Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrançois Ruffin· 23 janvier 2026 3 min

« J’en fais des cauchemars la nuit. »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Toi, tu m'as dit j'en fais des cauchemars la nuit. Ouais, b bien sûr, je vais pas je vais pas mentir que que faire des obus, ça me réjouit quoi. On est avec Maë et Éric donc de la CGT devant les fonderies de Bretagne à côté de l'Orient à Codan.

J'étais passé ici il y a 1 an, c'était la grosse galère. On se demandait sil allait y avoir la fin de l'usine. Il y a eu une bonne nouvelle, un repreneur.

Il y a eu une mauvaise nouvelle, le repreneur, c'est Europlasma. Oui, tu as résumé la situation. Euh, on avait des doutes un peu nous à la reprise au 1er mai 2025 sur l'actionnaire principal he au replasement.

Malheureusement la tournée au mois de janvier 2026 et nos doutes se confirment quoi. On a on a du mal à voir la finalité de d'europlaement dans sa dans sa vision industrielle. À chaque fois qu'on pose des questions, il nous répondent à côté.

On a on a aucune aucune visue sur l'avenir quoi. Avant vous faisiez des pièces d'automobile pour Renault et c'est eux qui vous ont lâché. Maintenant, c'est de l'armement, c'est des obus.

Ouais. Bah depuis 2020 de toute façon dès que Renault a décidé de partir, on se doutait que ça être compliqué et qu'il fallait se diversifier. Euh le contexte géopolitique fait que ben on est arrivé sur ce marché-là.

Euh donc c'est c'est pas un marché sur lequel nous on était on était venu qu'on s'est fait embaucher. Malheureusement c'est ça. Il y a que ça pour faire vivre l'entreprise actuellement.

Là tu m'as dit j'en fais des cauchemars la nuit. Ouais bah bien sûr. Je pas je vais pas mentir que que faire des obus ça me réjouit quoi.

Malheureusement faut que je rempliss mon frigo aussi. Et euh donc cette usine faut qu'elle tourne. Et moi ça me pose une question parce que les gars là ils disent "Bon, malheureusement on fait de l'armement.

C'est pas pour ça qu'on était là. Et moi j'en fais des cauchemars la nuit parce que ça veut dire que il y a un marché Ouais mais ça veut dire des bombes, ça veut dire du malheur sur terre. Mais bon il y a un état français qui dit on veut se réarmer, on met du budget là-dedans et d'un autre côté un outil comme celui-là on le laisse aux main de financiers, aux mains de Vutour. plutôt que se dire que bah Talè dont ils sont sous le traitant vient le prendre ou que l'État se charge de cet outil là pendant 2 ou 3 ans.

Bref, qu'on porte une filière avec un projet industriel. Voilà ce qu'il faudrait dans l'armement mais comme dans plein d'autres secteurs. Et donc en fait il y a une contradiction au sein de l'État.

On a un état qui dit on veut ça mais qui reste profondément libéral et qui laisse faire le marché et le marché ne marche pas et ça donne rien sur le plan industriel aujourd'hui. C'est une sorte de volonté hein. Ouais, c'est les moyens ils les ont.

C'est la volonté qu'ils ont pas. C'est un vrai temps Breton. Oui, on a du vent là, [rires] la pluie il fait froid.

On est bien.