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DébatPublic Sénat (sur YouTube)· 3 février 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprisesNumérique

Municipales : comment lutter contre les déserts médicaux ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 9:01OuverteRéponse directe

    Les maires sont-ils le premier rempart contre les déserts médicaux ?

  • 10:02OuverteRéponse directe

    Quelles solutions pour l'attractivité des territoires ruraux ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a marqué lors de votre Tour de France ?

  • 14:00RelanceRéponse directe

    La coercition est-elle une solution pour les déserts médicaux ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Faut-il revoir la formation médicale pour les zones sous-dotées ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Quelle mesure prioritaire pour lutter contre les déserts médicaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:20inconnuChiffre
    « 8 % des habitants n'ont pas de médecin traitant. »
  • 4:40inconnuChiffre
    « Il faut souvent faire entre 10 et 20 km pour se faire soigner. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On va regarder notre reportage en région dans la commune de Bourvalé, voisine de Saint-Los et dans la Manche. Depuis 10 ans, il n'y a plus de médecin. Alors le maire se [musique] démène pour en trouver un, Cécile Sixou.

Depuis 10 ans, Virginie, infirmière libérale sillonne les routes de Bourvallé, une commune de 3500 âmes. Bonjour. Ce jour-là, elle se rend chez Albert.

Il y a 2 ans et demi, elle a été hospitalisée à domicile pour une maladie du pancréas, mais n'avait plus de médecin traitant après le départ à la retraite du sien. Pu ma maladie, les opérations que j'ai eu et les infirmières qui venaient pour me brancher tout ça, bah ils m'ont dit bah on va essayer de trouver un médecin. Vu l'état d'Albert et son besoin de suivi, Virginie a fait des pieds et des mains pour lui trouver un médecin.

Ça a pas été simple, mais on fonctionne très bien avec les médecins ici autour de Bourvallée, mais en fait ils sont déjà surchargés. Donc quand ils nous prennent un un patient supplémentaire, euh c'est vraiment une enfin faut bien se rendre compte que c'est une surcharge de travail pour eux. En fait, depuis 10 ans, Bourvallet est sans médecin.

Dans la commune, 8 % des habitants n'ont pas de médecin traitant et il faut souvent faire entre 10 et 20 km pour se faire soigner. Le maire et son adjoint à la santé se désespère. Depuis 2 ans, il propose d'embaucher directement un docteur sans résultat.

Dans le budget 2025, tu sais qu'on avait mis donc il y avait 159000 pour le médecin et l'assistant. Pour le budget 1026, je pense qu'il va falloir renouveler cette ce ce montat là. Donc depuis l'année dernière, on a mis un budget pour donc un médecin et une personne responsable du centre de santé.

Ça ça représente en gros 13 14 % du budget de la commune. Donc c'est pas négligeable quand même. Le conseil municipal a aussi fait toutes les démarches administratives pour devenir employeur.

On a fait appel à une association qui s'appelle la fabrique des maisons de santé et qui nous a aidé à faire notre dossier pour que on soit habilité par la RS la CPAM pour pouvoir embaucher un médecin salarié. Au total, la commune propose un salaire de 5000 € pour 35 he et met des locaux à disposition dans la maison médicale. Le bureau du médecin qui est actuellement un petit peu occupé par la sage-femme sera ici.

Donc, on a un local de 20 m² qui est suffisant pour les consultations. Un espace qui est prêt à recevoir un médecin. Il suffit juste qu'on le trouve et qu'on achète le matériel avec lui.

Voilà. Et après, on est opérationnel. Pour Virginie qui a son cabinet dans la maison de santé, la venue d'un médecin simplifierait son quotidien.

Dire que vous avez trouvé un médecin ? Et ben malheureusement non, on est toujours [rires] on est toujours à la recherche. Ce serait vraiment un gain de temps plutôt que de courir chez les différents médecins à Canie, à Moyon pour récupérer des ordonnances.

Parfois, on a besoin d'une ordonnance tout de suite, donc on fait des déplacements. Or là, si on avait c'était la porte d'à côté, ce serait bien plus pratique. En attendant, la ville a mis des affiches à plusieurs endroits et espère taper dans l'œil d'un médecin de passage.

Et on va en parler de ces questions avec vous. Bonjour Daniel Chassin, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes médecin, sénateur de la coresse, membre du groupe depuis un an et demi.

Les indépendants, on va yir les indépendants République et territoire, c'est le groupe des sénateurs Horizon pour que nos téléspectateurs comprennent bien. Martiel Jardel, bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes président du collectif médecin solidaire.

En deux mots, expliquez-nous. C'est un collectif de 1000 médecins généralistes à peu près qui essayent de se mobiliser contre les les déserts médicaux sur le principe du temps partagé solidaire. C'estàd qu'on organise des relais hebdomadaires dans des centres de santé dans lesquels on rétablit une présence médicale.

Et en duplexe avec nous Anaïs Verchtat. Bonjour. Merci également d'être avec nous. médecin généraliste, auteur de Urgent recherche médecin et vous vous avez fait un Tour de France, vous allez nous raconter Tour de France de la désertification médicale.

On va y venir avec vous. On a vu ce reportage, c'était du côté de Saint-Lot, dans la Manche. On le voit ce maire qui cherche un médecin.

Aujourd'hui, les maires, les élus, ils sont aussi un premier rempart contre les déserts médicaux. Martial Jardel, je vous ai vu réagir pendant ce reportage. Oui, parce que les maires et les élus locaux, ils sont comme on dit à porté de baffe.

Ça veut dire que quand ils sortent de chez eux toute la journée, les habitants leur disent "Alors, vous avez trouvé un médecin, on a un médecin, mais qu'est-ce qu'on va devenir ?" Je me souviens d'un mère qui nous disait qu'il y avait une habitante qui lui avait dit "Mais je vais mourir et vous aurez toujours pas trouvé de médecin." Bah, quand vous êtes maire, j'ai jamais été maire.

Doeur Chassa a été maire, je pense qu'il voit très bien de quoi je parle. Bah je pense que vous êtes saisi par l'urgence que vos concitoyens vous vous ordonnent de de régler. Vous partagez monsieur bien sûr mais si vous voulez c'est un total manque d'attractivité du territoire et de la commune.

Les dans les territoires ruraux, on a beaucoup de personnes retraitées qui vont avoir des polypathologies et si vous voulez si on n pas de médecin, elles vont elles vont pas venir s'installer et et donc ça c'est vraiment catastrophique pour l'avenir de la commune mais aussi les jeunes ne viendront pas s'installer s'il y a pas de médecin. Donc c'est absolument indispensable d'avoir un médecin pour l'aménagement du territoire. Et la solution ça peut être quoi ?

Ça peut être les médecins salariés par exemple. Alors que font certaines collectivités ? Alors si vous voulez, c'est une des solutions, c'est pas c'est pas la seule solution.

Il y a il y a plusieurs il y a plusieurs solutions. Tout à l'heure, vous avez entendu parler de la téléconsultation. Euh c'est une des solutions, c'est un complément si vous voulez.

Par exemple, s'il y a un médecin installé, euh dans la pharmacie, il peut y avoir une une téléconsultation qui est en complément si le médecin est pas là, si voilà. Donc, mais voilà et bien sûr euh d'autres possibilités comme l'association de monsieur qui peut amener des médecins dans les endroits si j'ai bien compris où il y a pas de médecin. Il y a plus de médecin.

Anaïs euh Ferrad, je le disais, vous avez fait un un Tour de France vous. Qu'est-ce qui vous a euh marqué durant ce Tour de France ? Qu'est-ce que vous en retenez ?

Effectivement, on a fait un Tour de France de remplacement dans les déserts médicaux avec mon compagnon qui lui est kinésithérapeute sur l'année 2024. On s'est rendu compte queeffectivement, même si 87 % du territoire est aujourd'hui concerné par un manque de soignant, il y a des zones qui sont encore plus touchées que d'autres, des zones qui sont complètement démunies. J'ai remplacé effectivement un médecin dans l'Avyon qui était seul sur 652 km².

Donc je vous laisse imaginer le nombre de patients qu'il faut prendre en charge. Il y a des zones aujourd'hui qui sont complètement à l'abandon et et c'est vraiment un triste constat qu'on fait. Des zones à l'abandon.

Mathias Jardel Marcel Jardel pardon. Vous le constatez vous aussi ? Oui, j'avais fait aussi un un Tour de France des remplacements.

C'est c'est marrant en en 2021. Donc je vois qu'il y a il y a un courant de jeunes médecins qui font des Tours de France, des remplacements. Donc c'est c'est assez chouette de voir des jeunes médecins s' s'engager.

Euh c'est c'est absolument terrible. Je pense que ce que le docteur Breschak a palpé, c'est quand on est au contact dans une analyse au plus près du terrain, on est on est frappé parce que quand on regarde des chiffres, bah on est aussi effaré. Mais quand on voit les patients qui n'ont plus de traitement, quand on voit les ordonnances qui ont été renouvelées huit fois, qui sont fines comme du papier parchemin parce que les les patients n'ont pas trouvé sont en colère d'une colère qui est complètement compréhensible, on on on ressent une espèce de sentiment d'injustice totale.

C'est inacceptable. Il y a des gens qui sont, et je le dis sans faire d'effet un peu de manche, il y a des gens qui sont en train de mourir dans ce pays en 2026 parce qu'ils n'ont plus de traitement sur leur pathologie chronique. C'est c'est invraisemblable.

Alors si vous voulez voilà donc ça c'est vrai. Donc je voulais ajouter qu'il y a peut-être il y a les médecins numérusclosus davantage de médecins. Ça c'est pour les années 2030.

En attendant est le numérous exclusifus ça a été supprimé il faut 10 ans pour que ça fasse effet. Voilà les effets à peu près en 2020. Donc je pense, j'ai parlé de la téléconsultation, une CPTS, on peut prendre en charge des soins non programmés.

Il y a la prévention mais il faut prendre aussi en charge des sons programmés. Et je voudrais rajouter une chose qui serait très importante, c'est des formations d'IPA, d'infirmière de pratique avancée en polypathologie, bien sûr en accord, en symbiose, en travail en symbiose avec le médecin, mais c'est très important parce qu'elles peuvent renouveler des médicaments chez des personnes chroniques en accord avec le médecin et ça va le décharger beaucoup. Et aussi euh il y a moi j'ai fait un un rapport sur la la la médecine les troubles de la médecine mentale avec une dégradation extrêmement forte et je pense qu'on il faut avoir des IPASIS.

C'est tout à fait demandé par les Picâtres. On a des CMP qui sont débordés et pour des équipes mobiles, ça je le dis parce que ça fait partie aussi il y a la il y a les médecin mais il y a aussi ce qui peut aider les médecins. Ça ça en fait partie.

Et mais juste Daniel Chassin sur votre expérience personnelle parce qu'on a aussi envie de vous entendre là-dessus hein. Vous êtes sénateur de CAS, vous êtes médecin, vous avez exercé tard aussi pour Palier en désert médical. J'ai Ah ben bien sûr, j'ai On était trois médecins.

Donc finalement euh au bout du bout, je suis resté euh euh tout seul en étant sénateur et je pouvais travailler parce que j'avais un médecin retraité euh c'est Yac qui qui m'aidait et qui venait un ou deux jours par semaine. Et donc je le remercie beaucoup parce que on a pu ça maintenir parce que je savais qu'il y avait un jeune médecin qui allait s'installer mais mais 6 mois après si vous voulez ou 8 mois après et donc j'étais obligé de tenir jusque jusque là. Je voulais rajouter une chose sur les pharmacies quand même.

Les pharmacies c'est Non, on veut pas. Non non non si si allez-y. Euh non, je voulais juste dire que les pharmacies ont eu des améliorations hein pour les vaccins, pour traiter la cistite, pour les angines, mais je voudrais il y a des préconisations.

Par exemple, là ça a été dit, des gens n'ont plus de traitement mais peut-être que les les pharmaciens pourraient renouveler un peu plus les traitements et surtout surveiller la tension artérielle par exemple. Mais ils sont pas payés, c'est gratuit. Donc il faudrait qu'il y ait un petit financement.

Euh on a euh par exemple euh des prescriptions d'antibiotiques pour quelqu'un qui a qui a qui a une rage dedans. Le weekend euh il trouve pas de médecin. Le pharmacien lui a des c'est les médicaments qu'il faut lui donner puisquil a déjà pris mais il peut pas les donner.

Donc si vous voulez médecin général bien sûr, mais à partir du moment où il y a pas s'il y a des médecins, il y a pas de problème. Vous avez aussi la maladie de lim euh ben s'il y a pas de médecin, il faut que le pharmacien par exemple puisse prescrire. Bien sûr, le le le médecin doit être informé de tout ça.

Il y a le dossier médical modical partagé et il faut savoir que les pharmacies rurales, c'est des derniers si vous voulez qui ferment parce qu'elles sont pas assez rentables. Faudrait les aider parce que dans ce dans ce secteur des fois il y a pas de médecin et il joue un rôle important. Martial Jardel, vous êtes vous médecin généraliste.

Déjà, est-ce que c'est une solution ? Et et vous, qu'est-ce qui a fait que la désertification médicale est devenue votre combat ? Parce que tout ce tout ce dont parle le le docteur Chassin, c'est je suis absolument d'accord avec tout, mais tout ça c'est des politiques de moyen terme, voir long terme.

Le temps que ça se mette en place, que ces gens se forment, que ça s'articule avec les territoires et cetera, que ça se déploie. Et la question qui nous obsède c'est "Mais qu'est-ce qu'on fait maintenant le mois prochain, dans 2 mois, dans 6 mois ?" des politiques de court terme et là moi je je sais pas hein, on pourrait en discuter peut-être longtemps, mais la seule solution que je vois c'est un peu ce qu'on propose, c'est-à-dire de dire bah puisqu'on peut pas demander beaucoup à peu de médecins, bah il faut qu'on demande peu à beaucoup de médecins et qu'il y a un mouvement massif de médecins qui viennent contribuer en venant une semaine si tenter qu'on arrive à organiser ce relais.

Et c'est ce qu'on fait avec médecin solidaire depuis 3 ans. Depuis 3 ans, on a ouvert 12 centres de santé. On a eu un médecin toutes les semaines dans tous nos centres de santé.

Donc on a trouvé un modèle, on a touché quelque chose de juste qui plaît aux médecins. Leur volonté de soigner, elle est intacte. Il faut simplement canaliser cette énergie médicale pour la concentrer au bon endroit.

Et je suis convaincu qu'on pourrait on pourrait et vraiment s'il y avait quelque chose de de massif en terme de de de financement de recrutement sur ce type de modèle, on pourrait vraiment réussir à avoir une politique de court terme efficace et et soigner les gens qui en ont besoin maintenant. Et d'autant Anaïs AFC que vous euh la leçon que vous tirez aussi euh de votre Tour de France, c'est que finalement les Français, certains Français, ils ont appris euh à faire avec les déserts médicaux, ils font avec euh au détriment souvent de leur santé. Oui, c'est tout à fait ça.

Et j'aimerais rajouter en complémentarité de ce qui a déjà été dit, qu'il y a une autre solution qui n'est pas aujourd'hui exploitée, c'est le fait de faire appel justement aux jeunes médecins qui sont diplômés. Moi, j'avais contacté l'ancien ministre de la santé pour lui faire la proposition de maintenir l'internal de médecine générale à 9 ans et demander aux jeunes médecins diplômés d'aller justement exercer x semaines dans l'année dans les déserts médicaux. Ça permettait de couper un peu la porort en deux avec la fin de la liberté d'installation.

Voilà, demander justement un effort collectif dans cette même idée-là. C'est vrai que quand on est remplaçant, on a moins d'attaches, on peut facilement euh se déplacer, aller dans des régions euh parfois à 1 heure de chez nous, parfois plus loin. Sachant que voilà, derrière les collectivités proposent euh des logements souvent.

Je pense qu'il y a aussi quelque chose de ce côté-là plutôt euh que effectivement de de voir que dans le long terme parce que aujourd'hui, voilà, les gens ont besoin maintenant d'un médecin, ont besoin maintenant de pouvoir consulter. Alors, il y a une autre solution qui est mise sur la table et qui est dans le débat, c'est la question de la coercition, de contraindre les médecins à s'installer dans des zone sousée. Est-ce que pour vous c'est une solution, Daniel Chassin ?

Non, c'est c'est pas c'est pas une véritable solution. Il peut y avoir peut-être certaines contraintes. Par exemple, lorsqu'il y a ça existe pas beaucoup mais il peut y avoir des endroits où il y a des trop de médecins et peut-être à ce moment-là dans certains endroits dans des centres-villes peut-être ne pas conventionner des médecins sauf quand il y en a un qui part en retraite si vous voulez.

Ça pourrait être c'est quand même une petite coïncation coercition. S'il y a un médecin qui part en retraite, il peut s'installer et s'il part pas en retraite, ben il peut pas s'aller. Alors, on me dit "Oui, on va il va de toute façon il va s'installer à côté." Bon euh et alors les les docteurs juniors, bon il y en a 16 en Corès qui vont arriver.

Euh il ils sont là pour un an. Bon, après, il faut voir, peut-être que il faudra un peu augmenter parce que de toute façon, je pas beaucoup augmenter mais peut-être un petit peu augmenter mais d'abord il faut voir comment ça va se mettre en place. Est-ce que après il y aura encore des manques ?

Je ne sais pas, c'est déjà pas mal. Encore 16 médecins de plus, c'est bien. Il faut que la la Mais il faut pas aller beaucoup plus loin dans la coerciition pour vous.

Moi je crois je crois non, il faut pas aller trop loin parce que les médecins euh bah voudront pas s'installer si vous voulez. Donc il y aura il y aura quand même des problèmes. Il ils prendront des du salariat.

Donc je pense qu'il faut pas aller plus loin. Peut-être au niveau des médecins juniors, peut-être on peut plus, mais 1 an c'est déjà c'est déjà pas mal. Il faut il faut avoir euh voir ce qui va se passer après, c'est-à-dire avoir euh le le ressenti et de cette application si vous voulez au niveau local.

Voilà. Mais je voudrais revenir sur ce qui actuellement est très important. On n'a pas d'IPA polypathologie et c'est au m c'est au ministère d'inciter les doyens à former parce que si elles viennent en complément d'un médecin et bien le médecin ben va pas être débordé si vous voulez parce que quand le médecin est débordé il dire bon mais je m'en vais quoi parce que je peux plus y arriver.

Donc c'est des choses qu'il faudrait faire tout de suite et donner davantage de possibilités aux pharmaciens. Par exemple, vous avez le diabète. Mais le diabète, s'il y a des infirmières, s'il y a des de l'insuline, effectivement, il y a pas besoin du pharmacien.

Mais il peut y avoir des des des gens qui sont en pathologie chronique, si vous voulez, c'est-à-dire euh qui ont des médicaments mais qui ne qui ne qui n'ont pas de capteur et qui ne sont pas, si vous voulez qui leur diabète n'est pas examiné tous les jours. Et je pense que les pharmaciens dans ce moment-là, s'il y a pas de d'infirmière et s'il y a pas de ça serait bien mais il faudrait que les pharmaciens et une petite rémunération. Anaïs Ferstad, vous dans votre Tour de France et dans votre analyse, vous dites aussi qu'il faut pas forcément pointer du doigt les jeunes médecins qui ne veulent pas s'installer dans des zones sous-dotées parce que pendant vos études, vous n'êtes pas forcément confronté à ça.

Il y a quelque chose à revoir aussi autour de ça au niveau de la formation médicale. Effectivement, je pense qu'il y a toute tout un travail à faire. Faut savoir que la grande majorité de la formation est hospitalière, même quand on finit médecin généraliste et quand on a des stages en ambulatoire, donc des stages en cabinet médical, ça se fait souvent autour de la faculté ou dans des grandes villes.

Du coup, je trouve que c'est quand même illusoire de d'imaginer qu'un jour un médecin va pouvoir aller s'installer dans une zone sous-dotée s'il y a aucun moment de sa formation, il n'a eu l'occasion de tester le territoire. C'est pour ça que je pense qu'il faut pouvoir encourager le développement des stages dès les premières années d'étude de médecine dans les zones sous-dotées, en zones rurales, en zones périurbaine pour queon puisse justement être mis en confrontation avec ces territoires et se rendre compte aussi de la médecine dans ces zones-là. Merci à Jardel.

Il y a quelque chose à revoir aussi autour de la formation ou pas ? Alors je je je je partage pas forcément cette cette vision. Je trouve que ça s'est beaucoup rapproché justement des des territoires et de la médecine générale rurale.

Il y a beaucoup d'efforts qui ont été faits par tous les départements universitaire de médecine générale. C'est pas parfait, ça le sera jamais. Mais pour que les internes de médecine générale puissent aller faire leur stage en territoire rural, ce qui était pas le cas avant.

Mais moi je crois que la question clé c'est vraiment la question de l'engagement. C'estd que on dit les jeunes médecins ne veulent pas s'installer. D'abord il y en a qui veulent hein et cela faut les encourager, les féliciter et c'est formidable et tant mieux.

Et puis quand il en a pas faut les encourager y compris financièrement, pas forcément. Pas forcément puisqu'on a vu l'un dernier rapport de la cour des comptes que c'était beaucoup d'argent et peu de résultats. Et finalement ceux qui veulent s'installer, c'est pas forcément l'argent qui les fait se concrétiser leur leur choix mais mais par contre c'est la question de l'engagement.

C'estàd que il faut qu'on qu'on comprenne que ce qu'on demande à un jeune médecin c'est pas un choix professionnel, c'est un choix de vie. C'est dire que vous allez vous installer dans le centre de santé qu'on voyait là tout à l'heure dans votre reportage et bien il faut être bien sûr de son coût parce que si dans 2 ans vous vous dites bah finalement non et bien vous êtes à l'origine d'un drame humain parce que tout le monde va vous dire mais attendez docteur vous nous abandonnez parce que vous trouverez personne pour vous succéder et donc faut se rendre compte de l'immensité de la responsabilité qu'on demande de prendre à ces médecins. Et donc il faut répartir la charge, il faut répartir la responsabilité.

C'est vraiment ça le sujet je crois. Et et la coercition du coup puisque je on vous a pas entendu là-dessus pour vous c'est pas une bonne réponse. Bah c'est déjà c'est pas une solution.

Dit vous disiez il y a une autre solution c'est la coercition. Non ce n'est certainement pas une solution parce qu'une solution ça solutionne là. Si demain il y avait une coerition le problème serait entier.

Docteur Westchak le disait. Il y a 87 % du territoire qui est un désert médical. Donc c'est on n pas la on n pas la ressource donc on peut coerciter ce qu'on veut. il va rien se passer derrière ça.

Par contre, là où je reçois où je rejoins le le docteur Chassin, c'est qu'il y a aussi une question de dessence. C'est qu'aujourd'hui quand vous voyez des médecins s'installer dans des zones où il y a déjà trop de médecins, c'est insupportable. Voilà, il y a une question de de de faire société et de se rendre compte qu'on a quand même un problème collectif et qu'on peut pas on peut pas accepter trop fusé.

Et je comprends que les gens médecins, bah à un moment, il faut quand même qu'on se regarde un peu dans le blanc des yeux et qu'on arrête de faire des choses qui sont en dehors de toute éthique professionnelle, humaine. On peut pas s'installer dans le cœur médecin à ce moment-là, lorsqu'il y a un médecin qui s'en va, qui part en retraite, d'accord, mais sinon mais ça représente pas beaucoup de zones mais enfin je pense que peut-être serait que les médecins s'autorégulent. Bah, je pense que les médecins euh peuvent démontrer là un peu de bon sens collectif et puis une prise en main de leur destin euh pour ne pas continuer d'être dans les mêmes anathèmes qui produisent la même stérilité depuis des années et des années et où on est en train de s'engouffrer de plus en plus dans ce problème.

En fait, tout les gens qui sont responsables de la situation aujourd'hui ne sont plus en responsabilité, hein. Donc c'est plus le moment de pointer du doigt. Maintenant, c'est le moment de se mettre autour de la table et de dire bah collectivement qu'est-ce qu'on fait pour essayer de minimiser les dégâts ?

Si vous aviez une mesure, dernier tour de table, une mesure prioritaire à mettre en œuvre pour que demain on puisse lutter efficacement contre les déserts médicaux, ce serait laquelle ? Ben, je vous l'ai dit tout à l'heure, pour moi c'est de mettre en place des IPA polypathologie bien sûr en accord avec les médecins, mais elles peuvent elles peuvent soulager le médecin et lui permettre de rester euh même s'il est s'il est seul parce que pour les renouvellements euh de maladies chroniques, de personnes qui n'ont pas de maladie aigue en en synergie, en rapport avec le médecin, ça va l'aider beaucoup. Je pense que ça c'est important.

Marcel Jardel, moi vous allez penser que je suis je suis biaisé et que je suis pas objectif mais je crois que si on finançait massivement des dispositifs de temps partagés et qu'on travaillait vraiment profondément en là-dessus, on pourrait avoir une politique de court terme extrêmement efficace. et Anaïs Verstad. Moi, ce serait la mise en place d'une plateforme par le ministère de la santé pour mettre en relation les médecins remplaçant et les médecins euh installés justement afin de pouvoir euh euh bénéficier de tout ce poolle de médecin qui aujourd'hui euh euh cherche à travailler, qui a parfois du mal à trouver des remplacements comme ça a été le cas pour nous lors de notre Tour de France.

Merci. Merci à tous les trois. On espère que vos bonnes idées vont remonter.

Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour ce débat. Anaïs Verstad, je reparle de votre livre urgent recherche médecin cette édition Marabou. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

Martial Jardel, votre collectif médecin solidaire. Merci aussi d'avoir participé à ce débat. Et Daniel Chasin, médecin sénateur.

Merci également. On va terminer euh euh juste par une initiative, une de plus puisque on a beaucoup parlé de ces élus qui prennent des initiatives. C'est le cas à vous en Bugé dans l'un où le conseil municipal a voté pour l'installation d'une boxe médicale pour une durée de 4 ans.

Les élus qui disent "Nous avons constaté que la population vieillit. Nous n'avons pas de médecin. Si on veut palier ce manque, il faut trouver une solution.

Alors la boxe ne remplace pas le médecin traitant. C'est un cabinet [musique] de téléconsultation aménagé des infecté à chaque passage accessible 7 jours sur 7. Une téléconsultation augmentée avec des bornes équipé de six dispositifs connectés [musique] thermomètre, tensiomètre, oxymètre, stéthoscope et c'est le médecin qui donne les directives aux patients BB.

Ils font comme ils peuvent. Ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup.

Merci à tous les trois. Merci à tous de nous avoir suivi. On se retrouve [musique] demain.

Très bonne journée. [musique]