Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, président de "Nous France" - 16/04
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Xavier Bertrand, Emmanuel Macron a promulgué la réforme des retraites juste après la décision du Conseil constitutionnel. Texte promulgué dans la nuit. Je précise que c'est normal. Le journal officiel paraît la nuit. Le président de la République ne s'est pas levé à 3h du matin pour signer, mais il l'a fait dès le soir même. Est-ce qu'il l'a fait parce qu'il fallait agir vite ou est-ce que vous estimez comme d'autres qu'il l'a fait par provocation ? Il l'a fait dans la logique qui est la sienne depuis le départ. Ça veut dire aller vite pour réformer absolument ?
Sans tenir compte de l'impact que ça a. Notamment Laurent Berger aujourd'hui se fait un petit peu le porte-parole de tous ceux qui ont été au cœur de cette réforme en se disant « Cette publication dans la nuit, c'est une forme de mépris, ce sont ses mots. » Mais il faut bien comprendre que tout aujourd'hui est dans la cohérence du 49-3. Donc il ne faut pas s'étonner que ça ait été publié. Il aurait très bien pu attendre demain soir pour dire « Chers compatriotes, j'ai décidé de promulguer. » Il l'a fait aussitôt, il n'y a pas lieu de s'en étonner.
C'est dans la droite ligne de ce qui s'est passé encore une fois depuis ce fameux jeudi noir, ce jeudi, si je ne me trompe pas, du 16 mars quand il y a eu le 49-3. Donc c'est dans la droite ligne d'un comportement que vous dénoncez ? Oui, parce que je pense depuis le début qu'on pouvait très clairement faire autrement sur cette réforme des retraites. Vous le savez, je l'ai dit d'ailleurs sur ce plateau, cette réforme était profondément injuste. Il faut accepter l'idée qu'aujourd'hui, nous avons à travailler plus longtemps. Sauf pour ceux qui sont cabossés par le travail ou pour ceux qui ont commencé à travailler très tôt.
C'était pour moi le principal point d'injustice qu'il y avait dans ce texte et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas soutenu cette réforme et que j'ai demandé ces points d'amélioration. Maintenant, sur la méthode, ils ont renoncé au dialogue social. Mais je crois que ce qui est important, je ne sais pas si on peut en parler maintenant, il y a la réforme des retraites, mais il y a un problème qui est beaucoup plus large depuis le début du quinquennat. Parce que ce quinquennat fait suite à un autre quinquennat qui a été marqué par des crises sans précédent. Je pense qu'il n'y a que mai 68 qui était une crise d'une intensité encore plus grave, mais nous avons eu la crise des gilets jaunes.
On a eu la crise du Covid. Et derrière cela, l'élection présidentielle n'a pas été l'occasion de tirer les conclusions de ce qui s'est passé dans ce précédent mandat. La crise des gilets jaunes montrait la précarité de ceux qui travaillent. Avec un boulot en France, on n'arrive pas forcément à s'en sortir. Et l'avenir des enfants semble définitivement compromis.
On va revenir sur la question du travail. Mais là, à l'instant, est-ce qu'à minima, vous reconnaissez une forme de victoire politique pour le chef de l'État ? Il avait fait ce pari, c'est validé par le Conseil constitutionnel, il a gagné. Ce pari est perdu. Et vous avez perdu. Les opposants à la réforme ont perdu. Ce pari est perdu.
Madame Borne a dit, il n'y a ni vainqueur ni vaincu. Il n'y a que des perdants là-dedans. Il n'y a que des perdants. Il n'y a que des perdants parce qu'on le voit bien aujourd'hui, on a une crise politique. On s'est aperçu, mais on le savait depuis longtemps, qu'il n'y a pas de majorité absolue pour des textes importants. Il y a une crise sociale sans précédent, avec en plus les acteurs que sont les organisations syndicales qui ont fait preuve de dignité, de responsabilité, de crédibilité. Et on leur a dit, on va faire sans vous.
Il n'y a que des perdants aujourd'hui dans ce dossier. Sur les retraites, vous vous opposiez à cette réforme. Le Président a gagné son pari de ce point de vue-là à partir du moment où la loi est promulguée et va rentrer en vigueur début septembre. À quel prix, M. Duhamel ? À quel prix ?
Vous savez, une réforme des retraites, ce n'est pas un concours de courage. Une réforme des retraites, c'est ce qui permet de tenir les générations entre elles, de savoir si la retraite par répartition, les actifs, finance les retraites des retraités d'aujourd'hui, ça tient encore. Et là, aujourd'hui, on a dit aux Français, vous avez du mal à boucler vos fins de mois. Certains sont usés par le travail. Eh bien, vous allez faire deux ans de plus et après, on parlera. C'est tout cela que j'évoquais notamment dans les leçons de ce quinquennat précédent qui n'ont pas été tenus. Est-ce qu'on peut venir, par contre, comme vous disiez, il a gagné son pari ? Non, il a perdu son pari.
Il a perdu un pari politique. Un pari qu'il a fait depuis les élections législatives de l'an dernier. Regardons les choses en face. En 2017, M. Macron avait une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Il a gagné l'élection présidentielle de 2022. Il a gagné. Il a la légitimité d'un président de la République. Mais il a perdu les élections législatives. Quand vous passez d'une majorité absolue à une majorité relative, vous perdez ces élections. Et la réalité, c'est qu'il s'est retrouvé dans un état de cohabitation. Il n'a pas voulu le reconnaître. Personne dans son camp n'a voulu le reconnaître. Mais la cinquième... La cohabitation, c'est quand il y a une majorité alternative.
Et la cohabitation, c'est de choisir un autre Premier ministre que de son propre camp. Je vais bien vous expliquer.
C'est vrai que c'est une cohabitation inédite. En 1986, François Mitterrand. En 1993, François Mitterrand. Jacques Chirac en 1997. Ça ne leur fait pas plaisir. Mais ils reconnaissent qu'ils sont dans un état de cohabitation. Là, c'est vrai que c'est inédit. Vous n'avez pas de parti politique qui a une majorité absolue à lui tout seul. Et il n'y a pas non plus de majorité alternative. Mais quand on n'a pas la majorité, vous êtes dans un état de cohabitation. Et vous devez, dans ces cas-là, appliquer une politique qui n'est pas celle qui vous fait le plus plaisir, mais qui permet justement de faire passer les textes.
Qu'est-ce qu'ils ont choisi ? Ce qui signifie, M. Bertrand, mais que ce serait, dans vos souhaits, une cohabitation avec les Républicains. Parce qu'il n'y a pas de majorité alternative. La France, par ailleurs, je le précise régulièrement, mais on n'est pas obligé de déposer une motion de censure avec un projet alternatif de gouvernement.
C'est le cas, par exemple, en Allemagne.
Il n'y en a pas en France.
C'est pour ça que c'est inédit,
mais c'est bel et bien un état de cohabitation. Il y a les Républicains. Il y a aussi un groupe, Liotte, qui est un groupe qui a aussi compté depuis le début de cette législature. Vous avez vu aussi le talent, le travail. Charles de Courson, Bertrand Pencher. Il y a aussi les parlementaires, Benjamin Saint-Huile, qui sont exprimés à l'occasion, justement, de cette réforme des retraites. Donc, vous voyez, il y a la possibilité de faire autrement, mais c'est au président de la République de le reconnaître.
Et donc, c'est lui qui voulait faire tomber le gouvernement. Il a redit hier sur cette antenne. C'est lui qui a porté la motion de censure. Donc, je vous le dis. Il n'est plus du tout dans un travail de co-construction.
Non, mais attendez. Là, c'était sur la question de la réforme des retraites. Aujourd'hui, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si vous n'avez pas un changement de méthode radicalement différent, si vous n'avez pas non plus la conviction que le dialogue social avec les partenaires sociaux que nous avons vaut la peine. Si nous n'avons pas une politique radicalement différente, si on ne traite pas les priorités des Français, mais tout le monde a conscience que nous sommes dans un moment extrêmement critique et que nous allons dans le mur.
Il a menti, Emmanuel Macron, lorsqu'il a dit « j'ai compris en 2022, lorsqu'il était réélu, j'ai compris, je vais changer de méthode ». Il a menti ? Il n'y a aucun changement de méthode.
Et demain soir, on se demande « qu'est-ce qui va se passer ? » Mais il ne va rien se passer. Je vous le dis. Vous n'attendez rien de cette allocution ? Si le président de la République nous dit qu'il a compris, ça fait 25 fois qu'il nous dit qu'il a compris. Et derrière, il n'y a jamais le moindre changement. Et pendant ce temps-là, la colère continue à gronder. Regardez dans quel pays nous sommes aujourd'hui. Nous sommes dans un pays où le Conseil constitutionnel, pour rendre sa décision, doit être protégé par des dizaines de membres des forces de l'ordre. Certains de nos concitoyens ne le savent pas, mais aujourd'hui, l'Élysée, le ministère de l'Intérieur sont bunkerisés.
Sont bunkerisés quand il y a justement des mouvements sociaux. Vous avez aujourd'hui... C'était pas le cas sous Nicolas Sarkozy, en 2010 ? À ce niveau-là, jamais. Jamais. Et puis, vous avez aussi l'autre chose. Vous avez la présidente de l'Assemblée nationale qui reçoit des menaces, des attaques antisémites. Et où est la riposte ? Il y a beaucoup d'élus. Il y a des parlementaires aujourd'hui qui travaillent sous la pression. Il y a des permanences élères, il y a aussi des parlementaires de renaissance qui sont attaqués, agressés, leur permanence caillassée. On ne peut pas continuer comme ça. On attend quoi ?
D'avoir aussi, comme en Angleterre, une députée un jour qui est assassinée, un drame comme celui-là. Il est temps aussi de comprendre que si on ne met pas un terme à toute cette tension, on va connaître un chaos dont on est aujourd'hui si proche. Et l'important, c'est que personne ne fasse cette politique du pire. Moi, en tout cas, je ne la ferai jamais. Et je pense qu'il faut aussi bien se démarquer du rôle, du sale rôle notamment que joue la France insoumise et aussi de la dissimulation, du mutisme du Front National qui profite de cette situation.
Justement, M. Bertrand, ce matin dans les colonnes du Parisien, Laurent Berger, il est à nouveau très cash sur ces questions et il vise le président de la République en disant que la démocratie est en train de se recroqueviller. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ?
Bien sûr. Et le seul responsable, le seul qui peut changer la donne, c'est le président de la République. C'est Emmanuel Macron.
Et en quoi il a recroquevillé la démocratie, selon vous ?
Quand vous voyez ce qui se passe aujourd'hui à l'Assemblée nationale, quand vous voyez est-ce qu'on peut encore appeler ça des débats, quand vous voyez l'hystérisation des débats à cause notamment de la France insoumise.
Mais ça, ce n'est pas le président de la République. D'ailleurs, vous venez de le dire.
C'est le gouvernement qui se sert aussi de la France insoumise, qui attaque la France insoumise.
La France insoumise est d'une certaine façon l'idiot utile de tout le monde, de la Macronie, mais qui oublie aussi pendant ce temps-là
de dénoncer le silence du Front national.
Ça fait débat en interne d'ailleurs chez eux. Oui, ça fait débat.
Il ne devrait pas y avoir débat. Les extrêmes aujourd'hui n'attendent qu'une seule chose, le chaos pour la France insoumise et les conséquences du chaos pour le Front national. Madame Le Pen, aujourd'hui, c'est la grande muette. La grande muette. Elle se tait. Elle ne dit rien. Et quand on lui dit mais demain, il y aurait une dissolution, vous avez une majorité, est-ce que vous allez à Matignon ? Elle dit ah non, non, non, non. Ce n'est pas pour se préparer, c'est pour se protéger. Si vous avez vous, tour de cette table. Elle dit qu'elle vise 2027 et l'Elysée. D'accord. Les Français sont dans la crise, dans les difficultés.
Pendant encore quatre ans, elle dit non, non, je vous laisse dans les difficultés. Moi, je me prépare pendant quatre ans. Ce n'est pas comme ça. On fait preuve de responsabilité. Mais encore une fois, je vous dis, c'est tout simplement qu'elle se protège parce qu'on a tendance en France à oublier 2017-2022 ces deux débats présidentiels où quand vous regardez clairement les choses, vous vous dites bien sûr qu'on ne va pas lui compter la responsabilité.
Monsieur Bertrand, il y a une autre date qui fait sens, qui nous est rappelée, c'est 2002. Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que la prochaine grande journée intersyndicale, c'est le 1er mai, et elle sera intersyndicale pour la troisième fois de notre histoire. Les deux fois précédentes, c'était l'accession au second tour de Jean-Marie Le Pen et le Front populaire. Ce sont les deux seules occasions qui ont conduit à un intersyndical le 1er mai. Ça dit quoi de la situation de notre pays ? Est-ce que vous estimez qu'on est dans le même niveau d'urgence que les deux autres occasions, ou en tout cas moments historiques que je viens de rappeler ?
Les circonstances sont différentes, mais oui, on le voit bien. On est au bord du chaos. Quand on ne parle plus aux Français, quand on ne les rencontre pas, peut-être qu'on n'en prend pas la mesure. Mais je le vois tous les jours, que ce soit dans mes fonctions de président de région, je le vois aussi dans la rue, à Saint-Quentin, ailleurs, quand les gens vous parlent, il y a une détresse profonde mais de la part de tout le monde, de tout le monde, et une inquiétude. Les gens veulent aujourd'hui que l'on retrouve de l'apaisement, pas d'ailleurs au prix de ne rien faire, mais en faisant avancer les choses. Regardez, nous sommes aujourd'hui à 4 ans de la prochaine élection présidentielle.
4 ans. C'est encore tout un mandat. Mais si on ne fait rien pendant ces 4 années, la France va prendre du retard et les Français vont continuer à vivre aussi mal. Vous voyez l'état de l'hôpital, l'état de l'école, le logement. Mais qu'est-ce qui nous guette, M. Bertrand,
pour mettre des mots sur le constat que vous faites ? Qu'est-ce qui nous guette ? Vous dites qu'on est au bord du chaos. Mais c'est quoi le chaos ?
Des Français qui ne se parlent plus, des Français qui sont inquiets par la violence, et puis d'autres qui se disent, et là, c'est plus grave, mais au final, par la politique, les choix politiques qui sont faits ne correspondent pas à ce que l'on veut. D'autres qui disent mais quand on manifeste paisiblement, il n'y a rien qui se passe. Il y a effectivement les casseurs professionnels, les Black Blocs et autres. Et d'ailleurs, ce que je demande, c'est qu'il y a une véritable riposte d'État. Qu'on arrête de dénoncer quand on est au pouvoir, mais qu'on prenne les mesures qui s'imposent, c'est-à-dire que ceux qui commettent ces violences vis-à-vis des élus dont j'ai parlé tout à l'heure...
Vous avez l'impression que ce n'est pas le cas ? Bien sûr que ce n'est pas le cas. On se contente d'interpeller, même si c'est compliqué. Il y a combien de condamnations ? Il y a du laxisme
de la part de Gérald Darmanin, Éric Dupond-Morettil ?
Oui, il n'y a pas de réponse à la hauteur. Il n'y a pas de riposte à la hauteur. Aujourd'hui, il faut quand même que... Tout le monde doit le savoir. J'en parlais encore ce matin chez un commerçant. Quand vous êtes aujourd'hui condamné à moins de deux ans de prison, vous savez que vous n'irez pas en prison. Tant qu'il n'y aura pas, comme dans certains pays, des pays comme les Pays-Bas, des pays comme la Suisse, qui ne sont pas les plus répressifs au monde, des peines de prison de courte durée. Quand celui qui va dans une manifestation ou en dehors d'une manifestation, cassé, tapé sur les policiers, tant qu'il n'a pas la conviction, la certitude qu'il ira en prison, rien ne changera.
Et ça, vous voulez que je vous dise, il n'y a pas besoin de nouvelles lois. Il faut appliquer les textes en question. Donc faire un peu moins de communication, ne pas se contenter des interpellations, mais qu'il faut qu'il y ait des condamnations.
Il fait de la communication, Gérald Darmanin ? Et tout le gouvernement a un propos très musclé sur ces questions.
Et vous voulez que je vous dise, ce n'est même pas un problème propre à la France. Aujourd'hui, on a le sentiment que les gouvernements modernes ont besoin de faire de la communication, mais la communication ne change pas la vie des gens. Ils ont besoin aussi de se trouver des adversaires, des ennemis. Là, c'est la France insoumise. Et le vrai sujet, c'est que les Français attendent un peu moins de blabla, un peu moins de communication et qu'on s'occupe d'eux et de leurs problèmes. Et c'est possible.
Est-ce que pour conduire cette action que vous appelez de vos voeux, il faut changer de Premier ministre ? Est-ce qu'Emmanuel Macron doit opérer un changement pour accélérer ? Même si Elisabeth Borne, elle le dit hier soir, elle veut accélérer sur la réforme.
Mais le changement de casting ne changera absolument rien. Même si le président de la République ne sort pas du déni, qu'il n'a pas de majorité absolue et que donc il ne pourra faire aucune réforme d'ampleur. Mais s'il prend
quelqu'un d'LR, vous disiez,
il a besoin de travailler avec d'autres groupes. L'LR, c'est le partenaire naturel. Mais c'est le changement de politique qui compte. C'est le changement de méthode. Est-ce qu'on arrête de piétiner les partenaires sociaux ? Oui ou non ? Est-ce qu'on va se contenter de dire, écoutez, les rares mesures qui pouvaient être favorables à l'emploi des seniors dans la réforme des retraites ont maintenant disparu. On va se remettre à travailler là-dessus. Mais c'est beaucoup plus large. Juste, M. Bertrand,
j'ai un peu de mal à comprendre ce que vous dites. Vous répétez depuis plusieurs semaines, moi, je ne fais pas partie de ceux qui considèrent qu'il faut aller gouverner avec M. Macron. Vous l'avez encore répété cette semaine. Et là, ça fait dix minutes que vous nous expliquez qu'il faut qu'il prenne conscience qu'il est en cohabitation. Vous parlez des républicains du groupe Lyot. Quelle est la solution pour sortir de la crise ? Est-ce qu'il faut qu'Emmanuel Macron signe une sorte de pacte de gouvernance avec des républicains, des députés Lyot ? Ou est-ce que vous le laissez parce que vous dites qu'on ne sera jamais la béquille du macronisme ? Qu'est-ce que vous proposez ?
Moi, non, je ne comprends pas. C'est à lui d'y répondre. C'est à lui d'y répondre. Attendez. Si vous n'indiquez pas la couleur, qu'est-ce que vous voulez qu'il vous dise ?
Ce qui doit rendre des comptes aux Français. Celui qui a été élu, voilà, un an. Celui qui doit sortir de ce déni, c'est M. Macron. Et c'est à lui de voir si, au-delà des grandes déclarations, il est prêt à changer de méthode. Mais vous seriez prêt à changer de politique.
Il est prêt à gouverner avec lui si c'était dans cet esprit de cohabitation que vous évoquez ?
Moi, je ne suis pas candidat à cela. Non, mais pas vous, mais c'est un vous général. Mais je tiens à vous le dire, ne jamais faire la politique du pire. Au cœur de la crise des gilets jaunes, je proposais des solutions. D'aider notamment ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler. La fameuse prime de 1 000 euros, je l'ai proposée au cœur. Parce que l'intérêt général, c'est plus important que le reste. L'intérêt du pays, c'est plus important que les ambitions personnelles. Voilà.
Et quand on a un pays qui est au bord du chaos, où les fractures sont telles qu'on risque d'avoir une vraie dislocation, alors oui, il faut jouer la carte de l'intérêt général, mais c'est à lui d'y répondre. Et c'est aux Républicains d'éventuellement saisir cette main tendue, si main tendue il y a. Et pour le coup, la ligne n'est pas claire dans votre parti, M. Bertrand. Mais qu'est-ce que vous mettez derrière cette main tendue ? Regardez bien les choses. En matière d'immigration, on prend conscience du problème européen qu'il y a ? On décide de faire autre chose que des gadgets ? On prend les mesures qui s'imposent ?
En matière de sécurité, en matière de justice, on prend les mesures qui s'imposent ? Est-ce qu'on décide ? Vous parlez des Républicains. Est-ce qu'on décide aussi de répondre à l'angoisse sociale des gens qui travaillent et qui n'arrivent pas à s'en sortir ? C'est ça le changement. Et il est radicalement profond.
Donc, quand Réachide Adetti demande un accord du gouvernement, vous n'êtes pas complètement d'accord, mais pas complètement pas d'accord.
Parce que le problème, ce n'est pas de faire dur en même temps. Ça ne marche pas, ça. Le changement doit être en profondeur. Et ce n'est pas un changement en quelque sorte qui est un accord entre partis politiques. Il faut répondre aux angoisses des Français. Oui, mais justement, est-ce qu'il n'y a pas
un souci de cohérence, M. Bertrand ? Pardon, mais vous aviez, enfin vous, pas personnellement, mais les Républicains, en quelque sorte, la clé de cette réforme des retraites, avec le poids de vos élus dans l'hémicycle, c'est raté. Est-ce que là, vous n'avez pas aussi la clé, les Républicains, de pouvoir infléchir cette politique selon vos souhaits ?
On prend l'exemple des retraites. Je pense que certains ont vendu au président de la République l'idée d'un film qui n'est jamais sorti en salle. On lui a vendu l'idée que les Républicains étaient solubles dans Renaissance. Eh bien ça, ça n'existe pas et ça n'existera jamais. Nous ne sommes pas solubles. Donc il n'y aura pas
d'esprit de cohabitation et de possibilité d'agir pour l'intérêt général.
Mais je viens de vous dire
qui a la première réponse.
Emmanuel Macron, personne d'autre. Sur la question des retraites, il était possible d'avoir l'ensemble du groupe Les Républicains, mais il fallait qu'il y ait de la justice, de la justice sociale.
Jusqu'au bout, le gouvernement a fait des gestes et concédé des mesures jusqu'à la CMP, la commission mixte paritaire.
Et où des mesures ont été acceptées par le gouvernement parce qu'il avait pleinement conscience
que ça serait
dégagé par le Conseil constitutionnel. Vous avez vu les attendus du Conseil constitutionnel.
C'était une tactique politique à part du gouvernement de les mettre en disant on leur cède ça mais de toute façon ce sera censuré donc ça ne nous coûte pas cher.
C'était de la fausse monnaie. C'était de la fausse monnaie. Et nous allons revenir à ces mesures censurées dans un instant. Le contenu de la loi travail aussi qui va arriver. Xavier Bertrand est l'invité de BFM Politique ce dimanche midi. Xavier Bertrand est l'invité de BFM Politique ce dimanche. Monsieur Bertrand comme d'habitude à midi 30 je vais faire apparaître trois photos liées à l'actualité. Juste derrière moi vous allez voir les portraits de Karima Abdelmalak et Hervé Berville. Une photo représentant une crèche et une centrale nucléaire. Quelle première photo choisissez-vous ? La crèche ?
Il y a un rapport terrible de l'IGAS l'inspection générale des affaires sociales sur les crèches en France. Études concliant à 2000 témoignages de maltraitants certains glaçants il manquerait 10 000 professionnels de la petite enfance dans le pays l'IGAS fait 38 recommandations quelles solutions est-ce que vous vous proposez pour sortir de ce fléau qui est décrit d'ailleurs un peu comme celui des EHPAD
En fait le parallèle avec les EHPAD c'est parce que notre société n'accorde pas toute l'importance qu'il faut aux deux moments clés de la vie l'aube de la vie et le soir de la vie on ne fait pas assez dans notre pays entre les deux quand vous avez des accidents de la vie vous avez besoin d'être aidé mais on peut quand même davantage s'organiser tout seul mais à l'aube et au soir il faut un maximum d'efforts ça veut dire clairement qu'il faut beaucoup de personnel il faut des vraies perspectives pour ces personnels pour pouvoir les garder vous savez quand même qu'en fin de carrière les auxiliaires de puériculture elles sont je crois à 2200-2203 euros brut vous voyez un peu ce que ça représente et les conditions de travail quand on leur dit bon déjà vous n'êtes pas bien payé mais vous ferez deux ans de plus mais les gens ne peuvent pas suivre ils ne peuvent pas aller jusqu'au bout alors il y a aussi beaucoup de monde dans les crèches qui fait son boulot le mieux possible mais il n'y a pas assez de monde il n'y a peut-être pas assez de contrôle mais il faut aussi largement investir l'aube on peut recruter
10 000 personnes
oui mais pas dans les conditions d'aujourd'hui c'est des conditions de travail extrêmement difficiles le bruit le cri des enfants s'en occuper tout le temps c'est des métiers qui sont méconnus puis ça nous ramène aussi à autre chose si on peut prendre un peu le temps il y a David Goodhart c'est un chercheur chercheur britannique qui explique qu'il y a trois sortes de métiers les métiers de la tête du coeur et de la main on est dans les métiers du coeur ils sont mal rémunérés mal considérés par la société ce que vous dites c'est des salariés de deuxième ligne vous savez ils ne sont pas là on ne sait pas faire mais ils sont payés avec un lance-pierre ils ne sont pas considérés c'est des invisibles c'est des invisibles sauf pour les parents qui déposent leurs enfants à qui on met ce qu'on a de plus cher alors qu'en plus ils sont tout petits et au final la société n'investit pas bien évidemment qu'il faut faire vraiment davantage mais ce n'est pas dire on va faire un grand plan où l'État dit franchement c'est grave on n'avait pas pris la mesure maintenant ça va changer non il faut que ça change concrètement dans le quotidien
Est-ce que vous dites on l'a déjà entendu on en parlait à l'instant à propos des EHPAD est-ce que les Français peuvent entendre que le même type de problème se reproduise comme ça et que finalement avec l'impression qu'on n'a rien appris des difficultés précédentes ?
Oui vous avez raison c'est pour ça que le divorce est profond en disant nous voilà les difficultés qu'on vit au quotidien et ceux qui nous dirigent quand il y a un événement médiatique on parle pendant une journée deux journées trois jours au maximum et après ils ne s'occupent pas de nous c'est ce qu'il fait aujourd'hui d'ailleurs qu'il y a tant d'abstention qu'il y a aussi une part de violence et que les extrêmes prospèrent sur ces difficultés sans aucune solution mais vous savez vous prenez beaucoup d'élus locaux dans les mairies les départements les régions au contact on a l'obligation de régler ces problèmes-là parce qu'on n'est pas loin parce qu'on est prêt on est comme je l'ai souvent dit à portée d'engueulade et ça permet aussi de garder les pieds sur terre et d'apporter des vraies réponses aux problèmes des gens
il nous reste deux photos monsieur Bertrand Rima, Abdul Malak Hervé Berville et une centrale nucléaire la centrale nucléaire ? l'Allemagne a fermé hier ses trois dernières centrales nucléaires souhaitent accélérer la transition vers le renouvelable qui représente 50% de sa production d'électricité je précise que l'Allemagne conserve des centrales au charbon c'est un tiers de la production électrique allemande est-ce que les Allemands ont tort de fermer les centrales ? évidemment
alors pendant ce temps-là on continue à nous faire des grandes leçons nos amis allemands ils ont fermé les centrales nucléaires les centrales à charbon en fonction des vents dominants ne va pas nous faire croire que ça s'arrête uniquement à la frontière allemande et clairement le choix qu'ils ont fait est un choix qui concerne aussi l'Europe entière mais la responsabilité je sais qu'elle a laissé une image formidable mais la responsabilité de Mme Merkel là-dessus est entière comme vous le savez également aujourd'hui on a pu voir avec la mission parlementaire notamment M.
Chalenberger était le président de cette mission toutes les erreurs qui ont pu être commises parce qu'on a cédé à une époque un lobby écologiste extrémiste qui nous a amené à fermer les centrales et qu'aujourd'hui nous payons notre énergie plus cher qu'on ne devrait on risque d'avoir en plus à nouveau des problèmes d'électricité et de fourniture l'hiver prochain enfin de gaz et d'électricité l'hiver prochain à cause des erreurs passées vous souhaitez développer le nucléaire
pas l'éolien
donc c'est quoi ? c'est le solaire pour vous ?
non attendez la question est très simple l'éolien ma position est la suivante venez une journée dans les Hauts-de-France et vous allez comprendre nous trop c'est trop on a grosso modo 6% du territoire national en superficie on a 18% du parc éolien donc au bout d'un moment basta et vous ne développez l'éolien que si les populations sont d'accord il ne faut pas les démonter pour autant la démagogie que j'ai pu entendre de la part de certains notamment de Mme Le Pen elle a essayé les mâts pendant qu'elle y est n'importe quoi non mais par contre c'est la question bien évidemment du photovoltaïque du solaire y compris dans les Hauts-de-France parce que c'est aussi une question de lumière il y a de vraies perspectives sans prendre de terres agricoles et sans qu'il y ait de déforestation mais sur les toits des bâtiments sur des friches industrielles on a la possibilité de développer vraiment le photovoltaïque avec une chose également il serait temps quand même que soit on les produise soit on les assemble sur le territoire français et qu'on ne se contente pas de tout faire venir par conteneur de Chine donc le nucléaire évidemment c'est la question de notre souveraineté c'est la question également c'est une énergie décarbonée et c'est ce qui nous permettra également demain d'avoir de l'hydrogène vert
reprenons le fil de nos échanges au sujet de la réforme des retraites monsieur Bertrand le conseil constitutionnel a donc partiellement censuré le texte il en a retiré les dispositions sociales notamment liées à l'emploi des seniors est-ce que c'est la double peine pour les opposants au texte en gros la réforme qui entre en vigueur là mais sans les mesures dites sucrées
les mesures sucrées n'étaient pas tant que ça parce que c'est pas ça qui venait apporter vraiment davantage de justice mais c'était des pistes c'est ce que vous évoquiez tout à l'heure le gouvernement savait pertinemment qu'il y avait un vrai risque constitutionnel et quand il a dit oui je vous l'ai dit tout à l'heure pour moi c'était de la fausse monnaie et d'ailleurs vous remarquerez quand même c'est rare que le conseil constitutionnel le dise comme cela mais en disant dans ses attendus que les informations données par les ministres à différents sujets étaient erronées étaient erronées
il y a eu de la préparation ?
bien sûr en matière de transparence de sincérité on ne peut pas se comporter comme ça vis-à-vis de la représentation nationale donc là aujourd'hui on doit tout remettre sur la table mais ce n'est pas l'index senior qui va suffire ce n'est pas de savoir justement s'il y a dans les entreprises des seniors ou pas il faut un projet qui soit beaucoup plus large beaucoup plus large où l'on prenne aussi en compte le fait que quand une entreprise va bien elle ne peut pas faire autrement que d'avoir davantage de seniors dans ses effectifs
on va y revenir dans un instant monsieur Bertrand mais pour rester sur la décision du conseil constitutionnel certains dans l'opposition chez les syndicats continuent à dire on veut œuvrer se mobiliser jusqu'au retrait est-ce que vous leur dites vous leur dites pardon vous avez raison ou est-ce qu'il faut reconnaître que de ce point de vue-là le combat est perdu et que la loi va rentrer en vigueur ? Il y a une clause de revoyure qui est prévue
dans le texte qui est en 2027 alors il faut préparer cette clause de revoyure et notamment de mettre le paquet sur l'emploi des seniors parce que si vous remontez le taux d'emploi des seniors je vais essayer de me faire technicien que je ne suis pas de 10 points aujourd'hui on est à peu près 14 points en dessous de l'Allemagne et bien dans ces conditions-là c'est une part importante du financement des retraites qui est garantie puis vous arrêtez ce gâchis social où aujourd'hui passé 50 ans vous pouvez aller demander pour une formation il y a très peu d'entreprises dans lesquelles vous les aurez quand vous ne formez pas les gens après 50 ans c'est que vous n'avez pas l'intention de les garder
après c'est-à-dire clause de revoyure 2027 c'est-à-dire que si par exemple vous arrivez au pouvoir vous arrivez à l'Élysée cette réforme vous l'abrogez ? je la remets sur le métier sur le métier de la justice sociale sur le métier de l'efficacité bien évidemment est-ce que vous l'abrogez ? Marine Le Pen dit moi j'abroge en arrivant au pouvoir en 2027 si j'y arrive et elle propose quoi ? c'est pas exactement ma question est-ce que vous dites comme Marine Le Pen si j'arrive au pouvoir à l'Élysée en 2027
elle propose la retraite à 60 ans voilà
et qu'elle finance comment ? lance en quoi ? l'auto-nationale ?
non elle explique
qu'elle finance avec les mesures liées à l'immigration d'accord bien évidemment comme si ça réglait le problème on sait bien que tout ça c'est de la flûte depuis des années mais elle n'a aucune solution est-ce que vous revenez à 62 ans ? parce que là en l'état c'est 64 ans est-ce que vous revenez sur cette mesure d'âge ?
en 2027 on sera à 63 ans en 63 ans moi ce que je souhaite s'il y a un véritable dialogue social c'est qu'on mette le paquet plus qu'on ne l'a jamais fait sur la question de l'emploi des seniors et à ce moment-là parce que j'ai aussi entendu le message moi j'ai porté une réforme en tant que rapporteur en 2003 sur l'allongement de la durée de cotisation en 2010 c'était l'âge moi je pense qu'aujourd'hui il faut mettre tout sur la table et je vois bien aujourd'hui que la préférence elle va sur l'allongement de la durée de cotisation et à ce moment-là en 2027 si on ne veut pas aller plus loin sur l'âge alors il faudra accepter de relever la durée de cotisation
à 44 ans par exemple ? à 44 ans par exemple ?
de toute façon le choix est très simple si vous ne voulez pas que ce soit l'âge si l'emploi des seniors ne progresse pas c'est le relèvement de la durée de cotisation ça c'est vous président ou la droite à l'Elysée ? vous m'avez posé la question à moi je vous réponds pour moi sur un sujet qui me passionne les retraites depuis bien longtemps et je vais aussi vous expliquer pourquoi c'est important donc vous serez candidat
autant faire les choses simplement
voyez la situation du pays puis on va commencer déjà à se projeter en 2027 c'est vous là puisque vous dites on mettra sur le métier c'est la réforme je vois ça vous me dites et vous en 2027 vous feriez quoi ?
voilà clairement ce que je ferais donc je vais être très clair cette réforme aujourd'hui elle a aussi une autre injustice c'est que les régimes spéciaux ne vont pas s'éteindre maintenant ni dans 5 ans ni dans 10 ans les régimes spéciaux s'éteindront tenez-vous bien grosso modo dans 43 ans c'est-à-dire qu'il y aura 9 élections présidentielles avant qu'on parle des régimes spéciaux de la clause du grand-père il est temps maintenant d'avoir un système de retraite qui soit juste un système de retraite où chacun en cotisant ait les mêmes droits à la retraite et un système de retraite qui soit piloté avec les partenaires sociaux et pas avec les seuls comptables de Bercy c'est la seule façon de refonder de la confiance et c'est aujourd'hui la clé est-ce qu'on le fera dans ces 4 ans
vous savez qu'ils ne veulent augmenter ni l'âge de départ ni la durée de cotisation non non c'est pas vrai la durée de cotisation ça a été également
un point de blocage c'est pas vrai le vrai sujet aujourd'hui c'est qu'avec l'âge tel qu'il est on l'oublie et certains nous disent ouais mais les français ils veulent pas travailler jusqu'à 64 ans alors qu'au final dans les autres pays on peut travailler beaucoup plus que ça non dans les autres pays vous pouvez partir avant l'âge légal avec une décote en France l'âge légal vous ne pouvez pas partir avant même avec décote vous pouvez partir quand vous n'avez pas votre durée de cotisation mais vous ne pouvez pas partir avant l'âge légal donc vous avez d'autres systèmes qui sont à mettre en place la durée de cotisation des décotes et des surcotes mais surtout pardonnez-moi mais on est 4 autour de cette table franchement à moins qu'on ait un accident de la vie on peut aller certainement jusqu'à 64 ans peut-être jusqu'à 65 ans mais celui qui a commencé très jeune celui qui a abîmé par son travail mais il ne peut pas aller jusqu'à 62 jours il doit partir avant et c'est ça la vraie différence c'est qu'aller jusqu'à 64 ans faire 44 années de cotisation c'est possible quand on est en bonne santé et ce n'est pas possible pour tout le monde j'ai toujours dit travailler plus longtemps oui mais pas pour tout le monde et l'autre injustice c'est les femmes les femmes vous savez qu'elle est l'âge de départ à la retraite aujourd'hui pour beaucoup d'entre elles c'est 67 ans parce que quand elles n'ont pas eu tout leur trimestre il n'y a qu'à 67 ans qu'il n'y a plus de décote ce n'est pas une injustice ça ?
le conseil constitutionnel c'est également prononcé sur le RIP
le référendum d'initiative partagée alors on vous entend parler de la clause de revoyure quand on vous demande on vous interroge sur le retrait de la réforme vous allez directement à ça vous sautez donc l'étape du RIP puisqu'il y en a un deuxième qui est en cours d'examen au conseil constitutionnel ça veut dire que vous ne fondez aucun espoir là-dessus ?
même les rédacteurs ne fondent aucun espoir ils l'ont dit d'ailleurs ils ont déposé un RIP ils en redéposent un deuxième très clairement en plus avec une question qui était très très mal posée mais il y a un autre sujet que vous posez derrière cela la réforme de 2008 qui avait été voulue par Nicolas Sarkozy permettait d'introduire ce référendum d'initiative partagée moi je crois au référendum je pense qu'aujourd'hui
surtout dans la situation dans laquelle on est donc vous partagez l'avis de Julien Aubert ce matin vice-président de votre parti qui demande un référendum sur la question ?
non pas forcément sur la question je n'imagine pas pendant quatre années qu'on ne retourne pas au-delà des élections locales devant les français est-ce que ce serait une dissolution ? est-ce que ce serait un référendum sur un thème important il faut qu'on ait cette soupape démocratique à un moment ou à un autre c'est aujourd'hui soit à la main du président de la république soit avec un RIP sur un sujet ou sur un autre mais aujourd'hui quand même la marche pour parvenir au RIP elle est à 4 millions c'est tout à fait 10% du corps électronique
il y a les preuves après du parlement
mais si vous ne voulez pas avoir un moment ou un autre un divorce définitif ce n'est pas parce que le président de la république et son gouvernement ont entamé la procédure de divorce avec les français elle est entamée mais on ne peut pas avoir entre nos institutions la démocratie et le peuple français un divorce ça ce n'est pas possible
qu'est-ce qui ferait un bon thème de référendum selon vous ?
je ne sais pas vous dire aujourd'hui
il y a des grands sujets qui se posent
c'est sur des thèmes qui sont importants vous imaginez quand même qu'en France ça fait 18 ans qu'il n'y a pas eu un référendum le dernier était en 2005 il ne faut pas avoir peur du peuple il ne faut pas chercher à changer le peuple comme l'imaginerait certains parce que ce serait leur confort mais on ne peut pas aujourd'hui dans une situation dans laquelle on est sans majorité absolue penser qu'on va continuer comme ça avec du débauchage individuel avec du texte par texte ce n'est pas la hauteur des enjeux ce n'est pas la hauteur du quinquennat qui ne peut pas être aujourd'hui un quinquennat au mieux de sur place et au pire un quinquennat de chaos
ce n'est pas pensable encore un mot au sujet des institutions parce que vous venez de l'évoquer à l'instant vous avez entendu comme nous les critiques parfois très virulentes contre le conseil constitutionnel est-ce que ça vous inquiète ça ?
écoutez c'est aussi une remise en cause de la part de certains des institutions mais pas tout le monde qui ? la France insoumise pas uniquement principalement principalement
on a aussi entendu des manifestants dans les cortèges
oui mais encore une fois je vous l'ai dit tout à l'heure vous avez des manifestants qui sont des casseurs professionnels qui c'est la violence qui est leur mode d'action et il y a ceux qui se disent que quand on vote ça ne change rien et que quand on se met derrière la bannière des organisations syndicales très dignes et très responsables ça ne change rien c'est ça qui m'inquiète c'est de voir autant de français qui en sont parfois à se dire il n'y a peut-être que la violence et si on veut casser ça il faut qu'il y ait une réponse à la hauteur justement des besoins des français si on va jusqu'au bout sur le conseil constitutionnel oui il est légitime mais ce qu'il faut bien voir c'est que le conseil constitutionnel juge en droit une mauvaise loi peut être constitutionnelle et parfois une bonne loi peut être anticonstitutionnelle ça ne sert à rien de faire le procès du conseil constitutionnel ce sont les choix de l'exécutif qui doivent être remis en cause c'est pas le conseil constitutionnel lui-même
Monsieur Bertrand vous expliquez régulièrement que votre combat politique un de vos combats politiques contre les extrêmes et contre ce que vous appelez d'ailleurs encore le front national à dessein le RN qui semble ramasser la mise à l'issue de cette crise enfin je dis à l'issue on n'est pas encore sorti de cette crise les sondages sont sans appel et j'imagine que vous les avez vus Marine Le Pen serait élue présidente de la république si l'élection avait lieu maintenant ça vous évoque quoi ça et je vais plus loin est-ce que vous vous dites moi qui ai participé du mouvement politique de ces 10-20 dernières années j'ai aussi ma part de responsabilité écoutez
dans les Hauts-de-France elle devait l'emporter en 2015 elle n'a pas gagné grâce notamment aussi à l'attitude extrêmement responsable des électeurs et des élus de gauche et au désistement des candidats ce que je viens de vous dire ce que je viens de vous dire les électeurs et les candidats les candidats de gauche Pierre de Saint-Ignon à l'époque en 2021 ils devaient gagner à nouveau vous vous rappelez peut-être on a eu nous dans les Hauts-de-France la NUPES avant l'heure toute la gauche réunie le président de la République avait envoyé 4 ou 5 de ses ministres et c'était le porte-parole ils ont fait 15% de moins pourquoi ?
parce que dans les Hauts-de-France les gens se disent qu'on se bat pour eux on se bat pour eux même si j'ai l'image comme beaucoup politique ils se disent que je me bats pour eux je me bats notamment aussi pour cette France c'est Hauts-de-France qui travaille cette reconnaissance du travail ils ont fait 15% de moins au final il est où le côté inéluctable de la victoire du Front National mais il faut les débusquer il faut montrer qu'ils n'ont pas de solution au problème quand elle vous dit qu'elle sera pour la retraite à 60 ans elle ment elle ment ça ne sera jamais pensable jamais possible quand elle vous dit qu'elle a les solutions notamment en matière de redressement économique elle ment quand elle vous dit qu'elle valorise la France du travail non elle voudrait aussi ne pas plaire à la France qui ne veut pas travailler mais le vrai sujet c'est qu'il faut aussi montrer clairement qu'ils n'ont pas de projet qu'ils n'ont pas d'équipe c'est ça la réalité je sais que c'est difficile
est-ce que tout le monde ne dit pas un petit peu ça en vérité et depuis longtemps j'évoquais tout à l'heure 2002 où il y avait eu un front républicain les chiffres de Jacques Chirac au second tour sont colossaux inégalés et depuis les chiffres du RN sont de plus en plus importants malgré les attaques politiques malgré les critiques comme vous le faites à l'instant elle ne prospère que sur les échecs
elle ne prospère que sur la misère et moi ce que je veux dire aux électeurs du Front National qui se tournent vers le Front National en se disant est-ce qu'on aurait tout essayé non c'est pas vrai parce que dans les Hauts-de-France c'est l'exemple marquant et aussi dans la région Sud ce que fait aussi Renaud Muselier il n'y a pas de fatalité à voir le Front National l'emporter il y a une fatalité pour ceux qui baissent les bras et qui n'ont pas envie de se battre pas seulement contre le Front National mais pour apporter des solutions aux Français et aussi pour aller donner la vision d'un avenir meilleur moi je continue à avoir foi dans mon pays j'ai foi parce que les Français sont courageux sont travailleurs et on est un pays qui a une ressource formidable la seule chose c'est qu'il faut se battre pour les Français et se battre pour son pays
le père de Marine Le Pen Jean-Marie Le Pen le fondateur du Front National qui a je le rappelle 94 ans a été hospitalisé après un malaise cardiaque est-ce que vous avez un message
je vous l'ai dit je combat le Front National ça a été Jean-Marie Le Pen avant Marine Le Pen depuis des années et des années ce combat reste pour moi permanent maintenant pour l'homme je souhaite qu'il traverse cette épreuve
évidemment et Marine Le Pen dit qu'il va bien pour ceux qui nous regardent plutôt des nouvelles rassurantes question sur les républicains Xavier Bertrand si on commence à essayer de faire le bilan politique de cette crise même si Jean-Baptiste vous le disiez elle n'est pas tout à fait terminée pour la droite c'est pour le moins mitigé c'est même un euphémisme divisé inaudible c'est une sorte de catastrophe pour les républicains ils existent encore à l'issue de cette crise sociale politique votre jugement est sévère
il n'est pas totalement faux mais là encore il n'y a pas de fatalité à une condition c'est qu'on reconnaisse qu'au sein des républicains et c'est vrai à l'Assemblée Nationale il y a aussi un pôle social le pôle social c'est un pôle qui croit au travail à la reconnaissance du travail à ceux qui donnent du travail à ceux qui n'arrivent pas à s'en sortir parce qu'ils travaillent
ce pôle-là n'a pas été suffisamment entendu pendant cette crise par notamment Éric Ciotti
le patron des républicains je pense Éric Ciotti essaye de faire vivre tout le monde ensemble et il n'y arrive pas il faut aussi qu'autour de lui tout le monde comprenne bien que cette sensibilité sociale certains disent que je l'incarne c'est vrai c'est au cœur de mon engagement Aurélien Pradié depuis des décennies Aurélien Pradié Julien Dive Maxime Minot Pierre-Henri Dumont ils sont nombreux et pas seulement ceux-là c'est de bien comprendre qu'on doit vivre ensemble et qu'il faut reconnaître la place de ce pôle social parce que je pense que ce pôle il croit à l'autorité au respect de l'autorité il croit aussi au travail et ce que cela veut dire on est certainement énormément en résonance avec la société française
et ses besoins On n'a pas eu la droite la plus bête du monde pendant cette séquence une droite qui avait proposé lors des précédentes élections d'allonger l'âge de départ qui pour certains s'y sont opposés le président du groupe dit ne votez pas la motion de censure il y a le tiers du groupe parlementaire qui vote la motion de censure pour faire tomber Elisabeth Borne Les Républicains c'est quoi ? Quel numéro de téléphone ? Je peux reprendre vos différents points ? Ou faire une synthèse
Il ne reste plus beaucoup de temps Ils ont voté la censure pourquoi ? Moi je les comprends totalement ils ont eu raison Vous auriez voté la censure
vous ? Si vous aviez été à la sommet ?
Mais attendez pourquoi ? Madame Borne dit si vous êtes contre la réforme des retraites votez la censure ce n'est pas une provocation ça ?
Mais bien évidemment qu'ils ont eu raison de le faire et c'était aussi pour mettre un terme à ce qu'il y avait derrière cette réforme injuste Mais si vous allez jusqu'au bout du raisonnement uni chez Les Républicains ça ne veut pas dire unifié Vous respectez aussi ces sensibilités et à chaque fois celles et ceux qui ont gagné la dernière fois qu'on a gagné ça remonte à loin Jacques Chirac Nicolas Sarkozy c'est parce qu'aussi cette préoccupation sociale cette préoccupation du travail a été justement en haut des priorités la sécurité l'autorité la lutte contre l'immigration clandestine contrôler notre immigration oui mais pas seulement on marche bien sur deux jambes vous savez
Donc c'est un message que vous envoyez Eric Ciotti ? Oui bien sûr
Mais de toute façon ce pôle-là bien évidemment j'ai vocation d'incarner c'est dans l'ADN aujourd'hui de Nous France mon mouvement politique que j'anime avec Bernard de Flessel qui est sur ce plateau très clairement c'est l'autorité le respect de l'autorité c'est le travail mais c'est aussi toute la question des territoires on est un pays qui est énormément centralisé tout se décide à l'Elysée deux personnes le président de la République et le secrétaire général du gouvernement ça ne peut pas fonctionnaliser dans aucun pays ça ne fonctionne comme ça aucun
Les états généraux de la droite annoncés par Eric Ciotti doivent se tenir le 4 juin est-ce que c'est nécessaire selon vous et surtout est-ce qu'au fond ça peut être utile
ou pas ? Oui ça peut être utile moi en tout cas j'y apporterai ma contribution Vous y direz quoi ?
Nous avons engagé tout un travail au sein de Nous France notamment sur le rapport au travail parce que vous voyez l'erreur aussi du gouvernement ça a été de dire que le préambule du livre sur le travail c'était les retraites Non, les retraites c'est un des chapitres de ce livre sur le travail du rapport au travail je vous le disais tout à l'heure en début d'émission je n'ai pas pu aller jusqu'au bout dans ce quinquennat précédent il y a eu les gilets jaunes la précarisation de ceux qui travaillent vous avez aussi le Covid regardez l'état de la santé regardez les questions liées au logement la question de souveraineté comment on fait face maintenant aux conséquences du quoi qu'il en coûte tous ces sujets-là auraient dû être tranchés par l'élection présidentielle ils ne l'ont pas été c'est maintenant qu'il faut aussi apporter ces solutions le président de la République fera ce qu'il souhaite c'est lui qui a les clés mais en attendant moi je n'attendrai pas quatre ans que mon pays aille de pire en pire pour apporter des solutions
est-ce que vous demandez au président de la République justement d'aller vite à ce texte travail a priori il devrait arriver prochainement à l'Assemblée justement pour pouvoir évoquer les sujets que vous venez d'aborder
si c'est pour confondre vitesse et précipitation non et si c'est pour faire sans les partenaires sociaux ou faire semblant de les consulter non ça vaut la peine vous savez il y a un grand principe on apprend peut-être pas à l'ENA mais pas fait l'ENA il y a plus dans deux têtes que dans une alors il faut respecter l'avis des autres et parfois prendre l'avis des autres
et il faut faire une grande conférence sociale
oui bien sûr mais encore une fois pas comme l'autre jour une réunion où on n'a rien à se dire non si on va vraiment sur le fond et si on demande à chacun d'apporter des solutions et qu'on prend en compte l'avis de l'autre
là ça vaut la peine merci beaucoup monsieur Bertrand d'avoir été l'invité de l'effet politique aujourd'hui merci Pauline Benjamin et voici Ronald Guintrange avec Dominique Rizet cette affaire suivante je vous donne rendez-vous tout à l'heure à 18h
merci
Xavier Bertrand