Guillaume Peltier : "Toute la nouvelle génération des Républicains souhaite que la droite marche sur deux jambes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:08OuverteRéponse directe
Maintenant que votre parti a un chef, vous nous direz comment reconstruire la droite française.
- 11:41FerméeRéponse partielle
Le responsable politique que vous êtes, s'engage-t-il à ce que votre parti respecte la parité, notamment au moment des constitutions de listes et des élections à venir ?
- 16:45RelanceRéponse directe
Est-ce que finalement, en faisant ce que vous n'avez pas eu le courage de faire, mais ce que vous aviez annoncé vouloir faire, il ne vous coupe pas l'herbe sous le pied en vous laissant un peu sans voix dans la critique que vous voudriez lui apporter ?
- 20:19RelanceRéponse directe
Mais, M. Coletier, toute cette idée du co-développement, on l'entend depuis des années. La gauche l'a beaucoup développée. Il y a quand même une réalité, c'est-à-dire que beaucoup de pays sont en guerre. C'est-à-dire que vous avez des gens qui fuient, qui sont victimes, et vous pouvez plaider pour un co-développement, c'est impossible. Donc, qu'est-ce qu'on fait là, concrètement, et en quoi le projet de loi Macron vous déplait à ce point-là ?
- 26:09FerméeRéponse directe
Est-ce que vous pouvez faire frédie à Emmanuel Macron qui, au fond, est à peu près le même discours que vous ? C'est-à-dire accueil d'un côté, fermeté de l'autre. Est-ce que vous allez voter son projet de loi au bout du compte ?
- 29:31OuverteRéponse directe
On sent quand même bien que la jambe droite du parti Les Républicains aujourd'hui est beaucoup plus musclée que sa jambe gauche, que sa jambe modérée. Vous n'avez pas le sentiment quand même que le parti va sérieusement boiter dans les semaines qui viennent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:13Guillaume PelletierFait
« C'est une décision du gouvernement que j'estime positive, ce qu'a annoncé Bruno Le Maire en milieu de semaine, sa volonté à l'occasion du voyage du président de la République en Chine de renforcer le décret Montebourg qui vise à protéger les intérêts stratégiques et vitaux de la France. »
- 10:30Guillaume PelletierFait
« Tout ce qui relève du harcèlement, d'une atteinte à la dignité, c'est inacceptable. Et ça doit mériter une sanction exemplaire. »
- 11:21Guillaume PelletierChiffre
« On parvienne enfin à l'égalité salariale dans les entreprises. Vous savez qu'aujourd'hui, il y a 20 à 30% d'écarts à post-égal entre la rémunération d'un homme et la rémunération d'une femme. »
- 19:04Guillaume PelletierPromesse
« Je crois qu'il est urgent d'annoncer, et je vais donc beaucoup plus loin qu'Emmanuel Macron, il est urgent d'annoncer aux peuples européens qu'on ne réglera en rien la question des migrations sans s'attaquer à la cause première du problème et du phénomène qui est la pauvreté dans les pays du Sud. »
- 25:35Guillaume PelletierFait
« Je pense que depuis trop longtemps, en l'occurrence un certain nombre de décennies dans notre pays, nous manquons de générosité à l'endroit de ceux qu'on veut vraiment garder et de dureté avec ceux dont on veut vraiment accueillir et de fermeté très claire à l'endroit de ceux qui n'ont pas à rester sur le territoire national. »
- 34:59Guillaume PelletierFait
« J'ai été confronté à ce problème en tant que maire et j'ai été sérieusement d'ailleurs attaqué par ces corporatismes parce que j'ai assumé de faire venir des jeunes médecins, une jeune dentiste, des infirmiers, des infirmières. »
- 35:15Guillaume PelletierPromesse
« Je souhaite qu'à l'issue d'une école de médecine chaque jeune médecin soit désormais contraint, je dis bien contraint, pas inciter, contraint de s'installer deux à trois ans dans un territoire dit sous-doté. »
- 36:46AuditeurChiffre
« 51% des français vivent aujourd'hui dans des communes de moins de 10 000 habitants »
- 40:04AuditeurChiffre
« les 20 milliards de hausses de la CSG pour les retraités »
- 40:07AuditeurChiffre
« le gaz depuis le 1er janvier a augmenté de 6,7% »
- 40:15AuditeurChiffre
« le prix du timbre rouge va atteindre bientôt les 1 euro »
- 40:30Locuteur non identifiéChiffre
« l'INSEE dit bien 4,5 milliards d'impôts supplémentaires pour les français en 2018 »
- 43:29AuditeurPromesse
« nous allons avec Laurent Wauquiez faire sa tente de propositions »
- 44:53AuditeurPromesse
« je soutiens l'idée de cercle concentrique et que de dire la vérité aux français et aux européens »
- 45:47AuditeurFait
« ma conviction c'est que le vieux débat fédéralisme souverainisme est aujourd'hui dépassé »
- 48:42AuditeurFait
« Emmanuel Macron veut défendre les premiers de cordée »
Temps de parole
- Auditeur87 %
- Présentateur6 %
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Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité aujourd'hui, les députés du Loire-et-Cher, nouveau vice-président du parti Les Républicains, bras droit de Laurent Wauquiez, Guillaume Pelletier viendra nous rejoindre dans quelques minutes. Vos questions, vos remarques, vos commentaires sont les bienvenus sur Facebook Live ou sur Twitter. Vous connaissez le mot-clé, Question Paul.
France Inter, Question Politique, Alibadou.
Et avec moi en studio, l'équipe de Questions Politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour Ali.
Ça va ?
Oui, jusque-là, on va voir tout à l'heure.
Non, non, ça va rester, ça va durer. Bonjour Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Ali. Tout va bien ? Tout va bien. Et bonjour Karine Becker de France Inter.
Bonjour.
Ça va ?
On parlait cinéma, donc il va falloir qu'on se mette politique là, vous voyez ?
Exactement. Mais écoutez, ce n'est pas du cinéma, c'est vraiment très sérieux ce qui nous attend. C'est justement Guillaume Pelletier et la reconstruction de la droite. Mais avant de l'accueillir, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine Nathalie ?
Alors ce qui m'a marqué, c'est une sorte de fureur à cause d'un ratage. Alors quand j'ai vu le débat des deux tribunes dans le monde concernant les femmes, je me suis dit c'est intéressant. Il y aura peut-être l'opposition entre deux visions du féminisme. Est-ce qu'il y a un féminisme traditionnel qui refuse la guerre des sexes ? Est-ce qu'il y a à côté de ça un féminisme moderne ou pas ? Plus à l'anglo-saxonne où on considère que finalement c'est l'égalité. Alors ça c'est du côté de balance ton port. Donc je me suis dit on va enfin parler d'un sujet intéressant. Enfin enfin mais peut-être à cette occasion. Et là on est parti dans une espèce de délire où tout est parti en vrille.
Alors je rappelle la première tribune qui dit que tous les hommes ne sont pas forcément des porcs, qu'on peut être un peu dragué, qu'il y a certes de la drague lourde. Bon voilà et puis il y a dans les signataires Brigitte Lahaye, Catherine Millet. Et alors sur les plateaux de télé ça part en vrille. On a des propos insupportables du genre et oui on peut jouir quand on est violé. Donc tout ça c'est fini, on ne parle plus de rien. Et de l'autre côté, Caroline De Haas qui saute sur l'occasion d'avoir vu cette tribune si mal exprimée et si mal signée en disant je renvoie les porcs et leurs alliés. Donc c'est fini, c'est la fin, la défaite totale de la pensée.
Et je me disais parce qu'on préparait un reportage sur France 2, on avait écouté Françoise Giroux. On pensait à Elisabeth Badinter et on s'est dit ça serait tellement bien que ça puisse être porté par des gens comme ça, qu'on puisse discuter. Et dernier élément, que les hommes puissent s'en mêler. Parce que le côté tribune de bonnes femmes qui s'engueulent sur des trucs, qui tournent vers le sexe, je ne trouve pas ça intéressant. En plus c'est du communautarisme, ce qui veut dire que les femmes parlent des femmes, que les noirs parlent des noirs, que les juifs parlent des juifs et les pauvres des pauvres. Et ça c'est la fin de la République.
Bon, je me calme, je pense que ça va s'arranger et qu'il faut continuer le débat.
Françoise.
Alors moi c'est l'impôt qui m'a intéressé cette semaine, le pataquès qui s'est produit autour de la suppression de la taxe d'habitation. Et ce pataquès est à mon avis très intéressant parce qu'il montre à quel point l'impôt en France est devenu sensible depuis la révolte des bonnets rouges sous le quinquennat de François Hollande. Donc le gouvernement va supprimer la taxe d'habitation pour la totalité des contribuables. Le problème c'est évidemment par quoi la remplacer. Jacqueline Gouraud qui est ministre auprès du ministre de l'Intérieur, très élu local, très proche des élus locaux, dit il faut inventer un nouvel impôt plus juste en lien avec la commune.
Et aussitôt Bruno Le Maire monte au créneau, pas question, pas question, on ne va pas créer de nouvel impôt sous ce quinquennat. Oui, sauf qu'il y a quand même presque 20 milliards d'euros à trouver, alors on les trouve où ? L'une des idées c'est par exemple prendre une partie de la CSG pour financer les collectivités locales. Mais la CSG ça sert à quoi aujourd'hui ? A financer les dépenses sociales. Donc si vous les mettez dans les collectivités locales, qu'est-ce qu'on fait ? Sans doute des économies, sauf que c'est le mot tabou. On veut bien baisser les impôts sous ce quinquennat, mais on ne sait pas comment baisser la dépense. Et ça c'est vraiment l'angle mort de ce quinquennat. Karine.
Alors moi tout autre chose là. Le Front National, Marine Le Pen qui veut changer le nom de son parti, elle l'a dit il y a pile une semaine, dimanche dernier à l'occasion d'un déplacement à Lançon. Ils en ont reparlé les cadres du Front National à l'occasion d'un bureau politique. Là cette semaine. Alors c'est un serpent de mer le changement de nom du Front National. On en a toujours entendu parler, en tout cas depuis que Marine Le Pen est présidente du parti. Il en est régulièrement question que le parti aille bien, qu'il soit en phase d'ascension ou que le parti aille mal, voire très mal, comme en ce moment.
Alors le truc c'est qu'en revanche peut-être que cette fois-ci, elle a vraiment envie d'aller jusqu'au bout de sa démarche de changer ce nom du parti Front National pour deux raisons. La première c'est que c'est une excellente tactique de diversion, j'ai envie de dire. Quand ça va mal, on fait quelque chose qui va occuper le terrain, on va parler complètement d'autre chose et on arrêtera notamment de parler de son débat raté d'entre deux tours face à Emmanuel Macron. Et puis la deuxième raison, c'est qu'elle a sans doute besoin véritablement de tuer définitivement, entre guillemets, le père. C'est-à-dire d'aller jusqu'au bout. Pourquoi ?
Pour montrer qu'elle est forte, qu'elle est encore capable de décider et que c'est bel et bien la patronne du parti.
Et pour lui, quel est le fait marquant de la semaine ? On va le demander à notre invité, député, vice-président du parti Les Républicains, bras droit de Laurent Wauquiez, Guillaume Pelletier qui s'installe avec nous dans ce studio 221 de la Maison de la Radio. Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour. Et bienvenue, beaucoup de questions à vous poser. Maintenant que votre parti a un chef, vous nous direz comment reconstruire la droite française. Mais d'abord, qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité ?
Je vais peut-être vous surprendre. C'est une décision du gouvernement que j'estime positive, ce qu'a annoncé Bruno Le Maire en milieu de semaine, sa volonté à l'occasion du voyage du président de la République en Chine de renforcer le décret Montebourg qui vise à protéger les intérêts stratégiques et vitaux de la France. Et ça me semble être une bonne idée qu'il n'y ait pas des investissements inconsidérés de pays étrangers qui visent à piller nos savoir-faire. Et je crois qu'il a su utiliser les bons mots et tracer une belle perspective.
Ben écoutez, on va y revenir tout à l'heure évidemment. Mais tout de suite, le zapping politique. Il est signé Laurence Perron.
Le projet de loi Asile et Immigration qui attise la tension entre l'État et les associations de défense des migrants. Un atterrissage et des turbulences en vue pour le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L'État pourrait contester le contrat avec Vinci pour éviter d'avoir à payer. Les projets de loi Immigration et Asile du gouvernement, c'est essentiellement juxte. Le gouvernement a vu point sur la table dans le scandale Lactalis. La nuit se levait, nous blessons au hasard. Les nuages qui s'amoncèlent aux doigts mouillés fin 2017, c'était déjà une prophétie autoréalisatrice, wishful thinking de l'insoumis en chef. Par conséquent, la galère, elle commence pour lui maintenant.
Et elle finit pour moi maintenant. Un ancien Premier ministre amoureux de la Chine, qu'on apprend d'ailleurs cette semaine reconverti dans le business. Du plastique, l'avait dit autrement. Dans cette situation, notre route est droite.
Mais la pente est forte. Pour me perdre un peu plus. Pour nous perdre un peu plus.
Quand c'est un prix Nobel de littérature qui s'exprime qu'il est en colère concernant le tri des migrants, ça donne des mots cinglants dans l'Obs, je cite le clésio. Si l'État vérifie qu'on pourchasse les misérables comme s'ils étaient des chiens errants, eh bien cela est dégueulasse. Réponse non moins cinglante du chef de l'État. Je pense que quand il y a des désaccords entre le peuple et les intellectuels, c'est parfois parce qu'il y a beaucoup de confusion chez les intellectuels. Sur ce sujet, vous savez, il faut se garder des faux bons sentiments.
Quand vous n'avez pas droit à l'asile, vous pouvez passer 18 mois ou 2 ans en épuisant tous les recours et on n'arrive plus à vous reconduire dans votre pays. Donc nous avons un droit qui est à la fois injuste pour ceux qui ont droit à l'asile et il ne permet pas d'être efficace pour les autres. C'est l'un des avis de vent violents que l'on compte ses amis François Bayrouf.
On devrait dire non pas droit à l'asile mais devoir d'asile. Il y a un besoin de régulation car s'il n'y a pas de régulation, alors il y a la montée d'une exaspération qui cible les migrants eux-mêmes.
Au PS, où les camarades se bousculent pour barrer le navire, Rachid Temal, le coordinateur, rappelle aussi le droit.
Je jette un dernier regard sur 2017, non pas par masochisme, mais parce que les Français doivent savoir que nous prenons cette débatte pour ce qu'elle est, une sanction radicale, un terrible échec. Le devoir d'inventaire s'impose.
Au FN, on est clairement dans deux sales draps. Jean-Marie Le Pen sur le changement de nom adore faire sa lessive en public. Marine Le Pen ne peut pas l'expliquer, semble-t-il. C'est pour ça que j'ai suggéré que c'était peut-être pathologique. Et si ça n'est pas pathologique, les raisons sont probablement inavouables. On est dans une tentative d'esquiver ses responsabilités. Parce qu'il me paraît que quand le bateau se met au sec, ce n'est pas de la faute du bateau, c'est de la faute de son équipage et de son état-major. Alors ça, c'est du balance ta fille où on ne s'y connaît pas. Quoique balance, par les temps qui cours, ça sentira un peu le moisil au bénit, la gauche bien pensante.
Charline Vanhoenacker dans une adaptation libre de la liberté d'être importunée.
Ah, monsieur Retailleau, dites-leur que la violence contre Fillon pendant la campagne c'est quand même autre chose qu'une main au cul. Me dis donc, tu sais que tu dégages un truc, mon Bruno ? Trace avec tous les autres nazes autour de la table, je te trouve canon. Alors excusez-moi, mais je rajouterai un dernier mot, si vous me laissez finir ! Tu es là de la drague, ceci ! Et la réaction, Guillaume Pelletier ? Sur tout ça ou sur la dernière séquence ?
Sur Charline Vanhoenacker et sa chronique devant votre ami Retailleau.
Sympa, mais j'ai encore plus apprécié, pour être très franc, c'est pas pour casser l'ambiance, c'est l'inverse, ce que disait Nathalie Saint-Cricq sur tout ce sujet lié au puritanisme, à la lutte légitime contre le harcèlement, à la guerre des sexes. Je pense qu'on peut faire beaucoup mieux sans rien renier des problèmes que nous rencontrons dans notre société. On doit être intraitable vis-à-vis des questions de harcèlement, mais en élevant un peu le débat et en tracant une perspective sans caricaturer. Mais c'est-à-dire, concrètement ? Ça veut dire que toutes les positions de posture, de caricature, elles sont comme ça, sympa quelques minutes, mais elles ne font en rien avancer le débat.
Les Français, nos concitoyens, sont des gens lucides. Tout ce qui relève du harcèlement, d'une atteinte à la dignité, c'est inacceptable. Et ça doit mériter une sanction exemplaire. Pour autant, doit-on jeter l'opprobre de manière large, définitive, sur tous les hommes ? Bien entendu que non. Et je crois que sur cette question, ce n'est pas pour en sortir, c'est pour le prolonger. Je crois qu'on aurait intérêt, nous, les responsables politiques, à aborder, par exemple, la question centrale de l'égalité salariale.
Puisque le rapport entre les hommes et les femmes, l'égalité entre les hommes et les femmes, elle se juge, elle se jauge à l'aune du regard qu'on porte les uns sur les autres, certes, mais au regard aussi du concret. Et de ce qui se passe dans les partis, par exemple. Et de ce qui se passe dans les partis, parce que l'égalité entre à l'intérieur des partis, c'est quand même... Mais j'aimerais, moi, par exemple, je le ferais d'ailleurs, on est en train de travailler avec quelques parlementaires sur le sujet, ça fait tellement longtemps qu'on en parle, que de manière très concrète, par exemple, on parvienne enfin à l'égalité salariale dans les entreprises.
Vous savez qu'aujourd'hui, il y a 20 à 30% d'écarts à post-égal entre la rémunération d'un homme et la rémunération d'une femme. Ça n'est plus possible, ça n'est plus entendable. Et je crois que les responsables politiques se grandiraient, non pas simplement à annoncer, mais à faire concrètement et à faire des propositions concrètes.
Le responsable politique que vous êtes, le responsable du parti Les Républicains, s'engage-t-il à ce que votre parti respecte la parité, notamment au moment des constitutions de listes et des élections à venir ?
Moi, c'est un peu plus subtil que ça. Vous qui, je le sais, outre le fait d'être journaliste, avez souvent une réflexion philosophique sur le monde. Vous savez très bien que tout blanc, tout noir, tout bien, tout mal, c'est un peu plus compliqué que ça.
Respecter la parité, c'est assez simple.
Je vais vous répondre, je vais vous répondre très concrètement. Je suis pour la parité, même si j'aurais préféré, vous voyez, je vais être très direct et très franc, qu'on s'appuie d'abord sur les compétences, les savoir-faire, plutôt qu'un jour être obligé d'imposer par la loi. C'est quand même un échec. Ah mais vous voyez, quand on a la théorie et puis la pratique, c'est très intéressant, justement. C'est compliqué. Et donc, oui, je suis pour la parité. Oui, je plaide que cette parité soit effective. D'ailleurs, Laurent Wauquiez, dans sa première décision, quand il a désigné ses deux premiers vice-présidents, Virginie Calmels et moi, a voulu une équipe paritaire.
C'est le même cas, d'ailleurs, pour l'ensemble de l'équipe de notre mouvement. Et c'est sur quoi, vers quoi on doit tendre. J'y ajouterai une autre parité, si vous me le permettez, dont le manque abîme parfois les réflexions politiques. J'aimerais aussi qu'il y ait une parité publique-privé au Parlement et dans les décisions politiques. Si on avait un peu plus d'ouvriers, de salariés du privé, d'agriculteurs, d'artisans, d'employés, je pense qu'on prendrait des décisions plus justes. Donc pas d'engagement pour les prochaines élections ? Si, je viens de vous dire que je souhaite, mais je décide pas seul, je souhaite qu'il y ait une parité.
D'ailleurs, vous le verrez, au moment des élections européennes, elle est imposée par la loi et c'est une bonne chose. Il y aura une parité stricte dans notre famille politique.
Rendez-vous est pris. Votre portrait, Guillaume Pelletier, l'est signé Karine Bécard.
Rebonjour, Guillaume Pelletier. Bonjour. Parce qu'on s'est déjà parlé. Guillaume Pelletier, pendant 20 ans, oui c'est bien cela, pendant presque 20 ans, vous avez surjoué le politique pressé et puis vous êtes devenu un homme assez discret. Depuis quand exactement ? Depuis bientôt 4 ans, à partir du moment où vous avez été élu maire d'une petite commune, Nain-sur-Beuvron, 1200 habitants. L'année suivante, tout aussi modestement, vous êtes entré au conseil régional, celui du centre Val-de-Loire, et puis vous êtes arrivé sur la pointe des pieds cet été, à l'Assemblée, après trois tentatives, vous êtes enfin devenu député. Reconnaissez, Guillaume Pelletier, que vous avez bigrement changé.
Vous apparaissez aujourd'hui beaucoup plus posé, fini l'époque où vous avez été adhérents du FN à 20 ans, maigrétiste à 22, villiériste à 24, avant de filer à l'UMP. Ce qui fait un total de 4 parties en un peu plus de 12 ans. C'est un zapping politique, on ne peut plus impressionnant. Vous étiez ambitieux, Guillaume Pelletier, délibérément. Vous ne l'êtes pas moins désormais. Mais vous avez compris que plutôt que courir les plateaux télé, mieux valait commencer par vous enraciner. Et c'est ce que vous avez su faire, avec votre style un peu juvénile, ce sourire perpétuellement triomphant dans le département du Loir-et-Cher.
Alors maintenant que vous êtes bien installé, vous n'avez plus qu'un seul objectif, à 41 ans, continuer d'avancer. Vous venez d'être nommé deuxième vice-président du parti par Laurent Wauquiez. Vous partagez avec lui la même droite, à la fois buissonnière, patriote et populaire. Reste tout de même à rassembler et reste aussi peut-être à vous supporter. Parce que le nouveau président du parti Les Républicains, Énarque et Normalien, semble vous avoir longtemps considéré comme un simple capétien, un ancien professeur d'histoire-géo, qu'il n'estimait pas exactement de son niveau.
Réaction, Guillaume Pelletier ?
Je vois que l'esprit et le souffle de Noël continuent en ce début d'année à porter Karine Bécard. Je le trouve juste équilibré dans ce monde où on caricature si facilement. J'ai un parcours compliqué. J'ai commis bien sûr des éoles, des heures de jeunesse. Et je crois que Karine Bécard a bien compris ce qu'est la réalité. C'est que oui, j'ai voulu en 2013-2014, sans rien renier de tout ce que les débats télévisés m'ont apporté, ce n'est pas du tout mon état d'esprit. J'ai voulu me retrouver avec le réel, le concret, le terrain, ne pas être désincarné et déconnecté.
Et ces cinq années que j'ai passé en tant que maire d'une commune rurale, président de communauté de communes et maintenant président de groupe à la région, ça, je ne dis pas que ça m'a transformé parce que c'est un mot galvaudé, mais ça m'a profondément changé ma perception du monde, mon envie en tout cas absolue, de ne pas multiplier les annonces sans prise en compte du réel. Ce qui est le plus passionnant, le plus noble dans l'engagement politique, c'est de trouver l'alchimie entre des convictions, un idéal, et le principe de réalité, et de trouver des solutions concrètes à la désespérance, à la souffrance, à la colère ou aux attentes de nos concitoyens. Nathalie Saint-Cricq.
Guillaume Pelletier, on a vu dans le reportage de Laurence Perron tout à l'heure qu'une partie de la gauche, une partie des associations critiquent et on ne peut plus vivement Emmanuel Macron, sans parler de la une du Nouvelle Ops où on le montre avec des barbelés, comme si c'était devenu je ne sais quel néo-fasciste. Est-ce que finalement, en faisant ce que vous n'avez pas eu le courage de faire, mais ce que vous aviez annoncé vouloir faire, il ne vous coupe pas l'herbe sous le pied en vous laissant un peu sans voix dans la critique que vous voudriez lui apporter ? Guillaume Pelletier.
Alors, moi, peut-être là encore une différence, y compris avec celles et ceux qui ont gouverné la France, issue de ma famille politique, tout en précisant que je n'étais ni ministre ni parlementaire dans ces années précédentes. Mais profondément sarkoziste. Et profondément sarkoziste, bien sûr, en lui reconnaissant son énergie et sa vision du monde. Je crois que la classe politique sur la question de l'immigration a failli et a oublié de rappeler les fondamentaux au peuple français comme au peuple européen. Les migrants ne sont pas des coupables, ce sont des victimes. Et ce sont des victimes d'un triple phénomène.
D'abord, de la détresse, de la misère, de la pauvreté et de la guerre dans les pays du Sud. Deuxièmement, les victimes de filières mafieuses organisées qu'aucun gouvernement européen n'a eu le courage d'éradiquer. Enfin, peut-être encore plus grave, victime d'une illusion entretenue particulièrement en France qui est de faire croire qu'à travers des aides sociales, à travers des promesses de réhabilitation des quartiers populaires, nous serions en mesure d'accueillir toute la misère du monde. Or, chacun sait aujourd'hui, et le peuple français qui est un peuple lucide, courageux, généreux, c'est qu'à force de prétendre accueillir tout le monde, on finit par n'accueillir dignement personne.
Mais on n'a jamais prétendu, parce que dans la deuxième, la votre phrase, accueillir toute la misère du monde, ne pas l'accueillir, mais y prendre notre part. Il y avait déjà des déclarations, y compris sous François Mitterrand, où on considérait qu'il y avait un certain taux de population émigrée qu'on pouvait absorber. Ce que je veux dire... On n'a jamais raconté aux Français qu'on pouvait prendre tout le monde. Non. Si, si. Jamais. Je maintiens que la classe politique française, tout en additionnant un certain nombre de phrases, ne s'est jamais attaquée fondamentalement aux trois problèmes que je viens d'évoquer.
Moi, je fais une proposition très forte, certes, qui peut paraître surprenante pour un responsable politique de droite. Je crois qu'il est urgent d'annoncer, et je vais donc beaucoup plus loin qu'Emmanuel Macron, il est urgent d'annoncer aux peuples européens qu'on ne réglera en rien la question des migrations sans s'attaquer à la cause première du problème et du phénomène qui est la pauvreté dans les pays du Sud. Je souhaite donc que l'Union européenne s'engage dans un plan Marshall inédit, avec des contreparties, sur la démocratie, sur la création, par exemple, d'États civils.
Je souhaite même la création d'un service civique européen universel pour que toute la jeunesse européenne, dans le prolongement de ce qu'avait initié et inventé Kennedy aux États-Unis avec le corps de la paix, ou le général de Gaulle avec les volontaires du progrès, nous puissions, à travers une vraie politique de co-développement, permettre un développement accéléré des pays du Sud. Mais, M. Coletier, toute cette idée du co-développement, on l'entend depuis des années. La gauche l'a beaucoup développée. Il y a quand même une réalité, c'est-à-dire que beaucoup de pays sont en guerre.
C'est-à-dire que vous avez des gens qui fuient, qui sont victimes, et vous pouvez plaider pour un co-développement, c'est impossible. Donc, qu'est-ce qu'on fait là, concrètement, et en quoi le projet de loi Macron vous déplait à ce point-là ? Guillaume Pelletier. Alors, il y a deux questions dans votre question. D'abord, bien sûr qu'il y a des pays en guerre. Je ne crois pas une seule seconde que l'addition des forces de l'Union africaine, des pays du Moyen-Orient, des grandes nations du monde, les Américains comme les Russes, en lien désormais avec les Chinois, et les puissances de l'Union européenne, ne soient pas capables, à travers une des grandes coalitions, de régler ces conflits.
Je ne le crois pas. Deuxièmement, je considère que pour tous les pays, les mitrophes, il en existe un certain nombre, qui connaissent des situations de paix, nous sommes en mesure d'imaginer une grande politique de co-développement. Il y a un milliard d'Africains aujourd'hui, deux milliards à l'horizon 2050. Si nous n'abordons pas la question des migrations à l'aune de la politique du co-développement, on ne réglera en rien le problème. Sur le projet de loi Macron, ce que je reproche...
Juste un mot avant d'arriver au projet de loi, vous iriez intervenir militairement en Libye, par exemple, vous iriez intervenir en Syrie, vous iriez intervenir en Turquie,
pour établir quelque chose comme la paix ? Pas la France seule. Oui, je crois qu'il faut qu'à travers la mission de l'ONU, en lien avec toutes les nations du monde, la question n'est pas de partir et de se considérer avec prétention, comme le gendarme du monde, de dire à nos partenaires américains, russes et chinois, en lien absolu avec l'Union africaine, qui le souhaite dans toutes ses déclarations de manière régulière, qui demande l'aide et l'accompagnement des autres nations du monde, nous attardions principalement à régler les conflits. Car il n'y aura aucun règlement des politiques de migration sans règlement des conflits dans les pays que vous évoquiez.
C'est le moment parce que, on vous écoute, on a le sentiment que, finalement, vous faites juste un pas de côté. C'est-à-dire qu'on a Emmanuel Macron, qui est finalement beaucoup plus ferme que ce qu'on pouvait imaginer sur les questions d'immigration et sur la question du droit d'asile. Plus ferme même que, voilà, ce que la droite a pu faire à l'époque où elle était au pouvoir. Et donc, vous avez trouvé ce pas de côté. Effectivement, pour reprendre ce que mes collègues disaient, ça a déjà été souvent évoqué. On a dit à gauche, mais Nicolas Sarkozy aussi. Je me souviens avec Brice Hortefeux, à l'époque, il était ministre de l'Intérieur, qu'elle est régulièrement en Afrique.
On n'a jamais réussi à créer ça. Donc, vous, vous allez y arriver. Je ne prétends pas ça. On a le sentiment que vous faites un pas de côté, que vous trouvez une astuce pour ne pas donner un blanc-seing au président Macron. D'abord, puisque vous connaissez bien mon parcours, j'ai eu la chance d'être formé en partie et de côtoyer un président de conseil départemental qui fut le premier président de département français, Philippe de Villiers, à nouer un partenariat avec un pays d'Afrique, le Bénin en l'occurrence, et qui menait des partenariats très spécifiques sur l'école, sur la santé, sur l'accès à l'eau avec ce pays africain.
Bien sûr que je ne prétends pas que François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy n'aient jamais évoqué cette question. Je reproche à l'Europe et en particulier au gouvernement français qui a cette responsabilité historique de ne pas avoir su trouver des solutions concrètes et précises. Et Emmanuel Macron, dont je souhaite encore la réussite, moi j'aime trop mon pays pour souhaiter l'échec d'Emmanuel Macron. Je lui demande, puisqu'il incarne cette nouvelle génération, de ne pas faire comme ses prédécesseurs et de ne pas aborder la question de l'immigration uniquement à l'aune d'une accélération de la fermeté sur le territoire national. Fermeté que, pour une part, je soutiens.
Moi, je suis très sensible. Quel est le degré de soutien ? Est-ce que vous considérez que, pour l'instant, il est dans la bonne voie en faisant une distinction intransigeante sur l'asile politique et les migrants économiques ? Est-ce que vous considérez que le taux de gens qu'on peut accepter, c'est 30 000, 40 000, alors que les Allemands en prennent beaucoup plus ? C'est quoi exactement ? Vous le soutenez sur quoi précisément ? Là encore, tout dépend s'il s'agit de paroles ou d'actes.
Vous savez, je lisais, par exemple, ce matin, l'interview de Gérard Collomb où il disait la France ne peut pas se permettre d'accueillir chaque année 180 000 étrangers, c'est-à-dire les 100 000 demandeurs d'asile de l'année 2017 et les 80 000 qui ont été refoulés aux frontières en citant l'exemple de la ville de Rennes. Mais disons la vérité aux Français, nous accueillons chaque année, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, de 125 000 à 235 000 étrangers légaux, ça c'est pour les chiffres légaux, et une évaluation par nature compliquée à préciser, 100 000, 200 000 clandestins. Bien sûr que la pression migratoire est beaucoup trop forte en France.
Que cette pression migratoire doit être résolue de deux manières. D'abord, en s'attaquant à la cause du problème, je l'ai dit, deuxièmement, en réinventant sur le sol européen une toute autre politique. Oui, au devoir d'asile. François Bayrou a tout à fait raison d'utiliser. Vous reprenez son expression ? Oui, il a tout à fait raison. C'est l'honneur de la France et de l'Europe que de défendre le devoir d'asile et d'accueillir dignement celles et ceux que nous souhaitons accueillir. Donc vous êtes d'accord pour le raccissement des délais à six mois, tout ce volet-là, vous êtes d'accord ?
Oui, mais à une condition au nom de l'idéal de justice que celles et ceux qui sont déboutés soient effectivement expulsés. Les chiffres de la Cour des comptes sont terribles. Ils s'engagent à ça, le nouveau gouvernement. Oui, mais 4% seulement des déboutés sont réellement expulsés. Et donc ça, c'est un dégât. On n'a pas pu avant. On a toujours buté sur ce problème d'expulsion. Est-ce que vous pensez que c'était un manque de volonté sous Nicolas Sarkozy ? Oui, de tout le monde. Un manque d'argent.
Vous les mettez tous dans le même sac en considérant en gros que quand on est débouté, on reste quand même parce qu'on n'a pas les moyens d'expulser les gens et qu'il y a eu un manque de volonté politique de tout le monde réunir ? Je pense que depuis trop longtemps, en l'occurrence un certain nombre de décennies dans notre pays, nous manquons de générosité à l'endroit de ceux qu'on veut vraiment garder et de dureté avec ceux dont on veut vraiment accueillir et de fermeté très claire à l'endroit de ceux qui n'ont pas à rester sur le territoire national.
Parlons des situations réelles, effectives dans les rues de Paris, par exemple, quand vous voyez les tentes, les toiles de tentes de migrants vivant dans la rue, lacérées par des policiers, qu'est-ce que vous ressentez ?
Je ressens un sentiment de gâchis immense avec des forces de l'ordre qui sont victimes d'ailleurs aussi d'une politique d'État qui n'est pas claire, qui ne leur donne tout à la fois pas les moyens. Je vais vous donner un exemple. J'ai eu la chance de me rendre à plusieurs reprises pour bien comprendre le phénomène à Calais. Mais prenons cet exemple-là à Paris, par exemple, est-ce que ça vous choque ? Mais toute atteinte à la dignité de la personne humaine, c'est choquant. La question, c'est, est-ce qu'on dit que c'est la faute des forces de l'ordre ? Je ne le crois pas.
Moi, je considère que les responsables premiers des difficultés liées aux politiques d'immigration sont les responsables politiques des 30 dernières années et leur l'acheter. Je pense que c'est beaucoup plus vrai et courageux de dire cela. Et c'est tellement facile de laisser la France en deux camps. D'un côté, ceux qui disent c'est la faute des immigrés, de l'autre qui disent c'est la faute des policiers. Je crois que c'est la faute ni des uns ni des autres, mais des responsables politiques qui ont manqué de fermeté et de clarité. Est-ce que vous pouvez faire Frédie à Emmanuel Macron qui, au fond, est à peu près le même discours que vous ? C'est-à-dire accueil d'un côté, fermeté de l'autre.
Est-ce que vous allez voter son projet de loi au bout du compte ? Je le répète, si dans les actes, de manière très claire, il y a des actes où vous le savez après. On va voir dans le texte. On ne l'a pas, il a déjà changé. Vous en connaissez les grandes lignes. J'ai été particulièrement préoccupé, alors que c'était l'idée initiale d'Emmanuel Macron qui était juste, de voir la suppression, vous savez, du pays tiers d'issueur. Je prends un exemple, par exemple, une personne qui provient de la Guyane qui passe par le... par la Guyane, par le Brésil, qui arrive en France. Ce dispositif permettait de le renvoyer dans le pays tiers d'issueur.
Cette disposition, qui est une disposition sur laquelle M. Macron s'était engagé, a été, au cours des derniers jours, supprimée. Voilà. Donc, permettez-moi de lui faire crédit de la perspective qu'il trace, mais d'être dubitatif sur les actes annoncés, d'autant plus que je ne voterai pas ce texte s'il ne s'engage pas à s'attaquer à la cause du problème. Et donc, je demande à Emmanuel Macron de convaincre nos partenaires européens de créer une grande politique inédite dans l'histoire de l'Union européenne de co-développement avec les pays du Sud. Le député Les Républicains. Guillaume Pelletier, notre invité. France Inter, Ali Badou, questions politiques.
Nouvel épisode, Guillaume Pelletier, dans la vie de votre parti, Les Républicains, l'ancien ministre Dominique Bussereau qui publie une tribune aujourd'hui dans le journal du dimanche et où l'on peut lire, je le cite, je ne peux que constater que les propos tenus par certains porte-parole des Républicains pourraient être ceux du FN et il vous cite particulièrement, j'entends chez certains comme Guillaume Pelletier des appels au nationalisme et à se refermer sur nous-mêmes mon grand-père a fait Verdun, mon père était prisonnier en Allemagne, je me suis engagé pour la construction européenne, j'ai le sentiment que la rupture est déjà faite chez les Républicains, il n'y a plus de volonté d'être ardemment européen, il s'est mis en congé de votre parti Dominique Bussereau, ça n'en finira donc pas ?
On dit souvent que tout ce qui est excessif est insignifiant. Est-ce que dans mes propos, mes propositions sur une grande politique de co-développement avec les pays du Sud, sur... Vous nous surprenez un peu là pour l'instant ? Sur notre volonté sur tout ça. Absolue, et je vais y revenir, d'imaginer une troisième voie dans la construction européenne, parce que je suis profondément européen et je le dis à Dominique Bussereau, c'est... Vous devriez dire à Laurent Wauquiez... Je suis très attaché à l'idéal européen, mais l'Europe, peut-être qu'elle s'est construite ces dernières années, conduit aujourd'hui à la montée des populismes et des nationalismes.
Mais encore un responsable de votre parti qui quitte le parti en critiquant certains propos dont il dit qu'ils auraient pu être tenus par le Front National.
Il ne l'a pas inventé. Un plus. Quel exemple ? Laurent Wauquiez a une position très claire et il a raison. C'est la mienne, c'est celle de Virginie Calmel, c'est celle de Damien Abad. Nous ne voulons pas et nous ne voudrons pas d'accord avec le Front National, premièrement. Deuxièmement, nous avons, avec Laurent Wauquiez, un homme qui a conquis la région Auvergne-Rhône-Alpes avec l'UDI et avec le modem de François Bayrou. Il y a deux ans, ce n'est pas si lointain et à l'époque, ça ne gênait personne de travailler avec Laurent Wauquiez. Ce que je veux dire, c'est qu'il est trop facile en politique d'exiger que chacun soit d'accord avec soi et si ce n'est pas le cas, de dire je pars.
La politique, c'est d'accepter le débat d'idées et de dire la vérité. Dominique Bussereau sait pertinemment qu'il n'y a personne au sein des Républicains qui souhaite une alliance avec le Front National. Dominique Bussereau sait pertinemment qu'il n'y a personne qui se revendique du nationalisme. Et donc, je demande à Dominique Bussereau de se mettre en congé de la caricature et du mensonge parce que ça n'est pas raisonnable et je vais vous le démontrer et il me donne par là l'occasion de présenter si vous voulez.
Attendez, quand on regarde le déroulé de la semaine où vous prenez les sujets sécurité, sécurité routière, immigration, les propos du parti Les Républicains sont pratiquement identiques à ceux du Front National. Alors, vous dites on ne veut pas d'alliance mais vous allez chercher du côté du Front National votre positionnement politique et vous comprenez que du coup ça puisse créer des remous au sein de ce qu'on appelle la droite modérée centriste européenne. Mais franchement, je vous le dis avec beaucoup de respect et d'humilité je suis prêt à écouter et à essayer de comprendre ça n'est pas vrai.
Par exemple, sur la question de la sécurité routière je faisais une émission mardi matin où j'ai contesté le choix du gouvernement sur les 80 km heure parce que je pense que c'est abordé cette question par le petit bout de la lornette
et j'ai proposé
par exemple la taxation des grandes sociétés d'autoroutes dont les coûts de péage ont augmenté de 20% en 10 ans et qui multiplient les profits inconsidérés 1,5 milliard d'euros versés aux actionnaires en dividende en 2016. C'est une proposition que je n'ai vue nulle part ailleurs. Si d'autres partis politiques désormais la reprennent c'est leur droit. Sur la question du co-développement avec les pays du Sud croyez-vous que nous sommes sur la position du Front National ? Sur la question de la sortie de l'euro bien sûr que non...
Le co-développement pour l'instant ce n'est pas une position du parti Les Républicains je ne crois pas que Laurent Wauquiez l'ait encore repris cette proposition-là pour l'instant c'est votre proposition. Je suis très heureux de voir que Valérie Pécresse la semaine dernière reprenait cette idée et soutenait ma proposition. Donc on va travailler. Pour poursuivre la question de Françoise Fresseuse on sent quand même bien que la jambe droite du parti Les Républicains aujourd'hui est beaucoup plus musclée que sa jambe gauche que sa jambe modérée vous n'avez pas le sentiment quand même que le parti va sérieusement boiter dans les semaines qui viennent ?
Les Républicains sont convalescents et si je vous disais en cet instant sur ce plateau que tout va bien que tout est prêt et que nous sommes désormais définitivement revenus je ne vous dirai pas la vérité. La droite doit totalement se repenser et je lance un appel ici à l'ouverture intellectuelle et idéologique de la droite française. La droite française ne doit plus être simplement le mouvement de l'autorité de la sécurité ou de la baisse fiscale.
la droite doit devenir je n'ose même pas dire redevenir devenir un grand mouvement populaire qui porte en elle la droite des valeurs de justice sociale de méritocratie républicaine et que nous soyons enfin capables de parler aux classes moyennes aux ouvriers aux employés comme l'un des modèles bien sûr qu'entre 2005 et 2007 Nicolas Sarkozy a su transcender intellectuellement et idéologiquement l'application pratique donnez-nous deux ou trois mesures qui fait que vous êtes sur cette ligne Vous avez commencé
par choisir un chef qui n'est pas populaire justement qui est impopulaire au sens et vous verrez
il le deviendra parce que regardez bien ce qu'il fait en Oveille en Alpes quelques exemples vous avez de manière très concrète et peut-être qui vont vous surprendre comme le co-développement avec les pays du sud La droite française n'a jamais osé vous savez que c'est l'un des problèmes les plus importants en ce moment en tant que député je suis présent à beaucoup de cérémonies de vœux dans les territoires ruraux et les populaires vous savez que une majorité de français aujourd'hui n'a pas accès à une offre de soins de proximité sur la question des médecins La droite n'a jamais voulu s'attaquer à cette question par peur de la pression corporatiste des ordres des médecins J'ai été confronté à ce problème en tant que maire et j'ai été sérieusement d'ailleurs attaqué par ces corporatismes parce que j'ai assumé de faire venir des jeunes médecins une jeune dentiste des infirmiers des infirmières mais rien ne sera réglé si nous n'osons pas nous à droite dire la chose suivante je souhaite qu'à l'issue d'une école de médecine chaque jeune médecin soit désormais contraint je dis bien contraint pas inciter contraint de s'installer deux à trois ans dans un territoire dit sous-doté donc vous êtes en train de devenir soviétique j'ai vu mais non justement c'est à dire c'est quoi le rôle d'un responsable politique c'est d'apporter concrètement des solutions à un problème en sortant de toutes les idéologies et en étant avant tout impragmatique j'ai été très heureux de voir que cette proposition de loi dont je vous parle à l'instant que j'ai déposée le 15 décembre à l'Assemblée nationale vient d'être prise par le groupe socialiste à part Olivier Faure en milieu de semaine on ne réglera jamais la question de la démographie médicale si sur une carrière de 40 ans on ne demande pas aux jeunes médecins deux à trois années au service de celles et ceux qui en ont le plus besoin mais on vous a connu on vous a connu Bussolini on va dire les choses comme ça proche de Patrick Buisson et on vous retrouve quasiment socialiste en tout cas non de gauche qu'est-ce qui vous est arrivé c'est pas vrai est-ce que les électeurs vont réussir à vous suivre mais ils me suivent très bien d'ailleurs ils m'ont élu ces cinq dernières années ou maires ou députés parce qu'ils voient bien que tout cela est cohérent bien sûr que je suis de droite et fier de l'être je crois aux valeurs de la liberté de l'autorité mais je souhaite que la droite soit capable de se réinventer j'ai par exemple encore beaucoup relu tous les discours de Philippe Séguin sur la nécessité d'élargir notre pensée sur la question des médecins sur la question du numérique je salue par exemple l'avancée ce matin du gouvernement sur la question des zones blanches mais je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin et s'inspirer pardon de vous surprendre encore de ce que le Front Populaire en 1936 avait imaginé à travers le fonds de péréquation non parce qu'avec Fabrice Brun un député de l'Ardenne remarquable nous avons travaillé une proposition de loi qui vise à la création d'un fonds de péréquation je m'explique très simplement en 1936 le Front Populaire avait su par un fonds de péréquation permettre à tous les français d'accéder à l'électricité nous habitants qu'on soit des classes moyennes des milieux populaires des territoires ruraux périurbains 51% des français 51% des français vivent aujourd'hui dans des communes de moins de 10 000 habitants on l'oublie trop souvent n'ont pas accès à une couverture numérique digne pourquoi ?
parce que les grands opérateurs téléphoniques ont multiplié les profits dans les grands centres urbains sans qu'on les contraigne à l'époque et à investir dans les territoires ruraux je souhaite la création d'un fonds de péréquation je porte ça avec mes collègues des républicains toute la nouvelle génération des républicains souhaite que la droite j'achève de répondre à votre question marche sur deux jambes la liberté l'autorité l'innovation bien entendu mais aussi la capacité à parler aux sans voix à ceux qui n'en ont plus et dont nous devons devenir les porte-parole vous savez quand Michel Onfray commet une tribune dans le Figaro pour soutenir l'initiative que j'ai prise avec Christian Jacob avec Damien Abad de la création de la France des provinces et des territoires c'est-à-dire que la droite française devienne ce grand mouvement pour le peuple français pour les classes moyennes et pour les habitants du monde rural c'est surprenant Michel Onfray on ne peut pas dire qu'on a le même parcours politique et on ne peut pas dire que de manière très régulière il apporte son soutien il l'a clairement écrit donc c'est possible oui la droite française va c'est mon souhait avec Laurent Wauquiez avec Virginie Calmel avec Damien Abad en 2018 s'ouvrir intellectuellement vous allez bientôt citer
Jean Jaurès Nathalie Saint-Cré puis Françoise Fressose
on vous a entendu vous réclamer d'une forme de séguinisme je veux juste une précision sur Laurent Wauquiez quand il attaque frontalement le chef de l'état en disant qu'il n'a pas d'amour charnel pour la France est-ce que c'est le désert de l'âme est-ce que c'est vraiment utile ce genre de choses est-ce que ça n'est pas excessif est-ce que c'est le sujet est-ce que c'est pas ça qui fait aussi dire que quelquefois vous avez un discours qui n'est pas si éloigné de celui de Marine Le Pen Guillaume Pelletier on a beaucoup échangé là-dessus avec Laurent Wauquiez j'ai par exemple lu avec beaucoup d'attention son interview ce matin
dans le journal du dimanche
où il parle à juste titre du mépris que je pense qu'il s'agit de mépris ou de méconnaissance il est moins de gauche que vous c'est surprenant d'Emmanuel Macron vis-à-vis des territoires vous avez ce qui me préoccupe sur ce que vous non mais cette interview là du JDD elle est déjà un petit peu rectifiée il y en a une qui est plus ancienne sur le JDD aussi et des propos obtenus au grand jury sur lequel il y avait une espèce de de côté l'espèce de golden boy mondialisé qui comprendrait rien à la France alors vous vous aimez la terre et vous aimez le terroir est-ce que c'est vraiment utile de se lancer là-dedans ?
je pense qu'on peut moi j'aurais pas utilisé ces mots-là mais il le sait on en a parlé mais moi je soutiens totalement la vision de Laurent Wauquiez sur la nécessité lui qui est président d'une très grande région la deuxième de France de rééquilibrer les territoires vous savez quand aujourd'hui le gouvernement ose nous dire ose nous dire que le pouvoir d'achat des français va nettement s'améliorer quand chacun sait que les 20 milliards de hausses de la CSG pour les retraités que les 31 centimes d'euros par litre pour le diesel que le gaz depuis le 1er janvier a augmenté de 6,7% que le prix du timbre rouge va atteindre bientôt les 1 euro que les PEL et l'assurance vie vont bientôt pour la première fois être taxés ce sont les classes moyennes qui sont aujourd'hui matraquées il faut que le gouvernement l'assume mais qui ne compense pas hélas oui peut-être pas oui peut-être pas
pour certains l'INSEE dit bien 4,5 milliards
d'impôts supplémentaires pour les français en 2018 le rôle du grand mouvement d'opposition que nous sommes avec Laurent Wauquiez c'est de rappeler la vérité au peuple français on voit qu'il y a un problème Wauquiez en ce sens qu'il n'est pas populaire auprès des français et il n'est peut-être pas aussi populaire que certains autres auprès de l'électorat de droite est-ce que vous vous lui conseillez il faut lisser ton image il faut changer ton personnage maintenant que tu as été élu patron des républicains je pense d'abord que Laurent Wauquiez qui a un talent une énergie un leadership incontesté connaît trop bien la vie politique et sait très bien que François Mitterrand avant 1981 Jacques Chirac avant 1995 Nicolas Sarkozy avant 2007 ne furent pas les plus populaires que les français attendent que les français attendent un discours de vérité un discours de clarté on a le droit de ne pas être d'accord avec Emmanuel Macron la politique d'Emmanuel Macron c'est pas l'alpha et l'oméga c'est pas pour être d'accord avec Emmanuel Macron quand on parle y compris en privé quand on a parlé avec Nicolas Sarkozy avec Alain Juppé et François Fillon on a l'impression qu'il y a une espèce de facteur personnel qui fait que ça ne va pas avec Laurent Wauquiez et même des petits députés enfin des petits députés c'est pas méprisant il n'y a pas quelque chose qui dans son caractère alors je voilà je ne vais pas aller plus loin il a quand même un caractère solitaire il a du mal à rassembler il a eu une auto-guignon lui-même il va avoir du mal à tout ça il y a quand même une interrogation moi je juge les responsables politiques sur les actes Laurent Wauquiez a conquis la mairie du Puy-en-Velay à la gauche en 2008 alors qu'on le présentait déjà à l'époque comme caricatural sur la question des classes moyennes il a conquis avec l'UDI et le Modem vous savez bien qu'il y a un facteur on ne va pas rentrer là-dedans mais l'homme la région Auvergne-Rhône-Alpes dans un contexte très difficile pour la droite française en décembre 2015 deuxième région de France et prenons un exemple très concret parce que je suis d'accord avec Françoise Fresseau prenons à chaque fois du concret la question européenne intéressant c'est quand même le sujet de demain sur le plan mais on n'y comprend rien j'espère qu'avec moi vous allez y comprendre quelque chose puisque nous allons avec Laurent Wauquiez faire sa tente de propositions il y a eu deux façons ces 30 dernières années de penser l'Europe ceux qui nous disaient tout va bien c'est super ça va dans le bon sens et franchement si vous n'êtes pas d'accord avec nous vous êtes anti-européen Laurent Wauquiez il y a quelques années c'était les européens et de l'autre de Mélenchon à Le Pen et quelques autres des gens qui disaient c'est fichu ça ne marche plus il faut tout arrêter on quitte l'Europe on quitte l'Europe ces deux excès n'ont plus aujourd'hui aucun sens et donc ce que nous allons proposer avec Laurent Wauquiez aux français c'est une troisième voie avec une réforme complète sur au moins trois sujets d'abord sur les institutions pour mettre beaucoup plus de démocratie dans la construction européenne donner plus de responsabilité de pouvoir au pouvoir politique davantage qu'au pouvoir technocratique et financier d'une part deuxièmement deuxième pilier la question dont nous nous sommes fiers avec Laurent Wauquiez de la protection et du patriotisme pourquoi les chinois les russes les américains se protègent et l'union européenne ne choisirait pas la voie d'une protection intelligente dans le sens de ce qu'évoquait Bruno Le Maire récemment par exemple oui nous devons protéger les intérêts de nos agriculteurs de nos ouvriers de nos usines de nos industries et le patriotisme économique n'est pas un gros mot d'accord vous l'avez dit au début d'émission enfin très important que l'Europe redevienne un rêve et un idéal pour les peuples comment faire par des sujets très concrets le co-développement la question centrale de la protection commerciale l'innovation la question d'enfin confier par la puissance publique à l'intelligence privée un certain nombre de missions qui ont été aujourd'hui jusqu'à maintenant captées par le public on peut tout réinventer on peut redonner envie aux peuples européens de croire en l'Europe ça c'est l'ambition affirmée par Macron dès le début de son mandat là regardez ce qu'il se passe en Allemagne un accord probable c'est des USPD avec des évolutions promises pour l'Europe notamment un peu plus d'intégration peut-être un budget européen est-ce que vous allez soutenir Emmanuel Macron dans cette marche faire un peu plus de fédéralisme Guillaume Pelletier alors je vais vous décevoir non pourtant vous dites la même chose que lui pourtant vous dites la même chose mais peut-être que nous avons les mêmes perspectives et bien sûr que je soutiens l'idée de cercle concentrique et que de dire la vérité aux français et aux européens tout faire à 27 c'est une illusion on n'est pas d'accord sur tout et si on veut aller vers plus d'harmonisation plus de coopération et plus d'efficacité il faudra accepter de travailler ce n'est pas original oui on est d'accord mais c'est le chemin qui n'est pas le même Emmanuel Macron continue à croire au fédéralisme et à plus d'intégration Emmanuel Macron continue à être obsédé comme ses prédécesseurs uniquement par le couple franco-allemand et sur la zone euro mais il n'y a pas que ça il n'y a pas que l'Allemagne en Europe il y a toute l'Europe du Nord il y a toute l'Europe du Sud il y a nos amis italiens et espagnols avec lesquels on doit réinventer parce que nous sommes aussi avant tout je le pense un peuple et une nation latine tournés vers le Sud donc je crois qu'Emmanuel Macron sous couvert de jeunesse reprend trop régulièrement les vieux slogans ou les vieilles idées qui ont échoué moi ma conviction c'est que le vieux débat fédéralisme souverainisme est aujourd'hui dépassé et que le seul chemin que nous devons prendre et emprunter c'est une Europe du pragmatisme et de l'hyper concret Justement est-ce que ça serait pas bien qui va incarner cette Europe du pragmatisme au moment des élections européennes et finalement est-ce que c'est pas si bien d'avoir une circonscription unique avec un leader qui peut exprimer exactement la vision du parti je ne comprends pas pourquoi les républicains ne sont pas tellement pour cette réforme Nathalie Saint-Cric là encore du concret j'avais concrètement dit alors j'étais très minoritaire dans mon parti moi je souhaite un vrai débat sur la question européenne et donc je suis plutôt favorable à la circonscription unique vous êtes définitivement bizarrement et qui peut incarner ça parce que c'est très important l'incarnation sur une circonscription nationale c'est dans 18 mois mais vous commencez déjà à parler d'Europe si on pouvait commencer à faire parce qu'on en est loin soyons modestes un vrai travail sur le fond sur les institutions la démocratie sur ce que j'ai parlé par exemple vous me parliez de Macron l'Europe qu'est-ce qui me dérange est-ce qu'on peut défendre une nouvelle façon de concevoir l'Union Européenne je pense entre autres à la jeunesse et accepter que le CETA le TAFTA tous ces traités transatlantiques c'est la raison pour laquelle
Jean-Luc Mélenchon vous avait proposé de rejoindre les Insoumis parce que vous aviez la même position que lui sur le CETA
mais ce qui m'a rendu fier il le faisait en souriant j'ai reçu à cette occasion mais c'est un chef de nous convaincre que vous êtes vraiment à gauche mais c'est beaucoup plus subtil pas vous Ali franchement j'ai eu la chance de vous suivre depuis tout à l'heure Guillaume Pelletier elles sont un peu surprenantes elles sont surprenantes mais heureusement mais c'est la vie mais moi j'assume mon sarcosisme je suis fier d'être de droite mais je revendique j'adore la littérature j'adore la poésie j'adore le théâtre je passe beaucoup de temps à lire des gens qui pensent pas comme moi moi mon père m'a toujours dit une chose essaye de te coucher plus intelligent que tu ne t'es levé et je lui pose comment on fait en rencontrant en découvrant des gens qui pensent différemment donc bien sûr que mes inspirations vous me parliez de Jaurès tout à l'heure vous croyez que les discours de Jaurès sur le mérite et la république ça n'émeut pas un enfant de la république comme moi bien entendu moi je n'appartiens pas à un socle monolithique et vous êtes trop subtil pour pouvoir vous-même enfermer les uns et les autres dans des cases qu'est-ce qui me dérange Emmanuel Macron c'est pas la question de Mélenchon j'ai reçu à cette occasion des milliers de mails et entre autres venant de la jeunesse de France qui aspire à une autre société que la société de l'hyper consommation de l'hyper individualisme de la marchandisation de tout ou la logique des profits l'emporte sur la logique de la vie de la santé du bien commun de l'intérêt général ça compte et je crois que la droite française aussi doit s'interroger là-dessus la droite française trop souvent trop longtemps est apparue comme le mouvement de ceux qui vont bien ou qui ont tout réussi j'ai une vraie différence avec Emmanuel Macron Emmanuel Macron veut défendre les premiers de cordée je suis pour les premiers de cordée il en faut mais moi ce qui m'intéresse c'est les deuxièmes les troisièmes ou les derniers de cordée c'est-à-dire toutes celles et ceux qui n'ont pas encore réussi mais qui veulent réussir
Virginie Calmel par exemple à ce micro disait qu'elle était libérale est-ce que vous vous pourriez dire
je suis libérale ce mot me dérange j'ai eu une grande discussion avec Virginie là-dessus d'ailleurs si être libéral c'est soutenir la liberté d'entreprendre l'innovation toutes ces start-up extraordinaires et ces savoir-faire savoir-faire pardon fantastiques sur l'e-santé sur le développement durable j'en rencontre chaque semaine oui mille fois oui si être libéral c'est considérer que l'économique doit dompter le politique que l'horizon indépassable de la vie c'est une logique de profit et de rémunération que au fond la notion de bien commun d'intérêt général ça compte peu alors je ne suis pas libéral vous voyez tout est une question de subtilité c'est vrai que la vision d'une société consumériste je vais vous prendre un exemple qui me choque beaucoup c'est l'obsolescence l'obsolescence programmée je suis très heureux de voir qu'enfin en France des procès se sont ouverts sur les imprimantes sur les aïeuses parce qu'on sait qu'il y a des grands groupes qui organisent cette obsolescence pour faciliter le rachat et l'hyperconsommation de nos concitoyens c'est choquant nous devons inventer une nouvelle société Karine Becker Françoise Fresseuse sur Notre-Dame-des-Landes parce que le temps passe quelle est votre position est-ce que vous êtes pour le maintien de ce projet ou pour son abandon ?
alors sur le fond du projet bon c'est un projet pour être très franc vous le savez qui est né avant même que je naisse donc ça remonte à quand même très longtemps et on ne peut pas dire que les différents responsables politiques aient montré une clarté une autorité sur le sujet puisque même au lendemain d'un référendum pourtant gagné par les partisans du oui Notre-Dame-des-Landes le gouvernement n'a pas su le faire respecter donc vous pour ou contre ?
Moi ce que je demande d'abord parce que c'est comme ça qu'il faut commencer et par là qu'il faut commencer je demande au gouvernement une fermeté absolue vis-à-vis des zadistes on ne peut pas accepter en France quelles que soient les contestations qui peuvent être légitimes qu'une infime minorité 150 à 200 personnes prennent en otage par des actes de violence vis-à-vis des juges vis-à-vis des gendarmes jusqu'au saccage d'un centre-ville en l'occurrence la ville de Nantes prennent en otage la démocratie et la république Mais parmi ces zadistes il n'y a pas que des militants d'extrême-gauche très très durs il y a aussi des familles avec des enfants qui ont fini par reconstruire leurs maisons des maisons en durs ça va être compliqué ceux-là de les enlever enfin de les faire partir de les évaluer Oui mais c'est la raison pour laquelle Karine Becker si on croit à l'état de droit une fois les recours épuisés 157 en l'occurrence décision de justice successive ces 15 dernières années que l'état de droit s'applique pour tous Oui mais concrètement comment on fait ?
Et bien donc je demande au gouvernement de cesser de contourner en nous disant ça va être compliqué c'est très dur on a en France les moyens par les forces de police et de gendarmerie d'intervenir d'intervenir de manière respectueuse de la dignité humaine mais en appliquant avec fermeté l'autorité de l'état Au risque du victimisme dans un camp ou dans un autre il faut affronter ce que disent les gendarmes ce que disent tout le monde les hommes politiques Il va falloir bien sûr bien leur question Vous savez au risque d'affronter des victimes c'est à dire qu'il y ait des blessés voire des morts Je crois que la France dispose d'un savoir-faire suffisant on l'a vu pendant la terrible crise des banlieues qui était une crise terrible et j'en parlais encore récemment avec Jean-Louis Borloo qui avait été beaucoup marqué par cet épisode il n'y avait pas eu de victime donc on a ce savoir-faire en France moi j'ai confiance dans les forces de police de notre pays D'un mot Françoise Fresseuse Il y a eu un mot de Jacques Lang hier sur Donald Trump un président de merde vous diriez la même chose vous ou pas ?
Guillaume Pelletier J'aime pas les insultes et les caricatures Donald Trump a été élu par le peuple américain franchement je suis le premier parfois à être étonné choqué estomaqué par les propos très étonnants qu'il peut tenir pour autant c'est un partenaire avec lequel nous devons discuter parce qu'il est le président du peuple américain mais pour vous c'est en aucun cas un modèle ah non parce qu'il se revendique beaucoup aussi du peuple américain je vais vous dire moi j'ai une formation intellectuelle qui me pousse beaucoup plus vers l'est que vers l'ouest j'ai beaucoup de respect pour nos amis américains mais j'aimerais que la France se réorganise et se rééquilibre et je crois qu'on a vis-à-vis des chinois et des russes un immense défi à relever et ça aussi ça fait partie du rêve européen
merci Guillaume Pelletier merci à toutes les trois questions politiques c'est terminé rendez-vous dimanche prochain quant à moi je vous retrouve à 13h15 pour le grand face-à-face de France Inter merci à tous