Message du Président Emmanuel Macron à l'occasion du Sommet annuel du réseau Women Political Leaders
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Chapitres
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- 0:15Emmanuel MacronPromesse
« j'ai décidé de faire pour la France de l'égalité femmes hommes la grande cause de mon quinquennat »
- 0:30Emmanuel MacronFait
« nous avons passé plusieurs dispositions législatives accroissant les contraintes pour l'égalité justement salariale »
- 1:00Emmanuel MacronPromesse
« la France confirmera au Partenariat mondial pour l'éducation son engagement budgétaire, mais en le ciblant encore davantage vers l'éducation des jeunes filles »
- 1:15Emmanuel MacronChiffre
« le CAC 40 français n'a quasiment aucune femme qui dirige une grande entreprise, une seule »
- 1:30Emmanuel MacronChiffre
« la majorité politique qui porte le projet qui fut le mien en 2017 et qui est le mien aujourd'hui, elle est quasi paritaire. Pour la première fois dans l'histoire de notre République »
- 1:45Emmanuel MacronChiffre
« le groupe majoritaire avec 47 % de femmes »
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Madame la présidente, chère Sylvana, Madame la secrétaire générale adjointe, chère Amina. Chers amis, je suis ravi de prendre la parole à vos côtés aujourd'hui, à l'occasion du sommet annuel de l'organisation Women Political Leaders autour du sujet crucial du leadership des femmes, c'est-à-dire la façon, les multiples façons dont les femmes se mobilisent en dépit des difficultés pour peser sur les grands enjeux qui animent nos sociétés, pour agir au sein de nos sociétés et relever nos défis contemporains. C'est, comme vous le savez, un sujet qui me tient particulièrement à coeur puisque j'ai décidé de faire pour la France de l'égalité femmes hommes la grande cause de mon quinquennat.
J'ai aussi porté ce sujet sur le plan européen comme international, à travers une diplomatie féministe. C'est d'ailleurs fort de cette conviction que nous avons, avec le président Macky Sall, coprésidé la conférence de financement du dernier Partenariat mondial pour l'éducation. C'est aussi dans cet esprit que nous avons organisé pour le G7, présidé par la France en 2019 à Biarritz, un travail intense en faveur, justement, des jeunes filles et des femmes, avec, par exemple, la volonté de favoriser l'adoption de nouvelles lois et mesures législatives en faveur de l'égalité femmes hommes dans le monde ou avec aussi le lancement du Fonds AFAWA pour l'entrepreneuriat féminin en Afrique.
Et nous poursuivrons cet engagement en accueillant à Paris, du 30 juin au 2 juillet prochain, le Forum Génération Egalité que nous coprésidons avec le Mexique sous l'égide d'ONU femmes. Vingt-cinq ans après la conférence de Pékin, les Etats, les organisations internationales, la société civile, le secteur privé se réuniront pour porter des engagements concrets afin de faire progresser les droits des femmes et des jeunes filles partout dans le monde. Cette mobilisation est nécessaire, car la situation que nous vivons aujourd'hui demeure à mes yeux très préoccupante.
Nous connaissons à peu près tout ce qu'il faut faire en matière d'éducation, en matière d'accès à l'emploi, en matière d'égalité salariale, d'accès à l'entrepreneuriat ou aux responsabilités politiques. Ces défis, nous les relevons dans nos sociétés. Nous devons continuer d'aller plus loin.
Mais en même temps, à l'échelle de la planète, nous voyons un phénomène profond où la situation de l'égalité femmes hommes est profondément menacée. Elle est menacée parce qu'elle a été fragilisée par la pandémie. En effet, les femmes ont été les premières victimes de celle-ci.
Elles ont été au combat, au front, partout dans nos pays, les emplois qui ont été les plus exposés, qu'il s'agisse de prendre soin des autres, de les soigner, d'éduquer, d'être dans les métiers de services. Celles et ceux qui ont été au front durant la pandémie ont d'abord été des femmes. Victimes au premier chef de ces inégalités.
Ensuite parce que la pandémie a accru les problèmes d'accès à l'éducation, et dans toutes les zones où l'éducation des jeunes filles était un défi, celle-ci a encore reculé du fait de la pandémie, et pendant le temps de celle-ci. Enfin, parce que les inégalités ont continué de flamber durant cette période, Et les femmes en sont les premières victimes. Et puis, à côté de tous ces phénomènes, nous voyons dans beaucoup de sociétés, y compris en Europe, monter une nouvelle période conservatrice dans tous les sens du terme, qui remet en cause des droits fondamentaux que ces dernières décennies nous avaient permis de consolider.
Le droit des femmes à disposer de leur corps, le droit des femmes à avoir accès à l'enseignement supérieur, etc. Et donc, les combats que vous menez, les combats que nous menons sont aujourd'hui plus encore essentiels qu'hier. Face à cela, la France se mobilise.
Nous avons passé plusieurs dispositions législatives accroissant les contraintes pour l'égalité justement salariale, pour l'égalité dans les carrières, en portant des contraintes plus fortes sur nos entreprises, en mettant en place des dispositifs de transparence, en développant le Name and shame, nous avons passé une loi, nous sommes en train de la passer conformément aux engagements de Biarritz, qui permettra aussi de renforcer l'égale représentation des femmes au sein du management comme au sein des boards. Et c'est cette même dynamique que nous voulons impulser au niveau européen. Sur le plan international, nous avons ces défis qui sont aussi à relever.
Et justement, le Forum Génération Égalité, que nous tiendrons à Paris dans quelques jours, sera une occasion essentielle de relever ces derniers. Nous battre à nouveau pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Je veux saluer à cet égard le courage qu'ont eu plusieurs dirigeants ces dernières années de passer des réformes qui étaient tant et tant attendues.
Je pense à mon ami président d'Argentine, qui a passé une loi courageuse tant attendue sur ce sujet. Nous allons porter tous ces combats autour de la table pour recréer un agenda progressiste et féministe à l'échelle internationale. Nous ne devons rien céder à toutes les manoeuvres de régression du droit des femmes aujourd'hui dans leur société ou à l'international.
Ce rendez-vous, ce sera celui des combattantes de la liberté que nous devons soutenir, car leur combat est le nôtre, celui qui fait que des femmes se sont érigées pour défendre leurs droits, en Arabie saoudite, en Iran, dans beaucoup d'autres sociétés. Elles ont parfois été reconnues par leurs dirigeants, et je m'en félicite, permettant d'avancer sur ce front. Mais ces avancées sont encore trop fragiles et nous devons là aussi les défendre.
Et puis c'est le combat sur l'éducation des jeunes filles et pour l'éducation des jeunes filles que nous allons reprendre. C'est pourquoi la France confirmera au Partenariat mondial pour l'éducation son engagement budgétaire, mais en le ciblant encore davantage vers l'éducation des jeunes filles, en particulier en Afrique et dans la zone d'Afrique subsaharienne. Tous ces combats sont essentiels aujourd'hui, ce sont des combats pour la dignité de l'humanité, notre dignité.
Ce sont des combats de justice, ce sont aussi des combats d'efficacité. Aucune société ne réussira à relever les défis contemporains, si elle se prive de la moitié de ses ressources vives, de sa force, d'une capacité à faire vivre aussi bien dans le service public que dans les entreprises, ce qui est le cœur même de l'innovation : la diversité. Tous ces engagements, évidemment, nous les transcrivons, je le disais dans des lois, des engagements européens, des engagements internationaux.
Mais le leadership est essentiel, en entreprise comme dans la vie politique. Et votre rôle d'inspiration est essentiel. Bien évidemment, nous changeons des lois, des règles qui, pendant trop longtemps, ont été faites par des hommes et pour les hommes.
C'est ce que je m'emploie à faire depuis quatre ans en France, ce que nous devons continuer de faire. Bien évidemment, nous devons continuer d'imprimer ce leadership féministe qui va permettre de corriger aussi des règles internationales, qui fait que pour certains, le bon sens, c'est simplement devenu le bon sens de la moitié de l'humanité, oubliant totalement ce qui permet aux femmes de réussir ou de prendre leur place dans nos sociétés. Mais au delà de cela, nous avons besoin d'exemples.
Pour réussir cette transformation profonde, pour aller encore plus loin dans l'éducation, la formation des jeunes femmes, il faut que ce leadership féminin s'installe, s'incarne, soit tangible et votre rôle est à cet égard essentiel. Nous avons besoin d'avoir de plus en plus de femmes qui prennent les rênes de sociétés, la France est elle même face à ce défi. Le CAC 40 français n'a quasiment aucune femme qui dirige une grande entreprise, une seule.
Imaginez-vous. Et ce défi nous devons continuer de transformer, c'est la loi que nous allons passer, mais c'est changer aussi les esprits et la culture, et c'est par l'exemple que, justement, ces lignées se bâtissent. Nous avons aussi besoin de bâtir ce leadership féministe dans la vie politique.
Je me félicite de pouvoir accueillir à Paris beaucoup de femmes aujourd'hui chefs d'Etat et de gouvernement. C'est un modèle qui doit continuer d'avancer, et je me considère moi-même, je l'ai dit à plusieurs reprises, comme portant cette cause et je suis moi même profondément féministe, engageant l'engagement politique des femmes. Ce plafond de verre, vous avez montré qu'il n'était pas une fatalité.
Chacune dans vos engagements, votre parcours. Et vous êtes ce faisant une source d'inspiration et je vous invite à continuer, à faire savoir et à partager ce message. J'ai juste partagé une toute petite expérience avec vous quand j'étais candidat à l'élection présidentielle.
On me disait que je n'avais aucune chance, comme on le dit à beaucoup de femmes aujourd'hui, pour telle ou telle activité auxquelles elles aspirent. Mais surtout, je voulais profondément renouveler notre vie politique. Et au moment où j'ai voulu constituer une majorité au Parlement, j'ai fait un appel à candidatures ouvert en ligne ; et je me suis aperçu, au bout de quelques semaines que les candidatures qui arrivaient ressemblaient terriblement au profil type des gens qui étaient déjà élus.
Alors, j'ai passé un appel simple, un appel pour que les jeunes femmes et les femmes françaises qui étaient prêtes à changer la société s'engagent dans la vie politique française. En quelques semaines, j'ai pu ainsi avoir autant de candidatures féminines que masculines. J'ai veillé à ce que nous jouions le jeu et qu'on ne mette pas les femmes comme on le faisait trop souvent dans la vie politique française, dans les circonscriptions où il n'y avait aucune chance.
Le résultat était simple, la majorité politique qui porte le projet qui fut le mien en 2017 et qui est le mien aujourd'hui, elle est quasi paritaire. Pour la première fois dans l'histoire de notre République. Là où l'Assemblée nationale française avait moins de 20 % de femmes, le groupe majoritaire avec 47 % de femmes, il n'y a donc aucune fatalité.
Il y a eu simplement deux choses. La fin de l'autocensure. Des femmes qui ont écouté mon message se sont dit "pourquoi pas moi" ?
Et elles m'ont toutes dit ensuite je ne pensais pas que la politique m'était ouverte, qu'elle était faite pour moi. La deuxième, la confiance. Si nous arrivons, pas simplement par les lois, mais par le modèle que vous donnez, par les inspirations qui sont les vôtres, à lever l'autocensure qui existe dans trop d'esprits, de jeunes filles comme de beaucoup d'hommes.
Et si nous arrivons à montrer que la confiance en société rend plus fort, et que chacun a sa place à prendre, alors nous serons cette génération égalité à laquelle j'aspire. Je sais tous les combats qu'il y a devant nous. Je sais tous les combats que vous avez menés, que vous menez avec beaucoup de courage.
C'est pourquoi je vous donne rendez vous à Paris le 30 juin prochain pour donner un nouvel élan à notre mobilisation commune pour cette grande cause de l'égalité femmes hommes. Je vous remercie.
Emmanuel Macron