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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 3 septembre 2021 65 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & élections

Macron dévoile sa campagne #cdanslair 02.09.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 44 %Attaque 39 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Macron met-il le cap sur les jeunes pour sa campagne ?

  • 8:41OuverteRéponse directe

    Quel message pour la jeunesse ? Le pari électoral est-il judicieux ?

  • 17:11OuverteRéponse directe

    Macron a-t-il annoncé son programme pour le prochain quinquennat ?

  • 21:27OuverteRéponse partielle

    Qu'en est-il des Français ? Que pensent-ils de cette campagne ?

  • 24:56RelanceRéponse directe

    Emmanuel Macron se trompe-t-il en disant que les Français sont optimistes ?

  • 27:08OuverteRéponse directe

    La rentrée économique est-elle un grain de sable dans la campagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:45Invité politiqueFait
    « « Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion hyper président, hyper candidat ou peut-être un peu les deux. » »
  • 13:42Invité politiqueFait
    « « Rentrée scolaire pour les enfants, rentrée politique pour Emmanuel Macron. » »
  • 16:23Invité politiqueChiffre
    « « Plus d'un milliard d'euros devraient être alloués à la deuxième ville de France. » »
  • 32:31Invité politiqueFait
    « « Il faut qu'on s'adresse encore plus que ce que nous avons fait jusqu'à présent aux électeurs de gauche. » »
  • 32:35Invité politiquePromesse
    « « Nous soutenons notamment la mise en place d'un revenu universel d'activité qui pourrait aboutir dans le prochain quinquennat. » »
  • 34:25InvitéChiffre
    « On n'était pas dans les rails pour atteindre nos objectifs de moins 40% d'ici 2030. »
  • 40:42InvitéFait
    « Sur les centrales thermiques à charbon, les quelques qui restaient en France, elles vont être fermées. »
  • 40:51InvitéFait
    « Il y a une mesure plus anecdotique qui a été portée par une secrétaire d'État sur l'interdiction des couverts en plastique. »
  • 41:44InvitéFait
    « 2030, interdiction des moteurs thermiques. »
  • 51:53InvitéFait
    « Marine Le Pen est très bien identifiée, elle a été triomphalement réélue à son congrès. »
  • 1:00:58InvitéChiffre
    « D'après le dernier baromètre « Il faut obligé d'aider », c'est 41% de Français qui sont satisfaits. »
  • 1:01:00InvitéChiffre
    « D'après le dernier baromètre « Il faut obligé d'aider », c'est 41% de Français qui sont satisfaits. »
  • 1:01:11InvitéChiffre
    « Nicolas Sarkozy, 33%, François Hollande, 15%. »
  • 1:01:59InvitéFait
    « François Mitterrand a un bilan économique catastrophique à la fin de son premier quinquennat. »
  • 1:02:10InvitéFait
    « Il est largement réélu en 88. »
  • 1:02:28InvitéFait
    « L'un, il a été battu. L'autre n'a pas pu se représenter. »
  • 1:03:23PrésentateurChiffre
    « Macron peut-il en tirer avantage avec l'élection au mois d'avril ? »
  • 1:03:46PrésentateurFait
    « On le voit avec l'Afghanistan. Les Américains s'en vont. Il n'y a pas de défense européenne. »

Temps de parole

  • Présentateur45 %
  • Invité22 %
  • Invité 220 %
  • Invité 34 %
  • Invité 44 %
  • Emmanuel Macron3 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion hyper président, hyper candidat ou peut-être un peu les deux. Emmanuel Macron a choisi pendant trois jours à Marseille de saturer le débat politique, l'espace médiatique, école, sécurité, logement, santé, sociale, une réponse globale qui lui permet de répondre à une urgence avec des moyens pour la ville de Marseille et aussi de se projeter dans la suite. L'après, sa campagne qu'il lance avec une offensive en direction de la jeunesse. En cette rentrée, c'est le retour du « en même temps » et le début d'une stratégie qui se dessine à sept mois du scrutin.

Mais dans cette équation, une inconnue de taille tout de même. Quelle est l'humeur des Français ? Qu'attendent-ils après 18 mois de crise sanitaire ? La hausse des prix par exemple peut-elle faire repartir une colère sociale ? Macron dévoile sa campagne, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Yves Tréard, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du quotidien Le Figaro. À la une de votre journal aujourd'hui, Sécurité École à Marseille, Macron rôde sa campagne. Swazik Kamener, vous êtes rédactrice en chef du service politique du magazine Marianne. Avec nous ce soir, Isabelle Fissec, vous êtes journaliste politique aux Echos.

Je rappelle votre article du jour. Emmanuel Macron défend son bilan et se projette au-delà de 2022. Nous en parlerons largement ce soir. Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion à l'Institut de sondage IFOP. Je vais me tourner vers vous, Isabelle Fissec, pour commencer cette émission. Il y a une chose qu'on a compris avec ce déplacement et avec les 2-3 signaux qu'a donnés le chef de l'État, candidat, c'est qu'il va mettre le cap sur les jeunes. Oui, tout à fait. Il veut vraiment parler à la jeunesse et dans son entourage. On dit d'ailleurs qu'aujourd'hui, personne ne parle aux jeunes. Donc, lui, il veut absolument essayer de créer un élan.

C'est une façon aussi de donner un souffle à une campagne, de montrer qu'on est un président dans le vent, même si Emmanuel Macron est très jeune. Ça avait été fait en 88, c'est ce qu'avait fait Mitterrand. Oui, tout à fait. Exactement. Et on dit souvent sous forme de boutade qu'Emmanuel Macron est né vieux. C'est une façon de montrer qu'on est connecté à la jeunesse. On lui reproche beaucoup sa déconnexion vis-à-vis du pays ou des attentes de certains. C'est aussi une façon de parler via la jeunesse à leurs parents, à leurs grands-parents. C'est une façon de parler d'avenir.

Et lui qui veut essayer de montrer une France dont la vision serait plus optimiste, pas sombre, avec un avenir, justement, je crois que c'est une façon pour lui d'essayer de créer des gens. Alors, il utilise quelques astuces de forme. Ça va faire beaucoup parler dans les heures qui viennent, donc autant aborder le sujet maintenant. C'est cette fameuse vidéo qu'il a mise en ligne où il souhaite une bonne rentrée aux élèves. Et puis, il fait un petit clin d'œil à ces Youtubers avec lesquels il avait fait une interview très remarquée, McFly et Carlito. Voilà, exactement. Ce matin, aux 12 millions d'élèves qui font leur rentrée, il fait un message d'encouragement, d'optimisme, justement.

Il rappelle aussi qu'il faut, malgré tout, respecter les gestes barrières. Il rappelle cette chanson du duo de Youtubers McFly et Carlito. Et il a, vous savez, il tient un cadre qu'il ne montre pas vraiment au début. Et puis, ensuite, il retourne le cadre. C'est McFly et Carlito. On se souvient du concours d'anecdotes qu'il avait accepté de vivre à l'Élysée avec ses deux Youtubers. Alors, on peut penser que peut-être ça intéresse, en tout cas, les jeunes qui s'intéressent assez peu à la politique. Bon, même si on ne va pas généraliser, peuvent du coup aussi intéresser un peu plus. Elle a eu des millions de vues très, très, très, très vite.

Alors, en revanche, dans cette vidéo, Emmanuel Macron, à la fin de la vidéo, avec un ton plus grave, rend hommage à Samuel Paty. Cet enseignant d'histoire géographique a été assassiné. Mais là, c'est à double tranchant. Je ne suis pas sûre que pour le corps enseignant, voilà, ça plaise. Il y a quand même... Et Marine Le Pen s'est empressée de tweeter en disant les moments pour qualifier ce niveau d'indécence et d'irrespect, soit Zik Kemener, sur le message qui est adressé aux jeunes. Tout ça semble assez bien organisé. Au début, tout est bien organisé. Puis, parfois, dans les campagnes, il y a des petits grains de sable. Mais pour l'instant, les choses sont assez calibrées.

« Message en direction des jeunes », avec une campagne d'affichage qui est déjà prévue au courant du mois de septembre. Et une affiche qui joue sur les codes des séries qui plaisent naturellement un public plus jeune. Oui, alors, c'est assez fréquent que les politiques utilisent les codes des séries, puisque les politiques, ils lisent les livres que les Français aiment. Ils regardent les films que les Français aiment voir. Et donc, ils s'intéressent évidemment au succès de Netflix. Et on voit, là, c'est les jeunes qui lancent cette campagne. Alors, évidemment, ça a été... On voit l'affiche, là, à l'instant. Voilà, et avec tous les codes des séries Netflix, avec l'annonce de saison.

Alors, normalement, une saison, c'est un épisode. Donc, ça voudrait dire un épisode par année supplémentaire de quinquennat d'Emmanuel Macron. Alors, après, la difficulté, c'est qu'il va falloir mettre du fond derrière tout ça. Et alors, on voit d'ailleurs qu'Emmanuel Macron, il est dans une campagne intégrale tout de suite. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans une séquence jeune, mais en même temps, c'est là où est le « et » en même temps d'Emmanuel Macron. Hier, sur le site de Châlons, j'ai publié un texte d'Emmanuel Macron, qui est quelque part un lancement comme une lettre écrite de campagne, où il donne déjà ses axes.

Parce que toute la particularité, je trouve, de ce qu'on est en train de vivre, et d'ailleurs, c'est théorisé par des proches d'Emmanuel Macron, c'est qu'il n'y aura pas de véritable départ de campagne. C'est-à-dire qu'on est tous en train d'attendre, évidemment, journalistes politiques, c'est quand l'annonce du président de la République. En fait, ça a déjà commencé. Voilà, est-ce que ce sera le 15 février comme Nicolas Sarkozy ? Est-ce que ce sera au tout dernier moment comme François Mitterrand ? Est-ce que ce sera jamais comme François Hollande ? Tout le monde se pose évidemment cette question. On sait bien qu'il sera candidat maintenant.

Mais là, l'idée des proches d'Emmanuel Macron, c'est de dire que la campagne, non seulement le quinquennat ne s'arrête pas, la campagne a déjà commencé et on enjambe déjà l'élection présidentielle. C'est pour ça qu'il fait des projets pour Marseille et évidemment qu'il met des fonds en disant, parce que Jean-Luc Mélenchon, c'est une critique, on va l'entendre, qui dit de toute façon, vous ne verrez pas ces fonds avant le début de la campagne présidentielle. Macron, il est déjà dans la France de 2030. C'est aussi ce plan d'investissement qui va le faire et qui va annoncer dans les semaines qui viennent.

Est-ce que c'est risqué, Yves Tréhard, de manier tous ces codes, donc avec des messages vraiment en direction de la jeunesse, où chacun reçoit la partie du message qu'il doit recevoir ?

6:14
Invité

Chacun reçoit ce qu'il veut, mais je pense que c'est tout à fait normal qu'il s'adresse à la jeunesse. Pourquoi ? Parce que politiquement, la jeunesse, c'est la catégorie du pays qui vote le moins et qui s'abstient énormément. Donc là, il se dit, comme il sait qu'il a un électorat qui est assez relativement acquis, ça Jérôme pourra nous le dire, mais chez les plus anciens, ou disons, oui, les plus anciens, là, chez les jeunes, il doit mettre, je dirais, l'accélérateur, surtout que les jeunes, surtout les jeunes qui sont en situation de délicatesse, avec la vie, avec les études, avec le travail, avec leur vie, eh bien, ils ont tendance à se tourner plutôt vers Marine Le Pen.

Donc ces jeunes-là, il faut qu'ils arrivent à les séduire. Ça, c'est la première raison. La deuxième raison...

7:02
Présentateur

Pas simplement avec des vidéos de Marc Fly et Clarito, je caricature volontairement, mais...

7:06
Invité

Parce que Marc Fly et Clarito, ce qui est assez étonnant, c'est que Marc Fly et Clarito, ça marche pour les 12-18 ans, ceux qui ne votent pas. Et ce qui est assez étonnant, c'est que quand il a fait cette vidéo avec eux, enfin, quand il a fait cette séquence avec eux au printemps, en fait, vous vous aperceviez que tous les enfants qui ne vous parlent jamais de politique, ce jour-là, ils vous en parlaient. Donc il avait réussi son coup. On peut sourire, on peut se moquer, il avait réussi son coup. Sauf que ceux-là, ils ne votent pas. Mais ils peuvent en parler à leurs parents, à leurs grands-parents.

7:36
Présentateur

C'est ça le pari électorat, le parti politique, c'est celui-là.

7:39
Invité

Bien sûr. Alors pour la jeunesse qui vote, la première raison, c'est cette jeunesse qui souvent s'abstient. Deuxièmement, la jeunesse, et ça c'est l'analyse qu'ont fait tous les politiques, a été l'une des grandes victimes de la crise sanitaire. Pourquoi ? Parce qu'au début, souvenez-vous, elle a été accusée, justement, de faire circuler le virus. Vous n'allez pas voir vos grands-parents, vous ne sortez pas, parce que si vous sortez en boîte de nuit ou vous allez voir les copains, vous ramenez le virus. Donc ça, c'est la deuxième raison. La troisième, c'est que cette jeunesse, elle a souffert.

Il y a eu des études de fait au printemps qui ont montré que psychologiquement, cette jeunesse avait été atteinte parce qu'elle ne pouvait pas avoir de vie sociale, elle ne pouvait pas suivre des cours à l'université ou dans les grandes écoles comme elle le souhaitait. Et elle était un peu coupée de ce qui fait le sel, finalement, de la jeunesse. Et ça, je crois qu'Emmanuel Macron, qui est un président jeune, à qui on l'a soufflé plusieurs fois, eh bien, essaye de récupérer le message.

8:41
Présentateur

Avec quel message, justement, à la jeunesse ? Qu'est-ce qu'elle attend, cette jeunesse ? Est-ce que le pari électoral d'Emmanuel Macron vous semble judicieux ? Ils sont déjà assez, j'allais dire, macronistes quand on regarde les chiffres ou pas ? Yves Tréard disait qu'ils votent plutôt Marine Le Pen.

8:55
Invité

Alors, déjà, ce que disait Yves, c'est qu'au dernier régional, par exemple, on a deux tiers des Français qui ne sont pas allés voter. L'abstention est montée à 85% chez les moins de 30 ans. 85%. Donc, il reste 15% de votants. Donc, celui qui va voter, dans sa génération, est un hurluberlu. C'est quoi cette histoire ? Donc, il faut remobiliser cette jeunesse-là. Ensuite, on parle souvent de la jeunesse. Il y a des jeunesses en France. On le voit à Marseille. Il y a la jeunesse des quartiers. Il y a la jeunesse des beaux quartiers. Il y a la jeunesse qui est expatriée. Il y a la jeunesse qui fait Erasmus.

Il y avait un très beau article de Luc Brunner dans Le Monde il y a quelques semaines sur une maison, un foyer de jeunes travailleurs. Donc, on a une jeunesse qui, elle, rêvait de passer son permis de conduire, avoir un CDI, éventuellement de s'acheter un pavillon. Donc, ce n'est pas forcément à cette jeunesse-là qu'Emmanuel Macron s'adresse. Néanmoins, il essaye de traiter cette classe d'âge puisqu'elle incarne aussi l'avenir. C'est ça. Et on a vu cet été, on parlait de la jeunesse qui avait souffert pendant le Covid. Il y a eu le pass culture que d'aucuns ont appelé le pass manga parce que beaucoup de jeunes sont allés acheter pour 300 euros de manga.

Donc, ça fait beaucoup dans les rayonnages. Il y a eu aussi pour les décrocheurs, une espèce de RSA jeune qui ne dit pas son nom. Donc, il y a la volonté de parler. Le revenu d'engagement ? Le revenu d'engagement, tout à fait. C'est ça. Parler à cette jeunesse, et donc là, vous voyez que c'était plus celle qui était précaire. Emmanuel Macron, comme ça a été rappelé, il essaye de cranter dans cette tranche d'âge. Et en prenant en charge la jeunesse, c'est aussi une façon de se dire, je me projette en 2030, 2035. C'est à vous que je parle parce que vous êtes la France d'après. Et en disant plus âgé, vous voyez, il se soucie des plus jeunes parce qu'il a un projet, il a un programme d'avenir.

Mais il faut arriver à trouver des mesures qui soient fédératrices. Et ce n'est pas parce que vous êtes du même âge que vous avez la même situation économique, le même bagage culturel et que vous partez avec les mêmes chances dans la vie. Et ce faisant, quand vous mettez tout bout à bout, il essaie de traiter compartiment par compartiment les différentes catégories de la jeunesse française aujourd'hui.

11:01
Présentateur

Et on voit bien que dans ce moment-là, il a aussi à cœur, et on le verra un peu plus tard dans l'émission, et il est aidé par des barons de la Macronie qui vont régulièrement dans les médias avec une stratégie qui est de défendre un bilan. Et sur la jeunesse, il tient à défendre son bilan cet après-midi en déplacement à Marseille. Il a quand même précisé, alors là c'est à l'égard de ceux qui font leur rentrée aujourd'hui, en disant la France a tout fait pour maintenir les écoles ouvertes.

On voit bien que dans cette stratégie de campagne, il va aussi être question pour Emmanuel Macron, parce qu'il y a eu la crise sanitaire, parce qu'il y a eu la crise des gilets jaunes, de remettre un peu en perspective son bilan. Oui, tout à fait. C'est vraiment, et on le voit notamment dans la tribune qui donne un challenge, il veut absolument, jusqu'à fin décembre, on défend le bilan, on met en valeur tout ce qu'on a fait. Aujourd'hui à Marseille, il dit aussi, il y a eu la crise sanitaire, ça nous a arrêtés, maintenant il faut qu'on mette un coup d'accélérateur sur tous les sujets, pour continuer d'avancer, il veut montrer qu'il agit tous azimuts, et notamment pour cette jeunesse.

Il garde une capacité d'action, parce que c'est vrai que j'ai entendu ce que vous disiez, c'est 100 jours pour agir et 100 jours pour être en campagne. En fait, quand on regarde la journée d'aujourd'hui, on se dit, ben non, on est déjà dans les 100 jours d'après, on est déjà naturellement dans les 100 jours de la campagne. Est-ce qu'il garde une capacité d'action, ou est-ce que, comme il le fait à Marseille aujourd'hui, il est déjà dans la projection éventuellement d'un quinquennat futur, et a posé des jalons sur les grandes réformes par exemple ?

Il est déjà nécessairement dans la projection, parce que tout ce que vous voulez faire aujourd'hui pour faire passer une réforme, un texte au Parlement, il faut au minimum 7, 8, 9 mois en procédure accélérée. Donc aujourd'hui, ce sont des actions ou qui ne demandent pas un texte au Parlement. Alors, on verra justement le revenu d'engagement dont parlait Jérôme. C'est ça, c'est à l'automne. C'est une annonce importante qu'on attend, qui ne doit pas être un RSA jeune, mais qui doit permettre quand même aux jeunes qui sont en difficulté de pouvoir avoir un revenu jusqu'à 500 euros par mois, mais avec un accompagnement, une formation.

Il y a des débats d'ailleurs au sein du gouvernement sur l'étendue de ce revenu d'engagement, certains disent aussi que ça devrait être un sujet de campagne, parce que trois mois avant, personne ne va le sentir, personne ne va vraiment en recueillir les fruits, et puis ça coûte aussi très cher. Oui, mais ça, ce n'est plus un sujet, on l'a bien compris. Pour l'instant, ce n'est plus un sujet. Allez, l'objectif, occuper l'espace, tout l'espace médiatique. À Marseille, pour trois jours, Emmanuel Macron passe de la sécurité à l'école, de l'école, au logement. Les oppositions politiques s'indignent d'un président devenu candidat. Le chef de l'État, lui, déroule un agenda séquencé avec une cible.

En cette rentrée, on l'a bien compris, les jeunes. Laura Radeau, Nicolas Baudry-Dasson.

13:42
Emmanuel Macron

Rentrée scolaire pour les enfants, rentrée politique pour Emmanuel Macron. Et depuis les réseaux sociaux, le président s'adresse directement à tous les écoliers de France.

13:56
Invité

Bonjour à toutes et tous. Je voulais avoir une pensée pour toutes celles et ceux qui font leur rentrée aujourd'hui.

14:01
Emmanuel Macron

L'occasion pour le président d'honorer un défi, lancé par les deux youtubeurs les plus connus de France.

14:07
Invité

Face au virus qui circule, je vous le rappelle, il y a les gestes barrières, la fameuse chanson de nos amis, McFly et Carlito. Et nous devons continuer de faire attention.

14:21
Emmanuel Macron

Arrivé hier sous les huées de quelques dizaines de manifestants, Emmanuel Macron a continué pied au plancher sa visite de trois jours à Marseille. Marseille qui concentre les difficultés de la France, Marseille, laboratoire du candidat Macron.

14:36
Invité

Ce ne sont pas les milliards qui comptent, je vous le dis très sincèrement. Ce n'est pas un plan pensé à Paris, ce n'est pas les milliards qu'on va annoncer, qui seront, d'ailleurs on le sait, des additions qui viennent de partout. Parce que sinon, d'abord les gens me diraient, mettez-en dans ma ville, légitimement, un peu partout. Collectivement, on n'a pas été à la hauteur en termes de prise de responsabilité collective. Et donc c'est aussi une autre forme d'organisation et de jalons de responsabilité que je vais vous poser ce soir. C'est une ambition et une exigence.

15:02
Emmanuel Macron

Encore faut-il convaincre. Dans les quartiers nord, le président s'est prêté à un exercice qui l'affectionne. Un bain de foule au milieu des habitants de la cité Basinze. Avant d'aller à la rencontre des policiers dans la soirée.

15:15
Invité

On doit aussi s'attaquer à la racine de ces situations. On doit aider certains quartiers et certains jeunes. On doit leur permettre de s'en sortir. On doit être très dur avec d'autres. Et en tout cas, vous ne pouvez pas être les seuls responsables ou juger comme tels de ces situations.

15:31
Emmanuel Macron

Un président pas officiellement candidat, mais déjà en campagne. En tout cas, pour l'opposition, le doute n'est pas permis.

15:38
Invité

Il est en campagne, moi aussi. Donc voilà, je ne vais pas faire semblant de le croire. Il sait très bien que pas un euro de ses promesses ne sera dépensé avant l'élection. Il n'a donc que le bénéfice d'annoncer. Monsieur Macron, au lieu de faire de la communication depuis 4 ans, passe à l'action. Le président qui découvre la réalité de Marseille et qui dit « je vais investir sur les quartiers populaires » et ce même président qui a mis à la poubelle le rapport Borloo et qui a affiché un mépris pour les élus des quartiers populaires, pour les associations des quartiers populaires, il aurait mis en place le plan Borloo à l'époque.

On ne serait peut-être pas dans cette situation à Marseille aujourd'hui.

16:17
Emmanuel Macron

Opération communication pour l'opposition, plan d'action pour l'exécutif. Plus d'un milliard d'euros devraient être alloués à la deuxième ville de France. Le président presque candidat se projette déjà et demande plus de temps.

16:33
Invité

Quand on fait le dédoublement des classes de CPCE1, quand on fait les 30 000 stages, quand on fait ce qu'on a fait pour l'emploi des jeunes, c'est bon pour ce quartier en premier, d'ailleurs ça se voit dans les chiffres, mais la détresse est telle que ça n'est pas suffisant. Et donc on doit intensifier et avoir une échelle de temps et d'investissement bien supérieures.

16:53
Emmanuel Macron

Pour accompagner sa rentrée, les Jeunes avec Macron ont dévoilé hier cette affiche de leur champion. Leur slogan, Macron président des jeunes, vivement consigne pour 5 saisons de plus. Une campagne aux allures de séries Netflix, visible bientôt par tous les Français. 50 000 exemplaires ont été commandés par les militants.

17:11
Présentateur

Et cette question, Macron n'a-t-il pas annoncé son programme pour le prochain quinquennat, celui de Marseille, qui s'appliquerait pour la France entière ? Oui, c'est vrai qu'à Marseille, il se concentre un certain nombre de difficultés, un certain nombre de problématiques. Ça rejoint aussi ce que disait Emmanuel Macron autour de la Méditerranée, c'est-à-dire qu'il espère faire de Marseille la capitale de la Méditerranée. Donc il y a absolument tout. Et puis surtout la capacité à braquer les projecteurs, d'autant plus sur ce déplacement, parce que c'est une ville dont on parle, mais dont on ne parle jamais de façon si longue.

C'est-à-dire qu'on en parle pour des faits divers, on en parle quand Michel Rubirola, l'ancienne maire, démissionne, mais on n'en parle pas de façon aussi globale. Donc finalement, il y a 900 000 habitants à Marseille, plus d'un million dans l'ensemble de l'agglomération, donc on touche quand même une partie intéressante des Français. C'est un segment intéressant, mais avec des problématiques très diverses. Mais vous pensez que les gens qui nous regardent et les Français dans leur ensemble se retrouvent dans les problématiques de Marseille ? Ils peuvent s'y retrouver dans la mesure où ce ne sont pas les problématiques de Paris.

C'est-à-dire qu'on parle toujours dans la vie politique, on est toujours très parisiano-centré, donc c'est l'occasion de dire, ben voilà, une autre grande ville avec des difficultés, avec aussi tout l'intérêt, c'est d'aller voir un maire évidemment socialiste, discuter avec lui. Il accueille d'ailleurs de façon assez favorable ce déplacement, le maire de Marseille, M. Payan, parce que finalement il y a des annonces qui vont rejaillir sur ses administrés. Donc c'est une façon de faire campagne, parce qu'on accuse beaucoup, et c'est raison d'ailleurs Emmanuel Macron, de ne pas avoir tissé un réseau d'élus locaux suffisant.

Là c'est l'occasion effectivement de faire des obligés, même si ce n'est pas encore des soutiens de campagne, ça ne sera sans doute pas. Donc c'est pour ça que c'est intéressant pour lui d'aller à Marseille, et qu'en même temps ça attire l'œil et l'oreille, parce que finalement un déplacement de trois jours dans une ville, c'est assez rare.

Et puis surtout ça permet de parler de sécurité, comme il l'a fait dès son arrivant, en considérant que de toute façon s'il n'abordait pas la question de sécurité, il ne serait pas audible sur les restes, en particulier à Marseille, mais de parler aussi de l'école, du logement, des politiques sociales, et de l'ensemble de toutes les problématiques qui sont posées aux grandes villes de France.

19:18
Invité

Oui c'est un peu Marseille laboratoire. C'est ça. Alors pour ajouter à ce que vient de dire Soazic, c'est qu'il renoue avec une tradition de gaullienne, de Gaulle, quand Charles de Gaulle partait en province, il restait trois jours, quatre jours, il restait longtemps. Et parfois d'ailleurs il était très mécontent, parce que la litterie n'était pas à sa grandeur. Le château de Vizil près de Grenoble, eh bien il s'était plein, parce que le lit n'était pas assez grand. Mais ça c'est pour l'anecdote. Mais il renoue avec ça.

Et qu'est-ce qu'il fait Macron, avant de répondre tout à fait à votre question, c'est que alors que les autres sont dans leurs universités d'été, dans leurs rentrées et tout, ben là il obstrue la une de l'actualité. Il fait, c'est lui qui, tout est tourné vers lui. Donc les autres ont bien du mal à exister. Alors effectivement, il aborde tous les sujets qui sont nécessaires à une réélection, je dirais, tous les thèmes qui vont être au centre de cette campagne. La sécurité. Bon Marseille c'est un peu caricatural de ce point de vue, mais vous avez quand même d'autres territoires en France, comme la Seine-Saint-Denis, comme Grenoble, où il y a une criminalité très forte.

Et la sécurité, on sait que c'est au cœur du problème. L'école. Et tout le monde dit qu'il y a un délitement de l'école publique et de l'éducation nationale dans notre pays et qu'il est urgent de se pencher sur ce sujet. Toute la problématique de logement. Et demain, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que vous avez un sommet international sur la nature de l'environnement. Donc il mêle des thèmes réputés de droite régalien, comme la sécurité, et des thèmes réputés de gauche, comme le logement par exemple, ou l'environnement, la défense de l'environnement.

Donc c'est évidemment, c'est en plein cœur de ce qu'il a toujours voulu faire et avec des élus locaux qui sont en plus bien disposés, et Sois-y qu'a raison. Il arrive en terrain pourtant hostile. C'est une municipalité qui est une municipalité d'une gauche assez prononcée, assez affirmée. Mais là, il arrive justement à rééquilibrer alors qu'on n'arrête pas de dire qu'il s'est droitisé. Donc tout est fait pour justement rééquilibrer les choses.

21:27
Présentateur

Alors il arrive à aiguiser la curiosité des observateurs, mais qu'en est-il des Français ? Tout à l'heure, je commençais cette émission, on disait la vraie incertitude, la vraie inconnue. Il y en a des inconnus dans cette campagne, on va en parler, il y a d'autres candidats, etc. Mais visiblement, le Président commence à dévoiler un peu des éléments de sa campagne. Mais que pensent les Français ? Où est l'humeur des Français ? En cette rentrée, elle est assez difficile à saisir.

Alors vous avez beaucoup évoqué les uns et les autres, on l'a fait rapidement, cette grande enquête de nos confrères de Challenge, qui, donc le Président, fait également une tribune pour accompagner cette grande enquête sur 10 000 personnes qui sont d'un peu le cœur des Français. De quelle humeur sont les Français ? Est-ce que déjà, ils entendent ce début de campagne présidentielle ou est-ce que ça leur passe très loin ?

22:10
Invité

Ils s'intéressent assez peu à la politique politicienne, c'est-à-dire les universités d'été de telle ou telle, faudra-t-il une primaire à droite ? C'est un peu le cadet du souci de la grande majorité de nos concitoyens. On rappelle encore, 35% seulement de votants aux dernières élections régionales.

22:26
Présentateur

Oui, c'est bien de le rappeler.

22:27
Invité

Donc il y en a deux tiers qui n'étaient pas dans le film, comme si on parle de Netflix. Ensuite, le Covid n'a pas dit son dernier mot. Et même si une grande et écrasante majorité de nos concitoyens aujourd'hui sont vaccinés, ce virus nous a joué bien des tours. Et donc, il y a quand même une expectative sur comment les choses vont se passer à l'école pour ceux qui ont des enfants, sur est-ce qu'on va reprendre le télétravail pour ceux qui travaillent, est-ce qu'on va être déconfinés ou pas, ce fameux pass sanitaire, est-ce qu'il va être prolongé au-delà du 15 ans ? Donc il y a quand même une interrogation.

22:58
Présentateur

Donc il y a plus une inquiétude qu'une colère ?

23:00
Invité

Pour l'instant, c'est plus une inquiétude sur est-ce qu'on a fini avec ça ou est-ce que petit à petit ça se termine. On voyait nous dans nos enquêtes assez rapidement après le déclenchement de la crise du Covid, on va dire après le premier confinement, que l'inquiétude était plus économique que sanitaire en disant dans quel état va-t-on retrouver le pays ? Et là, le quoi qu'il en coûte, même si on nous dit qu'il va s'arrêter progressivement, est toujours de mise. Et les indicateurs économiques ne sont pas forcément aussi catastrophiques que ce qu'on pensait. On voit notamment que certains secteurs d'activité peinent à recruter.

Grâce au fait que les Français, dans leur grande majorité, ceux qui sont partis en vacances, soient restés en France, la saison touristique a été sauvée. Donc, il y a plus de l'expectative que de la colère, même si dans certains endroits la colère est là. Et puis, ce que l'enquête de Challenges révèle, c'est que nous avons une succession d'inquiétudes, mais qui sont des inquiétudes un peu au long cours sur le changement climatique.

24:01
Présentateur

Qui arrive en tête.

24:02
Invité

Voilà, le changement climatique. Marseille, c'est aussi une façon de parler de l'immigration. On a vu tout de suite les réactions sur l'accueil ou non des réfugiés afghans. Il va parler de la question de la sécurité. Et puis, il y a aussi la question plus globale de savoir est-ce que notre pays tient encore son rang ? On parlait de l'école, on parlait de la désindustrialisation. Et donc, quand Emmanuel Macron fait son espèce de 360 degrés sur Marseille, c'est aussi de dire « Je suis conscient qu'il y a plein de problèmes qui se posent au pays, mais j'ai des solutions, tout est lié, et j'ai la détermination et l'énergie pour apporter des réponses.

» Et je laisse à mes adversaires le soin de se chamailler dans la cour de récréation politicienne. Moi, je suis fixé sur le redressement du pays et l'apport de solutions face aux grandes inquiétudes qui vous arrôlent.

24:56
Présentateur

Est-ce qu'il se trompe, Jérôme Fourquet, lorsqu'il commande dans cette grande enquête, puisqu'encore une fois, il fait une tribune qui accompagne ces chiffres-là, il dit qu'il pense que cette nation, la nôtre, est raisonnable, que le peuple est lucide, que nous avons l'ambition, le goût du progrès, que nous avons une conscience civique. C'est-à-dire que là, on se dit, on est rentré dans la crise sanitaire en se disant « Ce pays est un temps chaudron, c'est le pays des fractures, de l'archipélisation. » Et lui, il dit « Moi, je ne suis pas de ceux qui cultivent les passions tristes et le sentiment d'un déclassement. » Je pense que les Français sont optimistes.

Et là, on se dit « Tiens, on retrouve le Macron de la campagne d'avant. »

25:34
Invité

Alors, comme vous dites, c'est sa marque de fabrique et c'est aussi le constat qu'il fait en disant « Si ce n'est pas moi qui porte ce discours, personne ne va le faire. » Et je m'adresse d'abord à la minorité française qui est sur cet état d'esprit. La France qui va relativement bien, qui veut entreprendre, qui veut poursuivre ses études, etc. Et puis, c'est aussi mon job, entre guillemets, d'essayer d'insuffler un peu d'optimisme.

Je renvoie à une autre interview qu'il avait accordée à vos confrères de Zadig, où après avoir fait un constat sur l'ampleur de la désindustrialisation du pays qui avait ravagé la France périphérique, il nous disait autour d'une phrase que la Seine-Saint-Denis c'est la Californie sans le soleil. Donc, on était un peu là-dessus aussi. C'est-à-dire, il faut insuffler du positif pour essayer d'entraîner le pays. Sur le côté rationnel, on a vu cette succession de manifestations cet été des antipasses. Il a quand même les chiffres de 50 millions de vaccinés.

Et donc, il veut aussi parler en disant à cette France silencieuse qui a pris ses responsabilités, qui s'est mobilisée, ce personnel soignant, tous les gens qui ont organisé les vaccinodromes et autres, les gens qui se sont fait vacciner. On voit que le pass sanitaire s'est plutôt bien passé cet été. et il veut renvoyer aussi une partie de ses opposants comme des champions de cette France qui serait irrationnelle, etc. Clément Beaune, un de ses ministres, récemment a dit nous voulons incarner le parti des gens raisonnables. Et donc, quelque part, c'est de dire voilà, il y a beaucoup de défis, on ne le nie pas, mais il y a un chemin et moi, je peux le décider.

27:02
Présentateur

Il y aura peut-être un petit, pardonnez-moi, je vous ai coupé, mais vous allez faire suite à ce que je vais vous dire. Il y a peut-être un petit grain de sable dans tout ça. C'est la rentrée économique. Alors, vrai que les voyants sont au vert, mais il y a des chiffres qui passent dans le rouge, notamment les chiffres des produits à la consommation. Ça concerne les produits de tous les jours, les pâtes, puisque les cours du blé sont en train de flamber. Ça concerne le plein d'essence. Ça commence à se voir dans le portefeuille des Français.

Et ça, c'est un sujet, là, il y a quelque chose de très optimiste dans ce qu'on est en train de décrire de la campagne d'Emmanuel Macron qui se déroulerait comme dans une bonne série. Ça, c'est surveillé parce que là, pour le coup, c'est une matière inflammable, le pouvoir d'achat. Oui, c'est effectivement quelque chose qu'Emmanuel Macron et son gouvernement regardent de très près. Ils sont effectivement assez inquiets. On se souvient d'un autre automne où les prix du baril augmentaient. Ça avait quand même débouché sur les gilets jaunes. Alors, il y avait certes la taxe carbone aussi. Mais effectivement, c'est regardé de très près.

Et d'ailleurs, ce n'est pas un hasard si le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, a dit aux entreprises « Bon, maintenant, il y a un certain nombre de voyants économiques qui sont au vert. Il y a des tensions sur le marché de l'emploi. Donc, il faut aussi augmenter vos salariés. » Donc, c'est le pouvoir d'achat. Ils sentent que c'est un sujet qui sans doute va monter. Ils s'en inquiètent. Ils essaient de défendre beaucoup et Emmanuel Macron le fait dans Challenge son bilan sur le pouvoir d'achat, notamment en parlant de la suppression de la taxe d'habitation, de la baisse des cotisations, de certaines cotisations sur les salaires.

Après les gilets jaunes, de la baisse de l'impôt sur le revenu sur les premières tranches. On va en parler parce qu'on va voir que ces ministres de gauche montent au créneau en ce moment justement pour porter ce message-là. Mais c'est quand même une préoccupation des Français. Je me retourne vers vous, Jérôme Tourquet, rapidement. Le pouvoir d'achat, c'est-à-dire qu'à chaque fois que vous venez dans cette émission, en général, il y a un moment donné où on parle de ce sujet-là qui a des fondamentaux.

28:55
Invité

Pour l'instant, dont les priorités sont en milieu de tableau, curieusement.

28:58
Présentateur

Curieusement.

28:58
Invité

Mais parce qu'il y a d'autres préoccupations plus urgentes. C'est encore la santé, le Covid, l'école.

29:03
Présentateur

D'accord.

29:04
Invité

Alors là où il peut y avoir un risque, c'est que l'opinion publique peut être ingrate en disant, bon ok, on a réglé le problème du Covid. Maintenant. On va reparler. Et pour rebondir sur ce que disait Isabelle Fissec, aujourd'hui, le prix moyen du litre de gasoil ou du sans-plomb 95, il est au même niveau qu'à mi-novembre 2018. Donc au moment du déclenchement de la crise des gilets jaunes. Mais ce qui peut un peu sauver, c'est que pour l'instant dans le tableau des préoccupations, des urgences, il y a d'autres thèmes. Mais ça peut rapidement changer.

29:32
Présentateur

Ça peut rapidement changer. Surtout qu'on est en train, en cette rentrée, il est très rare de dire aux Français les voyants sont au vert. La reprise est là. Donc dans ces cas-là, les gens se retournent vers le gouvernement en disant, je veux ma part du gâteau.

29:42
Invité

Après toutes les crises et notamment les crises sanitaires, je vous renvoie à la grande peste du XIVe siècle, il y a toujours, si vous voulez, une demande pour que justement on augmente les salaires ou les revenus. Il y a toujours une demande parce qu'on sort de la crise et quand on sort de la crise, on veut être récompensé. Les voyants sont au vert parce qu'on pensait et sincèrement, moi je faisais partie de ces commentateurs-là, que cette crise allait être catastrophique sur un plan économique. Or, le chômage n'est pas... Il y a du chômage en France plus qu'ailleurs mais ce n'est pas catastrophique comme on l'imaginait.

Le pouvoir d'achat, évidemment, l'État a donné beaucoup d'argent donc l'économie du pays se porte plutôt pas mal. Simplement, il y a une inquiétude qui n'est pas du tout dans les radars de tout un chacun mais que Bruno Le Maire doit suivre de très près, ce sont les taux d'intérêt. Pourquoi ? Parce que la réserve fédérale allemande... Américaine. La Banque fédérale américaine a décidé qu'elle n'allait plus donner de l'argent à l'économie et ça, à partir de ce moment-là, vous pouvez considérer que ça peut faire tâche d'huile ailleurs dans les banques centrales.

La Banque centrale européenne jusqu'à présent a dit nous, on continue à alimenter l'économie, à faire marcher la planche à billets mais si ce n'est plus le cas, et bien là, les taux d'intérêt risquent de remonter et la marge de manœuvre des gouvernements et notamment de la France sera beaucoup plus compliquée.

31:10
Présentateur

Alors on l'a dit à l'instant, c'est le sujet qui pourrait contrarier la rentrée calibrée du président, le pouvoir d'achat avec des prix qui grimpent dans l'alimentaire, l'énergie. Alors fidèle ou en même temps, l'aile gauche de la Macronie s'expose, prend la parole et défend le bilan d'Emmanuel Macron. Théo Manval et Joanne Boulanger.

31:30
Invité

Ce sont les autres chiffres qui préoccupent le gouvernement en ce moment. La hausse des prix des carburants, celle du gaz, plus 55% en un an, au plus haut depuis 13 ans, ou encore celle des matières premières, comme le blé, plus 30% ces toutes dernières semaines. Les amateurs de spaghettis l'ont peut-être déjà remarqué dans les rayons du supermarché. Alors face à l'urgence sociale qui plane aussi sur cette rentrée, le gouvernement décide en cœur de mettre en avant son bilan. Qu'est-ce qu'on peut faire ? D'abord on peut atténuer pour ceux qui ont le moins de moyens, les plus modestes, les plus précaires, la facture. C'est ce qu'on fait notamment avec le chèque énergie.

On a augmenté le chèque énergie cette année il me semble de 50 euros, je crois que ça correspond à 25% d'augmentation. Sur les subventions, c'est-à-dire vraiment l'argent que nous donnons aux entreprises ou aux salariés pour protéger le pouvoir d'achat, c'est 80 milliards d'euros. Pouvoir d'achat, consommation, à 8 mois de la présidentielle, la Macronie l'a bien compris, le scrutin ne se jouera pas uniquement à droite sur le tout sécuritaire. La ministre du Logement le dit même tout net dans les colonnes du Parisien ce matin.

32:31
Emmanuel Macron

Il faut qu'on s'adresse encore plus que ce que nous avons fait jusqu'à présent aux électeurs de gauche. Nous soutenons notamment la mise en place d'un revenu universel d'activité qui pourrait aboutir dans le prochain quinquennat.

32:43
Invité

Et peut-être que l'électeur de gauche a un oeil sur ce qui se passe ces jours-ci du côté de Matignon. Le Premier ministre y reçoit les partenaires sociaux et paraît lever le pied sur la réforme des retraites. Concertation toujours, mais pour les syndicats, c'est clair, elle ne verra pas le jour d'ici la fin de ce mandat. Pour la CFDT, il n'y avait pas de concertation à avoir sur le sujet des retraites puisqu'il n'y avait pas de voie de passage avant 2022 sur une quelconque réforme. Donc il ne fallait pas, au-delà des accords de fond, on ne va pas se mettre à discuter avec un gouvernement pour nourrir le programme d'un candidat. Ça n'a pas de sens.

Donc on l'a redit, le Premier ministre a pris note. Jean Castex qui n'a toutefois pas reculé sur la réforme de l'assurance chômage. Elle doit entrer complètement en vigueur le 1er octobre prochain. Mais au-delà du climat social, c'est peut-être bien le climat tout court qui risque de devenir le talon d'Achille de la campagne à venir d'Emmanuel Macron. C'est la première préoccupation des Français. Selon un sondage paru ce matin dans le magazine Challenge, 84% d'entre eux s'en inquiètent. Les incendies de cet été dans le Var, les inondations meurtrières en Europe du Nord et encore ces dernières heures à New York n'ont fait que renforcer les craintes, notamment de la jeune génération.

Il y a une vraie demande des citoyens que le changement se mette en mouvement maintenant. Et si les marches pour le climat se sont multipliées ces derniers mois ? Le bilan du président en la matière est contrasté. Glyphosate, centrale à charbon, retard pris dans les engagements de l'accord de Paris et une loi climat pas à la hauteur des attentes des militants. Aujourd'hui, la France, clairement, ne remplit pas ses objectifs climatiques. Le Haut Conseil pour le climat vient de rendre à nouveau un rapport en disant qu'on n'était pas dans les rails pour atteindre nos objectifs de moins 40% d'ici 2030.

Il faudrait qu'il n'y ait plus une seule nouvelle infrastructure d'énergie fossile sur la planète à partir de ce jour. Or, ce n'est absolument pas ce que font nos pays. Les mots et surtout les actes d'Emmanuel Macron risquent donc d'être une nouvelle fois scrutés lorsque s'ouvrira la COP26 à Glasgow en Écosse dans deux mois.

34:46
Présentateur

Les jeunes auxquels il s'adresse et dont nous avons parlé au début de l'émission, ils vont peut-être lui demander des comptes sur ce sujet-là aussi, sur la question de l'écologie, de l'environnement, de l'urgence climatique. On rappelle que les inondations font sept morts à New York. Des images comme ça, on en a tous les jours.

34:58
Invité

Oui, mais c'est sûr que ça va être... Et d'ailleurs, ça tombe bien pour lui. Il est à Marseille, il va demain assister à un congrès international. Il va pouvoir avoir... Parce que c'est un congrès assez particulier. C'est pour défendre la biodiversité, c'est-à-dire les espèces qui sont menacées. C'est assez concret. Oui. C'est pas...

35:16
Présentateur

Ce n'est pas ce qui mobilise le plus,

35:21
Invité

parle aux gens quand même. Il y a des images, quoi. Et c'est vrai que les incendies, par exemple, dans le massif des Morts, ça a marqué les esprits. Les inondations en Europe centrale, aux Etats-Unis, les incendies aux Etats-Unis aussi. Et tous ces sujets-là, effectivement, il n'y a pas de bilan le président de la République. Parce que chacun a bien compris que la Convention sur le climat, ça avait été une espèce de gadget dont était sorti pas grand-chose. Il y a eu l'épisode assez étonnant des gilets jaunes avec l'augmentation de la taxe carbone qui n'est pas passée. Donc, du coup, ils ont fait marche arrière. Et là-dessus, on n'a pas beaucoup progressé.

Et puis, on a le sentiment aussi que, si vous voulez, il y a quand même chez les Français une sensibilité écologiste qui est en train de monter très forte.

36:14
Présentateur

On le voit encore une fois dans cette enquête, c'est très net.

36:17
Invité

Y compris dans les votes. Parce que, je veux bien qu'on dise que le vote des villes qui ont été remportées par les écologistes, c'est un vote bobo de gens qui sont loin finalement des réalités du pays, de la terre et tout ça, mais pas complètement. Il y a quand même une réalité et une réalité qui existe. Donc, Emmanuel Macron, qui est un président qui n'a pas d'ADN, pardon pour la facilité, mais qui n'a pas d'ADN écologique, comme tous ses prédécesseurs, là-dessus, est très faible.

36:46
Présentateur

C'est son talon d'Achille ? Vous êtes d'accord avec ça ? C'est un de ses talons d'Achille. Un de ses talons d'Achille pour la campagne qui s'annonce et qui s'ouvre ? Alors, effectivement, c'est une des difficultés. D'ailleurs, quand on pose la question du bilan assez proche et répondre, notre bilan, c'était Nicolas Hulot qui était arrivé à la surprise générale. Et d'ailleurs, ce qui est étonnant, c'est que Nicolas Hulot sera demain, ça a été annoncé par la fondation Nicolas Hulot avec le président de la République pour une visite dans le parc des Calanques en tant que président de la fondation Nicolas Hulot. N'empêche que ça fera une image.

Ce qui est, effectivement, il n'a pas un bilan reluisant même s'il y a différentes actions qui sont mises en avant, la fin du projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la fin de la mine d'or en Guyane, etc., du projet de mine d'or en Guyane. Mais c'est vrai qu'il n'y a pas un discours global sur l'écologie. La chance d'Emmanuel Macron, c'est que pour l'instant, il y a une envie d'écologie en France qui est attisée par le dérèglement climatique qui n'est plus une menace qui est maintenant visible et qui est tangible, mais il n'y a pas de véritable tuyau politique. C'est-à-dire que ça passe un peu par les écolos, mais les écolos, ce n'est pas les grunons.

Les écolos français, ce n'est pas les grunons. C'est-à-dire que là, pour l'instant, il y a 20 000 personnes inscrites à la primaire écolo, simplement 20 000. Alors, c'est mieux que la fois précédente, mais ce n'est pas non plus un raz-de-marée de personnes qui vont pousser un candidat écolo vers la présidentielle. Donc, à la fois, il n'y a pas de bilan, mais pour l'instant, il n'y a pas un candidat. C'est divisé. C'est-à-dire qu'on va avoir un peu Anne Hidalgo qui va parler évidemment d'écologie. Jean-Luc Mélenchon, c'est un de ses thèmes, notamment sur les océans.

Il en a déjà beaucoup parlé lors de la précédente campagne, mais il n'y a pas le candidat en face qui le mettrait face à ce bilan raté. Isabelle Fissac sur le bilan d'Emmanuel Macron. Quand on fait le... Alors, c'est un peu tôt. Il lui reste encore 100 jours visiblement pour agir, même si on a bien l'impression que les réformes qui ont dû être menées l'ont été avant, avant les multiples crises qu'il a dû agir. Mais sur ce bilan-là, est-ce que vous pensez que ça peut le gêner pour dérouler les axes de sa campagne ? Vous avez eu raison, Yves Tréhard, de rappeler cette grande consultation qu'il avait faite. C'était aussi une autre manière de faire de la politique.

Et là, pour le coup, quand les écolos qui attendent des actes concrets vont lui sortir la liste, ça va être compliqué. Ça va être effectivement difficile. C'est vrai que depuis le départ fracassant de Nicolas Hulot, il a du mal à imprimer là-dessus et à défendre un bilan. Alors, il va, encore une fois, essayer de se projeter. Il va le faire, notamment la semaine prochaine, avec le plan de relance. Parce que dans le plan de relance, il y a un pilier vert sur la rénovation publique des bâtiments, etc. Des choses qu'on ne voit pas encore. Mais ça va être... Si, si, on y va. D'accord. Pareil, le plan d'investissement France 2030, il doit y avoir une partie écologie verte. Bon, on verra.

On verra bien. Et puis, il y aura aussi un bilan espèce sonnante et trébuchante. Parce qu'il y a ma prime rénov' qui, pour le coup, est quelque chose de très concret. Et puis, il y a aussi les primes à la conversion. Mais enfin, c'est vrai que tout ça n'est pas suffisant. Et plusieurs fois... C'est pas suffisant, pardonnez-moi, je vous coupe, dans un moment où ceux qui incarnent l'écologie assument, alors ont-ils tort, ont-ils raison ? Tout à l'heure, on posera la question à Jean-Marie Fourquet, mais un discours disant pour répondre à cette urgence-là, il faut un discours de radicalité. Exactement. Ils assument ce discours de radicalité.

Alors, il y a quelque temps, Emmanuel Macron avait d'ailleurs raillé les verres avec les amiches, les pulots verts qui grattent, etc. Je pense que ce genre de phrases vont sûrement disparaître. On n'en entend plus beaucoup à l'approche de la présidentielle. Mais lui, il dit toujours qu'il veut incarner une autre écologie qui ne serait pas punitive. D'accord. Jusqu'à un moment, il faudra faire des efforts que les Français ne sont pas toujours prêts à faire.

40:23
Invité

Ce qu'il ne faut pas oublier, pardon, c'est le référendum. Il avait promis un référendum sur l'écologie et il n'aura vraisemblablement pas lieu. J'en parlais. Elle dit que c'est le Sénat de droite qui avait intérêt à ce référendum. Donc, lui, il voulait le faire mais qu'il n'a pas pu le faire. Sur le bilan, on voit que c'est très mitigé parce qu'on voit par exemple que sur les centrales thermiques à charbon, les quelques qui restaient en France, elles vont être fermées. Il y a une mesure plus anecdotique qui a été portée par une secrétaire d'État sur l'interdiction des couverts en plastique. Donc, on est là sur des choses qui parlent à la vie quotidienne.

40:57
Présentateur

Oui, c'est au moins visible par le français.

40:59
Invité

Mais il n'y a pas eu d'arbitrage favorable à la ligne écologiste sur le glyphosate qui a fait beaucoup parler. Et puis, on voit l'attitude très mi-chev, mi-chou pour ne pas dire plus sur la question de l'éolien. Parce qu'on sent le sujet monter. La droite, qu'il s'agisse de Valérie Pécresse ou de Xavier Bertrand, eux ont choisi leur camp en disant nous, il faut remettre tout ça à plat. Xavier Bertrand, dans sa région, c'est la région où il y a le plus d'éoliennes en France. On a fait n'importe quoi, on a saccagé les paysages. Vous avez quelqu'un comme M. Berne qui dit voilà, notre patrimoine est menacé, etc. Donc, Macron joue aussi là-dessus.

Et puis, pour essayer de dépasser cette contradiction, eh bien, on est toujours dans la projection. D'accord. par exemple, on va verdir notre économie, il y aura la voiture électrique. Alors, ce n'est pas que la France et l'Europe. Ce n'est pas rien. 2030, interdiction des moteurs thermiques, ça veut dire pour une industrie automobile française qui est assez fragile, qui est soumise à beaucoup de chocs, beaucoup de choses. Mais on remet à demain. Et là, peut-être, où il va être questionné, c'est qu'est-ce que vous faites ici et maintenant. Mais encore faut-il qu'il y ait quelqu'un pour le challenger sur ce sujet-là.

Et pour l'instant, il fait aussi le pari que comme la gauche sociale-écologiste est divisée, eh bien, il s'en tirera sans trop de casse. Donc, on aura sans doute peut-être une ou deux annonces fortes d'ici la fin du quinquennat pour essayer un petit peu d'occuper ce terrain. Mais ce n'est clairement pas son sujet le plus fort.

42:22
Présentateur

Parce que son sujet le plus fort, c'est quoi ?

42:24
Invité

Il est plus sur la question économique.

42:25
Présentateur

D'accord. En considérant qu'il a un bilan économique.

42:28
Invité

Voilà. Il a fait le pas faux. Il en coûte. Ce qui n'est pas faux.

42:31
Présentateur

Cette question. Les électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron lors de la dernière élection présidentielle lui resteront-ils fidèles ? Jean-Fourquet.

42:37
Invité

Une bonne partie. Et tout l'objectif, c'est d'en garder le plus possible. Mais, élément nouveau par rapport au quinquennat précédent, c'est sa capacité à aller capter un électorat qui n'avait pas voté pour lui. Et notamment, un électorat qui avait voté pour François Fillon, candidat de droite. On l'a vu aux élections européennes. Et vous avez vu la semaine dernière la réunion des maires de droite plus ou moins Macron-compatibles à laquelle a participé Édouard Philippe avec M. Falco, le maire de Toulon, M. Estrosi qui a dit qu'il avait une relation à Nice, une relation très forte avec le président de la République. Donc, les grandes manœuvres ont commencé.

Et l'objectif pour Emmanuel Macron, voilà, c'est d'être le candidat de la raison, le candidat qui a géré les crises et qui face à des oppositions politiques qui se chamaillent sur des questions partisanes, eh bien, lui, il a la capacité de rassembler.

43:34
Présentateur

Candidature à 360, c'est ce que vous avez, l'expression que vous avez utilisée tout à l'heure, Yves Tréard, c'est vrai que quand on fait attention à ce qui est en train de se passer, la tectonique des plaques, il y a eu cette réunion ?

43:44
Invité

Juste un instant, on va essayer de rejouer en même temps, c'est-à-dire que le débat se fera au sein de notre majorité, entre l'aile gauche et l'aile droite. C'est chez nous que ça se joue. Et avec cette idée,

43:53
Présentateur

Jérôme Fourquet, justement, je me tournais vers vous, Yves Tréard, de faire une espèce de confédération. C'est-à-dire, bon, l'ARM, c'est un parti qui n'a pas marché, mais on va agréger autour de ça tout un tas de petits satellites qui vont couvrir le spectre le plus large de la classe politique. On rappelle qu'il y a des mouvements qui sont agrégés, des ministres, notamment Emmanuel Vargon qui a pris la parole ce matin chez nos confrères du Parisien, qui a eu une espèce de petite écurie des gens de gauche avec Jean-Yves Le Drian. Il y a ces gens autour d'Edouard Philippe. Il veut faire une confédération, c'est-à-dire qu'il va dissoudre l'ARM ?

44:26
Invité

Oui, tout d'ailleurs, il n'aura pas tellement de mal à la dissoudre parce que s'il la dissout, elle n'existe pas. Ou alors, c'est une coquille vide. Mais ça ne vous rappelle rien, ça ? Ça ne vous rappelle pas un certain Valéry Giscard d'Estaing ? Non, j'avoue.

44:38
Présentateur

Ça devrait, mais non.

44:39
Invité

Deux Français sur trois. Et puis l'UDF qui était une confédération aussi de petits partis. Alors, c'était peut-être un peu moins à gauche quand même, je le reconnais. Mais là, c'est évidemment son objectif. C'est-à-dire que je doute qu'il se repose sur La République En Marche, celle qu'elle fonctionnait pour 2017. Il va sans doute essayer, tout va dire, tout tourne autour de lui, il va essayer de trouver un mouvement encore nouveau et qui peut-être accorde plus d'importance aux différentes sensibilités. Et on le voit pour que ça soit plus marqué afin de satisfaire des électorats différents. Il n'a pas perdu, contrairement à ce qu'on pensait, l'électorat de centre-gauche social-démocrate.

On était persuadés, enfin, moi le premier, qu'il en avait perdu beaucoup. Une partie, mais il en reste quand même. Et en fait, il en reste beaucoup. Et là, où on pensait qu'il avait cranté l'électorat de droite entrepreneurial, à la fin, enfin, il y a six mois, ça commençait à, il commençait à avoir un peu de mou de ce côté-là. Alors, ça serait intéressant avec cette réunion qui a eu lieu à Fontainebleau, effectivement, de gens de droite, Macron compatibles, savoir si tout ça peut s'agréger et peut tenir. Parce que lui, il faut qu'il tienne encore huit mois.

45:52
Présentateur

Isabelle Fissac, qui est-ce qu'on surveille avec le plus d'attention à l'Élysée parmi les candidats potentiels en cette rentrée politique et Dieu sait qu'il y en a ? Alors, on regarde Xavier Bertrand depuis le début, même si là, au temps d'Emmanuel Macron, on souligne que, finalement, il s'est lancé il y a longtemps pour pouvoir monter dans les sondages et qu'il n'est pas monté. Et donc, certains disent que c'est comme le vélo, quand on n'avance plus, on recule, et puis à la fin, on tombe. Donc, ils regardent aussi Valérie Pécresse en disant qu'elle est beaucoup plus proche finalement de nous, d'une partie de notre électorat. Donc, attention, c'est plus difficile de l'attaquer.

Voilà, il la regarde après tout en se disant quand même que c'est le bazar à droite. Ça reste, ça reste le bazar. Et puis, il regarde aussi quand même Anne Hidalgo en se disant peut-être qu'elle a quelque chose à jouer. Ils attendent que les choses claires se dessinent. Mais pour l'instant, il y a quand même une certaine confiance, même si ça se dit attention, non, ne l'affichons pas trop parce que ça pourrait nous jouer des tours quand même. Et puis il reste 7 mois avant quand même la présidentielle. le virus est toujours... En tout cas, Emmanuel Macron cible dès qu'il le peut ceux qui cultivent les peurs et les passions tristes.

Ce sont ses mots dans son viseur Marine Le Pen, bien sûr, mais aussi sans doute Éric Zemmour. Celui qui est encore éditorialiste, laisse encore planer le doute sur ses réelles ambitions présidentielles et choisit de cibler la présidente du Rassemblement National qu'il juge incapable de gagner la prochaine présidentielle. Romain Bessnenou écrit ce froquet.

47:23
Invité

Pas encore officiellement candidat à l'Elysée, sur le terrain, Éric Zemmour en a pourtant tout l'air. Lors d'un événement de rentrée organisé samedi par le micro-parti Objectif France, l'essayiste a livré son habituel discours sur le déclin français.

47:43
Emmanuel Macron

On peut être français de n'importe où, mais ça veut pas dire que la France est une terre perdue et qu'on y vient comme on est. C'est pas McDonald's la France.

47:55
Invité

Éric Zemmour qui fait un pas de plus vers sa candidature tout en taclant ses adversaires, il confirme son ambition de rassembler la droite. Ça, oui,

48:04
Emmanuel Macron

j'en ai envie, mais vous savez, je m'évertue à le faire depuis des années. Marine Le Pen, elle a un socle très solide, mais vous avez vu, elle a déjà perdu 5 points dans les sondages. Elle était à 26,

48:15
Invité

elle était plus qu'à 21. Je pense que l'échec au régional a été un très mauvais coup pour elle et tout le monde a compris au RN qu'elle ne gagnerait jamais. Éric Zemmour, objet de toutes les curiosités et de toutes les craintes. Crédité de 7% dans les sondages, poussé par ses proches, le polémiste y croit de plus en plus. Hier, il a même quitté son poste au Figaro, incompatible avec une campagne électorale. Mi-septembre, son livre La France n'a pas dit son dernier mot sortira et pourrait faire office de rampe de lancement. C'est l'espoir de ces jeunes, inconditionnels d'Éric Zemmour, ils se sont baptisés la génération Z.

C'est les primo militants, on démarre et puis on se prépare pour la campagne. Depuis des mois, ils collent des affiches de campagne dans toute la France. Nous, on espère que nos soutiens, les affiches et toutes les actions qu'on fait lui donnent envie de se présenter et on espère qu'il se présentera un jour ou l'autre et en attendant, on va par le terrain. Ces militants disent être plus de 2000. Certains, comme Antoine Diers, ont même leur carte au parti Les Républicains. Ils récoltent des fonds pour la possible campagne d'Éric Zemmour, candidat le mieux placé à droite selon eux. Regardons les audiences télé. Quand Éric Zemmour intervient quelque part, ça fait des audiences de fous.

C'est pas un signal de vote, c'est pas un signal électoral, mais c'est un signal de popularité, de notoriété, d'intérêt pour la personne d'Éric Zemmour. Parmi ses soutiens, beaucoup aimeraient d'ailleurs voir Éric Zemmour participer à la primaire de la droite. Ils n'ont pas oublié l'accueil d'Itty Rambic réservé à leurs champions il y a presque trois ans par Laurent Wauquiez, alors président des LR. Éric est ici chez lui. Les thèses identitaires de l'essayiste étaient alors applaudies par quelques 700 militants les Républicains. Ils sont défrancisés, ils sont ré-islamisés et les territoires vont doucement dériver vers l'éloignement de la France.

C'est le problème qui va nous tomber dessus et qui nous a déjà tombé dessus. Mais aujourd'hui, fini l'idyle entre LR et Éric Zemmour. Si certains, comme Brice Hortefeux, plaident pour une participation du polémiste à la primaire, les ténors du parti, eux, la refusent catégoriquement. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs.

50:35
Présentateur

Il ne peut pas participer à la primaire, il ne peut pas être candidat.

50:37
Invité

Nous ne partageons pas les mêmes valeurs, je vous rappelle, et nous préparons un engagement sur les valeurs, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Éric Zemmour, c'est pas votre droite. Éric Zemmour, il fait des constats, j'ai du respect pour lui, j'ai même de l'amitié pour lui, mais il n'appartient pas à ma famille politique. La candidature d'Éric Zemmour serait en tout cas une mauvaise nouvelle pour les candidats déclarés à droite, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, qui redoutent de voir une partie de leurs électeurs se tourner vers un profil plus radical.

51:05
Présentateur

Jérôme Fourcane, naturellement, je me tourne vers vous. Est-ce que c'est une construction médiatique, Éric Zemmour, ou est-ce qu'il commence à se passer quelque chose dans l'opinion ?

51:12
Invité

Alors, il est testé entre 5 et 7% dans les sondages, donc c'est pas rien. Il sort un livre prochainement qui va sans doute être vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Alors, on a appris que le nombre de livres que vous vendiez n'était pas... Oui, un signe annonciateur d'un succès électoral, forcément.

51:32
Présentateur

Pensez à Nicolas Sarkozy

51:33
Invité

ou à François Hollande. Ou un ami d'Éric Zemmour, Philippe De Villiers, qui vendait beaucoup de livres et qui faisait pas forcément toujours des très bons scores. Néanmoins, il représente un courant de pensée qui est fort dans le pays et il occupe un espace qui aujourd'hui est assez peu occupé, c'est-à-dire que la droite, on voit bien, il n'y a pas un leader qui émerge. Marine Le Pen est très bien identifiée, elle a été triomphalement réélue à son congrès, mais les régionales n'ont pas été couronnées de succès. Donc, il y a une espèce de faux plat. Et donc, Éric Zemmour occupe cet espace. On a parlé tout à l'heure de la grande crainte environnementale sur le changement climatique.

Ça, c'est un des grands spectres qui hante la société française aujourd'hui avec ses incendies géants, etc. Mais il y en a un deuxième, je pourrais dire, dans la société française, il y a à la fois la peur du grand réchauffement et la peur du grand remplacement. Et donc, Éric Zemmour, c'est celui qui a théorisé ça, c'est celui qui est sur ce créneau-là et qui est celui qui a un discours le plus cortiqué, le plus vertébré sur cette question-là. Et donc, du coup, il a une clientèle, il y a un espace à cheval entre le Rassemblement National et une droite assez identitaire, assez conservatrice. Il a un talent, il sait mettre les choses en perspective sur sa grille de lecture.

Et donc, il faut regarder comment les choses vont se passer. Alors, pour aller au fond de votre question, est-ce que ça va faire pchit ? Bon, d'abord, il faut qu'il soit vraiment candidat. Là, pour l'instant, il court de lièvre à la fois, c'est-à-dire qu'il fait la promotion de son livre, ce qui n'est jamais perdu. Et puis, si jamais ça fonctionne bien, il se laisse le droit d'aller un cran plus loin et de se lancer dans sa campagne. Habituellement, les candidats écrivent des livres pour porter leur campagne. Là, on peut dire que la pré-campagne sert à faire le lancement du livre. Mais ça peut aussi s'inverser.

53:23
Présentateur

La question qu'on se pose, Isabelle Fissac, c'est à qui est-il utile, Éric Zemmour ? Il gêne les Républicains qui sont obligés de se positionner en disant il part, il ne sera pas à notre primaire, il les déporte sur leur droite, il gêne Marine Le Pen, il est utile à Emmanuel Macron ? Alors, effectivement, autour d'Emmanuel Macron, il est très regardé et certains pour s'en réjouir en se disant il met encore plus le bazar à droite, si je puis dire, et puis chez Marine Le Pen aussi. Et peut-être fera-t-il baisser à la fois le score de Marine Le Pen et celui de Xavier Bertrand si Xavier Bertrand est in fine candidat jusqu'au bout.

Après, d'autres s'en inquiètent en disant c'est à double tranchant parce que si jamais Marine Le Pen effectivement baisse un peu trop et qu'Emmanuel Macron se retrouve face à un adversaire de droite, eh bien, dans cet électorat centre-droite de droite, certains peuvent se dire eh bien, je rentre à la maison et puis je reviens vers quelqu'un de plus traditionnel entre guillemets. Donc, pour l'instant, certains le regardent avec gourmandise et d'autres avec une forme d'inquiétude. Et puis d'autres se disent aussi ça ne promet pas une campagne très sereine et sans doute il y aura des thèmes extrêmement clivants et des thèmes sur lesquels Emmanuel Macron n'est pas le plus à l'aise non plus.

Et peut-être un peu d'outrance aussi. Où est passée Marine Le Pen ?

54:59
Invité

Alors, Marine Le Pen jusqu'à présent elle avait une stratégie ou une tactique plutôt, c'est que moi elle en disait et mieux elle se portait. J'entends dans les sondages les intentions de vote. La donne a changé avec les régionales qui ont quand même été une claque pour Marine Le Pen. Il ne faut pas l'oublier. Elle a été persuadée qu'elle pouvait quand même remporter au moins une région et ailleurs arriver à des scores qui étaient des scores importants. Or, ça a été une grande déception et je pense qu'elle n'a pas de stratégie là. Elle est en train de se demander si vous savez, Marine Le Pen sous le quinquennat d'Emmanuel Macron s'est recentrée.

Elle s'est recentrée c'est-à-dire qu'elle s'est déportée non pas vers la droite mais plutôt vers le centre. Elle a fait le ménage. On peut dire que le Rassemblement national est un parti malade qui s'ignore. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de tiraillements à l'intérieur du parti.

55:53
Présentateur

Pardon, quand vous dites qu'elle s'est recentrée si vous faites la référence à ce qu'elle disait par exemple sur le dé qu'il faut rembourser la dette sur les hommages au général de Gaulle.

56:00
Invité

Sur l'Europe, par exemple. Oui, ses hommages au général de Gaulle. Plus question de sortir de l'euro. Autant de thèmes d'ailleurs que si Éric Zemmour vient se mêler à la bataille reprendra à son compte. C'est-à-dire qu'Éric Zemmour sera évidemment contre l'Europe, contre l'euro. Tous les thèmes qu'elle a laissés de côté, lui, il y reprendra. Donc, elle est, je dirais, dans une période d'attentisme pour savoir sur quel ton il faut qu'elle parle et sur quel sujet.

56:31
Présentateur

Très vite. Mais ce qui est très intéressant, en fait, c'est deux stratégies qui s'opposent, enfin, beaucoup réfléchissent. C'est-à-dire, est-ce qu'on choisit une stratégie face à Emmanuel Macron de bloc populiste ? C'est-à-dire, on essaie d'avoir la France populaire avec nous, qu'elle soit de gauche ou de droite, c'est ce vers à quoi tendait Marine Le Pen ou bien est-ce qu'on essaie de ressusciter cette idée d'union des droites et ce qu'essaie de faire Éric Zemmour ? Souvenez-vous, Laurent Wauquiez, accueillant Éric Zemmour, on a vu les images dans le reportage, Éric, tu es ici, chez toi. Il était à l'époque président des Républicains.

Il ne pensait pas, sans doute, que Éric Zemmour allait peut-être se trouver en position de candidat. On le verra des années plus tard. Et nous revenons maintenant à vos questions. Une question d'Anne-Marie dans les Vosges. Pourquoi cibler les jeunes qui votent moins que les seniors et les cadres ? C'est vrai ?

57:17
Invité

Alors, sans doute parce qu'Emmanuel Macron considère qu'une partie des cadres et des seniors lui sont déjà acquis. Et puis, ce qu'on disait aussi, c'est s'adresser à la jeunesse, c'est s'adresser au reste de la famille, mais plus globalement, c'est se projeter dans l'avenir en disant, je prépare la France de demain et quand on prépare la France de demain, on est au chevet des jeunes.

57:34
Présentateur

Pourquoi le président sortant prend tellement son temps pour annoncer sa candidature ?

57:39
Invité

Ça, c'est une vieille tradition. Vous savez, c'est rare, les présidents sortants qui annoncent leur candidature très en amont. Il y en a à qui, ça a coûté très cher. Valéry Giscard d'Estaing qui était persuadé de gagner en 1981 qui a annoncé sa candidature que début de l'année 81, il a perdu.

57:56
Présentateur

On les a beaucoup comparés. On les a beaucoup comparés.

57:58
Invité

Nicolas Sarkozy, en 2012, met beaucoup de temps à se manifester à tel point que, d'ailleurs, il fait des meetings un peu n'importe comment à la fin de son quinquennat pour essayer de rattraper le retard. Donc, généralement, les présidents de la République se déclarent tardivement. Ils attendent de voir comment le paysage...

58:22
Présentateur

Parce que c'est confortable, le double scapule, le président candidat.

58:24
Invité

Parce que, oui, ils ne veulent pas être accusés de double jeu non plus. C'est-à-dire de se servir de leur fonction pour faire campagne. Alors qu'il n'y a aucun doute. Et là, par exemple, on peut dire sans problème qu'Emmanuel Macron fait aussi campagne à Marseille.

58:39
Présentateur

Vivement, les débats télévisés de la primaire des Verts, de la gauche et de la droite pour assister au duel fratricide. Alors, peut-être... qu'il faut attendre ça. Pour l'instant, ça se passe plutôt bien. J'ai les Verts. Ils ont évité le duel fratricide. Pour l'instant, il y a des débats qui arrivent. Voilà. Pour l'instant, ils font attention. Il y a quand même le premier débat qui arrive dimanche. Il va falloir qu'ils se différencient. Alors, c'est vrai qu'il n'y a pas une pression comme il pouvait y avoir sur les candidats de la primaire de la droite.

Souvenez-vous, en 2016, parce qu'il était écrit que le gagnant de la primaire, alors ce n'est pas arrivé, mais que le gagnant de la primaire de la droite allait remporter la présidentielle. Là, on sait que le gagnant de la primaire des écolos, il va devoir négocier avec le Parti socialiste. On va voir qui ce sera. Si c'est Sandrine Rousseau, elle ira parler aussi avec Jean-Luc Mélenchon. Si c'est Yannick Jadot, ce sera plus compliqué. Donc, c'est juste une étape sur la route de la présidentielle. Une première étape. On est vraiment au tout début. Pour Florence, dans les Pyrénées-Atlantiques, une guerre d'égo s'annonce. À quand les idées ? Ça arrive plus tard, les idées ?

59:38
Invité

Voilà. Mais vous voyez qu'on parle à la primaire écolo. Il y aura peut-être une primaire à droite. Et tout ça est bénéfique pour Emmanuel Macron qui dit que pendant que les égos s'aiguisent dans les autres familles politiques, moi, je trace un cap, je m'occupe de la jeunesse, je prépare...

59:52
Présentateur

Ça ne peut pas être un débat d'idées ?

59:54
Invité

Ça peut. Il y aura toujours un débat d'idées. On a vu au moment de la primaire du PS la dernière fois, entre Manuel Valls et Benoît Hamon, il y avait un débat d'idées. On se même demandait à un moment comment ils faisaient pour être encore dans le même parti ensemble.

1:00:07
Présentateur

Pourquoi je vous pose la question ? Parce qu'on a eu commenté les uns et les autres ici que les primaires, quand ça se passait bien, quand il y avait quelqu'un qui sortait fort d'une primaire, on pense à François Fillon, il n'a pas... Il y a eu un moment donné, avant de se cracher, il y a eu une dynamique. Ça peut aussi faire émerger quelqu'un que les Français ne connaissent pas bien et créer une dynamique ?

1:00:24
Invité

Ça peut, mais dans des circonstances un petit peu particulières. Vous voyez, François Fillon, les Français le connaissaient. François Hollande, quand il gagne la primaire à gauche, il est connu également. Donc là, aujourd'hui, il y a une primaire écolo, ça peut éventuellement faire émerger quelqu'un, mais on n'est pas sur un niveau de dynamique et comme disait Sozic Kemener, on ne pense pas forcément, il faudra regarder les audiences, mais que c'est là que ça va se jouer.

1:00:45
Présentateur

À moins qu'il y ait des primaires à droite ?

1:00:46
Invité

À moins qu'il y ait des primaires à droite avec un des principaux impétrants qui a dit que ce sera sans lui.

1:00:52
Présentateur

Comment expliquer que la cote de confiance du président soit au plus haut ? Alors ça, c'est encore pour vous, Jérôme Fourquet ?

1:00:56
Invité

Elle n'est pas au plus haut, mais elle n'est pas basse. D'après le dernier baromètre « Il faut obligé d'aider », c'est 41% de Français qui sont satisfaits. Ça fait quand même 6 Français sur 10 qui sont mécontents, il ne faut jamais les oublier. Ils se font entendre, certains, dans la rue. Mais quand on compare à la popularité de ses prédécesseurs au même moment, Nicolas Sarkozy, 33%, François Hollande, 15%. Donc il est nettement au-dessus, ce qui lui laisse des chances. Et pourquoi est-il haut ?

Bien parce que sans doute qu'on lui sait gré dans une partie de l'opinion d'avoir continué d'essayer de transformer le pays et puis d'avoir à peu près fait face dans la dernière manche à l'épidémie de Covid.

1:01:31
Présentateur

La politique du quoi qu'il en coûte a permis de limiter les dégâts. Les Français en tiendront-ils compte dans 8 mois ? Dominique, dans le Haut-Rhin.

1:01:39
Invité

Non, je crois que... Vous savez, il y a deux choses dans une campagne. Il y a le discours sur l'avenir, ce que fait le président de la République actuellement. Et vous avez le bilan. Et d'expérience, on n'est jamais élu sur un bilan. Jamais. On peut être battu sur un bilan. On peut être battu sur un bilan, certes. Mais on est... Vous pouvez regarder... Le plus bel exemple, c'est quand même François Mitterrand. François Mitterrand a un bilan économique catastrophique à la fin de son premier quinquennat. Son premier septennat. Il perd les législatives. Il est même... Il est un président, je dirais, qui inaugure un peu les chrysanthèmes. Enfin, j'exagère un peu. Il est largement réélu en 88.

1:02:17
Présentateur

Après une cohabitation.

1:02:18
Invité

Après une cohabitation. Alors, là, on va voir si... Le grand challenge pour Macron, c'est que ses deux prédécesseurs, à l'occasion d'un quinquennat, n'ont pas réussi à se faire réélire. L'un, il a été battu. L'autre n'a pas pu se représenter.

1:02:31
Présentateur

Une autre question. La seule opposition à Macron pourrait-elle être celle des syndicats ? Les partis LRPS, PC, LFI sont inaudibles. Alors, c'est vrai que, de toute façon, on est dans une période, dans une époque où les partis ont été divitalisés par les primaires, justement, et aussi parce que les laboratoires d'idées étaient en dehors des partis. Donc, les partis ont perdu leur substance. Alors, les syndicats, ils n'ont plus la force qu'ils pouvaient avoir autrefois. Là, pour l'instant, s'ils sont présents et si on en parle, par exemple, aujourd'hui, c'est quelque part, Emmanuel Macron a souhaité les réhabiliter parce qu'il avait beaucoup marché sur les corps intermédiaires.

Et là, il essaie de les remettre un petit peu en avant, mais tout en les contrôlant, finalement. Donc, c'est compliqué de dire que c'est par les syndicats que viendra l'opposition à Emmanuel Macron. Une question de Jean dans l'Essonne. La France prend la présidence de l'Europe pour six mois au 1er janvier 2022. Macron peut-il en tirer avantage avec l'élection au mois d'avril ? C'est, de toute façon, un grand espoir d'Emmanuel Macron qui rappelle qu'il a assumé cette dimension européenne en 2017 et qu'il va continuer à le faire. Alors, ça consolide son électorat, qui est un électorat plutôt pro-européen.

Et puis, il se dit aussi, aujourd'hui, dans son entourage, les Français comprennent que tout seul, on ne peut pas tout faire. On le voit avec l'Afghanistan. Les Américains s'en vont. Il n'y a pas de défense européenne. On ne peut rien faire. Mais ils ont aussi des griefs contre l'Europe. Oui, ils ont aussi des griefs contre l'Europe. Et Emmanuel Macron, d'ailleurs, même s'il s'en défend, parle beaucoup plus aujourd'hui de souveraineté qu'au début du quinquennat. Mais il dit que cette souveraineté, elle doit être aussi au niveau européen avec des États forts. Une autre question. La gestion de la pandémie sera-t-elle un point fort pour la campagne électorale de Macron ou le contraire ?

1:04:13
Invité

Sans doute fort. Sans doute très fort. Mais elle n'est pas finie, cette pandémie.

1:04:18
Présentateur

Vous parlez d'élection présidentielle dès maintenant. J'en ai déjà assez et on en a pour huit mois. Mais non, restez avec nous ! Et ça va finir par les intéresser, les Français ? C'est ceux qui nous regardent, c'est sûr que ça les intéresse.

1:04:28
Invité

S'il y a des perspectives et si des projets forts se dégagent.

1:04:32
Présentateur

Et Michel Barnier, ne pourrait-il pas ramasser la mise si la primaire de la droite n'a pas lieu ? On tourne à la foire d'Empoigne.

1:04:37
Invité

C'est possible. C'est tout à fait possible.

1:04:39
Présentateur

Ça fait partie des scénarios envisageables. Merci. On va en reparler de toute façon d'ici à sept mois. Parce que c'est sept mois avant la présidentielle. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h45. On se retrouve demain 17h50. Tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur France 5. Sous-titrage Société Radio-Canada