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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 30 octobre 2013 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

L'invité de 7h50 : Bernard Poignant

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    Bernard Poignan, bonjour.

  • 0:16RelanceRéponse partielle

    Il y a seulement trois jours, celui qui déclarait un moratoire, c'est une autre façon de dire un abandon, c'est vous.

  • 0:23RelanceRéponse partielle

    Bernard Poignan, aucune durée à la suspension de l'éco-taxe, elle est enterrée.

  • 1:24ComplaisanteRéponse directe

    Donc une taxe intelligente qu'il faut maintenir.

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Ça va nous coûter cher quand même.

  • 1:36FerméeRéponse partielle

    Et si elle n'est pas mise en place au 1er janvier, ça va nous coûter 800 millions d'euros par mois.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Invité politiqueChiffre
    « Je ne crois pas qu'elle soit enterrée. Pour des raisons assez simples, l'enterrement s'est jeté par la fenêtre 800 millions d'euros. »
  • 0:37Invité politiqueFait
    « Le contrat signé en 2011 par Kosciusko-Morisset, Barouin et Pécresse a parfaitement ficelé ce contrat. »
  • 0:46Invité politiqueChiffre
    « Si bien que s'il est abandonné, l'État jette près d'un milliard d'euros par la fenêtre. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « A quoi sert en plus la recette de l'éco-taxe ? »
  • 0:59Invité politiqueFait
    « Elle sert à fournir des travaux, des chantiers aux entreprises routières et ferroviaires. »
  • 1:13Invité politiqueFait
    « Si bien qu'il fallait une pause pour cette éco-taxe dont l'initiative revient à la droite, ce sont des portiques de droite, ce n'est pas des portiques de gauche, il fallait une pause. »
  • 2:08Invité politiqueFait
    « J'attends que les partenaires, l'industrie agroalimentaire, les organisations agricoles, les transporteurs routiers et la grande distribution se retrouvent pour voir comment on peut aménager, voire alléger cette taxe. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « Ça suppose qu'il faut travailler la taxation sur les véhicules agricoles qui restent à l'intérieur de la région. »
  • 2:52Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, c'est 50% pour la Bretagne, 30% pour l'Aquitaine et Midi-Pyrénées. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « Je pense que quand une société est fragile comme aujourd'hui, qu'elle est même éclatée, très ébranlée par la situation du pays, le gouvernement, comme le président, doit la piloter avec écoute, avec justesse, voire avec délicatesse. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « On aurait perdu ses sommes d'argent, très bien. On aurait augmenté la dette. On aurait accru la dette. On aurait creusé les déficits. »
  • 4:56Invité politiqueFait
    « Dans l'histoire d'un pays, vous savez, la volte-face de Juppé en 1995, la volte-face de Baladur, la volte-face de Villepin, vous en avez eu des quantités. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « Je ne crois pas. Je pense que c'est la politique qui a des problèmes. »
  • 5:34Invité politiqueFait
    « Ce que j'entends, Pierre Moscovici n'a pas adhéré au ras-le-bol fiscal. »
  • 5:48Invité politiqueFait
    « Par contre, ce que je trouve regrettable, c'est qu'on ne redit pas assez à quoi sert l'impôt, à quoi sert la cotisation sociale. »
  • 6:17Invité politiqueFait
    « À ma connaissance, non. En tout cas, je n'ai jamais entendu parler de ça. »

Temps de parole

  • Bernard Poignant74 %
  • Présentateur26 %

12,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le 7-9.

0:03
Bernard Poignant

Le maire socialiste de Quimper est votre invité, Alexandra Bensaïde.

0:07
Présentateur

Bernard Poignan, bonjour.

0:08
Bernard Poignant

Bonjour à vous et à vos auditeurs.

0:10
Présentateur

Maire de Quimper, conseiller du président, l'homme qui fait remonter les opinions des élus et des électeurs jusqu'au sommet du pouvoir. Il y a seulement trois jours, celui qui déclarait un moratoire, c'est une autre façon de dire un abandon, c'est vous. Bernard Poignan, aucune durée à la suspension de l'éco-taxe, elle est enterrée.

0:26
Bernard Poignant

Je ne crois pas qu'elle soit enterrée. Pour des raisons assez simples, l'enterrement s'est jeté par la fenêtre 800 millions d'euros. Le contrat signé en 2011 par Kosciusko-Morisset, Barouin et Pécresse a parfaitement ficelé ce contrat. Si bien que s'il est abandonné, l'État jette près d'un milliard d'euros par la fenêtre. A quoi sert en plus la recette de l'éco-taxe ? Elle ne sert pas à abonder les largesses de l'État, non. Elle sert à fournir des travaux, des chantiers aux entreprises routières et ferroviaires. Donc c'est de l'argent pour investir. Et nous en avons besoin pour nos contrats de projet dans toutes les régions de France.

Si bien qu'il fallait une pause pour cette éco-taxe dont l'initiative revient à la droite, ce sont des portiques de droite, ce n'est pas des portiques de gauche, il fallait une pause.

1:24
Présentateur

Donc une taxe intelligente qu'il faut maintenir.

1:26
Bernard Poignant

Voilà, qu'il faut retravailler maintenant parce que...

1:29
Présentateur

Ça va nous coûter cher quand même.

1:31
Bernard Poignant

Ah, ça risque de coûter si elle était abandonnée, totalement. Ça coûtera très cher si elle est totalement abandonnée.

1:36
Présentateur

Et si elle n'est pas mise en place au 1er janvier, ça va nous coûter 800 millions d'euros par mois.

1:42
Bernard Poignant

C'est ce que je lis, mais je n'ai pas fait les calculs.

1:45
Présentateur

Donc pas enterrée. Elle n'est pas enterrée. Pourtant, la Bretagne n'est toujours pas satisfaite. La manifestation de samedi est maintenue dans votre ville. Vous repartez en Bretagne tout à l'heure. Vous êtes inquiet ?

1:54
Bernard Poignant

La Bretagne est une péninsule, il ne faut jamais l'oublier. Et ce qui bouge en Bretagne, c'est d'abord le Finistère, c'est-à-dire la pointe de la Bretagne. Si bien que... Qu'est-ce que j'attends, moi, du dialogue ? J'attends que les partenaires, l'industrie agroalimentaire, les organisations agricoles, les transporteurs routiers et la grande distribution se retrouvent pour voir comment on peut aménager, voire alléger cette taxe. Alors, ça suppose quoi ? Ça suppose qu'il faut travailler la taxation sur les véhicules agricoles qui restent à l'intérieur de la région. Pour fournir un poulet, pour fournir un cochon. Et ces véhicules ont besoin d'être allégés.

2:37
Présentateur

Ça peut se faire en combien de temps, Bernard Poignot ?

2:38
Bernard Poignant

Ah ben ça, je n'ai pas mission, d'abord, pour vous donner le délai. Le plus tôt, à mon avis, sera le mieux.

2:44
Présentateur

Mais ma question sur la manifestation chez vous, samedi ?

2:46
Bernard Poignant

Ensuite, je continue. Ensuite, il faut travailler l'éventuelle réduction du coût. Aujourd'hui, c'est 50% pour la Bretagne, 30% pour l'Aquitaine et Midi-Pyrénées. Peut-être peut-on faire mieux. Et il faut mettre à contribution la grande distribution. Ces trois pistes-là, j'espère qu'elles seront travaillées et que le dialogue sera renoué et qu'on trouvera des aménagements. Après tout, la Fédération nationale des transporteurs routiers n'est pas hostile à l'éco-taxe. Il y a des problèmes dans certaines régions et en particulier dans la nôtre. La manifestation de samedi, le droit de manifester est libre.

3:23
Présentateur

Non mais la dernière a été violente cette semaine. Vous qui êtes l'oreille, qu'est-ce qu'elle entend l'oreille ? Ça risque d'être violent ?

3:30
Bernard Poignant

Non, non. Moi, je n'anticipe pas les manifestations. Je constate leur nom, je constate leur allure, mais je ne suis pas un prévisionniste de manifestations.

3:39
Présentateur

Bon, vous avez parlé, Bernard Pognin, vous avez parlé du coût économique, le coût politique. C'est ce qu'on lit ce matin. Le gouvernement est paralysé. C'est comme ça que vous l'avez ?

3:46
Bernard Poignant

Non, je sais bien, c'est le commentaire habituel. Mais moi, je ne partage pas ça. Je pense que quand une société est fragile comme aujourd'hui, qu'elle est même éclatée, très ébranlée par la situation du pays, le gouvernement, comme le président, doit la piloter avec écoute, avec justesse, voire avec délicatesse.

4:06
Présentateur

Mais ça, ça ne se fait pas avant les vols de face, normalement ? Non, non, non. La politique, ce n'est pas ça, d'écouter avant et de décider ?

4:11
Bernard Poignant

Vous avez un peu, puis il réagit comme les Bretons ont réagi. Il faut tenir compte de ça. Aucune raison d'accroître la tension, aucune raison de mettre de l'huile sur le feu. Donc je trouve, autrefois, comment aurait-on fait ? Ça aurait été très simple autrefois, dans un autre fois de quelques années. On aurait perdu ses sommes d'argent, très bien. On aurait augmenté la dette. On aurait accru la dette. On aurait creusé les déficits. Cette situation est aujourd'hui impossible. Donc c'est beaucoup plus difficile de piloter un pays quand il est à bout de sa dette, quand il est au total de sa dette. Et c'est plus délicat.

4:46
Présentateur

Pardon, mais il y a des volte-faces, on a eu l'épargne, on a eu la taxe sur le BE, les frais de scolarité. Est-ce que le gouvernement ne peut plus tout faire ?

4:54
Bernard Poignant

Vous savez, les volte-faces, je n'appelle pas ça des volte-faces. Dans l'histoire d'un pays, vous savez, la volte-face de Juppé en 1995, la volte-face de Baladur, la volte-face de Villepin, vous en avez eu des quantités. Dans un laps de temps aussi court, c'est très rare.

5:07
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas la crédibilité de la parole politique qui est en jeu ?

5:10
Bernard Poignant

Je ne crois pas. Je pense que c'est la politique qui a des problèmes. Ce n'est pas à Héro, à Hollande et à d'autres. C'est la politique en général qui est ébranlée. C'est elle qui suscite du scepticisme dans le pays, à gauche comme à droite. Et je pense que c'est ça qui fait...

5:23
Présentateur

Oui, mais c'est la gauche qui est au pouvoir.

5:24
Bernard Poignant

Bien sûr, c'est elle qui prend. Bien sûr, c'est celle qui est au pouvoir qui prend.

5:27
Présentateur

C'est Pierre Moscovici qui a ouvert la boîte de Pandore, ouvert la porte au lobby en parlant en mois d'août de ras-le-bol fiscal.

5:34
Bernard Poignant

Ce que j'entends, Pierre Moscovici n'a pas adhéré au ras-le-bol fiscal. Il a simplement repris une expression dans un milieu où elle était employée parce qu'il y a une limite fiscale. Par contre, ce que je trouve regrettable, c'est qu'on ne redit pas assez à quoi sert l'impôt, à quoi sert la cotisation sociale. Ça sert à nos services publics, ça sert à la sécurité sociale. Il faut de temps en temps le rappeler.

6:01
Présentateur

Bernard Poignan, dernière question. Vous qui avez un bureau à l'Elysée...

6:04
Bernard Poignant

Un pigeonnier.

6:05
Présentateur

Un pigeonnier au-dessus du bureau de François Hollande. C'est dans l'actu ce matin. Y a-t-il un cabinet noir à l'Elysée avec ou bien une équipe chargée d'enquêter sur les affaires concernant l'ancienne majorité et Nicolas Sarkozy ?

6:17
Bernard Poignant

À ma connaissance, non. En tout cas, je n'ai jamais entendu parler de ça. Je n'ai jamais vu ça. Je ne crois pas que ça existe. Ce n'est pas le style Hollande, très franchement.

6:25
Présentateur

Bernard Poignan, maire socialiste de Quimper, conseiller de François Hollande. Merci d'avoir été sur France Inter.

6:30
Bernard Poignant

Merci beaucoup Alexandra Ben Saïd. Merci d'avoir regardé cette vidéo !