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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 7 janvier 2024 32 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraitesSolidarités & famille

Inflation, chômage, retraites... Macron peut-il faire pire en 2024 ? (oui)

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 4 %Attaque 79 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Quels sont les événements économiques qui ont marqué l'année selon toi ?

  • 3:55RelanceRéponse directe

    L'inflation a ralenti en 2023, mais ça ne veut pas dire que les prix baissent. Est-ce que tu es aussi optimiste que le gouverneur de la Banque de France ?

  • 7:40OuverteRéponse directe

    Pourquoi ça a autant bloqué en 2023 sur la question des salaires ?

  • 11:07OuverteRéponse directe

    Ces ralentissements des prix de l'énergie sur un an, est-ce que c'est bon signe ou pas ?

  • 13:39OuverteRéponse directe

    La nationalisation d'EDF, pour toi, ça ne va pas du tout aider ?

  • 15:53RelanceRéponse directe

    Est-ce que tu partages l'analyse du gouverneur de la Banque de France sur le chômage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13InvitéFait
    « Moi, je pense qu'Emmanuel Macron, il sert un intérêt personnel qui est le sien. »
  • 0:16InvitéFait
    « C'est vrai, je ne pense pas qu'il sert l'intérêt général, en réalité. »
  • 2:10InvitéFait
    « qui était de faire des économies, des économies sur les retraites. »
  • 2:36InvitéFait
    « nous avons décidé de ralentir l'activité économique pour faire baisser cette inflation »
  • 5:47InvitéChiffre
    « l'inflation des prix, c'est 13,6% en cumulé »
  • 5:52InvitéChiffre
    « Quand on regarde l'alimentaire, on dépasse 20%. »
  • 6:17InvitéFait
    « C'est une perte de pouvoir d'achat énorme. Et le gouvernement y a répondu par des chèques, par quelques blocages, mais pas par un mécanisme d'indexation »
  • 6:43InvitéFait
    « les trois pays qui ont des mécanismes d'indexation des salaires sur les prix automatiques, la Belgique, Malte et le Luxembourg, ont une inflation qui est très faible »
  • 11:36InvitéFait
    « la Russie est un des plus gros producteurs de pétrole et de gaz au monde. »
  • 13:27InvitéFait
    « Ces 20 prochaines années, la tendance va être à la hausse. »
  • 16:43InvitéFait
    « ce qui s'est passé, c'est que nous avons déjà une politique budgétaire avec des budgets qui vont être de plus en plus serrés d'ici à 2027 »
  • 17:10InvitéFait
    « On fait en sorte que le statut de chômeur soit de plus en plus difficile à avoir. »
  • 18:37InvitéFait
    « il va faire des budgets de plus en plus austéritaires avec une dépense publique qui ne va quasiment pas augmenter. »
  • 23:30InvitéFait
    « la banque Goldman Sachs qui a dit que notre politique budgétaire avait un impact sur l'activité. »
  • 27:21InvitéFait
    « Ils oublient qu'il y a eu la réforme. »
  • 27:40InvitéFait
    « Je ne vois pas où sont les protections supplémentaires qu'on devait avoir. »
  • 27:47InvitéFait
    « Les premières réformes qui ont été faites, c'est la réforme de l'ISF, la réforme du marché du travail, c'est des réformes de droite. »
  • 27:51InvitéFait
    « On a continué avec la baisse d'impôts de production, des choses qui n'étaient pas prévues au départ, qui ont été rajoutées. »
  • 28:19InvitéFait
    « Macron, il finira avec ces beaux chiffres qui seront gravés dans le marbre. »
  • 28:25InvitéFait
    « La population française, elle aura eu des réformes comme jamais. »
  • 28:29InvitéFait
    « La classe moyenne, elle va se paupériser, mais alors, c'est déjà parti depuis 20 ans, mais là, elle va se paupériser comme elle ne s'est jamais paupérisée. »
  • 28:35InvitéFait
    « On sera dans une société extrêmement inégalitaire qui va faire gagner l'extrême droite. »
  • 29:10InvitéFait
    « On a eu des taux de croissance à 0%, c'est-à-dire quand il n'y a pas d'activité, il y a plus de chômage. »
  • 29:21InvitéFait
    « On a la crise climatique en tendance constante. »
  • 29:25InvitéFait
    « Puis on a eu le Covid et puis on a eu l'inflation. »
  • 29:41InvitéFait
    « Ils manifestent, on leur passe des 49-3, il n'y a pas de souci. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur22 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Moi, je pense qu'Emmanuel Macron, il sert un intérêt personnel qui est le sien. C'est vrai, je ne pense pas qu'il sert l'intérêt général, en réalité. Son intérêt, à lui, c'est de finir son quinquennat avec des beaux chiffres. Donc là, dire qu'on a 5% de chômage, quel qu'en soit le prix à payer, parce que ce n'est pas l'activité qui va faire réduire le chômage. C'est la case du système public et des protections sociales qui va faire baisser le chômage. Donc Macron, il finira avec ces beaux chiffres qui seront gravés dans le marbre. Il pourra dire que ça a été le meilleur président, mais la population française, elle aura eu des réformes comme jamais.

À mon avis, la classe moyenne, elle va se paupériser. Mais alors, c'est déjà parti depuis 20 ans. Mais là, elle va se paupériser comme je ne s'ai jamais paupérisé. Et on sera dans une société extrêmement inégalitaire qui va faire gagner l'extrême droite.

0:44
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour le premier Instant Porcher de l'année 2024. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas, pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Ça fait déjà plus de trois mois qu'on tient le pari qui a pu, sembler fou, faire tourner une télé d'infos indépendante et engagée des luttes. Toute l'équipe se joue à moi pour vous remercier chaleureusement pour tous vos dons en fin d'année 2023. Vous avez explosé le compteur des 100 000 euros. Merci infiniment. Vous êtes notre seule force.

N'hésitez pas à rejoindre l'aventure de manière pérenne en vous abonnant à partir de 5 euros par mois pour soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.

1:26
Invité

Salut Lisa.

1:27
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, on va récap l'année qui vient de s'achever, 2023, et on va voir à quoi devons-nous nous attendre pour 2024. Alors 2023 n'a pas été de tout repos. Et dans la continuité de 2022, il y a eu inflation, combat des retraites, du chômage, austérité budgétaire, loi immigration, guerre. Il est temps de faire le point avec toi Thomas. Quels sont les événements économiques qui ont marqué l'année selon toi ?

1:57
Invité

Alors le premier semestre de l'année a été marqué très clairement par la réforme des retraites, où on a eu une réforme des retraites qui est passée au forceps contre une majorité de la population et qui n'avait qu'un seul but, et nous l'avons vu, tout le monde l'a vu, qui était de faire des économies, des économies sur les retraites. Alors même que nous avons une population qui vieillit et que nous avions un système qui pouvait être amélioré, mais qui était un des meilleurs systèmes au monde puisque nous avions le taux de pauvreté parmi les plus faibles au monde. Donc ça, c'est ce qui s'est passé au premier semestre. Nous avons eu également des hausses des taux.

Comme nous avions de l'inflation et qu'il était hors de question d'indexer une partie des salaires comme le SMIC, qui est le seul d'ailleurs des revenus qui a été protégé de l'inflation, nous avons décidé de ralentir l'activité économique pour faire baisser cette inflation qui était plutôt transitoire. Donc il y a eu une succession de hausses des taux qui a freiné très clairement la croissance économique et qui fait qu'aujourd'hui, nous avons une croissance en dessous de 1%.

Certes, on s'en sort mieux que d'autres pays comme l'Allemagne qui sont en récession, mais la croissance de la zone euro est faible et dans les prochaines années, il y aura probablement une croissance qui, si on en reste là, ne redémarrera pas. Et puis ensuite, on a bien sûr toutes les réformes qui sont demandées supplémentaires pour faire en sorte qu'Emmanuel Macron s'en tire avec des beaux chiffres à la fin de son quinquennat.

Donc d'un point de vue purement économique, sans tenir compte de la géopolitique, etc., d'un point de vue purement économique, on a toujours la même philosophie qui est celle d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire l'austérité budgétaire, l'austérité budgétaire, même si elle a été sur le budget, on va dire, de 2024, elle n'a pas été aussi forte que cela, mais on est quand même sur une tendance d'austérité budgétaire et on baisse des impôts en continu et réforme du modèle social sans s'attaquer à ce qu'il fait, on va en parler après, à ce qu'il fait aussi des dérèglements de notre système, à savoir la financiarisation et l'évasion fiscale.

3:52
Présentateur

Donc on va revenir sur certains points avec toi. D'abord, l'inflation, évidemment, ça n'a échappé à personne. Le gouverneur de la Banque de France, interviewé sur France Inter en décembre, promettait ceci, nous étions à 7% d'inflation au début de l'année, nous sommes redescendus à 3,5%. Nous devrions être en moyenne à 2,5% l'an prochain et à 2% au plus tard d'ici 2025. Quand il dit l'an prochain, il parle de 2024. Alors en effet, l'inflation a ralenti en 2023, mais ça ne veut pas dire que les prix baissent, attention, ça veut dire qu'ils continuent à augmenter, mais moins vite. Et ces dernières années ont été marquées par une inflation record et surtout a flambé des prix alimentaires.

Je vous laisse regarder ces images. Thomas, est-ce que tu es aussi optimiste que le gouverneur de la Banque de France et surtout, est-ce qu'une inflation qui ralentit suffit à rattraper les énormes hausses qu'ont connues les Français ces deux dernières années ?

4:41
Invité

L'inflation, elle était transitoire parce qu'elle était due au début à un dérèglement du commerce international et au fait qu'on n'arrivait pas à mettre en adéquation l'offre et la demande. C'est-à-dire qu'il y avait des pays qui se déconfinaient avec une forte demande et puis d'autres qui étaient plutôt confinés et qui étaient parfois des producteurs. Et donc, il y avait cette inégalité entre offre et demande qui a créé de l'inflation. Puis, c'est ajouté à cela le conflit entre l'Ukraine et la Russie qui a fait augmenter les prix d'énergie. 60% de notre inflation, elle dépend de l'énergie, de l'énergie que nous importons, notamment les carburants.

Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'au bout d'un certain temps, même les marchés financiers, il y a des phases de spéculation quand il y a un événement, mais au bout d'un moment, elles intègrent le risque. Et quand elles intègrent le risque, les prix redeviennent à des niveaux à peu près normaux. C'est ce que nous vivons aujourd'hui avec des fluctuations, certes, mais à peu près normaux. C'est-à-dire qu'on n'a pas sur une explosion des prix avec des prix du pétrole à 200 dollars. Donc, l'inflation diminue, ralentit. Et en plus, nous avons augmenté les taux, nous avons tué l'activité, ce qui l'a fait encore plus diminuer. Donc, oui, on est sur une tendance à la baisse.

Mais tu l'as bien rappelé, ça ne veut pas dire que les prix diminuent. Ça veut dire que les prix augmentent moins vite. Quand on regarde entre 2020 et 2023, l'inflation des prix, c'est 13,6% en cumulé, inflation cumulée. Quand on regarde l'alimentaire, on dépasse 20%. Donc, les salaires n'ont pas augmenté de 20%. Les salaires n'ont pas augmenté de 13% sur 3 ans. Donc, la majorité de la population, sauf ceux qui sont au SMIC, qui ont été préservés parce qu'ils ont un mécanisme d'indexation sur les prix, ont vu leur pouvoir d'achat diminuer. Le salaire moyen a vu son pouvoir d'achat diminuer. Les retraités ont vu leur pouvoir d'achat diminuer très, très, très fortement.

Donc, c'est ça, la réalité. Et ce pouvoir d'achat n'a jamais diminué autant depuis la Deuxième Guerre mondiale. Donc, c'est une perte de pouvoir d'achat énorme. Et le gouvernement y a répondu par des chèques, par quelques blocages, mais pas par un mécanisme d'indexation, alors même qu'il aurait pu indexer jusqu'au salaire médian ou même au salaire moyen après et voir l'impact que ça aurait sur l'inflation. Mais ils ont refusé, rappelons-le, de le faire parce qu'ils partaient du principe qu'une indexation des salaires sur les prix allait entraîner cette boucle prix-salaire qui allait nous emmener vers une hyperinflation.

Or, aujourd'hui, les trois pays qui ont des mécanismes d'indexation des salaires sur les prix automatiques, la Belgique, Malte et le Luxembourg, ont une inflation qui est très faible et certains, une inflation en dessous de la France. Donc, on voit bien que ce mécanisme, comme nous l'avions dit ici, n'allait pas alimenter cette boucle et que nous avions tout intérêt pour protéger le pouvoir d'achat à le faire.

Mais bon, les gens n'ont pas voulu le faire et on s'est rendu compte que finalement, les gens ont perdu le pouvoir d'achat, mais les distributeurs comme les producteurs, eux, ont fait des profits records et on ne sait toujours pas quelle est leur marge nette et de quelle manière ils ont profité de l'inflation ou pas. Donc, oui, ça va se calmer, mais on a eu, ça va se calmer, il va y avoir un effet rattrapage par les entreprises qui vont augmenter quand même un petit peu les salaires, mais on ne reviendra pas, enfin, le pouvoir d'achat n'a pas été préservé. Et probablement qu'il faudra plusieurs années pour regagner ce pouvoir d'achat qui a été perdu.

7:29
Présentateur

C'est vrai que cette année 2023 a été marquée par le fait que l'État bloquait vraiment sur la question des salaires et sur encore des profits records pour les grandes entreprises. Pourquoi ça a autant bloqué en 2023, mais même avant, sur le pouvoir qui ne veut pas lâcher par rapport aux salaires ? Est-ce que c'est vraiment une croyance économique, comme tu viens de le dire avec la boucle, ou est-ce que c'est une volonté de ne pas aussi vexer les entreprises ?

7:52
Invité

Moi, je pense que tout de suite, ils ont voulu neutraliser cette question avec cette histoire de boucle. Il ne faut surtout pas faire ça, c'est la boucle, c'est l'hyperinflation, on va finir comme l'Argentine, avec plus de 100% d'inflation aujourd'hui, avec même 25 000% d'inflation à une certaine époque. Donc, c'était vraiment, il fallait bloquer ce débat. Tout le monde l'a répété en boucle. Il y a eu des études qui sont sorties.

Alors, nous, ici, nous faisions partie de ceux qui, dès le début, ont dit qu'il fallait un certain nombre de conditions pour engager cette boucle, conditions qui étaient, effectivement, dans les années 70, comme le pouvoir de négociation des salariés, à une époque, dans les années 70, il y avait une indexation. Il y avait une indexation. Mais il y avait un tel pouvoir des syndicats et des salariés que les gens redemandaient des hausses supérieures à l'indexation. Et donc, c'est là, effectivement, que ça alimentait cette boucle dans des proportions parfaitement raisonnables parce qu'on était à 13% d'inflation, on n'était pas à l'inflation argentine.

Mais il y avait, effectivement, cette boucle était alimentée. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Les syndicats ont beaucoup moins de pouvoir qu'à l'époque. Et il ne s'agissait pas d'avoir des négociations provisoirement une partie des salaires tant que l'inflation était aussi élevée et qu'on ne savait pas vraiment où on allait. Ça a été mis de côté tout de suite. Alors après, on a appelé Bruno Le Maire à appeler les entreprises à augmenter les salaires.

9:04
Présentateur

Bruno demande.

9:05
Invité

Exactement. Mais on se souvient de ce premier conflit. Le premier conflit a eu lieu où ? Chez Total, avec les raffineurs. Total, c'est l'entreprise qui a fait le plus de bénéfices, qui a profité plein pot de l'augmentation des prix et donc du conflit entre la Russie et l'Ukraine. Et c'est au sein même de cette entreprise-là qu'il y a eu le premier rapport de force entre des salariés et la direction. Donc ça veut bien dire quelque chose. C'est significatif de quelque chose. C'est-à-dire qu'il y avait un certain nombre d'entreprises qui en profitaient et qui n'augmentaient même pas les salaires à la hauteur de l'inflation.

Donc oui, moi je pense qu'il y a un rapport de force à mettre entre l'État et les grands groupes. Les grands groupes, ils sont très peu nombreux. Les distributeurs, ils sont 8. 8 distributeurs, ils ont 90% de part de marché. C'est rien du tout. Donc vous les réunissez rapidement. Vous pouvez par exemple bloquer les prix. C'est prévu par le Code de commerce. Vous établissez un rapport de force avec le distributeur. Et vous bloquez les prix pendant 3 mois d'un certain nombre de biens. Et puis après vous dites on va faire une enquête sur les marges nettes que personne ne connaît. Là, les producteurs, ils comprennent qu'ils ne peuvent pas exagérer. Alors là, il n'y a rien eu de tout ça.

Il y a eu des négociations, il y a eu quelques engagements. Et puis le temps de ces négociations, le temps de ces engagements, les distributeurs comme les producteurs parce qu'ils se renvoyaient toujours la balle, ont fait des bénéfices énormes. On fait des bénéfices énormes. C'est ça qu'il faut regarder. C'est la seule chose qu'il faut voir. Ils ont fait des bénéfices énormes. Quant en bas, les gens se sont serrés la ceinture et ont fait des arbitrages de consommation comme ils n'ont jamais fait.

10:28
Présentateur

Tu parles de l'énergie. Sur un an, les prix de l'énergie augmentent de 3,1% en novembre 2023. Après, plus 5,2% en octobre. C'est l'INSEE évidemment qui nous donne ces chiffres. Les prix des produits pétroliers se replient. Donc moins 1,4% après plus 1,8%. Ceux du gasoil baissent. Moins 2,5% après plus 1,6%. Et ceux de l'essence décélère de nouveau plus 7,5% après plus 13,5%. Les prix de l'électricité, eux, ils ralentissent sur un an. Plus 16,1% après plus 18,5%. Tandis que ceux du gaz diminuent à un rythme plus modéré. moins 3,7% après moins 5,5%. Thomas, ces ralentissements des prix de l'énergie sur un an, est-ce que c'est bon signe ou pas ?

11:12
Invité

Alors, il faut faire très attention. Effectivement, comme je l'ai dit au début, tous ces prix d'énergie sont déterminés en grosse partie aussi sur des marchés financiers. C'est le cas du pétrole qui fait le prix du carburant. C'est le cas du gaz. Donc, la moindre tension géopolitique entraîne de la spéculation, c'est-à-dire des variations brutales des prix. C'est ce que nous avons eu au moment du conflit entre la Russie et l'Ukraine parce que la Russie est un des plus gros producteurs de pétrole et de gaz au monde.

C'est ce que nous avons eu aussi au moment du conflit entre Israël et le Hamas parce qu'on avait peur qu'il y ait une extension et ça a duré très peu de temps mais on avait peur qu'il y avait une extension à l'Iran qui est un gros producteur de gaz et de pétrole. Donc, dès qu'il y a un élément géopolitique majeur, les prix augmentent. Et puis après, le marché intègre le risque et ça se calme. Mais ça ne veut pas dire en fait que ça va rester bas. Les prix vont constamment fluctuer parce que s'il n'y a pas de spéculation, les traders et les financiers ne gagnent pas d'argent. Donc, il faut que ça fluctue. Et s'il y a des grosses fluctuations, ils gagnent d'argent.

Vous savez, quand vous vendez, quand c'est bas, vous rachetez quand c'est très élevé. Vous faites une plus-value puis vous revendez, vous rachetez en bas. Chaque fois, il faut que ça bouge beaucoup pour qu'il y ait plus de profit. Si c'est linéaire, ça n'intéresse pas les financiers. Donc, ça, c'est la première des choses. Mais après, la tendance de fond, elle dépend quand même du structurel, de l'offre et de la demande. Et la tendance de fond, malgré tous les débats qu'il y a eu sur le fait qu'il fallait réinvestir le nucléaire, etc., pourquoi pas ? Mais tout montre que même si on fait du nucléaire, les prix de l'électricité vont augmenter.

Ils ne seront pas aussi faibles qu'avant parce que les EPR, il y a un surcoût très élevé de plusieurs milliards d'euros qui va être payé par le consommateur. Il y a le grand carénage, c'est-à-dire le fait de faire que nos réacteurs aient une durée de vie de 50 ans alors qu'ils étaient privés pour 40 ans. Donc, il faut faire un certain nombre de travaux, les remettre à niveau. Ce grand carénage est 50 milliards. Donc, c'est le consommateur qui va le payer.

Donc, in fine, sur tous les marchés, que ce soit pétrole avec les restrictions, avec des pétroles avec des coûts d'extraction de plus en plus élevés, que ce soit le gaz avec un marché extrêmement tendu, avec le gaz liquéfié qui coûte plus cher parce qu'il faut le transformer en liquide et puis après le remettre en gaz donc ça coûte beaucoup plus cher que du gaz que l'on a par pipeline venant de la Russie. Avec les coûts du nucléaire, les prix de l'énergie vont augmenter. Il ne faut pas mentir aux gens. Ces 20 prochaines années, la tendance va être à la hausse. Quel que soit le choix que nous faisons en termes énergétiques, ça va être à la hausse.

Donc, il faut que l'État et les consommateurs se préparent à ça.

13:39
Présentateur

Et la nationalisation d'EDF, pour toi, ça ne va pas du tout aider ? Enfin, la nationalisation entre guillemets.

13:44
Invité

En fait, nationalisation, ça veut dire quoi ? S'il y a une nationalisation et qu'il y a un État derrière stratège, c'est une très bonne chose. Si nous avions, comme nous l'avions à l'époque, des grandes compagnies nationalisées, c'est-à-dire GDF, EDF, ELF, ELF faisant le pétrole, GDF le gaz, EDF faisant la production de la distribution d'électricité et puis Areva qui produisait tout ça. Là, nous avions des entreprises publiques avec une planification, chacun faisant ses affaires et le but étant de servir l'État français. Ça peut être une bonne chose, même s'il y a eu des dérives. On l'a vu avec ELF, il y a eu des dérives dans les pays étrangers, etc. Il ne faut pas nier ça.

Mais il y avait une stratégie. Aujourd'hui, vous avez des entreprises qui sont publiques parfois qui se concurrencent entre elles. GDF, EDF vont se concurrencer. Total va concurrencer EDF. Donc là, il n'y a pas de vision. Donc si on est public pour EDF, on est public et on doit lui imposer des choix. Aller dans le nucléaire et puis si on mettait par exemple GDF, on a revendu quasiment, on a bradé tout le capital de GDF. Mais si on avait GDF, on pourrait lui dire écoute, tu passes du gaz, on renouvelle, on pourrait organiser la transition avec chaque entreprise qui se spécialiserait, une dans le solaire, une dans l'éolienne, une dans le nucléaire, et ainsi de suite qui se spécialiserait.

Mais ce n'est pas le cas. Donc une nationalisation sans état stratège, c'est comme la SNCF, ça ne change rien, rien du tout.

15:11
Présentateur

François Villeroy de Gallo, donc le gouverneur de la Banque de France, toujours dans cette interview sur France Inter, constate par ailleurs que le scénario du PI redouté il y a un an, à savoir la récession et la montée massive du chômage, ne s'est pas réalisé, je le cite, nous ne le voyons pas en France, ni en Europe, ni aux Etats-Unis, sur le chômage, compte tenu du ralentissement économique, nous prévoyons une remontée modérée entre 7,5% et 8%, c'est ce qu'il affirme, et le gouverneur de la Banque de France rappelle que nous sommes aujourd'hui à 7,4%, taux le plus bas que la France ait connue depuis 40 ans, ça rejoint aussi l'exécutif qui vantait ces chiffres, cette année 2023, c'est accompagné du durcissement des droits au chômage avec là aussi une réforme, Thomas, est-ce que, je ne pense pas parce qu'on en a déjà parlé, mais est-ce que tu partages l'analyse du gouverneur de la Banque de France ?

15:59
Invité

Alors, moi ce qui m'étonne c'est qu'il compare les Etats-Unis et l'Europe alors que ce n'est pas du tout la même chose, ce n'est pas du tout le même type d'inflation, ça n'a pas du tout été la même réponse de politique économique parce que certes les Etats-Unis ont augmenté les taux que le nôtre, donc ce n'est pas du tout la même situation. Nous, on s'engage dans une situation qui va être un peu plus difficile.

Alors, nous avons eu la hausse des taux qui a freiné l'activité, nous avons une croissance proche de zéro en zone euro, en récession en Allemagne, chez nous, on est au-dessus de 0,8, alors il faut quand même plus d'un pour cent pour qu'on puisse absorber tous les nouveaux arrivants sur le marché du travail, même si nous sommes un pays qui vieillit, nous en avons de moins en moins, donc on peut se contenter d'un taux de croissance un peu plus faible, mais le chômage a augmenté légèrement, mais en fait, ce qui s'est passé, c'est que nous avons déjà une politique budgétaire avec des budgets qui vont être de plus en plus serrés d'ici à 2027 qui va peser sur l'activité économique.

C'est Goldman Sachs ce qu'il dit. Donc, nous avons une politique monétaire qui pèse, une politique budgétaire qui pèse sur l'activité. S'il n'y a pas d'activité, il n'y a pas de création d'emplois et donc le chômage risque d'augmenter encore sensiblement, sauf si on bidouille les chiffres. Et comment on bidouille les chiffres ? On fait des réformes sur l'assurance chômage, c'est d'ailleurs ce que veut faire le gouvernement. On fait en sorte que le statut de chômeur soit de plus en plus difficile à avoir.

Donc, finalement, on va rayer des gens du statut de chômage, on va les faire en sorte qu'ils sortent le plus rapidement possible et on va faire en sorte qu'ils rentrent le plus difficilement possible. Donc, vous allez avoir un chiffre du chômage qui va diminuer et puis les gens vont dire vous avez vu, le chômage, tout va bien mais autour de ce chiffre du chômage, vous avez des millions de personnes qui sont dans des situations plus ou moins précaires qui bossent quelques heures et qui sortent du chiffre principal mais pour qui la situation n'est pas idéale, qui ne sont plus protégés par l'assurance chômage et qui n'arrivent pas à trouver un emploi des satisfaisants.

Parce que la plupart de ces gens qui sont en emploi précaire, ils veulent travailler plus. Plus de 50 %, ils veulent travailler plus. Donc, ce n'est pas un choix, c'est imposé par la conjoncture. Mais ils ne sont pas dans le chômage de catégorie A et donc ce chômage-là baisse. Et donc, c'est ça la stratégie aujourd'hui de l'exécutif. C'est de faire en sorte que ce chiffre diminue mais qu'autour, vous y ait des armées de précaires qui ne rentrent pas dans le chiffre. Et je dirais une chose pour finir, c'est qu'en fait, qui est-ce qui a subi le choc que nous avons vécu ? Le choc d'inflation, le choc de la baisse d'activité. C'est les gens en fait qui l'ont subi. C'est ça en fait.

Ils l'ont subi en faisant des arbitrages, en acceptant de gagner moins parce qu'ils avaient des emplois plus précaires. C'est eux qui ont subi entièrement le choc. Et le gouvernement fait tout pour faire comme s'il ne voyait pas que les gens avaient subi ce choc. Donc il va redécouper l'assurance chômage après avoir réformé les retraites. Il va faire en sorte en fait, il va faire des budgets de plus en plus austéritaires avec une dépense publique qui ne va quasiment pas augmenter. Ce qu'on n'a jamais vu dans les décennies précédentes. Et il fait tout ça comme s'il ne voyait pas ça. Mais il ferait mieux de faire attention parce que ça peut lui revenir en pleine tête comme un boomerang.

18:53
Présentateur

Alors, autre fait dont on a moins parlé cette année, ces enseignes qui ont fermé comme Pimki, Camailleux, etc. Mettant au chômage des femmes, notamment des petites villes ou moyennes villes. Avec tout ce qu'on vient de raconter, est-ce qu'on est entré dans un nouveau monde d'un point de vue économique ?

19:11
Invité

Alors, c'est très bien qu'on puisse parler de ça parce que très peu de gens en parlent en réalité. Et la manière d'en parler n'est pas la bonne manière. C'est-à-dire que, tu l'as bien dit, et M. Fourquet l'avait très bien expliqué dans son livre, c'est que nous sommes passés dans une société aujourd'hui où les industries ont été remplacées par des centres commerciaux. C'est la société de consommation. Et dans les centres commerciaux, vous avez toutes ces enseignes. NAF-NAF, Pinky, etc. Avec des gens qui travaillent.

En fait, c'est l'hôpital, les collectivités locales, une partie des hôpitaux qui restent et les centres commerciaux qui trouvent majoritairement des emplois puisque les industries sont parties en majorité. Et donc là, ces emplois vont être détruits en partie par la faillite de ces enseignes. Beaucoup de gens nous disent qu'est-ce qui s'est passé ? On note un certain nombre d'erreurs. Oui, c'est vrai que ces enseignes se sont mis très tardivement à la vente en ligne alors qu'aujourd'hui, vous avez une vente en ligne extrêmement agressive d'enseignes comme Shein, etc. Ces enseignes-là n'ont pas vu venir la seconde main avec Vinted qui a impacté fortement ces enseignes-là.

Pas toutes, mais ces enseignes-là spécifiquement, c'est bizarre, mais pas par exemple d'autres enseignes exactement. Ou Uniqlo. Donc voilà ce qu'on vous dit. Et puis on dit qu'ils n'ont pas su se renouveler, ils sont arrivés à maturité. Donc à un moment, c'est le capitalisme, création destructrice, certains meurent, d'autres vont se créer. Bon, on ne peut pas. C'est la vie. Mais il n'y a pas que ça. Il n'y a pas que ça. Et moi, je suis assez étonné que les gens ne pointent pas le doigt sur la responsabilité de ces dirigeants. Les dirigeants de Casino ou d'autres de Pinky, qu'est-ce qu'ils ont fait en fait ?

Ils ont passé beaucoup de temps à monter des montages financiers en empilant les holdings les unes aux autres pour à la fin faire remonter les bénéfices et que la dernière holding, comme par hasard, est détenue majoritairement par une seule personne. Vous voyez qu'ils récupèrent une grosse partie du bénéfice qui aurait pu servir parfois à rembourser les dettes ou à investir ou à restructurer en développement la vente en ligne, etc. Non, là, il n'y avait pas de problème là. Donc, vous aviez parfois des dirigeants qui avaient 150 entreprises comme ça, qui gagnaient énormément d'argent, qui rentraient dans les 100 premières fortunes de France et qui ne connaissaient rien au secteur.

Ils achetaient juste des entreprises. Si vous vous intéressez au secteur, à l'économie réelle, en fait, vous rachetez une entreprise du textile. Vous voyez bien qu'il y a une concurrence qui vient d'autres pays. Vous voyez bien qu'il y a des développements sur Internet, qu'il y a des influences, enfin, tout un tas de choses et vous changez de stratégie. Eux, il n'y a jamais eu de changement. Ils n'ont même pas tenu compte des remontées de terrain. C'est ce que disait le syndicat. On leur a fait plusieurs fois des remontées de terrain. Ils n'en tenaient pas compte. Ils s'en moquaient.

Pendant ce temps, ils étaient sur la sphère financière à créer leur holding, à faire en sorte qu'ils touchent le plus de bénéfices possibles et ils s'enrichissaient. Et aujourd'hui, on dit ah oui, c'est un changement de conjoncture. Mais en même temps, s'il y a un changement de conjoncture avec des grands dirigeants qui se sont enrichis ne voient rien. C'est qu'ils ont passé beaucoup plus de temps sur la sphère financière que sur la sphère réelle. Et ça, ça pose un problème sur toute la question de la financiarisation de ces entreprises. Non, mais c'est vrai qu'il faut dénoncer. Je suis sûr que probablement beaucoup ont fait de l'optimisation fiscale. Il faut le dénoncer.

Et là, on n'en parle jamais de ça. Or, il y a une vraie responsabilité des dirigeants et il faut qu'ils rendent des comptes aujourd'hui parce qu'il va y avoir des emplois, des gens qui vont être licenciés. Et ça, c'est important de parler aussi

22:28
Présentateur

Parlons maintenant austérité. Cette année a été marquée par le fameux « il faut faire des économies ». On n'arrête pas de le dire. La Banque de France avance qu'en l'absence de nouvelles mesures, la réduction du déficit public ne serait pas suffisante pour entraîner une diminution du ratio de dette publique à l'horizon 2026. Donc nous, on a beaucoup parlé de ça, de dette publique, de déficit public, etc. dans différents épisodes. Est-ce que pour toi, c'est la priorité là pour 2024 ?

22:52
Invité

Non, c'est une grosse bêtise. Alors, bon, que le gouverneur de la Banque de France le dise, ce n'est pas étonnant parce qu'il ne dit que ça. Après, le gouverneur de la Banque de France, il a un salaire très élevé payé sur fonds publics. Parce qu'ils sont toujours promptes. Quand on regarde les gens qui font des économies, ils sont toujours des très hauts fonctionnaires avec des salaires et des fonctions très élevées qui n'hésitent pas à se vendre au privé puis à revenir au public en dessous.

Et c'est ceux-là qui disent à des agents de catégoriser, de faire des économies qui gagnent trop ou aux collectivités locales de supprimer des fonctionnaires dans les collectivités locales ou dans les crèches, etc. Donc, il faut vraiment faire attention. Sur l'économie, j'ai cité l'autre fois la banque Goldman Sachs. Tout à l'heure, la banque Goldman Sachs qui a dit que notre politique budgétaire avait un impact sur l'activité. En fait, aujourd'hui, vous avez les États-Unis qui font de la relance économique. Vous avez de la Chine qui n'hésite pas à mettre les moyens qu'il faut quand il faut les mettre.

Nous avons un retard énorme sur plusieurs productions nécessaires à la transition énergétique. C'est-à-dire les panneaux solaires, les éoliennes, les batteries de voitures électriques. Toutes ces choses-là qui sont quand même des choses nécessaires pour la transition écologique. Nous avons un retard énorme. Donc, on ne pourra pas faire la transition qu'avec de la sobriété. Il va falloir aussi, parce que ça ne marchera pas, on ne pourra pas imposer de la sobriété à tout le monde. Il faut de la sobriété, bien sûr, mais il faut aussi développer des énergies bas carbone.

Il faut aussi remplacer une partie du parc automobile par des voitures électriques, même si la voiture électrique n'est pas l'avenir de la mobilité. Mais c'est l'avenir quand même de la voiture. Donc, il y a plein de choses à prendre en compte comme ça et nous avons pris énormément de retard. Pourquoi ? Parce que nous sommes plus concentrés sur la baisse des déficits pour rendre une belle copie à l'Allemagne que sur des plans de relance ambitieux. Donc là, là-dessus, il y a un vrai problème. Si on doit faire constamment des économies, à la fin, on arrive quoi ? À 3% de déficit et so what ? Si on n'a pas investi là où il faut, on est très dépendant de l'extérieur.

S'il y a moins de fonctionnaires ou moins d'agents ou moins de dotations aux fonctions publiques, le service public se dégrade. Et puis après, si on n'a pas d'activité, il y a moins de création d'emplois et tout le monde est fâché. Donc, il faut faire très attention. À un moment, la politique budgétaire, elle doit être maniée en fonction du but. Et là, le seul but du gouverneur, c'est d'avoir des beaux comptes. Le but d'autres pays, c'est de développer leur économie et de relancer l'activité. Et je pense que ça devrait être notre but aussi.

25:08
Présentateur

Ce n'est pas que le but du gouverneur, parce qu'on sait que l'exécutif et Emmanuel Macron sont sur la même ligne que le gouverneur de la Banque de France. Après, Emmanuel Macron, il gère un pays, il ne gère pas une start-up. Mais j'ai l'impression qu'on passe complètement à côté du débat en France. C'est-à-dire qu'on va aller prendre quelques milliards sur les retraites pour découvrir après qu'en fait, on ne fait pas du tout d'économie. On va aller prendre quelques centaines d'euros sur les appels ou sur les allocs dans la loi immigration parce qu'on vient d'en parler, mais c'est aussi sur le climat.

On va faire des petites contorsions, des projets de loi industrie verte pour faire venir des industries on ne sait où pour qu'elles repartent trois ans après. J'ai l'impression qu'on passe complètement à côté des enjeux qui sont sur nos épaules. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce qu'a prévu le gouvernement pour 2024 ?

25:56
Invité

Moi, je pense qu'Emmanuel Macron, il sert un intérêt personnel qui est le sien. C'est vrai. Je ne pense pas qu'il sert l'intérêt général, en réalité. Son intérêt, à lui, c'est de finir son quinquennat avec des beaux chiffres qui va ressasser, répéter, que les gens répéteront tout le temps, etc. Que peut-être même son successeur pourra dire oui, moi j'étais avec Emmanuel Macron et nous avons réussi à avoir les 5% de chômage qu'il rêve d'avoir, les 3% de déficit. Voilà des chiffres. Une dette qui est sous contrôle.

26:28
Présentateur

Edouard Philippe commence déjà à parler comme ça.

26:30
Invité

Et donc comme ça, on rend les réformes qui ont été nécessaires pour le travail, les réformes d'imposition qui ont été nécessaires. Quelque chose à peu près comme ça pour dire, regardez, je vous rends les camions en main, il y a 2-3 indicateurs. Le chômage, c'est vraiment un indicateur parce que ça fait des années qu'on dit qu'on a tout essayé sur le chômage, ça n'a pas fonctionné. Donc là, dire qu'on a 5% de chômage, quel qu'en soit le prix à payer, parce que là, on va tous payer un prix parce que ce n'est pas l'activité qui va faire réduire le chômage. C'est la case du système public et des protections sociales qui va faire baisser le chômage.

On va avoir un taux de chômage faible, mais on va en payer le prix. Donc, le but pour lui, c'est de ressortir avec ça. Ça aura été le plus jeune président d'un pays riche, élu démocratiquement. Il aura réussi à faire baisser le chômage. Il pourra s'en vanter tout le temps. Les gens vont vite oublier parce que moi, ce qui m'étonne beaucoup, c'est la capacité qu'ont les gens à oublier. Ils oublient facilement. Ils oublient qu'il y a eu la réforme. Ils oublient qu'à un moment, il y a plein de gens qui se sont demandé est-ce que Macron est de gauche ou de droite ? Il y a eu ça. Ils ont oublié ça. Maintenant, ils disent, ah non, il était de droite, on le savait.

Ah ben non, il y a beaucoup de gens qui oublient qu'ils ont dit pendant des années que Macron, c'était la social-démocratie, que c'était en même temps, que c'était les pays scandinaves. Je ne vois pas où sont les protections supplémentaires qu'on devait avoir. Elles ont vite été effacées, les protections supplémentaires. Alors oui, il y a eu le Covid, mais elles ont vite été enlevées. Les premières réformes qui ont été faites, c'est la réforme de l'ISF, la réforme du marché du travail, c'est des réformes de droite et on a continué avec la baisse d'impôts de production, des choses qui n'étaient pas prévues au départ, qui ont été rajoutées. Donc, les gens oublient rapidement, en fait.

Ils partent de l'existant, on dirait qu'ils ont une vue très faible, de l'existant de ce qui s'est fait du dernier trimestre et puis voilà, la réforme des retraites, on a déjà oublié, on est passé à autre chose. Et comme le jeu politique, c'est d'être toujours un peu en mouvement, qu'aujourd'hui, on est dans la société du buzz et que le jeu politique, c'est toujours en mouvement pour attraper le buzz et prendre une position, on oublie très vite ce qui s'est passé il y a six mois, un an, deux ans, trois ans, cinq ans. Donc, Macron, il finira avec ces beaux chiffres qui seront gravés dans le marbre.

Il pourra dire que ça a été le meilleur président, mais la population française, elle aura eu des réformes comme jamais. À mon avis, la classe moyenne, elle va se paupériser, mais alors, c'est déjà parti depuis 20 ans, mais là, elle va se paupériser comme elle ne s'est jamais paupérisée et on sera dans une société extrêmement inégalitaire qui va faire gagner l'extrême droite. C'est tout.

28:38
Présentateur

Avec tout ça, on se demande s'il y a encore des raisons d'espérer pour les années à venir. Est-ce que tu peux nous en parler ?

28:47
Invité

Personnellement, moi, je suis très pessimiste parce que je suis étonné par la plasticité finalement des Français qui prennent des coups quand même depuis un certain nombre d'années. Enfin, ça fait quand même depuis 2008. Alors là, il n'y a pas que Macron, mais 2008, il y a eu la crise, puis la crise de la zone euro. Alors, on a eu l'impression que ce n'était pas de notre faute, mais on a eu des taux de croissance à 0%, c'est-à-dire quand il n'y a pas d'activité, il y a plus de chômage. Je veux dire, tout va mal pour tout le monde. Il y a eu ça.

Puis après, on a eu, bien sûr, les attentats, puis on a eu, on a la crise climatique en tendance constante, puis on a eu le Covid et puis on a eu l'inflation. Donc, ça fait 10 ans que les gens ont une plasticité, une flexibilité intense et chaque fois, on leur demande de faire de plus en plus d'efforts. Vous voyez ? Et moi, je me dis, je suis à la place de ces gouvernants où on demande aux Français de faire de plus en plus d'efforts. Ils manifestent, on leur passe des 49-3, il n'y a pas de souci. On gouverne à coups de 49-3, c'est ce qui se passe. Et ils encaissent. Je serai un gouvernement, je me dis, on peut toujours aller un peu plus loin. On peut toujours aller un peu plus loin.

Il y a eu le mouvement des Gilets jaunes, bien sûr, qui a fait reculer le gouvernement. Mais depuis, c'est fini. Donc, ils se disent toujours, on peut aller de manière de réformer de plus en plus loin et passer en force. Je suis assez pessimiste. Je suis assez pessimiste. Je pars toujours du principe que l'issue doit être politique, doit être vraiment politique. Mais après, j'ai l'impression que les gens n'intègrent pas les chocs économiques qu'ils ont vécus.

Et beaucoup préfèrent trouver un responsable, un coupable ou dire que ça n'a pas existé et que si on veut, on peut, sur des stratégies individuelles, plutôt que de se rendre compte vraiment du bilan et de ce qui s'est passé et de faire en sorte d'avoir, quelqu'un au pouvoir. Est-ce qu'il existe ? Je ne sais pas. Mais quelqu'un au pouvoir qui puisse transformer la société et faire en sorte qu'on soit dans une société plus juste, plus prospère et apaisée.

30:46
Présentateur

En tout cas, on va essayer de continuer à éclairer sur tout ça en 2024. Merci beaucoup, Thomas. Merci. Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. Quel plaisir de commencer l'année 2024 avec vous. Et ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas que des mauvaises nouvelles. On va s'accrocher. Cela fait déjà plus de trois mois qu'on tient le pari qui a pu sembler fou faire tourner une télé d'info indépendante et engagée des luttes. Toute l'équipe se joint à moi pour vous remercier chaleureusement pour tous vos dons en fin d'année 2023. Vous avez explosé le compteur des 100 000 euros. Merci infiniment. Vous êtes notre seule force.

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