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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 23 mai 2020 18 min

Sacha Houlié : "Le président a dit qu'il faut se réinventer : cela vaut aussi pour les campagnes électorales"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Sacha Houllier, vous êtes député La République En Marche de la Vienne, membre de la commission des lois à l'Assemblée. C'est aujourd'hui la passation de pouvoir pour les maires, 31 000 communes élus au premier tour. En quoi est-ce pertinent d'organiser le second tour le 28 juin prochain, plutôt qu'en septembre ou en janvier pour les 5 000 communes restantes ?

0:27
Sacha Houlié

D'abord permettez-moi d'avoir un mot de félicitation pour tous ceux qui ont pu être élus le 15 mars et donc qui ont dû attendre jusqu'à aujourd'hui ou jusqu'au 28 mai pour prendre leurs fonctions et donc assurer les fonctions de premier édile de leur ville. Ensuite sur la décision qui est celle prise par le gouvernement hier, je crois que c'est aujourd'hui la moins mauvaise, pas la meilleure, la moins mauvaise parce qu'il n'y en avait pas de bonne. Il n'y avait pas de bonne solution à décider que ce soit le 28 juin, le 21 juin, en septembre ou même en janvier et donc par rapport à ça, et ça a été dit par ailleurs, ça a été reconnu par le Premier ministre.

Il y avait des arguments dans chaque date, chaque argument était fort et puis il a fallu trancher, c'est la raison pour laquelle il a été tranché de le faire le 28 juin. Ce n'est pas forcément une mauvaise solution parce qu'il faut aussi déconfiner la démocratie. On le fait avec la démocratie sociale, avec beaucoup de négociations qui ont lieu avec des partenaires. Il faut que ce soit fait pour la démocratie finalement électorale, c'est-à-dire le renouvellement des maires, l'achèvement des opérations qui ont été entamées en mars dernier. Et sur ce sujet, il est important qu'on puisse avoir dans des villes finalement le renouvellement qui a été entrepris.

1:41
Invité

Mais est-ce qu'il n'y a pas le risque, certains le disent en tout cas, d'un retour d'une démocratie sans électeur ? Et est-ce que la première faute n'a pas été finalement de laisser le premier tour à sa date prévue ?

1:53
Sacha Houlié

Mais d'abord, on ne peut pas se dire qu'on aurait peur d'une démocratie sans électeur.

1:59
Invité

Il y a beaucoup d'absentions quand même.

2:00
Sacha Houlié

Non, mais on ne peut pas dire qu'on craint ce risque alors même que l'alternative serait qu'il n'y ait pas d'élection. Parce que s'il n'y a pas d'élection, précisément, il n'y a pas d'électeur.

2:13
Invité

Des élections différées, ce n'est pas pas d'élection.

2:16
Sacha Houlié

Et sur votre crainte, moi je la partage totalement. Je la partage totalement parce que ce que j'ai vu le 15 mars, dans les quartiers populaires de ma ville, c'est que les gens ne se sont pas déplacés. C'est les personnes qui aujourd'hui sont dans la plus grande précarité économique ou sociale qui finalement ont fait l'impasse sur ces élections. Alors que les élections municipales, c'est l'occasion pour elles de renouveler beaucoup de choses. D'enouveler les services sociaux de la ville, de dire leur point de vue sur le logement social, de dire leur point de vue sur les transports du quotidien. Donc on ne peut pas avoir ce genre d'élection sans ces personnes.

Mais c'est aussi la responsabilité de tous les partis politiques qui vont concourir dans les villes que d'aller chercher ces électeurs dans les nouvelles modalités. Il y avait eu le porte-à-porte qui a été le 15 mars. Il faudra trouver des méthodes alternatives. Et croyez-moi qu'on y travaillera, nous, pour ce qui concerne la ville de Poitiers où je suis candidat.

3:04
Présentateur

Vous laissez entendre que ce seront des élections de second tour qui vont retirer un peu de légitimité aux futurs élus ?

3:12
Sacha Houlié

Non, parce que la légitimité, elle s'obtient par la victoire lors du scrutin. Par contre, il faut s'assurer que personne, aucune partie de la population, et principalement ceux qui sont les plus précaires et qui ont besoin de la puissance publique, qu'elle s'exprime par l'État ou par les collectivités, que c'est plus précaire, ils aient une voix au chapitre. On ne peut pas faire d'élection avec une seule partie de la population. Et c'est peut-être mon plus grand regret par rapport à l'élection du 15 mars.

C'est que parce qu'une partie de la population, la plus exposée, la plus craintive, la plus vulnérable, s'est abstenue, eh bien, on a pu avoir le sentiment que cette élection avait été dénuée d'une certaine légitimité. Et ça, nous l'éviterons pour la suite.

3:51
Invité

Mais là, vous allez faire une campagne par téléphone ?

3:54
Sacha Houlié

Entre autres, mais je pense qu'il y a la présence sur les marchés, dans les quartiers populaires, effectivement, faire du rappel. Mais il y a beaucoup de nouvelles méthodes. Vous savez, le président a dit qu'il faut se réinventer. Eh bien, ça va aussi pour les méthodes de campagne électorale. On avait réinventé le porte-à-porte sur la façon dont on allait poser des questions aux gens plutôt que leur vendre un programme électoral. C'était en 2017. Eh bien, il faudra le faire aussi au niveau local. Et si ça peut creuser les ménages de chacun, c'est une bonne chose.

4:22
Présentateur

Vous l'avez dit, Emmanuel Macron a fait son mea culpa il y a quelques jours en déclarant « Sachons nous réinventer, et moi le premier ». Qu'aimeriez-vous qu'Emmanuel Macron change dans sa gouvernance ?

4:34
Sacha Houlié

D'abord, je pense que beaucoup de choses ont déjà changé. Si vous regardez les annonces sur le Ségur de la santé... Ce sera lundi. Oui, lundi, et qui est l'écho le 25 mai, lundi, de ce qui avait été annoncé par le président de la République le 25 mars à Mulhouse. Ce plan d'investissement dans l'hôpital, cette revalorisation des carrières, cette modification du fonctionnement à l'hôpital. Et vous savez, on a un CHU, nous ici, qui est un CHU important à Poitiers, où on a bien vu que lorsque c'était l'administration, l'établissement qui prenait la décision à la place des soignants dans les services, ça a dysfonctionné. Et ça, c'est ce qui se passe depuis 2009.

Donc c'est une première réinvention. La deuxième réinvention, c'est que, quand vous reprenez aussi le calendrier, après le discours du 25 mars, c'est le discours du 13 avril. Donc c'est l'attention qui est donnée, encore une fois, aux plus précaires et aux plus vulnérables dans notre pays. C'est à ce moment-là qu'on a dit qu'il fallait une aide exceptionnelle pour les types plus démunis.

C'est à ce moment-là qu'on a pensé, ce qui a été annoncé un peu plus tard, et donc l'aide alimentaire renforcée, un fonds de 39 millions d'euros, pour les personnes qui, aujourd'hui, ont besoin du secours populaire, des restos du cœur, de la Croix-Rouge, pour pouvoir se nourrir, et elles sont de plus en plus nombreuses. Et donc, à partir de là, il va falloir dérouler tout ce qui a été annoncé progressivement dans le confinement, et reprendre tous les mécanismes d'aide que l'on a besoin. Vous savez, le sentiment que ça donne aujourd'hui, c'est que la France régénère le modèle de l'État-providence. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu'en France, on a retrouvé toute la puissance publique de l'État et tout le rôle social qu'il a exercé, qu'il avait bien exercé, qu'il avait un peu perdu de vue au fil de différents gouvernements.

6:17
Invité

Qu'il avait bien exercé jusqu'à quand ?

6:20
Sacha Houlié

Qu'il a bien exercé jusqu'à ce que les conditions conjoncturelles, c'est-à-dire que comme l'économie allait un peu mieux, comme finalement les choses s'amélioraient, comme il y avait une forme de laisser faire, parce que la population vivait mieux dans son ensemble, eh bien, on a pu penser que l'État social devait réduire la voilure.

6:42
Présentateur

Sauf que, Sacha Houllier, les études d'opinion montrent qu'Emmanuel Macron n'a toujours pas convaincu l'opinion qu'il était le président des plus démunis. Il passe encore, Emmanuel Macron, pour le premier de cordée, pour le président des riches. Ça lui colle aux chaussures.

6:56
Sacha Houlié

C'est une vision qui, finalement, est assez franco-française, parce que chaque pays qui nous regarde depuis l'étranger ne vit pas cela. Alors, il y a ce que je viens de vous dire sur l'aide aux démunis, sur les fonds d'aide alimentaire, sur le report de la trêve hivernale, mais, y compris même, l'État est devenu le plus grand employeur du monde, avec près de plus de 11 millions de salariés qui étaient payés par l'État, où on a garanti, finalement, l'emploi et la garantie contre la destruction d'emplois. D'ailleurs, sur ce sujet, ce qui viendra après le Ségur, c'est précisément la façon dont on doit s'interroger sur l'emploi.

D'abord, pour revaloriser les salaires de ceux qui ont les salaires les plus modestes, et ça, c'est aussi aux partenaires sociaux de nous dire quel est un salaire modeste par rapport à un salaire plus élevé, et puis de revoir les conditions de travail pour les personnes qui, aujourd'hui, sont en télétravail, mais ont un cadre qui a évolué et qui peut paraître même aliénant parce qu'on travaille toujours tout le temps et qu'accroché à son ordinateur, eh bien, la durée légale de temps de travail ou, finalement, l'encadrement du travail n'a plus grand sens. Et ça, c'est pas acceptable parce qu'il faut que tout le monde puisse exercer son travail dans de bonnes conditions.

8:04
Invité

Et vous pouvez nous dire, aujourd'hui, que les décisions reviendront aux soignants puisqu'on voit bien que la centralisation administrative n'a pas marché ?

8:13
Sacha Houlié

Sur le sujet spécifique de l'hôpital, dès le mois de novembre 2019, certaines annonces avaient été faites dans le cadre des revalorisations salariales qui, aujourd'hui, sont jugées insuffisantes, y compris par nous, il n'y a pas de problème à l'admettre, et sur l'organisation spécifique de l'hôpital. Et cette organisation spécifique de l'hôpital, je l'ai dit, elle date de 2009. En 2009, on a considéré, le gouvernement de l'époque avait considéré que, pour des raisons d'efficacité, il fallait donner du pouvoir aux chefs d'établissement, au détriment des chefs de service, donc des soignants, dans les différents services, en gériatrie, aux urgences, en pédiatrie, bref.

Et ce qu'on s'aperçoit, c'est qu'à l'occasion de la crise, les décisions sont redescendues parce que l'urgence a nécessité qu'elle soit prise au plus près du terrain. Et donc, l'efficacité, elle a été trouvée parce qu'on a adapté la décision en faisant de la dentelle. C'est ce qui avait déjà été prévu pour être annoncé en novembre, et c'est ce qui doit être maintenant opérationnel dans une loi, puisqu'il faudra une loi pour mieux l'organiser. Sacha Houllier,

9:15
Présentateur

vous voulez faire passer le président Macron pour le président des plus démunis aujourd'hui, un président social. Or, vous voyez bien, au sein de la Macronie qui se divise chaque semaine un peu plus à l'Assemblée nationale, justement en reprochant au chef de l'État et à son gouvernement de manquer de clairvoyance sur la politique sociale, sur la politique environnementale également. Qu'est-ce qui se passe en ce moment chez les députés Larem pour en arriver à faire sauter la majorité absolue à l'Assemblée ?

9:45
Sacha Houlié

D'abord, c'est toujours une tristesse de voir des amis qui choisissent de dire que nous serions trop quelque chose ou pas assez quelque chose d'autre. Et donc, moi, j'ai beaucoup de respect pour les engagements qu'ils portent. Il y a des propositions qu'ont fait mes amis Aurélien, Mathieu, Guillaume, Émilie, bref, je pourrais citer les noms des personnes qui sont parties. J'ai beaucoup de respect pour leurs propositions et pour ce qu'ils portent comme combat politique.

Ce que je pense, c'est que les choses ont été infléchies dans de nombreux domaines, notamment, je parlais tout à l'heure en introduction du report de la trêve vernal, d'abord au 31 mai, ensuite au 10 juillet, c'est aussi parce que ces députés-là se sont mobilisés. Je pourrais parler de la façon dont on a obtenu à la Commission des lois la fin des détentions provisoires automatiques, c'est aussi parce que les députés se sont mobilisés. Et je pourrais même vous parler de quelque chose qui fait l'actualité aujourd'hui.

Cette décision du tribunal de commerce de Paris où un tribunal le tribunal de commerce de Paris décide que les petits indépendants, les artisans, les commerçants doivent être aidés par leurs assureurs pour indemniser leur perte d'exploitation.

10:49
Invité

Parce que c'est considéré comme une fermeture administrative.

10:53
Sacha Houlié

Vous savez, nous, les députés de la République en marche, on s'est tous mobilisés dès le début du mois d'avril. Ça a pris un écho dans le discours du président de la République qui avait avancé le 13 avril que les assureurs devaient être au rendez-vous.

Et finalement, c'est traduit par les juridictions aujourd'hui par cette volonté de dire vous avez une obligation à l'égard de tous ceux qui, quel que soit leur statut, qu'il s'agisse d'individus qui sont dans la précarité, qu'il s'agisse de commerçants d'artisans, qu'il s'agisse d'employeurs, qu'il s'agisse de travailleurs, il y a une responsabilité de l'État, il y a une responsabilité du milieu économique, il y a une responsabilité du tissu social à ce que tout le monde demeure solidaire et que la solidarité ne s'arrête pas lorsque l'on amorce la relance ou la reprise.

11:34
Présentateur

Et vous, Sacha Houllier, pourquoi n'êtes-vous pas rentré dans ce neuvième groupe qui a fait sécession au sein de la Macronie ou bien dans l'association En Commun, cette petite cinquantaine de députés qui veulent travailler sur leurs propres idées plus sociales, plus écologistes ? Pourquoi n'en faites-vous pas partie vous qui êtes aussi un ancien du PS ? Alors, j'ai au moins

11:54
Sacha Houlié

autant d'impatience que tous mes collègues. j'ai aussi manifesté cette impatience en 2015 parce que j'ai été le fondateur des Jeunes avec Macron où j'ai participé à l'aventure sur la création du mouvement qui est aujourd'hui le mouvement majoritaire.

12:07
Invité

Après avoir été militant du PS, Eric Desvaux le disait à l'instant. Vous ne le regrettez pas ?

12:12
Sacha Houlié

Je ne renie rien. Je ne renie rien de ce que je suis. Et sur cette question, je n'ai pas honte de dire que moi, je suis un fils ouvrier, que je me suis toujours battu pour faire mes études, pour les financer, pour aller à la fac de droit qui était assez conservatrice à l'époque et auquel je n'ai pas été forcément bien accueilli. Mais tout ça pour vous dire que je ne renie rien de ces engagements-là et que je pense que la meilleure façon de faire évoluer les choses, c'est aussi dans un groupe majoritaire où il m'arrive et de perdre des combats et d'en gagner heureusement sinon ce serait assez pénible. Mais moi, je ne veux pas juger la façon dont chacun prend ses décisions.

Ce que je veux dire, c'est qu'il faut que chacun soit utile. D'ailleurs, ce que je remarque, c'est que tous ces députés-là, il y a une constante qui ne remettent pas en cause. C'est leur fidélité et au Président de la République et aux promesses de la campagne de 2017.

13:00
Présentateur

Enfin, l'association en commun peut-être, mais le 9e groupe fait carrément ses sessions tout de même. Oui,

13:06
Sacha Houlié

sauf que dans les déclarations qui sont les leurs, il y a cette fidélité réitérée au Président de la République qui est celle que disent et qu'assument les parlementaires qui en font partie.

13:16
Présentateur

Sacha Houllier, on va aller au standard de France Inter, 01, 45, 24, 7000 avec des questions ce matin aux députés La République En Marche de la Vienne, Sacha Houllier, avec Simone qui est en ligne. Bonjour Simone.

13:29
Invité

Oui, bonjour.

13:30
Présentateur

Quelle est votre question ?

13:31
Invité

Eh bien, ma question, c'était peut-être une suggestion pour ces élections qui semblent perturber un peu tout le monde. Pourquoi ne pas adopter un système mixte, un système de vote par Internet pour les gens qui peuvent accéder à Internet et puis peut-être même l'étaler sur deux jours pour éviter les bugs.

13:49
Présentateur

Vous parlez des municipales ? Absolument,

13:51
Invité

absolument, qui sont prévus fin juin. Et puis ouvrir les bureaux aux gens qui n'ont pas accès à Internet, voilà.

13:58
Présentateur

Sur l'organisation de ce second tour des municipales, on sait qu'il y aura extrêmement suivi les barrières sanitaires. Est-ce qu'on peut aller plus loin avec pourquoi pas des votes par Internet ?

14:10
Invité

On a parlé de votes par correspondance aussi.

14:12
Sacha Houlié

Il y a effectivement des mesures barrières qui seront respectées. Il y a le port de masse obligatoire pour les assesseurs comme pour les électeurs sur la création d'un vote par correspondance massif. Je ne suis pas sûr qu'on puisse être prêt malgré toutes les révolutions techniques qu'on a fait jusqu'à présent et qui ont été l'œuvre de la crise et qui ont montré une grande adaptabilité. Je ne suis pas sûr qu'on soit prêt encore tout de suite pour ce vote sur Internet depuis chez soi. Et je pense qu'il y a aussi un acte démocratique, un acte citoyen qui conduit à se déplacer au bureau de vote.

Vous savez qu'on va renforcer très très fortement le mécanisme des procurations pour qu'on puisse en porter plusieurs, pour qu'on puisse le refaire, pour qu'on puisse les prolonger par rapport à celles qui avaient été données pour le premier tour. Et donc, par rapport à ça, tout ce qui pourra être mis en œuvre de façon technique d'ici le 28 juin pour que la participation soit significative, que la légitimité soit renforcée et encore une fois, encore une fois, que toutes les personnes puissent s'exprimer et principalement celles qui ont le plus d'intérêt à ce que les services publics locaux soient puissants, eh bien, nous le ferons et nous ne lésinerons pas sur les moyens.

C'est un engagement à la fois du Parlement, mais je crois que c'est la volonté aussi du gouvernement.

15:20
Présentateur

Frédéric nous attend au standard pour vous poser une question, Sacha Houllier. Bonjour Frédéric.

15:25
Locuteur non identifié

Oui, bonjour à tous. Monsieur Houllier, bonjour. Bonjour. Vous avez beaucoup parlé des pauvres, des classes populaires ce matin, je suis désolé, mais je vais être obligé de vous reparler des riches. Pour rembourser ne serait-ce qu'une partie des dépenses liées au coronavirus, le gouvernement s'est empêché de dire qu'il n'y aurait aucune modification du système fiscal et vous allez recourir uniquement à l'emprunt, c'est-à-dire avec intérêt qu'il faudra payer et emprunt qu'il faudra de toute façon un jour rembourser par l'impôt.

Alors, dans le cadre de l'impôt, je voulais savoir pourquoi le gouvernement s'acharne de façon absolument incompréhensible à ne pas vouloir établir l'ISF et à supprimer la flag tax, de ce que pour rembourser une partie des dépenses, d'autant et surtout que ces deux mesures, tout le monde le sait et je peux vous donner les chiffres pour le démontrer, sont totalement inutiles au plan économique et ces sommes-là ne vont pas à l'investissement. Elles sont un pur cadeau fiscal qui devient aujourd'hui, est-ce que vous le comprenez, totalement inacceptable pour la majorité des Français.

16:22
Présentateur

Merci Frédéric. Sacha Houllier, l'ISF, un impôt désuet selon Bruno Le Maire.

16:28
Sacha Houlié

Alors, désuet, probablement, en tout cas, c'est un impôt que personne ne nous a copié dans tout le monde entier et dans l'Europe. Ce que je veux dire par là, c'est que d'abord, le recours à l'emprunt, il n'est pas seulement français. Il est aussi européen dans des proportions qui ont été inégalées, 500 milliards d'euros, pour aider tous les pays avec des conditions de remboursement qui sont étalées et par ailleurs avec une mutualisation de tout le risque qui est lié à la dette. Et donc, par rapport à ça, sur le soutien à l'économie par la dette, il est massif, il est globalisé, il est européen et c'est heureux comme ça, il faut s'en réjouir. C'est finalement une très bonne nouvelle.

Sur les impôts. Et je vous presse un peu, il reste quelques secondes. Sur les impôts. Aujourd'hui, si on explique aux Français qu'on va augmenter les impôts pour tout le monde, eh bien, je pense que finalement, on ne parviendra pas à sortir de la crise. Et puis, si on se concentre sur le seul impôt sur le revenu, à mon avis, on se trompe parce que c'est probablement d'autres impôts qui permettraient d'être source de justice sociale ou de justice fiscale, mais ce n'est clairement pas l'actualité, ça a été dit par le gouvernement.

17:32
Présentateur

Sacha Houlier, député, la République en marche de la Vienne. Merci d'avoir répondu à l'invitation de France Inter. Merci et bonne journée.

Sacha Houlié : "Le président a dit qu'il faut se réinventer : cela vaut aussi pour les campagnes électorales" — Sacha Houlié · Pourquijevote