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interviewC à vous (sur YouTube)· 12 mars 2025 11 min

Lucien Jean-Baptiste & Les Bodin's : drôle de succès !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

- Non. - Tu ne peux pas t'empêcher de trouver une affaire. - Vous en laisseriez vos chaussures avant de vous mettre une balle dans la tête? - On dirait pas que tu es flic. - D'habitude, on clignote? - Il m'énerve. - Vous n'avez pas arrêté la bonne personne.

On a un mobile, l'arme du crime, les traces de pas...

Autant d'indices, c'est presque trop beau. - A.-E.Lemoine: L.Jean-Baptiste a imaginé le personnage du nouveau héros de "Joseph", nouvelle série policière de TF1 qui revient pour 2 épisodes: on l'accueille aux côtés de J.-C.Fraiscinet et V.Dubois.

Bonsoir! Bravo! Ravie de vous accueillir tous les 3.

Vous réunir pour un succès annoncé, les nouvelles aventures des Bodin's. Le précédent long métrage avait quasiment conquis près de 2 millions de spectateurs. Et ont fait le succès confirmé de la nouvelle série policière dont vous êtes le héros, Lucien.

En tête des audiences jeudi dernier. - L.Jean-Baptiste: C'est marrant. - A.-E.Lemoine: Vous ne vous y attendiez pas? - L.Jean-Baptiste: Tant mieux, ça marche, c'est génial.

J'aimerais qu'on parle de la qualité. On donne beaucoup de chiffres. - A.-E.Lemoine: On va parler de la qualité.

La genèse de ces 2 succès est assez similaire. - Lucien, tout est parti d'une blague. - L.Jean-Baptiste: J'ai une admiration pour Columbo.

Je passais mon temps à l'imiter. J'imite la voix française. Il faudra d'ailleurs qu'on parle du doublage, qui est en danger.

Quand TF1 m'a demandé une idée, j'ai parlé de Columbo. Je voulais porter cet imperméable. - A.-E.Lemoine: Avec le même système.

Dès le début, on sait qui a tué. - L.Jean-Baptiste: Voilà.

L'intérêt est de voir comment les personnages, le tueur et le petit flicaillon de quartier, vont s'affronter dans une partie d'échecs brillante. - A.-E.Lemoine: Vincent, tout est parti d'une blague aussi.

Vous étiez dans un seul-en-scène et Jean-Christian était dans une autre troupe. Les metteurs en scène ont mélangé tout le monde pour faire des impros. - J.-C.Fraiscinet: C'était le principe du festival.

On s'est retrouvés tous les 2. On s'est aperçus qu'on était de la même région, Vincent de Touraine et moi, du Berry. On s'est bien marrés.

On aime bien "Columbo", aussi. - A.-E.Lemoine: Tout ça parce qu'un jour, ambulancier, vous avez pris une vieille dame revêche dans votre voiture. - V.Dubois: Oui, j'ai secouru une Maria Bonin.

La mère Bodin's, c'est un peu d'elle. - A.-E.Lemoine: Et vous, Lucien, le Columbo normand, c'est un peu vous. - L.Jean-Baptiste: Quand on m'a proposé, j'ai proposé des petites choses, et on m'a dit de ne rien changer, que j'étais dans le personnage. - A.-E.Lemoine: C'est la 1re fois qu'il y a un personnage de couleur et qui bosse sur des enquêtes. - L.Jean-Baptiste: A l'époque, il n'y avait pas de femme flic.

Je ne suis pas militant. Je fais mon travail. J'écris des films, je m'amuse, je créé des séries.

D'un coup, la création permet d'être militant et de faire avancer des causes. - A.-E.Lemoine: Ca vous manquait, des héros positifs de premier plan? - L.Jean-Baptiste: C'est tellement important.

Petit, à la télé, je voyais tous les héros blancs formidables. Je m'identifiais à eux. Mon problème n'est pas de m'identifier.

C'est qu'on me disait que je ressemblais à Cheeta. Je voulais être Tarzan. Je me suis dit qu'il fallait créer nos héros.

Les femmes ont le même problème. Il est temps de remettre tout le monde à niveau. On a le droit d'avoir des héros féminins, noirs, tout ce qu'on veut. - A.-E.Lemoine: 2 paysans qui deviennent des héros populaires, ce n'était pas une évidence.

Vous êtes fiers d'être les ambassadeurs du monde rural, voire de la cause de la production artisanale de fromage qu'il faut sauver des griffes de l'industrie laitière. C'est le sujet du film, mais ça vous tient réellement à coeur. - V.Dubois: On habite l'un et l'autre dans les villages où on a grandi.

La plupart de nos copains d'école sont agriculteurs, éleveurs, paysans. On les voit peiner. Autant se servir de notre notoriété pour en parler.

Qui de mieux que les Bodin's pour parler de ça? - J.-C.Fraiscinet: On s'en rend peut-être moins compte dans les grandes villes, mais en milieu rural, il n'y a plus de médecins, les écoles ferment...

C'est compliqué. On avait à coeur de faire du sujet de notre nouveau film, ce thème. - A.-E.Lemoine: Un slogan: "Les gros vont manger les petits alors que ce sont les petits qui vont manger les gros." - E.Tran Nguyen: Le point de départ, Lucien, c'est "Columbo", avec le trench qu'on connaît bien.

Dans l'extrait qu'on va voir, il est doublé par Serge Saubion qui parle de son amour pour le personnage. - Vous aimez votre personnage? - J'adore Columbo.

Je ne suis pas aussi malin que lui, mais je suis tout aussi crasseux. Et merveilleux. Il me fait rigoler.

Ce type me fait rigoler. J'aime tout en lui. - E.Tran Nguyen: Vous avez vu tous les "Columbo"? - L.Jean-Baptiste: Pratiquement.

J'ai peur que vous me posiez une colle... - E.Tran Nguyen: Il n'y a pas de piège.

Vous aimez quoi dans le personnage? - L.Jean-Baptiste: La VF est vraiment exceptionnelle.

Mais quand on entend la version originale, Columbo est un immigré italien. Le rapport avec les puissants, les riches, tous ces milieux que les gens découvraient...

Des villages sublimes à Hollywood, etc. Gamin, je voyais ce petit bonhomme réussir face aux géants. C'est peut-être ce qui plaisait aux téléspectateurs, cette revanche. - A.-E.Lemoine: Un petit bonhomme qui ne paye pas de mine... - L.Jean-Baptiste: Et qui fait de grandes choses.

Dans "La première étoile", le petit personnage voulait apporter du rêve à ses enfants. Je tire ce fil pour le grand public. - A.-E.Lemoine: On parlait de Serge Saubion, qui doublait Peter Falk et que vous imitez bien.

Mais vous doublez vous aussi des stars américaines. - L.Jean-Baptiste: Ouais! - A.-E.Lemoine: W.Smith? - L.Jean-Baptiste: Je l'ai doublé, mais je ne le ferai plus jamais.

Quel comportement...

Je double Chris Rock. - A.-E.Lemoine: Vous pourriez faire à vous tout seul la scène de W.Smith qui gifle C.Rock. - L.Jean-Baptiste: C'est pathétique, de faire ça.

Ces mecs sont des symboles. Autant de violence montrée au grand public... - A.-E.Lemoine: C.Rock avait fait une blague déplacée sur l'épouse de W.Smith. - L.Jean-Baptiste: Oui, mais pas comme ça.

C'était regrettable. Je veux garder ma voix pour des gens qui le méritent. - M.Bouhafsi: "Joseph", c'était aussi un bon moyen de retrouver votre mère de fiction.

Elle joue votre mère dans 3 des films que vous avez réalisés. Votre personnage rend hommage au nom de jeune fille de votre mère. Votre aïeule était sur Outre-mer La 1ere en 2016. ... - L.Jean-Baptiste: C'est magnifique, cet accent. - M.Bouhafsi: Elle a 95 ans.

Elle dit une phrase qui m'a fait rire: "Une mère antillaise, c'est l'équivalent de 10 mères juives." - L.Jean-Baptiste: Il y a les clichés sur les communautés.

Ma mère, c'est 20 mères juives. Elle a été et est toujours très présente. Plus sérieusement, elle s'est battue pour élever ses 6 enfants toute seule.

C'est louable. Elle méritait d'avoir son nom pour l'éternité. Comme je suis bavard, j'ajouterai que Joseph est un nom qui rassemble.

Il est dans les 3 religions monothéistes. J'aime qu'il y ait du commun à la télé. Je suis sur une chaîne de grande écoute, donc j'en profite.

Tout le monde devrait se retrouver dans ce prénom. Ca donne des signes d'union. - A.-E.Lemoine: Le nombre de messages en peu de temps! - L.Jean-Baptiste: J'ai 52 minutes. - A.-E.Lemoine: C'est parfait.

Et une Maria Bodin's, c'est l'équivalent de quoi?