Les humoristes plus forts que les éditocrates ? | Guillaume Meurice
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18ComplaisanteRéponse partielle
Salut Mourad !
- 26:46ComplaisanteRéponse partielle
Bonjour Guillaume. Merci pour l'invitation.
- 27:37OuverteRéponse directe
Est-ce que tu as le sentiment de jouer ce rôle de contrarier comme ça le quatrième pouvoir ?
- 28:39OuverteRéponse directe
Guillaume Eurice, est-ce que tu nous piques notre job ?
- 35:18OuverteRéponse directe
Certains piquent le job des humoristes à leur corps défendant, comme Pascal Praud. Est-ce que tu t'inspires des médias pour tes chroniques ?
- 35:49OuverteRéponse directe
Qui te fait le plus rire parmi les journalistes ou éditorialistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:08Locuteur non identifiéChiffre
« Il faut rappeler quand même que pour les faits d'agression sexuelle, la peine encourue, c'est 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. »
- 12:40InvitéFait
« De quand date la devise de la France liberté, égalité, fraternité ? »
- 16:49Locuteur non identifiéFait
« Le rap, le rap dans la culture. »
- 25:33Locuteur non identifiéFait
« Il avait fait un interview particulièrement complaisant dans la revue politique nationale du général Emetti, l'un des deux généraux qui met à feu et à sang le Soudan, qui était déjà accusé de crime de guerre. »
- 31:54InvitéFait
« Il y a des tas d'actionnaires qui gagnent des fortunes énormes sans rien travailler, ils branlent rien, ils gagnent quand même énormément. »
- 32:30InvitéFait
« Les riches sont riches parce qu'ils volent. La richesse c'est du vol, les milliardaires c'est du vol, la richesse c'est du vol. »
- 33:03InvitéFait
« Cette richesse-là, elle vient du pillage de la richesse collective. Il y a des très riches parce qu'il y a des très pauvres. »
- 33:24InvitéFait
« La pauvreté, c'est parce qu'il y a du pillage, c'est parce qu'il y a des gens qui s'enrichissent sur le dos des autres. Ce n'est pas une fatalité. »
- 34:35Locuteur non identifiéFait
« C'est la même chose que quand j'entends dire les macronistes à l'Assemblée, ils sont un peu cons et très serviles. »
- 38:36Locuteur non identifiéFait
« C'est la même difficulté qu'ont les humoristes américains avec Trump. Trump est déjà tellement un personnage caricaturel, c'est méga difficile de faire une caricature d'une caricature. »
- 39:05Locuteur non identifiéFait
« Tu es incapable de citer un ministre du gouvernement Macron parce que plus personne ne veut être dans le gouvernement. »
- 42:36Locuteur non identifiéFait
« Ma limite, c'est la loi française qui est plutôt pas mal foutue pour tout ce qui est défense de la satire et de la caricature. »
- 42:54Locuteur non identifiéFait
« Si je sais que tel ministre couche avec tel ou tel journaliste et qu'il n'en fait pas ou qu'elle n'en fait pas étalage dans la presse, alors si c'est une une de Paris Match, les alcôves, on respecte l'arrière des alcôves. »
- 49:16Locuteur non identifiéFait
« Moi j'ai plutôt un rapport compliqué avec la hiérarchie, avec l'autorité et avec toute forme de domination. »
- 49:41Locuteur non identifiéFait
« Comment on peut en buter autant par jour juste pour se nourrir ou pour faire des fringues ? Comment on peut s'amuser avec à interville ou dans les corridas ? »
Temps de parole
- Invité55 %
- Locuteur non identifié20 %
- Présentateur7 %
- Locuteur non identifié 25 %
- Locuteur non identifié 35 %
- Locuteur non identifié 43 %
- Locuteur non identifié 52 %
- Locuteur non identifié 62 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut à toutes et à tous, merci de regarder ce nouvel épisode de l'œil de Moumou, la chronique média de Mourad Guichard sur le média, le média qui est, on le rappelle, diffusé sur Youtube, sur notre site, lemédiatv.fr, et désormais sur le canal 165 de la Freebox. Salut Mourad ! Bonjour à toutes et à tous, bonjour à toi Théo ! Et les traditions sont bonnes à conserver, tu as un petit préambule pour nous ?
Oui, j'avais un coup de gueule contre France Info, qui vient de réitérer, mais on en reparlera plus tard, un coup de gueule contre la matinale de France Inter. C'est une matinale que je n'écoute absolument plus depuis plusieurs mois, je me tourne maintenant vers France Musique, l'excellente matinale de France Musique, sans doute la meilleure de France. Et pourquoi j'ai quitté France Inter ?
Vous allez voir l'un des exemples, c'est Fourquet, qui est un spécialiste de la spécialité, Jérôme Fourquet, spécialiste de la spécialité, et qui va depuis Paris parler de la province et de ses fameux provinciaux, il n'a pas osé dire bouzeux, mais enfin, ça ressemble quand même un petit peu à ça, qui aurait troqué le dimanche, donc le repos dominical et la messe du dimanche matin, contre des virés, c'est le terme qu'il a employé, chez Ikea.
Sauf qu'il suffit simplement de vérifier sur Internet, c'est assez facile, ou d'habiter en province, d'être un bouzeux, et de se rendre compte qu'en fait, évidemment, les centres commerciaux, et notamment les zones commerciales, sont fermées en grande partie, en grande majorité, le dimanche, et que ce n'est pas parce qu'on habite en province qu'on est des espèces de consuméristes à la con, comme il souhaiterait nous voir, je parle de nous, parce que moi j'habite également en province, je vous laisse écouter ce passage qui n'a pas été contredit, ni contrarié, notamment par Badou. Je vous laisse écouter.
Quand on regarde cette société française que décrit aussi Jean Viard, la France des années 60, en fait, on a un espèce de condominium, ce qu'on pourrait appeler la matrice Don Camillo-Pépone, il y a 35% de gens qui vont à la messe tous les dimanches, et le PC fait 20 à 25% des voix. Pas de risque de double compte, celui qui avait la carte, en général, n'allait pas à la messe, et donc aujourd'hui, si vous faites le total de ce duo, Don Camillo-Pépone, Fabien Roussel a fait 2,5% des voix aux élections, et il y a à peu près 3% de catholiques pratiquants. Donc on est passé de 60% de Français à 5%.
Et il y avait un jour qui était sacralisé des deux côtés, c'était à la fois du côté de l'Église le dimanche, le jour du Seigneur, et puis de l'autre côté, c'était le jour chômé qu'on avait arraché au patron pour se reposer, pour pratiquer des activités sportives, familiales ou culturelles. Et ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que quand on vit en province, le cœur battant de la société française contemporaine, c'est la zone commerciale, qui est souvent ouverte le dimanche, et quelque part, effectivement, la messe dominicale a été remplacée par la virée chiquière.
Alors ça, on peut imaginer que ça peut être un peu léger, ça peut être un peu, voilà, une petite erreur factuelle, c'est pas bien méchant, sauf que dans ce même trip, en fait, on va avoir des gens qui vont, des Léa de Morand, des Nicolas Salamé, des Sophia Badou, qui vont en fait laisser libre cours, voire même être applaudis par des gens comme Bruno Rotaillot, qui va ici parler de l'adhésion aux valeurs de la France en disant qu'on ne peut pas critiquer la France. Mais je vais vous expliquer pourquoi ça m'a particulièrement heurté. Je vous laisse écouter.
C'est quoi un Français pour vous ? C'est un Français de souche ? Un Français pour moi, c'est un Français qui aime la France. La France, ça n'est pas une couleur de peau, ça n'est pas une confession, ça n'est pas une condition sociale. Ce que nous a donné notre modèle républicain, c'est cette promesse républicaine qu'on peut être de France, de cœur ou de racine. Voilà. Ce qui est important, c'est de partager un héritage et de vouloir partager aussi un destin commun. C'est fondamental. Et vous avez raison, l'intégration est en panne. L'intégration est en panne parce que du côté des nouveaux venus, il n'y a pas suffisamment de volonté souvent de s'intégrer.
Elle est en panne aussi parce que de notre côté, on ne se présente pas comme un exemple, un modèle. On a tellement culpabilisé la France. Jacques-Juliat avait une belle expression. Il disait, il faut sortir de la vision lacrymale et pénitentielle de notre histoire. Mais si vous dites que la France, elle est condamnable, elle n'est pas aimable, vous pensez que vous allez pouvoir accueillir toute cette jeunesse dans notre destin collectif ?
Alors déjà, si j'avais été, en tant que journaliste, félicité par Rotaillou, je serais parti à être retard en me mettant un bandeau sur les yeux et advienne que ce qu'il adviendra. Mais d'une part, mais surtout, on a tous des témoignages, notamment des rescapés de la rafle du Veldiv, qui s'ils ont sortis des camps, je ne sais même pas par quel miracle, et qui nous racontent qu'ils n'ont pas vu, entre le Veldiv et l'entrée dans les bus, ils n'ont pas vu un seul soldat allemand, pas un seul SS. Ils n'ont vu que des Français.
Donc oui, on peut, évidemment, et il faut être critique sur l'histoire de France, quitte à l'embrasser, mais il faut évidemment être critique et ne pas faire une espèce de roman national à la con qui ferait que, dès qu'on critique l'histoire de France, avec ses pages obscures, on devienne un espèce d'anti-France, avec cette fameuse expression. Une espèce, Moura, non ? Ah, mais oui, c'est vrai, vous me le faites remarquer à chaque fois, et vous avez raison. Une espèce d'anti-France, avec tout ce que ça charrie comme, justement, période noire de l'histoire de France.
On commence par Rocaïa Diallo.
Oui, alors, Rocaïa Diallo, je vais lui attribuer plusieurs tops, parce qu'il y a, suite aux révélations de la semaine dernière, on avait expliqué que Rachel Kahn avait été dégainée, donc ça avait été prouvé par une programmatrice. Rachel Kahn avait été dégainée pour contrer Rocaïa Diallo. Et suite à ça, Rocaïa s'est exprimée sur les réseaux sociaux par rapport à ça, elle a repris notre séquence, et ça a donné lieu à un certain nombre de réactions, dont la fameuse Maude Destangal, qui fait toujours des superbes montages, et qui a ressorti des cartons un échange entre les deux protagonistes, donc Rocaïa Diallo et Rachel Kahn. Je vous laisse regarder ce montage, il est très instructif.
Ce que j'énonce dans ce livre, c'est, on le voit, l'hystérisation du débat aujourd'hui. Vous m'avez qualifié de pyromanes, ce que je vous cite. En fait, moi, ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est que vous avez d'une part un discours qui est extrêmement beau, qui est un discours d'inclusion, un discours d'ouverture, un discours de pluralité, mais que ce que vous faites, en fait, c'est désigner des ennemis. C'est-à-dire que moi, j'ai lu avec attention votre livre. Alors, il a été question de moi, mais je ne suis pas la seule personne qui soit critiquée dans votre livre. Vous en prenez à travers votre livre à Aïssa Maïga, par exemple.
Vous en êtes prise dans des interviews à Assa Traoré, à Lilian Thuram, à Camilla Jordana, à Iseult. Et dans tout cela, en fait, je ne vois pas un seul mot, pas un seul mot, pas une seule ligne, contre l'extrême droite. Est-ce que c'est parce qu'il devrait vous inquiéter, plutôt que vous désigner, en fait, des personnes qui luttent contre le racisme ? Alors, vous savez, moi, j'ai été éduquée, notamment en danse classique. Non, je vous ai posé une question précise, c'est pourquoi vous vous en prenez plus volontiers à ces personnes-là ? Je n'ai pas entendu un seul mot de votre part contre l'extrême droite, mais je vous ai entendu plusieurs fois contre Assa Traoré, contre Lilian Thuram, etc.
C'est vrai que ce n'est pas l'objet du livre. Pourquoi ce sont...
Alors, Rocaia pose une question légitime. Pourquoi s'attaquer aux personnes, alors, on va dire racisées ou racées, enfin, ça dépend de la terminologie qu'on souhaite, et surtout aux antiracistes, ne pas s'en prendre au Front National ? Est-ce qu'on va répondre à Rocaia ? Ben, non. On va laisser la meilleure copine de Rachel Kahn répondre à sa place. Cette copine n'est autre que Marine Le Pen. Je vous laisse l'écouter.
J'ai une dernière question que je trouve peut-être plus personnelle, d'une certaine façon plus intime. Alors, il y a une mauvaise rumeur qui laisse entendre que vous lisez peu et que vous passez votre temps à regarder des séries qui auraient même formé votre vision du monde. Oublions cela.
Oui, s'il vous plaît, merci. Voilà. Quel est le dernier livre que vous ayez lu, Marine Le Pen ? Alors, le dernier livre que j'ai lu, c'est le livre de Rachel Kahn, racée, que j'ai énormément apprécié. Pourquoi ? Parce qu'elle a une écriture élégante, parce qu'elle veut réparer, elle n'est pas dans l'acrimonie, elle n'est pas dans la brutalité, parce qu'elle a une manière intelligente d'expliquer en quoi le racialisme est en fait une impasse nocive. Voilà, j'ai beaucoup apprécié, je la connaissais peu, pour être honnête, et j'ai beaucoup apprécié son livre.
Alors, si tu utilises l'expression meilleure copine en parlant de Marine Le Pen et à propos de Rachel Kahn, c'est parce qu'il y a un dossier.
Oui, il y a un dossier qui a été révélé par Le Monde, c'est-à-dire qu'elle avait mangé, alors c'est paradoxal, elle avait mangé un couscous chez Marine Le Pen, alors préparé peut-être par Marine Le Pen ou par Fatima Le Pen, je ne sais pas trop. Ou par sa domestique. Oui, je l'appelle Fatima Le Pen pour plaisanter, bien sûr. Donc, on ne sait pas trop, en tout cas, elle a été très bien accueillie et elle ne l'a pas démenti plus que ça. Donc, elle a des rapports très proches et ça renvoie quand même au profil, notamment du printemps républicain, puisqu'elle fait partie de cette bande organisée avec Entoven, Fourest et compagnie.
Entoven, je rappelle, qui pourrait mettre un bulletin de vote à 19h59, un bulletin de vote Marine Le Pen face à Mélenchon. Donc, ça prouve qu'il y a réellement une forte proximité entre le printemps républicain, tous ces laïcars. Laïcars, en fait, ce n'est pas vraiment des laïcars, ce sont plutôt des gens qui utilisent la laïcité, qui instrumentalisent la laïcité pour trouver une place au soleil et donc, ils sont prêts à s'accoupler, littéralement, avec l'extrême droite pour pouvoir taper sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un progressiste. Le dernier top pour Rocaïa Diallo, donc c'est un triple top, Rocaïa, bienvenue dans ce nouveau format. La série de top.
La série de top, c'est une première ici. La playlist de top. Oui, mais le mérite Rocaïa, je trouve qu'elle fait du bon boulot, elle ne se laisse pas démonter. C'est à propos de ce qui s'est passé avec Nicolas Bedos, donc elle a été condamnée pour des problèmes d'agression sexuelle et donc, toute la tribu, dont notamment Rachel Kahn, sont venues au secours de Nicolas Bedos, en expliquant que ce n'était pas grave, que c'était complètement disproportionné d'avoir été condamnée pour juste des attouchements, eh bien, elle va expliquer en quoi c'est totalement indéfendable. Je vous laisse l'écouter.
Il faut rappeler quand même que pour les faits d'agression sexuelle, la peine encourue, c'est 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. Donc, il est vraiment très, très loin du maximum qu'il aurait pu recevoir en termes de peine, puisqu'il a un an d'emprisonnement, dont 6 mois avec sursis, et la peine qui est exécutée d'incarcération, elle est exécutée avec un bracelet électronique. Donc, ce n'est pas non plus... Enfin, je veux dire, on ne l'a pas jetée en prison pendant une durée considérable. Rocaïa, il faut peut-être rappeler les faits quand même qui lui sont reprochés. Donc, il a embrassé une personne, il a été donc... Sur le coup. Sur le coup. Et il a posé...
Alors, l'avocat a dit qu'il a posé la main sur le jean, ce n'était pas un jean qui était suspendu dans les airs. Le jean était posé sur le corps d'une femme et la main a été posée sur son entregenre. Mais il semblerait qu'il y avait une bousculade. C'est ce qu'il a dit, mais en tout cas, ce n'est pas ce qu'a décidé la cour. Je pense qu'on est dans une époque où, effectivement, on donne plus d'importance aux agressions sexuelles et aux dommages psychologiques et physiques que ça peut faire aux victimes. Et quand il s'agit de la personnalité... Je pense que c'est parce que c'est une personnalité qu'on parle de lui aujourd'hui.
Je suis désolée, mais Nicolas Bedos a été condamné avec une exécution immédiate des peines. Il y a des milliers de personnes en France qui sont en détention provisoire alors qu'ils bénéficient de la présence de l'innocence et qui ne sont même pas condamnés et il n'y a pas la même empathie à leur égard. Moi, je pense qu'il y a une réaction de caste, une réaction de caste. Ce que je constate, c'est que si on parle de Nicolas Bedos aujourd'hui, c'est parce que c'est un homme qui est issu d'un milieu très très visible et que les gens de sa catégorie ne sont pas habitués à être traités comme des justiciables comme d'autres.
Et ce qu'on voit, c'est vraiment une réaction de classe, de personnes qui sont indignées de voir un des leurs traîner devant la justice et être sanctionnées comme n'importe quel justiciable.
Et là, tu continues avec un membre de notre gouvernement à qui tu décernes un top. Est-ce-t-il vraiment vrai ce top ?
Non, ce n'est pas lui que j'envoie ce top. Ce n'est pas à Othman Nassrou qui a les dents qui raillent le parquet et qui vient d'être nommé au gouvernement. Non, c'est un ancien, c'est un proche de Valéry Pécresse pour vous donner un peu le pédigré et qui parle de, je ne sais plus, c'était de submersion, je ne sais plus, par rapport à l'immigration et voilà, quelque chose qui n'était pas très loin de l'invasion alors qu'on n'en est quand même pas là, on en est même très loin. Et il s'est retrouvé en difficulté à propos du test de valeur républicaine.
Le fameux test qu'on va devoir imposer, qui va être imposé aux gens qui souhaitent intégrer notre belle et grande nation et donc on va lui poser une question et il ne saura pas y répondre. Alors serait-il un mauvais républicain ? On va écouter ça.
Je rebondis sur ce que disait tout à l'heure Nora au sujet de ces fameux tests de valeur républicaine.
Alors on a pris quelques exemples de questions, je me permets de vous les poser. De quand date la devise de la France liberté, égalité, fraternité. Très franchement, on ne va pas jouer à ce jeu-là. On ne va pas jouer à ce jeu-là. C'est intéressant. On ne pose pas à des étrangers.
Moi, la question que je me pose, c'est est-ce que des Français connaissent la réponse à ces questions ? Moi, je ne connais pas cette réponse. Nora ne sait pas. Je ne connais pas cette réponse, non ? Non, justement. Quelques temps après ? Non, non, non. Elle s'inspire
de la révolution, elle s'inspire de la révolution, mais elle n'est inscrite dans la Constitution française que depuis 1848. Personne sur ce plateau ne réussit le test. Personne n'a réussi le test sur la première question. Alors, en fait, le top allait évidemment à Pascal Delatour-Dupin de BFM TV qui a eu la présence d'esprit de poser cette question et de le placer en difficulté et de démontrer, là, elle a fait le job pour le coup, de démontrer qu'évidemment, ce questionnaire était complètement débile et mettait la barre si haut que même un grand ministre comme Othmane Nasrou n'était pas capable d'y répondre.
Et on poursuit avec CNews. Ça s'est passé sur le plateau de CNews. Alors, je me demande si ce n'est pas un top paradoxal, le top paradoxal de la semaine.
Eh bien oui, parce que je salue Vincent Hervouet. J'ai écouté, je vous assure, j'ai écouté une dizaine de fois ce passage pour être sûr de ce que j'ai bien, de ce que j'ai entendu. Et je vais vous demander vous-même, si vous le souhaitez, de réécouter. Vincent Hervouet, c'est un top parce qu'il s'est transformé en une espèce de kamikaze communiste qui s'est suicidée, qui s'est fait exploser en direct sur le plateau de CNews en prononçant une phrase à laquelle je ne m'attendais absolument pas pour qualifier, enfin, ou pour gratifier plutôt le roi du Maroc. Je vous laisse écouter et puis on s'en reparle juste après.
Le principal enjeu, c'est qu'Emmanuel Macron va pouvoir ainsi manifester toute l'amitié qu'il n'a jamais cessé de porter au souverain marocain qu'elle a lui prête longue vie et au peuple marocain avec lequel nous avons des liens si lointains de peuples de paysans. C'est une vieille histoire. Le problème, c'est que depuis sept ans, on n'a pas cessé d'aimer le Maroc, puis de se brouiller avec le Maroc, souvent un malentendu, puis de se réconcilier avec le Maroc, c'est un feuilleton. Et là,
on est dans un épisode retrouvaille. Qu'Allah lui donne longue vie, je ne comprends pas comment il a pu sortir un truc pareil. Ceci dit, un article d'arrêt sur image nous renvoie vers le fait que Vincent Hervouet aurait été, il n'a pas confirmé, mais il ne l'a pas non plus infirmé, aurait été financé par des médias proches du roi au Maroc il y a quelques années de ça, et que donc, qu'il fasse aujourd'hui allégeance au roi du Maroc ne serait pas totalement surprenant. On y reviendra si on obtient le fin mot de l'histoire, mais je trouve cet épisode absolument extraordinaire, surtout sur cette chaîne dont on ne peut pas soupçonner qu'elle fasse allégeance à l'islam et aux musulmans.
Il y a les musulmans et il y a le roi du Maroc. Oui, absolument, là c'est plus une question d'intérêt je pense un peu plus personnelle et sonnant et trébuchant. On ne l'a pas dit,
on y a juste pensé, on passe au flop.
Alors, à tout seigneur, tout honneur, on va commencer par Finkelkraut. Alors, tout à l'heure, on parlait de l'histoire avec Bedos, on pourrait parler de PPDA, on pourrait parler de DSK, de toute une série de personnes. Il y a également Platza, enfin, voilà.
Céphane Platza,
l'animateur de M6. Absolument, et puis évidemment Depardieu, récemment, qui ont le courage de ne pas venir aux audiences quand ils sont convoqués pour des raisons de problèmes de santé, de problèmes psychologiques. Les pauvres, on a une pensée pour eux, bien évidemment. Finkelkraut, lui, il s'en fout complètement. Il va justement trouver que la culture du viol, alors qu'on a en plus une affaire absolument retentissante, c'est le fameux procès de Mazan avec les viols de la répétition sur cette pauvre victime. Eh bien non, Finkelkraut, lui, il va clairement balayer tout ça d'un revers de la main, c'est trop blanc, c'est trop occidental, et il va attribuer la culture du viol devinez à qui ?
Le rap, c'est très intéressant, c'est très intéressant le rap. Je vais sauter peut-être du coq à l'âne, mais pas complètement. Le rap, le rap dans la culture. Alors qu'on nous bassine, mais tous les jours, avec la culture du viol, alors qu'on nous explique que la culture du viol, c'est Mazan, et que puisque à Mazan, c'était des hommes ordinaires, tous les hommes ordinaires devraient avoir honte, parce que c'est eux qui ont fait ça. Mais la culture du viol, c'est dans le rap, c'est dans le rap, dans les paroles de rap, dans les comportements des rappeurs, il y en a un là qui vient de s'arrêter aux Etats-Unis.
C'est la culture du viol, une virilité phallique absolument effrayante, mais on n'y touche pas parce que c'est la minorité, c'est les diversités. Non seulement on n'y touche pas, mais c'est ça là, c'est la culture, et c'est à cela que doit servir, c'est à l'entrée dans l'univers du rap que doit servir le place culture. Donc c'est démoralisant, mais je pense qu'on peut continuer à réfléchir, à protester, ce n'est pas nécessairement crier dans le désert.
Eh oui, les rappeurs, c'est évidemment les rappeurs qui ont incité Depardieu et Consor à commettre leurs agressions sexuelles, ça n'a absolument aucun sens.
Mais Mourad, tu n'as pas regardé la playlist Spotify de Gérard Depardieu ? Non, c'est vrai, c'est vrai. Donc peut-être qu'il a raison, peut-être qu'il a des sources a priori, pourquoi pas ?
On va lui laisser le bénéfice du doute.
Et on continue avec Ali Badou, l'animateur, présentateur de France Inter.
Oui, Robelot, c'est la deuxième fois qu'on en parle dans cette chronique. Ali Badou, donc on apprend qu'il est parti au Maroc avec la délégation du président de la République. Je suis très surpris. Qu'est-ce qu'il va faire au Maroc ? Alors peut-être qu'il va passer son permis de conduire, puisqu'il avait été impliqué dans une affaire d'achat de permis de conduire. Donc peut-être qu'il a décidé enfin de le passer là-bas. Alors certes, Ali Badou est d'une famille proche de la monarchie, une famille bourgeoise, ce qu'on appelle les bourgeois, bourgeoise marocaine. Mais il est désormais journaliste.
Et je ne comprends pas, et j'aimerais bien savoir si la direction de France Inter a validé ce déplacement, mais j'aimerais bien savoir comment un journaliste, a fortiori du service public, un journaliste politique qui reçoit des invités le matin, des invités politiques, comment peut-il partir avec le président de la République comme invité à part entière ? Je ne saisis pas du tout. Déjà qu'on leur envoie BHL et Ariel Dombal, ce n'est déjà pas, je pense, le summum, le top pour réconcilier deux peuples, le peuple français et le peuple marocain, c'est même une vacherie.
Mais si en plus on leur envoie des journalistes qui sont capables d'accepter ce genre de compromissions, je trouve ça un tout petit peu problématique.
C'est une infiltration peut-être, Mourad, tu vois le mal partout.
Oui, déjà que les voyages présidentiels, alors déjà les voyages présidentiels en soi, je sais que tu plaisantes Théo, mais déjà que les voyages présidentiels en soi, je trouve ça un petit peu problématique parce que les journalistes pratiquent ce qu'ils y vont. La plupart qui prennent l'avion présidentiel pratiquent une forme d'autocensure assez régulière, c'est-à-dire qu'ils vont s'interdire de poser des questions gênantes parce que sinon ils savent qu'ils ne retourneront pas la fois suivante. Mais là, c'est carrément, il est invité. À quel titre ? Je ne sais pas. Alors, tu as un pote qui s'appelle Frédéric. Tu en parles souvent.
Plusieurs potes qui s'appellent Frédéric, on va le voir juste après. Celui-ci, c'est Aziza. Alors, Aziza, il est alias Frédéric, la maleste. D'ailleurs, il faudrait qu'on se renseigne auprès d'Antoine Léaumant parce qu'il avait promis de l'attaquer en diffamation. Le député Léfi. Absolument. Quand ils ont eu une altercation dans la salle des colonnes. Puisqu'il lui avait, comme Antoine Léaumant, lui avait dit laissez-moi tranquille, allez tripoter vos collègues. Il avait dit je vous attaquerai en diffamation. On n'a toujours pas de nouvelles. Ce sera intéressant de prendre des nouvelles et je vous tiendrai évidemment informés. Et donc, il reçoit le ministre du Budget dans son émission.
Évidemment, on peut parler de brosses à dents, de balai pour les toilettes ou n'importe quoi. Il va revenir évidemment à la France insoumise. Et là, il a profité de ce dont on avait parlé la semaine dernière. C'est-à-dire des propos de Pascal Boniface, le directeur de l'IRIS, à propos du maire de Saint-Ouen, Karim Bouamran. Donc, il avait dit, il avait mis entre guillemets serait-ce un musulman d'apparence. Et c'est pour ça que grâce à ses positions très ténues notamment sur ce qui se passe au Moyen-Orient, il est invité de manière récurrente dans les médias.
Et bien là, Aziza va poser une question et écoutez bien la réponse du ministre sur le fait de savoir ou pas si les ministères vont sanctionner l'IRIS. Écoutez bien.
Les maires de Dijon et de Nantes, François Répsamen et Jonas Roland, les maires socialistes, ont-ils eu raison d'annuler les partenariats entre leur ville et l'IRIS ? Ça ne m'étonne pas d'eux, ce sont eux des républicains. Ils ont eu raison ou pas ? Oui, je crois. Parce que, est-ce que vous souhaitez par exemple que les ministères de la Défense et des Affaires étrangères revoient leurs liens éventuels avec l'IRIS ? Écoutez, s'il est démontré effectivement que l'institut, il faut toujours faire attention à distinguer les hommes et les institutions. Il faut regarder effectivement comment cela fonctionne en détail.
mais si votre question c'est est-ce qu'on doit condamner politiquement, parce qu'on parle de politique là, est-ce qu'on doit condamner politiquement ces propos ? Oui, ce sont des propos qui vont dans le mauvais sens.
Et donc, on est bien d'accord que Laurent Saint-Martin dit qu'il faut séparer l'institution de la personne, en l'occurrence de Pascal Boniface. Eh bien, il n'en a rien à foutre à l'Isa parce que c'est la vérité, c'est de l'information et donc pour lui, ce n'est pas exactement sa tasse de thé. Et il va expliquer dans un tweet, un long tweet où il va se mettre en avant, il va dire Laurent Saint-Martin qui s'interroge par ailleurs sur l'opportunité de maintenir les liens entre l'IRIS et les ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Le ministre a dit exactement l'inverse.
Donc, c'est-à-dire que Aziza, dont je doute de la qualité de journaliste, d'éthique, de déontologie, qui est un militant communautariste, séparatiste, est maintenant, en plus, verse dans le mensonge total et absolu avec preuve à l'appui. Et moi, ça me pose question que ces gens-là aient une telle aura et une telle présence dans les médias. C'est problématique et ça renvoie à la question de savoir s'il faut ou pas réguler l'obtention de la carte de presse et le renouvellement de la carte de presse. D'un Frédéric à l'autre. Oui, Frédéric Ancel qui est aussi à briller.
Alors, Frédéric Ancel, il est marrant parce que, en fait, c'est un prof, c'est un chroniqueur, on le voit un peu partout, il se dit spécialiste des questions géopolitiques et il a comme ennemi, idem, le fameux Pascal Boniface. Et il va, il a, alors c'est un ancien du Bétard, qui est quand même un groupuscule d'extrême droite qu'on appelle sioniste, enfin on l'appelle comme on veut, mais en tout cas, c'est un groupe d'action extrêmement violent.
Et alors qu'il va souhaiter, il va surtout reprocher à Pascal Boniface d'avoir essentialisé le maire de Saint-Ouen, donc Karim Bouhamran, donc de l'avoir traité d'arabe de service pour aller vite, avec des guillemets, des parenthèses, tout ce que vous voulez, des crochets, eh bien, il va nous présenter le bon profil, en l'occurrence, Kamel Daoud. Et Kamel Daoud est connu pour être, justement, le Kamel préféré de la droite et de l'extrême droite, notamment sur les questions liées à la Palestine. En ne voulant pas essentialiser, il va l'essentialiser puisqu'il ne nous présente pas Paul Durand, il nous présente, comme par hasard, Kamel Daoud, je vous laisse regarder.
C'est assez amusant de la part d'un ancien activiste du Bétard et un archi, archi pro-israélien.
Et on continue toujours sur cette thématique ?
Alors, on essaie de trouver les réponses, les raisons de tout ça. Peut-être, peut-être que ce sont les révélations. Alors, il fait beaucoup de podcasts Pascal Boniface, Face Caméra, il va expliquer un certain nombre de choses, il va donner son point de vue. Et là, il nous livre des révélations sur le profil et surtout sur l'ambiguïté qu'entretient Frédéric Ancel avec un certain nombre de dirigeants de pays pas très, très fréquentables.
Je vous laisse écouter. On parle beaucoup du conflit israelo-palestinien, de la guerre de Gaza. Il y a des conflits oubliés, c'est regrettable, parce que ces conflits font également beaucoup de morts. Et il cite le cas du Soudan. Effectivement, j'en parle souvent moi-même, c'est sûr que le Soudan est moins visible dans les commentaires que le conflit de Gaza, qu'il s'y passe des choses horribles, que deux généraux félons se disputent le pouvoir.
Je trouve quand même que si quelqu'un ne devait pas parler du Soudan, c'est Frédéric Ancel, puisque quelque temps auparavant, vous tapez Emetti Ancel sur les réseaux que vous verrez, il avait fait un interview particulièrement complaisant dans la revue politique nationale du général Emetti, l'un des deux généraux qui met à feu et à sang le Soudan, qui était déjà accusé de crime de guerre. Et donc, cette interview très complaisante était certainement le fruit d'une agence de communication qui l'avait commandée.
Et donc, je trouve que quand on a fait participer activement et peut-être pas bénévolement à la campagne de publicité de Emetti qui voulait séduire le public français, cachant tout ce qu'il fait, il faut mieux ne pas parler du Soudan, c'est quand même quelque chose qui est un petit peu fort de café. Bien sûr, on ne peut pas avoir que des dialogues avec des ministres des pays démocratiques, c'est la réalité, il y a des pays qui sont autoritaires, mais quand c'est là, si on est en contact avec eux, on les conteste un peu, puis si on fait une table ronde, on invite des gens d'avis divers.
Mais là, quand même, faire la politique de communication de quelqu'un qui a autant de sens sur les mains que le général Emetti, très franchement, ce ne sont pas des méthodes universitaires.
Nous sommes arrivés à la rubrique Au microscope avec un invité, Guillaume Meurice, humoriste, et nouveau pilier de Radio Nova, on en parlera, on parlera de son métier. Est-ce que les humoristes sont au-dessus des journalistes ? Est-ce qu'ils sont désormais meilleurs éditorialistes que ceux qui font profession d'éditorialiser ? La première question, l'honneur de la première question revient à Mourad.
Eh bien, merci beaucoup. Merci beaucoup Théo. Bonjour Guillaume. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Merci pour l'invitation.
C'est la première question, Jean-Pierre Alcabach, il disait, c'est la première question qui est vraiment déterminante dans une interview. C'est vrai. Et moi, c'est l'école Jean-Pierre Alcabach.
Je sais bien, mais je ne suis pas sûr que tu obtiennes un studio France Inter. Attends, non, ce n'est pas gagné. Ça n'en prend pas le chemin. Non, je te remercie d'autant plus que ça n'a pas été facile avec notamment la rédaction en chef du Média qui m'ont dit qu'on préférerait Chevalier, Laspalès, Bigard. C'était un peu compliqué, donc j'ai réussi à argumenter. Tu es ici et je t'en remercie vivement. Alors, je vais revenir fake news from fake news. Donc, on va arrêter là parce que ça peut durer très longtemps en fait, cette bataille rhétorique. Non, je rebondis sur ce que disait... Je crois qu'on n'a toujours pas posé la première question
qui est vraiment très attendue par les gens qui nous regardent.
Elle va être fantastique, cette première question. Elle arrive.
Non, je rebondis sur ce que disait Théo, c'est-à-dire qu'en fait, on a le sentiment, notamment via les réseaux sociaux, merci les réseaux sociaux, puisque les réseaux sociaux en fait permettent à la fois d'avoir le nombre de vues, les commentaires évidemment et on s'aperçoit qu'avec des gens comme Walidia, comme toi, comme d'autres copains comme L'Ompret, Barré et compagnie, on a le sentiment qu'on va chercher ou même Ashtron, qui est une valeur montante dont je parlais la semaine dernière, on a l'impression qu'on va plutôt aller vous voir, aller vous écouter pour de l'impertinence qu'on ne retrouve plus chez les journalistes mainstream.
Est-ce que tu as le sentiment de jouer ce rôle de contrarier comme ça le quatrième pouvoir qui n'en est plus un, qui est plutôt un truc de palais, de la quai ? Est-ce que tu as le sentiment de jouer un rôle que ne jouent plus les journalistes qui sont largement regardés sur BFM, CNews et autres ?
Guillaume Eurice, est-ce que tu nous piques notre job ?
Je ne sais pas, j'ai 43 ans, donc je n'ai pas suffisamment de recul pour savoir ce qu'étaient les médias d'antan, mais moi, je n'ai pas de souvenirs de journalistes mainstream, comme tu dis, impertinent. On compte sur les humoristes qui font l'impertinence pour être impertinent parce que simplement, c'est notre taf et c'est notre rôle. C'est un peu le rôle du bouffon du roi, parfois on nous dit, ou de révélateurs de certaines vérités qui sont plus faciles à dire ou plus faciles à rendre sur la place publique quand tu es humoriste parce que tu peux faire des blagues dessus, parce que tu peux révéler l'absurdité d'une situation en faisant un raisonnement par l'absurde, ce genre de choses.
Donc, je ne saurais pas répondre précisément à ta question et je n'ai pas l'impression qu'on ait piqué une certaine place ou que le métier a tellement évolué.
Vous êtes en France dans une brèche.
Quand tu vas faire le travail que tu avais fourni avec Talents sur France Inter, notamment, et maintenant sur Radio Nova, tu vas quand même chercher précisément quelque chose, c'est-à-dire que tu vas rentrer dans quelque chose qui va expliquer en quoi certaines politiques publiques, par exemple, sont complètement délirantes, certains propos de ministres ou de personnalités sont complètement délirantes et même l'influence qu'ont les discours des politiques, notamment je pense à l'extrême droite quand tu fais tes micro-trottoirs et qu'on voit que les gens gobent tout ce qu'ils entendent alors que ça n'a aucun sens, il y a une volonté de pédagogie derrière tout ça.
Pas vraiment, moi je ne me sens pas vraiment ni pédagogue ni donneur de leçons, un peu comme chaque pratique artistique, j'ai l'impression de donner mon point de vue sur une situation. Tu parlais tout à l'heure, tu faisais le parallèle entre les humoristes et les journalistes, nous on se sert du travail des journalistes pour faire des blagues parce qu'il faut d'abord être informé, il faut d'abord que les gens aient un référentiel commun pour pouvoir faire des blagues dessus. Un des très bons exemples que tu as cités en début, c'est Walidia qui travaille maintenant pour Mediapart et même lui il dit justement ils enquêtent sur des...
ils révèlent des magouilles et moi je peux faire des blagues dessus, c'est très complémentaire. Donc moi je me vois
plutôt comme ça. Mais tu pourrais être un humoriste, je reprends Chevalier de la Spalese, tu pourrais être un humoriste avec des blagues de cul, tu n'as pas choisi ça. Non mais moi
c'est plutôt l'inverse, c'est-à-dire que l'humour c'est plutôt un média pour moi. L'humour c'est ma manière à moi de dire ce que j'ai envie de dire, je pourrais, si j'étais doué en peinture peut-être que je ferais de la peinture. C'est plus mon média, c'est la manière que j'ai trouvé ou qui m'a été imposée par l'éducation, le déterminisme social, etc. pour dire ce que j'ai envie de dire. C'est plutôt comme ça que ça marche, j'ai l'impression. Là tu me fais faire un peu de l'auto-analyse mais je pense que moi en tout cas c'est comme ça que je vois les choses.
Alors pour imager et je te laisserai évidemment la parole Théo juste après, pour imager la question que je t'ai posée, on va regarder un extrait qui est assez intéressant qui revient à la surface. Alors je ne sais pas pourquoi mais je crois que sur les réseaux sociaux il y a comme ça des gens qui ont envie de se faire du bien et donc quand ils ont envie de se faire du bien ils passent du Poutou. Philippe Poutou qu'on adore ici, on lui a déjà attribué le plusieurs top parce qu'il est vraiment génial par rapport notamment face aux édithocrates et là il se retrouve face à Jean-Jacques Bourdin, ça ne date pas d'hier mais c'est toujours d'actualité.
Alors je ne vous demande pas tant d'écouter ce que dit Philippe Poutou même si c'est toujours un vrai plaisir mais d'écouter la réaction de Jean-Jacques Bourdin et je vais te demander Guillaume juste après de réagir à ce qu'il dit. Je vous laisse écouter. Il y a des tas d'actionnaires qui gagnent des fortunes énormes sans rien travailler, ils branlent rien, ils gagnent quand même énormément. On a même des gens, je crois que vous connaissez peut-être un peu Drahi par exemple pour parler d'un riche, le dixième du classement des fortunes de France, il a combien ? 12 milliards. Bon alors si on va nous expliquer que gagner 1800 euros ce serait scandaleux et puis il y en a qui ont des milliards...
C'est scandaleux
que les milliardaires... C'est scandaleux que les milliardaires par leur travail, leur investissement... On n'a pas 12 milliards
par son travail,
c'est pas possible.
Arnaud il n'a pas 150 milliards parce qu'il travaille, c'est pas possible ou alors il fait un super diplôme et on ne sait pas ce qu'il a fait comme formation pour mériter ça. Ça c'est pas crédible du tout. On veut nous faire croire que les riches sont riches parce qu'ils sont malins, c'est de la foutaise. Les riches sont riches parce qu'ils volent. La richesse c'est du vol, les milliardaires c'est du vol, la richesse c'est du vol. Mais comment pouvez-vous dire ça ?
Mais comment vous pouvez penser qu'on peut avoir 12 milliards comme ça ? Je pense rien. Je ne les ai pas moi
Philippe Poutou. Si vous divisez les 12 milliards sur l'histoire de l'humanité, à partir de quand il faudrait avoir bossé pour pouvoir avoir 12 milliards en tant qu'on ait 2000 euros par mois ? Donc c'est ce système. C'est incroyable. C'est ce système que vous voulez mettre. On peut vivre avec un million d'euros, par exemple, ce serait presque raisonnable un million d'euros. Mais pourquoi 12 milliards ? Pourquoi 150 milliards ? Pourquoi aujourd'hui ? Et c'est ça qui fait que... On est à peine riches quoi avec un million d'euros. C'est du vol parce qu'en fait, cette richesse-là, elle vient du pillage de la richesse collective. Il y a des très riches parce qu'il y a des très pauvres.
Mais aussi de la création d'entreprise,
mais aussi de l'investissement, mais aussi de l'innovation, mais aussi... Oui, Philippe Poutou, ça existe. Ça existe. L'innovation dans le rafale.
Il faut bien comprendre que la pauvreté, c'est parce qu'il y a du pillage, c'est parce qu'il y a des gens qui s'enrichissent sur le dos des autres. Ce n'est pas une fatalité. Il n'y a pas des pauvres parce qu'on ne peut pas faire autrement. C'est parce qu'il y a un système qu'il fabrique. Qu'est-ce qui, selon toi, pousse Bourdin à défendre son patron, Drahi, à l'époque. C'était le patron de BFMTV et il était à BFMTV avant ses frasques. Bourdin, qu'est-ce qui le pousse mécaniquement, comme une poupée, à sortir que s'il est multimilliardaire, c'est parce qu'il a bien travaillé à l'école, qu'il a fait un stage d'observation aux médias ? Je ne sais pas.
Qu'est-ce qui le pousse à défendre son patron ? Est-ce qu'il y a une mécanique que tu comprends facilement ou ça te paraît étonnant ?
J'imagine qu'on ne mord pas la main qui nous nourrit. C'est ça l'expression qu'il s'utiliserait ou qu'il l'utiliserait ? Si tu lui posais la question, il faudrait l'inviter. Jean-Jacques Bourdin ici.
Je ne sais pas si il l'accepterait. En observateur que tu es.
Non, mais moi, ce que j'observe surtout, c'est que c'est la structure. C'est-à-dire que s'il est là, donc il dit ça. S'il ne disait pas ça, il ne serait pas là. Donc, ça ne sert à rien de s'offusquer parce que Jean-Jacques Bourdin, il réagit comme ça. C'est juste, s'il ne réagissait pas comme ça, il ne serait pas à ce poste-là. C'est la même chose que quand j'entends dire les macronistes à l'Assemblée, ils sont un peu cons et très serviles. S'il n'était pas cons et serviles, il ne serait pas ni macroniste ni député. Bon, je résume, évidemment. On est aux médias, donc on s'est compris.
Non, mais c'est vrai, il faut plutôt interroger la structure plutôt que, je pense qu'il faut plutôt interroger la structure plutôt que les gens, que juger les gens. Les gens, oui, forcément, à ce poste-là, ça ne peut pas être inversé. Poutou, il ne sera jamais un intervieweur à BFM TV. Sinon, ce ne sera pas les mêmes matinales. Il y aurait peut-être plus d'audience, ceci dit.
C'est possible. Alors, je t'ai demandé pour rigoler si tu voulais nous piquer notre job, mais on a l'impression que certains d'entre nous piquent le job des humoristes, bien entendu, à leur corps défendant. On pense notamment à Pascal Praud, qui a fait l'objet de sketchs totalement hilarants, comme une sorte de personnage de la fiction humoristique d'un de tes confrères. Est-ce qu'on imagine que tu regardes justement les médias, les chaînes d'info en continu et les médias de manière générale pour t'inspirer ? Est-ce qu'ils te font rire et qui te fait le plus rire parmi les journalistes, éditorialistes que tu regardes ?
C'est vrai que Pascal Praud, c'est un peu un classique. C'est un classique parce que comme les médias, c'est devenu un énorme cirque, là, on a vraiment le clown en chef et qui tous les jours nous régale. Évidemment, si on le voit du côté humoristique, moi, je le vois parce que je m'inspire comme Morad pour travailler de ce qui se passe sur ces chaînes-là, bon, ça fait notre miel. Mais évidemment, du point de vue démocratique, c'est extrêmement délétère. Moi, je m'en rendais compte, comme tu l'as rappelé quand j'interviewais les gens dans la rue, je m'en rendais compte qu'ils me conservaient ce qu'ils venaient d'entendre sur ces news.
Ils me le conservaient dans mon micro sans aucune remise en question. Donc oui, j'ai conscience que ce n'est pas juste un cirque. Donc, il donne un top
à Pascal Praud.
Oui, Pascal Praud, c'est dur de le détrôner. Mais après, toute son équipe est quand même assez formidable. C'est des gens, ils savent bien s'entourer. Et puis après, Cyril Hanouna, les grands classiques. Bercoff, là, sur Sud Radio que j'ai découvert parce que j'ai fait une chronique sur la vie. Valeurs montantes. Valeurs montantes. Jeune espoir. Il n'a pas de bouteille. Il n'invite que les climato-sceptiques. Donc, c'est assez fascinant de voir ce manège tourner tout seul. Il y a une expression. Justement, à l'époque
des guignols de l'info, tout était construit autour de PPD, qui finalement était peint sans rire, etc. Si on devait refaire les guignols de l'info aujourd'hui avec la figure de Pascal Praud ou de Bercoff, ce serait peut-être plus déjanté. C'est-à-dire peut-être quelque chose sur l'évolution. Peut-être que le métier n'a pas beaucoup évolué. Mais quelque part, on a l'impression que le cirque a pris plus d'ampleur que l'info.
Oui, parce qu'il y a plus de caisses de résonance. Il y a les réseaux sociaux qui amplifient pas mal les séquences. Moi, je ne vais pas forcément revenir sur la polémique dont j'ai été victime. Mais c'est beaucoup les réseaux sociaux qui ont amplifié ça. À la base, c'est sur le plateau de Pascal Praud. Puis après, c'est retweeter, repartager, etc. Donc oui, il y a sans doute la nature et la forme à changer. Mais après, moi, de mon souvenir, ça a toujours été plus ou moins comme ça. Les médias appartiennent de toute façon. Les médias appartenant en majorité à des gens de pouvoir et d'argent, voilà.
Mais est-ce qu'il n'y a pas un risque ? En fait, il y a une expression qui vaut ce qu'elle vaut sur les réseaux sociaux qui est pagoraphie. Donc, goraphie, antithèse du Figaro est donc un truc parodique. Je le dis pour les gens qui ne regardent pas les réseaux sociaux. Et donc, on balance très régulièrement, les gens balanceraient régulièrement une vraie information en disant pas goraphie pour dire ce n'est pas une blague. C'est-à-dire que la vérité dépasse la fiction. Il n'y a pas ce risque aujourd'hui. Ça va tellement loin des gold nadels, des pros, pour ne pas les citer, des morandini et compagnie. Ça va tellement loin dans l'outrance et le délire, le mensonge.
Elisabeth Lévy est une incarnation parfaite aussi de ce truc-là. Il n'y a pas un risque que vous galeriez pour aller encore plus loin, pour chercher le truc encore plus drôle qu'eux-mêmes ?
Si, c'est le même risque d'ailleurs. C'est la même difficulté qu'ont les humoristes américains avec Trump. Trump est déjà tellement un personnage caricaturel, c'est méga difficile de faire une caricature d'une caricature. Et puis, comme il raconte n'importe quoi, il n'y a pas tellement de semblant de lien logique. De toute façon, il balance ce qui lui passe par la tête. Donc, c'est compliqué après de passer derrière en tournant ça en dérision parce que c'est déjà de la dérision. Donc, il y a un vrai enjeu à ce niveau-là. ça et puis le fait aujourd'hui que, par exemple, tu es incapable de citer un ministre du gouvernement Macron parce que plus personne ne veut être dans le gouvernement.
Donc, nous qui émions bien avant les figures pour pouvoir s'appuyer dessus pour faire des blagues, là, on n'en a plus. Mais bon, ça va.
Tout à l'heure, je crois que c'était dans mes flops avec Aziza, par exemple, j'ai cité le ministre du budget. Je ne me rappelais pas
de son nom.
C'est vrai que c'est assez symptomatique de chercher à chaque fois le nom des ministres parce qu'on a effectivement, ils n'ont pas de notoriété parce qu'ils ne se font pas d'une compétence particulière. Tu as souvent été attaqué, je me permets, tu as souvent été attaqué sur ton positionnement politique. Est-ce qu'il y a une compatibilité entre le positionnement politique qu'elle tient, c'est-à-dire Bayrou, le pull sur les épaules et tu commandes, évidemment, tous les midis, le plat du jour, donc une espèce de molasson. Est-ce qu'il y a une incompatibilité entre ton positionnement politique et ta fonction publique, en fait ?
Non, pour moi, c'est une vraie compatibilité, au contraire. Comme je t'ai dit tout à l'heure, je donne mon avis. Je ne me suis jamais senti militant dans le sens où je n'ai jamais voulu convaincre les gens. Je ne suis pas certain d'avoir raison. Par contre, je suis certain qu'à ce moment-là, c'est mon point de vue. Et après, moi, je n'ai rien contre les gens qui débattent sous mes chroniques, parfois en m'insultant. Je n'ai jamais bloqué personne sur Twitter ou sur Facebook ou quoi qu'est-ce ? Les gens débattent, ne sont pas d'accord, disent ce que je dis de la merde ou sont d'accord avec moi parfois sur une chronique puis après, pas d'accord sur la chronique d'après.
Pour moi, ça ne m'appartient plus. C'est le débat public. Mais en tout cas, je peux juste garantir aux gens que ce que je dis, je le pense à ce moment-là.
Mais quand tu défiles avec Yvan Le Boloch ou Labajon et d'autres camarades de jeu, notamment sur les retraites, sur une série de choses... Il y a des enjeux de société. Et là, qui défile ? C'est le... Moi, je ne sépare pas l'homme de l'artiste.
C'est ma question. C'est Guillaume Berice qui défile. C'est Guillaume Berice qui fait des chroniques. C'est une entièreté. D'accord. J'essaye d'avoir, je l'imagine un peu comme tout le monde, le plus de cohérence possible entre ce que je dis et ce que je fais. Oui, bien sûr. Ce qui n'est jamais... Je ne suis pas non plus dans une quête de pureté. C'est évidemment... On n'est jamais parfaitement aligné. C'est facile de nous trouver des contradictions, bien sûr. Et heureusement, c'est ce qui nous rend humains. Mais en tout cas, la tentative, c'est d'être le plus cohérent, oui.
Alors, une question qui ne touche pas que toi. Quand je pense à... Pareil, il y a tes camarades de jeu. Parce que vraiment, c'est ça aussi le nouveau... Enfin, nouveau. Le phénomène, c'est qu'il y a une vraie bande. Moi, j'adore le terme camarade de jeu. Parce qu'il y a camarade que j'aime beaucoup et jeu que j'aime beaucoup. Oui, camarade de jeu. Camarade de jeu, c'est... Non, non, mais ça me va hyper bien. Super. J'ai une impression, alors avec Barré, avec Dia, avec Lompré, notamment. Je ne vais pas tous les citer, mais on a l'impression qu'il y a une espèce de grand-mère ou de mamie qui s'est endormie dans le fauteuil du canapé, dans le salon.
Et puis, tout le monde marche comme ça sur la pointe des pieds. Et vous, vous débarquez avec une espèce de bulldozer, vous défoncez la porte et vous gueulez « Allez où la vieux ? » Je n'avais pas vu ça comme ça. Ah, moi, si. Non, vous y allez parfois. Mais non, mais c'est la grand-mère, la pauvre grand-mère. Tout le monde est en train de faire attention et eux, ils arrivent, mais avec un mortier en hurlant. Et je me demande à chaque fois où est-ce que vous mettez les limites dans ce que vous allez pouvoir dire, dans l'humour que vous allez pouvoir développer et dans les choses que vous allez pouvoir dégainer.
Je dirais que ça ne t'a pas beaucoup réussi la question des limites. Est-ce que tu as des bonnes réussies ?
En justice, ça lui a réussi. Ça m'a réussi. Alors, tu fais bien. Je vais rebondir sur ce que tu viens de dire, c'est que moi, ma limite, c'est la loi française qui est plutôt pas mal foutue pour tout ce qui est défense de la satire et de la caricature. Il y a une bonne jurisprudence. C'est pour ça que quand j'ai eu des plaintes contre cette fameuse blague, elles ont été classées sans suite. Et j'ai une limite perso que je m'impose à moi-même. C'est pour ça qu'elle est perso. C'est la vie privée. Par exemple, si je sais que tel ministre couche avec tel ou tel journaliste et qu'il n'en fait pas ou qu'elle n'en fait pas étalage dans la presse, alors si c'est une une de Paris Match,
les alcôves, on respecte l'arrière des alcôves. C'est Carl Abruly. Oui, bien sûr.
Et Nicolas Sarkozy, évidemment, c'est une notoriété publique. Évidemment, ils s'en servent pour leur communication. Mais voilà, la vie privée, c'est ma limite parce que je considère que chacun a le droit de faire ce qu'il veut et on n'est pas responsable de qui on tombe amoureux. Non, non, tout à fait. Donc voilà, ça, c'est une limite que je m'impose à moi. Mais sinon, non, je ne sais pas, on nous pose souvent la question de l'autocensure. Moi, je trouve que c'est possiblement un problème le fait que tu trouves sûrement à raison qu'on fasse beaucoup de bruit. Ça veut dire que peut-être que la société, elle pionce depuis trop longtemps.
La grand-mère, oui.
La grand-mère, voilà. Donc, c'est peut-être ça. C'est plus un symptôme. Désolé, j'ai l'impression à chaque fois d'inverser tes questions. Non, non, non,
il n'y a pas de souci. J'avais une dernière question puis après, on passera au coup de cœur. Et puis, si tu veux rajouter quelque chose, évidemment, tu es le bienvenu. On va faire un parallèle un peu point Godwin. Ah, enfin, j'attendais que c'est ce qu'il allait arriver. Puisque tu parlais de ce qui s'est passé à France Inter, on va le faire en deux mots. Ce n'est pas l'objet de cet échange. Mais est-ce que le 7 octobre, puisque c'est lié, en fait, tout est lié.
Le 7 octobre... Alors, je ne sais pas quand il est diffusé l'émission. Demain, mercredi. C'est les 1 an de la blague. Oui, absolument. Bon, bref, je m'appelle de couper par ça.
Non, on ne va pas faire de gâteau. Vous amenez le gâteau, s'il vous plaît. Le 7 octobre a été une fracture, que je le dis de manière assez régulière. C'était une fracture extraordinaire dans la société française, y compris dans la gauche. La gauche s'est fracturée suite au 7 octobre 2023. Est-ce que, à titre personnel, et on va descendre de 18 étages, est-ce qu'à titre personnel, ce qui s'est passé à France Inter a été aussi une fracture dans ton entourage ? Est-ce que tu as senti... Alors, je pense évidemment à Sofia Aram, même si ce n'était pas une surprise, mais est-ce qu'il y a eu des fractures comme ça de gens qui t'ont lâché du jour au lendemain ?
Est-ce qu'il y a eu des gens qui, au contraire, se sont rapprochés et dont tu n'aurais pas deviné ? Est-ce que ça a été une fracture en termes de relationnel pour toi ou pas ?
Pas tant. Non, non, il y a peu de gens qui m'ont tourné le dos à ce moment-là. J'ai même reçu des messages de soutien, mais j'ai fait un bouquin là-dessus pour en parler. J'ai reçu des messages de soutien d'un ministre dont je ne citerai pas le nom et qui m'a dit « Je ne le dirai pas publiquement parce que je ne peux pas, mais ce qui t'arrive, c'est dégueulasse. » Je dis dans mon bouquin, je peux juste vous dire « Ce n'est pas Gérald Darmanin. » Ça aurait été marrant. C'est pas un lice. J'ai déjà une lice du Figaro qui m'a envoyé des messages aussi en privé. Il y a même un mec qui m'a dit « J'ai essayé de faire un article sur toi pour te défendre, mais sans me faire virer.
» A priori, il n'a pas réussi parce qu'il est toujours là et il n'y a pas eu d'article. Donc oui, il y a eu quelques surprises, mais en règle générale, non, parce que je faisais des chroniques depuis 12 ans. J'ai commencé en 2012. Donc les gens savaient à peu près quelles étaient mes opinions et surtout, j'avais déjà fait des chroniques sur Israël-Palestine. Donc les gens qui auraient pu avoir des doutes parce qu'ils ne me connaissent pas beaucoup ont vu comment j'avais réagi et il fallait vraiment être très malhonnête intellectuellement et très de mauvaise foi pour me traiter d'antisémite à ce moment-là.
Bien sûr.
Donc ça n'a pas changé grand-chose. Non, non, non.
Alors une toute dernière question, c'est juste pour nos internautes et téléspectateurs. Préparer des chroniques comme tu le fais. Alors tu écris par ailleurs, on en parlera juste après, mais tu écris par ailleurs. Préparer des chroniques, ça prend beaucoup de temps. C'est quelque chose qui jaillit du fond de la nuit ou c'est où tu as un calepin sur toi en permanence ? Comment ça se passe ?
Comment tu prépares tes chroniques ? Oui, ça c'est les trucs d'humoristes qu'on a tous. Avant c'était un calepin, maintenant c'est le téléphone portable. Mais on a des notes remplies. Parce que le truc le plus frustrant, c'est quand tu as une bonne idée, genre dans le métro ou en prenant ta douche, de la paumer. Souvent tu te souviens que tu as eu une bonne idée, mais tu ne sais plus quelle est la bonne idée. Le cerveau est bizarre. Donc il faut la noter tout de suite. Ça c'est sûr, surtout quand tu fais des chroniques régulièrement. Moi, à toute une époque, je faisais une chronique par jour. Donc là, il ne fallait pas passer à côté même une idée un peu moins bonne.
On l'entendait quand même. Donc toujours un petit calepin. Ouais, ouais, mais j'aime bien. Moi, je ne considère jamais que c'est du travail. Donc je me fais engueuler par les copains humoristes qui me disent arrête de dire que ce n'est pas un métier. Mais faire des blagues, c'est quand même assez plaisant. C'est un peu un accident de mon histoire personnelle que j'en sois venu à être rémunéré pour ça. C'est toujours un peu... Ce n'est pas un complexe d'infériorité ou le syndrome de l'imposteur, mais c'est de dire bon, bah ok, vous voulez me donner de l'argent ? Ok, bon, bah je vais... Je le prends, je le prends et je vais continuer à faire des blagues. Je crois que je le ferai gratuitement.
Il ne faut pas le dire
Et on est parti pour le coup de cœur qui est dans une continuité moine.
Quasi-continuité. Alors c'est un jeune écrivain assez talentueux. Non, alors c'est... C'est un nouveau scénariste de BD qui débarque. C'est toi, Guillaume, avec Sandrine Delofre. Alors c'est assez surprenant. Ça s'appelle La Révolte Sans Précédent. Et alors c'est... En lieu et place des humains pollueurs, massacreurs et carnivores, on va trouver des animaux tout à fait sympathiques, y compris des blaireaux qui vont refuser qu'on appelle les humains des blaireaux. Et il va se passer... Alors dans cette chronique, on ne raconte pas la fin. Jamais. On donne l'envie de lire. Mais alors j'étais très surpris.
Alors je précise que mon fils Paul, de 12 ans, quand il a commencé à le lire, je l'ai entendu rigoler mais de manière récurrente. Et donc j'étais surpris. Il l'a lu avant que moi je l'ai lu. Et donc j'étais surpris et il m'a expliqué en quoi c'était drôle. C'est-à-dire que c'est tout à fait... On comprend quel que soit l'âge. On comprend parfaitement. Donc ça veut dire qu'on peut se l'offrir, on peut l'offrir, y compris à des enfants. Nous ne sommes pas très loin des fêtes de fin d'année. Et s'en amuser. Mais au-delà de l'amusement, au-delà de l'écriture et des dessins, vraiment je félicite Sandrine de l'offre. Tu lui transmettras de ma part. Il y a un message évidemment politique.
Mais derrière, je me pose la question de savoir quel est ton rapport au monde animal ? Est-ce qu'il y a un message militant sur la cause animale comme pourrait par exemple le tenir Aymeric Caron ? Ou alors sur le monde animal et la biodiversité ? Ou alors c'est juste quelque chose pour te faire plaisir et pour raconter une belle histoire ? Et rigolote d'ailleurs.
Les deux, les deux mon général. Moi j'ai plutôt un rapport compliqué avec la hiérarchie, avec l'autorité et avec toute forme de domination. C'est-à-dire que je n'ai jamais très bien compris comment un individu peut se sentir supérieur à un autre individu. Parce qu'il a une cravate ou parce qu'il sait mieux parler français. Ça m'a toujours paru complètement con, complètement absurde. Et tous les rapports de domination me questionnent. Donc le rapport de domination qu'on a avec les autres animaux de notre planète, nos colocataires, me questionnent également comment on peut en buter autant par jour juste pour se nourrir ou pour faire des fringues.
Comment on peut s'amuser avec à interville ou dans les corridas, etc. Je ne vais pas te faire toute la liste évidemment. Donc là, ce qu'on voulait faire avec Sandrine, c'est interroger ces rapports de domination en faisant des blagues, en rigolant parce que c'est ce qu'on préfère faire. Et au-delà même de ces rapports de domination, comment une lutte s'organise avec tout le panel qu'on peut retrouver des gens qui veulent tout cramer ou des gens qui veulent collaborer avec les humains. Donc, c'est des animaux qui se rebellent contre les humains. Donc, tu as des discussions entre eux en disant « Non, de toute façon, il faut tout cramer, il n'y a pas le choix.
Tu as un peu les black blocs des animaux et puis tu as les réformistes des animaux. Ça crée des tensions. Ça donne des situations assez marrantes. » Donc, c'est tout ça qu'on a voulu explorer dans la BD.
D'accord. Alors, ça m'a fait penser à un compte d'ailleurs qui s'appelle, un compte Twitter que j'aime beaucoup qui s'appelle « Tout cramer dans le respect des institutions. » Je trouve ça très drôle parce que du coup, ça résume un peu les choses. C'est ça. Je trouve ça assez marrant. Mais voilà, c'est bien parce que ça montre qu'il n'y a pas une uniformité effectivement des animaux les uns par rapport aux autres. Ils ont chacun leur point de vue, chacun leur nature et qu'y compris, ça peut gêner, entre guillemets, une révolte un peu comme ça, uniforme et que ça renvoie aux humains pour le coup. Et c'est là que c'est très bien vu et je trouve vraiment que c'est du bel ouvrage.
Guillaume Meurice, Sandrine de l'offre « La révolte sans précédent. » C'est aux éditions d'Argo. Ça vient d'être réédité face au succès. Donc, félicitations, cher Guillaume. Alors, un dernier mot. Je voudrais juste avoir te concernant. Je voudrais avoir ton actualité concernant justement, notamment, radiophonique et d'écriture. Eh bien,
donc, la BD, tu viens d'en parler, Radio Nova tous les dimanches, La Dernière, ça s'appelle toujours La Dernière, parce qu'on rappelle 18h, 20h sur Radio Nova et puis après, on podcast un peu partout sur toutes les plateformes, patati patata, les vidéos sur YouTube, tout ça. Et j'ai débuté une émission sur Mediapart également qui s'appelle Le Black Block où j'invite des invités, j'invite des gens considérés comme chiants, souvent, soit des militants, soit des politiques qui ne sont pas connus pour leur fun, je leur demande ce qui les fait marrer et inversement, j'invite des humoristes et je leur demande ce qui les politise et ce qui les intéresse dans l'actu.
Donc, j'essaie de faire dialoguer un petit peu tout ce monde-là et ça sera une fois par mois sur Mediapart. une sorte de podcast un peu filmé, une sorte de discussion,
on va dire. Eh bien, écoute, dans l'une des deux catégories, Théo est à ta disposition bien évidemment. C'est vrai,
dans l'une des deux ?
Parce qu'on dit
des gens qui ne sont pas marrants, tu penses à moi ? Non, peut-être qu'ils te cassent
parmi les humoristes. Je taquine. Et c'est le moment des remerciements. Oui, alors ils vont être très très courts ce coup-ci. C'est comme promis les deux derniers mois. Donc, ça va aller à un compte qui s'appelle Curiosité Juridique qui ont édité un livre d'ailleurs que j'espère chroniquer prochainement. Donc, c'est un compte qui va chercher des décisions juridiques assez marrantes. Ils sont géniaux. Ils sont absolument géniaux. Donc, je les salue avec chaleur. Il y a également Sophie de Saint-Étienne. Ce n'est pas la famille. Il y a Didier Brabant également de Twitter. Et alors, j'ai un spécial, un remerciement très spécial. C'est le dernier. Un remerciement très spécial.
J'ai eu une dame qui nous suit depuis très longtemps, qui est fan du média, qui est fan de l'œil de Moumou. Et qui s'appelle Pierrette. Elle est de Montmartre. Elle a 83 ans. Elle est juive. Elle défend la cause palestinienne. Elle est progressiste. Elle est insoumise à mort. Et en fait, ce qui est drôle, c'est qu'en fait, c'est après avoir raccroché que j'ai réalisé que j'avais en fait Pierrette Epstein, qui est une figure juive qui fait des podcasts assez régulièrement, qui a écrit beaucoup et qui est une femme donc juive progressiste bien connue des milieux. et donc je n'avais pas réalisé que c'était elle que j'avais au téléphone et donc je l'embrasse très, très tendrement.
J'espère la rencontrer physiquement très bientôt et vraiment, je suis extrêmement touché qu'elle nous suive avec autant d'entrain. Elle m'a même dit qu'elle a failli pleurer en m'ayant au téléphone parce qu'elle était émue et touchée. Donc, j'ai trouvé ça extraordinaire. Moi aussi, je suis au téléphone, je n'avais pas eu pleuré. Toi, tu as vraiment pleuré. Donc voilà, j'embrasse très chaleureusement. Je pense que le monteur ou la montée
va pleurer quand elle devra monter cette émission qui a beaucoup trop duré. Pardon. Merci Guillaume, merci Mourad et merci à vous d'avoir regardé L'œil de Moumou sur le Média, sur le canal 165 de la Freebox, sur YouTube ou sur notre site internet. Le Média, votre Média, on le rappelle, ne vit que des abonnements de soutien et des dons de celles et ceux qui le regardent et qui l'aiment. Alors si vous le pouvez, allez sur le média tv.fr et donnez-nous de la force, donnez-vous de la force. En tout cas, restez connectés aux médias.