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interviewBFM TV (sur YouTube)· 6 juin 2026 13 min

Cérémonie du 6 juin: le discours du Premier ministre Sébastien Lecornu

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Nous sommes le 6 juin 2026. Il y a 82 ans avait lieu le débarquement de Normandie. Une cérémonie internationale est en cours en ce moment à Langrune-sur-Mer. On vous retrouve sur place, Hugo Capeli pour BFMTV. Hugo, le discours du Premier ministre Sébastien Lecornu est imminent. Oui, ces commémorations qui se poursuivent. Sébastien Lecornu qui va prendre la parole dans quelques instants ici dans cette commune de Langrune-sur-Mer. 2000 habitants qui accueillent cette année la grande commémoration internationale. Vous voyez juste derrière moi, il y a beaucoup d'habitants qui sont venus. C'est vrai que c'est un événement assez exceptionnel pour cette commune qui compte que 2000 habitants.

Il y a quelques instants, c'est le sous-secrétaire à la guerre américain, Colby, qui a pris la parole. Ce n'était pas lui qui était attendu aujourd'hui. On attendait Pete Exet qui est le secrétaire d'État à la Défense. C'est un très proche de Donald Trump. Mais les habitants ont contesté cette venue. Ils trouvent qu'il a des positions trop anti-européennes. Alors Pete Exet avait bien fait le déplacement en France. Il était encore là ce matin. Il a rencontré notamment la ministre des Armées. Ils ont parlé de beaucoup de sujets du moment. La situation au Moyen-Orient, le détroit d'Hormuz.

On voit bien donc qu'à travers cette cérémonie, à travers ces commémorations, on parle forcément beaucoup d'actualité et notamment de ces tensions qu'il y a sur le plan géopolitique. C'est vrai qu'il y a les Américains. Il y a aussi d'autres nations qui sont représentées aujourd'hui. C'est donc aussi l'occasion pour les différents dirigeants qui sont venus de se rencontrer, de se parler, de faire passer aussi un certain nombre de messages. Sébastien Lecornu va le faire dans quelques instants. Il va prendre la parole dans quelques toutes petites minutes. Il a déjà pris la parole plusieurs fois aujourd'hui à l'occasion des différentes commémorations.

Il a notamment fait passer des messages auprès des militaires qui étaient là en leur disant qu'à tout moment, ils pourraient être mobilisés dans l'Hexagone, mais aussi à l'étranger. Il a fait notamment allusion à ce qui se passe au Moyen-Orient. Hugo Capelli, en direct de Langrune-sur-Mer. Thierry Arnault, on l'a bien entendu, ces commémorations, ce 82e anniversaire cogne étrangement avec l'actualité.

2:11
Invité

Oui, complètement, puisque d'ailleurs, il suffit de reprendre les propos obtenus par Pete Exeth aujourd'hui, qui à la fois dit aux caméras de télévision françaises que les États-Unis considèrent que la France est toujours un allié très important, mais qui en même temps réitère ce message maintes fois entendu depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, selon lequel, désormais, les Européens doivent se débrouiller tout seuls.

Il n'est plus question que le parapluie de défense américain continue à jouer le rôle qu'il a joué jusqu'à présent, que ce soit dans le cadre de l'OTAN, que ce soit à l'occasion de la décision annoncée par le président américain de retirer 5 000 soldats présents en Europe et en Allemagne singulièrement. Donc on est dans une sorte de divorce, de divorce et de tension qui sont sans doute sans précédent depuis les événements que l'on est en train de commémorer aujourd'hui.

3:01
Présentateur

– Et on voit le Premier ministre Sébastien Lecornu qui s'avance vers le pupitre et qui va donc prendre la parole pour ce discours extrêmement attendu.

3:08
Invité

– Monsieur le secrétaire à la Défense du Royaume de Grande-Bretagne, Madame la ministre des Armées, Madame la ministre déléguée, Madame la Première ministre, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les élus, chers soldats, mais plus encore, chers vétérans, heureux de vous voir ici cet après-midi avec nous. Il y a 82 années, très exactement à l'aube d'un jour qui vit renaître l'espoir, c'est un déluge de feu qui a surgi de l'horizon.

Un horizon qui a marqué le début des plus durs combats, par le largage des premières bombes de l'aviation alliée au-dessus de la Normandie et avec le débarquement de milliers d'hommes depuis les navires de l'opération Neptune. Un horizon qui vint aviser à l'Europe et à la France de l'ouverture d'un nouveau front qui allait amener à la victoire pour les alliés et la paix pour le monde. A l'aube de ce 6 juin, au creux d'une nuit calme qui annonçait l'été, le ciel s'est enflammé de Ouistreham à Saint-Martin-de-Variville. Au commencement de cette journée de juin, sur ces plages immaculées que l'ennemi avait tendu de barbeler, ce sont bientôt 133 000 hommes qui s'engagent.

Ils sortent à un de leurs chalants de débarquement, plongent dans l'eau glacée, avancent mètre par mètre entre les balles, les mines et les obus. Lestés d'un fardeau de munitions et du poids immense que l'histoire a fait peser sur leur génération, la mort pour 3 000 d'entre eux, mais la liberté pour le monde entier. Mesdames et messieurs, ce 6 juin 1944, 3 000 hommes de 20 ans à peine offraient à l'histoire le souffle de leur jeunesse et le sacrifice de leur vie. Leur sang que 82 années de ressac ont effacé du sable de ces plages coule toujours quelque part dans l'océan. du sang américain, canadien, britannique, mais aussi français, versé par neuf des 177 marins issus du commando Kieffer.

Du sang versé pour délivrer quelques kilomètres de côte normande avant l'arrivée d'un million de renforts hollandais, grecs, belges, polonais, norvégiens, danois et de bien d'autres engagés volontaires auprès des forces alliées. Mesdames et messieurs, sur cette plage de Swart Beach où débarquent au matin du 6 juin 400 soldats britanniques du 48 Royal Marine Commando, c'est un large mur anti-char défendu par un canon de 75 mm qui les attend. Sur la plage de Langrune, face à laquelle nous nous trouvons devant la défense allemande, 160 hommes sur 400 tombent sous les tirs ennemis sans rien abandonner.

Au cours de la journée, ils sont renforcés par une compagnie du North Shore Regiment et le 41 Royal Marine Commando. Au bout d'une journée de face à face dans la sueur et le sang, l'ennemi finit par quitter la Commune au soir du 6 juin. Quelques tireurs embusqués restent. Au 7 juin, la Commune est définitivement libérée. La libération, enfin, mais de terribles combats sont encore à venir. Avec la bataille de Normandie, le débarquement de Provence, la libération de Paris, la campagne d'Alsace et bien sûr les combats en Allemagne. Mesdames et messieurs, souvenons-nous des combattants de ce 6 juin, arrachés à l'insouciance de leur jeunesse pour libérer une Europe qu'ils n'avaient jamais connue.

Saluons leur mémoire, leur courage. Les stèles blanches qui se profilent sur les collines de Colville à Aromanches sont autant d'empreintes de leurs sacrifices. Inclinons-nous devant elles. N'oublions pas quel fut leur destin. Eux qui ont donné leur vie pour notre liberté avant même de commencer leur vie d'adulte, avant même de se marier, avant même d'avoir eu le temps d'être père. Ils nous laissent un immense héritage. Soyons-en dignes. Souvenons-nous aussi des résistants qui, partout dans le pays, se sont levés dans l'ombre, sur tous les chemins de campagne, dans tous les faubourgs, dans tous les maquis, pour assaillir l'ennemi, pour renseigner, pour saboter.

Bref, pour l'affaiblir et permettre l'avancée décisive des alliés. N'oublions pas non plus les victimes civiles de la libération, qui, ici, en Normandie et ailleurs en France, ont payé de leur vie les combats et les bombardements de la libération. N'oublions pas enfin ce que nous devons à nos alliés qui ont envoyé leurs fils et quelques-unes de leurs filles pour libérer la France et l'Europe et qui ont mobilisé toutes les forces de leur nation pour la victoire. N'oublions pas la résilience du peuple britannique, monsieur le secrétaire à la Défense, qui a supporté cinq années de guerre sans jamais perdre ni sa détermination à vaincre, ni son flègme légendaire.

N'oublions pas l'abénation du peuple américain, ce grand peuple ami de la liberté, dont la France s'honore d'être l'allié historique. N'oublions surtout pas que les 82 années de paix que le débarquement a permises entre Européens sont avant tout le fruit de la réconciliation des peuples et de notre volonté de bâtir notre avenir ensemble. Cet avenir se dresse devant nous avec son lot inédit d'incertitudes et de dangers aussi. Il nous reste un grand défi à accomplir pour sceller la liberté apportée en Europe par les alliés dans le marbre de l'histoire.

C'est celui bien sûr de notre autonomie, de notre capacité à nous défendre par nous-mêmes pour faire face à des menaces qui se rapprochent, qui s'intensifient et qui se multiplient. Voilà le défi de notre génération. Il répond à celui relevé sur ces plages par les soldats alliés. Plus encore, c'est ce que nous leur devons, leur sacrifice à apporter la paix. Cette paix est fragile. Défendons-la. Vive la République et vive la France.

9:54
Présentateur

Voilà pour ce discours de Sébastien Lecornu. Alexis Cuvillier, Thierry Arnaud, général, un discours très centré sur la commémoration avec tout de même, à la fin, ces quelques mots, le défi de notre génération. C'est le défi de l'autonomie.

10:10
Invité

Oui, et cette phrase qui vient conclure le discours du Premier ministre qui dit « Cette paix est fragile », ce qui est évidemment un avertissement. Et ce qu'il présente, c'est la deuxième chose importante à retenir, à mon avis, de ce discours. Un peu en écho au propos du secrétaire américain Laguerre dont on parlait tout à l'heure. Il parle d'un grand défi à accomplir pour sceller la liberté apportée en Europe par les Alliés. Ce défi, dit-il, c'est celui de notre autonomie, de notre capacité à nous défendre par nous-mêmes pour faire face à des menaces qui se rapprochent, qui s'intensifient et qui se multiplient.

C'est une façon de dire aux États-Unis « message reçu » et non seulement « message reçu », mais nous allons en tirer les conséquences, nous, Européens.

10:52
Présentateur

Général. Juste deux expressions. Sébastien Lecornu parle des États-Unis comme d'alliés historiques et Pitex-7, lors du micro-tendu de BFM, parle la France « un allié fort ». Et c'est une réalité, effectivement, historique et fort.

11:07
Invité

Un message de réconciliation, c'est vrai, on le sent, même si le contexte de cette commémoration est un peu particulier. La présence de Pitex-7, l'Américain, annoncée initialement, peut-être d'ailleurs c'est une des raisons de la présence du Premier ministre, puisque la France est représentée à un haut niveau sur cette cérémonie internationale. Finalement, Pitex-7, absent, qui passe un message tout à l'heure, semblant une fois encore demander aux Européens de se responsabiliser. Certes, il affirme que l'Europe et les nations de l'Europe sont des alliés, et en même temps, toujours cette impression qu'il fait un peu la leçon.

Et au final, Sébastien Lecornu, aujourd'hui, qui choisit de lui répondre. Et c'est assez cohérent aussi avec la ligne de la France ces dernières années, la ligne du président de la République. Le grand défi de l'autonomie de l'Europe face aux nouvelles menaces, tandis que cette cérémonie est en train de se terminer. Il devrait y avoir des hymnes des nations invitées dans les toutes prochaines minutes. Un mot important aussi, quand même, dans ce que dit le Premier ministre, qui rappelle, je cite, que les 82 années de paix que le débarquement a permis entre Européens sont avant tout le fruit de la réconciliation des peuples et de notre volonté de bâtir notre avenir ensemble.

Et là-dedans, on peut quand même voir une forme de message et d'avertissement lancé aux États-Unis. « Attention à ne pas casser cet édifice, cette alliance forte, historique », disait Jérôme Pellistrandi à l'instant, qui est fragilisée aujourd'hui, mais qui est l'arc, vraiment la clé de voûte de ce qui a permis ces 82 années de paix. – Sous-titrage ST' 501

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