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interviewEurope 1· 13 juin 2025 13 min

Meurtre d'une surveillante à Nogent : «Les couteaux sont le symptôme, pas le problème», juge Fr

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Et je suis toujours avec François Xavier Benami, avec George Fenc et avec Philippe Guibert, François Xavier Benami qui a accepté de rester un petit peu plus longtemps. François Xavier Benami juste cette question, nous en parlions effectivement de cette idée pour les adolescents les empêcher d'acheter des couteaux avant 15 ans. C'est une proposition qui a été faite cette semaine en marge de ce drame épouvantable de nos gens.

Al moi je je l'ai dit tout de suite, les couteaux dans cette affaire sont le symptôme, ils ne sont pas le problème et on ne va pas réussir à lutter contre la violence qui monte en interdisant les couteaux. La vérité, c'est que les couteaux sont un symptôme parce qu'aujourd'hui, il y a un nombre improbable d'adolescents qui se déplacent maintenant avec sur eux un couteau. Ça n'était pas le cas quand j'étais moi-même collégien.

Et et cette épidémie de couteau est bien le signe euh d'une forme de de brutalisation de la société et notamment de violence qui monte chez les jeunes. C'est un signe extrêmement inquiétant. Mais encore une fois euh on s'attaque pas à la grippe en essayant euh seulement de résoudre la fièvre.

C'est c'est la cause qu'il faut traiter. Et la cause, vous le disiez à l'instant, le plus glaçant dans dans cet épisode, c'est ce qui semble être la réaction de cet adolescent qui ne montrerait aucun regret, aucune compréhension de la gravité de ce qu'il a commis. La cause, c'est d'abord cet effondrement intérieur.

C'est ce délitement intérieur. C'est l'absence de tout repère commun, de toute compréhension de ce qu'est la vie humaine, de ce qu'est la valeur de la vie humaine. Et cela euh je n'ai pas peur de le dire, c'est encore une fois le résultat d'un échec collectif immense qui est un échec éducatif.

Il faudra bien sûr des réponses sur le plan de la sécurité. et Bruno Retaillot, ministre de l'intérieur a annoncé avec beaucoup de euh de de de rapidité à quel point il était nécessaire d'apporter une réponse sécuritaire à cette dérive. Il faudra des réponses pénales, il faudra une reconstruction de la chaîne pénale bien sûr, mais à la fin, on ne sortira pas de cette spirale de la violence uniquement avec des policiers, des gendarmes, des magistrats.

On en sortira d'abord en reconstruisant l'éducation, en reconstruisant l'école. la santé mentale aussi quand même un sujet l'effondrement de la santé mentale est aussi un symptôme de l'effondrement de l'éducation aujourd'hui. Euh euh combien de jeunes lisent encore le le temps qu'ils passe à créer à former leur relation avec le monde est infiniment plus consacré à des vidéos de 10 secondes qui tournent sur TikTok et sur les réseaux sociaux et qui leur présentent d'ailleurs l'omni l'omni l'omniprésence de cette de cette violence.

J'ai organisé, écoutez, il y a 10 jours au Parlement européen un colloque sur avec des familles qui ont euh porté plainte contre les réseaux sociaux pour la vie de leurs enfants qui avaient été détruites. On a invité dans ce colloque des des euh une avocate, une psychiatre, des gens qui venaient de tous les horizons pour dire la gravité de ce qui se joue. La santé mentale, la crise immense que nous vivons aujourd'hui pour la santé mentale des jeunes, elle ne vient pas de nulle part.

Ça n'est pas une épidémie inexplicable. Elle vient de ce que la relation de nos jeunes avec le monde ne se construit plus par l'école, par l'éducation, par l'apprentissage, par la culture, par la connaissance, par l'émerveillement, par la distance que permet la fréquentation des livres, des textes. Tout ce qui a fait ce monde dans lequel nous avons grandi, elle se fait maintenant par cette succession d'images extrêmement violentes qui détruisent mais mais sociaux c'est mais évidemment et là encore je le dis depuis très longtemps, c'est pour ça que je me sens en colère, c'est que ça fait très longtemps qu'on le dit.

Tellement de gens, tellement de professeurs de tout bord politique d'ailleurs l'ont dit depuis très longtemps. Aujourd'hui, il faut rendre une enfance aux enfants et si on en arrive là aujourd'hui, c'est parce que nous avons failli dans notre tâche fondamentale qui est celle d'éduquer la génération qui vient. disait je permets juste cette citation anne disait le le travail de de l'éducation répond à cette interrogation profonde.

On se demande toujours quel monde laisserons-nous à nos enfants mais la vraie question de l'éducation c'est quels enfants laisserons-nous à notre monde et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui nous devons nous interroger à nouveau sur notre responsabilité. Vous avez raison François, c'est très intéressant ça fcè des instructions cette on était faré et moi je je n'arrive pas à la comprendre et vous avez des explication François Xavier Bami. Je pense que les auditeurs de rep la solution c'est pas le couteau.

C'est qui ces jeunes ? François Xavier l'a très bien dit c'est pas le couteau. D'ailleurs, je signale que celui qui a tué cette pauvre Mélanie, il a pris le cuisine bien sûr dans sa famille hein.

Donc voulait mettre des scellé sur toutes les cuisines de France. Non c'est pas ça la solution. solution, c'est qu'enfin la solution, notre jeunesse, c'est un défi majeur pour notre société, n'est-ce pas ?

C'est c'est les jeunes d'aujourd'hui qui feront la France de demain. Euh, on a laissé filer l'autorité, on a laissé filer l'éducation et aujourd'hui on en paye les conséquences. On a vécu depuis l'ordonnance de 1945 à la Prerre où il fallait effectivement sauver ses orphelins de guerre.

Le la culture d'exus est née à ce moment-là. sur le primat de l'éducatif. Tout misait sur l'éducatif et on a oublié la sanction, on a oublié le répressif.

Oui, c'était mal. Moi, je crois que aujourd'hui et quand on a réformé cette cette grande dame, cette vieille dame qui avait 70 ans et en en 2021 avec madame Biloubé, au lieu de s'adapter à notre période moderne, on a fait tout le contraire. On a fait une réforme à contresens historique et qui plusait sans débat à l'Assemblée nationale.

Oui, c'est vrai. Ça a été pris par ordonnance. Oui, raison.

Alors, c'est le grand défi majeur notre société. On n pas fait un grand débat qui serait mérité. Donc, je moi je je pense qu'il faut abandonner.

Moi, pour ma part, j'abandonne l'histoire du primat éducatif. Je dis stop avec le primat éducatif. C'est il faut peut-être repenser l'éducation.

Non, non, non. Je dis stop. Ah ah ah.

Je dis qu'on met à égalité, j'ai le droit de le dire. Ah oui, l'éducatif mais la sanction. Et j'ajoute la sanction est éminemment éducative, voyez-vous.

J'ai quand même une certaine expérience en tant qu'enseignage d'instruction des mineurs. Je peux vous dire que 8 jours en prison, ça calmait le petit voyou et on le revoyait plus pendant très longtemps. Sauf que aujourd'hui, voyez-vous, par une forme d'idéologie d'erreur, c'est une grande erreur d'avoir pensé comme ça, mais ces erreursl on ne veut pas les reconnaître.

Il y a pas d'examen de conscience. S'il y avait un examen de conscience, on se contenterait pas de dire il faut interdire les couteaux. On dirait il faut tout de suite arrêter la loi biloubé, il faut tout de suite réformer tout ça.

Il faut repartir sur de nouvelles bases. Pourquoi il se passe pas ce genre de choses dans les pays du Maghreb ? Pourquoi il se passe pas ce genre de choses ailleurs ?

Moi, j'ai visité des boutem par exemple à Chike. Vous allez voir les jeunes comment ils sont dans ces prisons-là. Vous allez voir comment ils ressortent hein.

La plupart s'engage dans l'armée. Allez voir ce qui se passe au Pays-Bas et courte peine d'emprisonnement. On a tout arrêté. d'accord avec ça le jeune si celui qui a tué et qui avait un bon profil pourtant il est quand même dans un contexte général d'impunité générale voyez-vous et donc ça désinhible ça ça aurait ça aurait pu le dader ah ben moi je pense que il est pas tombé il est pas tombé comme ça du ciel ce jeune hein il est le fruit le résultat d'une société qui a produit ce genre de chos vous êtes d'accord avec l'analyse de George Fenac je partage totalement cette analyse.

La vérité c'est que effectivement la violence a toujours existé, elle existera toujours et c'est toujours le travail d'une société de réussir à la faire reculer. Mais la manière dont elle se généralise aujourd'hui dans toute une génération, cette espèce de sentiment que la vie humaine n'a pas de valeur, qu'elle n'a pas de sens, cette capacité de de euh vous l'avez dit de de de brutalité, de sauvagerie inouie, on pense au nombre de coups de couteau que cette surveillante a reçu. Il faut vraiment euh c'est de la rage, c'est c'est c'est quelque chose qui qui dépasse l'entendement.

Ça ça ne peut prospérer que sur un ter. J'invite tous les auditeurs à faire cette expérience toute simple et malheureusement terrible. Tapez violence école dans un moteur de recherche et mettez durée de recherche moins d'un mois.

Vous verrez que tous les jours, ça remonte pas dans l'actualité, mais la presse quotidienne régionale tous les jours se fait l'écho de situation de violence extrêmement grave dans les établissements scolaires, souvent d'ailleurs contre des professeurs et et c'est cela qui finit par engendrer des des actes d'une d'une telle d'une telle brutalité. Et donc moi, je suis totalement d'accord avec ce que disait George Fenc à l'instant. Les pays qui ont réussi à handiguer cela en Europe, pas besoin d'aller chercher loin, prenez les pays bas font l'inverse de nous.

La sanction est éducative. À l'inverse, l'absence de sanction et ce qu'il y a de plus entier éducatif qui soit. Et aujourd'hui, c'est le psychiatre Maurice Berger qui le dit d'une manière très claire.

Aujourd'hui, en France, pour aller en prison, il faut déjà avoir récidivé plusieurs fois. Dans l'état actuel de notre système pénal, c'est quand on a déjà commis plusieurs délits graves qu'on finit un jour par aller effectivement en prison. Et donc ceux qui vont en prison se sont déjà installés dans une culture de la violence.

Et c'est pour ça que la prison effectivement ne prévient pas la résidive parce qu'elle arrive trop tard. Les Pays-Bas, ils ont fait quoi ? Ils ont construit des places de prison de manière extrêmement ambitieuse.

Ça c'est ce que malheureusement les gouvernements passés n'ont pas fait. Ils ont construit des places de prison pour pouvoir incarcérer pour des courtes peines, parfois des très courtes peines, des peines de de quelques jours parfois. Mais quand vous êtes encore à la première fois que vous commettez un délit, vous n'êtes pas encore installé dans une vie de délinquence, et bien vous êtes brutalement rappelé à la réalité par le fait en le choc de l'incarcération.

Ça ne vous désinsère pas parce que c'est souvent l'objection qu'on fait à la prison. On va quand même pas mettre quelqu'un en prison, il a un travail, rendez-vous compte si on le mettrement en prison, il va perdre son boulot. Voilà, on va quelques jours en prison, on se rend compte de la gravité de ce qu'on a fait et du coup on peut au moins remettre sa vie sur de mourailles.

C'est c'est déjà raconté l'anecdote que j'ai vécu. Je veux pas la raconter à nouveau. Laquelle Jeanch vous en avez raconté tellement oui.

Non mais écoutez, je je je me promenais sur les quê de sa face à mon palais de justice où j'ai exercé et j'entends derrière moi le soir l'été, j'entends derrière moi monsieur le juge, vous êtes bien le juge Fenc. Alors je me retourne un peu sur mes gardes, je vois un type une quarantaine d'années de type maghrébin qui me dit merci monsieur le juge. Je dis de quoi ?

Il dit, "Vous en souvenez pas mais moi je m'en souviens. À 16 ans, vous m'avez mis un mois en prison. Ce jour-là, j'ai compris monsieur le juge, c'est vous qui m'avez arrêté.

Je suis marié, j'ai père de trois enfants et je travaille. Merci monsieur juge. Et il est parti." Non mais excellent.

Ça c'est c'est merveilleux comme témoignage ça. C'est un merveilleux témoignage. Et ce que dit Moï Merg, il donne des tas d'exemples comme ça.

Ils ont fait des enquêtes que les mineurs qui le choc de l'incarcération, ils comprennent. Si vous leur dites surc surc avec mise à l'épreuve stage ceci, ils repartent chez eux mais on fait rien, on me fait rien. Ils deviennent des caïdes, vous comprenez ?

Alors je sais bien que ça froisse la sensibilité de d'une certaine doxa comme on dit de gauche depuis bas d'interre. Pas de prison, la prison c'est mauvais, il faut arrêter la prison. Alors vous imaginez pour les mineurs, voilà le résultat me permettre, il y avait une diminution historique de la violence, la reprise de la violence dans notre société, on le revoit dans les stats, hein, c'est il y a une quinzaine d'années, une vingtaine d'années, une quinzaine d'années.

Euh ouais. Vous êtes d'accord avec cette datation ? Et et donc c'est depuis 15 ans qu'on qu'on se trompe, c'estàdire qu'on n pas pris la mesure du retour de la violence qu'on constate chez les jeunes mais qu'on constate dans tout, qu'on dans les tentatives d'homicide, dans les même dans les homicides aujourd'hui dans les coûts et blessures volontaires où ça remonte depuis une quinzaine d'années.

Voilà. Donc notre erreur c'est depuis une quinzaine d'années. Voulez me dire quoi ?

Ben, je veux vous dire que c'est simplement que la politique qui avait été mise en place dans les années 80, elle correspondait à une société qui se la violence diminuait. Donc euh il faut simplement comprendre pourquoi la violence est revenue. Et effectivement, il y a un problème d'éducation. la politique qui a été mise en place dans les années 80 parce que ces politiques elles ont des effets à moyen et long terme pas c'est la politique pénale qui essentiellement trois choses les pes planché les la construction de place de prison et les tribunaux correctionnels pour mineurs de 16 à 18 ans.

Quand madame Tobira est arrivée, elle a fait trois choses en premier. Elle a supprimé les peines planchées, elle a supprimé les tribunaux correctionnels pour mineurs et elle a mis au tiroir les peines de prison. Comment voulez-vous que ça marche ?

Bon, François Xavier B si un jour effectivement vous arrivez euh aux manettes d'une manière ou d'une autre et ce sera ce sera des points que faudra remettre à plat. Mais mais bien sûr, évidemment, c'est c'est une urgence absolue et je le redis, il y a la question pénale, il y a la question euh sécuritaire, mais il y a la question euh fondamentale, je crois, sera aussi la reconstruction et même peut-être et probablement d'abord la reconstruction de de l'école. Euh je je je pense que c'est la la priorité vale pour l'avenir du pays sur tous les plans.

Vous avez refusé de devenir ministre de l'éducation à un moment donné. Non non, on vous a pas fait cette proposition dans les gouvernements euh au moment du gouvernement de Michel Barnier ou au moment du gouvernement de Non non non, je je Vous êtes sûr ? J'en suis sûr.

Ce serait ce serait ce serait d'cun trouverait élégant de de de raconter qu'on leur a proposé et qu'ils ont refusé. Mais très simplement je je je ne ce pas ce n'était pas cette fois si mauvaise information. Ce sera pas se ce sera pas seulement la tâche d'un ministre, ce sera la tage de tout un pays de reconçoit à l'éducation.

Bien sûr. Merci infiniment François Xavam Benami d'être venu ce soir dans le studio de repas et merci d'avoir accepté de rester plus longtemps. Il est 20h44, vous êtes sur sur Europe 1, le journal permanent.

Oui, le journal permanent tout de suite sur

Meurtre d'une surveillante à Nogent : «Les couteaux sont le symptôme, pas le problème», juge Fr — François-Xavier Bellamy · Pourquijevote