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InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 11 mai 2024 42 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsEnvironnement & énergieSantéEurope & international

Morgan GRIFFOND : Maire SE (Sans Etiquette) de Saint-Pierre-la-Palud

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 72 %Attaque 8 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    On pourrait vous recevoir à plusieurs titres, mais vous êtes notamment le maire de Saint-Pierre-la-Palud.

  • 1:05OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a fait changer ou quitter Renaissance ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça ne vous manque pas trop, cette connexion avec les sphères du pouvoir ?

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une chance ou un handicap d'être le plus jeune dans cet univers politique ?

  • 4:16OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous, comme élu, si vous étiez confronté à ce type de problème, est-ce que ça vous semble une bonne manière d'agir ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que ça ne raconte pas aussi, quelque part, peut-être la difficulté de votre fonction et de votre mandat ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51Invité politiqueFait
    « Dans les partis, non. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « J'assume complètement le fait d'avoir géré le parti en marche du temps où d'ailleurs le nom existait encore. »
  • 1:43Invité politiqueFait
    « L'ambition au départ d'En Marche, qui était de mettre toutes les personnes de bonne volonté de gauche, de droite, autour de la table, était ni plus ni moins que ce qui marchait déjà dans les communes depuis très longtemps. »
  • 2:12Invité politiqueFait
    « Je considère que les mandats locaux, qui sont ceux qui m'intéressent, en revanche, ne nécessitent pas forcément d'avoir une étiquette politique. »
  • 3:17Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire qu'en fait, être le plus jeune, ça permet d'attirer l'attention. »
  • 3:55Invité politiqueFait
    « Et puis, en voir le côté positif des choses, c'est-à-dire, parfois, d'avoir accès à des choses qu'on n'aurait pas eues sans avoir cette étiquette-là et cette jeunesse. »
  • 8:46Invité politiqueFait
    « C'est un métier, non. »
  • 8:52Invité politiqueFait
    « On a des indemnités, donc ça nous rend indemnes. »
  • 12:24Invité politiqueFait
    « Exploitant agricole, vu qu'en fait, je travaille sur la valorisation de cycles biologiques. »
  • 13:41Invité politiqueFait
    « Alors, moi, j'avais un petit côté romantique durant mes années lycées. »
  • 14:09Invité politiqueFait
    « Le discours à la jeunesse de Jean Jaurès, d'ailleurs. Je l'adore depuis toujours. »
  • 14:36Invité politiqueFait
    « Je fais pas mal pour l'écologie en tant que maire, c'est-à-dire aussi bien pour les pollinisateurs sauvages, pour la transition énergétique, vu qu'on s'est largement doté en panneaux photovoltaïques. »
  • 15:23Invité politiqueFait
    « Faire de l'écologie sans les exploitants agricoles, considérant le fait que 80% du territoire français est détenu par des agriculteurs, ne pouvait pas faire des choses sur l'écologie. »
  • 30:00Invité politiqueFait
    « beaucoup de choses ont été transférées à l'échelle européenne »
  • 30:10Invité politiqueFait
    « on peut faire à l'échelle locale un projet alimentaire territorial »
  • 32:01Invité politiqueFait
    « je vous garantis que vous n'allez presque rien trouver sur la parcelle agricole pour autant on va dire que c'est une zone naturelle »
  • 33:39Invité politiqueFait
    « des erreurs ont été faites qu'à un moment donné il faut savoir les assumer »
  • 34:03Invité politiqueFait
    « vous devez assumer des résultats qui sont un peu décevants »
  • 34:27Invité politiqueFait
    « à partir du moment où on le voit monter on doit s'interroger lucidement sur les causes »
  • 35:42Invité politiqueFait
    « la question se pose aussi des héritiers et de l'héritage de Gérard Collomb »
  • 35:57Invité politiqueFait
    « il a eu beau me challenger sur certains sujets et essayer de me demander où étaient mes ambitions »
  • 36:05Invité politiqueFait
    « des échanges sur les notions de progrès sur le Saint-Simonien »

Temps de parole

  • Invité politique69 %
  • Présentateur29 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission, l'invité politique, le samedi d'11h à midi sur Lyon Première. Avec vous, Morgane Griffon, bonjour. Bonjour. Alors, on pourrait vous recevoir à plusieurs titres, mais vous êtes notamment le maire de Saint-Pierre-la-Palue. Vous allez nous parler un petit peu de votre commune. Vous êtes aussi conseiller départemental et d'ailleurs vice-président en charge des questions de santé, qui sont des vrais enjeux aujourd'hui.

Vous avez été, pendant un certain nombre d'années, le correspondant départemental de Renaissance. Vous ne l'êtes plus. Est-ce que vous êtes toujours en marche, Renaissance, ou aujourd'hui sans étiquette ?

0:46
Invité politique

Alors aujourd'hui, bonjour, maire de Saint-Pierre-la-Palue, c'est certain. Dans les partis, non. J'assume complètement le fait d'avoir géré le parti en marche du temps où d'ailleurs le nom existait encore. Là, aujourd'hui, j'ai été élu sans étiquette et aux dernières élections départementales.

1:05
Présentateur

Qu'est-ce qui vous a fait changer ou quitter ? Je ne sais pas si vous avez quitté d'ailleurs Renaissance, mais ne plus être le correspondant officiel. Est-ce que c'était parce que vous aviez fait le tour ? Est-ce que parce que vous avez souhaité évoluer ? Est-ce que c'était parce que c'était plus utile ? C'était quoi l'idée d'un coup ? Parce que ça va généralement dans l'autre sens, les gens qui ont une fonction un peu importante, ils essaient de la garder, de la conserver, et vous ? Non, vous en êtes parti.

1:24
Invité politique

Dans ma construction personnelle, je pense que c'était quelque chose qui m'a toujours intéressé, voir un peu ce qui pouvait se passer dans les arcanes des partis. J'en garde d'ailleurs beaucoup de souvenirs, parce que j'ai eu la chance d'avoir ce rôle-là pendant les élections métropolitaines et municipales, donc avec des élus que vous connaissez bien, donc un passé assez riche. L'ambition au départ d'En Marche, qui était de mettre toutes les personnes de bonne volonté de gauche, de droite, autour de la table, était ni plus ni moins que ce qui marchait déjà dans les communes depuis très longtemps. Donc on pouvait y aller avec, on va dire, beaucoup de facilité, c'est ce que j'ai fait.

Après, quand les acronymes commencent à changer, qu'on rebat les cartes entre les partis, que tout ça devient beaucoup plus politique, au sens où les gens l'entendent, c'est-à-dire vraiment des jeux d'appareils, on ne soit pas forcément intéressé. Je considère que les mandats locaux, qui sont ceux qui m'intéressent, en revanche, ne nécessitent pas forcément d'avoir une étiquette politique. C'est d'ailleurs ce que j'ai montré durant les élections départementales en étant élu avec ma binôme sans étiquette, donc finalement, on s'en passe plutôt facile.

2:29
Présentateur

Et ça ne vous manque pas trop, cette connexion avec les sphères du pouvoir ?

2:32
Invité politique

Les connexions, les amitiés. Alors, mon amitié en politique est toujours quelque chose à manier avec beaucoup de prudence. Ça ne me manque pas parce que j'ai toujours des liens avec tout le monde et que finalement, j'ai peut-être un tout petit peu plus de liberté de parole ne devant mon mandat finalement qu'à mes électeurs. Finalement, les choses sont très simples comme ça.

2:52
Présentateur

Alors, on vous voit dans le paysage, dans l'écosystème politique depuis un petit moment, malgré votre jeune âge. Je ne sais pas si c'est une chance ou un handicap d'être presque le plus jeune maire de France en 2014 à votre premier mandat. Vous êtes aujourd'hui, je crois, le plus jeune conseiller départemental. Est-ce que c'est une chance ou un handicap d'être le plus jeune dans cet univers politique ?

3:13
Invité politique

De toute façon, quand on a un mandat, c'est une éternelle ambivalence. C'est-à-dire qu'en fait, être le plus jeune, ça permet d'attirer l'attention. Alors, attirer l'attention aussi sur les sujets de son village, les sujets qu'on défend. Donc, d'un point de vue purement stratégique, ça peut être intéressant d'être le plus jeune. Après, être résumé à ça, c'est toujours un peu douloureux. Mais on sert un peu de caution peut-être, parfois, jeune, entre guillemets ? Parfois, oui, c'est sûr, comme peut l'être, parfois, un représentant de certains syndicats agricoles. Enfin, on sert un tout petit peu, parfois, de totem.

C'est pour ça que, bon, c'est important d'avoir ces idées, de continuer à les faire vivre et puis de ne pas être résumé à ça. Il y a un côté un peu bête de foire, au départ, quand on vous dit que ça, bon, il faut savoir surmonter. Et puis, en voir le côté positif des choses, c'est-à-dire, parfois, d'avoir accès à des choses qu'on n'aurait pas eues sans avoir cette étiquette-là et cette jeunesse. Donc, il faut savoir manier les avantages et les inconvénients, comme toujours.

4:08
Présentateur

Alors, on commence souvent par une question d'actualité qui peut être un peu éloignée de votre commune. Et en même temps, c'est au maire que je m'adresse, parce que moi, c'est une question que je me pose souvent. J'ai vu récemment, la fois, le maire de Rieux, notamment, qui, face aux problématiques réelles, sans doute, d'insécurité, d'événements un peu problématiques qui se passent, notamment avec les jeunes, avait souhaité de nouveau remettre sur la table, parce que ce n'est pas la première fois, le fait, peut-être, de geler les aides aux familles des jeunes délinquants qui avaient commis des actes d'incivilité, de, peut-être, ne pas renouveler les problématiques de logements sociaux.

Est-ce que vous, comme élu, comme maire, si vous étiez confronté à ce type de problème, j'imagine que ce n'est pas les mêmes questions de sécurité chez vous, mais est-ce que ça vous semble une bonne manière d'agir, ou une bonne manière de réagir sur ces questions qui sont complexes, quand même ?

4:53
Invité politique

Réagir en politique, c'est rarement bon, et encore une fois, vous me verrez utiliser ce mot politique, c'est là, au sens, entre guillemets, noble du terme, c'est-à-dire vraiment la vie de la cité. Être en réaction, c'est montrer surtout qu'on n'a pas été capable de prévoir quelque chose. Finalement, ce n'est jamais très bien de mettre le doigt dessus, il faut tout simplement essayer de trouver les solutions avec les gens. Je ne connais pas bien Alexandre Vincendez, je le connais comme maire. Là, ce que vous me dites m'interpelle plus, à la limite, du point de vue d'un parlementaire, parce qu'effectivement, on peut toujours proposer des lois.

5:24
Présentateur

C'est avec Julien Prati et lui, parce qu'il est resté, et c'est d'ailleurs un peu étonné, Alexandre Vincendez, il est resté plutôt conseil municipal que conseil. Mais Rieux, ils sont souvent ensemble dans leurs décisions, dans leurs choix.

5:39
Invité politique

Oui, parce que je pense qu'il était bien apprécié comme maire, les élections d'ailleurs, et les résultats l'ont montré. Après, au niveau de mes missions au département, on voit qu'il est souvent question de la dignité des gens. Donc là, on est dans un phénomène assez proche. Il faut y aller avec beaucoup de nuances, avec l'envie vraiment de comprendre certains rouages qui se mettent en place dans la société par des choix d'urbanisme, par des choix autour des politiques du travail.

Après, être uniquement, j'ai envie de dire, pour utiliser un langage sanitaire, dans le curatif et dans la réaction, je ne suis pas sûr que ce soit forcément porteur, sachant que les problèmes s'exportent d'une commune à une autre. Quand on est maire, on sait surtout qu'il y a des communes autour. Bon, porter des politiques locales avec des choix aussi marqués, c'est nécessairement ignorer l'écosystème qu'il y a autour. Donc, dans une ambition métropolitaine ou nationale, je considère que vraiment, on balaye éventuellement. En tout cas, on a peut-être l'impression de balayer le bas de sa porte. Mais il ne faut pas oublier qu'on est un pays, une région, un département.

Donc, je pars du principe que c'est en tant que législateur qu'il a peut-être des choses à proposer.

6:45
Présentateur

Mais est-ce que ça ne raconte pas aussi, quelque part, peut-être la difficulté de votre fonction et de votre mandat ? C'est-à-dire que le maire, aujourd'hui, on dit souvent que c'est toujours le plus apprécié des élus, mais qu'il est en même temps de moins en moins respecté. Il y a beaucoup d'actes d'insifitorité en général. Et parfois aussi, peut-être une forme d'impuissance, c'est-à-dire que sur des sujets aussi complexes que ceux-là, on se doute bien que ce n'est pas que la solution. Est-ce que ça ne raconte pas aussi un peu parfois l'impuissance qui est la vôtre ou la frustration de ne pas pouvoir régler les vrais problèmes ou les vrais sujets ?

Ça vous arrive, ça, d'être traversé par ces états d'âme ?

7:19
Invité politique

Oui. Et ce que vous dites est important, il faut être juste traversé. Est-ce qu'il y a des sujets qui nous touchent ? Oui. Est-ce qu'on a l'impression parfois que certaines choses nous échappent dans le pays ? Oui. Et je pense qu'avec l'arrivée des réseaux sociaux et les enjeux autour du numérique, ça ne va pas s'arranger. Pour autant, on est, comme on le dit souvent, à portée d'engueulade, ce qui permet de garder toujours prise avec la réalité. Et puis, finalement, souvent, il est question de projet. Après, ce qu'il faut, et c'est pour ça que ce que je vous disais tout à l'heure est important dans le rôle du maire ou du législateur.

Alors moi, je suis plutôt ouvert sans avoir eu envie de le faire. Je trouve que le cumul du mandat n'était pas mauvais. Franchement, maire et parlementaire, c'est tout simplement pouvoir raconter la vie des gens en local à Paris. Donc, c'est souvent d'ailleurs une chose que les gens reprochent, c'est la déconnexion. Donc, c'est vrai contre la déconnexion.

8:10
Présentateur

Sans me faire l'avocat du diable, mais c'est vrai que c'était aussi parfois un sujet. C'est-à-dire qu'effectivement, on a pu reprocher, y compris à la majorité en marche, d'avoir beaucoup d'élus un peu hors sol ou qui n'avaient pas été élus locaux, ce qui complexifiait leur lecture des territoires. Et en même temps, on n'est pas obligé d'être maire et parlementaire. Est-ce que ça ne suffirait pas parfois d'avoir un mandat de parlementaire et peut-être juste d'être conseil municipal ? C'est là où le débat se pose sur aussi la question peut-être du renouvellement.

Par exemple, si je vous demandais, est-ce que vous, vous considérez que votre mandat, c'est comme un métier aujourd'hui ou c'est quoi ? C'est un engagement à sacerdoce ?

8:43
Invité politique

C'est un métier, non. Et d'ailleurs, aussi bien de manière fiscale, il ne faut pas le voir comme ça. On a des indemnités, donc ça nous rend indemnes. C'est-à-dire que je ne considère rien devoir à la société, que la société ne me doit rien. C'est simplement quelque chose sur lequel on va parce qu'on est passionné par certains sujets. Moi, je suis passionné par beaucoup de sujets. Être maire, pour moi, est quelque chose de toujours précieux dans la construction de nos idées parce qu'on n'a pas d'autre choix que de regarder la réalité en face. Et donc, on peut derrière avoir l'ambition de pouvoir en parler, en tout cas de par les exemples qu'on a pu avoir dans son village.

Et tous les villages sont un peu différents. Et c'est la somme de tous ces exemples en local qui permettent aux parlementaires de faire de bonnes ou de mauvaises lois. Parce qu'une loi doit être nécessairement consentie par la population si on veut qu'elle puisse avoir de la durée et surtout un impact. Il ne suffit pas de l'imaginer entre deux cabinets et entre deux ministères. Donc, le lien entre l'élu local et la vie politique nationale est indispensable.

9:46
Présentateur

Oui, indispensable. Mais du coup, c'est aussi comme ça. Peut-être que vous, vous considérez le fait que vous avez plusieurs mandats qui sont différents, complémentaires à l'interco dans votre commune ou département. Est-ce que ça sert, en fait ? Est-ce qu'on est plus efficace ? Peut-être qu'on a plus de moyens, plus de connexions pour faire avancer les sujets auxquels on tient ?

10:03
Invité politique

Clairement, quand on est élu maire, qu'on est en même temps vice-président de sa communauté de communes. D'ailleurs, c'est le même mandat. On est élu par les mêmes électeurs en une fois. Et également, ensuite, dans une autre élection au conseiller départemental, c'est clair que les enjeux structurants, les gros projets de mobilité, les grands projets autour du sport, autour même de la transition énergétique, vous les portez beaucoup plus facilement. De toute façon, l'organisation institutionnelle de notre pays est pensée par circuit descendant. Donc, si vous êtes capable de porter le courrier d'un bureau à un autre, forcément, les choses vont plus vite.

10:36
Présentateur

Eh bien, on va découvrir tout ça dans vos différentes fonctions, dans une deuxième partie de notre émission. Et on partira notamment à la découverte de votre commune. A tout de suite. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi, toujours sur Lyon 1ère et toujours avec vous, Morgane Griffon. Je rappelle que vous êtes maire de Saint-Pierre-la-Pelue, vice-président du conseil départemental en charge des questions de santé. On parlait de la politique avec la fonction, avec ce que ça permet. Comment elle est arrivée, cette fonction de maire ? C'est-à-dire, plutôt, comment vous vous êtes engagé dans la vie publique ?

Parce que vous êtes né à Villeurbanne, un enfant du deuxième arrondissement. Vous connaissez très bien Lyon. D'ailleurs, vous nous parlerez certainement tout à l'heure un peu de ce qui s'y passe. Comment est-ce que tout d'un coup, on arrive à Saint-Pierre-la-Pelue et on devient maire en 2014 en vrai ? Par une vie qui ressemble certainement à plein d'autres

11:26
Invité politique

et puis quelques petites originalités qu'on a tous dans nos vies. C'est vrai que j'ai grandi, vous l'avez dit, entre Perrach et Gerland à une époque où il n'est pas forcément évident d'aller pêcher le silure ou le cendre au bout de la confluence. Beaucoup de choses qui existent aujourd'hui n'existaient pas. La Darce n'existait pas. La Darce n'existait pas. C'est pour ça qu'en période de crue, c'était assez difficile de pêcher le cendre. Blague à part, je me retrouve dans un exode rural en suivant l'activité professionnelle des parents. Moi, passionné d'animaux, je suis ravi d'avoir un jardin et de pouvoir faire épanouir cette passion.

C'est un peu le deal caché, je pense aussi, de la famille. Du coup, d'une activité purement de loisir, on commence à devenir passionné. Mais ça commence à prendre des formes un peu professionnelles, en filigrane de ça, des études très classiques de droit et de biologie.

12:13
Présentateur

Ce que je n'ai pas dit tout à l'heure, parce qu'on parlait de votre engagement et de votre mandat, c'est que vous avez une activité professionnelle qui est, comment on vous définit ? Vous êtes exploitant agricole, en fait.

12:23
Invité politique

Exploitant agricole, vu qu'en fait, je travaille sur la valorisation de cycles biologiques. Alors, avec une activité agricole assez traditionnelle, mais une activité assez originale, c'est celle dont on parle le plus souvent, qui est l'élevage d'espèces d'animaux non domestiques. Donc, je vous l'avais dit, dans un cadre réglementaire français très compliqué, ce qui est très bien, et avec des relations avec des parcs zoologiques et autres. Donc, quelque chose qui, pour un passionné comme moi, est absolument génial.

12:49
Présentateur

Vous avez réussi à faire de votre passion

12:50
Invité politique

une activité professionnelle, en fait ? C'est ça. Et puis, bon, ça se couple bien avec la fonction d'élu, parce que quand il fait très, très chaud sur l'exploitation, on va en mairie. Et puis, quand il fait très, très froid, pareil. Et comment on en vient à la politique ? Là, en l'occurrence, politique locale, encore une fois. Parce que, comme tout le monde, j'ai posé des permis de construire, des autorisations préalables de travaux, et que j'ai rencontré l'ancien maire comme ça, qui a trouvé certainement que mon profil était intéressant, et m'a proposé de faire partie de l'aventure municipale. Et ainsi, à commencer à s'excrire.

13:20
Présentateur

Quel regard vous aviez ? Parce que souvent, je reçois des élus qui avaient un engagement soit associatif fort, soit déjà dans un parti politique. Quel regard portiez-vous sur les hommes et les femmes politiques ? Est-ce que vous disiez, c'est utile, c'est important ? Ou est-ce que déjà... Vous voyez, est-ce que quand on est jeune à 20 ans et qu'on commence à s'engager, est-ce qu'on a un regard particulier sur ce que c'est que le monde public ?

13:41
Invité politique

Alors, moi, j'avais un petit côté romantique durant mes années lycées. Donc, on avait toujours un petit côté à les voir très décevant, un peu passé dans leur discours. Pour autant, assez passionnant et le sentiment de se dire que, de toute façon, ils étaient absolument indispensables à toute forme de démocratie. Après, ils disent des choses sur lesquelles on est plus ou moins d'accord. Après, j'ai toujours été relativement passionné par certains discours qui ont marqué l'histoire de notre pays. Le discours à la jeunesse de Jean Jaurès, d'ailleurs. Je l'adore depuis toujours. Donc, toujours une ambivalence un peu entre défis et admiration, finalement.

14:18
Présentateur

Alors, je disais que... Et on l'a compris, vous étiez passionné par la nature, par les animaux. Si on caricature, vous auriez très bien pu vous engager et être écologiste. Est-ce que vous êtes d'ailleurs écologiste, plus écologiste que les écologistes ? Comment vous définissez votre rapport

14:32
Invité politique

à l'écologie aujourd'hui, du coup ? Alors, sans aucune forme de compétition. Je fais pas mal pour l'écologie en tant que maire, c'est-à-dire aussi bien pour les pollinisateurs sauvages, pour la transition énergétique, vu qu'on s'est largement doté en panneaux photovoltaïques, qu'on a un conseil municipal des jeunes qui a son propre budget. Enfin, tous les marqueurs des grands cercles qu'on vous sort souvent et qui sont les éléments constitutifs du développement durable. Après, moi, j'ai toujours été un peu gêné par un parti écologiste, parce que ce serait un peu comme dire qu'il y a un parti sur l'économie.

Je trouve qu'il y a un côté présomptueux, assez vertigineux d'ailleurs, pour les gens qui revendiquent ce statut d'élu écologiste. Je pars du principe que chacun doit faire, parce que de toute façon, une écologie qui ne fait pas 80% d'adhésion, c'est pas une écologie qui peut se porter à l'échelle nationale. Par exemple, faire de l'écologie sans les exploitants agricoles, considérant le fait que 80% du territoire français est détenu par des agriculteurs, ne pouvait pas faire des choses sur l'écologie. Après, pour autant, ça ne m'empêche pas d'être d'accord avec Bruno Bernard quand il dit des choses intelligentes et à l'inverse, parfois, de regretter qu'on puisse être dans la posture.

Par exemple, j'ai l'exemple du frelon asiatique. Je considère que quand on fait beaucoup d'efforts pour réactiver l'écosystème naturel au sein d'une métropole, ne pas aller totalement dans la lutte contre le frelon asiatique, qui est une espèce exogène et qui consomme 80% des pollinisateurs sauvages autochtones, bon, on est dans le paradoxe total et dans la posture. Alors du coup,

16:05
Présentateur

pour juste tirer ce fil-là, parce que c'est aussi un peu ce que me racontent un certain nombre d'élus que je reçois qui me disent qu'ils n'ont pas attendu les écologistes pour s'occuper et de leur territoire et de leur environnement et le protéger, etc. Qu'est-ce qui, selon vous, explique l'échec, entre guillemets, de l'écologie politique ? Pour le coup, on l'a vu au niveau national. Alors, il y a quelques villes qui ont basculé, mais est-ce que c'est vraiment une nécessité ou est-ce que ça ne devrait pas être un peu plus réparti, y compris dans tous les partis, entre guillemets ?

16:34
Invité politique

De toute manière, votre diagnostic est forcément bon. Quand on regarde la situation du pays, bon, aujourd'hui, ce qui ressort dans les principales préoccupations, c'est le pouvoir d'achat, ensuite l'accès à la santé, ensuite la sécurité. Parce qu'il y a une relation immédiate aux choses. La relation à l'écologie est quelque chose qui se bâtit sur le temps long, avec des vraies politiques publiques, sur l'énergie, sur l'alimentation. C'est bien qu'il existe des militants écologistes. À l'échelle politique, vous avez vu que j'y trouve du bon et quand même parfois des choses à regretter, mais ça mérite d'aiguillonner.

Par contre, encore une fois, on habite une planète qui, à un moment donné, la molécule d'eau qu'on a dans notre corps a été dans trois êtres vivants avant, qui étaient vraisemblablement sur d'autres continents. On a beau avoir les meilleures politiques à l'échelle française, si vous ne rectifiez pas certaines problématiques dans le bassin du Congo et dans le bassin indien, notamment avec le lien avec les glaciers, je parle là-dessus, je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que l'exemple est plutôt parlant, bon, vous ne réglerez pas le problème de la viabilité pour l'homme de la Terre. Parce que la Terre se passera très bien de nous.

Si l'humanité survivra, on ne fait pas face à nos responsabilités.

17:48
Présentateur

Les individus, ce n'est pas sûr. Alors, quand on est maire d'une commune comme la vôtre, à peu près 3 000 habitants, comment s'appellent les habitants de Saint-Pierre-la-Pelude ? Les Saint-Pierroises et les Saint-Pierrois. Tout simple. Parfois plus compliqué. C'est quoi votre quotidien ? C'est quoi le rôle d'un maire dans une commune qui est quoi ? Alors, qui est rurale, qui est semi-rurale, qui est à la frontière un petit peu peut-être

18:07
Invité politique

de deux univers ? Moi, j'ai théorisé ça modestement. C'est la zone de rencontre entre l'ère métropolitaine et l'ère départementale au sens du nouveau Rhône. D'ailleurs, il faut vraiment déjà se dire que nos citoyens, pour des raisons de famille, de travail ou de loisirs aussi, font, quoi qu'il en soit, la navette entre les deux horizons. C'est pour ça qu'il est très important que ces deux horizons se parlent. Mon quotidien en tant que maire, c'est vraiment ne pas savoir ce qui va se passer le lendemain et être capable de vivre avec ça, voire même la nuit.

Donc, c'est avoir un côté un peu couteau suisse quand il le faut, avoir certains cap clairs avec son équipe municipale, tenir un programme, parce que là, pour le coup, si vous ne le faites pas, les gens, ça vous vous trouvez. Et c'est l'ensemble de toutes ces choses qui font la beauté du mandat.

18:57
Présentateur

Est-ce que vous diriez, comme un certain nombre, peut-être aussi d'autres collègues que j'entends souvent à l'Association des maires de France ou avec les maires ruraux, disent que c'est à la fois de plus en plus difficile, qu'il y a souvent moins de moyens, de plus en plus de normes et de complexités. En fait, cette fonction, elle devient moins joyeuse ou moins facile ou moins évidente au quotidien, ce qui explique d'ailleurs qu'il y a des dizaines et des dizaines de maires qui, tous les mois, démissionnent, ce qui pose aussi peut-être des questions pour l'avenir.

19:24
Invité politique

Trois choses hyper importantes dans ce que vous dites. Bon, la première des choses, c'est l'avancée normative et réglementaire qui fait les beaux jours de certains cabinets de conseil parce qu'on nourrit la complexité de nos systèmes. C'est pour ça que je vous disais le consentement au droit, c'est-à-dire tout droit qui ne s'incarne pas, qui ne se visualise pas par l'administré, ce sera un droit qui sera inconnu. L'adage nul n'est censé ignorer la loi. Aujourd'hui, personne, d'à peu près honnête, entre les uns et les autres, ne peut dire qu'il connaît l'intégralité du droit français.

Donc, oui, on est dans un pays qui se complexifie trop avec certainement des structures de l'État, certains services qui sont très forts, de l'État qui ne parle plus aussi bien entre eux, les préfets étant pourtant, en théorie, et je m'entends très bien avec eux, je leur trouve beaucoup de mérite, la zone de rencontre entre la société, les élus et les services de l'État, ça commence à devenir assez compliqué pour les élus. Après, les autres aspects que vous avez dit, il y a une insécurité. Il y a, dans la société, c'est clair, une évolution de l'agressivité que moi, je fais quand même monter en parallèle des réseaux sociaux et de certains clannos débrunés.

20:33
Présentateur

Les formes d'anonymat, d'individualisme, etc.

20:36
Invité politique

qui font qu'aujourd'hui, le contrat social a volé en éclats ou a été oublié et fait que les rapports humains sont de plus en plus violents. Après, il ne faut pas résumer la vie à ça non plus. Il y a sûrement des villes dans lesquelles c'est plus difficile que d'autres. Moi, je sais apprécier le fait que je suis encore dans un habitat préservé et qui fait en sorte de continuer à l'être.

20:57
Présentateur

Avec aussi une certaine, comment dirais-je, approche. C'est-à-dire que quand on discutait pour préparer cette émission, vous me disiez que oui, c'est difficile, oui, il y a moins de moyens et moins de ressources, mais en même temps, il ne faut pas rester là à attendre que la subvention arrive. Il faut aussi être dans une approche des ressources de votre collectivité. Comment vous mettez ça en œuvre localement ?

21:19
Invité politique

C'est pour ça qu'il faut s'affranchir parfois des logiques de parti parce que je suis tenant parfois de certaines volontés de nationaliser certaines choses. C'est ce qu'on a toujours fait avec les syndicats, d'ailleurs entre les communes, pour administrer la ressource en eau, pour administrer l'éclairage public et que parfois, il faut que les pouvoirs publics, c'est-à-dire la chose publique, la République, préemptent des sujets, se donnent les moyens d'agir, parfois avec des moyens supérieurs aux enjeux privés. C'est ce qui permet de protéger les gens.

Et à l'échelle plus modeste de la collectivité, moi je trouve que certains outils comme les sociétés publiques locales, les sociétés d'économie mixte, je ne rentre pas dans le détail, mais permettent d'administrer des biens publics et donc de faire entrer des ressources. L'exemple, c'est la toute petite commune qui va administrer son domaine skiable en se dotant de cette entité de droit privé qui est une société d'économie mixte et qui va permettre de faire rentrer dans le budget municipal des ressources qui, à un moment donné, n'ont aucun intérêt à être mis entre les mains du privé.

Et ça permet de diversifier les ressources de fonctionnement des communes et de ne pas attendre simplement tout de l'État. Donc il faut savoir être imaginatif, internaliser des services aussi pour faire des travaux en régie avec des fonctionnaires parce que franchement, un fonctionnaire au travail, c'est quelque chose d'extrêmement rentable pour la collectivité. Il faut arrêter cette espèce aussi de vision pessimiste du fonctionnaire. Franchement, des fonctionnaires formés, c'est quelque chose qui est vecteur de beaucoup d'économies dans l'entretien des bâtiments, dans le rapport aux associations et puis ça nous permet d'être en réaction immédiate.

C'est-à-dire quelqu'un qui dit j'ai de la neige devant chez moi, si vous avez des fonctionnaires avec du bon matériel, une heure après, vous n'avez plus de neige.

22:58
Présentateur

Alors parmi les sujets sur lesquels vous êtes à la fois réactif et engagé, vous l'avez évoqué, c'est une des principales préoccupations aujourd'hui des Français, c'est l'accès aux soins. C'est d'ailleurs tous les enjeux qui font du vieillissement à la maladie, à la fin de vie, à comment est-ce qu'on trouve un médecin, comment est-ce qu'on a un médecin traitant. Et on a l'impression que c'est un peu sans fin, c'est-à-dire qu'on voit bien qu'il n'y aura pas assez de médecins qui ne vont pas aller partout que la population vieillit. Comment est-ce qu'on s'empare de ces sujets, notamment dans le cadre de votre délégation au niveau du département, par exemple ?

23:28
Invité politique

En essayant modestement de se départir déjà de toutes les postures, en disant c'était mieux avant. Il faut simplement essayer de caractériser un certain nombre de choses et avoir quelques certitudes. Déjà, pas confondre les rôles. Je ne suis pas médecin de la même façon que les médecins n'ont pas réponse à tout en termes de politique publique et commencer à poser les choses sur des bases de respect. On voit de toute façon évoluer des conjonctures. C'est-à-dire qu'un médecin de campagne, un médecin de ville, parce qu'il a certaines ambitions de vie personnelle, fait moins d'heures que le médecin il y a 30 ans.

Parce que le médecin il y a 30 ans avait une autre organisation de sa vie personnelle. C'est un fait. Considérer aussi le fait que les gens vont de plus en plus chez le médecin, et c'est tant mieux. Et considérer qu'on a également cassé chez une partie de notre population, et c'est un regret pour moi, cet aspect médecin de famille. C'est-à-dire un médecin qui va au-delà simplement du traitement de la pathologie et qui va s'intéresser aux antécédents familiaux parce qu'il connaît la grand-mère, il connaissait le papi quand il était là.

Et il connaît aussi l'endroit où vous évoluez parce que certaines choses, certaines pathologies dont on souffre sont parfois le fruit du milieu dans lequel on vit. Et remettre dans la médecine à la fois sa noblesse, mais à la fois aussi les vrais chiffres. Parce qu'on a tous l'impression d'attendre chez le médecin. Forcer de constater que quand même, si vous voulez un rendez-vous médical, vous pouvez l'avoir. Après, est-ce que c'est un rendez-vous de qualité pour autant ? Qualité au sens médecin de famille, ce que je vous disais ? Pas nécessairement. C'est pour ça qu'il faut vraiment... C'est difficile aussi d'accéder aux spécialistes par exemple dans un certain nombre d'endroits ?

Oui, parce qu'à un moment donné, l'exercice a fait qu'il y a eu une répartition. Je vous parlais d'urbanisme tout à l'heure, qui a fait qu'on concentre des pôles. Sauf que si ces pôles ne sont pas pleinement accessibles aux différentes personnes qui sont parfois dans des situations de vulnérabilité, c'est pour ça qu'il ne faut pas tout attendre non plus des transports collectifs. Quand on est malade, prendre une heure le bus depuis le Beaujolais Vert pour se rendre chez son spécialiste qui est dans l'air métropolitaine, c'est facile à imaginer pour des gens qui ne sont pas malades. C'est beaucoup plus difficile à vivre quand on est souffrant de polypathologie.

25:37
Présentateur

Alors, l'émission nous amène à être déjà à la fin de notre deuxième partie parce qu'on a été plus désert et plus bavard, mais on reviendra sur ces sujets et sur ces questions notamment du désert médical et de savoir si par exemple les maisons médicales sont une réponse appropriée et on parle de tout ça puis des élections européennes et de l'avenir pour les municipales dans une troisième partie de notre émission. A tout de suite. Avec plaisir. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère.

Toujours avec vous, Morgane Griffon, je rappelle que vous êtes maire de Saint-Pierre-Lapalue et vice-président du conseil déportemental en charge des questions de santé. On était justement en train d'en parler et ce qui m'intéressait c'était qu'à un moment lorsqu'il y a un désert médical, c'est-à-dire que lorsque les populations sont confrontées à un manque, une des réponses possibles du maire c'est d'essayer de construire une maison médicale ce qui crée des problématiques de concurrence entre les territoires et tout le monde va après se battre pour essayer de trouver les médecins qui manqueraient.

Est-ce que justement ce n'est pas à l'échelle départementale que ça doit se gérer ce type de répartition des ressources et des besoins ?

26:38
Invité politique

Et on essaye en lien avec l'association des maires de France donc je suis intervenu à plusieurs occasions auprès de collègues élus là-dessus et d'ailleurs quand on donne des subventions à l'échelle du département il y a toujours la volonté de regarder les projets pour ce qu'ils sont et je vais vous dire deux choses importantes que l'on utilise dans le cadre de l'instruction des dossiers de subvention le premier c'est d'avoir cette logique de bassin de vie c'est-à-dire de flux humain pour les trois raisons que je vous ai dit tout à l'heure loisirs, famille, travail et de voir quels sont les bons lieux d'implantation et vous avez à l'échelle de l'urbanisme ce qu'on appelle les polarités de bassin de vie qui sont souvent les zones où tout le monde se retrouve un peu en amont des bouchons mais par contre au cœur de la vie des gens et c'est souvent de bons endroits pour mettre les équipements de santé ensuite on a eu un gain pendant la période du Covid c'est la montée en puissance des CPTS qui sont des associations de professionnels de santé de votre territoire elles sont de plus en plus représentatives c'est pas deux trois personnes qui parlent pour les autres c'est vraiment souvent les deux tiers des professionnels de santé qui font partie des CPTS et on les met en co-instruction des dossiers c'est-à-dire c'est les professionnels qui nous disent non mais attendez ça c'est une coquille vide ça au contraire c'est un projet qui est porté par deux généralistes qui ont eux-mêmes des remplaçants donc sur lesquels on va vraiment pouvoir organiser une politique de santé avec des collègues kinés un cabinet d'infirmière et à partir de ce moment-là c'est un bon projet donc il y a de très bons projets et des projets qui sont uniquement parfois des réactions un peu désespérées à une carence et à un désert médical

28:08
Présentateur

Et c'est aussi parce qu'on raconte souvent que le département qui est une structure qui a parfois été un peu contestée dans son utilité etc. on dit souvent que c'est le lieu de la solidarité de l'accompagnement c'est le lieu pour la maladie c'est le lieu pour les enfants c'est le lieu pour le handicap c'est le lieu pour le grand âge est-ce que c'est justement là que se passe parce que quand on parle de santé on parle de tous les enjeux est-ce que c'est là aussi qu'il y a beaucoup de choses à faire en particulier ou dans notre département plus qu'ailleurs comment vous regardez ces grands sujets ?

28:38
Invité politique

On les regarde avec beaucoup de responsabilité c'est pour ça que le département c'est vraiment pas le bon endroit si on veut faire des punchlines politiques on est là pour regarder la vie dans ce qu'elle a de très joyeux avec la naissance avec ce qu'elle a de dramatique du début à la fin de vie avec ses hauts et ses bas la dignité des gens filigrane de ça c'est-à-dire les moments où le malheur est là et puis des moments où à l'inverse on a quelques possibilités on les met au service des gens tout ça incarné par des politiques publiques par ne serait-ce que des grands moyens autour du handicap des grands moyens autour du RSA et c'est souvent le lieu d'ailleurs où toutes les décisions se prennent à l'unanimité en responsabilité qu'on soit de gauche ou de droite ça me va bien parce que ça donne un peu de profondeur et de gravité aux choses et parfois ça fait pas de mal

29:28
Présentateur

Vous dites souvent d'ailleurs et j'ai bien aimé votre formule que c'est une assemblée de la responsabilité et pas de la posture ça tombe bien parce que dans l'actualité politique on a aussi évidemment d'autres enjeux et d'autres scrutins qui arrivent est-ce que vous vous vous sentez concerné est-ce que vous vous êtes inquiet quand vous voyez que les français peu concernés et peu intéressés par ces élections

29:52
Invité politique

C'est étonnant autant que c'est regrettable c'est-à-dire qu'en fait beaucoup de choses ont été transférées à l'échelle européenne c'est pour ça que parfois je dis à certains collègues qui nous parlent d'enjeux sur l'alimentation je leur dis bon on peut faire à l'échelle locale un projet alimentaire territorial il y a plein de choses sur lesquelles on peut s'engager des cantines centrales mais qu'à l'inverse discuter les bons et les mauvais points de la politique agricole non à un moment donné je dis aux collègues présentez-vous aux prochaines élections européennes parce que parfois la lucidité qu'on doit avoir dans nos mandats c'est de connaître la limite de nos compétences et de pas forcément aller jouer du café du commerce à dire ce que devraient faire les autres parce que c'est le meilleur moyen de rien faire dans le périmètre de ces compétences sur lesquelles les gens vous ont élus et vous attendent l'Europe est hyper importante parce qu'aujourd'hui on lui a délégué beaucoup de choses le problème c'est que c'est un univers très vaste sur lequel se jouent des rivalités inter et intra-européens intra ça me gêne plus quand on voit les politiques sur le développement des zones d'activité économique et industrielle à l'heure où on parle de la réindustrialisation et qu'on voit nous avec les politiques zéro artificialisation nette où en gros on fait presque plus de développement économique en France en tout cas on reconstruit sur des friches c'est une très bonne ambition mais qu'on regarde le modèle de certains landers allemands qui gaillardement vont entropiser c'est-à-dire utiliser des zones naturelles à côté par exemple des axes autoroutiers parce que stratégiquement pour le développement industriel c'est la meilleure chose à faire je trouve qu'on se met dans une certaine forme de rivalité un peu pipée Laurent Wauquiez s'était emparé

31:30
Présentateur

ce sujet il avait raison de protester contre les ânes ou c'était un peu une posture pour le coup ?

31:34
Invité politique

ça dépend pourquoi on le fait moi ce qui ne me va pas aujourd'hui dans la ZAN et pourtant je l'applique en tant qu'élu local c'est qu'on manque de définition dans le droit c'est-à-dire qu'est-ce qu'un espace naturel aujourd'hui ?

aujourd'hui au sens du droit on va protéger de la même façon une forêt primaire bon il y en a très peu en France mais par exemple une tourbière et un champ en monoculture c'est-à-dire un colza ou un maïs si on fait un inventaire faunistique et floristique je vous garantis que vous n'allez presque rien trouver sur la parcelle agricole pour autant on va dire que c'est une zone naturelle donc le problème c'est qu'encore une fois on va trop vite en besogne et c'est dommage à l'inverse une zone qu'on va considérer comme anthropisée je vous parlais des zones industrielles franchement quand on met un cahier des charges aussi ambitieux que celui qui peut y avoir à la Téclide donc à côté de Bimonnais pour ceux qui se connaissent vous avez des espèces animales protégées notamment des batraciens mais également des insectes dans des proportions extrêmement intéressantes parce que vous avez des écosystèmes complets qui prospèrent à côté de l'homme il faut arrêter d'imaginer qu'on est une partie complètement différente du tout bien au contraire donc si on est ambitieux sur notre façon de construire et de ménager la nature dans ce qu'elle a encore parce que l'air de rien on a la chance quand même d'avoir une nature qui s'est redémarrée très très vite et bien on peut faire des politiques publiques absolument parfaites donc c'est toujours pareil les choses sont beaucoup plus complexes que ce qu'on imagine pour autant quand on se donne la peine de les comprendre on arrive à faire certaines choses

33:08
Présentateur

alors si on revient juste sur les européennes j'imagine aussi que l'ancien responsable départemental de Renaissance est un petit peu affecté par l'état peut-être des sondages et de là où est placée la liste Renaissance est peut-être un peu aussi étonné ou pas de l'avancée absolument incroyable parce qu'on parlait de posture ou de la liste du Rassemblement National est-ce que ça vous effondre

33:31
Invité politique

pas un petit peu ?

Non en toute franchise non parce que je sais que des erreurs ont été faites qu'à un moment donné il faut savoir les assumer c'est d'ailleurs pour ça que pour ma part j'ai assumé je n'étais pas responsable de Renaissance je n'ai jamais été je n'ai jamais été dans le parti Renaissance j'ai beaucoup d'amis qui y sont et je valide certaines politiques qui sont menées à l'inverse j'en regrette d'autres donc je ne suis pas étonné à partir du moment où vous faites certains choix qui sont peu inspirés par la vie des gens vous devez assumer des résultats qui sont un peu décevants même si au fond de vous il y a certaines idées qui méritent totalement d'être portées à l'échelle européenne Rassemblement National c'est différent moi j'ai beaucoup de mes électeurs qui votent pour le Rassemblement National je considère que souvent ils en viennent à ce vote par les échecs de certaines politiques publiques donc à partir du moment où on y remédie on fait baisser le vote pour le Rassemblement National et c'est un marqueur de succès des politiques publiques à l'inverse à partir du moment où on le voit monter on doit s'interroger lucidement sur les causes et si on veut se donner la peine de les voir elles ne sont pas si difficiles à comprendre que ça

34:40
Présentateur

Alors je disais que vous êtes un enfant de Lyon vous avez même si vous êtes élu un peu plus loin aujourd'hui vous suivez avec attention la vie lyonnaise vous avez été très proche dans les derniers moments de sa vie de Gérard Collomb avec qui vous aviez une amitié particulière vous suivez et vous connaissez tous les élus est-ce qu'on n'a pas aussi déjà l'impression que ces européennes sont déjà presque enjambées quand on voit un peu l'actualité à Lyon sur la démission de Nathalie Périn-Gilbert de son groupe sur le fait qu'elle se sépare des écologistes sur le fait que Louis Pélez par exemple vient de quitter la présidente est-ce qu'on n'est pas déjà un peu dans les municipales et est-ce que vous vous suivez ça toujours avec intérêt attention est-ce que vous allez vous y impliquer un peu plus d'ailleurs

35:20
Invité politique

alors vous avez cité plein de noms bon j'en retiens c'est forcément Gérard Collomb amitié je ne dirais pas ça parce qu'il y a des amitiés de très longue date comme avec quelqu'un comme Roland Bernard et beaucoup d'amitiés qui ont pu être trahis ou déçus à ses yeux on en a beaucoup parlé parce que c'est vrai qu'on a fait beaucoup de bouchons ensemble pour être allés très souvent voir jouer notre équipe de foule c'est vrai que la question se pose aussi des héritiers et de l'héritage de Gérard Collomb

35:45
Présentateur

c'est ça qu'il y a derrière peut-être aussi

35:46
Invité politique

moi je ne suis pas là-dedans je mesure la chance que j'ai eu de passer énormément d'heures qu'avec lui à un moment où ni lui ni moi on avait d'ambitions croisées il a eu beau me challenger sur certains sujets et essayer de me demander où étaient mes ambitions sur d'autres mais voilà moi j'en retiens quand même des échanges sur les notions de progrès sur le Saint-Simonien et on est bien loin de ces postures et c'est là que je veux répondre à votre question sur une agitation alors moi j'en aime la plupart des personnes que vous avez citées mais cette agitation de démission de je parle les gens s'en fichent à un moment donné quand on veut gagner une élection il faut savoir dépersonnaliser les choses essayer d'avoir une offre qui soit la plus respectueuse et souvent les avis dans une cité comme Lyon sont très divers mais par contre peuvent avoir des centres de gravité commun essayer de créer une espèce d'actualité qui n'en est pas une c'est pas sujet je pense que Lyon mérite quand même certainement des politiques beaucoup plus globales parce que Lyon inspire forcément autour les territoires pour ma part je ne séparerai jamais le destin du Rhône du destin de la métropole et à partir de là il faut que certains élus de qualité et il y en a soient en capacité de porter des politiques publiques à la hauteur de ce que représente Lyon à l'échelle de la région voire même du pays

37:14
Présentateur

quand on parle de Lyon et de la métropole et de leur avenir et de la gouvernance actuelle ça veut dire qu'il y a une possibilité une envie un souhait de votre part d'une sorte d'alternative à ce qu'il y ait autre chose que la gouvernance écologique

37:25
Invité politique

Lyon ne peut pas se replier sur lui-même il doit par contre corriger un certain nombre de ses fragilités je dirais même de ses blessures moi pour avoir vécu en périphérie d'un périphérique métropolitain c'est une césure à la fois sociale à la fois environnementale enfin c'est des choses qui méritent forcément une réflexion avec l'écologie voire même parfois en priorité je l'assume complètement mais par contre il faut aussi être capable de se dire que Lyon s'est fait par des grands axes qui datent de l'Empire romain qui étaient des axes de dialogue avec son paysage proche donc où je suis maire mais aussi des paysages beaucoup plus éloignés au fin fond de l'Orient et que ce ne sera jamais en fermant les portes de Lyon qu'on réussira à la guérir

38:16
Présentateur

vous suivrez ça avec attention quand même oui à ce stade de l'émission on approfait doucement de la fin je dis souvent ça à mes invités on est samedi demain on est dimanche est-ce qu'il y a dans la vie d'un élu par rapport à l'engagement que ça représente par rapport à la passion de son territoire à l'implication des moments où on est capable quand même de décrocher ou de faire autre chose qu'est-ce que vous faites de vos dimanches quand vous n'êtes pas sur les marchés dans les commémorations ou les manifestations est-ce qu'on arrive à prendre un peu de recul parfois sur cette responsabilité d'élu

38:43
Invité politique

moi j'adore la nature donc je trouve beaucoup de ressources et beaucoup d'inspiration aussi bien dans nos rivières on a d'ailleurs des territoires extraordinaires même dans le périmètre métropolitain j'invite tout le monde à aller faire un peu de bateau ne serait-ce qu'à Miribel vous découvrirez que la nature n'est pas si loin et beaucoup plus complexe que ce qu'on imagine après il n'y a rien de pire qu'un repas de famille pour se replonger au coeur de la politique le dimanche vous parlez d'un sujet sur la voirie et est-ce qu'il fallait mettre un stop ou un cd le passage vous pouvez occuper le repas familial pendant deux ou trois heures et vous apercevoir que même au sein de votre propre famille sur un sujet aussi facile c'est difficile de mettre les choses et les gens d'accord ça vous permet de réattaquer le lundi matin assez facilement

39:28
Présentateur

est-ce que le sport ne serait pas un peu plus consensuel parce que vous avez évoqué évidemment les tribunes de Gerland il y a quelques instants est-ce que la magnifique remontée la belle énergie en ce moment de l'équipe de l'OL qui est encore battue sur le fil l'île il y a quelques jours est-ce que ça ça vous inspire une espèce de résilience parce qu'il y a un certain nombre d'élus comme ça qui font des parallèles avec ce nouvel entraîneur la sagesse la résilience je suppose que vous êtes content mais est-ce que vous y voyez aussi peut-être une leçon à la lyonnaise d'une manière de faire

39:59
Invité politique

moi je n'oublie pas que Lyon pris par Jean-Michel Olas n'était pas dans la même division qu'aujourd'hui qu'il y a eu énormément de choses de faites jusqu'à je resterais nostalgique de notre premier titre face à l'Anse fan de Sonny Anderson de Sidney Gowu donc je resterais toujours dans mes classiques et on voit que les aventures peuvent être belles c'est ce qu'il y a de beau dans le sport c'est de savoir inspirer et être à la hauteur de certaines très belles métaphores après certains qui vont y chercher de la symbolique personnelle je ne suis pas dans ce rapport là au chaud j'essaie de rester beaucoup plus simple on est juste content

40:32
Présentateur

que ça se passe bien quand même

40:33
Invité politique

exactement

40:34
Présentateur

alors pour ce qui était une question rapide et puis un morceau de musique la première c'est est-ce que vous avez en ce moment un livre de chevet justement on parlait du démon est-ce que vous avez le temps de lire ou quelque chose qui vous parle en partie

40:43
Invité politique

je lis pas mal Jean-Thulaire sur Napoléon en ce moment pour comprendre un peu les fondements de notre pays et on voit que finalement certaines choses qu'on dit oh là là on découvre la violence de la jeunesse non non vous avez des écrits absolument parfaits de Balzac ou de Zola il y avait une violence chez la jeunesse ça permet de remettre des choses en perspective avec un peu plus de pragmatisme

41:02
Présentateur

très bien et un morceau de musique alors peut-être pour se quitter

41:05
Invité politique

alors si je veux totalement assumer mes dernières musiques et je vais le faire j'ai gardé une petite ces derniers temps de la famille qui était absolument fan de Vaiana donc je me suis fait voilà toute la musique du style Vaiana c'est super et ça permet de faire un clin d'oeil à la biodiversité absolument fantastique de la Polynésie et de reboucler un peu avec mes amours pour l'ornithologie

41:27
Présentateur

et bien merci d'avoir assumé ça va nous changer en termes de programmation mais ne soyez pas surpris merci en tout cas c'était un plaisir de vous rencontrer et de mieux découvrir Saint-Pierre-la-Palu quant à moi je vous dis à la semaine prochaine pour une nouvelle émission on sera dans une autre salle autre ambiance on recevra Isabel Rabet conseiller régional en faveur des questions de sécurité merci et à bientôt au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB Plus

42:13
Locuteur

Lyon Première