Ukraine : une guerre aux portes de l’Europe ? Avec Bernard Guetta - C à Vous - 27/01/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on doit vraiment craindre une guerre aux portes de l'Europe ?
- 1:26OuverteRéponse partielle
C'est de l'intimidation, quoi.
- 2:08OuverteRéponse directe
Une prise de contrôle pure et simple de l'Ukraine ou des frappes ciblées contre des sites militaires ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Quand on parle d'une attaque imminente selon les États-Unis, ça pourrait ressembler à quoi ?
- 3:15RelanceRéponse directe
Quand vous dites que Poutine perd les pédales, quels sont ses objectifs publics ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il doit dire à Vladimir Poutine lorsqu'il lui parlera ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« ni les Européens ni les Américains n'enverront de soldats. »
- 0:22Invité politiqueChiffre
« une telle avalanche de sanctions économiques dures, véritablement dures, ce qui se prépare est véritablement dures »
- 1:13Invité politiqueFait
« M. Poutine a commencé cette concentration de troupes à la frontière ukrainienne mi-novembre et sans doute même avant. »
- 1:45Invité politiqueFait
« Moi, je crois que Poutine devient totalement irrationnel, que Poutine est un homme en état de panique »
- 3:45Invité politiqueFait
« Jamais l'Alliance Atlantique ne dira, nous excluons a priori l'adhésion de tel ou tel pays. »
- 4:10Invité politiqueFait
« quand M. Poutine pose des conditions dont il ne peut pas ignorer qu'elles sont inacceptables pour les Occidentaux »
Temps de parole
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Est-ce qu'on doit vraiment craindre une guerre aux portes de l'Europe ?
Ça dépend de M. Poutine. Vraiment, ça dépend de M. Poutine et de lui seul. Parce qu'il décide d'entrer en Ukraine, une partie du territoire ukrainien ou la totalité du territoire ukrainien. Et ce n'est pas la guerre en ce sens que ni les Européens ni les Américains n'enverront de soldats. Mais c'est une telle avalanche de sanctions économiques dures, véritablement dures, ce qui se prépare est véritablement dures, qu'on entre dans une situation de tension internationale extrêmement grave, extrêmement sérieuse, que Poutine à ce moment-là voudra réagir, etc. Mais il y a une autre hypothèse. Vous l'évoquiez à l'instant.
Après tout, hier, les Russes, les Ukrainiens, les Français, les Allemands se sont retrouvés à Paris. Qu'est-ce qu'ils ont dit ? On se retrouve dans 15 jours à Bruxelles. Ah, à Bruxelles, à Berlin, excusez-moi. M. le chancelier allemand est attendu le 7 de la semaine prochaine à Washington. Il y a des discussions, des rendez-vous qui sont pris partout. On n'a pas l'impression que, véritablement, la guerre soit pour demain. Et puis, je vous rappelle une dernière chose. M. Poutine a commencé cette concentration de troupes à la frontière ukrainienne mi-novembre et sans doute même avant. Alors, écoutez, si vraiment il voulait y aller, il y serait allé un peu plus vite. Mais...
C'est de l'intimidation, quoi. C'est un rapport de force...
Ben, je ne peux pas vous répondre.
Comme il les aime.
Ben, je ne peux pas vous répondre. Et personne ne peut, vraiment...
Personne ne peut se mettre dans la tête de Poutine.
Personne ne peut se mettre dans la tête de Poutine.
C'est-à-dire que tout est possible.
Tout est possible. Si vous voulez une interprétation, mais elle est libre, je sais que Patrick va la contester. Mais je la donne quand même. Moi, je crois que Poutine devient totalement irrationnel, que Poutine est un homme en état de panique parce qu'il perd les commandes aujourd'hui, aussi bien dans son pays que dans les pays qui entourent la Russie, les anciennes républiques soviétiques. Et donc, malheureusement, on peut s'attendre à tout.
C'est-à-dire, à quoi ? Une prise de contrôle pure et simple de l'Ukraine ou alors des frappes ciblées contre des sites militaires ? Quand on parle d'une attaque imminente selon les États-Unis, ça pourrait ressembler à quoi ?
Ben, écoutez, je vous donne trois scénarios possibles. Il reconnaît diplomatiquement l'indépendance des deux régions qui sont en trouble aujourd'hui en Ukraine et en orientale. C'est-à-dire que sans envoyer de nouvelles troupes, de fait, il annexe ces régions. Ah, c'est compliqué. Il marche carrément sur Kiev. Et après tout, quand on regarde la carte des concentrations de troupes, quand on voit qu'il a envoyé des barges sur le Dniepre, c'est-à-dire le fleuve qui partage l'Ukraine et qui mène directement à Kiev, on ne peut pas exclure cette hypothèse.
Ou bien il se contente, si j'ose dire, excusez-moi de ce mot, enfin oui, il se contente dans sa tête, de saisir les territoires entre la Crimée qu'il a annexée et l'Ukraine orientale qu'il occupe de facto. Et il crée à ce moment-là une zone tampon à la frontière orientale de l'Ukraine qui, de fait, devient une zone russe.
Quand vous dites que Poutine perd les pédales et qu'on ne sait pas ce qu'il va faire, etc., il a quand même publiquement, Moscou a donné publiquement, a dit quels étaient ses objectifs. C'est-à-dire que l'Ukraine... Est-ce que l'OTAN reste à distance des frontières russes, qu'il y a un engagement des Occidentaux à ce que l'Ukraine n'adhère pas à l'OTAN, qu'il y a un nouveau système de sécurité en Europe, est-ce que ça, il peut l'obtenir des Occidentaux avec toutes ces gesticulations militaires et diplomatiques ?
Alors la réponse est catégoriquement non. Jamais l'Alliance Atlantique ne dira, nous excluons a priori l'adhésion de tel ou tel pays. L'Alliance Atlantique ne peut pas le faire. L'Ukraine peut dire « je m'engage, moi » ou « je renonce à adhérer à l'Alliance Atlantique ». L'Alliance Atlantique ne peut pas dire « je renonce à cette adhésion ». Et d'autre part, quand M. Poutine pose des conditions dont il ne peut pas ignorer qu'elles sont inacceptables pour les Occidentaux, mais pas seulement pour les Américains, pour les Européens aussi, pour l'ensemble de l'Alliance Atlantique, on se dit à priori « bon ben donc c'est qui veut la guerre ». Il attend le niet et il y va.
Or le niet, il l'a depuis trois semaines. Vous l'avez vu bouger ? Moi pas.
Demain Emmanuel Macron l'aura au téléphone.
Oui.
Alors qu'est-ce qu'il doit dire à Vladimir Poutine lorsqu'il lui parlera ?
Avec un objectif de désescalade, a dit l'Elysée.
Moi je pense qu'il devrait dire deux choses en même temps. Il devrait lui dire « écoute Vladimir », parce qu'ils se tutoient, tous ses chefs d'État se tutoient, quelles que soient leurs relations. Il devrait lui dire « écoute, vraiment, ce qu'on a préparé comme sanction, si tu entres en Ukraine, c'est vraiment très sérieux, tu ferais bien d'y réfléchir.
Et tu ferais d'autant mieux d'y réfléchir, qu'après tout, la situation dans laquelle on est pourrait être le préambule à une grande négociation sur l'équilibre, la stabilité sur le continent Europe, la coopération éventuelle dans un deuxième temps entre l'Union Européenne et la Fédération de Russie, saisit cette chance plutôt, en bon français, que de déconner. – Sous-titrage ST' 501
Bernard Guetta