Les invités d'Apolline Matin : David Nakache et Cédric Gourin - 18/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 38 %Attaque 27 %Défensif 35 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Vous parlez d'un recul social.
- 1:12FerméeRéponse directe
ce que vous dites, puisque vous avez aussi supprimé ces kits, vous dites finalement que c'est à ça que sert la location de rentrée scolaire.
- 3:15OuverteRéponse directe
Cédric Gourin, au nom de principes et d'une réalité comptable, il ne faut pas non plus oublier que l'argent ne tombe pas des fenêtres.
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Justement, on se dit toujours que si c'était l'État, alors peut-être pas la mairie, peut-être au niveau national, j'en sais rien, qui a acheté X millions de cas de couleurs, ça reviendrait moins cher qu'aux familles qui doivent aller faire les courses de rentrée scolaire en grande distribution.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Alors il y a deux choses qu'il faut voir. Il y a d'abord le principe général. »
- 1:25InvitéPromesse
« Oui, très exactement. »
- 1:30InvitéChiffre
« Ça coûte 27 000 euros par an dans notre commune. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Alors, d'abord, un kit uniquement à la rentrée. »
- 4:00InvitéPromesse
« Il y a toujours des stocks de matériel qui sont dans les écoles. »
Temps de parole
- Présentateur42 %
- Invité politique34 %
- Invité23 %
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Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Bonjour David Nakache. Bonjour. Vous êtes président de l'association Tous Citoyens, association basée à Nice. Bonjour Cédric Gourin. Cédric Gourin, le maire républicain de Saint-Jean-de-Bray, dans le Loiresse, juste à côté d'Orléans. Je vais commencer avec David Nakache. Vous parlez d'un recul social. La mairie de Nice renonce à fournir des kits scolaires gratuits. Ça avait été mis en place il y a un an par la majorité précédente. Il y a eu un scrutin. Éric Ciotti a battu Christian Estrosi. Et il revient sur cette mesure. Vous parlez d'un recul social. À quel point la suppression de ces kits change la vie d'une famille ?
Alors il y a deux choses qu'il faut voir. Il y a d'abord le principe général. On se bat pour que l'école publique soit réellement gratuite. C'est un principe d'égalité républicaine. Ça veut dire que quelle que soit la situation sociale des familles, les enfants à l'école doivent être à égalité. Dans l'idéal, il faudrait une loi nationale qui pose la gratuité partout en France de la même manière. A défaut, dans chaque commune, dans chaque ville, les mères se positionnent pour fournir ou pas ses fournitures scolaires. Et quand on donne des fournitures scolaires aux enfants, tout au long de l'année, il n'y a qu'un kit à la rentrée.
En réalité, on lutte contre les inégalités sociales et on fait de la prévention contre l'échec scolaire.
Alors très bien, David Nacash, Cédric Gourin, vous, du côté du Loiret, ce que vous dites, puisque vous avez aussi supprimé ces kits, vous dites finalement que c'est à ça que sert la location de rentrée scolaire.
Oui, très exactement. Nous, quand on est arrivé, on a voulu évaluer le dispositif. Ça coûte 27 000 euros par an dans notre commune. C'était un kit qui était distribué à à peu près 1300 enfants. Et on s'est rendu compte que c'était à la fois inutile, démagogique et coûteux. Plus inutile parce qu'en fait, il y avait plein de familles qui n'utilisaient pas le kit. Il était resté dans les placards, dans les tiroirs. Démagogique parce que ça a été lancé par la précédente municipalité socialiste un an et demi avant les élections municipales. Et puis coûteux, encore une fois, 20 euros par enfant quand on touche la location de rentrée scolaire.
Je rappelle que c'est quand même 426,87 euros pour des enfants de 6-10 ans.
Alors, David Nacash, le maire de Nice, Éric Ciotti, dit que les kits mis en place, ça ressemble un peu à ce qu'on vient d'entendre, étaient trop onéreux et indigents. Ça coûtait 440 000 euros au total à Nice pour 20 euros de matériel, quelques silos, feutres, gommes, ardoises. Clairement pas assez pour faire l'année, David Nacash.
Alors, d'abord, un kit uniquement à la rentrée. Tout le monde est d'accord pour dire que ça ne sert pas à grand-chose. Ce qu'il faut, c'est fournir les fournitures scolaires tout au long de l'année. Parce qu'une fois qu'un élève a utilisé les deux cahiers qui sont distribués au début d'année, il a encore besoin de fournitures. Donc, pour Nice, en réalité, le besoin était à plus que 400 000 euros. Mais 400 000 euros au regard d'un budget de fonctionnement de 600 millions d'euros. Ça n'a rien à voir avec une petite commune. Bien sûr. L'île de Nice, elle a des moyens. Et ensuite, il faut savoir que tous les élèves, toutes les familles ne touchent pas à la location de rentrée scolaire.
Toutes les familles qui viennent d'arriver en France et à Nice, on a beaucoup de personnes qui sont en demande d'asile, leur dossier court normalement. Ils ne touchent aucune allocation et donc pas à la location de rentrée scolaire. Donc, il y a des enfants qui, chaque année en classe, à la rentrée, se retrouvent réellement démunis. Sortez une gomme, ils n'ont pas. Sortez un stylo, ils n'ont pas. Sortez une trousse, ils n'ont pas. Et dès les premiers jours de classe, ils sont un peu montrés du doigt par rapport aux autres élèves puisqu'il y a une disparité entre eux. Et la distribution, elle sert aussi à gommer ces inégalités sociales-là. Donc, c'est extrêmement important.
C'est intéressant ce que vous dites, David Nakache. Cédric Gourin, au nom de principes et d'une réalité comptable, il ne faut pas non plus oublier que l'argent ne tombe pas des fenêtres. Mais c'est des gamins qui vont se retrouver en difficulté, comme décrivait David Nakache, pas leurs parents.
Non, je ne crois pas. Alors, comme vous l'avez dit, l'argent magique, il n'existe pas. À un moment donné, il y a toujours quelqu'un qui paye à la fin. Et les collectivités, non, elles ne peuvent pas tout non plus. Alors, pour autant, ça ne veut pas dire que les enfants se retrouvent complètement démunis. Il y a toujours des stocks de matériel qui sont dans les écoles. On rappelle aussi qu'il y a un certain nombre d'outils comme le CCS, les centres communaux d'action sociale. On a aussi un certain nombre d'associations qui sont là pour accompagner les familles les plus en difficulté. C'est aussi le rôle de la collectivité d'accompagner ces familles-là.
Mais pour autant, à un moment donné, on ne peut pas toujours tout financer. Et nous, quand on est arrivé, on a estimé que chaque euro dépensé doit être efficace. Et que là, en l'occurrence, ce n'était absolument pas des euros d'efficace.
Oui, alors moi, je me pose juste la question de l'efficacité. Justement, on se dit toujours que si c'était l'État, alors peut-être pas la mairie, peut-être au niveau national, j'en sais rien, qui a acheté X millions de cas de couleurs, ça reviendrait moins cher qu'aux familles qui doivent aller faire les courses de rentrée scolaire en grande distribution.
Ça peut être effectivement une solution qui pourrait être envisagée à un moment donné. Mais encore une fois, quel est l'intérêt de verser une allocation de rentrée scolaire qui, je le rappelle, est un peu plus de 426 euros pour des 6-10 ans, si ce n'est pour acheter ? Moi, je suis père de famille. Ça ne nous a jamais coûté la rentrée scolaire ce montant-là, d'ailleurs, pour acheter des carnets et des crayons pour notre fils.
Oui, la rentrée, là, on ne va pas faire un débat entre, je pense qu'il y a peut-être trois parents, je ne sais pas pour vous, David Nakache, mais la rentrée, ça coûte bien plus cher que 400 euros. Il y a les vêtements, il y a les inscriptions au périscolaire. Enfin, la rentrée, c'est un coût. C'est rigoureux, on ne peut pas dire le contraire.
Oui, on sait bien que l'allocation de rentrée scolaire, elle est utilisée principalement pour les vêtements, pour les fournitures, pour payer à la cantine, pour différents postes de dépense concernant le bien-être de l'enfant. Là, il s'agit d'un principe d'égalité républicaine. On comprend tout à fait quand il y a des maires qui nous disent, moi, financièrement, au niveau de la mairie, on ne peut pas distribuer à tous les enfants, et il vaut mieux cibler pour les familles en réelle difficulté. Et on fait une offre beaucoup plus importante pour les familles qui n'ont rien. Et il y a un dialogue social qui s'installe avec des maires, avec qui on dialogue tout à fait.
Pour autant, à Nice, c'est une décision unilatérale, qui n'a aucune approche sociale, qui a été prise sans concertation, sans vote au conseil municipal, en prévenant les familles trois semaines avant la rentrée, alors que la ville de Nice savait très bien qu'elle ne passait pas de commandes de fournitures scolaires depuis plusieurs mois.
Oui, là, vous dites qu'on est mis devant le fait accompli, puisqu'en plus, vous voulez distribuer avant que ce soit le cas de la mairie. Là, c'est trop court d'ici à la rentrée scolaire. Il y a le cas particulier de Nice, où vous avez le sentiment d'être mis devant le fait accompli. David Nakache, président de l'association Tous Citoyens. Je vous remercie. Je remercie aussi Cédric Gourin, en l'occurrence, d'avoir répondu à nos questions en toute transparence. Le maire de Saint-Jean-de-Bray, dans le Loiret. Cédric Gourin, président de l'association Tous Citoyens.