux? On a juste un tweet qui promet "l'enfer". -L.Menget: Peut-être parce que l'heure est grave.

Subitement, le régime iranien et les gardiens de la révolution montrent que les Américains ne maîtrisent pas la situation. Un pilote est perdu, des avions sont abattus...

Il y a eu des indications à la Maison Blanche la nuit dernière sur le fait qu'un certain nombre de militaires de haut rang sont arrivés pour une réunion de crise. Il est possible qu'on ait demandé à Donald Trump de se taire. -A.Casse: Il est possible qu'il ait obéi? -L.Menget: Trump est tout sauf fou.

Il sait que l'heure est grave. Ce pilote, c'est l'enfant de tous. Il y a déjà eu des morts dans cette guerre américaine.

Ce pilote n'est pas mort pour le moment. Tous les médias...

Il y a une charge émotionnelle importante. Peut-être que Trump sait qu'il joue gros. Il a de nouveau menacé les Iraniens, mais il n'a pas commenté. -A.Casse: Il y a le film "La chute du faucon noir", c'est le cauchemar de Trump aujourd'hui? -L.Menget: Il y a des moments symboliques dans les guerres.

Il y a les hélicoptères Black Hawk qui correspondent exactement à ce moment. Il y a une opération de sauvetage des soldats, ça se termine en carnage. Bill Clinton, quasiment dans la foulée, qui est président à l'époque, décide de l'arrêt de l'opération. -A.Casse: Il y a même un soldat abattu qui a été traîné dans les rues. -L.Menget: Les images sont épouvantables.

C'était un symbole de la défaite américaine. Dès que ces hélicoptères ont des soucis, ça éveille une mémoire émotionnelle américaine. Peut-être que Trump et son entourage doivent prendre conscience de ça.

Il y a beaucoup de vétérans aux Etats-Unis. Il y en a beaucoup de vétérans parmi les républicains et dans l'entourage de Donald Trump. -A.Casse: Les déclarations parfois outrancières Donald Trump sont de plus plus remises en question.

Emmanuel Macron l'a même taclé cette semaine. "Il ne faut peut-être pas parler tous les jours." - Il est sans doute l'un des présidents les plus imprévisibles, capable de draguer une journaliste en direct à la télévision... - Je ne suis pas autorisé à dire ça car ça mettrait ma carrière politique en danger, mais tu es encore plus belle qu'avant. - De se moquer ouvertement d'un dirigeant étranger... - J'ai appelé la France, Macron, dont la femme le traite très mal.

Il se remet encore de sa gifle. - A 79 ans, Donald Trump a-t-il encore toute sa tête? - Donald Trump va-t-il bien?

Est-il pleinement concentré sur ses fonctions présidentielles? A-t-il l'esprit suffisamment vif pour diriger ce pays? De plus en plus de gens commencent à en douter. 56% estiment qu'il ne peut effectuer efficacement ses fonctions. - Cette semaine, lors d'un forum d'investissement, il a ouvertement humilié son allié, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane. - Il ne pensait pas qu'il devrait me lécher le cul.

Il pensait qu'il avait affaire à un autre président américain raté avec un pays en déclin. Mais maintenant, il doit être gentil avec moi. Dites-lui que ce serait mieux d'être gentil avec moi. - Ce discours n'a pas échappé aux humoristes, qui décortiquent avec plaisir chaque faits et gestes loufoques du président. - Il s'est adressé à une salle remplie d'investisseurs saoudiens qui sont préoccupés par la guerre qui fait rage dans leur région.

Et lui, qu'est-ce qu'il fait? - Vous pouvez me demander ce que vous voulez. On peut parler de sexe, de ce que vous voulez. - Le comportement du locataire de la Maison Blanche interroge sérieusement. - Il est comme l'ivrogne au bout du bar qui a un avis sur tout, et il reste assis là à déblatérer.

Je ne pense pas que ce soit calculé, que ce soit une stratégie. Mais c'est comme ça. Les gens autour se forcent à garder le sourire. - Je pense qu'il y a eu un déclin significatif.

Il a toujours été guidé par un grand narcissisme, mais là, il y a des signes de démence et de déclin cognitif, comme le confirment de nombreux médecins. - Donald Trump, qui se moquait de Joe Biden, se retrouve à son tour sous le feu des critiques des démocrates. Un amendement qui permet de destituer le président.

Donald Trump s'agace. - Nous sommes le parti du bon sens. Les démocrates sont le parti de la folie.

Je suis le seul président à avoir passé un test cognitif. Je l'ai passé trois fois. C'est un test très difficile pour beaucoup de gens.

Mais c'était pas difficile pour moi. - Soucieux de vouloir laisser sa marque dans le paysage américain, Donald Trump a dévoilé cette semaine une vidéo de sa future bibliothèque présidentielle. Un projet pharaonique avec statue en or et avion à 400 millions de dollars.

Si Donald Trump n'est pas fou, il a au moins la folie des grandeurs. -A.Casse: A chaque émission, on reçoit des questions sur la santé mentale de Donald Trump.

Que répondez-vous à ceux qui s'interrogent? -N.Bacharan: Ca fait quand même quelques décennies que je l'observe.

Je vois qu'il vieillit. Je vois qu'il tourne un peu plus en boucle qu'autrefois. Peut-être que son vocabulaire se restreint un petit peu.

Mais je ne le trouve pas vraiment changé. La question de sa santé mentale, vous le dites très justement, on se la pose depuis qu'il est entré en politique. A l'évidence, il est extrêmement narcissique, au-delà du dirigeant moyen, car ils le sont tous.

Il est extrêmement narcissique, avec un ego surdimensionné mais très fragile. Il ne supporte pas la moindre critique. Et il vit vraiment dans un monde à lui, comme un gamin à qui on n'aurait jamais donné la claque qu'il méritait à un certain moment pour dire: on arrête là. -A.Casse: On ne donne plus de claques aux enfants, c'est pas recommandé. -N.Bacharan: Je ne recommande pas les châtiments corporels contre les enfants, vous vous en doutez.

Néanmoins, il est sans limite. Pendant la campagne électorale, la dernière, il était devant des foules d'adorateurs, il mimait des gestes sexuels d'une vulgarité extrême. Il ne fait pas de différence entre les auditoires.

Tout ce qu'il racontait devant les investisseurs, il l'a dit devant différents lobbys, devant des chefs d'Etat étrangers. Il est sans limite. Mais je ne pense pas du tout qu'il soit fou au sens où il va aller au Pentagone appuyer sur le bouton nucléaire. -I.Lasserre: Si on devait choisir une maladie, j'inventerai bien la maladie de la Tourette politique.

Vous savez, c'est quand on arrête pas d'insulter les autres et qu'on ne peut pas s'empêcher d'insulter. Et puis, il est totalement dépourvue de surmoi. A mon avis, ce qui le qualifie le mieux, c'est pas la folie, c'est l'ambiguïté de Hamlet: je ne suis pas fou par nature, mais je suis fou par ruse.

Du coup, on ne peut pas répondre. -A.Casse: Peut-être que c'est un grand stratège. -L.Menget: Une personnalité importante de la Maison Blanche, cheffe de cabinet, très proche de Donald Trump, a demandé à ce que Trump arrête de recevoir des visites en permanence de ses adorateurs, de gens qui viennent le voir en permanence pour lui dire qu'il est brillant.

C'est elle qui a la clé du bureau ovale, en gros. C'est une personnalité très importante. Il y a eu un portrait dans Vanity Fair.

Elle disait que Trump avait un comportement d'alcoolique. Elle filtre l'entrée du bureau oval. Elle a dit à plusieurs journalistes qu'elle ne voulait pas qu'on lui "monte la tête et qu'il fallait qu'il entende de la contradiction". -A.Casse: On a surnommé ce gouvernement "Yes sir".

Tout le monde dit "Oui chef" à Donald Trump mais personne n'ose le contredire. -L.Menget: Pete Hegseth, secrétaire d'Etat à la guerre, comme ils disent maintenant, puisque ça a été débaptisé, est un ancien animateur de Fox News, qui a eu une carrière militaire assez brève.

Il est connu pour ses positions d'extrême droite. Par ailleurs, il vient de pousser à la démission le chef d'état-major de l'armée de terre américaine, en pleine guerre. Il y a un début de purge.

C'est après ça que Susie Wiles a mis le holà. -A.Casse: On va voir comment ce narcissisme est nourri. - Vous avez été trahi, arrêté et accusé à tort.

C'est une histoire qui se répète, que notre Seigneur et Sauveur nous a déjà montrée, mais cela ne s'est pas arrêté là pour lui comme pour vous. -A.Casse: Il est traité comme un dieu. -N.Bacharan: Ce qu'on vient de voir, c'est absolument dégoûtant, vraiment.

Cette femme gagne une popularité et un argent et une influence absolument incroyables. Elle a les larmes aux yeux tellement elle est dans son personnage. Elle gonfle ce qu'une partie des supporters de Trump ressentent, à savoir que s'il a échappé de très près à la mort pendant la campagne à l'été 2024, c'est parce que Dieu l'a protégé.

Je pense qu'entre-temps, lui-même en est quasiment convaincu. Mais il a autour de lui des gens qui sont assez fanatiques religieusement. C'est le cas de Pete Hegseth, secrétaire à la guerre, qui priait sur les chaînes de télévision et qui veut faire de cette guerre une espère de guerre sainte. -L.Menget: De croisade.

Il a des tatouages. -N.Bacharan: C'est le cas de JD Vance, qui vient de sortir un livre pour expliquer sa conversion et son chemin vers le catholicisme.

C'est une manière aussi de hisser Donald Trump...

Lui, il le fait physiquement avec des statues en or, mais c'est une façon de le hisser au-dessus du commun des mortels, au-dessus des présidents qui l'ont précédé. -A.Casse: On passe à vos questions SMS. -P.Dutartre: Tous les avions de combat, comme dans "Top Gun Maverick", en ont.

Vous avez trois types de brouillage. Vous avez un brouillage électromagnétique. Ensuite, vous larguez des choses.

Vous larguez des paillettes pour leurrer vos adversaires. Et vous larguez des leurres infrarouges, comme on a pu le voir lors de la recherche du soldat. On a vu un Hercule qui lançait des flairs, des sortes de pétards qui font un point infrarouge assez important.

C'est très bien fait dans les films "Top Gun" ou autres. On voit les missiles qui vont dessus. 36 jours de guerre, un avion abattu au-dessus de l'Iran, un autre à proximité, 45 jours de guerre pendant la guerre du Golfe numéro 1, 75 avions abattus. -A.Casse: Donc il ne faut pas surinterpréter ce qui s'est passé ces dernières heures? -P.Dutartre: C'est un exploit qu'un seul avion ait été abattu. -L.Menget: Je ne suis pas sûr que ça aurait pu les leurrer.

Les Iraniens au sol ont vu ce qui s'est passé. Ils ont vu l'éjection des pilotes. A partir du moment où les Américains avaient annoncé qu'un des deux pilotes avait été récupéré, forcément...

Ca, c'est des opérations de contre-manipulation... -A.Casse: Dire qu'on en a retrouvé un, ça peut mettre en danger l'autre aussi. -P.Dutartre: C'est une très bonne suggestion de votre auditeur.

Ca aurait été une astuce, effectivement, de dire qu'on en a récupéré deux. Il n'aurait jamais fallu dire que c'était un biplace. -L.Menget: Il y a eu un doute sur la nature de l'avion, d'ailleurs. -P.Dutartre: Il aurait fallu ne pas dire qu'il y avait deux pilotes.

Il fallait dire qu'il n'y en avait qu'un seul. Comme ça, le deuxième pilote aurait été en sécurité. Là, il est en danger.

La deuxième idée de votre téléspectateur, c'est de dire qu'on a récupéré les deux. -A.Casse: Les infos ont fuité dans la presse. -P.Dutartre: C'est une erreur d'avoir dit qu'il y avait deux membres d'équipage.

C'est difficile de résister, mais c'est une erreur tactique. -I.Lasserre: Eduquer Donald Trump, je ne pense pas.

Ca ne marcherait pas. Mais Emmanuel Macron a pendant très longtemps essayé de rendre Donald Trump un peu plus raisonnable et de rapprocher sa vision de la vision des Européens. Sur l'Ukraine, ça a d'ailleurs pas trop mal marché à un moment donné. -A.Casse: Pourquoi il hausse le ton maintenant?

Il s'en est pris à Donald Trump cette semaine. -I.Lasserre: Depuis, il s'est d'abord passé le Groenland, qui a révélé les Etats-Unis comme un adversaire potentiel des pays de l'Union Européenne.

Il s'est passé toute la séquence sur le détroit d'Ormuz. Donald Trump a essayé de faire faire aux Européens, et notamment aux Français, ce que lui-même ne veut pas faire, parce que c'est beaucoup trop dangereux. Et maintenant, il essaye de rendre les Européens, et notamment Emmanuel Macron, responsables de la fermeture du détroit d'Ormuz.

Ce n'est absolument pas entendable du côté français. Il est normal que cela provoque une levée de ton d'Emmanuel Macron. -L.Menget: C'est la première fois que les Iraniens, réellement, le bloquent.

Ils ont toujours dit qu'ils pouvaient bloquer le détroit, mais c'est la première fois qu'ils le font vraiment. Pendant la guerre Iran-Irak, il y a eu quelques jours de blocage, mais pas du tout de cette ampleur. -A.Casse: Ca devient l'arme de dissuasion? -L.Menget: Oui, mais c'est pas la même arme.

La république des mollahs veut absolument l'arme atomique pour pouvoir menacer Israël. Dans l'histoire géopolitique de la région, Israël n'a jamais dit qu'il avait l'arme atomique mais fait savoir qu'il là. -- qu'il l'a.

Les Iraniens, pour un équilibre stratégique entre les deux puissances, voulait l'arme atomique. C'est vrai que le détroit d'Ormuz, c'est plus une arme économique et symbolique qu'une arme de destruction. -A.Casse: Qui peut répondre à cette prochaine question?

Personne? -N.Bacharan: Qui pourrait négocier? -L.Menget: Il y a des tentatives aujourd'hui de discussions de la part des réformateurs Iraniens.

Il y a eu deux sons de cloche, deux personnalités iraniennes qui sont tout à fait à l'écart des Gardiens de la révolution aujourd'hui: l'ancien président et son ancien ministre des Affaires étrangères. Ce sont des gens très connus des Européens et des Américains et qui ont laissé filtrer des propositions en disant qu'il ne peut pas y avoir de capitulation, mais des discussions. -N.Bacharan: D'abord, parce qu'il veut faire de l'Amérique une forteresse.

Un pays qu'on ne peut pas attaquer. Et aussi, parce que les stocks baissent. Cette guerre est très dévoreuse en munitions, en armements, en avions.

Je rajouterai un mot sur ce que disait Isabelle. Entre Trump qui provoque les Iraniens...

Quand même, de la part des Européens, et des Français notamment, d'interdire aux avions militaires américains le survol du territoire européen, ça va beaucoup trop loin. -P.Dutartre: C'est pas vrai du tout.

C'est de la désinformation. On n'a jamais changé de position. Il y a une position qui a été établie, ce n'est pas à moi de la commenter, mais les appareils américains... -I.Lasserre: Les avions de logistique, seulement. -P.Dutartre: Les avions américains peuvent survoler, dans des cas très particuliers.

Mais c'est faux qu'il n'aient pas le droit de survoler. -N.Bacharan: L'ennemi, ça reste les mollahs. -P.Dutartre: On est -A.Casse: On va continuer l'émission hors antenne.

Ce soir, dans "C à vous"? -M.Bouhafsi: Insultes et huées.

Un nouveau maire menacé a déjà démissionné. Les agressions contre les élus explosent. Un phénomène qui inquiète les plus hautes sphères de l'Etat, à un an de l'élection présidentielle.

Des centaines de millions de personnes dans le monde ont suivi le décollage d'Artemis. Un voyage censé préparer le retour sur la Lune et la conquête de Mars. Christophe Galfard est sur notre plateau. -A.Casse: Caroline Roux sera