"Je ne suis pas pour une société de l'assistanat ou du farniente" : Manuel Valls s'oppose au revenu universel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 25 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:30FerméeÉludée
Manuel Valls, convenez-vous que votre campagne ne démarre pas bien avec seulement 200 personnes à Liévin ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à ces militants socialistes déçus par vous et qui choisissent Emmanuel Macron ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à ces militants socialistes ?
- 3:17OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a une gêne par rapport à l'action menée, Manuel Valls ?
- 3:45OuverteRéponse directe
Prenons un exemple précis : les accords de compétitivité signés chez Renault. Qu'en pensez-vous ?
- 5:12OuverteRéponse directe
Il y a quelques semaines, vous étiez Premier ministre d'un gouvernement, et un certain nombre de ministres ne se sont pas prononcés pour vous. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:26Invité politiqueFait
« J'assume ce que nous avons engagé pour redresser le pays. »
- 3:58Invité politiqueChiffre
« À Peugeot et à Renault, on recrée de l'emploi. On annonce la création de centaines ou de milliers d'emplois à Montbéliard. »
- 4:23Invité politiqueFait
« Grâce au CICE, au pacte de responsabilité, et grâce aussi à la loi travail et à la capacité des partenaires sociaux de passer des accords. »
- 9:50Invité politiqueChiffre
« En 2017, nous serons en dessous des 3% de déficit. »
- 10:02Invité politiqueChiffre
« Le déficit, quand nous sommes arrivés au pouvoir en 2012, François Fillon était Premier ministre, alors était de 5,1%. »
- 10:46Invité politiqueFait
« J'ai pris d'ailleurs la formule qui était celle de François Chérec, qui vient de disparaître, qui n'a rien à voir avec le revenu universel. »
- 10:56Invité politiqueFait
« Il ne s'agit pas de donner à tout le monde 800 euros. Il s'agit de fusionner les 10 minimas sociaux qui existent aujourd'hui. »
- 11:19Invité politiqueChiffre
« Simplifier, sous condition de ressources, cette allocation d'un peu plus de 800 euros. »
- 11:38Invité politiqueChiffre
« 8 milliards, ça n'a rien à voir avec un revenu universel qui irait au-delà des 300 milliards et qui est impossible à mettre en œuvre. »
- 12:56Invité politiqueChiffre
« Nous avons créé 60 000 postes d'enseignants ou 9 000 postes dans la police ou la gendarmerie. »
- 13:30Invité politiqueChiffre
« Créer des postes de magistrats : 1 000 sur le quinquennat. »
- 13:45Invité politiqueChiffre
« Vers un budget de la défense qui représentera 2% de la richesse nationale. »
Temps de parole
- Manuel Valls64 %
- Invité11 %
- Présentateur9 %
- ?5 %
- Invité 24 %
- Invité 32 %
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Bienvenue
à tous dans l'émission politique de France Info, une demi-heure ensemble comme tous les matins. Bonjour Jean-Michel Apathy.
Bonjour Fabienne.
Gilles Bornstein est là, et Guy Birenbaum est notre invité et candidat à la primaire à gauche, ancien Premier ministre.
Bonjour
Manuel Valls. Bonjour à chacun d'entre vous. Vous menez campagne pour la primaire des socialistes, vous étiez à Liévin dans le Pas-de-Calais dimanche, vous attendiez 400 personnes, il en est venu 200, et du coup on se dit que c'est assez symbolique de votre campagne qui ne démarre pas bien. Manuel Valls, convenez-vous de cette situation ?
Non, mais ça c'est votre commentaire. Le
constat de l'affluence, c'est pas un commentaire.
Je suis en campagne, engagé avec beaucoup de détermination, beaucoup de plaisir aussi,
parce
qu'aller à la rencontre des Français,
c
'est toujours un moment privilégié, je le ferai encore aujourd'hui à Clermont-Ferrand, après avoir visité un centre d'accueil et d'orientation qui accueille des réfugiés. Je sens, grâce à vous, grâce aux médias, mais aussi grâce à ces contacts, beaucoup d'intérêt des Français qui ne veulent pas se faire imposer leur choix, déjà à l'occasion de le dire, rien n'est écrit, cette primaire, comme d'ailleurs l'élection présidentielle, est ouverte. Et au fond, ce qui ne m'intéresse pas aujourd'hui, honnêtement, c'est le commentaire. Ça, je vous le laisse.
Moi, je ne commente
pas, mais moi, ce qui m'intéresse, c'est de convaincre les Français d'un choix. Moi, je ne veux pas, je ne veux pas qu'en avril et en mai prochain, les Français soient obligés, qu'on leur impose de choisir entre une droite dure, celle de François Fillon, et l'extrême droite de Marine Le Pen, qui ferait sortir le pays de l'histoire et qui ruinerait nos compatriotes.
Et donc, je
veux gagner et je veux convaincre.
Nous allons sortir du commentaire, Emmanuel Valls, et nous allons entendre des militants socialistes, d'anciens militants socialistes, qui se sont rendus cette fin de semaine dernière, la fin de semaine dernière, à un meeting d'Emmanuel Macron à Nevers. Et écoutez-les, ce sont des anciens militants socialistes, au micro de Julien Langlais.
Ils m'ont dégoûté, les frondeurs, tout ça. Le principal responsable, c'est Hollande, qui a tout foiré. J'étais au PS avant, et il m'intéresse parce qu'il a un langage tout à fait différent des autres, et c'est la jeunesse. Les dinosaures, il
y en
a marre. Il ne tape pas sur les autres, déjà, je trouve ça assez sympa. Il a des idées nouvelles, économiquement, il est assez calé, c'est de ça qu'on a besoin aussi.
Que répondez-vous à ces militants socialistes déçus,
par
vous, et qui choisissent Emmanuel Macron ? Quel est l'exercice de ce matin, Jean-Michel Apathy ? L'exercice de ce matin, c'est de vous poser des questions. Vous n
'êtes
pas obligé d'y répondre.
Si, si, moi j'y réponds tout le
jour. Alors, qu'est-ce que vous répondez à ces militants socialistes ? Avec
beaucoup de plaisir. Mais quel est l'exercice ? C'est de faire le procès, le bilan du quinquennat de François Hollande,
en interrogeant
des socialistes, ou
parce
que le monde a profondément changé. Parce qu'il n'a rien à voir, d'ailleurs, aujourd'hui, en 2017, avec 2012. Parce que les Français veulent parler de l'avenir. Et que, moi, je veux faire des propositions sur le revenu décent, et je ne sortirai pas de cette émission sans en avoir parlé, sur les petites retraites, sur la défiscalisation des heures supplémentaires. C'est cela dont les Français veulent parler. Ils
veulent qu'on leur dise, ils veulent qu'un
candidat leur dise, où
va le
pays ?
Est-ce qu
'il y a une gêne par rapport à l'action menée,
Manuel Valls ? Non, pas du tout. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, et je le dis ici devant vous. J'assume ce que nous avons engagé pour redresser le pays. Dans quelle situation avons-nous trouvé la France en 2012 ? La perte de compétitivité par rapport à l'Allemagne, le creusement des déficits publics et l'endettement, l'absence de confiance des entreprises. Je sais qu'il reste beaucoup à faire, notamment, c'est la priorité, c'est ma priorité, pour l'emploi. Mais prenons un exemple précis. J'entendais hier ces commentaires sur les accords qui viennent d'être signés, ces accords de compétitivité qui viennent d'être signés chez Renault.
Et
à Peugeot et à Renault, on recrée de l'emploi. On annonce la création de centaines ou de milliers d'emplois à Montbéliard. Pas de centaines de milliers, non. Des centaines ou des milliers, vous m'avez
mal écouté. Ah, pardon,
excusez-moi. Des centaines ou des milliers
à
Montbéliard
ou
à Rennes. La compétitivité de ces entreprises, je pense là à Renault, je parlais de PSA il y a un instant, à Flins ou à Meubeuge, reprend. Donc, grâce à quoi ? Grâce au CICE, au pacte de responsabilité, et grâce aussi à la loi travail et à la capacité des partenaires sociaux de passer des accords. Donc, je défends ce bilan, mais je suis candidat à la présidence de la République. Et je veux porter un projet, un projet qui allie, parce que je pense que c'est l'essentiel aujourd'hui. C'est au cœur d'ailleurs du questionnement des Français, du mal français, le redressement économique de la France que nous devons poursuivre, et l'indispensable refondation de l'Europe au service des peuples.
C'est cela dont les Français veulent entendre parler. Où va-t-on ? Et pas d'un congrès du Parti Socialiste, ce n'est pas mon affaire. Moi, je veux parler aux Français et les conduire là où ils veulent, c'est-à-dire redonner les raisons de l'espoir.
Alors,
une question
que
nous avons déterminée librement de Gilles Brunstein. On parlera de votre programme un peu plus tard. Une question politique à nouveau. Il y a encore quelques semaines, vous étiez Premier ministre d'un gouvernement, et un certain nombre de ministres ne se sont pas prononcés pour vous. Vous en avez même fait souffrir certains. On écoute Ségolène Royal, c'était ce week-end.
C
'est difficilement compréhensible.
C
'est vrai, ça n
'a
pas été compris de l'opinion.
J
'espère que c
'est
sincère s'il le dit. Mais c'est vrai que ce n
'est pas
compréhensif. On a beaucoup souffert du 49-3. Même en tant que membre du gouvernement, on a beaucoup souffert.
Elle
parlait donc du 49-3 et elle a souffert. Qu'est-ce que vous lui répondez
?
C'est difficile de gouverner.
C
'est difficile d'assumer les responsabilités. D'être
gouverné par vous aussi ? Non,
nous avons très bien travaillé avec Ségolène Royal, puisque quand je suis devenu Premier ministre, qu'elle a été nommée ministre de l'Environnement, nous avons engagé ensemble cette loi fondamentale de ce quinquennat, celle de la transition écologique, mais aussi ensuite la loi sur la biodiversité. Ce sont des lois importantes, d'abord parce que l'urgence climatique, ce n
'est
pas dans 20 ou 30 ans, c'est maintenant, c'est dans les 5 à 10 ans que
ça se joue. Ce n'est pas ce dont elle parle.
Oui, moi encore, je parlerai des questions de fond, parce que
c'est ça qui m'intéresse. C'est un signal de ce
qu'elle dit. Vous avez troublé en début de campagne.
Vous
avez mal commencé votre campagne. Non,
mais
ça, Jean-Michel Apathy, j'en ai assez de vos commentaires, pas les vôtres, de ce type de commentaires général. Ça n'est pas mon problème. Moi, je suis candidat parce que je veux gagner, parce que je veux que la gauche soit au deuxième tour, parce que je ne veux pas que le choix des Français soit entre la droite, dure, conservatrice, celle de François Fillon et l'extrême droite. Parce que je pense
que
ce que je porte, ce que j'incarne, c'est-à-dire une république forte, la sécurité des Français, la laïcité, cette belle passion de l'égalité, une France juste, parce qu'il y a aujourd'hui beaucoup de Français qui souffrent, qui se sentent oubliés, méprisés, des territoires ruraux, mais pas seulement des villes moyennes, qui ne se sentent pas dans le coup de la mondialisation. Eh bien, je veux redonner de l'espoir. Et je pense que la France a toujours besoin de la gauche.
Vous me parlez de Ségalène Royal, nous avons bien travaillé ensemble, j'ai le soutien de beaucoup de ministres, et c'est bien, de beaucoup d'élus, mais ce qui compte à la fin des fins, je suis très heureux par exemple que Jean-Yves Le Drian ou Najat Vallaud-Belkacem soit à mes côtés, mais ce qui compte, ce qui compte avant tout, c'est le choix des Français. Et vous l'avez bien vu, vous vous êtes, nous sommes peut-être tous trompés ces derniers mois dans nos pronostics, dans le monde, en Europe et en France, ce sont les peuples qui décident. Pas les politiques eux-mêmes, et encore moins les journalistes.
Et on se retrouve...
Ils n'ont pas de
prétention.
Et on se retrouve dans 90 secondes sur France Info, voici L'Essentiel avec Victor Maté.
Un
peu plus d'un milliard, 200 millions d'euros, les retombées économiques de l'euro de football en France l'an dernier. L'organisation avait coûté officiellement 200 millions d'argent public. Cette étude doit être détaillée dans la journée par le ministère des Sports. Carrefour veut ouvrir la quasi-totalité de ses 230 hypermarchés le dimanche matin. Une décision de la direction contestée par la CFDT, le deuxième syndicat du groupe de distribution, organise donc une journée nationale d'action. Pas de magasins fermés a priori, mais des distributions de tracts et quelques débrayages possibles par endroit. Il va devenir le plus jeune membre de l'équipe de la Maison Blanche.
Donald Trump nomme son gendre, Jared Kushner, 36 ans, au conseiller à Washington. L'investiture du président américain a lieu dans 10 jours. Ce soir, Barack Obama prononce lui son discours d'adieu à Chicago. Toujours aux Etats-Unis, la Californie perd l'une de ses attractions touristiques. Un séquoia géant tombé avec la tempête de ses derniers jours. L'arbre millénaire, situé dans un immense parc près de Sacramento, était célèbre pour son tronc creusé qui formait une sorte de tunnel. Des centaines de milliers de personnes à Téhéran pour les funérailles nationales de l'ancien président iranien, Rafsan Jani, l'un des personnages clés du pays, mort dimanche à 82 ans.
Et puis la fin de 15 ans d'histoire entre Michel Sedou et le club de foot de Lille. Le LOSC annonce que le match de vendredi contre Saint-Etienne sera le dernier sous la présidence de l'homme d'affaires. Place ensuite au luxembourgeois Gérard Lopez. France Info. Emmanuel Valls dans l'émission politique de France Info. Ce matin, question Jean-Michel Apathy.
Le
programme que vous proposez aux Français, Emmanuel Valls, a surpris. Vous proposez un revenu décent, sous condition de ressources, pour tous les adultes. Vous voulez défiscaliser les heures supplémentaires, augmenter la prime d'activité, revaloriser les petites retraites et les retraites agricoles, baisser les prélèvements obligatoires pour les classes moyennes et modestes. Et la question des déficits dans tout ça, elle est oubliée, Emmanuel Valls ?
Jean-Michel Apathy, pourquoi il vous surprend ? Je n'ai pas à faire la démonstration du sérieux budgétaire. D'ailleurs, parfois, on nous l'a reproché de
tenir bon le cap du
tout.
En 2017, nous serons en dessous des 3% de déficit. Je n
'ai
pas de baisser le déficit pour baisser le déficit, mais parce que tout simplement, il en va de la souveraineté, de l'indépendance de notre pays. Le déficit, quand nous sommes arrivés au pouvoir en 2012, François Fillon était Premier ministre, alors était de 5,1%. D'ailleurs, il propose d'approfondir, d'enlever ce déficit. Non.
Pour vous, c'est un objectif toujours de
maintenir les équilibres budgétaires ? La maîtrise des dépenses publiques, c'est-à-dire
l'indépendance et la souveraineté de notre pays, c'est toujours un objectif. Moins de 3% en 2017.
1,2% en
2019
?
Je veux poursuivre la baisse des impôts que nous avons engagés, que j'ai engagés en 2014 pour les couches populaires, pour les classes moyennes, parce que les impôts sur les ménages ont trop augmenté entre 2010 et 2014. Depuis plusieurs mois, je réfléchis sur la question du revenu décent. Je me suis déjà exprimé. J'ai pris d'ailleurs
la
formule qui était celle de François Chérec, qui vient de disparaître, qui n'a rien à voir avec le revenu universel. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de donner à tout le monde 800 euros. Il s'agit de fusionner les 10 minimas sociaux qui existent aujourd'hui, parce qu'il faut davantage simplifier. Les gens ne comprennent plus. On ouvre des débats sur ces questions-là. On a le sentiment que certains gagnent plus sans travailler. On le sent bien dans la société. Simplifier, sous condition de ressources, cette allocation d'un peu plus de 800 euros.
Et notamment pour les jeunes, puisqu'ils n'ont pas droit aujourd'hui, entre 18 et 25 ans, parce que ça doit être une chose qui permette de l'autonomie, mais en le liant toujours au travail. Moi, je suis pour une société du travail, pour la dignité que procure le travail. C'est maîtrisé du point de vue financier, 8 milliards, ça n'a rien à voir avec un revenu universel qui irait au-delà des 300 milliards et qui est impossible à mettre en œuvre.
Je suis pour des solutions
solides, réalistes, sociales. Je suis pour une société du travail, de la solidarité. Je ne suis pas pour une société de la cistana ou du farniennité. Je pense qu'une société a besoin des salariés, des citoyens ont besoin de travail et de dignité.
C'est le revenu décent que vous proposez. Vous écrivez page 48 de votre programme. Ce n'est pas en réduisant les déficits
qu
'on aura la croissance, c'est avec la croissance que nous aurons les déficits. C'est exactement ce que disent les frondeurs depuis 2014.
Non. C
'est la même phrase.
Vous avez changé ? Je suis dans un
dialogue. Pas du tout. Je suis dans un dialogue avec les Français. Nous n'avons pas mené de politique d'austérité depuis 2012. C'est pour ça que j'assume ce que nous avons engagé.
Ce n'est pas
ce que je vous dis.
La réduction des déficits. C'est avec la croissance.
Regardez ce qui s'est passé. Parce que c'est quoi l'austérité ? Parce que c'est le débat que nous avons eu. L'austérité, c'est baisser le salaire des fonctionnaires. Nous avons dégelé le point d'indice et revalorisé les salaires des catégories C et B, notamment. et je pense aussi aux policiers, aux gendarmes et aux enseignants. C'est quoi l'austérité ? C'est supprimer des postes dans la fonction publique. Parfois, nous l'avons fait dans certains secteurs, mais nous avons créé 60 000 postes d'enseignants ou 9 000 postes dans la police ou la gendarmerie. Nous avons à notre rythme baissé les déficits et je propose de garder ce rythme. Je propose de rester à 3%.
Je ne propose pas une marche forcée vers la baisse des déficits. Pourquoi ? Parce que je sais qu'il faudra demain financer encore davantage la protection des Français. Créer des postes comme je le propose, 1 000 postes par an de policiers et de gendarmes. Qu'il faut créer des postes de magistrats 1 000 sur le quinquennat. Qu'il faut aller, mais c'est important, pour justifier notamment ma réponse à la question de Jean-Michel Apathy qu'il faudra aller dans les années qui viennent, dans les années qui viennent, d'ici à 2022-2025, vers un budget de la défense qui représentera 2% de la richesse nationale. Donc du coup, il faut financer nos priorités,
il
faut maîtriser les déficits et il faut faire en sorte en financement les grandes dépenses de l'avenir, recherche, innovation,
transition écologique, numérique,
il faut soutenir la croissance.
Vous venez de parler de société de la solidarité et aussi la société de l'égalité. Vous l'évoquez dans votre programme, vous dites que vous voulez réduire l'écart de salaire homme-femme qui est de 19% aujourd'hui, ce sont vos chiffres. Je me fixe pour objectif de le diviser par deux en 5 ans pour qu'il ait disparu en 10 ans. Comment on fait
?
Par tous les moyens. D'abord par la négociation sociale, en impliquant pleinement les partenaires sociaux.
On
les oblige,
on les oblige, on les impose là.
Je
pense que
la discussion, le rôle des partenaires sociaux, des chefs d'entreprise, des syndicats est tout à fait essentiel. Je ne
sais
pas pour une économie administrée, je sais,
c'est pour cela que c'est difficile. Il
faut se donner des objectifs. L'égalité, femme-homme, sur le plan salarial, des responsabilités dans l'entreprise.
Je
n'évoque même pas des questions
de société. On parle
des
salaires.
On
parle
des salaires et des responsabilités dans l'entreprise, publique ou privée. Les cas. Il faut se donner cet objectif. Très volontariste. Je proposerai que l'une des premières conférences sociales qui pourraient se réunir après mon élection soit entièrement consacrée à cette question qui est celle de l'égalité entre les femmes et les hommes.
J'ai un autre. Comment on fait ? Il concerne votre programme de santé. On a beaucoup parlé de celui de François Fillon. Parlons du vôtre. Vous dites dans votre programme Je l'ai là que vous voulez en finir avec les dépassements d'honoraires en secteur 2 conventionné. Là aussi, comment on fait ? C'est à la base, c'est très répandu en France. Qu
'est
-ce que vous faites ? Vous interdisez aux médecins de dépasser des honoraires ? Vous ne remboursez pas
? L
'inégalité devant la santé, c'est accru
pour
beaucoup de Français.
Ce
qu'on appelle ces déserts médicaux.
C
'est-à-dire l'absence de
médecins
libéraux. Pas seulement dans les territoires ruraux, mais en banlieue, dans les villes moyennes que j'évoquais tout à l'heure. Donc, il faut une politique plus volontaire. Je ne
suis
pas là aussi pour administrer la santé. Mais il faut être plus volontaire. Donc,
ce sont des
objectifs ? Nous avons déjà mis en œuvre un certain nombre de mesures. Je pense à la création de maisons de santé, aux maisons médicalisées qui permettent, par exemple, à des médecins, des hôpitaux publics, de donner des consultations. Pas loin d'ici, d'ailleurs. Il y a cette expérimentation qui est mise en œuvre dans une ville comme Grigny. Vous vous rendez compte ? À 30 kilomètres de Paris, dans une cité populaire, ce sont aujourd'hui, heureusement, les médecins de l'hôpital sud-francilien qui viendront, qui viennent donner des consultations. Il faut multiplier ce
type de dispositifs.
Ensuite, il faut, et
c
'est une mesure de long terme, par ses effets, il faut, et je le propose, supprimer le numerus clausus des études médicales. C'est-à-dire qu
'il
faut que nous ayons plus de médecins et réformer nos études médicales. Et ensuite, il faut engager, mais je ferai des propositions, je donne aussi des orientations, j'écoute, je discute aussi avec les professionnels de la santé. Il faut être plus volontariste et sur le dépassement des honoraires et sur l'installation des médecins. Je pense qu'il faudra,
je
ferai des propositions précises, être plus coercitif dans ce domaine-là, puisque
aujourd'hui, il y a des
territoires où
il
n
'y
a plus de médecins libéraux. Et ce sont nos services d'urgence, par exemple, qui sont pris d'assaut un 31 décembre, pour prendre un exemple récent.
Il
est 8h50 sur France Info. On se retrouve dans un peu plus d'une minute, Victor Mataille. Reverse judiciaire en vue pour Jérôme Kerviel. Le parquet de Paris demande un non-lieu dans l'enquête pour escroquerie au jugement. L'ancien trader de la Société Générale accuse la Société Générale d'avoir trompé la justice. D'après lui, la banque connaissait les risques avant la perte des 5 milliards d'euros en 2008. L'appel aux dons de l'établissement français du sang, les réserves sont faibles en ce début d'année et les besoins énormes. Il faut 10 000 poches par jour pour soigner tous les malades de France. Une mobilisation en ce moment devant la centrale nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin.
Les syndicats d'EDF estiment que les 400 millions d'euros de compensation proposés pour la fermeture l'an prochain ne suffisent pas. Eux aussi vont venir crier leur désaccord des dizaines de députés et les républicains opposés à la fin du cumul des mandats. Ils espèrent faire changer d'avis François Fillon, le candidat de la droite à la présidentielle qui a déjà fait savoir qu'il ne reviendrait pas sur cette loi du quinquennat Hollande. Il reçoit ses élus à son QG de campagne à Paris. Dans la capitale, cet après-midi, mais d'abord à Marseille, ce matin, nouvelle manifestation des enseignants et des lycées en zone d'éducation prioritaire.
Une journée de grève pour le maintien des moyens supplémentaires alloués à leurs établissements. Et puis, plus de moyens, mais surtout plus d'équipes. La Coupe du monde de foot pourrait bien passer de 32 à 48 pays à partir de 2026. La proposition défendue depuis des mois par le président de la FIFA est étudiée aujourd'hui par la plus haute instance du football mondial. France Info. La suite de l
'émission
politique avec Manuel Valls ce matin. Jean-Michel Apathy, question. Farid Beignetou fut l'un des mentors des frères Kouachi. L'un des frères Kouachi, enfin, les frères Kouachi qui étaient impliqués dans l'assassinat des personnes et qui se trouvaient présentes dans les locaux de Charlie Hebdo il y a deux ans. Farid Beignetou a écrit un livre dont il assure actuellement la promotion. Cela choque les associations de victimes. Il était l'invité de Thierry Ardisson samedi soir sur C8
et
on écoute un extrait.
J
'ai
prêché
l'idéologie de la haine pendant des années. Ce n
'est
pas cette belle utopie qu
'on
m'a présentée au départ.
C
'est une idéologie qui appelle à tuer des gens.
Et
moi, j'ai prêché à ça pendant des années.
C
'est ça la réalité. Et ma part de responsabilité,
elle
est là. J'ai du mal à le dire mais elle est là. Elle est là.
Est-ce que vous êtes Charlie ?
De sorte que je suis Charlie.
Vous
croyez à se repentir, Manuel Valls ? Qu'est-ce qui vous inspire
?
Difficile de le commenter. Surtout dans ce moment-là où nous sortons à peine de l'anniversaire des deux ans de
Charlie,
de Montrouge et de l'Hypercacher. J'étais hier soir devant l'Hypercacher de la porte de Vincennes. Et quand on parle avec les survivants,
les
victimes, les proches des victimes et
je
n'oublie pas ensuite qu'il y
a
eu d'autres vagues d'attentats, il faut être très attentif à cette sensibilité à ce qu'ils peuvent ressentir. Et en même temps,
je
veux dire aux Français que la lutte contre le terrorisme,
la
lutte contre la radicalisation qui concerne plusieurs milliers de jeunes, cette transformation que nous avons dû opérer, ce changement de culture de sécurité
seront
là pour très longtemps et que nous allons vivre avec cette menace terroriste,
nous
allons vivre avec cette guerre que nous menons au terrorisme, notamment au Levant ou au Sahel, mais avec cette menace en France et en Europe, les attentats récents le démontrent.
Farid
Benyatou participe à des actions de déradicalisation. Est-ce que vous pensez que c'est sa place, que c'est normal ou est-ce que cela aussi contribue
à susciter le rôle des repentis,
le rôle des repentis, de ceux qui ont pris conscience de cette idéologie de haine, l'islamisme radical, la lutte contre le salafisme, contre les idées des frères musulmans, contre cet islamisme radical, la lutte pour l'égalité, pour la laïcité, tout cela est au cœur de mon projet, sont des priorités. Et ceux qui, à un moment ou à l'autre, ont été pris par l'islamisme radical, qui ont participé de cette dérive, alors avec le suivi nécessaire, bien évidemment, doivent en effet participer de cette lutte. Pourquoi ? Parce que les seules actions de sécurité, elles sont indispensables, antiterrorisme, renseignement, police, armée, justice, mais il faut que toute la société se mobilise.
Et donc, on aura besoin de chacun. Je pense par exemple que la réforme de notre psychiatrie, de notre pédopsychiatrie face aux fractures de notre société, aux dérives d'une partie de notre jeunesse et pas seulement dans l'islamisme radical, s'impose également. Ce sont des sujets difficiles, délicats, mais il faudra aussi les porter. Encore une fois, c'est un défi majeur pour la société française.
Libérance de
l
'ombre.
Page
30 de votre programme, vous avez la phrase suivante. Un certain nombre d'attitudes, de pratiques et d'institutions sont devenues intolérables aux yeux de nos concitoyens car elles incarnent une culture de l'irresponsabilité. Nous n'avons pas compris à quelles institutions vous faisiez référence. C'est la justice, la Cour de justice de la République ? Oui,
ça
peut être le cas, c'est un bon exemple. La Cour de justice de la République avec la décision qui a été rendue il y a quelques jours concernant Christine Lagarde. Prenons garde, au fond, c'est ce que je veux dire. La démocratie n'est plus acquise. Nous sommes sortis d'une période d'insouciance après notamment les attaques terroristes mais d'une manière générale en France, en Europe, dans les vieilles démocraties, la démocratie ne s'impose plus naturellement. Il y a la montée des populismes mais il y a aussi le rejet des institutions au sens très général.
Il faudrait supprimer la Cour de
justice de la République ?
J'ai l'occasion de le dire. Oui, je pense qu'il faut supprimer. Et rendre les
ministres à la justice ordinaire
? Oui, parce que c'est insupportable pour les Français. Ils ont le sentiment qu'il y a deux poids, deux mesures dans les actions de justice. Alors il faut sans doute trouver
évidemment
des sasses nécessaires. Mais voilà une réforme qui s'impose. Je suis très
frappé par le sens... d'autres institutions qui vous paraissent... Il
faut-il que d'une manière ou d'une autre les magistrats soient responsables devant quelqu'un, des décisions qu'ils prennent ?
Il
faut d'abord donner les moyens à la justice. Et il faut poursuivre le travail que nous avons engagé et avec Christiane Taubira et avec Jean-Jacques Urvoise. Il faut donner les moyens en magistrat, en poste de magistrat, je l'ai dit il
y
a un instant, de greffier, poursuivre les investissements, construire 10 000 places de prison, parce que nos prisons vieillissent, pour que ça ne soit pas non plus le lieu de la récidive. Il faut soutenir la pénitentiaire. Ces hommes et ces femmes travaillent durement. Il faut que chacun assume évidemment ses responsabilités.
Benoît Hamon
dit quand on est de gauche on ne se résout pas à l'incarcération.
L
'incarcération elle s'impose. Vous savez, face au terrorisme, à la violence dans notre société, au drame, nous évoquions les femmes, tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son conjoint. Face à la violence qui existe, bien sûr il faut s'attaquer aux causes,
je
ne l'oublie jamais, mais c'est ce que je propose pour une nation éducative, c'est ce que je propose quand je propose une France plus juste, la lutte contre les inégalités, qu'elle soit sociale, territoriale, la lutte contre les discriminations, mais enfin il y a cette violence et ce sont d'ailleurs toujours les plus modestes, les plus fragiles dans notre société. Les femmes, les personnes âgées, les jeunes victimes du racket, des personnes souffrant d'un handicap qui souffrent de cette autre inégalité qu'est la délinquance.
Donc quand on est de gauche, on n'accepte pas ces inégalités et nous avons besoin de places de prison, y compris parce que la situation dans les prisons, dans beaucoup d'entre elles, est intolérable, dans les maisons d'arrêt notamment. Donc il faut rénover et donc il faut construire de nouvelles places de prison.
Quand on est de gauche.
Dans deux jours, le premier débat aura lieu avec les autres candidats pour la primaire des socialistes, dont Maud, vous êtes content que ce débat se produise et qu'il arrive, vous risquez de...
Mais ce débat sera... ... Ce sera un peu tous contre Valls ? Non, ce débat sera passionnant. Il faut être tous pour les Français. Et moi, je veux encore une fois offrir un chemin pour une République forte, pour une France juste.
C
'est
ce
que je défendrais. C'est mon programme sur tous les sujets que nous avons évoqués et sur bien d'autres.
Merci d'avoir accepté l'invitation de France.
Merci à vous.
Et on se retrouve demain. Merci à vous.
Manuel Valls