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interviewLCP (sur YouTube)· 12 juin 2026 26 min

1974 : RFA-RDA, le match le plus politique de l’histoire du football

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il y avait deux états allemands, 1500 [musique] spectateurs triaient sur le volet fidèle au régime. Ils avaient surtout peur qu'un des joueurs allait rester à l'ouest. Bon, ils se sont quand le ballon roule, tout le reste passe [musique] à l'arrière-plan.

Coupe du monde, les matchs du pouvoir. Un podcast de la chaîne parlementaire présenté par Jean-Pierre Gracien. Juin 1974, République fédérale allemande.

À Hambourg, deux équipes entrent sur la pelouse sous les flashes des photographes. Une même langue, un passé commun et pourtant beaucoup de choses les opposent. D'un côté, la République fédérale d'Allemagne, la RFA, une démocratie occidentale, prospère, alliée des États-Unis.

De l'autre, la République démocratique allemande, la RDA, un état communiste sous influence soviétique, verrouillé par la surveillance et la peur. Pour la première fois de l'histoire, les deux Allemagnes vont s'affronter dans un match officiel de Coupe du monde dans une ambiance sécuritaire malgré leur rapprochement diplomatique récent. Derrière se joue en réalité un affrontement idéologique entre deux blocs de la guerre froide.

Le match de la peur selon le journal Le Monde, d'autant plus que quelques jours avant la rencontre, une lettre anonyme menace de faire exploser le stade. Le dispositif de sécurité devient colossal. Des tireurs d'élite s'ajoutent aux très nombreux policiers.

Les deux équipes étroitement surveillées sont même confinés dans leurs hôtels. Revenons un peu en arrière. Après la seconde guerre mondiale, l'Allemagne est coupée en deux.

À l'ouest, la RFA se reconstruit avec le soutien américain. À l'est, la RDA devient l'une des vitrines du bloc soviétique. Le mur de Berlin est érigé en 1961 et sépare des familles, des amis, des couples du jour au lendemain.

Pendant des années, des milliers d'Allemands de l'Est tenteront de fuir vers l'ouest. Dans ce contexte, le sport devient une arme politique. Pour les dirigeants est allemands, chaque médaille, chaque victoire internationale doit prouver la supériorité du modèle socialiste.

Les athlètes deviennent des ambassadeurs du régime mais aussi des prisonniers potentiels. Car la RDA a une obsession, empêcher ses sportifs de passer à [musique] l'Ouest. Alors, quand la sélection est allemande se rent pour la Coupe du monde 1974, le régime prend ses précautions.

Les joueurs sont étroitement surveillés. Des agents de la Stasie accompagnent la délégation. Les déplacements sont scrutés et les contacts avec les Allemands de l'Ouest limités. la peur d'une défection entre les autorités communistes.

Car fuir pendant le mondial représenterait une catastrophe symbolique pour le régie. Le tirage au sort devient alors décisif. RFA et RDA se retrouvent dans le même groupe.

Très vite, la rencontre dépasse largement le football et à l'est, le régime y voit une occasion unique de reconnaissance internationale. Le 22 juin 1974, à Hambourg, les deux équipes entrent sur la pelouse. L'atmosphère est étrange, pas de haine ouverte, plutôt une tension froide presque irréelle renforcée par la présence en nombre des officiers de la Stasie.

Les joueurs se connaissent parfois de vue, certains ont de la famille de l'autre côté du mur. Sur le terrain, les Allemands de l'Ouest sont favoris. Ils sont champion d'Europe en titre et organisateur du tournoi.

La RDA, elle dispute ce qui sera la seule coupe du monde de son histoire et puis à la 77e minute, tout bascule. Sur une contre-attaque, Jurgun Spard Vasseur élimine un défenseur et marque 1-0 pour l'Allemagne de l'Est. Personne ne nous arrêtera désormais, hurlin commentateur de l'Est.

Le score ne changera plus. 1-0 pour la RDA. Cette victoire devient immédiatement un triomphe politique.

La propagande communiste célèbre la supériorité de l'Est sur le capitalisme ouest allemand. Mais l'histoire ne dit pas son dernier mot. Malgré cette défaite, c'est bien la RFA qui remportera finalement la Coupe du monde quelques semaines plus tard portée par Franz Beckenbower et G Müller.

Et surtout 15 ans après ce match, le mur de Berlin tombe. La RDA disparaît. L'Allemagne est réunifiée.

Quant à Jurgen Sparbasseur, le héros du match, il finira lui-même par fuir à l'ouest dans les années 80 comme un dernier pied de nez à cette victoire que le régime avait voulu transformer. en symbole éternel. [musique] Bonjour, Albreon Tag.

Vous êtes franco-allemand, sociologue. Vous travaillez sur les multiples dimensions du processus d'intégration [musique] européenne, y compris par le prisme du football auquel vous avez consacré un [grognement] grand nombre de vos travaux. À l'occasion de cette fameuse Coupe du monde 1974, est-ce que c'était la première fois que les équipes de football de la RFA et de la RDA se rencontraient au niveau international ?

Alors, ça n'était pas la première fois au niveau international, mais la première fois en Coupe du monde. Euh, il n'y avait pas de match amicaux entre euh la RDA et la RFA puisque la RDA euh s'y refusait. Euh mais les tirages au sort des euh compétitions internationales euh font euh que parfois c'est inévitable.

On avait droit à Leiptique Macdebourg euh en 73 et à DR de Munich aussi qui était euh des matchs remarquables entre les deux champions des deux pays dans la coupe d'Europe qu'on appelle aujourd'hui la Ligue des Champions. Et il y avait euh un match aux Jeux Olympiques de 1972 euh qui faisait s'affronter les deux équipes amateurs officiellement. Mais là, c'était la première fois en Coupe du monde.

Jeux Olympiques 72 qui se passait déjà [grognement] en Allemagne. Quel était l'état des relation entre les deux pays en ce printemps été 1974 ? tendu, mais paradoxalement aussi orienté euh vers une euh détente euh entre les deux États euh vu qu'il y avait eu euh un signe fort de reconnaissance mutuelle en 72 par la signature d'un traité euh et euh que euh en 73, on s'apprêtait à ouvrir même des représentations permanentes, c'estàdire des ambassades dans les deux pays, on commençait à acter le fait qu'il y avait deux états allemands et les signes étaient envers une décontraction idéologique entre l'Ouest et l'est.

H est-ce qu'il vous dites qu'ils étaient que ces relations étaient tendues néanmoins, est-ce que c'est pas dû à la démission de Willy Brown qui a était le le chancelier allemand social-démocrate à l'époque d'émission quiintervient 6 semaines avant cette coupe du monde et parce que c'est la fameuse affaire Gunter Guillaume qui était un un très proche conseiller de Willy Brant à l'époque et qui avait été démasqué comme étant un agent de la Stasie. Ça ça avait fait vraiment un un grand écho euh en Allemagne de l'Ouest hein et nous étions à quelques semaines du début de cette coupe du monde. Alors c'était un grand bouleversement euh vu la stature internationale de Ville Brand qui avait mine de rien en tant qu'allemand était lauréat du prix Nobel de la paix.

C'était nouveau depuis la guerre mais en même temps euh ça n'a pas induit à un changement de gouvernement. Il a été remplacé par un autre social-démocrate qui s'est très bien débrouillé par la suite. Elm s'appelle Elm Schmid.

Voilà. Alors, il est vrai que ça a été un un bouleversement un peu émotionnel cette démission, mais elle n'a pas influé sur le grand cours des relations qui étaient orienté vers une détente réelle et une reconnaissance mutuelle. Le tirage au sort de la compétition annonçant cet affrontement à venir a-t-il suscité d'emblé, des réactions, des attentes particulières d'un côté ou de l'autre du mur ?

Autrement dit, est-ce que dans les foyers est allemands ouest allemand, on avait coché cette date par avance comme un événement à ne pas rater ? Alors, c'était le match à pas raté, c'est évident dans la mesure où justement il n'y avait qu'en coupe du monde qu'il pouvait se produire. Et donc, on on attendait ça avec impatience parce qu'il y avait une grande rivalité sportive entre les deux Allemagnes.

Euh la RDA, juste pour rappel, avait gagné davantage de médailles que l'Allemagne de l'Ouest. Et il est utile aussi de se rappeler que la RDA ne représentait qu'un quart de la population euh de ce que représentait la RFA. Euh donc il y avait aussi toujours un petit rapport euh David Goliath ou petit frère grand frère dans dans toute cette histoire.

Donc il y avait quelque chose de touchant mais en même temps aussi une rivalité assez appuyée. Une lettre anonyme menace de faire exploser le stade à Hambourg quelques jours seulement avant ce fameux match. Le quotidien Le monde va jusqu'à parler du match de la peur avant la rencontre.

Était-il vécu comme tel par les autorités ouest allemandes ? Alors, en effet, euh ce match-là euh n'était même pas particulier euh par rapport à la peur que pouvaient avoir les autorités allemandes euh suite euh à l'attentat terroriste des Jeux Olympiques 1972 euh qui ont quand même cassé totalement euh la bonne ambiance de cet événement. Et donc pour 74 euh il y avait euh euh une une grande priorité des autorités sur la sécurité et cette lettre anonyme, ce mauvais canular euh a été pris au sérieux pendant quelques heures, mais après le match a quand même eu lieu comme prévu et sans les moindres heures ou exact quelconque.

L'Athasie, le service de police politique, de renseignement, d'espionnage, de contre-espionnage de la RDA, prend-elle des mesures spécifiques autour de ce match ? Que craint-t-elle le plus à travers ce match ? Alors, la Stasi euh craint le plus depuis euh le tirage au sort, en fait, même pas ce match-là, mais euh le match que la RDA devait jouer à Berlin, ça il ne supportait pas, c'était leur capitale, la ville divisée par le mur.

Et donc euh, ils avaient même euh considéré pendant un petit moment le retrait du tournoi à cause de cette question politique. Bon, ils se sont ils se sont vite calmés et le match étant à Hambourg, ça leur posait pas de problème. Après, il fallait qu'il contrôle très bien qui allait s'y rendre parce que là, c'était quand même leur grande peur.

En général, ils avaient surtout peur qu'un des joueurs allait rester à l'ouest où le salaire était quand même autrement plus intéressant pour un footballeur professionnel que dans l'armée est allemande. Alors, justement, des Allemands de l'Est, viennent-ils à Hambourg supporter leur équipe à l'occasion de ce ce match ? Combien sont-ils ?

Dans quelles conditions viennent-ils à Hambourg ? et quelle mesure prend la stasie pour un temps soit peu les contrôler ? Alors, c'est assez recambolesque quand on ouvre les archives et et qu'on lit ça.

Donc, ils ont déjà décidé de ne pas utiliser le contingent entier qui leur était dû et ils se sont contentés de 1500 spectateurs, ce qui est minime dans un stade de près de 70000. Et ils étaient donc triés sur les volets, peu importe si amateur de football ou pas. Il était surtout nécessaire qu'il soit fidèle au régime.

Euh et il n'y avait aucun couple. Toujours donc ils sont triés sur le volet triéer sur le volet et toujours avec une partie de la famille qui reste à la maison pour aucun couple. Aucun couple et les familles restent à la maison.

Voilà, pour éviter toute tentation éventuellement de rester à l'ouest et bien sûr accompagné par des agents infiltré dans la masse de ces supporters surtout pour éviter qu'ils avaient quelques contact que ce soit avec des citoyens pour pas qu'on se tape sur l'épaule ou qu'on échange des banalités. Même ça c'était mal vu. Vous aviez 12 ans à l'époque de ce match le 22 juin 1974.

Vous l'avez regardé en famille ce match. Quel souvenir regardez-vous ? Bah, j'ai le souvenir d'un match euh qui était un peu surchargé d'importance et qui n'en avait plus aucune sur le plan sportif. vu que juste avant le match euh grâce à un match nul du Chili contre l'Australie, on savait que les deux équipes étaient qualifiées euh pour le tour intermédiaire euh et donc ils auraient pu se livrer un match libéré de toute crispation.

Et pourtant l'équipe Ouest allemande apparu crispée, je trouve je trouvais de du haut de mes 12 ans. Euh j'ai aussi euh le souvenir d'une couverture médiatique qui était euh assez décontractée et qui ne surinterprétait pas du tout l'événement. Et comme la grande majorité des West allemands, j'ai partagé souvent surtout une grosse inquiétude par rapport à l'équipe qu'on voulait voir championne du monde et qui produisait un football un peu médiocre à ce moment-là. [acclamation] La RDA gagne 1-0 ce match.

Quelle réaction à l'est, à l'ouest immédiatement après la fin du match ? Alors immédiatement après, je pense qu'il y avait un grand consensus que la meilleure équipe avait gagné. Et ça ça aide toujours euh à décontracter euh les émotions après un match quand c'est évident que ceux qui ont mieux réalisé leur match euh l'emporte à la fin.

Euh on hausse l'épaule et on continue. Euh c'est en Allemagne de l'Est qu'on est resté très très calme. Il y avait aucun triomphalisme.

Ça aurait été malu à une époque de détente, n'est-ce pas ? Et à l'ouest, tout se focalisait sur l'état de l'équipe. Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ?

Est-ce que le rêve d'avoir un deuxième titre allait s'envoler ou pas ? On était très nerveux. Le premier titre pour l'Allemagne de l'Ouest, c'était 1954 he bien entendu. 20 ans auparavant.

Et oui. L'entraîneur de la RFA était Elmutchen. Il était né à Drz en 1915.

Drets était devenu l'une des principales villes de la RDA après-gerre. A-t-il exprimé Elmutchen Chun une émotion particulière à l'issue de ce match ? Alors Helmchen marchait bien sûr sur des œufs pour son propre passé, sa patrie est allemande et puis sa fuite à l'ouest en en 1950.

Il évitait de donner des commentaires politiques mais on sait qu'il a été très atteint par ce match, qu'il a été en proie, il a un homme très sensible en proie à à une légère dépression. l'après-match euh l'a vu euh assez abattu au point où Franz Pickenbauer, son capitaine a véritablement pris les choses en main pour la préparation de la suite. Franz Beckenber, c'était le le Kaiser, hein, c'était son surnom le capitaine de cette fameuse équipe d'Allemagne.

C'est lui qui prend les choses en main, qui devient le patron de cette équipe réellement après ce match. Je je ça relève un tout petit peu de myth et en même temps on sent bien que euh le centre du pouvoir glisse de du sélectionneur vers euh le capitaine qui a déjà 30 ans hein, qui est quand même au fait de sa gloire et qui veut ce titre et euh il fait un peu le ménage dans le 11 titulaire euh pour les les matchs qui suivent et il se redresse et en finale il battent même les Hollandais favoris. et Elmun lui restera sélectionneur malgré toute cette sélection de la RFA par la suite.

Oui. Alors sa compétence était pas mis en cause et il a refait une Coupe du monde en 78 avant de prendre sa retraite. On peut dire qu'il a été l'un des hommes du football allemand les plus respectés tout au long du 20e siècle.

C'est c'est quelqu'un de très bien. 15 jours après ce fameux match. C'est bien la RFA qui remporte cette coupe du monde.

Euh les allemands ont-ils supporté la RFA durant la finale face au Pays-Bas ? Oui. Alors la réponse est très simple hein, c'est oui et sans réserve.

Euh c'est vous voyez, je vous ai parlé du grand frère et du petit frère. On est super content de pouvoir narguer son grand frère de temps à autre, le battre dans un jeu qu'il aime en plus. Euh mais après quand il défend toute la famille, on est content aussi qu'il remporte sur la scène mondiale un un titre retentissant.

Euh l'équipe ouest allemande était très populaire à l'est et c'est une des raisons pour laquelle le régime et laasie voyait le football lui-même d'un mauvais œil parce que il n'était pas aussi contrôlable que beaucoup d'autres sports dans lequel il excellent à former, à surveiller, à contrôler les sportifs et et leurs spectateurs. au foot, c'était pas possible et et du coup, il était pas bien vu par ceux qui avaient le pouvoir. Euh mais les citoyens, ils aimaient beaucoup l'Allemagne de l'Ouest dans le maillot blanc et noir.

Ça ça leur disait quelque chose. Avec des stars du football de l'époque, on a évoqué Franzicken Bower, il y avait G Müller, le fameux avançand qui a été le meilleur buteur de cette coupe du monde, seper dans les buts. Voilà des noms que tout le monde a encore en tête aujourd'hui pour qui aime aime le football.

Les joueurs de la RDA sont-ils traités comme des héros à leur retour chez eux après cette Coupe du monde, ce match gagné contre la RF ? Même pas. Même pas.

Même pas. Alors, les les joueurs de la RDA ont été félicités bien entendu de leur belle performance. Ils ont fini 6e du monde.

C'est pas mauvais. Euh franchement, c'était un bel été pour le Football est allemand vu que Mac Deburg a remporté une coupe d'Europe. C'est pas rien non plus.

Donc ils étaient ils étaient au top à ce moment-là. C'est la meilleure équipe de l'histoire de la RDA. C'est c'est très net.

Mais l'ordre était à faire profil bas parce que il fallait pas que le football prenne trop d'importance dans le cours des choses qui était plutôt dans une phase de détente après tension multiple. [grognement] Quel accueil leur a réservé le public est allemand après la compétition euh et lorsqu'a repris le championnat du côté est allemand ? Ah, positif bien sûr.

Euh, bien sûr, ils se sont immortalisés, hein, les les noms de ces euh 11 joueurs. Euh euh il ils sont bien souvenus hein dans à Yena, Mag de Burg, Drest [musique] et Liptic, on se souvient de de ces joueurs qui avaient aussi un un niveau excellent et qui s'ils avaient pu s'exprimer [musique] euh dans un club anglais, allemand, français, italien aurait pu faire une sacrée carrière parce qu' ils avaient ils avaient le talent. Est-ce que c'était un sport particulièrement populaire le football en RDA ?

Alors en RDA comme en RFA, le football était le sport numéro 1 sans contest mais c'est un sport qui n'est pas contrôlable et ça ça ce que vous disiez tout à l'heure c'estàd que le pouvoir [musique] avait peur de de ne pas avoir de prise en réalité sur sur ce sport d'une certaine manière le pouvoir t tous les régimes autoritaires aimeraient bien avoir le contrôle quand il y a des événements qui regroupent des [musique] foules et dans un stade de football c'est juste pas possible. C'était quelque chose pour déplaire à la mais qu'il fasse avec et surtout il voulait pas de la fraternisation dans le football non plus. D'où aussi l'interdiction des matchs amicaux.

C'est Jorgen Schartvassur qui est un joueur de Macdebourg qui marque le but victorieux pour la RDA durant ce fameux match du 22 juin 1974. Qu'est-il [grognement] devenu par la suite ce buteur ? Alors déjà, il a inscrit son nom Je parvaz dans euh la mémoire collective allemande.

Tout le monde s'est souvenu de lui. Bon, c'était un un garçon euh très sympathique. Il est après le match, il est aussi allé dans la cabine West allemande échanger son maillot et il a fini par fuir la RDA des décennies plus tard mais avant la chute du mur de Berlin pour travailler en tant queentraîneur par exemple en Allemagne de l'Ouest parce que donc il a été héros en 74.

Oui. Et ensuite il passe à l'ouest quelques années plus tard. Oui, il passa à l'Ouest quelques années plus tard, mais bon, il était pas le seul à vouloir passer euh à l'Ouest et à le réussir.

Euh et il a fait une modeste carrière d'entraîneur en Allemagne de l'Ouest, mais euh il a son nom euh est resté gravé dans la mémoire. C'est c'est certain. C'était aussi un excellent attaquant, soit-dis en passant.

Est-ce que les jeunes générations allemandes connaissent encore cette histoire aujourd'hui ? Ce fameux match de Coupe du monde du 22 juin 1974. Alors, ça dépend de leurs grands-parents, s'ils en parlent ou pas.

Ça dépend de l'assiduité de leur consommation de YouTube peut-être à tomber dessus. Euh bien sûr, c'est un un match qui par son caractère unique, puisqu'il y en a plus jamais eu d'autres, reste dans les livres d'histoire et donc la probabilité de tomber dessus, même pour les jeunes d'aujourd'hui est est assez élevé. Euh mais c'est devenu euh une curiosité historique pour un jeune d'aujourd'hui.

Euh la RDA, ça fait partie de la préhistoire. Euh c'est très loin. Euh 74, c'est plus de 50 ans.

La guerre froide, c'est très loin aussi. Si un professeur en histoire géo, euh il en parle, euh ils vont s'y intéresser, mais c'est pas quelque chose qui est très présent dans leur tête. avec leur cuil, est-ce que vous diriez qu'il y a une instrumentalisation politique euh de ce match ?

Alors, instrumentalisation euh pas du tout. Euh le football est assez fort pour pas se laisser instrumentaliser. Il il en fait souvent qu'à sa tête. [soupir][souffle coupé] Non, ça voulait aussi être évité.

Les autorités avaient envie qu'il n'y ait pas de surinterprétation et en fait les autorités peut-être à l'ouest comme à l'est. C'est ce que voulez dire. pareil, c'est très clair.

Merci de de le suggérer. C'est exactement ça. Et je pense que les seuls qui ont attribué une signification vraiment très importante à ce match au-delà du prestige [musique] sportif, bah c'était les historiens des années 90, les historiens [musique] postréification qui se penchaient sur ces années et qui ont peut-être un petit peu surévalué le poids de d'un tel match [musique] de foot dans dans l'histoire allemande allemande.

Est-ce que vous êtes amusé après [musique] coup et maintenant que tout ça est est bien derrière nous à comparer euh ce qu'avait été le traitement médiatique [musique] côté ouest et côté est à l'issue de ce match ? Oui. Alors, c'est un exercice qu'on qu'on pratique quand on fait la recherche sur euh sur le football et la politique et on y trouve beaucoup moins que ce qu'on attend euh parce que on est passé vite à autre chose.

Vous savez, ça va être comme ça aux États-Unis aussi. Quand le ballon roule, tout le reste passe [musique] à l'arrière-plan. Et après ce match, 3 jours plus tard, il fallait se remettre en selle pour battre la Yougoslavie, confirmer contre la Suède, gagner le match décisif contre la Pologne et enfin affronter les Hollandais en finale.

Donc c'était en plein milieu du tournoi, ça n'avait aucune espèce d'importance [musique] pour la qualification et nous on pensait surtout à cette coupe à la fin du tournoi. et on a évoqué les allemand de l'is qui étaient venus voir ce match RDA RFA à Hambourg. Des allemands de l'Est sont venus assister également à cette finale RFA Pays-Bas.

Aucun. Aucun. Non, il y avait aucune autorisation de de déplacement de la part de du régime.

Un grand merci à vous Albreag. Plaisir était le mien. Vous venez d'écouter un épisode de Coupe du monde, les matchs du pouvoir.

Un podcast de la chaîne parlementaire présenté par Jean-Pierre Gracien et réalisé par Laura Taouhanov. N'hésitez pas à laisser des commentaires ou des étoiles sur votre appli de podcast préféré. M.