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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 19 mai 2026 40 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprises

Macron et la Françafrique : pourquoi ça ne marche plus

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 22 %Attaque 55 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:23OuverteRéponse partielle

    La France est-elle en train de redéfinir sa place en Afrique ?

  • 7:07OuverteRéponse directe

    Cette stratégie économique peut-elle reconstruire la relation avec l'Afrique ?

  • 9:42OuverteRéponse directe

    Que veut dire Macron par "combat commun Europe-Afrique" ?

  • 12:25OuverteRéponse directe

    La promesse d'égal à égal avec l'Afrique a-t-elle été tenue ?

  • 13:30OuverteRéponse directe

    La France accepte-t-elle de perdre sa place en Afrique ?

  • 18:37OuverteRéponse directe

    Assiste-t-on à une véritable détente sino-américaine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:39InvitéFait
    « Il y a effectivement un rejet de la France très net dans les trois pays de l'Alliance du Sahel, Burkina Faso, Niger, Mali »
  • 3:38InvitéFait
    « Il y a un bilan très négatif pour l'Afrique francophone »
  • 3:53InvitéFait
    « Macron a séduit en même temps »
  • 9:31InvitéFait
    « Beaucoup de solutions sont faites aux États-Unis ou en Chine. Je pense que nous menons un combat commun qui consiste à construire notre autonomie stratégique pour l'Europe et l'Afrique »
  • 18:51InvitéFait
    « C'est le premier sommet en Chine depuis 2017 »
  • 19:09InvitéFait
    « Xi Jinping a rappelé que Taïwan c'est la question essentielle pour la Chine plus que le commerce »
  • 24:25InvitéFait
    « Taïwan c'est essentiel pour la Chine parce que c'est là où ces réfugiés de Chiang Kai-shek qui avaient perdu la guerre civile contre Mao en 49 »
  • 28:31InvitéFait
    « L'autorité palestinienne est considérée comme légitime par les puissances y compris occidentales »
  • 31:09InvitéChiffre
    « Mahmoud Abbas doit avoir 3% d'avis positifs »
  • 32:16InvitéFait
    « Netanyahou a aidé le Hamas pour affaiblir le FATA »
  • 38:51InvitéChiffre
    « L'Inde est un très grand importateur de pétrole de gaz »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Présentateur25 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bienvenue dans Géostratégics, l'émission qui décrypte l'actualité internationale avec Pascal Boniface, notre spécialiste en géopolitique. Au programme de cette émission, direction l'Afrique où Emmanuel Macron y achève sa tournée entre discours de partenariat renouvelé et réalité d'un recul d'influence française dans plusieurs pays du continent. La question se pose, la France est-elle en train de redéfinir sa place en Afrique ? Ensuite, cap sur Pékin où les Etats-Unis et la Chine affichent une volonté d'apaisement après un sommet des superpuissances entre Donald Trump et Xi Jinping.

Mais derrière les déclarations de stabilité des deux présidents et les accords annoncés, les tensions demeurent profondes. Commerce, technologie et surtout points de friction stratégiques comme Taïwan ou le détroit d'Hormuz. S'agit-il d'une véritable détente ou d'une simple trêve entre deux rivaux ? Nous irons ensuite en Palestine où le parti Fatah tient son premier congrès depuis dix ans dans un contexte de guerre à Gaza et d'intensification des tensions avec Israël. Le mouvement de Mahmoud Abbas se trouve face à une question centrale, celle de sa légitimité et de sa succession. Alors qui se profile après Mahmoud Abbas ?

Enfin, direction New Delhi où les BRICS réunissent leurs ministres des Affaires étrangères dans un contexte international sous haute tension. Guerre au Moyen-Orient, crise énergétique, rivalité régionale entre certains membres. Derrière l'affichage d'un bloc émergent face à l'Occident, les fractures internes apparaissent de plus en plus nettement. Quatre dossiers, quatre zones de tension et une même question en filigrane. Assiste-t-on à une recomposition durable de l'ordre mondial ? Géostratégics avec Pascal Boniface, c'est tout de suite. Emmanuel Macron était cette semaine en tournée en Afrique.

Parmi les pays visités, on retrouve l'Égypte, le Kenya et l'Éthiopie avec tout de même une étape très symbolique au Kenya à l'occasion d'un sommet appelé Africa Forward. Alors qu'est-ce que l'Africa Forward ? L'Élysée le présente sur sa page officielle comme, je cite, « une étape importante qui témoigne du renouvellement en acte des relations de la France avec les pays africains dans toutes leurs composantes ». Depuis plusieurs années, Paris accumule les revers dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest avec le départ des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso, du Niger ou encore du Sénégal sur fond de montée du sentiment anti-français.

Alors Pascal, est-ce qu'on peut parler d'un échec de la stratégie française menée en Afrique depuis près de dix ans ?

2:29
Invité

Alors on ne va pas parler d'échec, on va dire que ça n'a pas marché pour reprendre une formule du prison Macron. Il y a effectivement un rejet de la France très net dans les trois pays de l'Alliance du Sahel, Burkina Faso, Niger, Mali. Il y a une remise en cause plus profonde des relations, mais on peut encore conserver quelque chose avec le Sénégal. Mais grosso modo, le thème même Africa Forward, avant c'était les sommets France-Afrique. Donc là, il y a un mot qui est en anglais, parce qu'on veut doublement tourner la page. Tourner la page en disant que oui, ok, ça ne marche pas très bien en Afrique francophone, mais dans l'Afrique lusophone, dans l'Afrique anglophone, on a moins de soucis.

Et puis aussi, Macron a un peu tourné autour du pot tout le temps, sans vraiment choisir. Il faut sortir de la France-Afrique, donc on ne va pas faire des sommets avec des chefs d'État style Paul Biya ou Sassoon Guesso, qui sont au pouvoir depuis 40 ans. Des fois, on fait avec la société civile, du coup, les chefs d'État râle. Et donc, il y a vraiment un choix à faire entre les vieux gérontres qui sont au pouvoir et une jeunesse africaine qui demande à ce qu'ils partent et qui sont très souvent réprimés. Et la France est un peu coincée de dire oui, mais enfin, nous, on doit aussi faire avec ceux qui sont au pouvoir, qui ne sont pas tous très présentables.

Donc effectivement, il y a un bilan très négatif pour l'Afrique francophone. Je pense qu'au Sénégal, les revendications du Sénégal, départ du trouble française, redéfinies à la relation, sont faites sur des bases de souveraineté et on peut trouver un accord. Et à condition aussi de ne pas réagir de façon trop brutale. Mais le Macron a séduit en même temps. C'est-à-dire, à la fois, son premier visite, sa premier voyage en Afrique, il dit « moi, je suis comme vous », il s'adresse à la jeunesse, « je suis d'une génération qui n'a pas connu la colonisation ».

Donc effectivement, il ne va pas dire comme Sarkozy, l'homme africain n'est pas rentré dans l'histoire, qui a quand même plombé le quinquennat de Sarkozy sur l'Afrique. Hollande, lui, a été piégé par son propre succès. Ça a très bien marché, l'opération Serval. Et du coup, on a militarisé la relation avec l'Afrique francophone. Et Macron l'a poursuivi, puisqu'en fait, il a nommé ministre des Affaires étrangères, celui qui était ministre de l'Éfance, Jean-Yves Le Drian, qui a continué cette militarisation des relations qui nous a conduits dans l'impasse où on est maintenant.

Mais en même temps, Macron est capable, dans le même discours où il fait à l'éloge de la jeunesse africaine à Ouagou, de faire une plaisanterie sur le fait que le chef d'État serait allé réparer la climatisation. Il convoque, après un accident d'hélicoptère, de deux hélicoptères français qui sont heurtés, il convoque cinq chefs d'État du G5 Sahel à Pau. Voilà, on ne convoque pas. Et là, et encore, et Marion, on l'a parlé dans son émission, c'est vrai que, bon, moi, quand je fais cours, j'aime bien que les gens se taisent, mais quand tu es président de la République, tu n'es pas prof par rapport à des élèves. Donc tu ne peux pas dire « taisez-vous » en jouant les grands chefs blancs.

C'est complètement contradictoire. C'est à la fois respecter ceux qui parlent et pas respecter ceux qui sont en face. Et donc il y a toujours un peu cette ambiguïté chez Emmanuel Macron. Il veut aller de l'avant parce qu'effectivement, il n'est pas d'une génération France-Afrique. Et lui, il n'a pas connu les mallettes de billets qui circulaient entre les deux continents. Et en même temps, il a quand même des réflexes un peu coloniaux, alors que ce n'est pas sa génération. D'où un peu un malaise. Alors tout n'est pas perdu parce qu'effectivement, il y a des pays dans lesquels la France a encore des atouts. Mais on doit complètement revisiter la relation avec les pays francophones.

Et pendant très longtemps, on avait des réunions et on disait, on était plusieurs à dire « attention, il y a un rejet de la France en Afrique francophone ». Donc on disait « oh non, vous n'y connaissez rien, ce n'est pas vrai, tout va très bien madame la marquise ». Et puis on disait « oui, mais c'est l'ingérence russe ». Donc le fait d'attirer l'attention sur ce qui n'allait pas était considéré comme reprendre le discours russe, alors que nous, on était juste des lanceurs d'alerte.

Et en fait, on a vu ça, c'est qu'on a trop militarisé la relation, on s'est appuyé sur des pouvoirs que l'on disait être démocratiques, mais qui étaient avant tout corrompus et qui n'ont apporté aucune solution aux problèmes qui étaient posés aux sociétés. Et donc effectivement, ça a conduit à cette perte. Il faut qu'on réfléchisse vraiment comment renouer une relation, mais pas en s'interrogeant un peu sur ce qui n'a pas été. Si on se contente de dire « c'est les agences russes qui nous ont conduits là, et les Russes ne se dérouillent pas plus que nous, donc on peut continuer comme avant », ça n'avancera pas à grand-chose.

6:39
Présentateur

Alors face à cette perte d'influence dans son ancien précaré, Emmanuel Macron tente aujourd'hui de changer de stratégie, moins de discours sécuritaires, davantage de partenariats économiques et un recentrage vers des puissances africaines anglophones, comme le Kenya, le Nigeria ou l'Ethiopie. À Nairobi, ce 11 mai, le président français a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement pour le continent africain, notamment dans l'énergie, le numérique, l'intelligence artificielle ou encore les infrastructures. Pascal, cette stratégie peut-elle réellement permettre à la France de reconstruire sa relation avec le continent ?

7:12
Invité

Oui, mais là, elle s'adresse surtout aux pays anglophones à lesquels on n'a pas de problème. Mais c'est effectivement montrer qu'on est présent, parce que l'Afrique était le continent abandonné par tous à la fin du siècle dernier et maintenant tout le monde y est présent. Et donc il n'y a plus d'avantages comparatifs du fait qu'on a une histoire commune avec les pays africains. Ça joue plutôt contre nous parce qu'effectivement, si en plus on a des comportements qui sont considérés comme un peu hautains et qu'on s'appuie sur des satrapes dans les pouvoirs locaux en Afrique francophone, il n'y a pas de quoi séduire la jeunesse effectivement.

Donc il faut remettre ça en cause parce que désormais, tout le monde est en Afrique. Non seulement les Chinois, non seulement les Japonais, les Américains qui y sont de retour, mais les Brésiliens, les Marocains, les Émiratis. Et donc le continent africain attire toutes les attentions. Donc il n'y a pas de rente de situation comme on avait auparavant. Si on pense encore que du fait qu'on a un lien historique, qu'il y a beaucoup d'Africains qui vivent en France, ça ne marchera pas du tout, bien au contraire. Donc il faut vraiment... Et là, le terme de partenariat ne doit pas être galvaudé.

C'est-à-dire qu'il faut vraiment considérer les pays africains comme des partenaires qui ont une souveraineté et qui parfois font des choses qui peuvent nous déplaire. Mais effectivement, de même que lorsque président Macron, dans son discours de l'ambassadeur en août dernier, dit que les pays africains n'ont pas été reconnaissants de la France pour le combat contre le terrorisme, ça veut dire qu'ils devraient payer tribu quand même quelque part. Et si c'est un partenariat, les deux y trouvent avantage. Il n'y en a pas un qui doit être reconnaissant et dire merci, Buana. Ce n'est pas comme ça que ça peut se passer. Donc il faut faire attention à ça.

Mais si effectivement, l'Agence française pour le développement a de solides arguments et plutôt bien perçus en Afrique, elle mène des projets qui sont effectivement porteurs d'avenir. Mais il faut voir que les Chinois font les routes de la soie, que les Japonais sont très actifs. Donc effectivement, il faut trouver un nouveau mode de relation et chasser les études du passé et voir aussi à quoi aspire la jeunesse africaine. Et donc c'est ce dilemme aussi, c'est que trop souvent, dans certains pays, on s'appuie sur des gens qui sont là depuis 40 ans ou dont les parents étaient là il y a 40 ans.

9:20
Présentateur

Par rapport à ce que tu disais sur la Chine, Emmanuel Macron a aussi défendu l'idée d'un, je cite, « combat commun entre l'Europe et l'Afrique face aux grandes puissances ». On écoute un extrait de ces propos rapportés par Reuters.

9:31
Invité

« Beaucoup de solutions sont faites aux Etats-Unis ou en Chine. Je pense que nous menons un combat commun qui consiste à construire notre autonomie stratégique pour l'Europe et l'Afrique. Et si nous la construisons ensemble, nous serons bien plus forts. »

9:42
Présentateur

Que veut dire le président par là ? Est-ce que c'est un repositionnement économique dans un contexte de concurrence avec la Chine, les Etats-Unis, la Russie ?

9:49
Invité

Oui, sa stratégie, c'est de présenter la France et l'Europe comme étant des partenaires, que les superpuissances sont des gens qui veulent dominer le continent africain. Sauf que c'est vrai pour les Etats-Unis, les Etats-Unis sont perçus comme cela parce que les Etats-Unis tordent le bras à tous les pays africains pour avoir accès à leur matière première, ce qui va susciter un jour ou l'autre des réactions négatives de la part de la population. Mais les Chinois, ils sont souvent perçus comme ceux qui apportent des solutions parce qu'ils construisent des infrastructures.

Et il y a beaucoup d'Africains qui disent « Écoutez, quand les Européens viennent, ils nous font des leçons de morale politique, ils nous demandent d'arrêter de commercer avec la Russie parce qu'il y a des guerres en Ukraine, de faire telle ou telle chose. » Il y a aussi les doubles standards moraux, notamment entre la guerre en Ukraine et la guerre de Gaza, qui ne passent pas. Les gouvernements africains ne s'en foutent pas, les populations africaines, ils voient bien cela.

Et donc ce discours sur le fait que nous ne sommes pas une puissance impériale alors que la Chine et les Etats-Unis le sont, c'est assez habile politiquement, mais ça délimite parce que la Chine n'est pas entièrement perçue comme cela.

10:47
Présentateur

Alors lors de son fameux discours à Ouagadougou en 2017, au tout début de son mandat, Emmanuel Macron promet un partenariat d'égal à égal avec l'Afrique. Une séquence de son discours avait d'ailleurs beaucoup marqué à l'époque. On regarde.

10:59
Invité

Interrogez-vous sur le sous-jacent psychologique qu'il y a derrière votre interpellation et l'enthousiasme que ça a créé. C'est quelque part, vous me parlez comme si j'étais toujours une puissance coloniale. Mais moi, je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Faso. C'est le travail, c'est le travail du président. Alors par contre, alors par contre, je vous rassure, du coup, il s'en va rester là.

11:51
Présentateur

Réparer la climatisation. Et puis en 2026, une autre séquence, cette fois au Kenya, a beaucoup fait réagir. On la regarde aussi.

11:58
Invité

Alors certains accusent Emmanuel Macron

12:19
Présentateur

de conserver une posture parfois paternaliste comme tu le disais tout à l'heure lorsqu'il s'adresse aux pays africains. Est-ce que la promesse formulée à Ouagadougou au tout début de son mandat, donc celle d'un partenariat d'égal à égal, a réellement été tenue malgré ces quelques sorties de route ?

12:33
Invité

Alors oui, ces sorties sont maladroites, mais elles n'impliquent pas une politique complètement colonialiste. Mais effectivement, il faut savoir se retenir de faire un beau mot. Il faut savoir se retenir, quand on est président, de faire des plaisanteries qui peuvent heurter et toujours se demander comment ce que je dis, pas comment moi je le dis, mais comment c'est perçu. Et donc là, Emmanuel Macron a dû, a cru intervenir à Nairobi en disant qu'il protège les orateurs et donc qu'il vient à leur secours, sauf qu'il est apparu comme étant arrogant par rapport à l'ensemble de ceux qui assistaient à ce colloque. Et ce n'est pas lui de dire ça.

Il est président de la République, ce n'est pas le surveillant général. Et il est perçu comme cela. Et on a déjà parlé effectivement sur la clim. C'est un beau mot, mais le président s'en va pour satisfaire un besoin naturel. Du coup, c'est humiliant, doublement, de faire remarquer qu'il doit partir et de dire que ça réduit sa fonction à celle d'un technicien et non pas d'un responsable politique de premier rang.

13:27
Présentateur

Qui répond à des clichés anciens. Est-ce que la France est en train d'accepter qu'elle ne peut plus avoir en Afrique la place qu'elle occupait auparavant ?

13:36
Invité

C'est une réalité. En tous les cas, on voit, on a été viré quand même. Il n'y a plus de base militaire française en Afrique à part à Djibouti, où là, il n'y a pas de problème. Et effectivement, on est... Alors bien sûr, on peut dire que ce sont trois jantes militaires qui ont pris le pouvoir au Burkinau, au Niger et au Mali et que ce ne sont pas des régimes satisfaisants, mais il y a des régimes qui sont tout aussi répulsifs avec lesquels on a des bonnes relations. Donc en fait, on ne peut pas dire qu'on a un critère de démocratie. Et ça, ça remonte à loin, à avant. Quand il y a eu le coup d'État au Mali, on a dit que ce n'est pas normal, on ne peut pas avoir de relations.

On avait des relations avec le Tchad où le pouvoir était issu aussi d'un coup d'État militaire. C'est ces doubles standards qui ne sont pas cohérents. Les gens, ils ne sont pas idiots. Ils voient bien ce qui se passe. Et puis je crois aussi, ça ramène à autre chose, c'est que par rapport aux pays africains, disons, ce qui a apparu comme une obsession française et européenne et occidentale sur la guerre en Ukraine a toujours dit aux pays africains « Faites-ci, il faut prendre des sanctions, il faut ne plus cesser de commercer avec la Russie ».

Et les pays africains disent « Écoutez, on fait ce que l'on veut, on est souverains et nous, nous avons des intérêts parce que c'est notre intérêt de ne pas couper les points avec la Russie. Et par ailleurs, quand vous n'avez pas coupé les points avec les États-Unis, quand il y a la guerre d'Irak, arrêtez en plus vos leçons de morale. Et donc il y a un peu cela.

Je me rappelle d'un débat que j'avais sur France 24 avec un journaliste qui était censé s'occuper l'international et qui me disait à propos de la guerre en Ukraine « Les pays africains ne comprennent pas que c'est une guerre d'agression, les pays africains ne comprennent pas que c'est une guerre impériale, les pays africains ne comprennent pas que c'est une guerre illégale ». Et je vous dis « Mais attends, ils comprennent, ils ne sont pas cons, mais ils ne sont pas d'accord ». Voilà.

Donc c'est un peu ce type d'attitude que certains, y compris des commentateurs normalement avisés, ont sur le continent africain comme si c'était des enfants quand on dit de la pédagogie avec les pays africains sur la guerre en Ukraine, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'ils sont cons et qu'on va réexpliquer une deuxième fois parce qu'ils n'ont pas compris la première. Mais simplement, ils n'ont pas les mêmes intérêts. C'est tout. Donc il faut partir de là. Leurs intérêts ne sont pas les nôtres. Et donc si on pense que c'est juste une façon de forcer un peu le pied parce qu'ils vont comprendre à coup de répétition, voire de coup de pied dans le cul, ça ne marchera pas.

15:42
Présentateur

Pendant longtemps, l'influence française en Afrique reposait beaucoup sur la langue française et les liens historiques donc avec ses anciennes colonies notamment. Emmanuel Macron choisit désormais de miser davantage sur des pays anglophones comme on l'a dit, donc comme le Kenya ou le Nigeria. Est-ce que, Pascal, ce modèle de la France-Afrique francophone est aujourd'hui en train de s'effacer ?

16:02
Invité

Oui, parce que simplement, je veux dire, c'est une question de génération et que les pays africains ne le supportent plus et que nous-mêmes en France, une fois encore, les valises de billets qui reviennent ou qu'on distribue à l'Hôtel Crayon, ça ne passe plus. C'est condamné par la justice. Mais par rapport à l'Afrique francophone, il faut aussi qu'on soit réaliste. Il y a beaucoup de pays qui sont francophones mais dans lesquels la population ne parle pas français. On se dit que la République des Français du Congo c'est le plus grand pays francophone du monde mais il y a combien de Congolais qui parlent français ? Pareil au Sénégal, pareil au Mali.

La langue utilisée dans le quotidien n'est pas le français. Donc il faut aussi qu'on arrête de se bercer d'illusions là-dessus. La francophonie peut être utile même si on a commis quelques impairs notamment en nommant à la présidence de l'organisation internationale francophonie une ministre du Rwanda qui avait fait la chasse aux Français parce qu'on s'en est servi dans la stratégie de réconciliation que le Rwanda. Donc on s'est fâché avec pas mal de pays dont le Canada. Mais il ne faut pas avoir d'illusions sur la francophonie. Tous les pays africains dits francophones, les populations ne maîtrisent pas le français comme langue quotidienne.

17:08
Présentateur

Juste avant de passer à nos actus du jour, un petit mot sur Géostratégics. Donc c'est le nom de notre émission mais aussi et d'abord celui des bandes dessinées de Pascal Boniface illustré par Tommy. Pascal, un petit mot sur tes bandes dessinées.

17:24
Invité

Oui, c'est rendre la géopolitique accessible à chacun par la bande dessinée pour rendre simple des choses qui apparaissent comme compliquées.

17:31
Présentateur

On a aussi apporté un cahier de vacances

17:33
Invité

qui vient de sortir. Là, c'est plutôt ludique, c'est toujours avec Tommy. D'ailleurs, c'est quelques défis et puis surtout des jeux pour s'amuser avec des amis ou en famille sur la géopolitique.

17:43
Présentateur

Merci beaucoup. Alors, le sommet entre les deux premières puissances mondiales s'est achevé ce vendredi 15 mai à Pékin après deux jours de rencontres entre Donald Trump et Xi Jinping. Les deux dirigeants ont affiché une volonté d'apaisement avec des déclarations très positives de part et d'autre. Donald Trump a évoqué des accords commerciaux fantastiques tandis que Xi Jinping a parlé d'une nouvelle relation de stabilité stratégique constructive.

18:08
Locuteur 1

Mais derrière

18:25
Présentateur

cette séquence diplomatique très maîtrisée, les tensions restent nombreuses entre Washington et Pékin. Commerce, intelligence artificielle mais aussi les dossiers explosifs de Taïwan et du Détroit d'Hormuz. Alors Pascal, est-ce qu'on assiste à une véritable détente entre les Etats-Unis et la Chine ?

18:41
Invité

C'est toujours un peu la douche écossaise dans les relations entre Pékin et Washington. Trump tout d'un coup dit je vais lancer une guerre commerciale et les Chinois vont capituler et céder et puis ensuite ça ne se passe pas si bien. C'est le premier sommet en Chine depuis 2017. Biden n'est jamais allé en Chine au cours de son mandat et donc Trump y va mais il y va en position de faiblesse parce que c'est lui qui a besoin de la Chine.

Ce n'est pas la Chine qui a besoin de Trump et ce qui est vraiment étonnant alors si la Chine a besoin de Trump pour qu'il n'aide pas Taïwan et le président Xi Jinping a rappelé que Taïwan c'est la question essentielle pour la Chine plus que le commerce plus que l'Iran plus que n'importe qui est d'autre et que si ça se passait bien il y avait une bonne relation si ça se passait mal il pourrait y avoir des heures voire un affrontement donc grosso modo c'était l'avertissement qui à mon avis est donné un peu pas tellement pour en faire peur à Donald Trump mais pour envoyer le signal à Taïwan attention vous n'êtes pas sûr que les Américains viendront vous aider parce qu'on fait des pressions sur les Américains donc ne jouez pas trop les malins sur l'indépendance ne jouez pas trop les malins sur le fait de repousser nos propositions c'est une façon un peu de faire peser une pression sur Taïwan dans l'incertitude d'une aide américaine en cas de malheur et sur l'Iran et bien on a vu quelque chose qui est très notable c'est que Trump a lancé une guerre il y a maintenant dix semaines dont il ne sait pas se sortir et c'est lui qui l'a lancé il a bloqué les Trois d'Hormuz tous les pays du monde subissent une crise économique dont ils rendent responsables les Etats-Unis à juste titre les électeurs américains et les citoyens américains rendent responsables Trump de l'inflation du fait de l'augmentation du prix de l'essence et maintenant en plus ils disent oui pendant que les compagnies pétrolières s'enrichissent nous on s'appauvrit donc Trump a bossé pour les milliardaires pour les grandes compagnies pétrolières à notre détriment donc c'est très mauvais pour lui il a donc besoin que ceci cesse mais il veut aussi sortir la tête haute trouver un accord et donc il a besoin de la Chine et c'est lui qui vient rétablir la Chine comme puissance dans la région parce qu'auparavant la Chine n'avait aucune influence dans le Golfe c'est très récent qu'elle y joue un rôle c'est elle qui avait déjà il y a quelque temps réconcilié l'Arabie Saoudite et l'Iran il y a deux ans trois ans pour réouvrir la relation diplomatique mais là il en fait un partenaire de premier plan pour le Golfe et il consacre aussi le statut de puissance mondiale de la Chine donc c'est une victoire alors après il va dire voilà j'ai vendu 200 Boeing et ils vont acheter pour 10 milliards de produits agricoles mais ils ont besoin d'acheter les produits agricoles les chinois parce qu'ils sont déficitaires 10 milliards ils ont un excellent commercial de 1200 milliards donc c'est quand même un pourboire et en fait je pense que ce sommet les apparences une fois encore sont pour Trump parce que c'est lui-même qui les met en scène mais la substance la substance la vraie victoire elle est pour Xi Jinping aux yeux du monde entier

21:21
Présentateur

alors ce qui est frappant c'est que Pékin et Washington ont publié des comptes rendus très différents sur le sommet les américains ont insisté enfin surtout insisté sur le commerce et l'Iran tandis que les chinois ont mis l'accent sur Taïwan et la stabilité des relations bilatérales ça montre quoi cette différence ça montre que chacun

21:37
Invité

a ses priorités qu'elles ne sont pas les mêmes et que les chinois ne se font pas avoir par Trump il n'y a pas de communiqué commun il n'y a pas de conférence de presse commune et donc il n'y a pas de crise parce qu'ils se sont vus Trump a été bien reçu les chinois l'ont flatté comme ils savent faire il y a même une scène qui est très amusante c'est que il y a plus d'une centaine de marches pour monter au grand hall du peuple et Trump commençait à fatiguer Xi Jinping s'est arrêté et pour ne pas montrer que Trump était en difficulté il s'est arrêté il a fait retourner Trump pour qu'il contemple la place Tiananmen s'arrêter Trump il aurait accéléré pour montrer qu'il était plus fort que Xi Jinping et c'est là c'est là qu'on voit toute l'habilité des chinois c'est qu'ils ne veulent pas humilier quelqu'un ils ne veulent pas être dans le virilisme comme Trump mais du coup le message aussi perçu par le reste du monde c'est un partenaire bienveillant pas comme Trump

22:25
Présentateur

Parmi les sujets sensibles abordés pendant le sommet il y a notamment le détroit d'Hormuz la Chine est un partenaire économique majeur de l'Iran est-ce que Pékin peut réellement jouer un rôle de médiateur dans la région ou est-ce que c'est surtout une manière d'accroître son influence

22:40
Invité

Oui en tous les cas les pétroliers qui vont livrer du pétrole en Chine repassent par l'étroit d'Hormuz l'Iran les laisse passer donc c'est déjà une victoire pour Pékin mais l'Iran aussi a besoin de sortir de cette situation qui pèse et donc si une fois encore il y avait un accord sur l'étroit d'Hormuz et sur un cessez-le-feu la Chine en tirerait un bénéfice diplomatique certain et c'est aussi son intérêt l'Iran ne fera rien qui ne corresponde pas à ses intérêts il peut faire des concessions mais si on lui demande de renoncer à tous ses missiles ça sera non et si on lui demande de renoncer à tout programme nucléaire non la Chine a réaffirmé sa volonté que l'Iran n'est pas l'arme nucléaire parce que la Chine est un pays nucléaire et comme tous les pays nucléaires elle est contre la prolifération et la Chine avait signé l'accord 5 plus 1 en 2015 qui empêchait l'Iran d'avoir l'arme nucléaire mais qui aussi évitait une guerre pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire donc le fait que la Chine réaffirme sa volonté de ne pas voir l'Iran avoir l'arme nucléaire n'est rien nouveau ce n'est pas du tout une victoire pour Trump comme il a semblé l'Iran quand l'Iran ne respectait pas ses engagements par rapport au conseil de sécurité

23:47
Présentateur

A l'inverse un sujet a quasiment disparu de la communication américaine après le sommet Taïwan bien que Trump a affirmé il y a une heure avoir je cite beaucoup parlé de Taïwan Pékin a rappelé que cette question pouvait faire basculer toute la relation sino-américaine comme tu l'as rappelé tout à l'heure donc pour contextualiser la Chine considère l'Ile comme une partie de son territoire et n'exclut pas un recours à la force pour la reprendre un jour de leur côté les Etats-Unis soutiennent militairement et politiquement Taïwan alors Pascal est-ce que tu peux nous rappeler pourquoi les Etats-Unis soutiennent Taïwan nous dire si Taïwan reste aujourd'hui le principal point de bascule potentiel entre les Etats-Unis et la Chine

24:25
Invité

Taïwan c'est essentiel pour la Chine parce que c'est là où ces réfugiés de Chiang Kai-shek qui avaient perdu la guerre civile contre Mao en 49 donc Mao contrôlait la Chine continentale et de Chiang Kai-shek Taïwan qui appartenait auparavant qui a été conquis par les Japonais et donc pour le parti communiste la révolution ne sera pas terminée tant qu'ils n'ont pas récupéré Taïwan et Taïwan est un peu comme l'était Hong Kong auparavant le substitut des traités inégaux et du fait que la Chine a été dépecée au XIXe siècle par des puissances impériales donc ils veulent récupérer Taïwan ils disent par la négociation si on peut et on n'exclut pas de faire par la force sauf que les Taïwan ne veulent pas être réunifiés parce que les Chinois ont mis en place un conseil qui s'appelle une nation deux systèmes on est une seule nation on a deux systèmes différents Deng Xiaoping l'avait inventé pour Hong Kong en ayant Taïwan comme modèle sauf qu'on a bien vu à Hong Kong qu'une nation de système c'est une nation un système donc les Taïwanais sont contre la réunification et le fait pour l'instant il y a une sorte d'équilibre Taïwan ne proclame pas son indépendance qui serait un casus belli pour la Chine et la Chine attend qu'il y ait un rapprochement parce qu'elle se dit les chances ça peut être 2049 pour le centième anniversaire de la programmation de la République pour la Chine quand les Etats-Unis ont reconnu la Chine populaire avant ils n'avaient que des relations avec Taïwan et pas la Chine populaire on ne peut pas avoir de relations avec la Chine populaire si on a des relations diplomatiques officielles avec Taïwan aujourd'hui il n'y a plus que 12 pays qui ont des relations avec Taïwan des petites îles du Pacifique ou des petits Etats-Amérique central et le Vatican et donc quand ils ont arrêté mais quand ils ont arrêté de reconnaître Taïwan ils ont quand même promis une aide militaire parce que c'était encore la guerre froide on était en 79 et pour empêcher une reconquête de Taïwan militairement par la Chine

26:09
Présentateur

Et dernière question Pascal toujours sur ce volet Chine-Etats-Unis après une année 2025 marquée par de fortes tensions commerciales entre les deux pays est-ce que les Etats-Unis et la Chine on peut dire est-ce qu'ils ont malgré tout besoin de l'autre économiquement l'un de l'autre

26:23
Invité

Oui effectivement la Chine a besoin de l'accès au marché américain pour exporter ses produits et pour faire tourner son économie et les Etats-Unis ont besoin de produits chinois qui sont moins chers donc il y a un excédent commercial chinois de plusieurs centaines de milliards de dollars la Chine peut faire des concessions acheter un peu de produits agricoles ce qui fera plaisir aux fermiers américains mais en fait Trump est un peu coincé entre sa volonté de ne pas voir la Chine dépasser les Etats-Unis et en même temps s'il commerce avec elle ça l'aide la Chine dans son commerce mais s'il ferme cela ça va pénaliser les Etats-Unis donc en fait le problème pour les Etats-Unis c'est que la marche en avant chinoise ils n'ont pas de prise dessus et qu'elle continue et qu'effectivement même s'il y a un ralentissement économique de la Chine il y a quand même moins de problèmes qu'aux Etats-Unis en termes de population en termes d'infrastructures et en termes d'intelligence artificielle la Chine est au niveau des Etats-Unis et on peut dire que même la guerre en Iran a accru l'intérêt pour l'énergie décarbonée dont la Chine est le premier producteur de moyens de fabrication éolien centrale solaire etc donc la Chine a quand même plus le vent en poupe Mao même un slogan le vent d'Est l'emporte sur le vent d'Ouest c'est encore vrai aujourd'hui

27:34
Présentateur

Direction la Palestine maintenant où un événement politique majeur se joue presque loin des caméras internationales le premier congrès depuis 10 ans du parti palestinien Fatah s'est ouvert le parti du président palestinien Mahmoud Abbas âgé de 90 ans doit élire une nouvelle direction dans un contexte explosif guerre à Gaza expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie divisions internes et surtout une question qui devient incontournable qui pour succéder à Mahmoud Abbas longtemps considéré comme le principal représentant politique des palestiniens le Fatah voit aujourd'hui sa légitimité contestée aussi bien par ses rivaux que par une partie de la population palestinienne elle-même certains dénoncent un système verrouillé sans élections depuis des années tandis que d'autres craignent une lutte de pouvoir interne voire une succession dynastique alors le Fatah peut-il encore incarner la cause palestinienne grosse question

28:31
Invité

alors il l'incarne aux yeux du reste du monde disons que l'autorité palestinienne est considérée comme légitime par les puissances y compris occidentales et dans le monde entier c'est effectivement Mahmoud Abbas c'est l'autorité palestinienne qui représente la Palestine et donc le Fatah qui est le principal parti qui contrôle l'autorité palestinienne le problème c'est que les palestiniens ne pensent pas ça le problème c'est que pour les palestiniens Mahmoud Abbas il collabore avec Israël et que c'était déjà difficile à supporter quand les choses étaient une occupation traditionnelle avec ce qui va quand même de répression mais là avec ce qui se passe à Gaza et ce qui se passe en Cisjordanie tu en as parlé sans parler de ce qui se passe dans les prisons palestiniennes il y a quand même un rapport accablant sur les viols systématiques et les tortures systématiques dans les prisons mais en fait la coopération sécuritaire que l'autorité palestinienne a avec Israël apparaît comme étant tournée contre les palestiniens et donc on peut certains disent qu'en fait Mahmoud Abbas c'est pas un leader national c'est un collaborateur d'Israël il y a cette coopération sécuritaire bien sûr s'il cessait cette coopération Israël couperait tous les vivres à l'autorité palestinienne et donc il y a des dizaines de milliers de fonctionnaires de policiers qui ne seraient plus payés mais en fait on peut se demander et c'est franchement une question parce que souvent on entend les gens disent les palestiniens ils sont très aidés il n'y a aucun peuple qui est autant aidé que les palestiniens enfin s'ils pouvaient vivre normalement sans être occupés s'ils pouvaient produire normalement exporter normalement pas besoin d'aide l'aide est juste la compensation de l'impossibilité d'avoir une souveraineté mais surtout on peut se demander en plus si cette aide n'est pas une aide en fait à l'occupation israélienne et que certains se demandent si l'autorité palestinienne ne devrait pas se dissoudre vous nous occupez débrouillez-vous alors bien sûr certains disent ça pourrait être la famine mais qui se débrouille l'Israélien et donc il y a une vraie question parce que l'autorité palestinienne est donc reconnue par le monde entier mais pas par les palestiniens ça pose problème quand même et donc je ne pense pas que le congrès du FATA change quelque chose à ce problème fondamental et donc il y a une hésitation entre certains disent qu'elle se dissolve et puis on verra bien ce qui va se passer d'autres pas non on maintient mais en fait on maintient un système quand même qui est un système qui s'accompagne d'une répression quotidienne d'Israël et avec parfois une fois donc cette coopération sécuritaire qui est le prix des accords d'Oslo sauf que les accords d'Oslo devaient aller vers l'indépendance de la Palestine et c'est tout l'inverse qui s'est produit

31:03
Présentateur

c'est ce qui explique pourquoi la popularité du FATA a autant baissé ces dernières années

31:08
Invité

oui en fait Mahmoud Abbas doit avoir 3% d'avis positifs effectivement les palestiniens ne voient pas ce que leur apporte l'autorité palestinienne ils ne voient pas et surtout ils lui reprochent le Hamas est répressif mais au moins il est perçu par certains comme au moins résistant et combattant Israël le FATA non et en fait il y a en plus des problèmes de corruption alors quand il y a des corruptions il y a aussi corrupteurs c'est pas uniquement et donc effectivement les palestiniens ont un rejet massif de l'autorité palestinienne et du FATA

31:39
Présentateur

le risque d'une succession dynastique entre guillemets avec le fils de Mahmoud Abbas donc Yasser Abbas est-il pris au sérieux ou est-il à prendre au sérieux

31:48
Invité

il profite beaucoup de la présence de son père au pouvoir il y a quand même des accusations très fondées de corruption à l'égard de son père et de lui-même et donc ça peut être une tentation mais je dirais que si c'est le cas ça serait vraiment le dernier clou dans le cercueil de l'autorité palestinienne alors on pourrait dire en Iran on a fait pareil mais les successions dynastiques sont rarement en dehors des monarchies des succès et pas toujours dans les monarchies non plus d'ailleurs

32:11
Présentateur

Est-ce que Israël profite d'un FATA affaibli ou pas ?

32:15
Invité

Bien sûr d'ailleurs c'était l'objet de Netanyahou pourquoi Netanyahou a aidé le Hamas pour affaiblir le FATA pour affaiblir l'autorité palestinienne c'est documenté donc c'est quand même Netanyahou qui s'est appuyé sur le Hamas pour affaiblir l'autorité palestinienne en disant c'est aider le Hamas c'est effectivement une façon d'empêcher la création en état palestinien et de voir une autorité palestinienne qui est autant rejetée par sa propre population ne peut que servir pour continuer l'occupation à Zoujoun

32:41
Présentateur

Alors est-ce qu'il existe aujourd'hui encore un véritable projet politique commun pour la Palestine ?

32:48
Invité

C'est plutôt dans la cité civile mais il y a aussi une forte répression de ceux qui s'opposent il y a aussi des palestiniens qui contestent Maboud Abbas et qui se retrouvent en taule tout simplement donc il y a Omar Barghouti mais on voit ce qui lui est réservé par ces joliers israéliens qui ne l'ont mis dans aucun échange de prisonniers à dessein parce que lui pouvait vraiment contester il y a d'autres gens qui peuvent contester mais en fait c'est vrai qu'entre l'occupation et la répression de l'autorité palestinienne il n'y a pas beaucoup de place pour organiser un véritable débat sur l'avenir de la Palestine

33:19
Présentateur

et une dernière question qui concerne du coup les pays arabes avec la normalisation progressive des relations entre plusieurs états arabes et Israël la question se pose de savoir si les pays arabes ont encore une influence sur la politique palestinienne

33:32
Invité

alors pour certains oui parce qu'il y a la diplomatie du carnet de chèques il y a des pays qui aident qui envoient des chèques à l'autorité palestinienne en faisant comme les saoudiens par exemple en faisant le semblant de croire qu'il y a une politique palestinienne c'est une fiction tout ça en fait on maintient une fiction comme on maintient la fiction de l'association à deux états et pour maintenir cette fiction qui est une fiction on a besoin de la fiction selon laquelle l'autorité palestinienne représente la Palestine donc il y a une aide officieuse ou officielle qui est faite mais la plupart des pays arabes ne s'occupent pas beaucoup de cela même si dans la population ça reste vraiment quelque chose qui est essentiel

34:07
Présentateur

Direction New Delhi maintenant où s'ouvre la réunion des ministres des affaires étrangères des BRICS un bloc qui rassemble désormais dix grandes puissances non occidentales représentant près de la moitié de la population mondiale mais derrière les discours sur la coopération et le développement c'est un contexte international explosif qui s'invite à la table des discussions guerre au Moyen-Orient tension autour du détroit d'Hormuz et nouvelles flambées des incertitudes énergétiques l'Inde qui assure cette année la présidence des BRICS alerte elle-même sur une instabilité considérable dans les relations internationales et pour cause entre l'Iran et les Émirats Arabes Unis tous deux membres du bloc les divisions sont profondes alors Pascal les BRICS peuvent-ils encore parler d'une seule voix face aux crises mondiales ?

34:56
Invité

ils n'ont jamais vraiment parlé d'une seule voix c'est pas c'est pas une alliance ce sont des partenaires qui ont parfois des intérêts communs comme se débarrasser du dollar comme monnaie internationale trouver un espace dans lequel ils peuvent plus se faire entendre par rapport aux pays occidentaux mais on voit bien qu'entre l'Inde et la Chine il y a quand même des contentieux tu as parlé effectivement de Iran et l'Émirat Arabique qui sont en état de guerre ouverte aujourd'hui et on voit que c'est pas une alliance militaire puisque ni la Russie ni la Chine n'ont livré d'armes à l'Iran qui subit une agression au sens précis du terme de la part des Etats-Unis donc en fait il ne faut pas le présenter comme étant vraiment une sorte de bloc uniforme c'est très divers mais c'est pas non plus parce qu'ils ont des divergences que c'est un forum qui est inutile ou qui est dépassé parce qu'il est très attractif de nombreux pays frappent à la porte des BRICS pour en être membre il y a une trentaine de candidats et donc c'est un peu le club à la mode parce que justement oui aussi il n'y a pas cette discipline c'est-à-dire que si on est membre du BRICS on n'est pas obligé la Chine n'est pas le leader des BRICS comme l'Union soviétique était le leader du pacte de Varsovie il n'y a pas de pouvoir disciplinaire il n'y a pas la Chine est la plus importante mais elle n'a pas le pouvoir d'imposer aux autres pays quoi que ce soit et c'est ça qui fait l'attraction parce qu'on se dit je participe à un club des grands je peux trouver des avantages j'ai des contacts je vais augmenter mes marges de manœuvre mais je n'ai pas une règle de discipline à suivre de façon très stricte donc voilà il ne faut pas par rapport aux BRICS ni le penser que c'est une sorte d'alliance qui va se mouvoir de façon disciplinée mais quand même ce sont des coopérations ils marquent des points ils marquent des points une fois encore ils sont très attractifs on fait la queue devant le club pour pouvoir y rentrer

36:45
Présentateur

et justement comment expliquer que des pays comme l'Iran et les Émirats Arabes Unis siègent dans la même organisation malgré les tensions régionales

36:53
Invité

parce qu'en fait quand l'Iran et les Émirats Arabes sont rentrés en même temps lors du dernier élargissement il y a deux ans et à l'époque c'était plutôt le rapprochement il y avait aussi une donnée pétrolière dans cela puisque la Chine et l'Inde sont très consommateurs d'énergie et importateurs d'énergie et on ne pensait pas à l'époque que la guerre que les États-Unis Israël ont lancé contre l'Iran se traduirait par un conflit ouvert désormais entre les deux

37:21
Présentateur

Et justement les Émirats ont quitté l'OPEP donc fin avril pourrait-il également quitter les BRICS ?

37:27
Invité

Oui alors par exemple l'Argentine était rentrée dans les BRICS et puis quand Mila a été élu il a dit bah non j'y rentre pas c'est pas du tout mon désir les Saoudiens devaient rentrer et ils hésitent à rentrer parce qu'ils sont un peu un pied dedans un pied dehors effectivement les Émirats Arabes Unis pourraient dire on quitte les BRICS sauf que ça ne leur impose rien donc s'ils quittaient les BRICS ils perdraient un contact supplémentaire avec la Chine avec l'Inde qui est quand même leur intérêt et quelque part ils donneraient l'impression qu'ils fuient face à l'Iran ce qui ne serait pas de leur intérêt à faire et une fois encore ils n'ont aucune obligation y compris par rapport à l'Iran du fait d'appartenir au même club de l'Iran ils peuvent se bombarder mutuellement sans pour autant être exclus donc peut-être qu'ils le feront mais ils auraient plus d'inconvénients à le quitter qu'à y rester

38:12
Présentateur

Et pourquoi l'Inde elle est particulièrement vulnérable à cette situation ?

38:16
Invité

Parce que l'Inde en fait comptait beaucoup sur une alliance avec les Etats-Unis mais Trump leur a un peu fermé la porte au nez les a maltraités donc l'Inde doit un peu redéfinir sa politique c'est très gênant elle a des complications avec la Chine et donc bon et puis là c'est simplement c'est son tour c'est au tour de bête c'est son tour de présider donc elle fait un sommet Modi a quand même des problèmes de politique intérieure il a des problèmes économiques il faut qu'il redore son blason aussi et de se montrer à la tête d'une organisation internationale peut y contribuer légèrement

38:47
Présentateur

Et tu disais qu'elle était également dépendante énergétiquement c'est ça ?

38:50
Invité

Oui l'Inde est un très grand importateur de pétrole de gaz d'où on l'achète en Russie la guerre en Iran Trump lui avait interdit d'acheter du pétrole à la Russie et donc sauf avoir des taxes à 50% de ses importations ils avaient commencé à diminuer maintenant ils en achètent de nouveau et de toute façon l'Inde est structurellement déficitaire d'un point de vue énergétique donc il faut qu'elle ait avec les pays du Golfe avec la Russie ou avec d'autres il faut qu'elle ait des bons contacts et des pays qui peuvent exporter du pétrole et bien sûr Trump préférait que ce soit les Etats-Unis qui exportent des matières premières énergétiques à l'Inde

39:23
Présentateur

Merci à vous d'avoir été avec nous sur le plateau du Média c'était Géostratégics avec Pascal Boniface merci d'avoir suivi cette émission avec nous on se retrouve très bientôt pour une nouvelle analyse de l'actualité internationale à bientôt Sous-titrage Société Radio-Canada

39:45
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Macron et la Françafrique : pourquoi ça ne marche plus · Pourquijevote