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interviewSud Radio (sur YouTube)· 26 mai 2025 21 min

Les médecins condamnés s'ils ne promeuvent pas l'euthanasie ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est pas une chanson sur la fin de vie, elle est une chanson sur effectivement la fin la fin de l'amour, la fin de tout. Mais on en parle parce que demain demain doit être voté effectivement un délit qui est constitué si un médecin par exemple ou autre perturbe l'accès au lieu où est pratiqué l'aide à mourir en exerçant des pressions morales ou psychologiques sur un patient ou autre qui veut mourir, qui veut effectivement être euthanasié et euh et bien non et bien les députés On dit il n'y ait pas question que quelqu'un s'y oppose. Je rappelle simplement que il est similaire le le la peine prévue en s'est portée à 2 ans de prison et 30000 € d'amende et elle est calquée sur celle concernant les interruptions volontaires de grossesse.

L'article a été adopté et on donc demain c'est le vote. Jean-Frédri Poisson, bonjour. Vous êtes président de Villa et je rappelle Via la voix du peuple effectivement et vous avez écrit un livre, on vous avait reçu déjà sur l'OMS et ce qui se passait mais un livre passionnant, un livre qu'on vous conseille soin palliatif la vraie alternative à l'euthanasie et c'est vraiment le grand débat et qui continue depuis depuis longtemps aux éditions MAM.

Alors, de quoi s'agit-il exactement ? Est-ce que vraiment on veut empêcher est-ce que pour pour me faire l'avocat effectivement de l'autre côté Jean-Fédric Poisson, si quelqu'un qui est vraiment à bout à bout de souffrance ou à bout de détresse ou et cetera qui en toute conscience bien sûr choisit de dire écoutez mettez fin je veux je veux arrêter je veux qu'on mette fin et on a beaucoup d'exemples de ce genre est-ce qu'on va condamner le médecin qui va aider cette personne à à mettre fin à sa vie. Ah, c'est toute la question.

Euh c'est-à-dire que euh l'adoption de cet article 17, le dernier enfin à peu près le dernier en tout cas euh de cette proposition de loi samedi matin a consacré, comme vous l'avez dit, un délit d'entrave qui euh euh punit de 2 ans de prison et 30000 € d'amende euh toute personne qui exercerait des enfin les personnes qui voudraient empêcher l'accès, toute personne, médecin ou pas médecin, toute personne, n'importe qui toute personne ou euh qui voudrait alors soit en exerçant des pressions matérielles, physiques et cetera. On sait si ça ça ça s'entend tout à fait, mais surtout des pressions morales ou psychologiques pour dissuader d'une certaine manière la personne qui en a manifesté le souhait de recourir à l'euthanasie. Alors le problème c'est que euh ça c'est toute la difficulté de ce débat.

On ne peut pas tenir pour rien ni la faiblesse, ni le découragement, ni le dépit, ni le désespoir des personnes qui se sentent affaibli à un point tel qu'elles veulent en finir avec l'existence. D'ailleurs, lequel d'entre nous n'a jamais eu l'esprit traversé par la volonté d'en finir, même de manière fugace ? parce que de temps en temps c'est trop dur.

Il faut comprendre ça, il faut l'entendre, il faut le traiter. Et comme je l'ai écrit dans le livre que vous avez eu la gentillesse de manifester, la mécanique des soins palliatifs permet cet accompagnement, permet ce traitement et permet tout ça. Là, le problème, c'est que nous sommes euh par construction presque en face de personnes qui sont dans un état de fragilité tel h h qu' ça veut pas dire démence, ça veut pas dire perdre du consentement. fragiliser un point tel qu'elle décide, elle souhaite en finir et on se demande ce que deviennent dans cette situation là des pression morales ou psychologique.

On peut parfaitement imaginer que même si le texte ne semble pas dire l'inverse, même si les débats de samedi matin à l'Assemblée en tout cas ont semblé se sont voulu en tout cas rassurants sur ce point. Euh comment considérer le fait que vous avez dans votre famille quelqu'un qui vous dit "Moi, il faut que j'en finisse, c'est terminé, je n'en peux plus." Euh son frère, sa sœur, son père, sa mère, son fils, sa fille, je ne sais pas qui de sa famille dit "Non, non, tu peux pas faire ça.

Tu comprends bien que c'est pas possible, on est là pour t'aider et cetera et cetera." Est-ce que ça ne rentre pas dans le cadre de pression morale ou psychologique ? Je veux dire, que qu'est-ce qu'une pression morale ou psychologique ?

Parce que ça, ce sont les familles qui exercent une pression morale et psychologique. Ça se comprend. Enfin, on n pas envie de voir partir les chiens la plupart du temps.

Donc cette notion est tellement floue qu'en réalité son champ d'application lui-même est flou et donc extrêmement vaste. Et donc je pense que c'est d'ailleurs le péché mortel de ce texte d'une certaine manière ou en tout cas son intention cachée, c'est que euh le texte est intéressant à lire. Les auditeurs le trouvont sur site de l'Assemblée nationale facilement. il faudrait qu'il le voit c'est accessible sur le site de l'assemblée.

Enfin, c'est assez facile. Euh il est il est d'une ambiguïté folle en réalité euh parce que on se rend compte que euh tout est fait en fait pour faciliter le plus possible l'accès au suicide assisté à l'euthanasie. Et c'est plus intéressant encore que le contenu même du texte.

Ce sont les amendements qui ont été rejetés par la majorité, par le gouvernement. C'est-à-dire par exemple la volonté d'exclure les déficients mentaux ou les handicapés. Il y a eu des amendements qui ont été portés là-dessus. des députés comme monsieur Basin de des Républicains ou Christophe B du Rassembl national ou Herv l'pine euh également du Rassemblement national puis d'autres qui qui se sont attachés ou monsieur Juvin que vous avez reçu je crois la semaine dernière ils sont attachés à réduire la population en disant au moins enfin quand même on peut pas considérer qu'il y a un moment où faut Juv a dit effectivement on est déficient mental on est la liberté de le consentement le consentement éclairé peut peut-être au moins affecté d'une certaine forme d'interrogation on va dire ça donc en fait il y a une espèce de frénésie à vouloir absolument.

En fait, c'est une frénésie de légiférer surtout. Vous vous diriez ? Je pense je pense qu'il y a il y a au-delà de ça, je pense qu'il y a un il y a je vais je vais je vais reprendre les choses par par une autre porte si vous permettez.

Quand on légifère sur le contrat de travail, le texte en tant que tel concerne en fait les 15 16 17 18 millions de salariés en France qui ont un contrat de travail, c'est-à-dire les salariés du secteur privé. Ça ne concerne pas les fonctionnaires, ni les militaires, les professions libérales. Ça concerne une partie seulement de la population.

Hm. Mais quand on légifère sur le contrat de travail, même si on ne s'adresse qu'une partie de la population, on dit quelque chose de ce qui est un contrat. On dit quelque chose de ces modalités de contraction, de rupture, des engagements réciproques.

On dit quelque chose de la parole donnée, de la signature. Donc il y a une portée symbolique de la loi à chaque fois qui concerne toute la population, même si le champ de la loi ne concerne qu'une partie de la population. Et bien pour ce texte, c'est la même chose.

C'est ce que disait le jeune Louis Bouffard. Vous avez peut-être vu la semaine dernière ce ce jeune atteint d'une myopathie du chaîne assez avancée. Oui.

Euh qui qui dit "Mais moi, vous êtes en train de me dire qu'en fait la question de mon utilité et de ma présence sur cette terre est posée par la loi que que la loi que vous êtes en train de voter." Donc il faut faire très attention quand on manipule les questions de la vie et de la mort parce qu'en fait même si nous ne sommes pas tous touchés par des affections très graves et cetera, bon en réalité ça dit quelque chose de la valeur de la vie humaine. C'est pour ça que ce texte euh représente, en tout cas, il est perçu comme tel par ce jeune homme et par beaucoup d'autres qui s'occupent des des patients comme une atteinte à la valeur de la dignité humaine et de la vie humaine comme telle.

C'est ça qui est grave, je pense. C'est vrai. Non, mais comme vous dites Jean-Fédric Presson, moi je suis très frappé par ça parce que dans mes familles, dans ma famille et dans mes amis, j'ai eu des exemples de ça et c'est très difficile à dire.

Ben, j'avais un très très très bon ami, vraiment un ami de de toujours qui je raconte je raconte et puis pendant 3 ans et il avait simplement bon, il était non pas paralysé, il avait beaucoup de difficultés à marcher, il ne marchait plus à la fin, il marchait en chaise roulante et il avait le moralin et il me disait "Écoutez écoute, trouve-moi un médecin parce que je veux en finir" et il allait bien enfin il y a pas de problèmes familiaux et cetera c'est pour ça que c'est terrible, c'est la règle. des exceptions. lui voulait en finir absolument en toute il avait toute sa tête et et il disait bon moi voilà j'ai très très bien vécu maintenant ça va j'ai pas envie de continuer comme ça il avait très mal il fallait c'est il fallait le soulever il fallait et il ne supportait pas de se senter assisté et est-ce que ce n'est pas c'est tout le problème est-ce que ce n'est pas en fait comment faire entre la liberté individuelle quand elle existe et les contraintes et puis ses familles aussi d'ailleurs parce que vous dites C'est personne envie de muret mais il y a aussi des questions d'héritage quelquefois comme vous savez bien entendu faiblesse et autres choses comme celle évidemment toutes les familles ne sont pas aimantes malheureusement.

Voilà donc donc de ce point de vue qu'est-ce qu'on fait et je voudrais on va prendre une petite pause et je voudrais qu'on continue avec Jean-Frédéric Poisson parce que ça concerne tout le monde et j'aimerais aussi avoir votre avis auditeur de Sud Radio. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Parce que est-ce qu'il faut en fait et Jean-Frédri Poisson on va en parler, est-ce qu'il faut l'absence de loi ou quel ou alors les soins palliatifs effectivement donne la réponse y compris dans ces cas-là ?

On en parle tout de suite. Sud Radio Berkov dans tous ces États. Faut-il aider à mourir et à quel prix ?

Et faut-il empêcher à quel prix ? Nous en parlons depuis tout à l'heure avec Jean-Frédéric Poisson. Je rappelle son livre que je recommande soin palliatif, la vraie alternative à l'euthanasie.

Euh c'est par aux éditions Mam Jean-Frédéric Poisson. Alors justement on dit alors il y a les soins palliatifs, on en a beaucoup parlé et cetera, ils sont là, il faut les développer mais la question encore une fois elle est effectivement philosophique et la question est de savoir parce que la vraie question elle est là euh est-ce que j'ai ma liberté ? J'ai j'ai la liberté de choisir ma vie.

Est-ce que j'ai la liberté de choisir ma mort ? Je ne parle évidemment pas quand on est diminué ou quand on a des troubles psychiques ou et cetera et cetera et cetera. Et mais sur le plan, est-ce que les soins palliatifs répondent à ça d'une manière ou d'une autre ou pas ?

Les les praticiens disent que oui. Les patients qui dans un premier temps font la demande d'être d'euthanasier quand ils rentrent dans un service et à qui on explique qu'ils peuvent être accompagnés, soulagés de leurs douleurs, soulagés de leur solitude ou de leur détresse. Répondre que oui.

C'est monsieur Juvin qui disait, je crois, chez vous la semaine dernière que euh le nombre de personnes qui demandaient l'euthanasie une fois qu'ils étaient informés de l'existence des soins palliatifs étaiit divisé par 10. Oui. Sauf qu'ils étaient 3 %.

Donc ça veut dire que non. Donc ça veut dire que ça concerne mais ça n'est pas parce que la population concernée est est faible qu'il faut pas se préoccuper de la question parce que parce que c'est quand même des choses qui sont comme vous dis principes philosophiques au fond. Donc c'est pas une question de nombre, c'est une question.

Tout à fait. Donc oui, les soins palliatifs permettent de répondre à on va dire l'intégralité par précaution rhétorique, il faut dire la quasi intégralité mais enfin il y a il y a plus maintenant quasiment de douleur réfractaire. Euh, on sait accompagner tout ça, les soins palliatifs ont fait beaucoup de progrès et je fais partie de ceux qui pensent que si depuis 1999 où les soins palactifs sont pour vous comme moi, pour tous les auditeurs inscrits comme un droit pour tous les patients que nous sommes qui n'est pas effectif parce qu'il en manque de partout s'ils avaient été développés, si on avait informé la population, si les les malades qui sont atteints de graves affections étaient informés depuis longtemps de leur existence, on serait dans un autre, on aurait pas besoin de débattre sur la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. sur la question de la liberté personnelle, vous savez, il y a dans le droit français, il y a il y a quelques bizarreries quand même parce que euh figurez-vous par exemple que euh vous ne pouvez pas déshériter vos enfants même si vous êtes très fâché avec eux.

Pourtant c'estes bien vous appartiennent. Ah oui, c'est interdit. C'est interdit.

Vous ne pouvez pas, vous êtes obligé de le renda laisser un petit bout. Alors, pas la totalité mais un petit il y a une part que vous ne pouvez pas bon, vous n'avez pas le droit de renoncer à vos congés payés quand vous êtes en conflit avec votre employeur si vous voulez partir plus vite. Dans ces deux cas, pourquoi est-ce qu'on fait ça ?

Parce que on considère que le fait qu'il y ait un temps de congé qui corresponde à un temps de travail, c'est une mesure publique d'ordre social. Ça vous dépasse d'une certaine façon. Le fait qu'on puisse transmettre un patrimoine d'une génération à l'autre, ça fait partie des mesures d'ordre publique parce que ça assure une certaine forme de stabilité de la société.

Donc la liberté individuelle, même quand elle porte sur des choses extrêmement personnelles et oui extrêmement individuell par définition elle doit être cadrée. Et donc donc c'est une liberté limitée et surveillée forcément. Mais toutes les libertés le définitive à part la liberté de conscience qui heureusement n'a pas de limite parce qu'on n pas encore rentré dans notre cerveau mais je compte sur monsieur Musk pour nous mettre des sondes dans la tête et contrôler un peu tout ça à terme voyez-y quand je dis je compte sur vous comprenez bien voilà tout ça mais il veut pas il veut pas ça monsieur Musk en plus mais revenons à ce que vous disiez non mais la liberté quand même je veux dire c'est c'est vraiment très important évidemment que la les 99 % des gens n'ont aucune envie de partir Euh euh pour des raisons évidemment la vie avant tout et la vie avant tout même si on sait qu'on va mourir un jour, c'est pas nouveau.

Hélas mais la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible. Voilà. Voilà.

Tout à fait tout à fait. Oui, c'est c'est son crédau, c'est le mien aussi. Mais euh justement qu'est-ce comment si vous voulez en fait et et vous posez un problème.

Est-ce que au fond ça ça ne devrait pas échapper la législation ? Je m'explique. Vous avez raison de dire écoutez, il faut quand même une loi qui encadre même des des choses extrêmement personnelles et je crois que votre exemple d'héritage est très important.

C'est vrai que bon ce sont mes enfants mais bon et alors c'est moi qui ai fait ma fortune ou qui ai fait mes il ils se conduisent ils sont conduits comme des salots. Mais non. Oui mais non nous sommes d'accord.

Mais encore une fois, vous Jean-Fredon, vous euh tel tel ou tel euh bon vous avez des convictions que ce soit des convictions religieuse, des convictions éthiques et et c'est très bien et c'est plus que les gides que chacun et ses convictions. Et si par exemple moi ma conviction en tant que citoyen lucide me dit "Écoutez, je suis arrivé à un stade où effectivement ça ne vaut plus la peine et que attention et que attention parce que ce que j'ai vu dans la loi et je je vous demande de me corroborer, c'est que là où ça se passe, dans les états où ça se passe, on donne 6 mois avant de je veux dire, on demande un patient trois ou quatre fois s'il est toujours dans les mêmes conditions au patients ou pas au patients. Ici, c'est pas le cas de français.

Alors, c'est quoi la loi française aujourd'hui ? Il faut il faut une demande rédigée auprès d'un médecin qui n'est pas votre médecin traitant euh et qui va s'assurer du concours d'un autre médecin, éventuellement d'une personne qui fait partie des équipes d'être soignant pour examiner la situation et qui rendra sa réponse. Donc la décision ulti de de pouvoir vous c'est le médecin.

Voilà, il faut la réponse. Méde un médecin tout seul décide si oui ou non vous présentez les critères d'éligibilité euh pour subir l'euthanasie ou ou le suicide assisté. Euh la question que vous posez, c'est de la liberté est très importante parce que c'est la question de savoir c'est à quel prix.

C'estàdire si effectivement euh on aménage cette liberté de recourir à l'euthanasie quand on le souhaite, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, ça n'est pas sans conséquence sur l'ensemble de l'ordre social. C'est ça bouleverse. Ça n'est pas seulement un droit nouveau qui est conféré à une personne individuelle.

C'est qu'il y a il y a un prix à payer social sur la valeur de la vie, sur l'organisation des soins. Il y a tout ça qui qui rentre en ligne de compte. qu'on n'est pas tout seul en face de quelque chose qui est sa propre vie.

Ça engage beaucoup d'autres choses que ça. Et dans notre mentalité individualiste moderne, on a tendance à oublier tout ce qu'il y a autour. Mais ça existe pour le coup, y compris d'ailleurs la vocation des soignants qui sont autour et qui qui vont devoir faire quelque chose parce que parce que parce que si c'est un droit, ils sont impliqués aussi.

Donc il y a il y a une dimension très collective en réalité de notre vie en particulier pour les gens qui se suicident. Il se pensent pas, il se pensent pas l'environnement, il pens pas la collection. Ça c'est très curieux cher André Berkov.

Chers auditeurs, j'ai été pendant 5 ans le représentant du parlement au sein de l'Observatoire national du suicide. J'ai beaucoup travaillé sur des thématiques des risques psychosociaux en entreprise, du burnout et cetera. Euh si vous allez sur l'onglet le site du ministère de la santé en France, vous trouverez des tas de choses pour prévenir du suicide.

C'estàdire, on fait tout en France pour que le nombre de suicid de personnes qui suicide diminue et pour que le nombre de tentatives de suicide diminue. Ce qui est d'ailleurs et d'ailleurs il y a même dans le code pénal un article qui punit l'incitation au suicide. Vous ne pouvez pas inciter quelqu'un suicider, c'est un délit.

Et on comprend très bien pourquoi. Ça ça me paraît tout à fait normal. Ce qui veut dire que si vous décidez de vous suicider tout seul, on on essaie de vous en empêcher.

Mais si vous demandez à quelqu'un de vous suicider, on l'autorise. On le met dans la loi. Expliquez-moi ça.

Expliquez-moi quelle est la cohérence dans quelle forme d'univers schizophrène on peut être amené à demander au même ministère de dissuader les gens de se suicider d'un côté et d'autoriser le recours au suicide quand on demande à quelqu'un. C'est quand même très bizarre cette cette alors est-ce que l'euthanasie c'est le suicide ? Alors l'uthanasie c'est une forme de suicide délégué.

D'une certa manière, on demande on demande à quelqu'un de vous suicider, mais ça revient au même. C'est c'est pas c'est pas l'expression d'ailleurs est de euh je crois de de du député B dans l'héicycle la semaine derée, c'est un suicide délégué. C'estàd vous demandez vous vous suicidez pas tout seul, vous demandez à quelqu'un de le faire pour vous.

Donc ce ce je je il faut tenir compte de ces détresses, de ces faiblesses et on a probablement autre chose à dire à quelqu'un qui veut en finir que tu as bien raison finissant parce que c'est pas supportable pour nous non plus. Bien sûr. Regardez-toi, on a autre chose à porter comme message.

Euh et et je termine en disant que euh les logiciens disent qu'il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. D'ailleurs, il y a pas que les logici tout le monde le dit. Quand elle est entrebaillée, elle n'est plus fermée, elle est ouverte.

Et quand elle s'ouvre, comme c'est le cas par exemple au Pays-Bas, il y a quelques mois, vous pourrez vérifier ça facilement, le ministre hollandais de la santé a dit euh escalé qu'il faudrait désormais que les citoyens de plus de 75 ans se posent la question de leur présence au sein de la société parce que maintenant qu'il y a des moyens d'en finir de manière facile, il faut quand même arrêter de poser sur les Mais ça c'est ça c'est vraiment le côté ça c'est le côté la maladie mentale. Ja avait dit la même chose il y a une trentaine d'années. Enfin, ce sont c'est un c'est un discours qui qui qui revient.

C'est la question d'utiliser. Je vérifie mais non mais je même les gens qui souffrent beaucoup, même ceux qui sont très diminués sont ont quelque chose à nous dire et à nous apporter. Même eux, si je dis même eux, vous comprenez le sens dans lequel je le dis, c'est-à-dire que la valeur d'une vie humaine ne se mesure pas et son intérêt entre guillemets ne se mesure pas au degré ou à son faiblesse qui est subie.

Reste la question reste la question mais on ne la résoudra pas là. reste la question de la personne, vous allez me dire que c'est l'exception et heureusement que ce sont les exceptions de la personne lucide qui a envie d'en finir et qui s'il a envie d'en finir hélas se trouvera des moyens chimiques ou autres pour en finir à un moment euh vous savez que Albert Camu disait "La seule question philosophique qui vaut c'est le suicide". Oui, bien sûr.

Mais on comprend très bien pourquoi. On comprend très bien pourquoi. C'est c'est une question qui touche à la destinée, à la valeur de la vie, à la au sens de la mort.

En fait, c'est on voit très bien et puis il y a il y a le le très beau poème de la mort des pauvres de Baudler. C'est la mort qui c'est la mort qui console et là c'est qui fait vivre. Tout à fait.

C'est c'est donc il y a beaucoup de Il y a alors justement euh je crois que nous avons Régine. Régine de foi. Oui, bonjour Régine.

Oui, bonjour André. Bonjour à votre invité. Madame euh moi je je comprends pas trop pourquoi il y a besoin d'une loi en fait pour pour cette histoire d'euthanasie puisque il existe un document du gouvernement qui s'appelle les directives anticipées pour lesquelles on peut décider on peut dire à l'avance qui ce qu'on souhaiterait qu'on fasse en fonction de ce qui va nous arriver dans le dans notre au cours de notre vie et ce document est censé être remis à notre médecin traitant et il y a également une personne de confiance qui est notée sur cette sur cette directive anticipée.

H et donc à partir du moment où on donne nos nos souhaits à l'avance de ce qu'on voudrait faire dans ce qui nous peut nous arriver au cours de la vie, je vois pas pourquoi ça ne pourrait pas être pris en compte comme un désidérata qui que l'on que l'on que l'on met à jour peut-être tous les 5 ans, tous les 10 ans et cetera. Oui, je trouve que c'est une bonne question. Alors deux choses.

La première merci euh c'est Régine, je crois le prénom de de l'auditrice de rappeler ça. Les directives anticipées, vous avez tout à fait raison, ça existe. Il faut les remplir et et il faut il faut l'écrire de sa propre main.

L'exercice n'est d'ailleurs pas facile. Je me souviens qu'au moment de la loi Leonetti il y a 10 ans, j'avais fait l'exercice. J'ai essayé de faire l'exercice moi-même.

C'est pas facile d'écrire quand je serai en charpie comment dire ne réanimer pas avec on peut parfaitement le faire mais c'est pas une obligation. Donc ça veut dire que c'est possible effectivement dans ces directives anticipées, on désigne un tiers de confiance qui si vous n'êtes pas en situation de prendre une décision le fera pour vous. Mais le problème Régine, c'est que aujourd'hui euh le fait de retirer la vie volontairement à une personne, quel que soit son état est un meurtre.

H c'est c'est pénalisable. Vous pouvez vous pouvez passer du tribunal. C'est la raison pour laquelle c'est ça c'est encore sous le coup de la loi ça.

Bien sûr. Oui et d'ailleurs heureusement enfin c'est quand on tue quelqu'un enfin c'est quand même pas bien sûr mais enfin écoutez aider à mourir dans ces conditions et trucider quelqu'un dans la rue comme il se passe tous les jours en France c'est pas la même chose quand même poisson ça n'est pas matériellement le même acte mais la conséquence est la même et et et vraiment je pense que là c'est un des problèmes d'ailleurs c'est c'est la transgression de l'interdit de tuer qui qui est la question de fond la question philosophique de fond on va en parler je crois encore beaucoup y compris avec vous c'est vraiment un problème philosophique un problème éthique, il est posé et vous pouvez nous appeler pour en parler.