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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 31 août 2023 26 min

"Oui, il y aura un enseignant devant chaque élève", assure le ministre de l'Éducation Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre de l'éducation nationale dans le grand entretien du 7-10. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, les auditeurs vous connaissent bien, ils vous ont souvent entendu sur Inter. En tant que secrétaire d'État à la jeunesse, porte-parole du gouvernement, ministre du budget, ils vous découvrent ce matin donc ministre de l'éducation nationale. Dernière étape en date de votre ascension politique éclair. Vous en rêviez petit en vous brossant les dents d'être ministre de l'éducation ?

0:34
Gabriel Attal

Pour moi, c'est un des ministères qui se trouve, je pense, dans le cœur des attentes des Français. On voit bien tous les débats qui traversent la société aujourd'hui. Et très souvent, on en revient dans ces débats à l'école, l'école de la République. Parfois d'ailleurs, un peu injustement, l'école peut beaucoup. Il y a aussi beaucoup de choses qui se jouent en dehors de l'école, dans les familles. Mais oui, c'est... Vous en rêviez enfant ? C'est une très belle responsabilité. Je pense que quand on s'engage en politique, il y a peu d'enjeux, il y a peu de domaines qui sont plus intéressants que l'éducation nationale.

Et vous l'avez dit, j'ai été secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale de l'époque. Et donc, j'ai eu l'occasion de m'engager sur ces sujets. J'ai été élu député en 2017. J'étais aussi membre de la commission éducation. C'est des sujets qui sont absolument passionnants. Et c'est une très belle responsabilité. Très belle responsabilité aussi que de travailler avec les enseignants qui font le plus beau métier du monde, qui ont la passion de leurs élèves, qui se lèvent le matin pour permettre à nos élèves de s'élever, de réussir. Et voilà, je veux vraiment les saluer, leur souhaiter une bonne rentrée, puisque c'est d'actualité.

1:39
Invité

Vous succédez aux deux ministres de l'Éducation d'Emmanuel Macron, qui ont été Jean-Michel Blanquer et Papendia. Et on va voir dans un instant ce qui vous distingue d'eux, puisque vous avez déjà marqué votre différence. Mais d'abord, qu'est-ce qui vous rapproche de l'un et de l'autre ?

1:52
Gabriel Attal

Moi, je ne fais pas de comparaison avec mes prédécesseurs.

1:56
Invité

Une comparaison, c'est de quoi vous vous sentez proche ? C'est une question qui n'est pas piégeuse. C'est juste, est-ce que le sens de l'autorité de Jean-Michel Blanquer vous sentait proche ? Est-ce qu'il y a des choses que vous relevez chez ces deux hommes qui vous ressemblent ?

2:08
Gabriel Attal

Moi, je pense que quand on s'engage sur ces questions, quand on a cette très belle responsabilité d'être à la tête de l'éducation nationale de notre pays, on le fait avec un engagement, avec la conviction qu'on agit pour faire progresser les élèves, pour soutenir les enseignants, les personnels de direction. Je ne veux pas faire, encore une fois, de mettre d'étiquette sur mes prédécesseurs en disant qu'il y en a un qui était plus tourné vers tel sujet et l'autre vers tel sujet. Tout le monde, je crois, a cherché à faire au mieux. Et moi, c'est ce que je vais faire aussi.

2:35
Présentateur

En tout cas, Gabriel Attal, pour la première fois, Emmanuel Macron a déclaré au point que l'éducation était un domaine réservé du président. A-t-il voulu dire par là que vous étiez un ministre sous tutelle ?

2:47
Gabriel Attal

Je crois que c'est une très belle déclaration, un très bel engagement de sa part. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'éducation nationale, c'est un sujet absolument prioritaire pour le président de la République. Et je vais vous dire, on l'a vu dès 2017 avec l'engagement massif qu'il y a eu. Évidemment, il reste beaucoup de difficultés. Tout n'a pas été réussi, tout n'a pas été fait. Mais il y a eu un engagement absolu, notamment pour l'égalité des chances, avec un investissement dans l'éducation prioritaire. Dans la campagne présidentielle en 2022, il a dit que l'éducation serait la priorité de son quinquennat.

Donc, je peux vous dire, quand vous êtes ministre, avoir un président de la République qui dit à quel point l'éducation nationale sera sa priorité, ça met du vent dans les voiles pour avancer.

3:24
Invité

Bien. Allez, on y va sur les points importants de cette rentrée. Point important que vous avez voulu marquer en cette rentrée, c'est votre annonce choc dimanche soir sur l'interdiction des abayas à l'école. Plusieurs personnalités, comme Sophie Binet, la leader de la CGT, ici à ce micro, je ne sais pas si vous l'avez entendu, sans contester le fond de la décision, s'est demandé si c'était nécessaire de s'inviter aux 20 heures de TF1 pour tambouriner sur un sujet qui ne concerne que 150 établissements en France sur 60 000. Vous n'auriez pas pu le faire plus discrètement ?

3:51
Gabriel Attal

D'abord, moi, je veux rappeler que l'éducation nationale, que l'école de la République, s'est construite autour de valeurs et de principes extrêmement forts, et notamment la laïcité. La laïcité, c'est une des valeurs fondamentales de l'école de la République. Et je crois que notre responsabilité, ma responsabilité en tant que ministre de l'Éducation nationale, c'est de garantir qu'elle soit toujours respectée. C'est l'un de mes prédécesseurs, illustre prédécesseur, Jean Zay, qui disait que l'école doit rester l'asile inviolable, où les querelles des hommes ne pénètrent pas.

4:21
Invité

Aujourd'hui, notre mandat à la tête du ministère de l'Éducation nationale est marqué par la suppression de la baillard. On retient les premiers pas de Gabriel Attal, la baillard.

4:29
Gabriel Attal

Je me suis exprimé sur beaucoup d'autres sujets, sur les fondamentaux à l'école, sur le réinvestissement. Je vais vous dire de manière très franche et très transparente. Je me suis posé la question de savoir s'il fallait avancer sur ce sujet et faire cette annonce au moment de la rentrée scolaire. Et ce qui m'a convaincu, c'est mon échange avec les chefs d'établissement, les personnels de direction. Comment ça va se passer ? Attendez, je vais au bout pour répondre à votre question, parce que c'est un sujet difficile dans beaucoup d'établissements.

Dans certains établissements, vous l'avez dit, c'est un sujet encore plus difficile, parce que pour certains d'entre eux, la baillard s'est quelque part installée depuis plusieurs années. Et de l'échange que j'ai pu avoir avec eux, et je veux vraiment leur rendre hommage, on ne parle pas souvent des personnels de direction, des proviseurs, proviseurs adjoints, principaux, principaux adjoints de leurs équipes. J'ai retenu que prendre cette décision au moment de la rentrée, qui est une forme de nouveau départ annuel, ça serait peut-être moins difficile à faire appliquer que de le faire en cours d'année.

5:18
Invité

Concrètement, comment ça va se passer lundi matin ? Les jeunes filles en Abaya ne pourront pas rentrer dans l'établissement scolaire. Chaque directeur sera posté devant le collège ou devant le lycée et dira, soit tu vas te changer, soit tu ne rentres pas. Comment ça va se passer ?

5:29
Gabriel Attal

Je vais vous dire, derrière l'Abaya, derrière le camis, il y a des jeunes filles et des jeunes garçons. Il y a des familles, il y a des êtres humains avec qui il faut échanger, dialoguer, faire de la pédagogie. Et ça, les chefs d'établissement, les personnels de direction, les enseignants le savent très bien, ils le font au quotidien. Donc vous me dites, qu'est-ce qui va se passer ? Très concrètement, elles seront accueillies. Ils seront accueillis et il y aura un échange avec eux pour leur expliquer le sens de la règle. Pourquoi est-ce qu'on prend cette décision ? Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas porter l'Abaya ou le camis dans l'école ?

5:58
Présentateur

Et ensuite, la porte de l'école sera fermée.

6:01
Gabriel Attal

Je vais vous dire, moi, je ne me place pas dans cette situation-là. Je pense que par le dialogue, par l'échange, par l'écoute, par la pédagogie...

6:07
Invité

Elles vont rentrer tout de suite se changer et revenir en jean ?

6:10
Gabriel Attal

Ça prendra peut-être quelques jours au départ pour certaines.

6:13
Invité

Est-ce qu'elles pourront assister aux cours la semaine prochaine si elles sont en Abaya ? C'est ça la question ?

6:17
Gabriel Attal

Non. Elles pourront rentrer dans l'établissement où il y aura un échange avec les équipes pédagogiques. Et je vais vous dire, pour un certain nombre d'établissements, on l'a dit tout à l'heure, on sait que c'est un sujet qui va se présenter davantage que dans d'autres. Vous pouvez avoir plusieurs dizaines de personnes qui sont concernées. Ce que je souhaite, c'est que nos chefs d'établissement, nos personnels de direction, évidemment, soient accompagnés pour faire ce travail de médiation et d'échange.

6:40
Présentateur

Et vous avez promis une note de service, justement, aux chefs d'établissement pour le mode d'emploi de cette interdiction. Elle est écrite ? Elle dit quoi, cette note ?

6:47
Gabriel Attal

Elle leur sera adressée aujourd'hui. Elle clarifie la règle.

6:51
Présentateur

Elle dit quoi, alors, précisément ?

6:53
Gabriel Attal

Elle sera envoyée aujourd'hui dans la journée aux chefs d'établissement. Elle clarifie la règle. Elle explique qu'on ne peut pas porter l'abaya, le camis, dans l'école de la République. Elle donne un certain nombre de pistes et de guides pour faire ce travail-là d'échange et pour expliquer la règle. Je leur adresserai également un courrier signé de ma main à destination des familles pour lesquelles ils jugent qu'il est nécessaire de leur transmettre ce courrier. Mais surtout, je le dis, je veux que pour les établissements pour lesquels on anticipe que ce sera, encore une fois, un sujet plus important que pour d'autres, il y ait également un accompagnement humain.

7:26
Invité

On note, en tout cas clairement, que dès lundi matin, une jeune fille en abaya ne rentre pas dans la classe.

7:31
Gabriel Attal

Dès lundi matin, il y a un travail qui va s'engager avec ces jeunes filles ou ces jeunes garçons quand il s'agit du camis pour leur expliquer le sens de la règle. Encore une fois, moi je le dis, on parle de personne. Il y a des jeunes filles, des jeunes garçons qui, parfois, depuis plusieurs mois ou plusieurs années, avaient pris l'habitude de venir en abaya à l'école. On a une règle qui est aujourd'hui claire. Et moi, ce que j'ai retenu de mes échanges avec les personnels de direction cet été, mais aussi, je le dis avec certaines organisations syndicales d'enseignants, c'est qu'il y avait l'attente d'une règle claire venant de leur ministre.

Que parfois, il y a eu des équipes sur le terrain qui étaient un peu laissées seules, démunies, sans cadre clair, sans directive claire de leur ministre. Je considère que ma responsabilité, c'est de la donner. Maintenant, elle est donnée. Et donc, il y aura ce travail qui pourra s'engager. Mais encore une fois, les équipes pédagogiques le savent très bien.

8:16
Présentateur

Encore un mot à droite et à l'extrême droite. On réclame le retour de l'uniforme. Vous vous êtes dit favorable à des expérimentations. Ça veut dire quoi exactement ? Dès cette année, dans combien d'établissements ? Vous voyez les choses comment ?

8:28
Gabriel Attal

La question m'a été posée cet été. J'ai répondu que c'est un vrai débat qui existe dans le pays. D'ailleurs, un certain nombre de personnes ont des positions très tranchées sur le sujet.

8:38
Invité

Par exemple, Brigitte Macron qui est favorable.

8:40
Gabriel Attal

D'autres ont des positions moins tranchées.

8:43
Invité

Vous avez une position, vous ?

8:44
Gabriel Attal

J'ai eu l'occasion de m'exprimer cet été. J'ai dit que je ne crois pas que ce soit une solution miracle qui permette de régler tous les problèmes de l'école. Vous n'êtes plutôt pas pour ? Non, j'ai dit que je ne crois pas que ce soit une solution miracle. En revanche, que c'est un débat qui existe. Et pour moi, la meilleure manière de faire progresser le débat, c'est d'expérimenter les choses.

9:02
Invité

Et combien de communes sont candidates pour l'essayer cette année ? Pour l'instant... Est-ce qu'il y a des communes qui vont l'essayer cette année l'uniforme ?

9:08
Gabriel Attal

On verra dans les prochains mois.

9:10
Invité

C'est demain la rentrée ? Oui, mais ce n'est pas un sujet de la rentrée pour moi. Mais est-ce qu'il y a aujourd'hui des communes qui vont essayer...

9:15
Gabriel Attal

Interroger les communes ? Moi, je n'ai pas d'annonce à faire aujourd'hui sur des expérimentations qui démarraient dans des communes. Après, c'est un sujet sur lequel je vais continuer à avancer, sur lequel je vais échanger.

9:25
Invité

Béziers, Perpignan, par exemple, vous commencez...

9:25
Gabriel Attal

Je voyais le président de l'Association des maires de France hier, on a abordé énormément de sujets. La question du bâti scolaire, la question de l'inclusion des élèves en situation de handicap, la question des fondamentaux...

9:36
Invité

Et la question des profs, et la question de la présence des profs. Y aura-t-il, Gabriel Attal, comme vous l'avez promis, un prof derrière, devant chaque élève ? Il vaut mieux devant chaque élève lundi matin.

9:47
Gabriel Attal

Évidemment, je sais que c'est une appréhension, parfois, pour des familles, une inquiétude. Oui, il y aura un enseignant devant chaque élève. Et à nouveau, je veux saluer les enseignants qui reprennent aussi le chemin de l'école et qui le font, je le sais, avec enthousiasme et passion pour leurs élèves et pour leur réussite. Il y a eu beaucoup de travail autour de cette rentrée pour anticiper les choses. On sait qu'il y a un enjeu d'attractivité dans l'éducation nationale qui ne date pas d'aujourd'hui, mais auquel il nous faut répondre. Je pense qu'il y a un certain nombre d'éléments qui entrent en vigueur aussi à cette rentrée, qui vont nous permettre d'y répondre en partie.

C'est un travail qui va se poursuivre. J'ai annoncé que j'allais y travailler avec les organisations syndicales dans les mois qui viennent. Ce qu'on a vu d'ores et déjà, il y a quelques mois, c'est qu'on a un peu moins de postes à pourvoir à l'issue du concours que l'année précédente. Combien ? 3 000 postes à pourvoir ? Autour de 3 000, c'était 1 500 de plus à peu près l'année précédente. Donc, ça reste un enjeu évidemment majeur, l'attractivité, sur lequel on va continuer à avancer. Il y aura combien de contractuels ? On est en train de finaliser la rentrée. Vous disiez à l'instant, il y avait un peu plus de 3 000 postes à pourvoir à l'issue du concours. Donc, il y aura 3 000 contractuels ?

Évidemment, c'est des recrutements qu'on pourvoit et qu'on a d'ailleurs très largement déjà pourvus avec des contractuels, qui, je le rappelle, seront formés avant leur prise de fonction, qui, je le rappelle, pour 90% des contractuels exercés déjà, enseignés déjà l'année dernière, et qui, par ailleurs, sont aussi très engagés pour les élèves.

11:09
Présentateur

Sophie Vénétité, la secrétaire générale du SNES, pardon, FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du second degré, dit que cette promesse d'un prof devant chaque élève relève de la tromperie. Elle souligne que les concours n'ont pas fait le plein et que les rectorats sont en train de bricoler pour cette rentrée. On en est là ? On bricole ?

11:31
Gabriel Attal

Je ne crois pas du tout. D'ailleurs, il y a beaucoup d'éléments qui ont été anticipés par rapport aux autres années, notamment sur le recrutement de contractuels, qui a été très largement anticipé par rapport à certaines rentrées qu'on a pu connaître, où ça se faisait, c'est vrai, un peu parfois au dernier moment. Je rappelle qu'il y aura une formation plus importante en cette rentrée que les années précédentes pour les contractuels. À nouveau, que 90% d'entre eux enseignaient déjà l'année dernière, au global, les enseignants contractuels, c'est autour de 4-5% des enseignants dans notre pays. C'est trop ?

Évidemment, je souhaite que le plus possible d'enseignants fassent le choix de passer les concours, d'être titularisés. Mais il y a un enjeu d'attractivité réel qui passe notamment par la rémunération.

12:11
Invité

La rémunération, vous parlez notamment de l'attractivité. Il y a une nouveauté, cette rentrée pour les profs, c'est le fameux pacte qu'a proposé Emmanuel Macron, le pacte enseignant, qui doit... En gros, vous prenez une nouvelle mission, vous êtes payé un peu plus. Ce pacte-là, il y a la grande question du mystère autour du pacte. Combien de profs l'ont signé ? Vous refusez de donner les chiffres ? Papendia et votre prédécesseur disaient qu'il faut 30% pour que ça fonctionne. Il y a un besoin de 30% de signature, on en est à combien ?

12:41
Gabriel Attal

D'abord, il y a deux nouveautés dans cette rentrée. Il y a le pacte, je vais y venir dans un instant. Il y a aussi une revalorisation salariale pour tout le monde, inconditionnelle. Sans condition. En septembre, là, 2023, si vous comparez avec septembre 2022, c'est-à-dire la rentrée précédente, chaque enseignant gagnera 125 euros net de plus par mois qu'à la rentrée 2022. Et ça ira jusqu'à 250 euros net de plus par mois selon votre degré d'ancienneté. Et ça, c'est pour tout le monde. Pas besoin de mission supplémentaire.

13:10
Invité

La promesse du président de la République, il avait dit, répété, plus d'enseignants en dessous des 2000 euros par mois, on n'y est pas, malgré l'augmentation qui est notable.

13:20
Gabriel Attal

On y est, on est même au-dessus, puisque pour les néo-titulaires, c'est-à-dire ceux qui débutent dans le métier, on sera à 2100 euros net par mois en cette rentrée. C'est plus que les 2000 qui étaient l'engagement du président de la République.

13:30
Invité

Avec la revalorisation du point d'indice.

13:32
Gabriel Attal

Avec la revalorisation du point d'indice, c'est engagé sur la rémunération minimale pour les enseignants. La revalorisation du point d'indice, elle peut baisser dans deux ans. Je ne pense pas qu'on baisse le point d'indice. Non, je n'ai pas vu d'exemple dans les années précédentes de baisse du point d'indice. Il y a souvent des revendications de le revaloriser davantage.

13:46
Invité

Vous avez demandé 10% de hausse. On est à 5,5 à peu près d'augmentation.

13:50
Gabriel Attal

Avec la revalorisation du point d'indice, on est au-dessus. Et pour certains enseignants, selon l'ancienneté, on est même au-dessus des 10%. En moyenne, on est autour de 10%. Mais encore une fois, un enseignant qui débute, néo-titulaire, en 2020, c'était un peu au-dessus de 1 700 euros net par mois. Là, on sera à 2 100 euros net par mois pour le début de carrière.

14:11
Invité

Je vois que vous n'aviez pas envie de me répondre à ma question sur le pack.

14:13
Gabriel Attal

Je vais donc reposer combien de profs ? C'est normal. Il y a une revalorisation pour tous qui est historique.

14:19
Invité

Oui, il y a une vraie augmentation de salaire.

14:22
Gabriel Attal

J'entends qu'il y ait des demandes d'aller plus loin. Je les entends parfaitement. Mais je n'ai pas d'exemple dans les années précédentes, ou même les décennies qui viennent de s'écouler, de hausse de rémunération sur un temps si court aussi important. Maintenant, le pacte. Oui, le pacte. Il s'agit de dire que vous avez aujourd'hui des enseignants qui font encore plus que ce qu'il aurait demandé quelque part dans leur mission classique. Qui font du remplacement de collègues qui sont absentes sur une courte durée.

Qui font des stages de réussite pour permettre à des élèves en difficulté de revenir plus tôt à l'école, qui accompagnent des élèves en situation de handicap ou à besoin particulier. et qu'il faut les rémunérer mieux. C'est ça le sens du pacte.

14:59
Présentateur

Il faut qu'ils signent le pacte. Et alors, combien l'ont signé ? C'était 30% pour que le système fonctionne. On y est ou on n'y est pas ?

15:06
Gabriel Attal

Mais ça n'a pas démarré, puisque la rentrée n'a pas encore eu lieu.

15:08
Invité

Si, il y en a qui ont signé. On dit qu'il y a à peu près 10% seulement qui ont signé.

15:11
Gabriel Attal

Vous avez des établissements qui ont eu des contacts avec des enseignants, évidemment, avant les vacances d'été, qui les ont interrogés.

15:20
Présentateur

Oui, je l'ai noté. J'ai noté que les syndicats étaient contre.

15:23
Gabriel Attal

Je pense qu'il y a aussi des enseignants qui vont souhaiter rejoindre le pacte. Parce que la réalité, c'est que vous avez des enseignants qui aujourd'hui font des heures supplémentaires. Ils continueront à le faire en étant mieux payés pour ça. Un enseignant... Mais alors, pourquoi ça ne marche pas ? Un enseignant, Léa Salamé, qui fait du remplacement de courte durée. Il a un collègue qui est absent. Il le remplace. Aujourd'hui, il est rémunéré 41 euros de l'heure. Ça passe à 69 euros avec le pacte.

15:49
Invité

Et alors, ils devraient tous le signer ?

15:50
Gabriel Attal

Pourquoi ils ne le signent pas ? Je vais vous dire.

15:51
Invité

Ou alors, pourquoi ceux qui le signent, nous dit Sonia Princé du service d'éducation, le font en catimini ? On est un peu honte, comme si c'était un peu... Il y a des prises de position.

16:00
Gabriel Attal

Il y a des prises de position d'organisation syndicale que je respecte, je crois, au dialogue social. J'ai eu l'occasion d'échanger avec les organisations syndicales. Elles ont leur position de principe que j'entends. Moi, je le dis, il faut donner sa chance à ce dispositif. C'est un nouveau dispositif. Donc, évidemment, il va monter en puissance progressivement. Mais enfin, il permet pour des enseignants qui réalisent des missions supplémentaires d'être mieux indemnisés, mieux rémunérés pour cela. Je pense surtout que tout ça, c'est aussi au service de nos élèves et au service de l'élévation du niveau et de leur réussite.

16:30
Présentateur

Allez, au standard d'Inter, on donne la parole à Jules ce matin. Bonjour et bienvenue, Jules.

16:35
Auditeur

Oui, bonjour. Merci de prendre ma question. Je vous appelle de Grenoble. Je suis enseignant dans un collège de Grenoble. Je voulais apporter un témoignage. C'est la réalité du terrain. Notre ministre fraîchement nommé. On connaît cette année, en 6e et en 3e, dans ce collège de Grenoble, deux fermetures de classes qui portent les effectifs à 30 élèves par classe. Voilà. C'est très simple à comprendre que ça impacte directement l'enseignement, l'apprentissage, etc. C'est une difficulté supplémentaire pour les élèves et pour les enseignants et les autres adultes qui sont dans les classes. Donc, ma question, elle est très simple. Est-ce que les effectifs, c'est vraiment le nerf de la guerre ?

Est-ce que vous êtes décidé à prendre le taureau par les cornes, à investir tous les moyens possibles pour la zone de la nouvelle génération ?

17:28
Présentateur

Merci infiniment, Jules. Pour cette question, Gabriel Attal vous répond.

17:31
Gabriel Attal

D'abord, merci, Jules, de vous engager pour les poils de la République et pour les élèves et bonne rentrée à vous. Évidemment que c'est un enjeu. Je disais tout à l'heure, moi, je souhaite qu'on puisse recruter davantage d'enseignants. Il y a un enjeu fondamental qui est celui de l'attractivité. C'est un enjeu majeur, c'est un enjeu majeur aussi pour le nombre d'enseignants qu'on est capable d'accompagner devant des élèves. Donc, ça va être un travail au long cours qu'on va poursuivre. Il y a la rémunération qui a commencé. Ensuite, sur les ouvertures, fermetures de classes, il y en a chaque année. Qui préoccupe beaucoup de parents d'élèves, notamment à Paris,

18:03
Invité

où il y a beaucoup de classes qui ferment.

18:04
Gabriel Attal

Il y en a chaque année selon la démographie aussi. Parce qu'il y a des endroits où on ouvre des classes, notamment parce qu'il y a davantage d'élèves qui arrivent. Et il y a des endroits, effectivement, où il y a des fermetures. Ce qu'il faut, c'est que ça se fasse toujours en concertation, après échange avec les élus. Je rappelle qu'il y a toujours un point qui est fait au moment de la rentrée. Parce que parfois, il y a un désaccord entre les élus et les équipes académiques sur le nombre d'élèves qu'on attend à la rentrée. Et qu'il y a des choses qui peuvent s'ajuster aussi à la rentrée. Mais oui, ça fait partie des enjeux sur lesquels je vais travailler.

Notamment, et je le dis, pour qu'on puisse donner plus de visibilité. Il y a beaucoup d'élus, beaucoup d'équipes pédagogiques d'enseignants qui vous disent, nous, dans notre territoire, et notamment dans les territoires ruraux, on sait être capable de dire, dans les années qui viennent, combien il y aura d'élèves à scolariser. Puisqu'il y a assez peu de mouvements de population et on regarde le nombre de naissances. Donc, on va aussi faire un travail pour, de manière pluriannuelle, sur plusieurs années, donner de la visibilité.

18:55
Invité

Gabriel Attal, il y a aussi votre autre annonce de dimanche soir, la question du bac et cette décision que vous avez prise, dans cette rentrée, de supprimer un héritage majeur de Jean-Michel Blanquer, à savoir les épreuves de spécialité qu'il a décidé de mettre en mars. Vous avez dit, ça n'a pas marché. On va les remettre en juin. Pourquoi ça n'a pas marché ?

19:13
Gabriel Attal

On a vu ce qui s'est passé après les épreuves au mois de mars. À l'issue de ces épreuves en mars, les élèves de Terminal avaient à peu près 85% de leurs notes au bac, grâce au coefficient, ce qui est aussi le contrôle continu. Et donc, une grande partie d'entre eux savaient qu'ils avaient leur bac, qu'ils auraient leur bac. Et donc, on a vu un absentéisme qui a augmenté de 30 à 50% et globalement, une démobilisation de beaucoup d'élèves qui se disaient, moi, je sais que j'ai déjà mon bac, donc je ne vais pas suivre les enseignements. Certains ont même dit, je ne vais pas aller à l'épreuve de philo. Rendez-vous compte. On ne peut pas accepter une situation pareille. Donc, j'ai échangé.

Donc, c'était mal anticipé, en fait, l'idée que... Je ne suis pas là pour jeter la pierre, faire la leçon. Je pense que cette réforme du bac et du lycée, par ailleurs, elle a un certain nombre de points qui sont utiles, et évidemment qu'on conserve. La part du contrôle continu, je pense que c'est utile pour tenir compte des efforts des élèves tout au long de l'année. Le choix d'enseignement de spécialité, je pense qu'il est utile aussi. Là, ce qu'on a modifié, c'est le calendrier et leur positionnement dans l'année.

Mais oui, en responsabilité, après avoir échangé avec les organisations syndicales, les personnels de direction, les associations de parents d'élèves, j'ai proposé au président et à la première ministre de décaler ces épreuves de mars à juin, ce qui, je pense, nous permettra de répondre aux phénomènes qui n'étaient pas acceptables qu'on a vus cette année.

20:23
Invité

Et Parcoursup, ça marche, vous trouvez ?

20:26
Gabriel Attal

Je pense que c'est un progrès par rapport à ce qu'on connaissait avant, souvenez-vous, en 2017, c'est-à-dire le tirage au sort pour aller à l'université. Ce n'était pas exactement ça. Il y avait du tirage au sort.

20:35
Invité

Donc vous trouvez que Parcoursup est un bon instrument ?

20:37
Gabriel Attal

Je pense que ça permet de tenir compte davantage des efforts qui ont été réalisés, du projet qui a été porté par les étudiants. Est-ce qu'on peut continuer à faire évoluer le dispositif, l'améliorer ? Évidemment, oui. Et ma collègue Sylvie Retailleau est très mobilisée pour ça. Mais oui, par rapport au tirage au sort, qui était pour moi totalement injuste, qui ne tenait pas compte des efforts, de la préparation des différents élèves pour le supérieur, je pense que c'est un progrès. Après, vous avez des filières sélectives qui étaient déjà sélectives avant Parcoursup. Aujourd'hui, ça passe par Parcoursup, mais qui ont leurs critères de sélection.

Je pense qu'il faut qu'on aille plus loin, je vais vous dire, sur Parcoursup, sur la transparence des critères de sélection. Moi, je pense qu'il y a encore, parfois, un peu trop d'opacité sur ce sujet-là, et des familles qui découvrent les critères de sélection, parfois de formation du supérieur, une fois que la sélection a eu lieu. Et ça, ce n'est pas acceptable.

21:22
Présentateur

On retourne au standard. Fabien nous appelle de Brest. Bonjour, bienvenue Fabien.

21:27
Auditeur

Oui, bonjour. Je voulais demander au nouveau ministre de l'Éducation nationale si vous avez jugé que, certes, la licité, on sera tous d'accord là-dessus, est une valeur centrale de la République et a fortiori de l'école républicaine. Mais vous auriez donc jugé en cette rentrée qu'elle se traite à travers un morceau de tissu sur la tête de quelques centaines de jeunes femmes ou de jeunes hommes, ou sur leur corps.

Est-ce que c'est bien sérieux, alors que le sort des élèves, au sens de beaucoup d'individus dans ce pays, repousserait d'abord sur celui des professeurs, leur nombre, leur capacité à défendre justement les valeurs républicaines, à les exposer en toute conscience aux élèves, à éveiller leur esprit d'émancipation ?

22:09
Présentateur

Merci Fabien pour cette question. Gabrielle Attal vous répond.

22:13
Gabriel Attal

Je pense que la question de la baïa du Camis, elle est importante. Il suffit d'échanger avec les personnels de direction, les chefs d'établissement, pour voir à quel point ils avaient besoin qu'une règle claire soit exprimée par leur ministre pour ne plus être seul face à cette situation sur le terrain sans directive. Donc j'assume totalement de l'avoir prise. Maintenant, est-ce que je considère que ça épuise la question de la laïcité et des valeurs de la République dans l'école de la République ? Évidemment non. Vous avez certaines études qui disent que vous avez près d'un enseignant sur deux qui s'autocensure parfois dans ses enseignements, notamment en raison des questions de religion.

Et donc évidemment, ça fait partie des sujets sur lesquels je veux continuer à avancer avec les enseignants. On a un travail fondamental à faire qui est la réinvention aussi de l'enseignement moral et civique qui est absolument fondamental, majeur. Pas uniquement d'ailleurs sur les questions de laïcité. J'attends de la part du Conseil supérieur des programmes une proposition en la matière et je veux avancer aussi sur ce sujet avec les enseignants.

23:05
Présentateur

Deux questions rapides sur l'application d'Inter. Pierre, je suis directeur d'école depuis 20 ans. Fausse annonce, il n'y a pas eu d'augmentation de salaire de 10% comme promis par le gouvernement. Delphine, 125 euros, c'est faux. Je vais gagner 92 euros de plus par mois et tout cela ne rentre pas en plus dans le calcul des retraites. Gabriel Attal, réaction ?

23:24
Gabriel Attal

D'abord, c'est au mois de septembre. C'est sur la feuille de paye de septembre. Je fais la comparaison. Feuille de paye de septembre 23, feuille de paye de septembre 22, c'est au moins 125 euros net de plus.

23:34
Invité

Elle aura, Delphine, 125 euros net

23:36
Gabriel Attal

par rapport à la rentrée 2022. Il y a effectivement la revalorisation socle du point. Un peu au-dessus de 90 euros au minimum et la revalorisation du point d'indice qui a eu lieu au mois de juillet autour de 30 euros.

23:47
Invité

Là, c'était aussi la rentrée politique, pas que la rentrée scolaire. Gabriel Attal, vous êtes un ministre politique. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a marqué cette rentrée en déplorant que le gouvernement, qu'Emmanuel Macron, ne parlait pas assez aux classes populaires. Il ne faut pas se contenter de parler aux gagnants de la mondialisation et aux habitants des centres-villes, a-t-il dit. Comment vous recevez cette critique venue de votre camp ?

24:05
Gabriel Attal

Moi, d'abord, je pense qu'il y a à parler et puis il y a à agir. Tout ce qu'on fait pour renforcer les moyens pour l'éducation prioritaire, et je le fais en cette rentrée, on continue à dédoubler les classes en réseau d'éducation prioritaire, là où les élèves ont le plus besoin. On dédouble les classes de grandes sections maternelles. On sera à 100% de classes de grandes sections dédoublées à la rentrée prochaine. On est à 85%.

24:25
Invité

Il parle trop, Gérald Darmanin ?

24:28
Gabriel Attal

Je ne suis pas là pour faire la leçon à mes collègues. Moi, j'ai pu entendre des déclarations, y compris sur 2027, etc.

24:36
Invité

Sur 2027, Marine Le Pen a gagné, dit Gérald Darmanin, pourrait avoir de fortes chances de gagner. Ça vous fait bondir, ça ?

24:44
Gabriel Attal

Je pense que quand on est ministre, en tout cas, on se pose une question, c'est comment est-ce que je réponds aux attentes des Français et quelles sont les attentes des Français ? Moi, je ne crois pas que les attentes des Français, ce soit que je m'exprime sur 2027. Les Français, ils sortent d'une élection présidentielle. Il a commencé trop tôt, quoi. C'est ça que vous lui dites ? Non, mais je ne fais pas, encore une fois, de commentaire sur mon collègue. Moi, ce que je dis...

25:00
Invité

Vous avez déjeuné avec lui hier, c'est ce que disait, annonçait Le Monde, vous avez déjeuné avec lui hier ?

25:04
Gabriel Attal

Non, et je ne fais pas... Enfin, je ne croise pas un seul Français qui me parle de 2027. Les Français, ils me parlent de 2023. Ils me disent, il y a de l'inflation, ça coûte cher. On veut que l'école fonctionne mieux. On veut que la santé fonctionne mieux. On veut être en sécurité.

25:16
Invité

On croise aussi des Français qui parlent de 2027, Gabriel Attal. Qui parlent alors qui ? Tout ça, ils disent...

25:22
Gabriel Attal

Non, je vous assure,

25:24
Invité

des vrais Français, pas seulement des journalistes.

25:26
Gabriel Attal

Je ne pense pas que c'est leur préoccupation du quotidien. En tout cas, moi, c'est ma conviction. Après, que j'ai des collègues ou qu'il y ait des responsables politiques qui souhaitent s'exprimer ou se projeter sur 2027, c'est leur droit. Il y en a même qui vous citent. C'est leur droit, encore une fois. Mais je n'ai pas... En tout cas, ce n'est pas mon choix.

25:42
Présentateur

Merci, monsieur le ministre de l'Éducation nationale. Gabriel Attal à notre micro ce matin.