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interviewÉric Zemmour (sur YouTube)· 15 novembre 2021 35 minAutoproduit

Éric Zemmour en conférence à Bordeaux

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et merci pour cet accueil si chaleureux et je voudrais redire un mot à aux centaines de personnes qui n'ont pas pu rentrer, leur dire que vraiment je suis désolé, leur dire que la prochaine fois nous prendrons encore plus grand et nous serons encore plus nombreux. Mais quel plaisir, quel plaisir de vous voir si nombreux ici, quel plaisir d'être enfin à Bordeaux. Je vous avoue que je ne me lasse pas de me balader le nez au vent dans les rues de votre cité. J'y admire l'élégance des façades, la beauté des perspectives, l'équilibre harmonieux des places. Bordeaux est à mes yeux une des plus belles villes de France et pourtant la lutte est de haut vol.

Bordeaux incarne ce raffinement français des 17e, 18e siècle qui est pour moi le sommet de notre civilisation. Je vais vous faire une confidence, c'est le sommet de toute civilisation. Ce mélange unique de charme artistique et de rigueur géométrique, de féminin et de masculin, de créativité foisonnante et d'autorité de l'Etat, de Sud et de Nord, de désordre tout italien et de rigueur toute germanique. Même la laideur, et Dieu sait si les bâtiments modernes édifiés sous les mandats de Jacques Chabondelmas ne sont pas beaux. Mais même la laideur est une sorte d'hommage du vice à la vertu.

Comme si on avait posé ces cubes de béton sans grâce pour mieux mettre en valeur le sublime des façades de pierre qui trônent juste à côté. Oui, Bordeaux est pour moi une sorte de décor de théâtre où j'ai l'impression que vont venir à moi à tout moment, à ma rencontre, un Jean Racine, un Molière, un Voltaire ou son ami Madame Duchâtelet, pour une conversation raffinée sans être ennuyeuse sur la vie et la mort, l'homme et le destin des nations. Montesquieu, né à quelques kilomètres de là, écrivait lui-même que l'air, les raisins, les vins des bords de Garonne et l'humeur des Gascons sont d'excellents antidotes contre la mélancolie. Il avait ô combien raison.

Cette ville et toute cette région dégagent une douceur unique pour celui qui cherche le bonheur. Mais attention, la douceur n'est qu'apparente. L'Aquitaine est rebelle. Ici, on est farouchement indépendant depuis des siècles. C'est que la région n'est pas arrivée sans peine dans le royaume de France. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle a su se faire désirer. Tantôt ennemis, tantôt vassals, parfois alliés, toujours semblant hésitées entre l'Angleterre et la France, entre la mer et la terre, l'Aquitaine ne s'est pas livrée sans combat. Elle garde de cette époque cet esprit d'indépendance, cette fierté qui caractérise le sud-ouest que l'on aime.

Bordeaux et l'Aquitaine, c'est encore davantage que l'indépendance, c'est encore davantage que la rébellion. C'est l'appel du grand large, c'est l'esprit du commerce, du grand commerce, du commerce international, qui ajoute une touche de complexité supplémentaire à la culture de ce peuple de paysans que fut longtemps le peuple français. C'est l'esprit aussi des contre-pouvoirs, si utiles lorsque le pouvoir est trop fort.

C'est l'individu contre l'État, c'est la tolérance de Montaigne contre le fanatisme des guerres de religion, c'est l'équilibre des pouvoirs de Montesquieu contre la monarchie absolue, c'est la modération libérale des Girondins contre la fureur tyrannique et pré-totalitaire des Jacobins. Certains pourraient s'étonner de me voir faire l'éloge de ces vertus que, il est vrai, je n'ai pas l'habitude d'exalter. C'est que tout est question de moment et d'équilibre. Notre drame aujourd'hui n'est pas l'État trop fort, mais l'État trop faible. Il n'est pas dans les minorités persécutées par la majorité, mais au contraire dans la majorité tyrannisée par les minorités.

Notre drame n'est pas dans l'excès de protectionnisme qui étoufferait nos entreprises, mais dans les dérèglements d'un libre-échange devenu fou qui ravage nos industries et détruit nos emplois. Nous ne souffrons pas d'un manque d'indépendance de la justice, mais au contraire de juges qui bien souvent imposent leur vision du monde aux législateurs et ne se contentent plus d'être la bouche de la loi, mais ont la prétention de dire le droit au nom de leur idéologie. Alors, comme toujours dans notre histoire de France, Bordeaux est ambivalente et pétri de contradictions.

Bordeaux, c'est à la fois le patriotisme élégant d'un chabon d'Helmas, la technocratie rigoureuse d'un juppé et les charges ridicules des verts contre les sapins de Noël. Comment vous dire ce que je pense sans être impoli ? Disons que, à la mairie de Bordeaux, à la mairie de Bordeaux aussi, c'était mieux avant. Oui, l'Aquitaine ambivalente, l'Aquitaine pleine de contradictions, l'Aquitaine à la fois française et anglaise. D'ailleurs, elle a offert toutes ces contradictions dès le Moyen-Âge, en nous offrant l'une de ses plus fascinantes figures de notre histoire avec Aliénor d'Aquitaine.

Cette reine de France, devenue reine d'Angleterre, domine en effet tout le XIIe siècle par son intelligence et son courage. Un esprit farouche, ah oui certes, qui n'a pas eu besoin de la politique des quotas si chère aux féministes d'aujourd'hui pour exister. Un esprit fort, tenace et persévérant qui n'a jamais quitté les habitants de Guyenne et de Gascogne depuis des siècles. Vous voulez un conseil ? Conservez et préservez ce caractère si particulier, nous allons en avoir besoin. Cet esprit d'entreprendre, ce goût du risque et ce choix de l'audace si bordelais, si aquitains n'ont jamais été aussi nécessaires. Mais désormais, l'indépendance et la liberté coûtent très cher en France.

Je pense aujourd'hui en particulier aux artisans, aux entrepreneurs, aux chefs d'entreprise. Ceux qui se lèvent le matin avec la responsabilité de leur famille sur leurs épaules alors que les charges s'accumulent. Ceux qui pensent à leurs salariés et qui ne peuvent pas embaucher. Ceux qui voudraient transmettre leur entreprise à leurs enfants mais qui sont empêchés par la fiscalité. Ceux qui voudraient transmettre leur savoir-faire aux jeunes générations mais qui ne trouvent aucun apprenti motivé. La France de ceux qui ne se plaignent pas et ne cassent rien. La France au contraire de ceux qui réparent et qui bâtissent. Pourtant, ces Français sont totalement absents de l'agenda médiatique.

C'est simple, on ne parle jamais d'eux. Ils ne font jamais la une, on ne se préoccupe guère de leurs problèmes. Et pour cause, ils ne se plaignent jamais, ils travaillent en silence avec dignité et abnégation. Ces patrons de PME, de TPE, de TI, ces boulangers, ces bouchers, ces artisans, ces agriculteurs, tous ceux qui se lèvent tôt, se couchent tard et ne comptent pas leurs heures, sans eux, l'économie française serait à l'agonie. L'essentiel de la croissance, de la création d'emplois, de l'innovation est porté par ces petites et moyennes entreprises qui se démènent en silence pour faire vivre leur activité.

Oui, ils se démènent, car ils ne souffrent pas seulement de la concurrence, ils doivent aussi affronter une bureaucratie administrative et fiscale qui semble avoir parfois pour mission de couler à tout prix ceux qui travaillent dans ce pays. Incapable de faire régner l'ordre face à la racaille, l'État se rattrape en multipliant les complications inutiles. C'est sa manière à lui d'exister, en faisant pleuvoir une pluie de contraintes, d'interdictions, de réglementations. Cette prolifération de textes n'est pas une preuve de l'efficacité de la machine étatique, c'est même l'exact contraire. C'est parce que cette machine tourne à vide qu'elle est si bavarde.

On a oublié, oui, on a oublié depuis longtemps l'injonction de votre compatriote, de votre pays, Montesquieu, il ne faut toucher à la loi que d'une main tremblante. La furie réglementaire de l'administration n'est que l'autre face de son impuissance. L'État croit se renforcer en multipliant les règles. En réalité, il s'alourdit et perd toute capacité d'action. Mais pour nos chefs d'entreprise, cette inflation normative est dramatique. Comment obéir à une loi qu'on ne comprend plus et qu'on ne connaît plus ? La conséquence pratique et concrète de cette complicité, c'est le pouvoir de l'arbitraire.

On croise les droits, les doigts, pour être en règle et on fait tout pour rester dans les clous en attendant le moment fatidique où l'administration vous punira pour un minuscule détail. C'est cruel, c'est injuste et c'est contre-productif. Une injustice qui touche toujours les plus modestes. Les grandes entreprises, elles, ont les moyens d'employer tous les fiscalistes, les juristes, les spécialistes des relations avec l'administration. Mais vous, vous, vous ne pouvez pas, artisans, indépendants, dirigeants de PME, vous êtes seuls face à la marée des formulaires, au tsunami des normes sociales, des normes fiscales et les dernières, les normes environnementales.

Je le répète, la première chose à faire pour aider nos entreprises et tous ceux qui y travaillent, c'est de purger ce marécage de normes. C'est libérer l'économie, restaurer les fonctionnaires dans leur véritable service à la population et sortir les Français de cet enfer bureaucratique qui hante leur quotidien. Il faut, il faut donc créer un haut commissariat à la simplification administrative qui serait directement rattaché au président de la République. Son travail serait de revenir à un cadre clair, débarrassé des lourdeurs qui pèsent sur les ménages, sur l'entreprise et qui pèsent sur l'État lui-même.

La simplification des règles est une première étape indispensable, incontournable pour redonner de l'oxygène à nos entreprises. Elles doivent se concentrer sur leur métier, sur leur profit, leur rentabilité, sur la qualité de leurs produits. Seconde étape, aussi essentielle que la première, il faut baisser la fiscalité des entreprises. Oui, car les entreprises sont devenues la vache à lait d'un État nounou qui déverse ses bienfaits sociaux sur un tiers monde qui a élu domicile chez nous.

Il faut, il faut arrêter cette gabegie qui empoisonne le pays et se souvenir qu'à travers les entreprises, c'est toujours sur des Français qu'elles pèsent en dernier ressort, sur les salariés dont la paie est réduite, amputée, et sur des consommateurs qui voient les prix s'élever. La fiscalité des entreprises est d'autant plus injuste qu'elle pèse surtout sur les plus petits. En 2019, les PME payaient en moyenne 24% d'impôts sur leurs bénéfices, alors que les grandes entreprises, elles, n'en payaient que 18%. Il faut donc prendre des mesures radicales pour redonner de la liberté à ceux qui font tourner l'économie de ce pays.

Il faut relever le plafond du taux réduit de l'impôt sur les sociétés pour redonner des marges de manœuvre aux PME et TPE. Il faut continuer à baisser les impôts de production, cette fiscalité la plus bête du monde, que la France s'inflige toute seule et pénalise nos entreprises sans relation avec leurs bénéfices. Alléger la fiscalité aujourd'hui pour embaucher demain et conquérir de nouvelles parts de marché après-demain. Il faut retrouver une compétitivité au niveau de nos voisins européens qui permettent à nos entreprises de repartir à l'abordage du monde.

En France même, l'État doit prendre sa part de responsabilité et favoriser nos petites et moyennes entreprises par la commande publique, comme le font les États-Unis, la Chine ou même l'Allemagne. Encore aujourd'hui, en 2021, nous apprenons régulièrement que l'administration a passé commande auprès d'un groupe étranger. C'est absurde, c'est irresponsable. L'argent du contribuable doit privilégier en priorité nos entrepreneurs et nos travailleurs. L'État doit aussi encourager. Et quand je dis encourager, je veux dire contraindre. Nos grands groupes à changer leurs habitudes, à passer commande auprès de nos PME, de nos entreprises, comme le font les entreprises allemandes.

Tout ceci dans un but, permettre à nos entreprises d'investir, de se développer et surtout de se transmettre. Car en Italie ou en Allemagne, l'industrie est portée par une multitude d'entreprises familiales gérées de génération en génération, préservant ainsi le savoir-faire et les emplois enracinés dans leur territoire. En France, c'est quasiment impossible. La lourdeur des droits de transmission et la complexité du fameux pacte d'Utreil inventé pour réduire ces droits contraint souvent les héritiers à se séparer de l'affaire familiale quand celle-ci n'est pas purement et simplement cédée à un groupe étranger.

Après des décennies de sacrifices, de travail, de taxes, d'investissements et parfois d'innovations, nos entreprises se voient contraintes de se vendre aux plus offrants. Pour préserver notre tissu économique et notamment industriel, il faut donc exonérer de droits de donation la transmission d'une entreprise familiale. C'est une mesure certes radicale, mais elle est à la hauteur de l'urgence. Un dirigeant de PME et d'ETI sur trois est âgé aujourd'hui de plus de 60 ans. Ces dirigeants veulent maintenant transmettre le flambeau, confier le travail d'une vie, de leur vie, à une nouvelle génération. Aidons-le, aidons-les et aidons ceux qui veulent reprendre ces entreprises.

Il faut aider à prospérer pour aider à transmettre. C'est là le cœur de notre politique. C'est ce que nos adversaires n'ont jamais compris. Notre vision de l'économie n'est pas celle de la croissance pour la croissance de la société de consommation comme unique horizon d'un homo economicus, calculateur et déraciné, noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste, selon la célèbre formule de Karl Marx, agrippé à son pouvoir d'achat qui travaille pour consommer et consomme pour travailler.

Notre économie et nos entreprises, nos champions et nos PME, nos artisans et nos ETI, nos entrepreneurs et nos ingénieurs, nos ouvriers et nos salariés, nos indépendants et nos ingénieurs, tous, ils sont le levier de la puissance française. C'est le moteur, oui, tous, ils sont le moteur de la prospérité française. Ils sont le moyen de protéger les Français et de sauvegarder notre mode de vie et notre civilisation. Certains, certains prétendent que j'oppose la France aux Français. J'aimerais l'une et dédaînerais les autres. Ils se croient malins, ils se croient critiques, ils ne sont que flatteurs. Les mêmes ou leurs aînés, il y a 50 ans, reprochaient la même chose au général de Gaulle.

Je ferai donc la même réponse que notre grand homme. Les Français sont la France du moment. Leur dynamisme, leur ardeur au travail, leur découverte, leur succès font la prospérité des Français, mais aussi la puissance de la France. Ils permettent non seulement aux Français de vivre mieux, mais aussi à la France de parler haut. La guerre économique est une réalité aussi incontestable et aussi cruelle que la guerre de civilisation. Notre déclin économique entraîne notre appauvrissement, mais également notre déclassement dans le concert des nations. En quelques décennies, nous sommes passés de la première division des grandes nations à la deuxième. En Europe, l'Allemagne nous méprise.

Dans le monde, les nouveaux grands chinois et asiatiques nous toisent. La richesse nationale par habitant des Français était supérieure à celle des Allemands et des Américains en 1980. Elle est désormais inférieure de 15% à celle des Allemands et de plus de 30% des Américains. Même les anciens pays pauvres comme l'Espagne nous rattrapent. Je ne parle pas des Asiatiques qui les uns après les autres nous passent devant. Le travail est notre dignité car nous ne travaillons pas uniquement pour nous. Nous travaillons parce que nos anciens ont transmis leur savoir-faire, leurs techniques et parfois leurs propres entreprises.

Nous travaillons pour assurer à nos enfants et à nos petits-enfants un confort matériel, mais aussi une France puissante. Chacun à notre échelle, chacun à notre poste, nous participons de cette création et de cette transmission de richesses. Nous travaillons grâce aux Français d'avant et nous travaillons au service des Français de demain. Oui, nous travaillons pour préserver un art de vivre et un art de travailler, fait de petits commerces et de PME ingénieuses, d'artisans qui connaissent leur métier jusqu'au bout des ongles et d'ETI qui exportent le savoir-faire français jusqu'au bout du monde. Le compositeur autrichien Gustave Mahler avait ces mots magnifiques.

La tradition, c'est la transmission du feu et non l'adoration des cendres. Nous voulons transmettre à nos enfants un pays flamboyant, un pays vivant, un pays créateur, un pays innovant, car là est le génie français. Nous l'avons sans cesse prouvé depuis mille ans, que ce soit au temps des cathédrales ou au temps de l'industrie. Au tournant de la guerre perdue contre la Prusse en 1870, le monde entier pensait la France ruinée et est condamnée à jamais à rester une puissance moyenne qui regarde passer le train de l'histoire. Mais en quelques années, notre pays se relève, l'économie repart et l'ingéniosité française change le monde à jamais.

Médecine, automobile, aviation, cinéma, architecture, la France est partout. Georges Méliès, Pierre et Marie Curie, Louis Pasteur, Gustave Eiffel, les Français inventent tout. C'est la grande leçon de l'histoire. Comme au football, la France n'est jamais aussi brillante que lorsqu'elle est outsider, quand elle est dos au mur, quand elle a tout à perdre. Nous avons tout à perdre parce que nous avons une civilisation à transmettre. Et une civilisation ne tombe pas du ciel. Elle est le produit millénaire du génie et du travail d'un peuple qui sait sublimer comme personne, son savoir, ses ressources, son territoire. Ici, à Bordeaux et sa région, on cultive la vigne depuis 2000 ans.

Depuis deux millénaires, on sait que la civilisation, c'est l'appropriation victorieuse de la nature par l'homme. Par la sélection des espèces, l'apprentissage passion des variétés, par un travail méticuleux sur des générations, nous avons transformé, vous avez transformé, le raisin sauvage en ce breuvage miraculeux et digne des dieux, le vin. Le vin fruit de la vigne et du travail des hommes, comme on dit à la messe. Ce et, tout est dans ce et. La nature sans l'homme est une jungle. L'homme sans la nature n'est rien. C'est l'alliance des deux qui crée le monde dans lequel nous pouvons vivre.

C'est cela la civilisation, le trésor merveilleux accumulé par nos prédécesseurs et qu'il nous lègue. La civilisation, c'est la volonté de l'homme appliquée à la nature. C'est elle qui a façonné les paysages de France depuis des millénaires et qui a fait de notre pays le plus beau du monde. Français, Français, le devoir nous appelle. Le pays est à la croisée des chemins. Nous devons nous libérer d'une bureaucratie délirante qui nous empêche de travailler. Nous devons nous libérer d'une fiscalité écrasante qui nous accable. Nous devons nous émanciper du politiquement correct qui nous interdit de nommer le mal qui nous ronge.

N'oubliez jamais la sagesse d'un autre grand bordelais, l'ami de Montaigne, Étienne de la Boétie. Le tyran se défait tout seul, pourvu qu'on ne consente plus à la servitude. La servitude est toujours volontaire et les Français ont décidé d'être libres. libres de créer, libres de travailler, libres d'innover, libres d'inventer, libres de dénoncer les envahisseurs qui nous menacent, libres de combattre ceux qui nous agressent, nous violent et nous tuent, libres de se battre pour retrouver leur pays, libres de lutter contre ceux qui veulent nous faire disparaître. Il y a quelques jours, François Hollande est venu témoigner au procès des attentats du 13 novembre.

Étrangement, oui, étrangement, nos médias n'ont pas retenu l'une de ces déclarations. J'ouvre les guillemets. Nous savions, dit-il, que dans les flux de réfugiés, il y avait des terroristes. Mais nous ne savions ni où, ni quand, ni comment ils allaient nous frapper. François Hollande, François Hollande a le don des phrases qui disent tout et qui prouvent à la fois sa lucidité et son impuissance. Vous vous souvenez que dans un livre, il y a quelques années, il avait dit à deux journalistes en parlant de l'immigration, tout cela finira par une partition. Et là, il recommence. Il savait, eh oui, il savait qu'il y aurait des terroristes. Il savait, mais il n'a rien fait.

Le pouvoir était au courant du danger et il a préféré que des Français meurent plutôt que d'empêcher des migrants de venir en France. A l'époque, nous avions alerté sur ce risque. La presse de gauche nous avait ri au nez. J'aurais préféré avoir tort. Voilà six ans que les visages de centaines de victimes hantent nos vies. nos ennemis pensaient avoir mis la France à genoux. Ils ont cru y arriver. Ils ont vu ces journalistes trouver des excuses aux assassins. Ils ont vu ces bobos allumer des bougies dans les rues. En réalité, ce que nos ennemis ne savaient pas, c'est qu'ils ont réveillé une France qui, de toute son histoire, n'a jamais baissé les yeux.

une France aussi redoutable qu'implacable. La France des poilus de 14 dont nous avons célébré hier la glorieuse victoire et qui ont lutté pied à pied dans la boue, au milieu des obus et des mitrailleuses allemandes, avec une détermination farouche et tranquille, sans haine mais sans faiblesse, qui leur faisait simplement crier « on les aura ». Oui, nous sommes cette France. Le combat pour notre survie ne fait que commencer. Il sera long, il sera éprouvant, il sera douloureux, mais nous gagnerons car à la fin, la France gagne toujours.

Maintenant, mes amis, je vous demanderai de respecter une minute de silence pour nos compatriotes tombés sous les balles il y a six ans, pour dire aux victimes que nous ne les oublions pas et pour dire aux coupables et à leurs complices que nous ne les lâcherons pas. Merci à vous. Merci à vous. Merci pour les victimes. Merci pour leur famille, leurs proches. Merci pour tous les Français qui, comme je vous l'ai dit, n'oublieront pas ce massacre indigne. Pour tous les Français qui n'oublieront pas non plus les coupables et leurs complices et le châtiment juste que nous leur réservons. Car oui, car oui, la France n'a pas dit son dernier mot. Les Français n'ont pas dit leur dernier mot.

Je vous remercie. Merci à vous. Merci. Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada