« La nouvelle géopolitique – la France, l’Europe et le monde » - Introduction de Jean-Luc Mélenchon
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Le texte qui vient de vous être donné à un statut particulier, c'est un point d'étape d'une discussion qui a commencé maintenant, il y a plus de trois mois entre nous, car contrairement à certaines rumeurs, nous discutons beaucoup, mais nous le faisons avec discrétion, ce qui nous permet ensuite de pouvoir discuter de ce qu'on a fait et pas de comment on l'a fait. Et ce texte, donc, je vous promets une prochaine édition dans laquelle il y aura toute la partie Europe qui est encore en discussion entre nous, et tel qu'il se présente là, je vous promets aussi qu'il y aura une autre édition avec des intertitres et peut-être quelques illustrations pour le rendre moins austère d'apparence.
Il brosse un tableau d'ensemble et je voudrais le résumer à cet instant pour ouvrir les travaux de la journée qui devront être pris en compte pour la suite du travail que nous avons à accomplir. Je pense qu'il est acquis entre nous que l'ordre économique et l'ordre géopolitique sont intimement liés d'une manière générale. J'y ajouterai volontiers, pour ma part, que l'ordre symbolique et l'ordre culturel sont évidemment et aussi entraînés dans ce circuit. Nous nous trouvons, c'est ainsi, à la fin d'un cycle dans l'histoire de l'humanité et d'un cycle de grande ampleur.
Celui qui avait succédé à la réorganisation du monde après la défaite de l'Axe et la Deuxième Guerre mondiale et la fin du cycle qui lui-même s'était engagé après que la période dite de reconstruction ait donné tous ses effets. Au début des années 70, le capitalisme mondial tel qu'il était organisé à l'époque est entré dans la nécessité de devoir se réorganiser compte tenu de l'étouffement qu'il ressentait, du fait à la fois des raisons classiques, ordinaires, habituelles qui étouffent ce système de l'intérieur, mais du fait que le tiers de l'humanité était soustrait à la circulation qui produit l'accumulation du capital.
Et en 1970, la puissance dominante qu'étaient les Etats-Unis d'Amérique était elle-même dans un moment d'asphyxie qui l'a obligé à inventer un autre système d'organisation et de répartition des efforts et des gains. C'est ainsi qu'au mois d'août de l'année 1971, rompant avec ce qui était la règle pour tout le reste de l'humanité, les Etats-Unis d'Amérique ont décidé qu'ils ne feraient plus en échange d'un dollar quelque contrepartie matérielle que ce soit, et en tout cas en aucun cas la part d'or qui jusque-là s'attachait à un dollar. Évidemment, c'était décrété pour les Etats-Unis un privilège inouï de puissance qui était d'imprimer de la monnaie autant qu'ils le voulaient.
Surtout qu'ils s'étaient accordés avec les principaux bailleurs de la principale matière première de la période de la civilisation du pétrole, c'est-à-dire les monarchies saoudiennes, émiraties, etc. que les échanges concernant le pétrole dont tout le monde avait besoin et que tout le monde avait besoin d'acheter se feraient en dollars. De la sorte, il y avait en quelque sorte une compensation à chaque dollar et c'est sans doute la raison pour laquelle on les a appelés les pétrodollars, c'est-à-dire des dollars qui étaient garantis par le fait qu'avec ça on pouvait acheter du pétrole et des matières premières puisque progressivement ce privilège s'est étendu à toutes les matières premières.
Ça c'est 1971, mais dès 1972, avec la rencontre entre Nixon et Mao Zedong, une autre organisation s'est mise en place qui mettait en place un circuit où d'une part on délocaliserait, les Etats-Unis délocaliserait les productions de base pour en effondrer les prix et où l'accumulation des commandes permettrait à la Chine d'acheter des bons du trésor. C'était la contrepartie que l'un apportait à l'autre, d'un côté des commandes et du développement, de l'autre côté de l'accumulation et la garantie du système.
Cette courroie s'est mise en place en 1972 pour ceux qui étaient là à l'époque, peut-être se souviennent-ils de l'épisode charmant de la diplomatie du ping-pong qui prépara la rencontre entre Mao et Nixon qui était un événement mondial qui en plus remplissait une deuxième fonction très agréable pour l'impérialisme américain, de rompre le bloc communiste qui s'étendait de la Russie à la Chine. Si je mentionne ce point, c'est pour dire quel exploit a été de réussir à recoller les Russes avec les Chinois à la suite des aberrations de la politique nord-américaine. Mais c'est leur affaire.
Ça c'est 1970, 72, 1974, arrive l'accord dit du Plaza, ça se passe dans un hôtel où il est convenu que le dollar vaut ce que vaut un panier de monnaie. Autrement dit, comme l'a dit un américain, c'est notre monnaie, c'est votre problème. C'est ce système monde-là qui progressivement s'est mis lui aussi à caoter et jusqu'au point où il s'est auto-asphyxié. Pourquoi ?
Parce qu'il a généré évidemment une sphère financière gigantesque qui a fini par submerger tout le reste de l'économie dite réelle même si je sais que ce concept de économie réelle ou économie financière est contesté mais a submergé l'économie réelle au point que dans la sphère financière se réalisent des taux de profit sans aucun rapport avec ce qu'on peut obtenir de la production et de l'échange réel et donc cette sphère est devenue dominante. Il est clair que dès lors qu'elle est devenue dominante et incontrôlée elle a provoqué le désastre dont tout le monde se souvient en 2008 pour une sombre affaire de quelqu'un qui n'arrivait plus à payer la maison qu'il avait acheté.
Une catastrophe financière mondiale par effet domino. Un peu du type de celle que dorénavant on observe sous une forme plus ou moins violente tous les 10 ans et en ce moment même tout le monde serre les bras parce qu'il se reproduit dans la sphère financière une crise ayant pour point de départ l'explosion de la bulle qui s'est formée autour des entreprises d'intelligence artificielle.
Et évidemment le destin promis à ce modèle économique c'est évidemment l'effondrement à répétition sauf que chaque effondrement est plus puissant que le précédent et que les moyens avec lesquels on a réparé les précédents effondrements c'est-à-dire l'injection massive de monnaie a progressivement produit de moins en moins d'effets pour la raison que l'organisme mondial est saturé de liquidités qui montent ou descendent suivant les cours qui leur sont attribués mais en tout cas ça n'a plus l'effet de relance.
Comme en même temps la capacité économique ne s'est pas développée du fait de la stagnation de la productivité le système dans son ensemble est condamné à aller de crise en crise et évidemment d'effondrement en effondrement. La suite de 2008 a mis à nu quelque chose qui n'était pas prévu par la puissance dominante. C'est que la Chine ayant développé quelle stupidité fallait-il avoir, quel racisme fallait-il avoir pour considérer que les Chinois se contenteraient de produire à vil prix des marchandises plus ou moins discutables quant à leur qualité.
La Chine est la première civilisation du monde c'était le premier PIB au XIXe siècle avant que nous l'ayons effondré à coup de commerce de drogue et dès lors elle a su ce qu'il fallait faire pour développer à partir de ce qu'on lui commandait de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes et devenir la première puissance du monde accumulant des réserves considérables qui mettent tous les autres pays du monde en quelque sorte à sa disposition.
Mais elle pratique elle-même une forme particulière de développement dans lesquelles il n'y a pas de pratique impérialiste ou plus exactement il n'y a de pratique que dans l'organisation de circuits commerciaux dont il vise à assurer la stabilité sans que cela s'accompagne de chars, de militaires, de garnisons, de casernes, d'exécutions, etc. Du moins, c'est ce que nous avons pu observer jusqu'à maintenant. Mais en 2008, c'est la relance chinoise qui remet d'aplomb le système capitaliste mondial. Et dès 2010, il apparaît que pour la première fois la Chine devient la première puissance manufacturière du monde.
Et c'est alors que toutes sortes de gens qui avaient été assez superficiels et désinvoltes pour proposer, pour ceux qui s'en souviennent aussi, que dorénavant, le futur serait des entreprises sans murs, sans usines et sans ouvriers qui se contenteraient d'avoir des brevets, des licences, des dollars pour fonctionner. Et on a compris qu'on ne s'abritait pas dans une police d'assurance, qu'on ne se nourrissait pas avec un taux de change, et ainsi de suite.
La première puissance manufacturière est nécessairement la première puissance mondiale, car jusqu'à présent, nous nous nourrissons, nous nous vêtons, nous nous organisons à partir de réalités matérielles et pas seulement d'abstractions immatérielles comme les échanges de services. La Chine étant la première puissance manufacturière, immédiatement, l'impérialisme américain, je dis l'impérialisme américain parce que lui est un impérialisme assumé, et ceux qui en doutaient ont pu le vérifier dans la période récente, a immédiatement compris ce que cela signifiait. Si bien que, dès 2011, Mme Clinton et M. Obama parlent du pivot stratégique.
Ils comprennent que le centre du monde politique s'est déplacé du côté du centre du monde économique et que cela se déroule dans la zone que l'on appelait à l'époque Asie-Pacifique et que pour des besoins de propagande et de désignation de l'ennemi, on appelle désormais un dos pacifique. Mais il s'agit bien toujours du même endroit, c'est-à-dire de l'endroit qui représente 60% du PIB mondial, quelque chose comme 60 à 70% de l'humanité, etc., etc. Et ce pivot, selon les propos des responsables nord-américains, met à l'ordre du jour le fait qu'il n'y a pas de solution de marché à la compétition avec la Chine. C'est donc, lorsqu'arrive M.
Trump, il vient au bout de cette période dans laquelle quelque chose d'autre, évidemment, comment pourrais-je ne pas le mentionner, s'est produit. C'est l'effondrement de l'URSS qui laisse croire à la victoire absolue d'un modèle absolument alternatif. Cependant, là je donne mon point de vue personnel, les États-Unis d'Amérique sont une sorte de projection de la noirceur bureaucratique de l'URSS car elle fonctionne, elle aussi, sur des bureaucraties concurrentes qui opèrent dans l'ombre des conflits arbitrés par personne ou donnant lieu à des synthèses absurdes du genre, qui est notre ennemi ? Est-ce la Russie ou est-ce la Chine ?
Évidemment, les bureaucraties qui sont intéressées à l'une et à l'autre solution parce que derrière viennent des marchés d'armement, des déploiements de personnel, décident qu'on fera l'un et l'autre. C'est-à-dire, et la Russie, et la Chine. Résultat, vous l'avez sous les yeux. Alors, cet événement, lui aussi, a donné lieu à des déroulements, des développements qui ont fini une forme d'encerclement de l'impérialisme nord-américain. Et dans le temps où se déroule cette réorganisation politique, géopolitique, il y a évidemment un phénomène de polarisation sociale qui va s'étendre à la planète entière.
Premièrement, dans les économies dites développées, dans les pays dits occidentaux, le projet de moyennisation de la société comme promesse d'un futur désirable à la masse de ceux qui la composent, s'est effondré. À l'image de la polarisation à l'échelle du monde où 56 000 personnes possèdent autant que 2,8 milliards d'êtres humains. Cette accumulation extraordinaire qui s'est amplifiée est devenue le modèle général de toutes les sociétés qui ont accepté les règles de l'ordo-libéralisme. C'est comme ça que ça s'appelle. C'est-à-dire la politique ne se mêle pas d'économie et l'économie est d'autant plus brillante qu'elle est totalement dérégulée et que l'État s'en retire.
Dès lors que l'État s'en retirait, les nations qui sont constituées autour de leur État, comme c'est le cas de la nôtre, vont s'effondrant chaotiquement comme nous l'observons dans notre pays. Mais cela s'est passé dans des dizaines d'autres nations qui en étaient seulement à la construction de leur État et sur lesquelles on avait d'abord expérimenté les fameuses politiques d'ajustement structurel qui sont ensuite devenues la règle pour le monde entier. Nous voici donc rendus à une étape bien particulière. Vous remarquerez le rôle spécial que joue l'Afghanistan, petit pays, dans le déroulé de cette histoire.
C'est en Afghanistan que la Russie s'est brisée les dents, après les Anglais, après les Français et après tout le monde, pour la raison qu'il est impossible d'envahir l'Afghanistan et de l'occuper, parce qu'il ne se laisse occuper par personne. Si bien que la Russie s'est retirée d'Afghanistan et peu de temps après, compte tenu du coup qu'avait représenté la guerre d'Afghanistan sur la société soviétique, le révélateur qu'elle avait été de son inertie, de son incapacité à se renouveler, à prendre des décisions adaptées aux circonstances et pas simplement aux intérêts de sa bureaucratie, eh bien, l'URSS s'est effondrée.
Alors, on peut observer malicieusement que les États-Unis d'Amérique, qui avaient à leur tour envahi l'Afghanistan pour soi-disant les punir d'un crime qu'ils n'avaient pas commis, soi-dit par parenthèse, eh bien, après 20 années de désordre de toutes sortes et d'un circuit qui faisait que 80% de l'argent qu'on injectait là-bas revenait aux États-Unis d'Amérique à travers les ONG et les différentes organisations militaires qui s'activaient là-bas, après une guerre aux objectifs de plus en plus confus, avec des moyens de plus en plus discutables et dont les résultats étaient de plus en plus inconnus.
Souvenons-nous, par exemple, du largage sur l'Afghanistan de la bombe conventionnelle la plus grosse de l'histoire, qui paraît-il était équivalente à un pourcentage de la bombe d'Hiroshima. Personne n'a jamais su pourquoi on avait jeté cette bombe, sinon peut-être pour en débarrasser les États-Unis d'Amérique qui ne savaient où la mettre, ni comment la démonter, ni non plus quels résultats ont été obtenus par ce largage. Mais en attendant, l'Afghanistan, qui devait se terminer par une négociation, s'est terminé par une débatte épouvantable, est quelque chose qui ressemblait à la fin des États-Unis d'Amérique au Vietnam.
La différence, évidemment, c'est qu'après que les États-Unis aient perdu la guerre du Vietnam contre le courageux petit peuple vietnamien qui avait auparavant défait les Chinois, les Français, et une nouvelle fois les Chinois, eh bien, cette victoire laissait indemne le monde de la guerre froide, si bien que les États-Unis y avaient retrouvé naturellement leur place de premières forces armées. Là, après la défaite en Afghanistan, il n'y a aucun ordre du monde qui s'impose. C'est la raison pour laquelle nous avons été de violence en violence pour démontrer, comme l'avait d'abord dit M.
Bush père, lorsqu'il a organisé l'invasion de l'Irak pour empêcher l'Iran d'y avoir de l'influence, que chacun se souvienne que c'était le motif, et mesure le résultat magnifique qui a été obtenu depuis. Eh bien, depuis cette guerre, devait installer le nouvel ordre du monde sous l'autorité unipolaire des États-Unis d'Amérique. Alors, dans les débats est apparu un peu partout l'idée que le monde devait être multipolaire. J'en profite pour vous dire dès cet instant que ce n'est pas du tout la vision que nous portons. Nous ne portons pas du tout la vision d'un monde multipolaire, nous portons la vision d'un monde ordonné.
Et c'est parce que nous voulons un monde ordonné et non pas un monde multipolaire qui finit inévitablement dans la confrontation des nations et donc dans la guerre, que fondamentalement, des changements sont intervenus dans la manière avec laquelle nous posons les questions internationales. Je dis nous, ça désigne globalement ce que nous sommes politiquement, mais je dirais la gauche radicale, puisque j'observe que beaucoup des organisations de la gauche gauche se réfèrent à peu près au même cadre de pensée que celui dans lequel nous évoluons aujourd'hui. C'est-à-dire que le droit international y occupe une toute autre place. Pourquoi ?
Parce que, en définitive, les aléas de l'économie productiviste, capitaliste et les aléas de la géopolitique qui en résultent ne sauraient résumer la réalité mondiale à elle seule. La crise qui s'observe dans la nouvelle forme de la division internationale du travail qu'est la mondialisation d'un côté et la globalisation numérique de l'autre qui inclut la totalité de la production et des échanges dans un même espace numérique. Tout cela ne saurait résumer la crise globale de la civilisation humaine.
Celle-ci résulte des conditions que je viens de décrire puisque je vous l'ai dit en commençant, à nos yeux, la domination de l'empire nord-américain est assise sur un dollar qui n'existe pas en valeur mais lui-même est assis sur des matières premières et sur la première d'entre elles, le pétrole. Si bien qu'on peut dire qu'il y a un lien intime entre l'ordre géopolitique et la civilisation du pétrole et qu'il y a un lien intime que tout le monde connaît entre la civilisation du pétrole et la crise écologique globale.
C'est une seule et même réalité qui naturellement n'évolue pas au même rythme suivant les mêmes conditions ni dans les mêmes cadres mais qui forme un tout et qu'il faut penser comme un tout.
C'est pourquoi il y a un instant je disais nous ne prenons pas un monde multipolaire mais un monde ordonné car l'organisation générale du monde doit non seulement intervenir dans la sphère de la géopolitique dans la sphère de l'économie mais également dans la sphère de la régulation écologique ou plus exactement dans la sphère de l'adaptation de la civilisation humaine à la catastrophe écologique commencée et irréversible qui est signifiée par le changement climatique dont nous observons quelques effets dans notre pays depuis maintenant une semaine avec cette canicule.
Alors commençons donc par cette évolution des principes qui n'a pas été perçue par les observateurs qui d'une manière générale ne perçoivent rien notamment les observateurs médiatiques surtout eux qui n'observent rien et d'ailleurs ne s'y intéressent pas. Mais dans notre discours je pense au dernier conflit auquel nous avons été confrontés c'est-à-dire l'organisation méthodique du génocide à Gaza avec les événements du 7 octobre nous avons commencé pour notre part à nous référer de manière constante au droit international.
Je voudrais dire aux plus jeunes et à ceux qui ne le savent pas que la référence au droit international n'était pas du tout la référence qui était autrefois celle de la gauche radicale. La vision alors était que le droit international était une sorte de décalque mondial du droit bourgeois et en d'autres termes que le droit international était le droit de l'impérialisme surtout. Il l'est sans doute. Qu'il soit imparfait c'est parfaitement évident. Mais il nous a semblé qu'il était davantage c'est-à-dire une capacité de référence qui peut être perfectionnée qui peut être modifiée mais hors duquel il n'existe que la violence et les rapports de force et la loi du plus fort.
Notre changement de pied est passé inaperçu dans la bataille plus large qui s'exerçait à ce moment-là pour conquérir les opinions contre nous. Mais la vérité c'est que nous avons travaillé sur cette base sur ce nouveau paradigme pour nous pour l'interpréter d'après ce que sont nos propres priorités et non pas ce que nous avions simplement reçu du passé.
Cependant, nous nous sentons une dette à l'égard de ce passé car aussi bien les Français ont joué un rôle considérable dans l'émergence de l'idée d'un droit international et la première société des nations a d'abord été une idée conçue par les pacifiques je ne dis pas les pacifistes mais les pacifiques français à l'issue de la première guerre mondiale. Et cette intuition venue du mouvement socialiste était la bonne. C'est elle que nous voulons prolonger et nous voulons la prolonger d'abord dans la direction de la crise écologique globale.
La centralité de cette crise fait apparaître comme un fait objectif quels que soient les morcellements culturels quels que soient les morcellements nationaux qu'il n'est pas question ici dans mon propos de mettre en cause mais qui sont quelle que soit leur intensité traversée, animée, occupée par une autre évidence objective il existe une humanité universelle liée par un intérêt général commun dont il a en quelque sorte la révélation par les effets de la destruction du seul écosystème dans lequel il est possible qu'il y ait une humanité.
Il y a donc par-delà les peuples tels qu'ils sont un peuple humain il y a par-delà l'intérêt général qui se rapporte à tel ou tel peuple ou telle ou telle nation du fait de son positionnement géographique ou que sais-je encore un intérêt général humain. Et cet intérêt général humain se concentre sur l'existence de biens communs et sur leur capacité à remplir le rôle qui rend possible la vie humaine. Ces biens communs l'eau l'air la terre etc. Et jusqu'aux droits spécifiques de l'espèce en tant qu'espèce animale par exemple le droit de se reproduire la possibilité de se reproduire et quelques autres de cette nature de vivre la nuit et le jour de vivre le silence et le bruit etc. etc.
sans lesquels il n'y a pas d'humanité possible. Cette centralité signifie que par conséquent les nations les plus avancées et qui ont à avoir la tâche historique qu'elles ont eu il y a deux siècles à la suite de la grande révolution française qui à notre avis est un fait politique central dans l'histoire longue et de la proclamation des droits qu'on va appeler de l'être humain dit les droits de l'homme virgule et du citoyen qui font de notre propre projet de révolution citoyenne et cette révolution a un sens à l'échelle des nations comme à l'échelle du monde.
elle signifie la capacité pour l'humanité de contrôler son propre destin et les actes qui le commandent et le structurent notamment dans la gestion des biens communs. Je vais du plus rapide que je peux pour montrer l'enchaînement de concepts qui animent notre conception du monde et notre tentative pour le rendre le plus formel possible. Nous ne prétendons pas avoir inventé quoi que ce soit dans ce domaine mais nous pensons que nous en avons fait une certaine organisation qui a une cohérence globale qui commence à l'échelle de l'individu s'achève dans le mondial ou bien s'organise dans le global et se vérifie dans le local.
C'est la raison pour laquelle le texte s'achève par un ensemble que vous avez s'achève par un ensemble de considérations que l'on va qualifier à cet instant de philosophique parce qu'il montre cette articulation entre les différents niveaux des droits. Tout ce que je viens de dire nous conduit à formuler une autre stratégie diplomatique notamment pour notre pays qui commence par le reçu des clubs fermés qui visent à se substituer aux organisations internationales. Il est temps de bien préciser ces points pourquoi ?
Parce que la fin d'une époque vient de se caractériser par la signification à l'échelle du monde de l'ouverture de la phase du déclin des Etats-Unis d'Amérique et son entrée en agonie selon les termes d'un conseiller je crois de Obama aujourd'hui même. L'agonie de l'Empire qui ne pourra en aucun cas reconstruire sa puissance matérielle à coups de droits de douane ou d'invasion de ses voisins sera nécessairement comme la fin de tous les empires une fin violente et agressive.
Dès lors la fermeté des principes pour conduire l'action nationale est indispensable sinon on est condamné à être brinque-ballé comme si le monde d'hier continuait à exister et à envoyer un porte-avions tantôt à Chypre tantôt à traverser le canal de Suez et aller en pleine zone de combat ou bien se proposer pour s'interposer dans je ne sais quel conflit où nous serions les premiers à prendre les coups et à devoir les rendre. Vous voyez de quoi je parle. Il faut sortir de cette période et pour cela il faut renoncer écarter tout ce qui renvoie à l'ancien ordre des choses. Le G7 est une invention des français. C'est monsieur Giscard d'Estaing qui l'a mis en place.
Et voici une sorte de directoire du monde composé des anciennes puissances qui ne représentent que 10% de l'humanité et pas la plus naturellement la plus nombreuse mais pas non plus la plus puissante. 10%. Le G20 élargissement qui reçoit ces ordres des précédents eux représentent 60% de l'humanité mais ça ne fait toujours pas 100%. La seule organisation qui représente 100% des êtres humains c'est l'ONU. Imparfaite, biscornue, fonctionnement bizarre, largement influencée par les suites de la deuxième guerre mondiale cela va de soi mais elle existe. C'est un bien précieux et nous faisons le choix de la défendre contre tout le monde et de la perfectionner.
Même mieux de nous appuyer sur maintes mille et une des conclusions auxquelles elle est arrivée qu'il s'agisse des problèmes des dettes souveraines qu'il s'agisse des problèmes de la constitutionnalisation de la place de l'eau dans chacune des sociétés etc. etc. L'ONU est à l'avant-garde de la conscience humaine sur tous ces domaines. De même des organisations comme le PNUD après avoir inventé les indicateurs de développement humain peut aussi être considéré comme un outil central de la vérification de l'efficacité qu'on fait.
Pour ceux qui appartiennent à ma génération et se souviennent des difficultés que nous avions à mesurer en quoi nous avions réussi ou échoué dans une politique dite socialiste et qu'on continuait à exciper des tonnes de béton des tonnes d'acier des kilomètres de rails jusqu'à ce qu'on nous dise peut-être que le progrès ce n'est pas l'accumulation de ces chiffres mais c'est la qualité de la vie humaine de sa durée de son alphabétisation de sa mixité etc.
qui sont les valeurs que le PNUD a mis au centre de son indicateur de développement humain dont je ne suis pas en train de vous dire qu'il est parfait mais en tout cas il a le mérite d'exister et de prouver qu'il est possible qu'il y ait une humanité universelle avec des points d'analyse communs. Il va de soi que dès lors qu'on a dit ça il ne peut pas être question si peu que ce soit ni de se maintenir dans des alliances militaires du passé qui n'ont aucun autre objectif que d'organiser la suivante guerre mondiale au profit des Etats-Unis d'Amérique contre la Chine qu'il a désignée comme son ennemi.
Il ne peut pas être question donc de rester membre de l'OTAN ni d'entrer dans de nouvelles coalitions militaires comme celles qui se sont en configuration avec l'Australie la Nouvelle-Zélande la Grande-Bretagne et ainsi de suite pour faire face à la zone Asie-Pacifique. Ni non plus bien sûr d'aucune façon de mettre si peu que ce soit le doigt dans le fameux Board of Peace qui est une espèce d'organisation paramilitaire soumise à la décision unique du président des Etats-Unis d'Amérique que c'est écrit tel quel dans les statuts et qui permettent de participer à la décision à condition de cotiser le contraire de la règle sur laquelle est construite l'ONU.
Mais une ONU renouvelée et il est certain qu'alors notre diplomatie aurait pour vocation de la renouveler non pas pour donner un siège aux Allemands au Conseil de sécurité car ils ne sont absolument pas en état d'y avoir leur place mais pour que l'Assemblée générale joue un rôle toujours plus grand et que le renouvellement du Conseil de sécurité par l'Assemblée générale joue sa fonction normale et en particulier que le droit de veto soit retiré à un certain nombre de cas avérés comme l'organisation de génocide ou de crime de guerre et qu'il ne puisse pas être possible pour un pays de bloquer toute décision et qu'ensuite quand il y a des interventions militaires qui sont décidées et bien que ces interventions soient placées sous le commandement militaire de l'ONU car il y a un commandement militaire de l'ONU il n'y a pas besoin de l'OTAN pour faire ça et bien sûr il ne peut plus être question de participer à des coalitions comme celles qui ont permis l'agression en Yougoslavie pour finir créer une base américaine au Kosovo l'intervention de la deuxième guerre du Golfe et ainsi de suite je ne fais plus toute la liste parce que depuis c'est une liste interminable de violations impunies parmi lesquelles évidemment il y a l'invasion de l'Ukraine et l'impuissance absolue à régler le problème qui a d'ailleurs été en large partie créé par ceux la même qui aujourd'hui en déplore les conséquences donc une ONU renouvelée et un non-alignement structurel de la politique française ce non-alignement se traduit non seulement par la sortie des organisations militaires comme l'OTAN sans bien sûr rayer les accords que nous avons dans le cadre de l'Union Européenne avec les autres pays qui participent de cette Union dans une obligation de défense mutuelle qui n'a pas d'inconvénient pour la vision que nous portons du futur mais qui nous oblige et nous ferait devoir d'engager avec la Russie les discussions qui permettraient d'avoir des garanties mutuelles sur la suite des événements au lendemain de leur retrait de l'invasion de l'Ukraine et que si dans les accords comme cela avait été d'abord suggéré par M.
Trump puis accepté par M. Macron et M.
Zelensky il devrait y avoir des changements de tracés de frontières alors ces changements devraient se faire avec l'accord des populations car il est tout à fait frappant qu'à nous à qui on reproche souvent d'avoir une distance avec la démocratie qui n'a jamais été démontrée ou que ce soit personne ne se préoccupe de savoir ce que pensent vraiment les gens qui sont engagés dans ce type de conflit bref à notre tour d'imaginer un non-alignement coopératif qui bien sûr pour la part coopérative se tourne d'abord vers ceux avec qui on ne coopère pas dans le moment autant qu'il le faudrait c'est-à-dire la Russie pour assurer des garanties communes est une paix de longue durée car l'erreur fut de laisser se démembrer l'empire de l'URSS sans qu'on discute un seul jour des frontières qui résulteraient de ce démantèlement en sachant tous que ces frontières avaient été arrangées à la faveur de discussions du bureau politique de l'Union soviétique comme ce fut le cas pour la Crimée et combien d'autres endroits de cette sorte qui prit dans le comécom engagé dans l'alliance militaire le pacte de Varsovie ma foi tout ça ne se discutait pas mais dès lors que l'Empire s'est effondré oui et pour les meilleurs connaisseurs parmi vous vous savez aussi bien que moi que l'Ukraine n'est pas sortie d'affaires quant aux appétits de ses voisins et je ne désigne pas les autres parce qu'il y a les russes cela va de soi mais on doit aussi compter les polonais et aussi on doit compter les hongrois dès lors si on ne stabilise pas une bonne fois et avec l'accord des populations exprimées par des votes réellement libres et contrôlés il n'y a pas de garantie mutuelle possible entre les nations nous français nous avons des intérêts de garantie que nous sommes en droit d'exiger qui concerne l'installation des missiles de portée moyenne et de longue portée nous sommes maintenant plus en danger de guerre généralisée que nous l'étions pendant la période de la guerre froide parce qu'à l'époque de la guerre froide après les accords d'Helsinki de tels tirs étaient rendus impossibles et contrôlés mutuellement aujourd'hui on contrôle tout ce qu'on veut depuis l'espace ce n'est donc pas une difficulté d'avoir un accord et de le respecter cet accord a été rompu dit-on matériellement par les russes en tout cas politiquement par les américains et ça n'a pas l'air de les déranger mais nous sommes les premières cibles et il va de soi que l'installation du matériel militaire des nord-américains en Allemagne fait de l'Allemagne une cible et que nous sommes son voisin par conséquent ce ne sont pas des questions dont nous pouvons nous tenir éloignés en disant c'est pas notre affaire qui s'en débrouille nous sommes forcément impliqués dedans et donc en droit de dire que dans les garanties mutuelles que nous demandons il y a le retrait de toutes les armes nucléaires qui se trouvent sur le sol de l'Union Européenne de la même manière que nous pouvons entrer dans la discussion qui a été proposée de recommencer la discussion sur le désarmement nucléaire qui commence point numéro 1 par la non-dissémination qui fait que nous avions réglé un accord avantageux avec l'Iran que aujourd'hui la situation est pire qu'elle était au moment où il y avait cet accord et qu'on peut en demander le rétablissement premièrement deuxièmement que le désarmement doit commencer dans les zones de guerre et par conséquent que le premier désarmement nucléaire à opérer est celui du Moyen-Orient où se trouvent les installations atomiques de l'état d'Israël il va de soi que c'est pour la sauvegarde commune car le constat que nous pouvons tous faire c'est que le concept de dissuasion nucléaire ne fonctionne pas et ne pourrait fonctionner et ne pourrait fonctionner qu'à un prix incalculable pour l'humanité normalement telle qu'est notre stratégie de la dissuasion nous aurions dû ne pas accepter le premier jour du commencement du conflit en Ukraine mais qui ici irait dire que c'était une bonne idée de faire un tir en profondeur sur les Russes à coup d'armes nucléaires peut-on oublier qu'il suffit d'un seul coup pour qu'il n'y ait plus de France non donc la politique doit s'inspirer d'abord et avant tout de la réalité pas d'armes nucléaires dans les zones de conflit de même est-on en droit de poser la même question à l'Inde et au Pakistan qui sont les derniers à cette armée et qui ont régulièrement des conflits entre eux et ainsi de suite je ne dis pas qu'une telle politique se réalise d'un claquement de doigts et en un jour évidemment ni qu'elle doive prendre une forme agressive mais en tout cas une forme assez déterminée voulue par la communauté de l'humanité universelle et de l'ONU pour qu'elle représente une perspective pour l'humanité nous n'en avons pas aujourd'hui il n'y a pas de projet global mondial qui soit proposé au peuple du monde aucun autrefois c'était la démocratie contre la dictature communiste quelqu'un peut-il nous dire ce que proposent les Etats-Unis d'Amérique au monde aujourd'hui rien et à nos pays quoi ?
faire des économies et rembourser la dette voilà le projet où est passé le projet de moyennisation où en sont les classes moyennes de tous nos pays et bien c'est un américain qui a rendu monsieur Sullivan le diagnostic on aurait cru qu'il nous lisait une résolution alter mondialiste il a dit la politique des droits de douane zéro je rappelle que c'est un démocrate monsieur Sullivan c'était un conseiller de monsieur Biden la politique des droits de douane zéro et des faibles salaires a détruit notre classe moyenne et notre économie j'estime que le verdict est rendu le non-alignement coopératif signifie donc d'abord de discuter avec ceux avec qui on ne discute pas et de refuser absolument la politique de confrontation violente avec la Chine ce qui signifie entrer dans une politique de coopération renforcée avec ce pays on ne choisit pas ces relations en fonction du gouvernement d'un pays ou bien on ne discute avec personne parce qu'il n'y a personne avec qui nous pourrions nous entendre et dire il pense exactement comme nous cette politique est possible je ne dis pas qu'elle sera toujours possible mais nous en sommes encore à l'étape où elle est possible parce qu'on a un interlocuteur pour la mener c'est sans doute l'aspect que nous ne voulons pas cacher et qu'en tout cas moi je ne veux pas cacher de ce qui constituerait une nouvelle direction de travail il faut discuter avec les plus avancés il faut coopérer avec les plus avancés et définir ce qu'on laisse et puis ce qu'on prend et ce qu'on protège et ce qu'on ouvre c'est la condition du futur il n'y a aucune perspective à la violence et à la fermeture à l'égard de la Chine ou de l'Inde et évidemment des coopérations j'imagine que c'est un propos qui ne fera pas l'unanimité mais en tout cas il nous permettra de discuter et je suis certain qu'on y confrontera des vues réalistes je termine en disant qu'elle serait l'outil d'une telle stratégie ce serait la stratégie que nous avons appelée des causes communes la France propose à l'un à l'autre des causes communes avec des zones prioritaires des causes communes qu'est-ce que c'est ?
Eh bien aux quatre frontières de l'humanité l'espace la mer le numérique et la santé publique car la santé des êtres humains sur une planète dévastée et polluée à mort devient une frontière pour la propre survie de l'espèce je le résume bien sûr et des zones ensuite qui doivent être des zones prioritaires il va de soi que la première zone qui vient à l'esprit pour un français eh bien c'est la francophonie naturellement une francophonie libérée de l'esprit colonialiste une francophonie qui comme le disait Thomas Sankara soit une prise de guerre pour l'ensemble des peuples qui se libèrent une francophonie qui permettrait de mettre en place et donc de gagner les uns par la coopération avec les autres l'appui de la jeunesse intellectuelle d'Afrique d'Afrique francophone prioritairement cela va de soi et puis des zones comme la latinité peut-être que beaucoup l'ignorent mais la France était impliquée dans une union latine autrefois dont nous avons interrompu l'existence en 1995 sur la demande présente de nos amis allemands qui ne manquent jamais de se souvenir de ce genre de choses alors dans tout ce que je viens de vous dire la francophonie la latinité évidemment il y a l'espace méditerranéen et là on va au-delà de l'urgence géographique géopolitique on va dans l'urgence écologique la mer méditerranée a une ouverture sur l'océan mondial de 13 km au détroit de Gibraltar cette ouverture fait que cette mer met 100 ans à se renouveler elle est dorénavant polluée par les effets de la guerre qui a lieu en Ukraine puisque ces flottes se jettent en partie dans la mer noire laquelle communique avec la méditerranée et donc implique 500 millions d'êtres humains dans ses destinées cette mer est enfermée elle se réchauffe plus vite je ne dis pas que ce soit les seules cochonneries qu'il y a dans la mer elle est en train de se transformer en égout il y a un phénomène de raréfaction de l'oxygène qui transforme la biosphère et toute la vie végétale aussi de cette mer il y a donc urgence à organiser des moyens communs entre les pays riverains en commençant par le petit bassin puisque c'est la zone qui est en paix aujourd'hui si j'ose dire par rapport à l'autre partie de la mer méditerranée où la moindre décision nous plonge dans des nids trop longs d'un broglio de contradictions politiques au moins si on faisait déjà le ménage à l'endroit où on est on aurait un bon commencement comme vous le savez c'est d'autant plus urgent que l'ensemble des fleuves qui se jettent dans la méditerranée sont eux-mêmes en prend un réchauffement sont bordés de centrales nucléaires qui ne peuvent plus être refroidies parce que les fleuves se réchauffent et que bon non parce que les grands esprits qui avaient inventé tout ça avaient oublié juste cette affaire là et puis il y a de l'autre côté dans le golfe de Gascogne je crois un réchauffement qui est celui de toute l'Europe qui se réchauffe plus vite que le reste du monde pour une raison qui m'a d'abord paru mystérieuse avant qu'on me l'explique on m'a expliqué que comme l'Europe comportait de nombreuses calottes glaciaires et que celles-ci fondent et bien la part de chaleur et de lumière qui était renvoyée vers l'espace par ces glaciers tout blanc et bien dorénavant tombe directement sur nous et donc proportionnellement nous nous réchauffons plus vite que les autres je ne le dis pas pour juste manier des signaux d'alerte et des sirènes d'alarme dont je déteste pour ma part qu'elles conduisent inévitablement à proposer comme seule matière d'échange la peur peur du lendemain peur de ceci peur de cela peur du soleil peur de la nuit peur du voisin etc nous avons un défi ce défi peut en finir avec la civilisation humaine ça s'est déjà produit il y a déjà eu des grandes phases d'extinction de la biodiversité et pourquoi les singes nus que nous sommes ne participeraient pas de ces épisodes réguliers où en effet ayant pourri absolument tout leur environnement ils se détruisent eux-mêmes ça a déjà eu lieu ça pourrait se produire mais en même temps c'est une opportunité extraordinaire pour reconstruire le monde sur d'autres bases pour la raison que quoi qu'on en pense celui-ci n'est plus viable et que les gens ne vont pas tarder à s'apercevoir que contre les canicules eh bien les climatiseurs ne suffiront pas et que le problème est sans doute beaucoup plus profond en tout cas on peut le penser et nous le pensons et que dès lors ce sont des politiques beaucoup plus globales et beaucoup plus interdépendantes qu'il s'agit de mettre sur pied voilà j'achèverai sur ces mots en vous disant pour ma part que cela conduit pour les français à une redéfinition de leur vision de la puissance le temps où la puissance s'exprime et se manifeste par les porte-avions peut-être même les avions et que sais-je encore est une période révolue les enjeux essentiels de la vie des êtres humains se jouent dans l'espace dans la mer et dans la sphère la noosphère qu'ils ont eux-mêmes inventée toutes ces zones sont des zones pour l'instant quasi vides de droit et où l'appel d'un droit international est le plus puissant nous avions décidé que la lune était une propriété commune il y a même un traité sur la lune que la France n'a toujours pas signé et c'est pourquoi le groupe insoumis à l'Assemblée a déposé une proposition d'adhésion au traité sur la lune pourquoi ?
pour faire entrer la France dans une discussion sur le droit à propos de l'espace puisque nous avons signé à l'étourdi un accord avec les nord-américains tout à fait inacceptable sur la manière d'occuper dorénavant les corps célestes sur lesquels s'opposeraient les êtres humains en garantissant leur sécurité dont on se demande par qui elle pourrait bien être mise en cause si ce n'est par les êtres humains eux-mêmes et leur rivalité c'est le cas pour l'espace qui vous savez aujourd'hui est en réalité la véritable zone décisive pour ce qui concerne les compétitions entre les nations c'est vrai pour la mer dont les grands fonds sont quasi vides de droits juridiques définis même si on a fait quelques progrès dans ce domaine et évidemment pour la noosphère alors là pour le coup c'est rien du tout la globalisation numérique ne fait l'objet d'aucune stabilité juridique puisque les GAFAM font, décident et organisent ce qu'elles veulent au détriment de tout le reste de l'humanité il y a donc une grande possibilité d'introduire et d'organiser de l'ordre de l'ordre légal de l'ordre délibéré de l'ordre dans des domaines où nous pouvons tirer prétexte du fait qu'il n'y en a pas d'organisés pour proposer qu'il y en ait et c'est pourquoi ce que je décris n'a rien à voir avec une politique d'agressivité ou de manière de repousser la coopération avec les autres non c'est l'organiser complètement différemment voilà ce qu'est le fond du projet il faut désencombrer notre relation au monde de la propagande atlantiste qui submerge les esprits depuis je ne sais combien de décennies et font trouver naturel des inepties anti-historiques par exemple nous aurions été libérés par les américains il est vrai qu'ils ont participé de manière décisive et importante à notre libération mais nous avons été si nous avons été libérés par quelqu'un d'autre que nous-mêmes c'est par les soviétiques qui ont perdu dans cette affaire entre 15 et 20 millions de leurs concitoyens pour défaire les nazis je ne dis pas que ce soit pour enlever à l'un ce qu'on voudrait attribuer à l'autre mais juste pour regarder rationnellement ce qu'est la réalité et de même la première guerre mondiale les Etats-Unis d'Amérique arrivent à la fin et de même à la fin de la deuxième guerre mondiale et jusqu'à l'extrême limite de la décence les Etats-Unis d'Amérique ont soutenu le premier ministre de Philippe Pétain contre l'autorité du général de Gaulle c'est-à-dire d'Arland qu'il a fallu assassiner pour en être débarrassé et que plus personne ne vienne nous empoisonner avec ce type comme disait un résistant pied noir nous avons aidé la nature pardon je suis brutal mais c'est pour peut-être un peu désenchanter le rêve de cette affection de toujours avec les nord-américains chacun a des intérêts et les a défendus point final et encore de même aujourd'hui les Etats-Unis d'Amérique sont dans une période de faiblesse et vous avez raison madame Sylvie si vous permettez de dire qu'ils s'en sont déjà remis à plusieurs reprises comme tous ceux qui veulent vivre se remettent des épreuves qu'ils subissent mais ils ont été encouragés par le fait que la base sur laquelle ils existaient le capitalisme les moyens qu'ils déployaient l'impérialisme ont eu le dernier mot ça ne leur est pas tombé par je ne sais quelle mission divine puisque j'en suis à la mission divine j'en profite pour dire que c'est pas qu'ils aient pas essayé de dire qu'ils en avaient une et ça me rapprochera de l'encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII vous savez que l'actuel pape s'appelle Léon XIV et ce n'est pas par hasard il a voulu se rattacher à la doctrine sociale de l'église oui oui bien sûr mais aussi à ce que contient la politique de Léon XIII et de ses encycliques c'est une dénonciation du clergé catholique nord-américain qui prétendait que Dieu leur avait assigné une mission qui en faisait une église d'exception à quoi Léon XIII a répondu pour ce qui est de savoir ce que Dieu veut c'est moi qui m'en charge et vous êtes priés s'il vous plaît de renoncer à ce qui sent cela ce qu'est une hérésie je vous signale ce fait pour vous dire que les luttes de longue durée dans l'histoire existent et qu'on ne doit pas faire l'erreur d'être fasciné par l'instant qui passe par le moment les ondes longues de l'histoire nous traversent et nous français ce n'est pas d'aujourd'hui que nous avons commencé à nous méfier de l'empire nord-américain contre ses volontés d'hégémonie y compris contre nous ce n'est pas ma tasse de thé mais Napoléon III s'il a eu l'idée de trouver un empereur autrichien pour le Mexique c'était pour une raison fort simple c'est qu'il se demandait comment contenir les Etats-Unis d'Amérique et il avait eu cette idée absurde d'amener un autrichien ça c'est sûr mais à l'époque il y avait plusieurs Allemagnes c'était donc un monde assez vivable et lui-même avait été éduqué en Autriche et il avait donc emmené cet empereur autrichien mais pourquoi parce que eh bien les Mexicains sont catholiques et hispanophones et à l'époque on pouvait penser que des catholiques hispanophones c'était bien pratique pour contrebalancer l'Empire cette manoeuvre a échoué parce que comme tout le monde le sait les peuples n'aiment pas les missionnaires armés fustiles français et donc nous avons été mis en déroute et aujourd'hui on ne peut plus citer que les lettres de Victor Hugo qui encouragent le peuple à frapper au front de la pierre de la liberté le tyran Napoléon III c'est tout ce qui nous reste pour nous défendre d'avoir participé à cette aventure mais elle doit nous servir à nous souvenir que nous sommes les enfants d'une histoire longue dès lors qu'on épouse la France et qu'on l'aime et il y a ça dedans et aujourd'hui les Etats-Unis d'Amérique sont punis par où ils ont péché car après avoir envahi le Mexique et confisqué la moitié de son territoire sous prétexte de l'avoir acheté les voici encombrés de 35 millions de Mexicains hispanophones et catholiques et ces hispanophones catholiques font qu'on dit que la moitié de la population des Etats-Unis madame je ne sais pas si c'est vrai parle à la maison l'espagnol mais bien fait et évidemment c'est en contradiction et est-ce absolument surprenant permettez-moi juste pour la blague de le mentionner que quand Trump décide qu'Anthropic n'a plus le droit de vendre son intelligence artificielle il aille contre l'intérêt d'un patron d'une firme qui a participé à la rédaction de l'encyclique concernant l'intelligence artificielle vous voyez on ne s'émancipe jamais tout à fait de l'histoire longue et nous notre problème c'est que faire nous les français qui sommes passionnément attachés à l'indépendance nous le sommes pas parce que nous serions des tribus rebelles mais parce que sans indépendance il n'y a pas de souveraineté l'indépendance et la souveraineté sont les deux noms d'une même réalité qui au bout du compte veulent dire la souveraineté du peuple le peuple n'est pas souverain s'il n'est pas indépendant c'est à dire s'il n'est pas dans la main d'une autre puissance voilà pourquoi il n'y a de république française qu'indépendante des états unis d'amérique pour la raison c'est eux les dominants d'aujourd'hui et qui ne supportent pas la liberté des autres contrairement à ce qu'ils racontent voilà le moment et donc pour nous les stratégies que nous déployons que vous avez entendu rappeler avec beaucoup de clairvoyance par Sophia il y a un instant c'est de savoir que nous sommes dans leurs mains et qu'il n'est pas acceptable d'avoir une politique étrangère qui passe à côté de cette réalité nous sommes dans leurs mains et il faut en sortir pour en sortir il faut que nous déployons notre domination et notre souveraineté sur la sphère numérique car comme vous l'avez parfaitement résumé Benjamin la démonstration de la puissance se fait par la maîtrise des infrastructures ce n'est pas seulement des routes c'est des canaux beaucoup de câbles passent par la France beaucoup d'applications passent par l'espace mais aujourd'hui la sphère numérique est dominée par les Etats-Unis d'Amérique et la seule alternative qui existe c'est la Chine car dans les mentions que vous avez faites n'oublions pas que la Chine a déployé l'équivalent du système SWIFT qui permet les transactions internationales dans un délai de 12, 24 ou 48 heures les Chinois ont mis en place un système qui lui permet des transactions en 17 secondes par conséquent l'argument qu'ils mettent sur la table n'a rien d'idéologique c'est un confort par une route à une infrastructure 57 pays d'Afrique sont entrés dans ce système et la totalité des pays de la zone Asie de l'Asie du Sud-Est sont entrés dedans dorénavant les Chinois sont en état de passer complètement à côté et de contourner ce que les Etats-Unis d'Amérique éventuellement leur interdirait comme je posais la question à quelqu'un dont j'ai l'honneur d'être l'ami qui est le président du Mexique je lui avais dit croyant être malicieux alors quel est le problème avec les gringos aujourd'hui il m'a dit et bien le problème c'est comme avant 3500 kilomètres de frontières communes dès lors quel est le problème des français avec les gringos aujourd'hui c'est le fait qu'on est dans leurs mains sur le plan numérique et que l'urgence est d'en sortir et si nous gouvernons ce pays c'est la première chose que nous ferons nous assurer des infrastructures qui nous permettent d'être hors de leurs mains les naïfs et les plaisantins qui ont cru qu'un pouvoir ne s'exerce pas jusqu'au bout dès qu'il en a l'habitude dès qu'il en a la possibilité viennent de découvrir que quand l'oncle Sam appuie sur un bouton anthropique ne fait plus fonctionner son système numérique de même l'oncle Sam ne permet pas que les avions volent s'ils ne sont pas d'accord avec la guerre qui est au service de ces avions etc etc croire autre chose c'est une naïveté absolue et c'est accepter sa soumission et pour ma part je pense que comme la totalité d'entre vous je n'en veux pas c'est un tigre de papier ma politique la politique que nous portons ce n'est pas de les affronter vous avez assez bien expliqué profondément bien expliqué madame comment tout ça ces gens là on les on les c'est pas la peine d'essayer contournons-les contournons-les parce que ça on peut le faire et c'est comme ça que font les gens rationnels qui comprennent que les épreuves de violence nous les perdrions par nécessité avec notre porte-avions et les autres outils dont nous avons dont certains sont très performants croyez-moi mais ce n'est plus ce n'est plus cette bataille là qui est engagée la confrontation des puissances est une confrontation intellectuelle c'est la capacité à comprendre à programmer à organiser le numérique à occuper les nouvelles frontières de l'humanité notamment l'espace c'est la raison pour laquelle je pense que ça viendra un peu plus loin dans nos débats nous créerons l'avion spatial parce que c'est le moyen pour nous d'acquérir une souveraineté qui mettra en but celle des Etats-Unis d'Amérique et leur interdira de nous couper les communications dont nous avons besoin pour satisfaire notre souveraineté si par hasard nous venons à nous fâcher avec eux ce que pour ma part je ne souhaite pas je donne cet exemple mais combien d'autres Paris pour la mer et je l'ai dit pour la santé dans toutes ces situations ils sont en état de faiblesse tant mieux puisque c'est une opportunité s'ils étaient en pleine force on ne pourrait même pas les contourner ils nous couperaient la route avant et nous avons forcément besoin d'alliances de revers on a toujours fait comme ça toujours François 1er s'est allié au chef des ottomans et c'était une abomination absolue on l'a traité de tous les noms parce que c'était le seul moyen qu'il avait trouvé de contourner les Habsbourg et bien nous on contourne là où est la puissance par une autre alliance nous avons besoin de nous entendre d'une manière raisonnée et maîtrisée avec les chinois parce qu'ils sont ouverts à une telle tractation qu'aille bon je garde pour moi mes mauvaises blagues sur le sujet de nos relations dans le passé avec le Dalai Lama et autres foutaises mais la vérité dans le moment c'est que de la même façon que François 1er l'a fait le général de Gaulle s'est allié avec Staline en pleine guerre était-il devenu stalinien le général de Gaulle a reconnu la république populaire de Chine il était tout seul à le faire est-il devenu maoïste pour autant non le seul vrai maoïste qu'il y a eu c'est Nixon parce que lui a passé avec les chinois un pacte qui a considérablement étendu la durée de vie du capitalisme chinois qui sans ça n'en aurait pas eu les moyens donc c'est le réalisme qui doit l'emporter et le réalisme consiste à bien discerner qui est l'ami qui est la possibilité de contournement et quels sont les véritables fronts du futur j'achève là-dessus la ligne stratégique des français doit être le saut technologique de la même manière que les chinois n'ont pas mis un seul kilomètre de fil pour installer le téléphone filaire et ont attendu qu'il y ait le smartphone qu'ils ont eux-mêmes créé en même temps que les américains de la même manière si nous voulons faire des voitures électriques il faudra que nous trouvons le moyen de contourner les piles à lithium pour les voitures électriques et que donc on en fasse au sodium que si l'on veut se passer des trains chinois je me rappelle de la période où on essayait de leur vendre le nôtre et bien il faudra trouver le moyen un de réarmer le réseau ferroviaire français et d'y faire circuler des trains qui ne soient pas bondés asphyxiants et malodorants comme c'est le cas aujourd'hui et ainsi de suite et qu'on trouve les moyens de passer à l'étape suivante si nous voulons électrifier électrifier toute l'économie française comme il faut impérativement le faire pour sortir de la civilisation du pétrole et si on ne veut pas se mettre dans la main de centrales nucléaires que nous ne maîtriserons pas parce que personne ne peut maîtriser le danger militaire que représente d'avoir une centrale nucléaire primo et segundo l'impossibilité d'être indépendant quand on en a alors si nous voulons réussir ça nous devons d'urgence nous rééquiper industriellement nationaliser ArcelorMittal pour être capable de produire les aciers spéciaux dont nous avons besoin remettre en route les fonderies que nous avons à Grandange et à Florange notamment le four vert qui s'y trouve de manière à pouvoir équiper les machines dont nous avons besoin pour extraire la puissance de la mer et les autres hydroliennes que nous mettrons en place partout dans le pays tout ça se tient et à la base pour les français il y a le fait que nous ne serons forts que si nous cherchons à être les premiers non pas dans la violence et la puissance militaire mais dans la puissance intellectuelle et ça c'est tout à fait à notre portée voilà merci pour votre patience