L'invité de Bourdin Direct : Robert Ménard - 03/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:44OuverteRéponse directe
Vous doutez, Robert Ménard, qu'elle veuille être présidente de la République ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Vous voterez pour elle, vous le dites.
- 2:01OuverteRéponse directe
Vous allez faire la campagne de Marine Le Pen, vous le dites.
- 2:01OuverteRéponse directe
Vous êtes satisfait de voir qu'elle va chercher ailleurs que dans les cercles frontistes.
- 2:01FerméeRéponse partielle
Vous détestez son entourage, Robert ?
- 3:05RelanceRéponse directe
Mais lesquelles, par exemple ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51PrésentateurFait
« Non, j'ai douté parce qu'à un moment donné, quand tu tiens des propos qui ne sont pas réalistes, quand tu as une attitude sectaire et que tu ne veux discuter avec personne, tu te dis au fond, peut-être, ce parti, il n'a pas envie de gagner. »
- 8:42PrésentateurChiffre
« En 2019, il y a eu 270 000 immigrés. L'égo, on en a régularisé plus de 38. Ça fait 300 000 personnes. »
- 9:25PrésentateurFait
« Moi, je ne suis pas pour dire, je ne dirai jamais, on va avoir l'immigration zéro. C'est de la connerie. »
- 10:38PrésentateurPromesse
« Prenez un engagement. Celui qui arrivera en tête, vous le soutiendrez à droite. »
- 15:27PrésentateurChiffre
« Moi, j'ai diminué les effectifs de 10% depuis que je suis là de la mairie parce qu'il y avait un certain nombre de gens dont on n'avait pas besoin à la mairie. »
- 15:38PrésentateurFait
« L'absentéisme, merci M. Macron, merci d'avoir rétabli le fait, vous savez que dès que vous avez un jour d'absentéisme, vous perdez une journée de salaire. »
- 17:06PrésentateurFait
« Les mettre en prison. On a une grosse prison à Béziers. Elle est suroccupée. »
- 18:29PrésentateurPromesse
« Moi, je suis absolument mille fois pour l'accueil des réfugiés politiques. »
- 18:52PrésentateurChiffre
« Il y en a un peu plus de 50. Je parle de pays qui se réclament de l'islam comme religion d'État. »
Temps de parole
- Présentateur79 %
- Robert Ménard21 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez R.M.C.
Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité Robert Ménard, maire de Béziers, Robert Ménard, bonjour. Bonjour. Robert Ménard, vous écrivez à Marine Le Pen et en exclusivité ce matin, cette lettre sous forme de petit livre pour titre « Chère Marine, ce qu'elle doit faire pour gagner ». Alors je vous lis, Robert Ménard. « Nous n'avons pas toujours eu de bons rapports. Aujourd'hui, cela va mieux, nettement mieux. Je ne doute pas que tu veuilles l'emporter au printemps prochain. » Ça veut dire que vous doutiez ? Vous doutez, Robert Ménard, qu'elle veuille être présidente de la République ?
Non, j'ai douté parce qu'à un moment donné, quand tu tiens des propos qui ne sont pas réalistes, quand tu as une attitude sectaire et que tu ne veux discuter avec personne, tu te dis au fond, peut-être, ce parti, il n'a pas envie de gagner. Et là, je le vois, je discute avec elle, je déjeune avec elle. Honnêtement, je la trouve un plus ouverte aux autres, plus raisonnable. Vous savez, la droite ou la droite extrême ou l'extrême droite, ils ont eu souvent une espèce de romantisme de l'échec. Il fallait être pur, on ne compromet avec personne, on ne fait aucun compromis. Mais on perd, mais on perd régulièrement.
Moi, je n'en ai rien à foutre de faire 20% dans une élection, je veux juste en faire 51%. Et là, j'ai le sentiment, j'ai le sentiment, l'impression, c'est personnel, c'est pour ça que je lui écris, qu'elle a au moins compris que si on ne faisait pas un certain nombre de choses, on ne pouvait pas gagner. Le problème, c'est qu'il y a encore plein de choses à faire. Est-ce qu'elle sera capable de les faire ? Est-ce qu'on aura la volonté ?
Justement, on va en parler. Vous voterez pour elle, vous le dites. Absolument. Vous allez faire la campagne de Marine Le Pen, vous le dites. Vous êtes satisfait de voir qu'elle va chercher ailleurs que dans les cercles frontistes. Vous détestez son entourage, Robert ?
Non, je ne déteste pas. Mais alors, c'est qui ces cercles frontistes qui sont autour d'elle ? C'est ses copains depuis 20 ans. C'est facile de les critiquer parce que moi, je n'ai jamais été un de ses copains et tout ça. Parce que quand tu t'appelles Marine Le Pen, honnêtement, quand tu dois avoir 20 ans ou 30 ans, ça ne doit pas être facile. Vous avez de la politique, je parle, honnêtement, ça ne doit pas être facile. Donc, elle a des copains à elle qui l'accompagnent depuis des années. Elle a une famille omniprésente et tout ça. Et ces gens-là, certes, ils doivent la protéger, ils doivent la rassurer.
Mais le nombre de bêtises qu'ils disent, la culture, l'espèce de culture groupusculaire, si tu n'es pas avec nous, c'est que tu es en ennemi. Si tu ne te mets pas à plat ventre, c'est que tu es un obstacle. Tout ça, c'est un vrai problème pour elle. Alors, elle me dit, je vais prendre des distances avec le parti, puisque là, ils ont un congrès. Oui, dans quelques jours. Si tu prends la distance officiellement avec le parti et que tu as les mêmes types ou les mêmes filles autour de toi qui te disent les mêmes choses. Et je le dis dans ce petit livre. Moi, je les ai entendues dire tellement de bêtises. Mais lesquelles, par exemple ?
Moi, j'ai vu des conseillers à elle m'expliquer, avant les élections, alors je veux bien qu'on soit dans l'autosatisfaction, on va gagner des départements entiers. Moi, je lui disais, mais Marine, le mien, je le connais, le département. Non, jamais, il ne sera au rassemblement à cela, enfin, à part une révolution. Comment on peut se dire de bêtises pareilles ? Moi, j'ai entendu ces conseillers me dire, à la veille, c'était une situation pré-révolutionnaire. Je ne sais pas si vous voyez la folie. Mais même le vocabulaire est un vocabulaire qui est digne de l'extrême-gauche. Au fond, moi, je viens de l'extrême-gauche. Et c'est les mêmes. Ce sont les mêmes ? C'est les mêmes.
C'est exactement le même. Vous dites l'extrême-gauche et l'extrême-droite, ce sont les mêmes. C'est les mêmes réflexes. C'est le pire ennemi. Ce n'est pas le type que tu as en face de toi, quand tu es à l'extrême-droite, c'est la gauche. Non, c'est les gens qui sont le plus près de toi, mais il y a un iota de différence. Moi, j'ai été trotskiste, je me rappelle. On se déchirait pour trois mots de trotski. Je ne sais pas si tu vois, personne ne lit plus trotski. Ça n'avait aucun intérêt. L'extrême-droite ou la droite extrême, ou comme vous voulez, ils sont pareils. Ils ont des rancunes, des histoires. Moi, je ne suis pas dans leur histoire. Ils ont des histoires.
Ils se détestent, ils se sont trahis il y a 25 ans. Et donc, tu ne peux plus parler avec ce type-là. Il faut qu'elle cesse avec ça. Il faut qu'elle change sur l'entourage. Je lui ai dit qu'elle arrête avec les réflexes groupusculaires. Tu peux ne pas être d'accord avec le Rassemblement national et sans pour autant être un ennemi de tes idées. La question, au fond, qu'il faut qu'elle se pose, c'est comment les Français, mais vous le dites, on le voit en vous écoutant le matin, en gros, les idées que cette droite, que nous avons, elles sont souvent majoritaires, les gens qui vont vouloir poser la question. Et comment ça se fait qu'on continue à faire peur ? C'est ça, la vraie question.
C'est ça, comment ça se fait que les... Donc, dédiabolisation, c'est un...
Mais plus que ça. Je n'aime pas trop ce mot, d'ailleurs, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Mais bon, plus que ça. Je vais revenir au conseil que vous donnez, finalement. C'est un programme que vous esquissez dans ce petit livre, programme de Marine Le Pen. Mais je vais revenir pour vous parler d'Éric Zemmour. Pourquoi ? Parce que vous écrivez, j'ai longtemps soutenu la candidature d'Éric Zemmour. Au printemps, encore, vous souteniez encore la candidature d'Éric Zemmour. Mais qu'est-ce qui vous a fait changer, tout à coup ? Mais parce qu'on...
C'est quoi ? Parce qu'on a dit... Vous avez même dit, je ne le parrainerai pas. Parce que j'ai discuté avec Éric, parce qu'il y a un passage entre...
Vous l'avez poussé à être candidat, Robert Ménard. Est-ce que je peux répondre ?
Oui, mais allez-y. C'est ce qu'il dit. Mais il a raison. Honnêtement, d'abord, on continue à être amis, on se le dit et tout. On essaie de ne pas tout mélanger et tout ça. Moi, je pense que le passage entre polémiste et homme politique, entre je fais une émission de télé, vous en faites tous les matins, et être chef de l'État, pardon, Jean-Jacques Bourdin, ce n'est pas tout à fait la même chose. Et que ce passage-là, je ne crois pas qu'Éric, je peux me tromper, je ne crois pas qu'Éric soit capable de le faire ou le fasse. C'est ça que j'essaye de lui dire, sans me fâcher avec lui.
C'est l'extrême droite paranoïaque et poussiéreuse, Zemmour ?
Non. C'est un peu ce que vous écrivez, quand même. C'est des idéologues. Ce sont des idéologues. C'est-à-dire qu'à un moment donné, il y a des propos. Vous savez, moi, je peux tenir des propos ici, mais après, il faudra que j'en rende compte dans ma ville parce que j'ai des gens que je vois tous les jours. Quand ton métier, c'est de faire rien que des débats et tout, et que tu ne vois pas les gens, tu es un peu loin d'un certain nombre de choses. Moi, je l'ai dit, Éric, je lui ai dit un certain nombre de choses sur l'immigration, par exemple. Vous savez, moi, je ne suis pas de ceux qui sont tendres avec l'immigration.
Mais les propositions que fait Éric, je lui dis à Éric, c'est intenable, Éric, tu ne peux pas le dire aux gens qui viennent dans mon quartier où il y a aujourd'hui les deux tiers des gens qui sont d'origine immigrée. Je lui dis, tu ne peux pas leur dire, attends, tu vas choisir entre la nationalité française et l'islam. C'est juste impossible à dire. Ce n'est pas parce que tu es musulman que tu es un problème. Le problème, c'est quand tu es un islamiste. Ce n'est pas la même chose. Et tu ne vas pas dire, moi, j'ai des copains qui s'appellent Mohamed ou Noureddin, je ne vais pas leur dire...
Même devant ton conseil municipal.
Mais oui, bien sûr, je ne vais pas leur dire, ah oui, attends, ton prénom, c'est un problème. Même si tu t'appelais, si tu avais un prénom chrétien, ce serait mieux. Enfin, je n'arrive pas à le comprendre. C'est des approches idéologiques. Éric, il a un vrai talent. Il a un vrai talent où il est. Où il est. Qu'il y reste. Qu'il y reste. Et en plus, il divise. Il divise. Éric, je le lui ai dit. Tout ce que je vous dis là, je le lui ai dit. Éric, aujourd'hui, je lui dis, et je le lui ai dit, si tu continues, tu peux faire perdre ton camp. Or, ton camp, aujourd'hui, c'est plus Marine Le Pen que M. Macron. Il peut faire perdre Marine Le Pen, bien sûr. Marine Le Pen.
Elle peut ne pas arriver au second tour. C'est pour ça que je trouve qu'ils sont suicidaires. Et regardez, mais vous les avez vus. Enfin, je ne sais pas si c'était chez vous. Et puis, ils s'engueulent. Mais il sera bientôt chez moi, Éric Zemmour. Les secondes couteaux s'envoient des phrases. C'est ces phrases dont tu ne te relèves pas. Si je dis de vous, vous êtes un salaud, vous n'allez pas me le pardonner. Et oui, mais ils se disent les uns et les autres des choses. Il faut qu'ils arrêtent de se tirer dans les pattes l'un et l'autre. Moi, c'est ce que j'ai dit à Marine Le Pen et ce que je dis à Éric.
Vous croyez à l'installation d'une république islamique en France ?
Comme le dit Éric Zemmour ? Non. Dit comme ça, non.
C'est qu'un jour, nous pourrions vivre dans une république islamique, franchement.
Attendez, attendez. Aujourd'hui, je pense qu'avec les derniers chiffres, combien il y a eu d'immigration massivement de ces pays-là ? En 2019, il y a eu 270 000 immigrés. L'égo, on en a régularisé plus de 38. Ça fait 300 000 personnes. Honnêtement, la France, le mode de vie français, la façon dont on a de regarder les filles, la façon dont on a de vivre, tout ça, ça ne peut pas résister à une manifestation, une massification pareille de l'immigration. J'en suis intimement persuadé. Je pense que, par exemple, M.
Macron, quand il explique, en gros, qu'il va faire un peu attention à l'immigration et que la seule loi qu'il fait voter, c'est pour que le regroupement familial, il s'applique maintenant aux frères et aux sœurs, c'est un double langage insupportable. Alors, je fais attention à ce que je dis. Moi, je ne suis pas pour dire, je ne dirai jamais, on va avoir l'immigration zéro. C'est de la connerie. Ce n'est pas possible. Il faut qu'il y ait des étudiants qui viennent. Il y a des gens qu'il faut recevoir. Je ne parle pas des... Je vais revenir aux Afghans. Non, oui, je ne parle pas des réfugiés politiques qu'il faut toujours accueillir. Mais oui, il faut stopper.
Enfin, en gros, il faut la choisir, l'immigration.
Bon. Zemmour dit de Marine Le Pen, elle abandonne tout, elle trahit tout, elle se chiracise. C'est ce qu'il dit. Enfin, il faut que juste,
il aille dans la rue pour demander aux gens s'ils ont l'impression que Marine Le Pen, c'est la même chose que Macron ou que je ne sais pas, ou que Valérie Pécresse. Enfin, c'est du discours, ce n'est pas de la réalité. Alors, plutôt que de... Vous savez, au lieu de s'engoler tous les deux comme ça, moi, je leur ai dit, je leur dis, venez à Béziers. Moi, je suis copain avec vous deux. Vous leur faites la proposition. Moi, je suis un des rares qui parle avec les deux. Oui. Je suis un des rares qui a de bons rapports avec les deux. Je vous leur dis, vous arrêtez vos conneries. Vous venez chez moi. Vous venez à Béziers. C'est une ville qui aura du plaisir à vous accueillir les deux.
Et on discute. Et on arrête.
On dirait les républicains. Non, non, non, non. Ah bah non, mais d'accord.
Moi, je leur demande pas de... Je leur dis juste, arrêtez de vous disputer et surtout, surtout, prenez un engagement. Prenez un engagement. Celui qui arrivera en tête, vous le soutiendrez à droite. Attendez, moi j'attends. Aujourd'hui... À droite ? Oui, il faut... Mais attendez... Même Valérie Pécresse, par exemple ? Mais attendez, vous rigolez. Mais entre Valérie Pécresse et M. Macron, vous croyez que j'hésiterais à voter Valérie Pécresse ? Bien sûr que non. Mais moi, je suis un mec de droite. Je n'ai pas d'ennemi à droite. C'est pas ma tasse de thé, Valérie Pécresse. Xavier Bertrand, c'est pas ma tasse de thé. C'est pas le problème.
Mais entre eux, entre ceux qui disent, y compris sur l'immigration, et ce que fait, et ce que fait M. Macron, je n'hésite pas une seconde. Il faut arrêter de se tuer entre nous, de se disputer entre nous. Est-ce que vous croyez
que Marine Le Pen a vraiment envie d'être présidente de la République ? Oui, je crois qu'elle a changé, honnêtement. C'est un doute. C'est un doute qui s'est installé même auprès de ses électeurs. Je sais. Même auprès de ses électeurs,
Robert Ménard. Mais je sais. Mais vous croyez que je ne les vois pas, ses électeurs ? Vous les entendez ? Je les entends, je vois bien. Est-ce qu'il la croit encore ? Le succès d'Éric, c'est aussi ça. Le succès d'Éric, c'est aussi ça, qui monte dans les sondages et tout ça. Mais je crois qu'elle a changé, honnêtement. Attendez, moi, je ne suis pas c'est une bêtise. Elle a évolué. Aujourd'hui, elle est moins doctrinaire, plus ouverte.
Alors, dans votre livre, vous avez aussi des mots très durs contre ceux qui qualifient Emmanuel Macron de dictateur pour avoir fait voter par l'Assemblée nationale la mise en place d'un pass sanitaire. Je vous lis. Je vous lis. Et là, vous adressez toujours à Marine Le Pen. Tu t'es prononcé contre ce pass du bon sens parce que vous défendez le pass sanitaire au risque de te retrouver au coude à coude avec ce tiercé perdant de la démagogie et du racolage électoral Dupont-Aignan, Asselineau et Philippot, ces complotistes à deux balles.
Des complotistes à deux balles ? Des complotistes à deux balles. Je les connais les trois. Oui. Ces trois personnes intelligentes. Ce n'est pas des crétins abrutis. Ces trois personnes intelligentes. Ce qu'ils disent les uns et les autres sur la vaccination, sur le pass sanitaire, les excès de langage, sur la dictature, c'est de la démagogie à l'état pur. C'est ce que je déteste dans la politique. Je déteste la politique. Moi, je ne vous dirais que ce n'est pas parce que M. Macron dit une chose que je dis le contraire. Une partie de ce qu'il a dit sur Marseille, il a raison. Il a raison. Sur Marseille, il a raison d'ailleurs. Comment ? Ce qu'il a dit et ce qu'il fait, vous y croyez ?
Attendez, sur une partie. Attendez, moi, je ne suis pas un spécialiste de Marseille. Finissez sur les trois. On va revenir sur Marseille. On va revenir sur Marseille. On va revenir sur Marseille. de la démagogie et du racolage électoral. Bien sûr que c'est ça. Ils se disent. Qu'est-ce qu'ils se disent ? Ils se disent, il y a quelques voix à grappiller et on est prêt à le faire. Mais vous savez, toute la droite a fait comme ça. Regardez, quand Macron a annoncé le pass sanitaire, combien de temps les leaders de la droite ont mis pour réagir. Habitude, deux heures après, ils ont tous fait des réactions. Oui, ils disent ceci. Pourquoi ? C'est d'où vient le vent ?
Que vont dire les sondages avant de se dire on est pour ou on est contre ? Ce n'est pas ça la politique. Et je le dis dans cette... Marie, il faut arrêter avec cette politique qui consiste à vouloir... On se dit, ah mon électorat, il est comme ça. Moi, ce que je viens de vous dire là, c'est suicidaire politiquement pour moi. C'est suicidaire parce que l'électorat qui est le mien, une partie est en antipasse et quelques-uns, quelques-uns, même complotistes. Je m'en contrebalance. Je pense juste que si on veut gagner les élections, il faut parler franchement aux gens et leur dire quand on pense que c'est une bonne mesure, on dit que c'est une bonne mesure même si ça ne va pas dans votre sens.
Alors, Emmanuel Macron à Marseille, vous êtes maire, il serait venu à Béziers avec beaucoup d'argent. Vous auriez agi comme le maire de Marseille ? Je serais content. Vous seriez content de la même façon ? Parce que j'ai entendu les critiques, les remarques sur... Non mais attendez.
des anecdotes sur... Non mais attendez, je ne suis pas abruti complet. Moi, je l'invite tout de suite. Monsieur Macron, venez, même moins d'un milliard et demi, tout de suite. Allez, le dixième, allez, le dixième, m'irait très bien. Bien sûr, bien sûr qu'il a raison. Et la co-gestion,
finalement, la co-gestion état-ville, ça vous va ou vous trouvez que c'est un peu une ingérence difficilement supportable ? C'est un peu compliqué.
Moi, je suis très localiste et c'est vrai que je n'aime pas qu'on vienne me marcher sur les pieds. Mais en même temps, quand M. Macron dit qu'il y a des mairies, alors je ne parle pas spécialement de Marseille, honnêtement, ce n'est pas parce que je ne veux pas en parler, c'est parce que je ne connais pas assez. Mais attendez, moi je l'ai vu dans tout un tas de villes que je connais mieux, en réalité. Le clientélisme, les embauches invraisemblables, des taux d'absentéisme qu'on ne combat pas parce qu'on n'ose pas les combattre, bien sûr qu'il a raison là-dessus, bien sûr.
Il n'y a pas un maire qui, alors publiquement comme ça, devant vous ici, vous dire, c'est scandaleux ce qu'il dit, mais on en est tous là. Moi, j'ai diminué les effectifs de 10% depuis que je suis là de la mairie parce qu'il y avait un certain nombre de gens dont on n'avait pas besoin à la mairie. L'absentéisme, merci M. Macron, merci d'avoir rétabli le fait, vous savez que dès que vous avez un jour d'absentéisme, vous perdez une journée de salaire. Il a eu raison de le faire. Tous les maires étaient contents qu'il le fasse, tous les maires, même les maires de gauche. Mais le problème qui est insupportable, c'est toujours le même. Ce n'est pas parce que je dis ça que je vais voter M. Macron.
J'ai d'autres choses à critiquer. Mais là-dessus, il a raison. Sur les instits, il a raison aussi.
Un mot sur la sécurité, l'insécurité, le trafic de stupéfiants. Vous êtes maire d'une ville, Béziers, vous savez que dans votre ville, il y a aussi des trafics de stupéfiants. Vous connaissez les endroits. J'imagine. Vous allez dans le quartier de la Devese, par exemple, vous savez où... Je sais même la rue et au bas de quel immeuble. Et qu'est-ce que vous pouvez faire contre ça ? Mais d'abord,
je vous rappelle, et ça pour dire à quel point le discours est mensonger là de M. Macron. quand il dit la police peut aller n'importe où. La police municipale, chez moi, j'ai eu un sous-préfet, Dieu merci, c'est plus le même et c'est plus le même préfet, qui interdisait à ma police municipale d'aller, en l'occurrence, dans certains quartiers. Pourquoi ? Parce que, attendez, M. le maire, attendez, ça va, ça va. Tant qu'ils font ça, ils ne font pas autre chose. Non, on ne va pas à l'affrontement. Non, ça va poser... Mais vous y allez
à l'affrontement aujourd'hui ?
Écoutez, moi avec le...
Mais le trafic se poursuit.
Mais vous croyez que je ne le sais pas ? Je sais que vous le savez. Mais le problème, il n'est pas là. Le problème, il est que ces gens-là, il faut les mettre en prison, M. Bourdin. Les mettre en prison. On a une grosse prison à Béziers. Elle est suroccupée. M. Macron, il avait annoncé des places de prison tant qu'il n'y aura pas... Ce n'est pas un débat idéologique. Moi, je fais de procès à personne. Oui, j'en fais de temps en temps. Je ne vais pas déconner. Tant qu'il n'y a pas les places de prison pour mettre les petits délinquants et tant qu'il n'y aura pas des gens pour vous dire quand même, ça va, le dur, c'est tout. Vous savez très bien
que ça fait vivre des quartiers entiers. C'est pour ça qu'il faut les foutre en prison. C'est pour ça que les traficants, il faut les foutre en prison.
Vous êtes contre ? Vous rigolez. Vous avez-vous envie que vos enfants fument un joint ? Pourquoi ne pas considérer le cannabis comme le tabac et l'alcool ? Pourquoi ? Parce que ce n'est pas la même chose. Parce que ça pose des problèmes. L'alcool, ça pose des problèmes. Bien sûr que ça pose des problèmes. Ça tue plus. Oui, vous avez absolument raison. Mille fois raison de faire cette remarque. Aujourd'hui, dans le laxisme qu'on essaye de combattre, que même le chef de l'État dit vouloir combattre, aujourd'hui accepter de légaliser le trafic de drogue, c'est la porte ouverte à chacun qui fait ce qu'il veut.
Les Afghans, pour terminer, l'accueil des Afghans, vous accueilleriez des réfugiés afghans dans votre ville ? Moi, j'en accueille.
Vous en accueille ? Il y a un centre de demandeurs d'asile et vous savez que les Afghans, ils sont candidats. Moi, je suis absolument mille fois pour l'accueil des réfugiés politiques. Si la France ne faisait pas ça, elle se déshonorait. elle se renierait. Accueillir les gens, oui, mais une fois que vous apercevez que la personne n'est pas un vrai réfugié politique, n'est pas menacé pour ça, pardon, on le renvoie. C'est la loi qui le dit. Et ensuite, de façon annexe, combien il y a de pays musulmans dans le monde ? Il y en a un peu plus de 50. Je parle de pays qui se réclament de l'islam comme religion d'État. Il y en a combien qui ont dit qu'ils allaient accueillir des Afghans ?
Dites-moi, la Turquie accueille des centaines de milliers
de Syriens ?
Oui. Des centaines de milliers, même si l'on finance ? Même si c'est l'Union Européenne
qui finance ? Et les pays du Moyen-Orient, les donneurs de leçons perpétuelles, ils font quoi ? Ils font quoi ? Ils vous ont dit qu'on va accueillir un certain nombre d'Afghans ? Vous les avez entendus ?
Dites-moi, lorsque vous écoutez Éric Zemmour dire nous n'avons aucun devoir d'accueillir le moindre Afghans, ce sont des grands guerriers, s'ils ne sont pas contents du gouvernement afghan qu'ils le combattent, quant à ceux qui ont travaillé pour la France ? Ce ne sont pas les harkis, ils ne se sont pas battus pour la France, on ne les accueille pas.
Qu'est-ce que vous dites ? Il ne faut pas qu'ils disent ça. Éric, il ne faut pas dire ça. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. On ne peut pas dire ça. Des gens... Enfin, attendez, vous êtes plus jeunes que moi, mais vous vous rappelez le Vietnam. Vous vous rappelez le Vietnam, l'hélicoptère au-dessus de l'ambassade de l'US, la honte qui nous a prise avait abandonné les gens qui avaient aidé à lutter contre le communisme. On refait la même chose ? On doit avoir honte de ne pas recevoir ceux qui ont travaillé pour la France ? Bien sûr qu'ils ont leur place ici. Mais enfin, vous rigolez. Et ça, vous voyez, tout à l'heure, vous parliez d'une partie de la droite ou de la droite extrême.
Comment on peut dire des choses comme ça ? Moi, j'ai des convictions de droit. J'adore mon pays. J'ai plein de points communs avec Marine Le Pen ou Éric Zemmour. Jamais je dirais ça. Je dirais ça peut-être parce que 25 ans, je n'étais patron de Reporters Frontières et que vous ne le diriez pas en face, dans les yeux de quelqu'un. C'est ça qui compte. Vous savez, la règle de base, la règle morale, c'est quoi ? C'est pouvoir dire en face à quelqu'un ce que vous dites dans son dos. Dire à quelqu'un on ne doit pas accueillir telle ou telle personne et aller dire à une famille qui a été des gens qui ont aidé nos soldats. Vous le diriez, vous, dans les yeux, comme ça, comme je vous regarde.
Ah non, on ne vous accueille pas. Vous restez là-bas et vous allez vous faire tuer ou vous allez voir votre femme comment elle va vivre. C'est inacceptable. Il faut arrêter de dire des bêtises comme ça. Il faut prendre en compte le réel, la réalité et se dire qu'il faut faire du bon sens, du bon sens que Marine Le Pen, le reste de la droite, Éric Zemmour, il fasse preuve de bon sens, qu'il se parle et encore une fois, qu'il prenne l'engagement. Celui qui sera le premier, quel qu'il soit, des républicains, du rassemblement, c'est à l'ailleurs, il faut appeler à voter pour lui. Je suis derrière Marine Le Pen, j'appelle à voter pour Marine Le Pen.
Je suis devant Marine Le Pen, Marine Le Pen doit appeler à voter pour celui qui sera devant elle s'il y a quelqu'un devant elle à droite. C'est la règle de base, c'est le bon sens, tout le monde veut ça.
Bien, merci Robert Ménard d'être venu nous voir. Je rappelle le titre de votre livre, vous écrivez à Marine Le Pen et le titre, c'est « Chère Marine ». Il est 8h55, merci. Merci.
Robert Ménard