«On a mis en place un système européen complètement fou»: N. Dupont-Aignan
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour Madame.
Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce matin. Je le disais, on va évidemment revenir longuement sur cette attaque terrible au couteau, ces images qui font froid dans le dos, des questions, des interrogations quant aux motivations du suspect, de son profil évidemment. D'abord, on vient tout juste de l'apprendre, le président de la République et son épouse se rendent sur place. La première ministre accompagnée de Gérald Darmanin était hier auprès des services de secours. Elle a parlé d'un acte absolument indigne. Le président de la République parlait d'une lâcheté absolue.
La pire journée que les Français aient connue depuis que je suis ministre de l'Intérieur, disait Gérald Darmanin, sur TF1 hier soir. Est-ce que selon vous, aujourd'hui, la réponse du gouvernement est à la hauteur de l'événement ?
D'abord, il est normal que le gouvernement, le président de la République et tous les Français soient unis dans ce moment abominable. Parce que c'est la remise en cause, en fait, de toutes nos valeurs. S'attaquer à un bébé de 22 mois, c'est abominable, c'est contraire à tout ce que nous sommes.
Je rappelle, 4 enfants encore en urgence à l'événement du matin.
Et j'ai regardé la vidéo parce que j'avais peur de la regarder. Je l'ai regardée et quand on la regarde, on voit encore plus la révolte qui nous anime tous. Donc, moi, je pense qu'il est très important qu'il y ait ce temps d'émotion naturel. Et n'attendez pas de moi des polémiques ce matin. En revanche, le rôle d'un homme politique et d'un responsable politique, c'est ensuite de tirer les leçons des événements graves qui se produisent dans le pays. Et comme cela fait maintenant à plusieurs reprises que nous subissons des événements de nature différente à chaque fois, mais quand même avec des profils particuliers, on a le droit, le devoir de dire « ça suffit ». « Ça suffit ».
Je reprends vos mots, Nicolas Dupont-Aignan. N'attendez pas de moi ce matin des polémiques. Malgré tout, les réactions politiques interrogent, désirent, quelques minutes, quelques heures après qu'on ait appris cette attaque. Je pense à votre tweet, je pense à des réactions de responsables politiques chez les Républicains, avec des imprécisions, avec des informations non vérifiées. Est-ce que parfois, vous ne dites pas que la précipitation est mauvaise conseillère ?
En tout cas, pas de ma part.
N'y a-t-il pas eu des mots ?
Non, écoutez, à chaque tragédie, on instrumentalise toute réaction pour dire « il ne faut pas parler ». Moi, je pense au contraire que le problème, c'est que la politique des bougies, la politique des fleurs, elle est normale, bien évidemment, parce qu'elle exprime une indignation. Mais que le rôle d'un homme d'État, c'est à un moment de dire « ça suffit », qu'est-ce que je propose ? Attendez, qu'est-ce que je propose ? Parce qu'il ne s'agit pas de dire, et moi j'ai toujours été clair là-dessus, vous pouvez prendre toutes les mesures, vous n'empêcherez peut-être jamais à un moment un acte isolé. Simplement, le problème aujourd'hui, c'est que ce ne sont plus des actes isolés.
J'ai regardé hier une liste de toutes les tragédies que nous avons eues depuis des années. Mais il y a un problème, aujourd'hui évident, d'absence de maîtrise de notre immigration. La plupart des assaillants, des auteurs des tragédies, n'auraient jamais dû être sur le sol français. On va revenir sur ce constat. Et donc il y a un moment où il est normal qu'on apporte des solutions pour que cela ne se reproduise pas. Et moi j'en ai assez que sous prétexte du drame, on n'ait pas le droit de réfléchir. L'émotion, oui, la raison, aussi.
Elisabeth Borne disait hier, il faut mêler les deux. Il faut mêler les deux, mais il y a le temps de l'émotion, le temps de l'enquête aussi, parce que toutes les réponses ne sont pas apportées. Ah oui, mais on nous dit ça à chaque fois. Et de préciser avant de s'emballer.
Non mais il ne s'agit pas de s'emballer. Mais en revanche, il ne s'agit pas de dire, il y a le temps de l'émotion, on a le droit de rien dire, on en parlera plus tard, et puis après on n'en parle plus. Et puis ça recommence. Les Français n'en peuvent plus. Et je le dis très clairement, si les responsables politiques ne prennent pas leurs responsabilités rapidement pour changer le système migratoire français, les Français se feront justice eux-mêmes, puisque l'État ne le fait pas. C'est ça la réalité.
Vous n'encouragez pas les Français, j'espère, à faire justice eux-mêmes.
Mais si l'État n'agit pas, que fait-on ? On se laisse trucider ? On laisse nos enfants égorger ? Revenons sur le profil. Voilà, donc maintenant ça suffit. Il faut proposer des mesures, c'est notre rôle, et il faut surtout arrêter les discours et prendre des actes. Et moi j'en propose depuis toujours, et je n'ai jamais changé d'avis. On va y en venir pour être très précis. Avec des mesures très précises, parce que je pense qu'il ne s'agit pas de dire que c'est la faute de l'immigration, il s'agit de dire comment, concrètement, on peut réduire le risque. Principe de précaution.
Et j'ai toujours, pendant mes campagnes présidentielles, essayé d'être précis, avec des mesures pas générales, pas d'anathème, pour réconcilier et renforcer l'autorité de l'État, pour que les Français soient protégés.
L'enquête permet d'établir plusieurs éléments, notamment concernant ce profil de cet assaillant. Un homme de 31 ans, syrien, avec un statut de réfugié au titre du droit d'asile obtenu en 2013 sur le territoire suédois. Il apparaît qu'il est en France depuis environ 8 mois, qu'il a fait une demande d'asile sur le territoire français. En Italie et en Suisse, a-t-on appris également de la bouche du ministre de l'Intérieur hier. Demande de droit d'asile qui lui a été refusée par la France et les autorités françaises, 4 jours avant l'attaque survenue hier.
D'ailleurs, Gérald Darmanin mettait ces deux faits en perspective, disant que ça pouvait peut-être être une réaction, une explication à son geste. Mais ce qui apparaît, c'est qu'il était en situation régulière sur le territoire français.
Eh bien, c'est là le problème. Le problème de fond, que je ne cesse de dire depuis 20 ans, c'est que le système européen qu'on a mis en place est un système qui supprime toutes portes et fenêtres à la Maison France. Nous ne maîtrisons plus rien.
Mais pour vous, son statut de réfugié en Suède aurait dû l'empêcher de voyager dans le territoire européen et l'espace chaguer.
Parce que moi, je ne mens pas aux Français, comme certains hommes politiques, qui disent qu'on peut prendre des mesures sans changer le fonctionnement européen. Ce n'est pas vrai. On a mis en place un système européen complètement fou qui déresponsabilise les autorités nationales. Je voudrais juste expliquer de quoi il s'agit. C'est-à-dire que les pays qui laissent entrer des gens ou qui donnent des statuts de réfugiés, ensuite, ne sont plus responsables de la personne. Puisque la personne peut circuler à travers toute l'Europe.
Parce que c'est l'espace Schengen et qu'il y a une liberté de circulation.
Et c'est pourquoi il faut le supprimer. Il ne faut pas mentir aux Français. Avec l'espace Schengen, la sécurité des Français ne sera jamais assurée. Vous parlez aussi de gestion catastrophique du droit d'asile ? Je finis. Je veux rétablir les frontières nationales, car les seuls pays qui maîtrisent les choses sont les pays qui ont des frontières nationales. Et vous remarquerez d'ailleurs que souvent on cite le Danemark, qui est dans l'Union européenne, comme un pays qui a réussi à traiter le problème migratoire.
Un gouvernement socialiste ?
Tout à fait. Mais le Danemark a contrôlé ses frontières et a maintenu sa frontière nationale avec une dérogation et ne respecte pas d'ailleurs la demande de l'Union européenne de la faire sauter. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pour moi, quand on doit avoir une responsabilité nationale, parce que le ministre de l'Intérieur, l'autorité politique française, est responsable des gendarmes français, des policiers français, et n'a pas à dépendre du policier grec, du gendarme italien, du statut suédois.
Cet homme-là, si on appliquait ma position et mes propositions, serait resté demandeur d'asile en Suède, parce que la Suède lui a donné la demande d'asile, est responsable de lui, et n'aurait jamais dû franchir la frontière française. Mais comme il n'y a plus de frontières, comment voulez-vous gérer l'immigration ? Ça, c'est le premier point. Et le deuxième point fondamental, c'est le dévoiement d'une demande d'asile. Moi, j'ai toujours proposé que les demandes d'asile soient examinées en centre de rétention, aux frontières.
À l'extérieur de l'Europe, vous le réclamez aussi ?
Non, parce que le principe d'un demandeur d'asile, c'est qu'il fuit un pays où il est opprimé ou en danger. Simplement, il doit s'arrêter à la frontière française, il y aurait des centres de rétention, où on examine sa demande et il n'en sort pas tant que la demande n'est pas examinée, parce que vous savez ce qui se passe. 150 000 demandes d'asile en 2022. 50 000 accordés. D'accord ? 50 000. 100 000 refusés. Mais ces 100 000, on ne les expulse plus. 100 000, c'est la ville de Rouen, c'est la ville de Nancy.
Ça veut dire que chaque année, en 2022 du moins, parce que ça a augmenté, en 2022, vous avez 100 000 demandeurs d'asile que l'autorité française estime ne pas avoir le droit d'être dans notre pays, mais qui ne sont pas expulsés pour la plupart. Vous savez combien il y a eu d'expulsions ? Il y en a eu 11 000 et des poussières en 2022.
Donc ça veut dire... Il n'était pas frappé d'une OQTF encore une fois, le suspect d'hier ?
Je suis très clair. C'est pourquoi je dis que ceux qui disent que la gestion est catastrophique, là, il n'y a pas eu de faute des autorités françaises. Elles ont appliqué la loi européenne. Si on veut rétablir la sécurité en France, contrôler nos flux migratoires, on doit continuer à avoir des relations européennes. Il ne s'agit pas de sortir de tout. Il s'agit simplement de rétablir nos frontières nationales, de gérer nous-mêmes nos demandeurs d'asile et d'interdire la circulation des demandeurs d'asile au sein de l'Union européenne.
Je vous entends, mais est-ce que vous ne dites pas, est-ce que vous ne constatez pas aussi que ça peut être une promesse illusoire ? Parce que ça veut dire quoi ? Mettre un policier derrière chaque demandeur d'asile aujourd'hui qui bénéficie de ce statut ?
Je vous dis exactement l'inverse. Je dis que les demandeurs d'asile doivent être gérés par pays, qu'on peut avoir la libre circulation des Européens, qu'un Allemand peut venir en France, un Italien. En revanche, toute personne des pays tiers devra être contrôlée à la frontière nationale. Ça veut dire que si les Français veulent la sécurité, ils remettent une porte et une fenêtre à leur maison. Chez vous, vous êtes peut-être dans un appartement, vous n'avez pas supprimé les portes qui donnent sur l'escalier. Il y a une porte en bas, c'est la porte européenne, c'est le code qu'il y a en bas, mais vous rétablissez votre porte, vous ne laissez pas rentrer chez vous, il n'y a pas table ouverte.
Vous savez, on a menti aux Français. Les dirigeants politiques, la plupart des partis ont menti aux Français en leur disant « On peut tout ouvrir et vous serez en sécurité ». Ce n'est pas vrai. La plupart des pays du monde contrôlent leurs frontières, c'est tout.
Appeler hier à changer un certain nombre de règles européennes sur ce point, vous, finalement, êtes sur les mêmes.
C'est même plus loin que lui. Je ne dis pas changer des règles européennes, parce qu'on ne les changera jamais. Ça fait 20 ans qu'on le dit. Je dis que la France doit rétablir d'autorité ses frontières nationales. D'ailleurs, même Schengen le permet pour six mois. On pourrait le faire. Si j'étais ministre de l'Intérieur ou président de la République aujourd'hui, aujourd'hui, je rétablirais les frontières nationales pour six mois.
Est-ce que vous dites aussi, comme Éric Ciotti, le patron des Républicains, il y a une dimension, on semble noter, à une dimension psychiatrique chez cet individu, qui n'est pas assez aussi traitée aujourd'hui ? La garde à vie semble se passer très difficilement. Il répond très peu aux questions.
Mais, bien évidemment, c'est pourquoi les demandes d'asile doivent être traitées dans un centre fermé, et que, en attendant la réponse, et d'ailleurs, entre nous, là, il y a eu un problème, c'est huit mois, ou un peu moins de huit mois.
Il a fait cette demande au mois d'octobre dernier, au novembre dernier.
Il suffisait de consulter un fichier pour savoir s'il l'avait déjà demandé en Suède. Alors, s'il faut huit mois pour savoir, ça montre bien que le système européen ne marche pas. Vous savez, quand il y a un vice de construction, quand il y a un prototype, un avion qui ne marche pas, qui ne décolle pas ou qui s'écrase à chaque fois, on change la règle. Or, vous allez entendre, là, aujourd'hui, demain, pendant une semaine, toujours les mêmes fadaises. Oui, il faut changer le système européen, mais à 27, on ne le changera pas. Rien ne changera.
Donc, soit on reprend notre souveraineté migratoire et sécuritaire, ce qui n'interdit en rien de travailler avec nos partenaires, d'avoir des échanges commerciaux. Encore une fois, ça ne veut pas dire de tout changer. Ça veut dire qu'on reprend en main nos frontières, qu'on reprend en main nos demandes d'asile, qu'on les exerce en centre de rétention et qu'on se fait respecter. C'est-à-dire que l'État, quand il délivre une obligation de quitter le territoire français, les fameuses OQTF, eh bien, il les met en œuvre.
Il y a un manque, finalement, d'efficacité.
Vous savez combien d'OQTF ont été respectés cette année ? En 2021, dernier chiffre, c'est 5,7%. C'est-à-dire que 5,7% simplement des OQTF, c'est-à-dire des obligations de quitter le territoire français, et je peux vous dire que pour avoir une OQTF en France, il faut vraiment avoir fait des choses graves, eh bien, il n'y en a que 5% qui sont respectés. Mais comment voulez-vous que la France soit respectée de l'extérieur ? C'est une honte absolue, ce qui se passe. Alors, ce n'est pas le cas de celui-là, attention.
Absolument. Il n'était pas visé par une obligation de quitter le territoire.
Le cas de ce Syrien demandeur d'asile suédois, c'est la faillite du système européen. En revanche, il y a aussi le problème des OQTF qui doivent être respectés. Donc, vous le voyez, frontière nationale, demande d'asile, OQTF, il faut reconstruire l'État. Reconstruire l'État.
Et ce message est bien passé, évidemment, une attaque qui intervient dans un débat politique où le projet de loi immigration déposé, qui devrait être déposé par le gouvernement, ne l'est toujours pas, avec, évidemment, des projets de loi déposés par les Républicains également. Juste, votre réaction quant à cette manifestation ? Ils étaient une cinquantaine, mais des manifestants, un collectif d'extrême droite. Est-ce que ça vous a choqué ? Est-ce que vous parlez de récupération, des slogans ?
Non. Je dis que ce qui m'a choqué, c'est qu'on interdise les manifestations...
En effet, qui n'ont pas été déclarées et non autorisées par la préfecture.
On n'a même plus le droit d'être ému dans ce pays. C'est-à-dire qu'on arrive à une inversion totale des valeurs. Alors, je ne partage pas et je ne souhaite pas qu'on mette de l'huile sur le feu. Je suis quelqu'un de raisonnable. Mais quand un État, quand des responsables politiques, pendant 20 ans, ont failli, ont failli, c'est du bavardage, ce sont des fadaises, ce sont des gens qui sont responsabilités depuis 20 ans, de droite, de gauche, qui sont rassemblés autour d'Emmanuel Macron, qui ne font rien. Enfin, il y a un moment, le peuple n'en peut plus. On ne va pas laisser égorger nos enfants. Ça, ce n'est pas possible. Donc, il y a un moment, je demande que la classe politique...
Par exemple, si j'étais président de la République, j'aurais réuni immédiatement, dans la semaine qui vient, toutes les forces politiques, pour qu'on se mette d'accord...
C'est peut-être partie des annonces que fera le président de la République. Mais vous appelez à ce que le chef de l'État rassemble et regroupe tous les groupes.
Mais j'appelle à ce que les Français, que le pouvoir politique, quel qu'il soit, qu'on se mette tous autour d'une table et qu'on prenne des mesures efficaces, et qu'il y ait un vrai débat, et que les Français sachent qu'on ne peut pas avoir l'ouverture à tout va des frontières et la sécurité. Il faut choisir. Moi, je présente une offre politique claire, dans le calme, mais la détermination, parce que je ne veux pas continuer à voir ça dans mon pays.
Est-ce que vous vous retrouvez dans les propositions de loi qui ont été déposées par les Républicains ces derniers jours ?
C'est celle que je propose. J'avais fait une demande en 2018, je l'ai amenée, une proposition de référendum, parce que c'est curieux quand même, l'immigration, c'est le seul domaine où jamais les Français n'ont été consultés. C'est quand même extraordinaire. Et donc, j'ai proposé un référendum avec des mesures, à l'époque, les Républicains l'avaient refusé, je me réjouis qu'ils évoluent. Moi, vous savez, toutes les mesures que j'ai proposées et qui sont reprises par d'autres, que ce soit Républicains de tous bords, j'en suis ravi, je veux qu'on règle le problème, c'est tout, je veux qu'on le règle.
Et vous partagez donc les propositions faites par Éric Ciotti, Olivier Marlech, qui sont encore Bruno Retailleau avec cette possibilité de répondre ?
C'est qu'ils ne sont pas cohérents sur un point. Et c'est ça qui ne va pas chez eux, et c'est pour ça que j'avais quitté l'UMP à l'époque. C'est qu'ils proposent des choses, mais ils ne veulent pas changer le fonctionnement de l'Union Européenne.
Visiblement si, ils ont bougé avec leur proposition de loi constitutionnelle.
Oui, mais ce n'est pas très clair. Ils veulent ménager toujours la chèvre et le chou. Moi, je le dis clairement, dans l'Union Européenne telle qu'elle est, c'est impossible. Donc, ça va dans le bon sens, mais il faut être clair. Ça veut dire primauté du droit national sur le droit européen. Ça veut dire sortir du système européen de gestion migratoire. Ça veut dire reprendre notre indépendance.
La réaction du gouvernement et celle du chef de l'État sur cette question et ce point est négative.
Ça veut dire qu'on ne réglera jamais le problème avec Emmanuel Macron, ce que je sais depuis longtemps, je me suis présenté contre lui. Donc, le problème de fond, est-ce que la France veut retrouver son indépendance et assurer sa sécurité, ou est-ce que les autorités politiques françaises sont soumises à des juges extérieurs, ou à des commissaires européens qui ne sont pas élus, et qui alimentent cette folie migratoire ? Parce que c'est ça aussi. Vous avez vu les chiffres de cette année. Il faut quand même savoir que jamais... Emmanuel Macron est l'homme de l'immigration massive.
500 000, on est à 320 000 réguliers, chiffre énorme, qui a augmenté, qui a doublé en 15 ans, et on est à trois fois plus de demandeurs d'asile qu'en 2007 ou 2010. Ça veut dire qu'on est 157 000 demandeurs d'asile, 320 000, on est presque à 450 000 par an, par an, sans compter les clandestins. Ça veut dire qu'en un quinquennat, c'est la ville de Paris. C'est ingérable. Le pays va exploser. Dans ce que propose le gouvernement,
d'un projet de loi qui n'a pas encore été présenté, qu'on ne connaît pas, dont on connaît un peu les contours, on ne sait pas exactement ce qui sera retenu à la fin, mais cet équilibre qui est proposé, notamment de régulariser les gens qui participent au métier dit en tension dans notre pays, ça par contre, vous ne le recevez absolument pas.
Absolument pas, c'est une régularisation déguisée. Le « en même temps » ne peut plus fonctionner. Vraiment, quand on égorge nos enfants, le « en même temps » ne fonctionne plus. Il faut maintenant des décisions. Je propose des décisions, il peut y avoir des compromis, moi je mets sur la table une proposition, je la défendrai jusqu'au bout, parce que c'est l'essence de mon combat politique depuis 20 ans, et j'aurais préféré avoir tort. Mais malheureusement, ce qui se passe, c'est ce qu'on avait prévu.
Au moment où l'on parle, Olivier Véran, qui est aussi interrogé, précise que deux enfants, là ce matin, sont toujours en urgence absolue. Effectivement, une émotion qui a gagné tout le pays, mais une volonté aussi du politique, peut-être de ne pas trop hystériser le débat.
Il ne s'agit pas d'hystériser que de dire la vérité. Il ne s'agit pas d'hystériser que de dire « on peut faire autrement ». Mais à quoi sert l'élection ? À quoi sert la politique ? À quoi sert le débat ? Si, en fait, on serait en pilotage automatique et on devrait subir éternellement. L'essence des peuples, c'est un moment de se réveiller. Moi, il ne s'agit pas d'hystériser. Au contraire, c'est si on n'agit pas qu'il y aura hystérisation. Et je me mets en garde.
Mais est-ce que vous dites ce matin, et la question est posée à beaucoup de responsables politiques, si vous aviez été aux responsabilités, ce drame aurait-il pu être évité ? Moi, je ne dirai jamais.
Je l'ai toujours dit, vous reprenez toutes mes interventions depuis dix ans après ces événements tragiques. Je n'ai jamais dit, moi, président de la République, il n'y aura jamais ça. Ce serait mentir, je n'ai pas le droit. En revanche, moi, président de la République, il n'y aurait pas de, en tout cas, de ces règles-là qui ont permis ça. Voilà. Il faut être précis. Moi, on ne peut pas garantir qu'il n'y ait jamais un attentat. Mais on ne peut pas continuer à subir des attentats répétits.
Je précise que le caractère terroriste n'est pas retenu à ce stade.
Oui, un attentat ou acte monstrueux. Vous avez raison de le préciser, madame.
On le rappelle, Emmanuel Macron est attendu dans la matinée avec son épouse sur place. Que doit-il dire ce matin ? Quelle réponse doit-il apporter ?
Il y a le rôle du président qui est le président de la République, de tous les Français, et qui doit bien évidemment être là, aux côtés des Français. Et c'est le sens, j'imagine, de ce déplacement. Et puis après, il y aura le temps, je l'espère, de la réflexion, des propositions et des actions. Et j'aimerais qu'on ne nous dise pas, il y a le temps de l'émotion, on verra plus tard. Et puis après, il n'y a jamais plus tard. Et ça recommence dans un 6 mois, dans 3 mois, dans un an.
Vous appelez le chef de l'État ce matin à réunir tous les responsables politiques
pour lancer un départ sur le sujet. Pour que les Français sachent ce que chacun propose en responsabilité, et qu'après, on voit ce que le gouvernement nous propose.
Nicolas Dupont-Aignan, merci beaucoup. Je le rappelle à suivre sur LCI dans une heure environ, l'arrivée du chef de l'État à Annecy, après ce terrible drame. Et je le rappelle donc, deux enfants encore, âgés de 22 à 3 ans, sont toujours en urgence absolue. Merci beaucoup tout de suite.
Nicolas Dupont-Aignan