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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 8 juin 2026 20 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleJustice

Louis Giscard d’Estaing : "Mon père, c'était la rencontre permanente avec les Français"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    L'un des engagements majeurs de Valéry Giscard d'Estaing, c'était la jeunesse.

  • 2:19OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'on est face à une affaire d'État ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il continuait à avoir un regard particulier sur ce type de drame ? Quel aurait été son conseil ?

  • 3:33OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une affaire qui peut aussi déliter la société ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Un mot sur la disparition de Bernadette Chirac.

  • 5:30OuverteRéponse directe

    C'est difficile d'être Première Dame ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22PrésentateurFait
    « la loi Veil, l'abaissement de la majorité à 18 ans, le divorce par consentement mutuel. »
  • 2:25Invité politiqueFait
    « En fait, le quinquennat de votre père avait été marqué par deux grandes affaires qui avaient traumatisé la France. Je pense à l'affaire Christian Ranucci en 1974 et à l'affaire Patrick Henry en 1976. »
  • 2:50Locuteur non identifiéFait
    « Une des dernières lois qui a été votée pendant son septennat, c'est la loi sécurité et liberté. »
  • 4:59Locuteur non identifiéFait
    « C'est la première femme du chef d'État à mettre en place un secrétariat particulier à l'Élysée. »
  • 7:15Locuteur non identifiéFait
    « En janvier 1953, ils passent un mois en Grèce, mon père lui fait la surprise que ce serait la destination de leur voyage de noces. »
  • 7:40Locuteur non identifiéFait
    « c'est lui qui met à disposition son avion présidentiel pour que Constantin Caramendlis, au moment de la chute de la dictature des colonels, puisse rejoindre Athènes avec un avion siglé de la République française. »
  • 8:20Locuteur non identifiéFait
    « Il s'engage à 18 ans en 1944 et il y a un document inédit que les archives nationales nous ont trouvé qui est publié dans ce livre qui est un ordre de mission qui lui est donné par le directeur général de la Croix-Rouge française. »
  • 9:40Locuteur non identifiéFait
    « il crée, avec le chancelier allemand, avec son ami Helmut Schmidt, il crée le système monétaire européen et, en fait, il crée l'euro. »
  • 10:06Locuteur non identifiéFait
    « la célèbre photo dans le livre où ils sont dans cette piscine à la Martinique. C'est le sommet franco-américain de 1974 avec Henry Kissinger qui nage dans la piscine et c'est là où ils ont l'idée de créer une instance de concertation de grandes économies occidentales. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « Valéry Giscard d'Estaing au niveau de l'Europe c'est lui aussi qui a présidé la convention qui a rédigé la constitution européenne qui a été rejetée par référendum en 2005. »
  • 12:22Locuteur non identifiéFait
    « le plan Messmer est présenté en mars 1974 au Conseil des ministres. Juste au moment de la transition ? Deux semaines avant le décès du président Pompidou. »
  • 13:09Locuteur non identifiéFait
    « C'est lui qui prend la décision en décembre 1980 en Conseil de défense de lancer un porte-avions nucléaires. »
  • 13:30Locuteur non identifiéFait
    « le progrès social doit être financé. Moi, j'adore cette formule de Raymond Barr qui a été son grand Premier ministre pendant cinq ans, qui a eu cette formule après 1981, qui a dit il faut que la France cesse de travailler moins, de dépenser plus et d'emprunter la différence. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié65 %
  • Présentateur20 %
  • Valéry Giscard d'Estaing15 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Cette année marque les 100 ans de la naissance de Valéry Giscard d'Estaing, 7 ans à la tête de l'État entre 1974 et 1981, des réformes marquantes de modernisation de la société, la loi Veil, l'abaissement de la majorité à 18 ans, le divorce par consentement mutuel. Que reste-t-il de son héritage ? La France peut-elle encore être gouvernée au centre ? Pour en parler, nous recevons Louis Giscard d'Estaing. Bonjour. Merci d'être notre invité, maire de Chamalières, vice-président de l'UDI.

Vous présidez la Fondation Valéry Giscard d'Estaing et vous avez coordonné ce livre, VGE, Le Visionnaire, un ouvrage préfacé par Emmanuel Macron, dont nous allons parler dans cette interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.

0:50
Valéry Giscard d'Estaing

Bonjour Auriane, Louis Valéry Giscard d'Estaing, bonjour. Bonjour.

0:53
Présentateur

L'un des engagements majeurs de Valéry Giscard d'Estaing, c'était la jeunesse. L'affaire Liana secoue la France entière. Louis Giscard d'Estaing, ému, choqué, mais aussi en colère. C'est un drame qui aurait pu être évité. Il a reconnu hier soir le ministre de l'Intérieur faisant référence au profil du suspect contre lequel une plainte pour viol avait déjà été déposée sans qu'il ne soit jamais entendu. Est-ce qu'on est face à une affaire d'État ?

1:15
Locuteur non identifié

On est en tout cas sur un sujet majeur d'organisation de notre pays, l'articulation entre la justice et la police, et la gendarmerie. Également la façon dont certains dysfonctionnements des services de justice ne donnent pas lieu à un suivi interne au ministère de la Justice. Je salue d'ailleurs ce qu'a fait Gérald Darmanin, c'est-à-dire de présenter ses excuses au nom de son ministère. Je crois que c'est important que, dans des circonstances comme celle-ci, les responsables publics admettent qu'il y a eu des failles et des failles importantes dans la scène.

1:59
Présentateur

Ça s'arrête là ou est-ce qu'il doit aller plus loin ? La France insoumise demande sa démission. Est-ce qu'il doit assumer ses responsabilités jusqu'au bout ?

2:04
Locuteur non identifié

Je ne pense pas que ce soit le sujet de faire, si vous voulez, changer un ministre. Par contre, de se poser de vraies questions sur l'organisation de notre articulation entre la justice et les forces de police, c'est très important.

2:19
Valéry Giscard d'Estaing

Les meurtres d'enfants sont absolument abominables, abominables, intolérables. Malheureusement, il y en a régulièrement. En fait, le quinquennat de votre père avait été marqué par deux grandes affaires qui avaient traumatisé la France. Je pense à l'affaire Christian Ranucci en 1974 et à l'affaire Patrick Henry en 1976. Est-ce qu'il continuait à avoir un regard particulier sur ce type de drame ? Quel aurait été son conseil ?

2:41
Locuteur non identifié

Son conseil ou sa façon de voir les choses était surtout de traiter les problèmes sur le fond des choses. Une des dernières lois qui a été votée pendant son septennat, c'est la loi sécurité et liberté. C'est très important de le rappeler. C'est une des rares lois d'ailleurs qui a été remise en cause par l'élection de François Mitterrand. Toutes les autres réformes ont été maintenues. D'ailleurs, c'est un des aspects les plus, je dirais, symboliques des avancées majeures qui ont été réalisées pendant sa période présidentielle. C'est qu'en fait, pratiquement, toutes les avancées ont été maintenues et voire, je dirais, pérennisées.

Par contre, effectivement, il avait identifié le fait que nous devions continuer à avoir un travail de fond sur les questions de sécurité et de liberté publique puisque pour lui, les deux choses allaient être pair.

3:33
Présentateur

Est-ce que c'est une affaire qui peut aussi déliter la société ? Hier, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, parlait d'un risque pour les Français de vouloir se faire justice eux-mêmes. Est-ce que c'est un vrai risque ? Vous partagez ?

3:45
Locuteur non identifié

C'est toujours quelque chose qui doit nous interpeller. Moi, je suis maire et donc je connais bien des situations que nous avons à gérer chacun dans nos responsabilités municipales. Je pense, par exemple, que la mise en place de CLSPD que j'ai instituée depuis 2018 dans ma ville, un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance avec le préfet, avec le procureur de la République et avec les responsables des forces de gendarmerie et de police nationale. C'est quelque chose que nous devons aujourd'hui continuer à mettre en avant.

4:17
Présentateur

Un mot, Stéphane, sur une autre actualité du week-end, c'est la disparition de Bernadette Chirac.

4:22
Valéry Giscard d'Estaing

Oui, Bernadette Chirac vient de nous quitter. Alors, aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing, il y avait aussi Annemone Giscard d'Estaing. Est-ce que l'histoire et la mémoire lui ont suffisamment rendu justice, à votre moment ?

4:33
Locuteur non identifié

Alors, peut-être pas. Et dans ce livre, il y aura quelque chose qui sera intéressant. Dans toutes les mesures en faveur des droits des femmes, bien sûr, ma mère a tenu un rôle très important auprès du président de la République, élu en 1974, son mari, et elle est de celles qui, évidemment, prônent de meilleurs droits pour les femmes. Et elle met en place quelque chose. C'est la première femme du chef d'État à mettre en place un secrétariat particulier à l'Élysée. Il y a la photo avec sa chef de cabinet dans le livre. C'est très important parce qu'en fait, Mme de Gaulle et Mme Pompidou n'avaient pas pris ce rôle, je dirais, en tant que telles.

Et ma mère se rend compte qu'elle est des signataires d'énormément de courriers qui lui sont adressés à elle, l'épouse du président de la République, et que si elle n'y répond pas, elle ne serait pas à même de remplir pleinement son rôle.

5:24
Présentateur

Donc elle est aussi un relais, la Première Dame, c'est aussi un relais des Français. Un autre son de cloche, peut-être, pour le président de la République, moins enfermé dans une bulle. Vous êtes bien placé, j'imagine que vous en avez beaucoup parlé avec votre maman. C'est difficile d'être Première Dame ?

5:40
Locuteur non identifié

C'est sûrement très difficile parce qu'effectivement, c'est une fonction qui n'est pas statutairement reconnue dans nos institutions. Mais elle l'a beaucoup. en fait exercée et de façon pionnière. Je pense qu'ensuite, Bernadette Chirac a pris le relais d'une certaine façon puisque ma mère s'est déplacée dans tous les départements de France. Pendant le septennat, elle a fait des déplacements en tant qu'épouse du président de la République. En général, les préfets venaient l'accueillir en uniforme, etc. puisque ça avait un caractère un petit peu officiel.

Mais néanmoins, elle considérait que c'était aussi son rôle d'accompagner sur le territoire, sur l'ensemble du territoire français, et en outre-mer, d'ailleurs, son mari.

6:21
Valéry Giscard d'Estaing

Aujourd'hui, il y a un statut de première dame à élaborer, renouveler, recréer, repenser ? Je ne crois pas qu'il ait été

6:28
Locuteur non identifié

officiellement dans notre pratique institutionnelle, mais je crois que le rôle que ma mère s'était donné en créant ce cabinet, en fait, alors mon père avait fait attention, il dit non, non, ce n'est pas un cabinet parce que sinon ça serait officiel, c'est un secrétariat particulier de l'épouse du président de la République.

6:48
Présentateur

Votre mère contribue à ce livre VGE, le visionnaire, votre mère, votre sœur également, il y a une partie quand même personnelle, familiale dans cet ouvrage, quelle est la particularité de ce livre ? Qu'est-ce qu'il apporte qu'on ne connaisse déjà sur votre père ?

7:02
Locuteur non identifié

Alors d'abord, il apporte beaucoup de choses inédites. Le récit de maman, de leur voyage de noces en Grèce, n'avait jamais été publié ni raconté, même en famille.

En janvier 1953, ils passent un mois en Grèce, mon père lui fait la surprise que ce serait la destination de leur voyage de noces et ils sont donc en janvier 1953 dans un pays, la Grèce, qui est à ce moment-là qui se remet très difficilement de la période de guerre, très pauvre, et c'est leur découverte de la Grèce qui marquera aussi profondément mon père et qui d'ailleurs jouera un rôle très important en 1974 avec la restauration de la démocratie en Grèce puisque c'est lui qui met à disposition son avion présidentiel pour que Constantin Caramendlis, au moment de la chute de la dictature des colonels, puisse rejoindre Athènes avec un avion siglé de la République française.

7:52
Valéry Giscard d'Estaing

La plupart des contributeurs, ils sont très nombreux dans votre livre, ils sont quand même des fidèles, des très proches. Est-ce que c'est surtout le Valéry Giscard d'Estaing visionnaire en conquête qui est raconté ou est-ce qu'il y a une part aussi sur la fin de son quinquennat, les difficultés, le président battu, la chute ? Enfin, c'est surtout

8:11
Locuteur non identifié

toute sa vie, toute sa vie puisqu'il y a des choses très méconnues. On commence avec son engagement un document inédit. Il s'engage à 18 ans en 1944 et il y a un document inédit que les archives nationales nous ont trouvé qui est publié dans ce livre qui est un ordre de mission qui lui est donné par le directeur général de la Croix-Rouge française. C'est le 24 août 1944, c'est-à-dire la veille de la rentrée de Leclerc dans Paris. Et mon père, qui a 18 ans, est missionné pour représenter la Croix-Rouge française auprès des FFI.

Beaucoup d'autres éléments politiques, évidemment, il y a la très belle lettre de François Mitterrand l'invitant à l'inauguration du musée d'Orsay en 1986 puisque au-delà de son septennat et de tout ce qu'il a pu réaliser, il a aussi eu un rôle très important à l'issue et sur les questions européennes peut-être est-ce que c'est un sujet qui aussi mériterait que l'on revienne ?

9:02
Présentateur

On va parler de l'Europe, Stéphane.

9:03
Valéry Giscard d'Estaing

Sur les questions européennes, effectivement, Valérie Giscard d'Estaing sait beaucoup de choses. Le Conseil européen, le G7 qui avait été lancé en rembouillé en 1975, l'élection du Parlement universel en 1979, le système monétaire européen. Alors, est-ce que c'est là-dessus que votre père a été le plus visionnaire ? J'ai envie de vous demander. Et aussi, qu'est-ce qu'il y a le plus mal vieilli dans tout ça ?

9:28
Locuteur non identifié

Je ne sais pas ce qu'il y a des choses qui ont mal vieilli. Il y a des choses qui ont très bien vieilli et qui, au contraire, sont présentes dans la vie des Français et des Européens même dans le monde entier aujourd'hui. Je prendrais l'exemple de l'Europe. Il crée, avec le chancelier allemand, avec son ami Helmut Schmidt, il crée le système monétaire européen et, en fait, il crée l'euro puisqu'en réalité, c'est la prolongation directe de ce qu'ils ont lancé. Et l'euro, aujourd'hui, fait partie des acquis européens les plus importants, notamment vis-à-vis du dollar américain. Deuxième exemple que vous avez cité, le G7.

Le G7, c'est tout le reste du monde puisqu'il le crée avec le président américain, avec Gerald Ford. Il y a la photo, la célèbre photo dans le livre où ils sont dans cette piscine à la Martinique. C'est le sommet franco-américain de 1974 avec Henry Kissinger qui nage dans la piscine et c'est là où ils ont l'idée de créer une instance de concertation de grandes économies occidentales. Vous savez que le prochain G7 se tiendra à Evian, dans la région OVN-Rhône-Alpes dont je suis l'élu et qui sera sous présidence française avec la venue du président américain Donald Trump.

10:32
Valéry Giscard d'Estaing

Mais c'est Valéry Giscard d'Estaing au niveau de l'Europe c'est lui aussi qui a présidé la convention qui a rédigé la constitution européenne qui a été rejetée par référendum en 2005. Pourtant, 20 ans après, quand on voit l'Europe avec l'action commune autour du Covid, le plan de relance, les emprunts pour l'Ukraine, on parle aujourd'hui de souveraineté à tous les étages, de défense européenne, est-ce que finalement en fait, ce qu'il n'a pas réussi à faire adopter par les Français, ce n'est pas mis en place entre guillemets naturellement dans le temps ?

11:05
Locuteur non identifié

Absolument, vous avez raison. Il y avait 20 ans d'avance ? Oui, il y avait 20 ans d'avance. Le référendum de 2005, j'étais à ce moment-là parlementaire, j'étais à l'Assemblée nationale et nous avions une majorité très forte à l'Assemblée nationale et au Sénat et probablement la meilleure procédure aurait été la procédure parlementaire. Mais pour le dire, comme vous l'avez rappelé à l'instant, toutes les avancées européennes sur un meilleur fonctionnement de l'Europe, sur les questions de défense, vous avez raison, sur les questions de sécurité, sur les questions d'immigration, il faut qu'on continue à apporter des réponses sur le plan européen sur ces questions-là et il l'avait anticipé.

11:40
Présentateur

C'est Emmanuel Macron qui signe la préface de votre livre. Je vais en citer un petit extrait. Il rappelle les faits marquants du septennat de votre père. Fin de l'abondance énergétique, imprévisibilité de nos alliés américains, résurgence du conflit au Proche-Orient, impasse de la construction européenne. Finalement, l'histoire n'est qu'un éternel recommencement.

11:58
Locuteur non identifié

Oui, malheureusement, d'une certaine façon, mais heureusement,

12:01
Présentateur

il y a eu des présidents

12:05
Locuteur non identifié

visionnaires qui, par exemple, ont lancé tout le programme électronucléaire, toute l'électricité dont nous disposons aujourd'hui de provenance électronucléaire, elle a été créée sous Valéry Giscard d'Estaing. Le principe...

12:18
Valéry Giscard d'Estaing

Ça a été initié par Pierre Messmer en 1974, sous Pompinou.

12:22
Locuteur non identifié

Pour être très précis, le plan Messmer est présenté en mars 1974 au Conseil des ministres. Juste au moment de la transition ? Deux semaines avant le décès du président Pompidou. Mais, de toute façon, celui qui était ministre des Finances du président Pompidou du premier au dernier jour, c'était Valéry Giscard d'Estaing qui avait donc travaillé, évidemment, sur l'élaboration de ce plan.

12:40
Valéry Giscard d'Estaing

Et à propos de ce ministre des Finances, qu'est-ce qu'il dirait aujourd'hui, ce ministre des Finances par rapport à cette Europe qui finance la guerre en Ukraine par un emprunt commun ? Est-ce que ça, c'est quelque chose qui... Est-ce qu'il renierait la chose ou est-ce qu'il applaudirait ?

12:53
Locuteur non identifié

Alors, d'abord, ces principes de bonne gestion sur le plan français, ils auraient dû être respectés depuis lors. Ça aurait changé aussi notre capacité à assumer nous-mêmes nos responsabilités. Vous parlez de notre budget, notre dette publique... Bien sûr. C'est lui qui prend la décision en décembre 1980 en Conseil de défense de lancer un porte-avions nucléaires. Lui qui prend cette décision. Et alors, il prend la décision d'en créer deux pour avoir une permanence à la mer. Le deuxième, on l'attend toujours. Et le deuxième, on l'attend toujours.

13:23
Présentateur

Giscard, c'est aussi un réformateur. La France, elle peut encore être réformée aujourd'hui, selon vous ?

13:28
Locuteur non identifié

Elle doit l'être sur des principes simples, c'est-à-dire que le progrès social doit être financé. Moi, j'adore cette formule de Raymond Barr qui a été son grand Premier ministre pendant cinq ans, qui a eu cette formule après 1981, qui a dit il faut que la France cesse de travailler moins, de dépenser plus et d'emprunter la différence. Et finalement, c'est ce qui s'est passé en gros depuis 1981. Et nous avons financé à crédit le progrès social et ça n'est pas la méthode que mon père aurait mis en œuvre.

13:58
Présentateur

On le disait, mais juste c'est Emmanuel Macron qui signe la préface. Est-ce qu'il a prévu quelque chose pour marquer le centenaire de la naissance de votre père ? Parce que dans la préface, il dit on s'apprête à célébrer les 100 ans. Il y a quelque chose précis de prévu ?

14:09
Locuteur non identifié

A priori, il n'y a pas de cérémonie officielle, mais il y aura probablement des occasions de le manifester. Je l'encourage beaucoup à rappeler au sommet des viants, au sommet du G7 que c'est un président français, visionnaire, qui a créé cette instance de concertation internationale.

14:24
Valéry Giscard d'Estaing

C'était un président aussi qui a accédé au pouvoir à l'âge de 48 ans, très jeune, décontracté, joué de la Gordéon, il aimait jouer au foot, il dînait avec les Français. C'est VGE, Valéry Giscard d'Estaing, qui a inventé une certaine modernité présidentielle. À un moment, on comparait beaucoup à Emmanuel Macron, sur le côté jeune et moderne. Est-ce que vous voyez votre père comme la matrice du président moderne ? Et si c'est le cas, y compris dans la solitude du pouvoir et le reproche d'arrogance qui lui a été fait à la fin ?

14:54
Locuteur non identifié

On peut le faire à Emmanuel Macron aujourd'hui ? La décontraction, la modernisation de la vie politique, c'est vraiment lui qui l'a fait, ne serait-ce que sa photo officielle, qui est un changement complet par rapport aux photos du président Pompidou et du général de Gaulle. C'est aussi cette rencontre permanente avec les Français. C'est ce dialogue. C'est aussi les questions au gouvernement. Parmi toutes les avancées institutionnelles qu'il met en œuvre, les questions au gouvernement, c'est 1974, la création de ces questions au gouvernement. C'est-à-dire, c'est un équilibre aussi avec le rôle du Parlement au contre-pouvoir.

C'est quelqu'un qui est ancré dans la vie locale, ce qui n'est pas le cas d'Emmanuel Macron, qui n'a eu aucun mandat local avant d'accéder à la présidence. C'est quelqu'un qui a ensuite a d'ailleurs été président de la région Auvergne et un président là aussi visionnaire en créant par exemple la Grande Halle d'Auvergne et le Zénith qui sont des lieux emblématiques pour notre région.

15:44
Présentateur

Et comme votre père, Emmanuel Macron, va quitter le pouvoir jeune, à la différence peut-être que lui a eu 5 ans pour s'y préparer, il savait qu'il ne ferait pas de mandat après, qu'est-ce que vous lui conseillez à Emmanuel Macron ? De tourner la page ou de tenter un retour ?

15:56
Valéry Giscard d'Estaing

Ou de nous dire au revoir le jour où il s'envoie ?

15:58
Locuteur non identifié

Il peut, il peut d'abord, il peut le faire, mais d'ailleurs dans le livre nous avons le brouillon très intéressant de cette allocution télélysée de fin de mandat. Je crois qu'il faut toujours se poser la question de savoir, d'ailleurs c'est ce que mon père avait lui-même professé, à quoi sert un ancien président de la République ? Il l'a démontré, il a effectivement repris, lui, ce qui le concernait des fonctions locales, président de la région Auvergne.

16:26
Présentateur

Mais il a eu la tentation du retour ?

16:29
Locuteur non identifié

Oui, il l'a eu certainement, bien sûr, mais en même temps il a cherché à être utile, il est revenu à l'Assemblée nationale où il a été président de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale de 1993 à 1997, il a ensuite présidé la Convention sur les institutions européennes, donc il a cherché à jouer un rôle, il a gardé des contacts avec les présidents américains et avec la Chine, et donc il a cherché à être un ancien président utile pour son pays.

16:51
Présentateur

Hier en meeting, Jean-Luc Mélenchon a comparé la nouvelle France avec la France de 1958, les femmes ne pouvaient pas ouvrir un compte en banque, ne pouvaient pas avorter. Est-ce que finalement, Valéry Giscard d'Estaing, il a contribué à l'avènement de la nouvelle France ?

17:07
Locuteur non identifié

Indiscutablement, parce qu'il faudrait aussi que M. Mélenchon parle de la France de 1981 et de la suite, c'est-à-dire que finalement, ce qui a été fait entre 1974 et 1981, ce sont des grandes avancées, je pense à la loi sur le handicap, par exemple, qui instaure le rôle des personnes handicapées.

17:25
Présentateur

Mais la nouvelle France, c'est plus VGE que Mélenchon ?

17:29
Locuteur non identifié

Je le souhaite. En tout cas, dans les avancées et dans la capacité de les financer et de les mettre en œuvre au profit des Français, oui.

17:37
Présentateur

La campagne présidentielle est lancée. Est-ce que selon vous, il est encore possible aujourd'hui de rassembler deux Français sur trois ? C'était le souhait de votre père ou c'est une époque révolue ? Est-ce que la France, aujourd'hui, elle peut encore être gouvernée au centre ?

17:49
Locuteur non identifié

Elle doit pouvoir l'être. C'est en tout cas l'objectif que l'UDI s'assigne, c'est-à-dire de faire en sorte de concourir à ce que notre pays ne soit pas gouverné par les extrêmes et ne soit pas réduit à un champ de bataille entre deux positions extrêmes. Mais pour cela, il faut savoir construire une plateforme d'idées et s'appuyer sur des modèles de ce qui a pu être réalisé, en particulier le septennat.

18:12
Valéry Giscard d'Estaing

Est-ce que vous pensez que Valérie Giscard d'Estaing aurait seulement pu imaginer un jour que le Rassemblement national et la France insoumise soient en position de remporter la présidentielle ? Qu'en dirait-il ?

18:23
Locuteur non identifié

Vous savez, quand il dit deux Français sur trois doivent se rassembler sur des idées communes, il professe justement un grand rassemblement central en laissant deux extrêmes. Quand il est en 1980… Aujourd'hui,

18:37
Présentateur

les extrêmes, c'est plus qu'un tiers.

18:38
Locuteur non identifié

Oui, mais le Parti communiste faisait 20% des voix. Georges Marchais faisait 20% des voix. Aux élections européennes de 1979, le Parti communiste représenté par Georges Marchais faisait 20% des voix. Donc, ce n'est pas une nouveauté. La naissance du Front national est postérieure au septennat parce que, rappelez-vous, le plus… Et techniquement, la France insoumise aussi, mais vous voyez bien l'idée, le fait que c'est… Mais la France insoumise ayant repris une partie des actifs…

19:05
Présentateur

Mais qui peut l'incarner ? Qui peut l'incarner aujourd'hui ce rassemblement en centre ? Qui est le mieux placé pour l'incarner ?

19:11
Locuteur non identifié

Nous, à l'UDI, avec par exemple ce qu'a pu exprimer Jean-Louis Borloo ou Hervé Marseille, nous disons la chose suivante. Nous disons, ce n'est pas une personnalité en tant que telle…

19:19
Présentateur

Mais il va bien falloir trouver une personnalité.

19:21
Locuteur non identifié

Non, mais il faut qu'il y ait un schéma dans lequel se fasse entendre la personne qui sera la plus à même de porter ses idées. Nous y concourrons, nous essaierons de…

19:28
Présentateur

Mais c'est qui aujourd'hui ? C'est Édouard Philippe ? C'est Gabriel Attal ? C'est Bruno Retailleau ? C'est qui ?

19:32
Locuteur non identifié

Non, mais c'est l'un de ceux-là. Ça peut être David Lissnard également. C'est-à-dire que ça fait partie de ces personnalités qui doivent aujourd'hui venir à la rencontre de formations telles que la nôtre pour ensuite pouvoir porter un projet devant les Français qui puissent rassembler au-delà, peut-être pas de deux Français sur trois, mais en tout cas de la majorité de Français.

19:49
Présentateur

Merci, Louis-Giscard Destin. Merci d'avoir été avec nous. Je rappelle le titre de votre livre VGE, Le Visionnaire, c'est aux éditions Erol. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.